- il y a 8 mois
- #eqe
Tous les dimanches, Aymeric Pourbaix et ses invités abordent l’actualité d’un point de vue spirituel et philosophique dans #EQE
Catégorie
🗞
NewsTranscription
00:00Bonjour à tous et bienvenue dans Enquête d'Esprit sur CNews et Europe 1.
00:04Ils sont 50, 50 martyrs qui viennent d'être béatifiés par l'Église
00:09pour leur comportement héroïque pendant la Seconde Guerre mondiale.
00:13Héroïques parce qu'ils ont apporté au péril de leur vie
00:15une aide spirituelle aux travailleurs français du STO,
00:18le service du travail obligatoire, dans l'Allemagne nazie.
00:22Mais ces 50 hommes ne furent pas que des héros, ils furent des saints.
00:26Car ces actes de résistance spirituelle à un régime totalitaire
00:29ont été accomplis au nom de leur foi.
00:3280 ans après la fin de la Seconde Guerre mondiale,
00:34à l'heure où le mot de guerre fait sa réapparition dans la bouche des dirigeants,
00:39quelles sont les leçons de ces martyrs qui ont constitué une sorte d'Église
00:43des catacombes modernes ?
00:45Ont-ils vaincu le mal à sa racine qui est spirituelle par le rayonnement de leur foi ?
00:50On en parle avec nos invités dans un instant
00:52pour cette émission qui est en partenariat avec l'hebdomadaire France Catholique.
00:59Et auparavant, le JT avec vous, Éloi Rochebrouine.
01:11Bonjour, le pape Léon XIV qui a fêté sa première fête de l'Immaculée Conception en tant que pape à Rome.
01:18Bonjour Aymeric et bonjour à tous.
01:20Léon XIV est rendu en papamobile près de la place d'Espagne au cœur de Rome.
01:24Le pape a prié devant la statue de la Vierge Marie, une tradition qui date du pape Pie XII.
01:30Et comme chaque année, les pompiers romains ont accroché une couronne de fleurs blanches
01:35au bras droit de la Vierge Marie.
01:38L'Immaculée Conception, c'est aussi l'occasion pour les fidèles de défiler en procession dans les rues
01:43pour honorer publiquement la Sainte Vierge.
01:46Comme à Paris, entre l'église Sainte Eugène, Sainte Cécile et Saint-Roch.
01:50Regardez ce reportage de Mathilde Couvillère-Flornois.
01:52Après l'évêpre, prêtres et fidèles sortent de l'église.
01:58Une procession derrière une bannière et une statue de la Vierge.
02:02Deux kilomètres de marche et de prière dans les rues de Paris pour honorer la Mère de Dieu.
02:07Ce soir, on se l'analyse de la fête de l'Immaculée Conception.
02:11Ça montre qu'on a quand même une jeunesse encore bien présente
02:13et qui va diffuser un message pour évangéliser la France, le monde
02:17et qui s'est apporté le Christ partout.
02:20On n'a eu aucune insulte, aucun sifflement.
02:23On n'a eu que des gens aux fenêtres qui prenaient des vidéos, des photos.
02:25En fait, je trouve ça hyper beau et c'est hyper important pour moi de montrer ma foi au monde.
02:30Montrer sa foi le jour d'une fête très importante de l'église catholique,
02:34c'est ce que nous explique l'abbé Joseph Cuché.
02:37Il guide la procession.
02:38Une fête particulièrement importante pour nous parce que c'est la fête qui est l'éclatement de la gloire de la Mère de Dieu.
02:48Parce qu'elle est Mère de Dieu, elle est immaculée.
02:50Parce qu'elle est Mère de Dieu, elle est toute pure.
02:52Et parce qu'elle est Mère de Dieu, elle est aussi notre Mère.
02:55Et nous voulons manifester cet attachement.
02:58Fin de la procession à l'église Saint-Roch, où les fidèles ont pu adorer le Saint-Sacrement.
03:03Deux jours plus tard, au Vatican, le pape Léon XIV a appelé des députés européens,
03:08dont des députés français, à chérir et célébrer le lien intrinsèque entre le christianisme et l'histoire européenne.
03:16Des députés comme Marion Maréchal et Nicolas Bé.
03:19Face à eux, le pape s'est fait l'écho de l'appel de ses prédécesseurs,
03:22selon lequel l'identité européenne ne peut être comprise qu'en référence à ses racines judéo-chrétiennes.
03:296,3 millions de catholiques engagés en France en 2025.
03:34C'est le chiffre qui ressort d'une étude menée auprès de 18 000 personnes par l'IFOP et publiée lundi par La Croix.
03:40On voit ça dans le détail avec Augustin Donadieu.
03:44Sur l'ensemble du panel interrogé, un peu moins d'un Français sur deux se dit catholique.
03:49L'étude s'attarde notamment sur les catholiques réguliers.
03:52Et ceux qui vont à la messe une fois par semaine ou quelques fois par mois est sur les catholiques occasionnels,
03:58qui représentent 3,5 millions de Français.
04:01Les catholiques réguliers, eux, sont 5,5% de la population adulte française, soit 3 millions de fidèles.
04:09Élément nouveau que révèle ce sondage.
04:11On apprend que plus des deux tiers des pratiquants réguliers déclarent à minima n'avoir rien contre la messe en latin.
04:179% déclarent que c'est leur messe préférée.
04:2025% indiquent aimer autant la messe en latin que la messe en français.
04:2433% disent qu'elles ne correspondent pas à leurs attentes, mais n'y sont pas opposées.
04:30Enfin, pour finir, autre élément étudié.
04:32Et l'islam vu par les catholiques, les résultats montrent un respect à l'égard des croyants musulmans,
04:37mais une inquiétude tout de même sur le développement de l'islam en France.
04:42Et pour finir à Marseille, Notre-Dame de la Garde a retrouvé son éclat après plusieurs mois de restauration.
04:47La statue de la bonne mère a aussi retrouvé ses enfants dimanche dernier.
04:52Reportage dans la cité phocéenne de Laure Parra et Noémie Hardy.
04:56Elle était tant attendue.
04:58Après 10 mois de restauration et 30 000 feuilles d'or,
05:01la statue de la Vierge Marie trône à nouveau au sommet de la basilique.
05:05Bien que marseillaise, la bonne mère a su rassembler les foules bien au-delà de la cité phocéenne.
05:10La bonne mère, pour nous, c'est un visuel qu'on voit en permanence.
05:13En étant marseillais, surtout habitant des vieux quartiers,
05:16quand on lève la tête, on est au pied de la Vierge.
05:18Ceux qui habitent en doubs, ils lèvent la tête, ils sont au pied de la Vierge.
05:20Quand on est en la mer, on lève la tête, on est toujours au pied de la Vierge.
05:24Observable depuis tous les coins de la ville, Notre-Dame de la Garde apparaît également comme un point d'ancrage.
05:28Il y a des moments de détresse, de difficulté.
05:31Quand on veut remercier, on monte dans ce sanctuaire.
05:36Il y a à Marseille toujours quelqu'un à remercier.
05:38C'est la Vierge Marie.
05:39Après une messe donnée à 15h30 par le cardinal Jean-Marc Aveline,
05:43les fidèles de la bonne mère se sont attelés à une procession pentue jusqu'à la basilique.
05:47Elle est si merveilleuse.
05:48On y vient en particulier quand on a vraiment quelque chose d'important à lui dire.
05:53C'est une fois à la nuit tombée que la magie opère.
05:56Une chorégraphie de lumière projetée sur le monument révèle l'éclat de la bonne mère sur plusieurs airs musicaux.
06:06Un spectacle visible aux quatre coins de la ville et au-delà.
06:13C'est la fin de votre journal, Emmerich.
06:15C'est à vous pour la suite d'Enquête d'Esprit.
06:17Merci beaucoup Éloi Rochebrine pour ce journal d'Enquête d'Esprit.
06:20Aujourd'hui, nous parlons de ces 50 martyrs du nazisme qui viennent d'être béatifiés à Notre-Dame de Paris.
06:27C'était hier.
06:29On en parle avec vous, Abbé Kevin Emmanuel Labbé.
06:31Bonjour.
06:32Bonjour Monsieur.
06:32Merci d'être avec nous.
06:34Vous êtes prêtre du diocèse d'Angers, collaborateur, comme on dit, de la postulation de la cause de ces 50 martyrs.
06:39Vous avez donc travaillé effectivement à leur béatification sur des documents historiques.
06:44Et puis, vous avez travaillé aussi sur un autre martyr.
06:47Vous en avez tiré un livre, l'abbé Noël Pinault.
06:50Priez 15 jours avec l'abbé Noël Pinault, martyr de la Révolution.
06:52C'était aux éditions Nouvelle-Cité.
06:54Avec nous également Marie-Laure Gordien.
06:56Bonjour.
06:56Bonjour.
06:57Bienvenue dans cette émission.
06:58Vous êtes vierge consacrée, adjointe en pastoral pour l'enseignement catholique du diocèse de Meaux,
07:03dont le collège lycée Maurice Rondeau.
07:05Vous nous en direz un mot, Maurice Rondeau, parce qu'effectivement, il fait partie de ces 50 martyrs.
07:10Et vous êtes co-auteur d'un livre sur lui, le bienheureux Maurice Rondeau,
07:14témoin ardent du Christ pour ses compatriotes, aux éditions Yeshua.
07:18Véronique Jacquet est avec nous, bien sûr.
07:19Bonjour Véronique.
07:20Bonjour Aymeric, bonjour à tous.
07:21Et vous nous parlerez de Marcel Calot.
07:23Marcel Calot, c'est une des figures de l'apostolat auprès des ouvriers,
07:26qui est mort à Mauthausen, béatifié en 1987.
07:30C'est un peu le grand frère de tous ces 50 martyrs béatifiés hier.
07:34Et puis Guillaume Zeller est avec nous.
07:35Bonjour, merci d'être avec nous.
07:37Merci.
07:37Vous êtes journaliste, auteur de nombreux ouvrages historiques,
07:40dont La baraque des prêtres, Dachau, 1938-1945.
07:45C'est en poche à présent chez Talendier, dans la collection Texto.
07:48Et vous nous parlerez justement de la vie de ces prêtres, notamment à Dachau.
07:52Alors, ces martyrs du STO, comme on dit, ou martyrs du nazisme, qui sont-ils ?
07:58650 000 Français sont partis au STO, service du travail obligatoire, à partir de 1942.
08:05Parmi eux, il y avait des centaines de militants catholiques, dont 270 prêtres clandestins.
08:11On va en parler.
08:12Et 12 qui seront envoyés en camp de concentration, et en général justement à Dachau.
08:17Alors, Abbé Kévin et Manuel Labbé, première question pour vous.
08:20Quel a été leur rôle à ces militants catholiques, ces martyrs, puisque effectivement, désormais,
08:25ils ont été proclamés comme tels par l'Église ?
08:28Quel était leur rôle ? C'était du soutien spirituel qu'ils apportaient aux travailleurs français là-bas ?
08:32Alors oui, le premier rôle qu'ils se sont donné, c'est d'être un soutien pour leurs camarades,
08:39qu'il s'agisse des prêtres qui ont été transformés, qui sont donc investis dans ce service du travail obligatoire,
08:46ou des jeunes catholiques qui ont été requis, qui faisaient partie de la jeunesse ouvrière chrétienne,
08:51du scoutisme ou d'autres mouvements.
08:52Ils avaient comme rôle, ils avaient reçu comme mission, si on peut dire, d'aller apporter un soutien spirituel,
08:59d'organiser, ça peut être les confessions, porter la communion,
09:05et en fait, vivre ce qu'ils vivaient en France dans leurs mouvements,
09:09le vivre en Allemagne avec leurs frères ouvriers.
09:13Alors Guillaume Zeller, vous avez étudié aussi les profils qui sont très divers,
09:17de ces 50 martyrs, il y a des prêtres, il y a des laïcs.
09:21Est-ce qu'il y a un point commun qui les réunit ?
09:24Et est-ce qu'il y a un portrait robot, on peut établir un portrait robot de ces martyrs,
09:28et est-ce qu'il y en a un qui a votre préférence aussi ?
09:31Alors, ils ont tous ma préférence, là j'évacue cette question d'emblée,
09:34mais évidemment, ils ont tous des personnalités très différentes et très attachantes,
09:37même si, allez, je vous le confesse, moi j'étais très sensible à la figure de Joël Anglaise-Doria,
09:42qui est un jeune routier du Midi, qui écrit un texte absolument sublime la veille de son exécution,
09:47la veille de sa décapitation.
09:49Donc voilà, je vous engage à découvrir ces paroles.
09:52Ce qu'on peut dire sur ces martyrs, effectivement, des profils très divers,
09:55vous l'avez dit en introduction,
09:59c'est que plus, j'allais dire, que les prêtres incarcérés à Dachau,
10:02sur lesquels vous avez la gentillesse de rappeler que j'ai pas mal travaillé,
10:05là on est sur une problématique un peu particulière,
10:08ce qui est cette mission clandestine auprès des travailleurs français déportés en Allemagne.
10:13Je dirais que ce point commun, c'est un instinct évident de résistance spirituelle.
10:18C'est-à-dire que tous, qu'ils aient été envoyés en Allemagne et qu'ils surplacent et développaient une assistance spirituelle chrétienne auprès des déportés du travail,
10:27ou qu'ils soient partis volontairement, comme le père de Porcaro et d'autres,
10:30tous, vraiment, comment dire, incarnent ce devoir, cette exigence de résistance spirituelle du chrétien.
10:37On va voir cela en détail, Marie-Laure Gordien.
10:39Donc, je le disais, vous avez consacré un livre à la figure de l'abbé Rondeau,
10:44qui est vraiment une très très belle figure,
10:46mais également, sur votre diocèse, celui de Maud, il y en a deux autres, René Boîtier et René Rouzé.
10:53Et là aussi, c'est un échantillon, je dirais, assez représentatif des différentes provenances de ces martyrs.
10:59Oui, trois profils très différents.
11:00L'abbé Maurice Rondeau est un prêtre du diocèse de Maud.
11:03Il a vécu le don de lui-même jusqu'au don de sa vie.
11:06Il vivait pour le Christ et il n'avait qu'un désir, c'était porter le Christ à tous ceux qu'il rencontrait.
11:12Il dit au prêtre qui va le veiller ces derniers jours, avant qu'il ne meure,
11:18d'épuisement après l'évacuation de Buchenwald et le fameux convoi de la mort,
11:21tout ce que le Christ a souffert, nous l'avons souffert, nous avons souffert sa passion,
11:27nous avons été vraiment d'autres Christs.
11:30Et un de ses anciens élèves témoignera quelques années plus tard,
11:34il était devenu le Christ autant que cela est possible.
11:37L'abbé Rondeau portait le Christ à tous, il vivait profondément de la messe et de l'Eucharistie,
11:43on en reparlera certainement.
11:45Bien sûr.
11:46Mais c'est ce qui l'habitait au plus profond de lui-même.
11:49Lorsqu'il célébrait la messe au Stalag, un de ses compagnons dira,
11:55lorsqu'on savait que l'abbé Rondeau allait donner le serment,
11:57la chapelle du Stalag était pleine, on venait boire ses paroles,
12:00parce qu'il nous apportait une parole d'espérance.
12:03Évidemment, dans ces circonstances, on imagine que c'était très important.
12:06Les deux autres, c'est...
12:07Et donc, les deux autres...
12:08Il y a un scout...
12:09C'est René Boîtier, un jeune marié.
12:12Il s'est marié le 25 mars 1940, juste trois mois avant d'être lui-même prisonnier de guerre,
12:17et donc il ne reverra jamais sa jeune épouse.
12:20Il découvre le scoutisme au sein du Stalag,
12:22et d'ailleurs, il y fait la rencontre de Maurice Rondeau,
12:24qui sera aussi un des artisans de cette découverte du scoutisme.
12:27Et à travers le scoutisme, il va vivre un engagement profond de lui-même
12:30au service de ses frères, des autres.
12:32Et pareil, vivre sa foi, témoigner de sa foi,
12:35dans ces circonstances très éprouvantes.
12:37Et René Rouset, lui, est un jeune jossiste,
12:40déjà très engagé à Livry-Gargan.
12:42Alors, jossiste, peut-être, il faut préciser pour nos téléspectateurs et auditeurs,
12:45c'est la jeunesse ouvrière chrétienne,
12:47un mouvement d'action catholique extrêmement fort à l'époque.
12:51Absolument.
12:51Donc, il était déjà engagé à Livry-Gargan.
12:53Il va partir avec le service du travail obligatoire en Allemagne,
12:57réquisitionné,
12:58et là-bas, il va chercher à reconstruire un réseau d'action catholique
13:01auprès des jeunes qui sont avec lui en Allemagne.
13:04Véronique Jacquier.
13:04Oui, certains de ces martyrs du nazisme
13:07sont très jeunes.
13:08Jean Mestre, par exemple, avait à peine 20 ans.
13:10Et il écrit à sa maman,
13:12« Ne sois pas jalouse, j'aime Jésus-Christ encore plus que toi ».
13:16Voilà, à 20 ans, c'est quand même...
13:17C'est quand même fort.
13:18C'est quand même très, très, très fort.
13:20Et donc, question pour Guillaume Zeller,
13:21est-ce qu'il n'y a pas un aspect,
13:22chez certains, de ces martyrs,
13:24un peu tête brûlée ?
13:25Est-ce qu'il savait vraiment où il mettait les pieds ?
13:27C'est ça qui est assez bouleversant.
13:31Et mon père, je pense que vous pourriez nous le préciser,
13:34c'est que sur ces martyrs, sur ceux du STO,
13:39ils savent.
13:41Ils savent.
13:41Alors, évidemment, un exemple typique, c'est Porcaro.
13:43Parce que là, son évêque lui demande à plusieurs reprises de partir,
13:46il dit ça longtemps, il prend cette décision,
13:49et il sait, je crois qu'on est juste après le fameux décret Kelton Brunner,
13:52dont on parlera,
13:53il sait que toute action catholique clandestine
13:56sera poursuivie et réprimée par les autorités nazies.
13:59Et à l'époque, quand on est arrêté par la Gestapo,
14:02le sort qui se dessine derrière est plutôt évident.
14:04Donc, ils le savent.
14:05Mais ceux qui sont sur place,
14:07une fois plus,
14:07qui se découvrent une vocation missionnaire clandestine sur place,
14:11j'allais dire, eux aussi,
14:13savent très vite,
14:14et a fortiori, après ce fameux décret dont on reparlera,
14:17que derrière, c'est la prison, l'exécution,
14:20ou la déportation.
14:21Et donc, a priori, la mort.
14:23Donc, oui, tête brûlée, je ne sais pas,
14:25mais en tout cas, parfaitement conscient
14:26du risque qu'il court et prêt au sacrifice suprême.
14:29Alors, on a entendu parler de ces mots
14:31de résistance spirituelle.
14:34C'est le cas notamment pour l'abbé Giraudet,
14:36qui était prêtre employé à Berlin.
14:38Dans quelle mesure, justement,
14:39est-ce qu'il a exercé cette action de résistance spirituelle ?
14:43Écoutez Grégoire Moreau,
14:44qui est l'auteur d'un livre sur l'abbé Giraudet.
14:47Je pense qu'on peut vraiment parler de résistance spirituelle
14:51pour René Giraudet.
14:52Il n'est pas là venu pour faire de la politique,
14:54il est venu vraiment pour ces jeunes,
14:56pour les mettre, leur donner Jésus,
14:59les faire vivre du Christ,
15:01et trouver en eux les moyens de cette force d'âme,
15:05de cette résistance intérieure,
15:06par rapport à un système qui est complètement,
15:08qui broie.
15:09Les hommes, 10 heures, 15 heures,
15:12parfois 18 heures par jour,
15:14dans certains cas,
15:15c'est un esclavage moderne, le STO.
15:18D'ailleurs, il était assez lucide,
15:20un peu sur tout ce qui l'entourait,
15:21sur ce délire un peu totalitaire.
15:24Il parlait, il écrivait à ses paroissiens,
15:26il était en lien,
15:27et à un moment, il leur dit,
15:28vous avez de la chance,
15:29de là où vous êtes,
15:30conservez votre christianisme comme un trésor,
15:34parce que moi, ce que je vois autour de moi,
15:36c'est un monde mauvais, un monde païen.
15:37« Si vous saviez ».
15:39Voilà, donc je crois que c'est assez fort comme phrase,
15:42et ça rentre bien dans l'état
15:44dans lequel il était et autour de lui.
15:47Une réaction peut-être, Marie-Laure Gordien,
15:49sur ces termes de résistance spirituelle,
15:52d'opposition au nazisme, en tout cas.
15:55L'abbé Rondo, par exemple,
15:57a lui aussi fait de la résistance matérielle,
15:59si je puis dire,
16:00quelques actes,
16:01il les a soutenus, en tout cas, les résistants.
16:02En tout cas, il a déjà participé, effectivement,
16:04à cette résistance spirituelle
16:05en tant qu'opposition vraiment au nazisme,
16:07et effectivement, lorsqu'il était au service des jeunes ouvriers
16:11du service du travail obligatoire à Aix-la-Chapelle,
16:14il va créer, avec Lucien Quintin notamment,
16:17un réseau d'évasion par la Belgique
16:19pour permettre à des jeunes
16:21ou à des prisonniers qui arrivaient à s'évader
16:24de rejoindre la Belgique et la France.
16:26Abbé Kévin, Emmanuel Labbé,
16:28ce qu'il faut comprendre aussi avec ces martyrs,
16:30ces nouveaux martyrs du STO ou du nazisme,
16:33comme on veut, c'est qu'il y avait un véritable réseau.
16:35Ce n'était pas uniquement des individus isolés
16:36qui, effectivement, avaient des actions héroïques,
16:39mais ils étaient organisés.
16:40Ils se sont organisés sur place.
16:43C'est d'abord dû à l'habitude prise en France,
16:48c'est très propre à l'action catholique de se retrouver,
16:50de faire des fédérations, d'être déjà en réseau.
16:54Et ils se sont retrouvés,
16:55mais ils ont créé à peu près neuf réseaux à travers l'Allemagne
16:59qui étaient sans étiquette.
17:01Ce n'était pas uniquement de la joque
17:04ou uniquement du scoutisme.
17:06C'était un petit peu des réseaux...
17:07Dépasser les courants ou les sensibilités, on va dire.
17:09Exactement, c'est plutôt des réseaux d'évangile.
17:12Et ils se sont retrouvés à la fois pour organiser des rencontres,
17:15des eucharisties avant l'ordonnance Carlton Brunner
17:18dont on va parler,
17:19lorsque c'était encore un peu autorisé,
17:21et puis permettre la rencontre avec des prêtres,
17:24je le disais tout à l'heure,
17:25notamment pour des confessions
17:26ou même pour faire passer du courrier.
17:28Et il y avait aussi une figure en France
17:31qui est l'abbé Rodin,
17:33qui est le futur fondateur du Secours catholique,
17:37qui va aussi les organiser de la France,
17:39Guillaume Zeller ?
17:41Quelques mots,
17:41ça m'a été presque une émission
17:43de parler de la figure de Rodin,
17:44mais effectivement,
17:45c'est une des chevilles ouvrières
17:46de la constitution de ces réseaux.
17:48En fait, c'est un tandem,
17:49c'est l'abbé Rodin et Mgr Suard,
17:53qui était l'archevêque de Paris à l'époque.
17:55Et c'est très intéressant
17:56et très riche d'enseignements aussi pour aujourd'hui.
17:58C'est-à-dire que tous les deux sont animés
17:59d'un esprit missionnaire extrêmement fort
18:02dans un contexte qui est très singulier
18:04qui est celui de la guerre et de l'occupation en France,
18:06mais qui va puiser ses racines
18:07même dans les années 30
18:07où ils se sont posés beaucoup de questions,
18:09comme beaucoup de prêtres de l'époque,
18:10face à la prédominance du marxisme,
18:12notamment la diffusion du communisme
18:14auprès de la jeunesse,
18:16auprès des mouvements ouvriers, etc.
18:17Donc, depuis les années 30,
18:19il y a ces interrogations au sein de l'Église
18:21de savoir comment repenser la mission
18:23dans un contexte de déchristianisation.
18:25Alors, toute chose égale par ailleurs,
18:26mais on pense quand même un petit peu à aujourd'hui
18:28quand on pense à eux.
18:29Et donc, c'est dans ce contexte très singulier
18:31que leur intuition missionnaire,
18:32qui est déjà plus ancienne,
18:33va déboucher sur la création de ce qu'on appellera
18:35la mission Saint-Paul,
18:36c'est-à-dire l'organisation de ces réseaux.
18:37Pourquoi ?
18:39Parce qu'il y a cette exigence
18:39d'aller porter le Christ,
18:41d'aller porter la parole
18:41à des gens qui vont être totalement dépourvus
18:43de l'assistance chrétienne.
18:44Donc, c'est fondamentalement missionnaire
18:46comme démarche à l'origine.
18:47Et donc, Mgr Rodin,
18:48futur fondateur du Secours catholique,
18:50en effet, est une figure incontournable
18:51quand on veut réfléchir à la période
18:53et à ses hommes.
18:54Alors, vous avez tous parlé
18:55de cette fameuse ordonnance
18:57Kaltenbrunner.
18:58Effectivement, elle est assez emblématique
19:00de l'opposition radicale
19:02qui existe entre le nazisme
19:03et le christianisme à cette période.
19:06C'est la raison pour laquelle
19:07tous ces martyrs sont morts,
19:08comme on dit, en haine de la foi.
19:10Et c'était bien en provenance des nazis.
19:12Je voudrais juste citer
19:14et puis avoir votre commentaire, bien sûr,
19:16l'abbé Roger Pannier
19:17que vous citez, Marie-Laure Gordien,
19:18dans votre livre.
19:19Pour la Gestapo, disait-il,
19:21le groupe qu'ils arrêtaient
19:22était une émanation de l'Église catholique.
19:24Les interrogatoires ne laissaient aucun doute.
19:26L'Église catholique est l'ennemi du Reich.
19:29Donc, on peut bien dire
19:31qu'effectivement, ils sont morts
19:32parce que les nazis ne supportaient pas
19:34la présence chrétienne, catholique
19:36sur le territoire allemand.
19:39Marie-Laure Gordien.
19:39Le secours spirituel des travailleurs civils français
19:43par des prêtres de leur pays
19:44est et reste interdit,
19:45dit l'ordonnance Calterne-Brunner
19:46dont on vient de parler.
19:48Et même si, bien sûr,
19:50nos 50 ignoraient complètement cette ordonnance,
19:52dans la police allemande
19:54et dans la Gestapo notamment,
19:55on la connaissait bien
19:56et ils ont agi en fonction de cette ordonnance,
19:58bien sûr.
19:59Et tous ces jeunes ont été arrêtés
20:01en juin, juillet, août
20:03en raison de leur activité catholique,
20:06missionnaire en Allemagne,
20:07au service des prisonniers
20:09ou au service des jeunes.
20:10Avec Kevin-Emmanuel Labbé,
20:12l'ordonnance Calterne-Brunner
20:13en deux mots,
20:14qu'est-ce qu'elle précise, stipule ?
20:16Alors, d'abord,
20:16Calterne-Brunner,
20:17c'est le nom du N-1 de Himmler,
20:19qui est en charge de la police
20:20et de la sécurité du Reich.
20:22Et c'est assez simple,
20:25ça tient en neuf points.
20:26Dissolution des mouvements
20:28d'action catholique,
20:29interdiction au clergé allemand
20:30de rendre service à ses travailleurs.
20:34Et puis, la condamnation
20:36pour ceux qui persévéraient
20:37à la déportation, tout simplement.
20:41Mais cette ordonnance
20:42Calterne-Brunner
20:42et cette sévérité
20:44qui s'est accrue,
20:46elle est arrivée malheureusement
20:49à cause, on pourrait dire,
20:50des efforts de Mgr Rodin,
20:51qui a voulu absolument
20:53faire une aumônerie.
20:55Et puis un jour,
20:55il a même été envoyé
20:56un courrier aux prêtres
20:58qui étaient partis en Allemagne.
21:00Et puis, bon,
21:01voilà, tout était bien couvert.
21:02Courrier qui était évidemment surveillé.
21:04Courrier qui était bien évidemment surveillé.
21:06Et comme le trop
21:09et l'ennemi du bien,
21:11effectivement,
21:12ils ont été d'autant plus surveillés
21:14et puis ensuite arrêtés.
21:16Mais cette condamnation
21:19du nazisme,
21:20elle est en fait assez irrationnelle.
21:23Parce qu'elle ne se justifie en rien.
21:25Condamnation du christianisme
21:27par le nazisme.
21:28Du christianisme, pardon,
21:29par le nazisme, bien sûr.
21:31Elle ne se justifie en rien
21:32parce que,
21:33enfin, elle est en tout cas irrationnelle.
21:35Il y a des propos
21:36qui sont attribués même
21:38au chancelier du Reich de l'époque,
21:40enfin Adolf Hitler,
21:41qui dit
21:41« Je n'en ferai certainement pas
21:43des martyrs.
21:44Je me contenterai de les dénoncer
21:45comme de vulgaires criminels.
21:47Je leur arracherai du visage
21:48leur masque de respectabilité.
21:51Et si cela ne suffit pas,
21:52je les rendrai méprisables
21:54et ridicules. »
21:55Le moins qu'on puisse dire,
21:56c'est qu'il n'a pas réussi en tout cas.
21:57En tout cas, non.
21:58C'est l'histoire de le pro.
21:59Guillaume Zeller,
22:00pourquoi y a-t-il sur le plan venu
22:01des principes incompatibilité
22:03de fond entre nazisme
22:05et christianisme ?
22:06Il y a en effet
22:07dans ce décret
22:08qu'est Tom Brunner
22:09une dimension,
22:10il y a une double lecture.
22:11Il y a une lecture
22:11à la fois policière,
22:12c'est-à-dire que cette présence
22:13clandestine désorganise
22:14l'organisation répressive
22:16du STO.
22:18Dans une époque
22:19qui est compliquée pour le Reich,
22:20en décembre 1943,
22:20le vent commence à tourner.
22:22Et il y a une dimension idéologique.
22:23Évidemment,
22:24vous l'avez rappelé,
22:24c'est le Edmond Zendimler.
22:26Himmler,
22:26c'est uniquement
22:27le chef de la police allemande.
22:28C'est aussi le garant
22:28de l'ordre idéologique nazi,
22:30national-socialiste,
22:31de l'ordre noir nazi.
22:33Et donc,
22:33en effet,
22:34ça invite à remonter
22:35un petit peu dans le passé
22:36en essayant d'être
22:36le plus synthétique possible.
22:37Il faut savoir
22:37que la question du christianisme,
22:39elle se pose
22:40dès les premières réflexions
22:41du Deutsche Arbeiterpartei
22:42en 1920,
22:43c'est-à-dire
22:43l'ancêtre du national-socialisme.
22:45Et dans les premiers écrits
22:46des pensants à l'époque,
22:47ça pose problème.
22:48Le christianisme pose problème
22:49et on parle à l'époque
22:50d'un christianisme positif.
22:51On accepte un christianisme positif
22:53débarrassé,
22:54c'est assez formidable,
22:56de ses racines juives.
22:57Je ne sais pas comment ils font.
22:58En tout cas,
22:58l'objectif,
23:00c'était de débarrasser
23:00ce christianisme-là.
23:01Donc,
23:02le christianisme a été considéré
23:03comme le vecteur d'un bacille,
23:05pour reprendre les comparaisons
23:05ignobles de l'époque,
23:06du bacille juif.
23:07Il aurait été porté
23:08par le christianisme.
23:09Donc,
23:09on va débarrasser
23:11le christianisme de ce bacille-là.
23:12Donc ça,
23:13c'est une pensée
23:13qui va se développer
23:14beaucoup avec Alfred Rosenberg.
23:15Vous savez,
23:16le mythe du XXe siècle,
23:181930,
23:19le grand idéologue du parti.
23:21Il y a cette dimension-là.
23:23Il y a ensuite
23:23une deuxième dimension,
23:24c'est celle d'Hitler.
23:24Vous l'avez dit,
23:25il est assez neutre,
23:26enfin pas neutre,
23:27mais c'est plutôt
23:27une opposition politique
23:28qui le gêne dans le christianisme.
23:30Et puis après,
23:30il y a celle d'Himmler,
23:31où là,
23:31pour le coup,
23:32il déclare un anti-christianisme
23:33viscéral,
23:34intrinsèque à l'Allemagne.
23:35Il donne 50 ans à la SS
23:37pour débarrasser
23:37l'Allemagne du christianisme.
23:38Ça,
23:38c'est un objet qui est très clair.
23:40Donc c'est substantiellement
23:41lié au nazisme,
23:42l'anti-christianisme.
23:43Et puis ça a été condamné
23:44aussi par le pape Pionze,
23:46notamment,
23:47bien avant la Seconde Guerre mondiale.
23:50Alors,
23:50on va s'interrompre
23:51quelques instants
23:52et se retrouver
23:52dans quelques minutes
23:54pour évoquer
23:55le message spirituel
23:56de ces martyrs,
23:5750 martyrs du nazisme,
23:58je le rappelle,
23:59qui viennent d'être béatifiés
24:00à Notre-Dame de Paris.
24:02On se retrouve donc
24:02dans un instant.
24:06De retour
24:07dans Enquête d'Esprit,
24:08nous parlons
24:08de la béatification
24:10hier à Notre-Dame de Paris
24:11de 50 martyrs
24:13du nazisme
24:14qui ont aidé
24:15les travailleurs français
24:16ouvriers
24:17en Allemagne
24:18pendant la Seconde Guerre mondiale
24:19qui leur ont apporté
24:20les secours spirituels
24:22pour cette émission
24:23qui est sur CNews
24:24et Europe 1
24:25et en partenariat
24:26avec l'hebdomadaire
24:27France catholique.
24:29On en parle
24:29aujourd'hui
24:30avec l'abbé
24:30Kevin-Emmanuel Labbé
24:32qui a travaillé
24:33à la postulation,
24:34comme on dit,
24:35de la cause
24:35de ces 50 martyrs
24:37pour qu'elles puissent
24:38aboutir à leur béatification.
24:40On est également
24:41avec Marie-Laure Gordien
24:42qui a co-écrit
24:44un livre
24:45sur le bienheureux
24:46Maurice Rondeau,
24:46l'abbé Maurice Rondeau
24:47qui est un des 50 martyrs
24:49du nazisme,
24:50témoin ardent du Christ
24:51pour ses compatriotes
24:52aux éditions Yeshua.
24:53On est également
24:54avec Véronique Jacquier
24:55qui va nous parler
24:56d'un de leurs grands frères
24:57Marcel Calot
24:58qui a été béatifié
25:00plus anciennement
25:01mais qui fait partie
25:02finalement
25:02de cette même inspiration
25:04et élan.
25:05Et puis Guillaume Zeller
25:06qui est avec nous,
25:07il est l'auteur
25:07notamment de
25:08La baraque des prêtres
25:09à Dachau
25:101938-1948,
25:1245 pardon,
25:13chez Talendier.
25:14Alors justement,
25:15Guillaume,
25:15parlons de cette...
25:17Comment ça se passait
25:17dans les camps
25:18où étaient internés
25:19notamment une partie
25:21de ces martyrs
25:22du nazisme
25:23et notamment
25:24on y célèbre la messe.
25:26C'est ça qui est intéressant
25:27c'est que finalement
25:28ils avaient le droit
25:28de célébrer la messe.
25:29Comment se sont-ils organisés ?
25:31Alors par rapport
25:32à nos 50 martyrs
25:34dont on parle aujourd'hui,
25:36ils ne sont finalement
25:36pas si nombreux à être allés
25:37à Dachau
25:37sur lequel je me suis penché.
25:39C'est le père de Porcaro
25:40et le père Victor Dillard.
25:41Donc c'est deux prêtres
25:42mais beaucoup sont morts
25:43à Buchenwald,
25:43sont morts aussi
25:44dans les prisons
25:44de la Gestapo,
25:45à Cologne, etc.
25:46Mais à Dachau
25:47en effet,
25:47il y a une singularité.
25:48Alors on célèbre la messe
25:49non, on la célèbre à Dachau.
25:50C'est le seul endroit
25:51où on peut vraiment
25:51la célébrer librement,
25:53c'est un grand mot.
25:55Grâce au pape Pie XII ?
25:56Oui, grâce au pape Pie XII
25:58en partie,
25:59grâce au travail
25:59de l'Annonciature,
26:01grâce au travail
26:01du clergé local,
26:02la conférence épiscopale
26:03allemande, etc.
26:04C'est un élan,
26:06les origines sont nombreuses.
26:08Mais en tout cas,
26:08il y a cette singularité absolue,
26:12c'est-à-dire que dans la baraque 26
26:13a été dressée
26:14dans une des ch'tubeux,
26:15dans une des chambres,
26:16une chapelle,
26:17une chapelle qui,
26:18au fur et à mesure des années,
26:19parce qu'elle ouvre
26:19dès 40-41,
26:21va se doter de tout
26:22ce que l'on retrouve aujourd'hui
26:24dans nos églises contemporaines.
26:26Évidemment,
26:26un tabernacle,
26:27un ostensoir,
26:28des bandes,
26:28il y a même un harmonium,
26:29il y a une statue
26:30de la Sainte Vierge.
26:31Tout ça est bricolé,
26:32avec de l'aluminium
26:32de boîte de conserve,
26:34avec des étoffes retrouvées,
26:36malheureusement,
26:37sur les effets personnels
26:38de déportés qui arrivent.
26:39Donc on reprend les habits,
26:40on les recours,
26:41on en fait des chasubles,
26:41enfin c'est extraordinaire.
26:43Alors,
26:44dans cette baraque,
26:45on va pouvoir dire
26:45la messe plus ou moins librement.
26:47Il y a des époques
26:47où elle peut être dite
26:48tous les jours,
26:48de façon régulière,
26:49d'autres,
26:50la répression s'abat,
26:51mais en tout cas,
26:51l'eucharistie est présente.
26:53Sauf que,
26:54je ne peux pas rentrer
26:55dans les détails trop longtemps,
26:56mais...
26:56Comment trouvent-ils les espèces ?
26:58Exactement,
26:59c'est une excellente question.
27:00Alors, le vin,
27:01le vin est fourni
27:02par des complicités locales,
27:04par des réseaux locaux,
27:05par les curés
27:06des villages bavarois
27:07aux alentours
27:08qui peuvent le faire passer
27:09par ce qu'on appelait
27:09la plantation,
27:10qui est un endroit
27:11où on faisait pousser des fleurs,
27:12enfin,
27:12où les gens mouraient
27:12pour faire pousser des fleurs.
27:15Mais donc,
27:15on arrive à leur acheminer
27:16du vin.
27:18On consacre aussi,
27:19on se débrouille
27:19pour trouver un petit peu
27:20de farine.
27:21Et alors,
27:21il y a même des cas extraordinaires,
27:22c'est-à-dire que
27:22quand des déportés
27:24partent en commando,
27:25c'est-à-dire des groupes
27:25de travail à l'extérieur du camp,
27:27quand c'est la bonne période,
27:28ils glanent des épis de blé
27:30pour en faire du froment
27:31et pour confectionner
27:32eux-mêmes leurs hosties.
27:33Donc ça,
27:34c'est vraiment quelque chose
27:34d'extraordinaire
27:35dans la vie chrétienne,
27:37dans l'histoire chrétienne.
27:38Et ce qui est encore plus beau,
27:39c'est que ces prêtres
27:39qui peuvent dire l'Eucharistie
27:40dans la Barque 26
27:41ne sont pas censés
27:42aller les distribuer
27:43dans l'ensemble du camp.
27:44Et pourtant,
27:44évidemment,
27:45dans la plus grande clandestinité,
27:46ils vont acheminer
27:47dans les baraques
27:48de ceux qui les demandent
27:49des hosties,
27:50dans des petites boîtes de cirage,
27:51dans des boîtes de médicaments,
27:52etc.,
27:52dissimulées.
27:53Et donc,
27:54il y a des histoires extraordinaires
27:56de diffusion de l'Eucharistie
27:57à Dachau,
27:58je précise.
27:58Alors,
27:59c'est le cas aussi,
27:59peut-être dans d'autres circonstances,
28:01de l'abbé Rondo
28:02qui était à Buchenwald,
28:03mais qui,
28:03dans toute son action,
28:04justement,
28:05son apostolat clandestin
28:06au service des travailleurs,
28:07français du STO notamment,
28:09et après,
28:10dans les camps
28:10où il est allé,
28:12c'était vraiment
28:12l'Eucharistie son moteur,
28:14c'est-à-dire qu'il allait
28:15effectivement visiter
28:16les prisonniers
28:17pour leur porter l'Eucharistie.
28:18Il y a aussi
28:19un épisode très touchant
28:21que vous racontez,
28:22lorsque les Américains
28:23arrivent sur le sol allemand,
28:25les prisonniers
28:26sont envoyés dans un train
28:27et il a des hosties
28:29dans une petite boîte
28:30de savon
28:31qu'il distribue,
28:31là encore,
28:32à ceux qui vont
28:33très probablement mourir
28:34et d'ailleurs,
28:34ce sera son cas
28:34puisqu'il est épuisé
28:35à ce moment-là.
28:36Marie-Laure Gordien.
28:37Tout à fait,
28:37dans ce convoi de la mort,
28:39l'abbé Maurice Rondo
28:40va soutenir
28:40ses compagnons d'infortune
28:42avec le Saint-Sacrement,
28:44le pain d'effort
28:45pour les réconforter
28:46dans cette épreuve terrible,
28:47dans ce calvaire
28:47qu'ils vivent
28:48à l'imitation du Christ
28:49et pour cela,
28:50il arrivait,
28:51grâce à l'aide
28:52de prêtres allemands
28:53qu'ils croisaient
28:54au hasard de la Providence,
28:59c'est lui,
29:00dans une boîte à savon
29:01et autrefois,
29:02quand il était à Brunval,
29:03c'était dans un étui
29:04à cigarettes.
29:05Ce six boires de fortune,
29:07il les faisait passer
29:08parmi les prisonniers
29:08pour que chacun
29:09puisse se nourrir
29:10de l'Eucharistie.
29:11Abbé Kevin,
29:12Emmanuel l'abbé,
29:13vous êtes prêtre,
29:14mais c'est très beau
29:15de voir,
29:15je dis ça parce que
29:16c'est très beau
29:17de voir justement
29:17ce lien avec l'Eucharistie
29:19qu'ont eu tous ces martyrs,
29:21c'est peut-être
29:21le fil rouge
29:22qui les réunit
29:23et puis,
29:24pour les prêtres en particulier,
29:26il y a une identification,
29:28on peut l'imaginer,
29:29en tout cas,
29:30avec le don de leur vie,
29:31le sacrifice jusqu'au bout
29:32et qui se synthétise
29:36en quelque sorte
29:36dans cette Eucharistie.
29:38Oui,
29:39parce qu'en fait,
29:40les païens
29:41s'en passent facilement,
29:42les saints,
29:42jamais.
29:44Et puis,
29:44cette Eucharistie-là,
29:46ça signifie aussi
29:47que recevoir
29:49celui qui se donne,
29:50c'est une invitation
29:50aussi à se donner
29:52et à donner sa vie
29:53pour celui
29:54qui va recevoir
29:55cette vie
29:56comme une offrande.
29:57en fait.
29:58Ça me fait penser
29:59que finalement,
30:01les réseaux dont on parlait
30:02tout à l'heure,
30:03en fait,
30:03sont avant tout
30:04des réseaux eucharistiques.
30:06Alors,
30:07à la fois relativement
30:09aux espèces eucharistiques,
30:10mais aussi dans le don,
30:12dans l'offrande
30:12et dans la communion.
30:13Ce sont ces réseaux-là
30:14qui sont eucharistiques.
30:16Mais ça prend d'autant plus,
30:18je dirais,
30:18de relief
30:19dans ces circonstances
30:20terribles
30:21de la menace,
30:22du risque d'effectivement
30:23de perdre la vie,
30:26alors que bon,
30:26aujourd'hui,
30:27c'est assez facile,
30:29si je puis dire,
30:29de se rendre dans une église
30:30pour communier.
30:31Là,
30:31il y avait un enjeu
30:32qui était vraiment vital.
30:34Nécessairement,
30:35au premier chef,
30:36pour les prêtres,
30:37ça prend une dimension
30:37toute particulière.
30:39On dit,
30:39prenez et mangez-en tous
30:41ceci et mon corps,
30:42forcément,
30:43dans des circonstances pareilles,
30:44dans les conditions
30:45que vous avez décrites.
30:47Forcément,
30:48l'eucharistie
30:49prend une dimension
30:50plus entière,
30:52plus pleine,
30:53plus complète.
30:54Véronique Jacquet.
30:55Est-ce qu'on peut dire
30:56qu'ils nous ont tenu
30:56grâce à l'eucharistie ?
30:58Il faut l'expliquer,
30:59je pense,
30:59pour ceux qui sont loin
31:00de l'église,
31:01qui nous regardent
31:01et qui nous écoutent.
31:03En quoi résidait
31:04cette force eucharistique,
31:05Guillaume Zeller ?
31:08Alors, évidemment,
31:08ce n'est pas
31:09une potion magique.
31:11Voilà.
31:11Évidemment.
31:12Donc, ils sont morts
31:13et ils sont morts en masse.
31:14Et là, pour le coup,
31:15j'ai élargi notre focale
31:16au-delà des martyrs
31:17du STO,
31:18mais l'ensemble des prêtres
31:18déportés sur lesquels
31:19j'ai pu tenir.
31:20En revanche,
31:20je suis persuadé,
31:21là pour le coup,
31:22ma réflexion n'est pas
31:23forcément scientifique,
31:24mais je suis persuadé
31:25qu'elle leur a permis
31:25de tenir spirituellement.
31:27Et je reviens toujours
31:27sur quelque chose
31:28qui m'a fasciné.
31:29On sait que dans les camps
31:30de concentration,
31:31l'objectif des autorités nazies
31:32et leurs complices,
31:34le capot et autres,
31:35est de briser les individus,
31:36d'en faire des loques
31:37pour dire les choses
31:38très vulgairement.
31:40Et parmi tous les chantillons
31:41de prêtres sur lesquels
31:42j'ai pu travailler,
31:43je n'en ai pas trouvé
31:43un seul qui se soit effondré.
31:45Bien sûr,
31:45ils ont peur,
31:46bien sûr,
31:46ils peuvent pleurer,
31:47bien sûr,
31:47ils peuvent hurler
31:48à l'injustice
31:49par des éléments
31:49de désespoir,
31:50mais ils ne vont pas
31:51s'effondrer.
31:51J'ai une histoire,
31:53une seule,
31:53d'un petit vol de pain
31:54à la baraque 26.
31:56Le vol du pain,
31:56ce n'était pas rien.
31:57Dans un camp,
31:57le vol du pain,
31:58c'est quasiment le crime suprême,
31:59tellement c'est quelque chose
32:00de fondamental.
32:01Donc, ce n'est pas anodin.
32:02Mais on aurait pu imaginer
32:03des dénonciations,
32:04des renonciations,
32:04des lâchetés,
32:06des compromissions,
32:06qui ne se compromettent pas.
32:08Donc, non,
32:08ça va leur permettre
32:09de tenir et de mourir,
32:10j'allais dire,
32:10en chrétien.
32:11Alors,
32:12ce qui marque aussi,
32:13à travers le témoignage
32:14de ces 50 martyrs,
32:15c'est vraiment le zèle.
32:16C'est un mot qu'on n'emploie
32:17plus tellement aujourd'hui,
32:19mais l'élan missionnaire
32:21que tous ces 50 héros
32:24de la foi ont eu
32:25en allant annoncer le Christ
32:27à leurs compatriotes
32:28en captivité.
32:29Véronique,
32:31il y a un prédécesseur
32:32de ces 50 martyrs,
32:34c'est Marcel Calot,
32:35parce que lui avait
32:37ce charisme d'aller vers,
32:39notamment,
32:39la classe ouvrière,
32:41effectivement,
32:41à l'époque où elle était
32:42menacée par l'influence
32:44communiste.
32:45Oui, alors,
32:46Béatifi,
32:46en 1987,
32:48par Saint-Jean-Paul II,
32:49c'est pour ça qu'on dit
32:49que c'est un petit peu
32:50le grand frère
32:51de ceux que nous présentons
32:52aujourd'hui.
32:52C'est un breton,
32:53il est né à Rennes en 1921,
32:55il est mort en 1945
32:56au camp de concentration
32:57de Mauthausen
32:59en Autriche,
32:59il avait seulement 23 ans,
33:01et en fait,
33:02c'est l'exemple même
33:03d'un jeune homme
33:04très engagé comme catholique,
33:06très engagé
33:07dans les mouvements
33:08qui sont nouveaux
33:08dans l'église
33:09de l'entre-deux-guerres.
33:10On en a parlé
33:10avec Guillaume Zeller,
33:12on réfléchissait
33:12à être pleinement missionnaire
33:14dans l'entre-deux-guerres.
33:15Et donc,
33:16il y a eu,
33:16comme ça,
33:17une floraison de mouvements,
33:18il y a eu la croisade eucharistique
33:19créée en 1922
33:21dans laquelle
33:22s'est engagé
33:23Marcel Calot,
33:23il y a eu
33:24les Scouts de France
33:25créés en 1920
33:26et Marcel Calot
33:27s'engagent en 1933,
33:28il y a eu
33:29la jeunesse ouvrière chrétienne
33:30créée en France
33:32en 1927
33:32et Marcel Calot
33:33s'engage en 1935.
33:35Donc,
33:36c'est une sorte
33:36de croisée
33:37du catholicisme
33:38de l'entre-deux-guerres.
33:39Et donc,
33:40quand il est réquisitionné
33:41par le STO
33:41en Allemagne
33:42en mars 1943,
33:44il explique
33:44à sa famille
33:45et à sa fiancée
33:45« Je ne pars pas
33:46comme travailleur,
33:47je pars comme missionnaire ».
33:48Il avait tout à fait conscience
33:50malgré son jeune âge
33:51qu'il partait
33:53pour apporter
33:54un secours spirituel
33:55effectivement
33:55à des travailleurs.
33:57Ça faisait partie
33:57de son monde,
33:58il avait été typographe
33:59mais enfin,
34:00c'était surtout
34:01sa foi catholique
34:02qui finalement
34:03était son moteur.
34:04Et donc,
34:04il va opposer aux nazis
34:05une grande résistance spirituelle.
34:07Il va travailler
34:07des heures dans une usine
34:09en souffrant du froid,
34:10de la faim.
34:11Il va réussir
34:12à fédérer un groupe
34:13autour de lui
34:13pour prier,
34:15pour dire le chapelet,
34:15pour les emmener
34:16à la messe.
34:17Et alors,
34:17évidemment,
34:18on va le juger
34:18trop catholique
34:19et il va être déporté
34:21à Matausen
34:21où il l'a encore.
34:22Il va être dans un apostolat
34:23incroyable.
34:25Il va réconforter
34:26dans la foi
34:26jusqu'aux portes
34:27de la mort
34:28ses camarades
34:29alors que lui-même
34:30est en train de mourir
34:31de dénutrition,
34:33de tuberculose,
34:34de dysenterie.
34:35Un prisonnier,
34:36le colonel Albert Thibodeau
34:37qui a recueilli
34:38son dernier souffle
34:39a confié
34:39que le regard
34:40de Marcel Calot
34:41exprimait quelque chose
34:42d'extraordinaire.
34:44Une conviction profonde
34:45qu'il partait vers le bonheur.
34:46Il avait ce regard,
34:47a-t-il dit,
34:48qui voyait autre chose.
34:50Alors,
34:50sans doute voyait-il
34:51déjà le Christ.
34:53Un ami,
34:53avait dit Marcel Calot,
34:55qui ne me quitte pas
34:56un seul instant.
34:57Merci beaucoup,
34:57Véronique.
34:58J'aimerais avoir
34:58les réactions
34:59de nos invités,
35:00notamment vous,
35:01Marie-Laure Gordien
35:01et puis l'abbé
35:02Kevin-Emmanuel Labbé
35:03sur le moteur
35:05en quelque sorte
35:05de cet élan missionnaire
35:07parce qu'évidemment,
35:08aujourd'hui,
35:09dans une société
35:09déchristianisée,
35:10la question se pose
35:11peut-être encore plus fortement
35:13qu'à l'époque.
35:13Qu'est-ce qui les motivait,
35:15selon vous,
35:15Marie-Laure Gordien ?
35:17Le désir de faire connaître
35:18le Christ,
35:18c'est d'apporter
35:19un amour infini
35:20à tous ces prisonniers
35:21qui étaient là
35:22et qui étaient aux prises
35:22de la haine,
35:24de la violence.
35:26C'est certainement ça.
35:27Le désir de les faire
35:29grandir aussi
35:30dans leur chemin
35:30vers le Christ,
35:31le désir de les amener
35:32aussi sur la voie
35:33de l'héroïsme
35:34que chez nous,
35:35on appelle la sainteté.
35:37Certainement.
35:37Abbé,
35:37Kevin Emmanuel Abbé,
35:39leur moteur,
35:39le moteur
35:39de ce zèle apostolique.
35:41L'Esprit Saint.
35:43C'est-à-dire,
35:44tu viens,
35:44il disait,
35:44le martyr est l'œuvre
35:45de l'esprit
35:46dans la faiblesse humaine.
35:48Quand ils sont partis,
35:49alors bien sûr,
35:49ils savaient à quoi
35:50ils s'exposaient.
35:51Ils ne savaient pas forcément
35:52qu'ils allaient mourir martyrs
35:53et qu'hier,
35:55ils auraient été élevés
35:57sur les hôtels.
35:58Mais ce qui fait
35:59qu'ils ont été béatifiés,
36:02c'est aussi l'Esprit Saint
36:03qui leur a permis de tenir.
36:04On a parlé de la communion.
36:05Et puis,
36:06vous savez,
36:07ces vertus héroïques
36:08qu'on leur reconnaît,
36:10elles ne se déploient pas
36:14seulement au moment du martyr,
36:15mais c'est aussi
36:16le fruit de toute leur vie,
36:17donc de leur éducation chrétienne,
36:19de leur foi,
36:20de leur pratique religieuse,
36:21de leurs 20 premières années.
36:24Guillaume Zeller,
36:24est-ce qu'il n'y a pas,
36:25pardonnez-moi la question,
36:26mais peut-être
36:27une forme de naïveté
36:28quand même
36:28dans cet élan
36:29de s'offrir
36:31comme le père de Porcaro,
36:33il sait très bien
36:35qu'il ne va pas revenir
36:36quand il part
36:36au secours des travailleurs
36:38du STO.
36:40Oui,
36:40alors je me permettrais
36:41d'être plus terre-à-terre
36:42et à la limite,
36:43c'est mon job
36:43par rapport au vôtre,
36:44mon père.
36:45J'ai envie de vous dire
36:46qu'en creux,
36:47j'ai envie de vous répondre
36:48non.
36:49En creux,
36:49pourquoi ?
36:49Parce qu'on voit
36:50le danger
36:51que représentaient
36:51ces hommes
36:52pour des bêtes
36:54aussi puissantes
36:55que le nazi,
36:56si je dis bêtes
36:56un peu à dessein,
36:57c'est-à-dire que
36:57pour une puissance
36:58aussi colossale
36:59que l'ordre noir,
37:00je reprends cette expression,
37:01que l'ordre noir,
37:02SS en Allemagne,
37:03ces petits prêtres,
37:04ces petits militants
37:04de la JOC,
37:05ces petits jossistes,
37:06ces scouts
37:06représentent des dangers.
37:08Et quand je vous disais
37:10que j'allais terre-à-terre,
37:10c'est que je vais me fonder
37:11simplement sur des statistiques
37:12électorales,
37:13des choses comme ça.
37:13C'est intéressant de voir
37:14que lors des élections
37:15avant-guerre,
37:17plus les régions allemandes
37:19sont catholiques,
37:20moins elles votent
37:20pour le nazisme,
37:21la Rénanie,
37:22la Bavière,
37:22etc.
37:23Donc il voit très bien
37:24que dans ces jeunes
37:26qui ont des têtes de scouts,
37:26d'une certaine façon,
37:28se dressent
37:28un ferment dangereux
37:30pour ces
37:31pour ces mouvements.
37:33Et si on dresse
37:34la comparaison,
37:35le communisme avait bien vu
37:36aussi le danger
37:37que représentait
37:37le christianisme pour eux.
37:38C'était vraiment
37:39le barrage ultime
37:40par rapport à des idéologies
37:40totalement déshumanisantes.
37:42La race pour le nazisme,
37:43la classe pour le communisme.
37:45Donc ils savent
37:46que c'est du danger.
37:46Donc naïf,
37:47pas naïf,
37:48je n'en sais rien.
37:48En tout cas,
37:49très efficace,
37:49redoutablement efficace.
37:51Véronique Jarkier.
37:51Oui, il faut préciser
37:52que la moyenne d'âge
37:54de ces 50 martyrs,
37:55c'était à 30 ans.
37:56Donc c'est quand même
37:57extrêmement jeune.
37:58Et je pense qu'il faut insister
38:01l'amour de l'Eucharistie,
38:03cette amitié avec Jésus
38:04qui, comme l'a dit
38:04Marcel Calot,
38:05ne le quittait pas un instant.
38:07C'est quand même
38:07très très beau.
38:08Mais tous avaient quand même
38:09des...
38:10venaient de foyers
38:10extrêmement chrétiens,
38:12extrêmement priants.
38:13Ils ne sortent pas
38:14non plus de nulle part.
38:15C'est-à-dire que c'était
38:15des gens très jeunes
38:16mais extrêmement charpentés
38:18spirituellement.
38:19C'est ce que disait
38:20effectivement l'abbé
38:20Kevin Emmanuel Labbé.
38:21Derrière, il y a toute
38:22une éducation,
38:22il y a des familles.
38:23Il y a des sacrements,
38:24il y a de la...
38:24Ce n'est pas une génération
38:25spontanée, on peut dire.
38:27Ce n'est pas une génération
38:27spontanée.
38:28Ce sont les fruits
38:29de ce mouvement,
38:30de la jeunesse ouvrière
38:31chrétienne,
38:32de toute l'action catholique,
38:33du désir de l'Église
38:34d'aller rejoindre les masses
38:35et puis les milieux
38:36populaires.
38:38Alors, on va à présent
38:40essayer de comprendre
38:41quelle est la fécondité
38:42pour aujourd'hui
38:43de ces 50 nouveaux
38:44martyrs.
38:45On va se rendre
38:46à Saint-Germain-en-Laye
38:47pour constater justement
38:49que la fécondité
38:50notamment du père
38:51de Porcaro,
38:51qui est une des figures
38:52de ces 50 martyrs,
38:54demeure toujours aujourd'hui
38:55et pour tout le monde.
38:59Pierre de Porcaro
39:00trône sur une place
39:01de Saint-Germain-en-Laye
39:02avec cette phrase
39:03gravée en rouge
39:04« Mettez Dieu
39:05à la première place
39:06dans votre vie ».
39:07Son buste est visible
39:08de tous les passants,
39:09une volonté de la commune
39:10qui veut mettre en valeur
39:11cette belle figure.
39:12Chaque année,
39:13le jour anniversaire
39:13de la mort du prêtre,
39:15le maire Arnaud Péricard
39:16fleurit le monument.
39:17Pierre de Porcaro,
39:18c'est d'abord un symbole,
39:19c'est le symbole
39:19du don de soi,
39:20c'est quelqu'un
39:21qui a donné sa vie
39:22pour sa foi.
39:23On est dans l'altruisme,
39:24on est dans le don de soi,
39:26des valeurs évidemment
39:26qui sont éminemment
39:27saint-germanoises.
39:28A quelques pas
39:29de la statue,
39:30l'église Saint-Germain.
39:31Pierre de Porcaro
39:32y débute sa première mission
39:33en paroisse
39:34à partir de 1935.
39:36Dans la sacristie aujourd'hui,
39:38Dominique Arthog
39:38garde quelques reliques
39:39lui ayant appartenu.
39:41Derrière une vitrine,
39:42des objets liturgiques,
39:43une pataine
39:44et un ciboire
39:44et un ceinturon,
39:46seul objet conservé
39:47de son passage en Allemagne.
39:48Comme il était prêtre clandestin,
39:51il ne fallait absolument pas
39:52qu'il ait de choses
39:54qui rappellent une tenue de prêtre
39:56et donc ce ceinturon
39:57lui permettait d'évangéliser.
39:59Les gens l'arrêtaient
40:00à Dresse dans la rue
40:01et lui disaient
40:02« Mais tu es scout ? »
40:03Et lui pouvait dire
40:05« Mais je suis plus que scout,
40:06je suis prêtre. »
40:07Il a confessé beaucoup.
40:08D'ailleurs,
40:09il confessait debout dans la rue
40:10pour ne pas être repéré.
40:12Côté dévotion dans l'église,
40:14le curé de la paroisse,
40:15le père Bruno Lirondel,
40:16lui a dédié une chapelle.
40:17Il y a des paroissiens
40:18qui viennent
40:19et qui prient
40:20le père Pierre de Porcaro
40:21notamment pour l'évocation
40:22mais aussi quand ils ont
40:23à répondre
40:24à l'appel,
40:25à un appel particulier
40:28dans leur existence
40:29pour suivre le Seigneur.
40:30Des prières
40:31mais aussi des souvenirs.
40:32À la maison de retraite
40:33des Augustines
40:34de Saint-Germain-en-Laye,
40:35des résidents l'ont bien connu.
40:36Pierre de Porcaro
40:37a marqué leur jeunesse
40:38et leur vie.
40:39Pour moi,
40:39c'est le seul saint
40:41que j'ai connu.
40:43C'était un prêtre
40:43quand même
40:44qui était
40:45qui célébrait sa messe
40:47très...
40:48On sentait
40:49qu'il était vraiment pris
40:50dans ce qu'il faisait
40:52et dans ce qu'il disait.
40:54Il a marqué
40:55moi je vois
40:56toutes les personnes
40:57de ma génération.
41:00Exemple pour une génération
41:01mais aussi pour les suivantes,
41:02le diocèse de Versailles
41:03a choisi il y a 20 ans
41:04de placer son séminaire
41:05sous la protection
41:06de Pierre de Porcaro,
41:08un choix payant
41:08selon le recteur.
41:09le père Grégoire Leroux.
41:10On le prie, nous,
41:11au séminaire tous les lundis
41:12pour qu'il donne des vocations
41:13aux diocèses.
41:14On est un des rares diocèses
41:15de France où on agrandit
41:16notre séminaire quand même
41:17donc c'est pas rien
41:18et c'est, je pense,
41:19entre autres, bien sûr,
41:20grâce à lui.
41:21Pierre de Porcaro
41:22rayonne auprès des séminaristes,
41:24des prêtres,
41:24des élus,
41:25des chrétiens
41:26de toutes les générations.
41:27hier, ils ont tous fêté
41:29sa béatification.
41:31Un reportage signé
41:32Éloi Rochebrune.
41:33Alors, une réaction justement
41:34sur cette fécondité spirituelle
41:36de ces martyrs du nazisme.
41:39Marie-Laure Gordien,
41:40vous,
41:40vous êtes responsable,
41:42en quelque sorte,
41:43d'un collège lycée,
41:43enfin, pas responsable,
41:44mais vous chapotez,
41:46on peut dire,
41:46un collège lycée Maurice Rondeau,
41:48c'est dire l'actualité
41:49de ces martyrs pour aujourd'hui
41:51et j'aimerais vous entendre réagir
41:53sur une phrase de l'abbé Rondeau
41:54qui me semble extrêmement significative.
41:57Disait-il,
41:57nous avons vu de nos propres yeux
41:59l'action du diable
42:00et est-ce qu'on peut dire
42:01que d'une certaine manière
42:02la reconnaissance de ces martyrs
42:04montre qu'ils ont vaincu
42:05spirituellement,
42:07en tout cas,
42:07le mal.
42:08Ils n'ont pas été gagnés par lui.
42:10Oui, alors,
42:11effectivement,
42:11j'accompagne
42:12le chef d'établissement
42:13et l'APS
42:14du collège lycée Maurice Rondeau
42:15qui porte ce nom-là
42:16depuis les origines,
42:17depuis sa création en 1989
42:19qui montre la mémoire vivante
42:21de l'abbé Maurice Rondeau
42:22pour nous
42:22dans le diocèse de Meaux.
42:24Et effectivement,
42:26Maurice Rondeau
42:27avait des qualités
42:27d'éducateur exceptionnelles
42:28puisqu'il a été enseignant
42:30au collège Sainte-Marie,
42:31il a accompagné des jeunes
42:33dans le patronage
42:34en banlieue à Cachan,
42:35il les a emmenés
42:35en colonie de vacances,
42:37c'était un don bosco
42:37du XXe siècle
42:38qui s'empêterait
42:39dans sa soutane
42:40en jouant au foot
42:40avec les jeunes.
42:41C'est cette image
42:42d'éducateur
42:43très proche des jeunes
42:44que nous pouvons donner
42:45en exemple
42:46à tous ceux
42:47qui ont mission
42:47d'enseignement
42:48et mission
42:49pastorale
42:50auprès des jeunes.
42:51Et effectivement,
42:52ils ont vaincu le mal
42:53dans le sens
42:54où dans un univers
42:55de violence,
42:56dans un univers
42:56de haine,
42:58ils ont répondu
42:58par l'amour.
43:00Abbé Kevin-Emmanuel Labbé,
43:02ce sens du sacrifice,
43:03du don de soi
43:04que tous ces martyrs
43:06ont eu,
43:07c'est peut-être aussi
43:09une leçon pour aujourd'hui,
43:10c'est-à-dire
43:10aujourd'hui,
43:11le sacrifice,
43:11on n'en parle plus vraiment,
43:13est-ce qu'il faut
43:13remettre en valeur
43:14cette notion,
43:15cette belle notion
43:16de sacrifice ?
43:17Absolument,
43:18je crois même
43:19qu'avant la notion
43:20de sacrifice,
43:21il faudrait commencer
43:22par la notion
43:22d'engagement,
43:23d'engagement
43:24jusqu'au bout,
43:25c'est ce qu'ils nous enseignent
43:26parce que ces jeunes,
43:28ce sont des jeunes
43:28comme la jeunesse
43:30d'aujourd'hui,
43:30mais ils étaient engagés
43:31dans leur mouvement
43:32d'action catholique
43:33chez les scouts,
43:34etc.
43:35et ce qui a permis
43:37ce sacrifice,
43:39c'est qu'ils ont tenu
43:40jusqu'au bout
43:40un engagement
43:41qu'ils avaient pris
43:42au début
43:42et puis il y en a d'autres,
43:44il y en a un notamment,
43:45Jean Préhu,
43:46je crois,
43:46le bienheureux Jean Préhu,
43:47il a fait sa promesse
43:49en Allemagne,
43:49sa promesse coûte.
43:51Guillaume Zeller,
43:52les séminaristes de Versailles,
43:54on l'a vu,
43:55ont entendu,
43:56se réfèrent
43:57à la figure
43:57de Pierre de Porcaro,
44:00est-ce que c'est un exemple
44:01de spiritualité sacerdotale
44:02pour aujourd'hui,
44:03selon vous,
44:03de votre point de vue
44:04de journaliste
44:05et d'historien ?
44:07Assurément,
44:08puisque tout à l'heure,
44:10enfin on l'a fait
44:10tout au long de cette émission,
44:11d'esquisser ou de faire allusion
44:13à des parallèles
44:14avec les problématiques
44:15d'aujourd'hui
44:15et Dieu sait,
44:16et merci Seigneur,
44:17elles ne sont pas aussi graves
44:18qu'en 1942
44:18en France occupée,
44:20mais voilà,
44:20on a eu plein d'épisodes récents
44:21où notre identité,
44:23où l'identité des chrétiens
44:24a été interrogée,
44:25que ce soit effectivement
44:26dans les épisodes
44:27que l'actualité nous charrie
44:29tous les jours
44:29où l'on voit
44:30que des petites attaques
44:30permanentes sont faites
44:31contre la foi chrétienne
44:32ou contre notre héritage
44:34chrétien en France,
44:35que ce soit d'autres épisodes
44:36plus complexes
44:37à analyser,
44:39mais je repense
44:39à l'épisode du Covid
44:40où finalement
44:40les chrétiens de France
44:41ont accepté peu ou prou
44:42que les sacrements
44:43ne soient plus distribués
44:44ainsi que l'extrême onction
44:45pendant plusieurs semaines
44:47voire plusieurs mois,
44:48donc tous ces hommes
44:49qui eux,
44:49à un moment,
44:50n'hésitent pas très longtemps,
44:51discernent,
44:52ce ne sont pas des têtes brûlées,
44:53finalement ils discernent,
44:54maintenant ils disent
44:54non,
44:56je résiste spirituellement,
44:57en tout cas remettre en place
44:58les priorités,
44:59et la priorité numéro un
45:01c'est,
45:01je reprends ça,
45:02mettre Dieu à la première place
45:03comme disait Port-Caro,
45:04oui pour moi
45:05ce sont des exemples
45:06pour aujourd'hui
45:06et donc Port-Caro,
45:08mais comme les 50
45:09d'une certaine façon
45:09en état,
45:11on a parlé beaucoup
45:11des prêtres
45:12mais il y a quand même
45:12énormément de laïcs
45:13pendant ces 40 années
45:14donc une majorité
45:17et donc vous parlez
45:18des mouvements d'église
45:18je pense que tous ces hommes
45:20il n'y a que des hommes
45:21en l'occurrence
45:22nous invitent quand même
45:23aussi à réfléchir
45:23à la place des mouvements
45:24d'église aujourd'hui
45:25c'est extraordinaire
45:25le fruit que ça a apporté
45:26il y a 50 ans
45:27il y a encore un chantier
45:28immense qui se dégage
45:29pour aujourd'hui
45:30qui est à mon avis
45:31porteur d'espérance
45:32pour l'église de France
45:32en particulier
45:33avec Kevin et Manuel Labbé
45:35ce qu'ils ont aussi
45:36de particulier
45:36je dirais
45:37ces martyrs
45:39c'est d'allier
45:40le sens
45:41du service
45:42social
45:43on pourrait dire
45:44de ces travailleurs
45:45du STO
45:45du service du travail
45:46obligatoire
45:47et en même temps
45:47une spiritualité
45:48on l'a entendu
45:49extrêmement forte
45:50c'est à dire
45:50qu'il y a vraiment
45:50les deux côtés
45:51le social
45:52et le spirituel
45:53chez ces saints
45:54chez ces bienheureux
45:56oui j'ai presque envie
45:56de dire que c'est presque
45:57le propre de la foi chrétienne
45:59parce que
46:00nous avons
46:01une religion
46:02dans laquelle
46:02Dieu a pris notre chair
46:04et il a partagé
46:05toutes nos inquiétudes
46:06et c'est pour ça
46:07qu'ils ne peuvent pas
46:08dissocier à la fois
46:09le social
46:09d'un espèce de spirituel
46:11au-dessus des nuages
46:11ils sont obligés
46:13de s'engager
46:13dans ce monde
46:14je dis ça aussi
46:15parce qu'on parlait
46:16de l'action catholique
46:17tout à l'heure
46:17et il est vrai
46:18qu'après la seconde guerre mondiale
46:19le mouvement s'est sécularisé
46:21on peut dire
46:21en tout cas
46:22en perdant un peu
46:22de sa flamme spirituelle
46:23de cet élan
46:24dont on a parlé
46:25tout au long de cette émission
46:26oui oui
46:26j'ai même lu
46:27avant d'entrer en plateau
46:29tout à l'heure
46:29un article
46:30du journal La Croix
46:31qui titrait
46:32comment l'église
46:33a perdu les milieux populaires
46:34autopsie d'un abandon
46:36ça corrobore ce que vous dites
46:40absolument
46:40on peut rappeler
46:41que l'expérience
46:42des prêtres ouvriers
46:42notamment
46:42avait été condamnée
46:44par Pie XII
46:44au lendemain
46:45de la seconde guerre mondiale
46:46peut-être un dernier mot
46:47Marie-Laure Gordien
46:48sur l'abbé Rondo
46:49que vous avez étudié particulièrement
46:50parce que là aussi
46:51c'est peut-être une leçon
46:52pour aujourd'hui
46:52sa haute notion
46:55de l'intériorité
46:56il pensait
46:59entrer au monastère
47:00et il était
47:02un contemplatif
47:02voilà ce qu'il disait
47:03et puis il vous commenterait
47:04il faudrait que la captivité
47:05ait appris
47:06à beaucoup d'entre nous
47:07le goût de la solitude
47:08et du silence
47:09c'est seulement là
47:10disait-il
47:10que l'on puise
47:11la vraie force
47:12oui alors Maurice Rondo
47:13est effectivement
47:14un prêtre
47:14qui puisait la fécondité
47:15de son ministère apostolique
47:17et de sa présence
47:18ensuite auprès des prisonniers
47:20auprès des camarades
47:21de détention
47:22dans une vie intérieure
47:23profonde
47:24dont il a posé
47:25les racines
47:25dès l'enfance
47:27dès la jeunesse
47:28dès son séminaire
47:28nous avons
47:29aux archives du diocèse de Maud
47:30les carnets spirituels
47:32en tout cas
47:32une grande partie
47:33des carnets spirituels
47:34qu'il rédige
47:34et qui nous montre
47:35une âme exceptionnelle
47:36centrée sur le Christ
47:37et qui cherchait
47:38à faire de la prière
47:39du brévière
47:40de la messe des sacrements
47:42la source
47:43où il puisait
47:44la force
47:45de son activité missionnaire
47:47et de sa sainteté
47:48effectivement
47:49il a pensé
47:50rentrer au monastère
47:50mais l'amour des âmes
47:51était pour lui
47:52beaucoup plus fort
47:52et donc il va
47:53il va rester
47:54il va prendre
47:55le chemin du séminaire
47:56par la suite
47:56merci beaucoup
47:58je renvoie
47:58à vos ouvrages
48:00respectifs
48:01donc Marie-Laure Gordien
48:02l'abbé Rondeau
48:04donc un bienheureux
48:06désormais
48:07témoin ardent du Christ
48:08pour ses compatriotes
48:09c'est publié aux éditions
48:11Yeshua
48:11Guillaume Zeller
48:12La baraque des prêtres
48:13Dachaud 1938-1945
48:16chez Taillandier
48:17merci beaucoup
48:18abbé Kevin
48:19Emmanuel Labbé
48:20c'est un autre martyre
48:21plus ancien
48:21l'abbé Noël Pinault
48:23priait 15 jours
48:23avec l'abbé Noël Pinault
48:25c'est aux éditions
48:26redites-moi
48:27nouvelle cité
48:28nouvelle cité
48:29merci beaucoup
48:29et puis d'autres références
48:31sur le sujet
48:31évidemment c'est un sujet
48:32inépuisable et passionnant
48:33une bande dessinée
48:34pour les jeunes
48:35de l'abbé Pierre Amard
48:37sur l'abbé de Port-Caro
48:38c'est publié chez Plein Vent
48:40un livre d'un autre historien
48:41Yves Chiron
48:42La liturgie dans les camps
48:43publié au Cerf
48:44et puis
48:45l'hebdomadaire Paris-Notre-Dame
48:47qui publie cette semaine
48:48un numéro spécial
48:49sur ces béatifications
48:50bien sûr
48:51qui ont eu lieu hier
48:51à Notre-Dame de Paris
48:52je le rappelle
48:53Véronique
48:54un dernier mot
48:55sur l'hebdomadaire France-Catholique
48:56qui parle aussi
48:56de ces martyrs
48:57bien sûr
48:58alors France-Catholique
48:59fait sa une
49:00sur les enseignements
49:00de la visite
49:01du pape Léon XIV au Liban
49:02mais il y a évidemment
49:04un gros coup de projecteur
49:05sur ces martyrs du STO
49:06et puis il y a aussi
49:07deux pages passionnantes
49:08sur les apparitions
49:09de Notre-Dame
49:10des Guadalupe au Mexique
49:11c'est vraiment
49:11une merveilleuse image
49:13face à la science
49:14vous allez découvrir
49:15évidemment
49:15beaucoup de choses
49:16extraordinaires
49:16France-Catholique
49:17c'est sur abonnement
49:18et sur france-catholique.fr
49:20voilà
49:20merci encore
49:21à tous les quatre
49:22merci à vous
49:23d'avoir suivi cette émission
49:24à Aurélie Lucano
49:25et à toutes les équipes techniques
49:26de CNews
49:27pour la réalisation
49:28et puis la semaine prochaine
49:30dans Enquête d'Esprit
49:31nous parlerons bien sûr
49:32à l'approche de Noël
49:32du sens de la crèche
49:34la crèche qui crée
49:35des polémiques
49:36comme chaque année
49:37finalement depuis quelques années
49:38maintenant
49:38mais quel est son sens
49:39spirituel
49:40véritable et profond
49:42et bien ce sera l'objet
49:42de cette émission
49:43et vous serez à notre écoute
49:44l'info continue
Commentaires