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Michel Onfray passe en revue l’actualité de la semaine dans #FaceAMichelOnfray. Présenté par Laurence Ferrari.

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Transcription
00:00Bonjour à tous et bonjour à toutes, bienvenue dans Face à Michel Onfraise sur CNews et sur Europe 1.
00:04Bonjour Michel.
00:05Bonjour Laurence.
00:05Ravi de vous retrouver pour poursuivre notre dialogue autour de l'actualité,
00:09pour éclairer évidemment ce qui se passe avec vos connaissances de philosophes.
00:13On va commencer Michel aujourd'hui par la drôle d'adoption par l'Assemblée Nationale
00:17du budget de la sécurité sociale, avec une courte majorité certes,
00:22mais des députés de droite qui ont voté un budget largement inspiré par les socialistes,
00:27avec notamment la suspension de la réforme des retraites.
00:30Que vous inspirent ces contorsions du Parlement qui doit maintenant se pencher sur le budget de l'État
00:35sans accepter la moindre piste pour se réformer ou trouver des économies ?
00:40Petit cadeau de Noël avant l'heure pour vous Michel, on entendra le général de Gaulle parler de la dette.
00:45A l'époque c'était en 1966 et croyez-moi on n'en était pas au même point qu'aujourd'hui.
00:51Un an après la réouverture de Notre-Dame de Paris, resplendissante après ses 5 ans de rénovation,
00:56le bilan est impressionnant, les touristes se pressent en masse pour la visiter 11 millions de visiteurs en une année.
01:01Affluence record, même s'il reste encore beaucoup de fonds à lever pour achever les travaux,
01:06on évoquera la polémique autour des vitraux modernes créées par l'artiste Claire Tabouret.
01:11Ils vont remplacer une partie des vitraux anciens de Viollet-le-Duc.
01:16La réouverture des maisons closes, c'est le Rassemblement National qui prépare une proposition de loi
01:21visant à réautoriser ces lieux de prostitution alors qu'elles ont été fermées il y a 80 ans.
01:27Jean-Philippe Tanguy souhaite des lieux tenus par les prostituées elles-mêmes en mode coopératif
01:32pour lutter contre leur marginalité et les conditions parfois atroces dans lesquelles elles se retrouvent.
01:37Je crois que cette idée vous révolte, vous nous expliquerez pourquoi.
01:40Enfin le point philo, Jean-Paul Sartre pour son livre sur
01:43« L'existentialisme est un humanisme ».
01:45Sartre a exercé, dites-vous, un magistère idéologique sur le XXe siècle
01:49avec cette notion d'existentialisme.
01:51Il reste le maître à penser de la génération woke.
01:54Pour quelles raisons ? On attend vos explications dans Face à Michel Onfray.
01:58C'est parti pour aujourd'hui mon cher Michel.
02:00Un petit mot sur le budget, l'adoption un peu chaotique de ce budget de la sécurité sociale
02:04avec un compromis négocié par Sébastien Lecornu.
02:07Il devient maître dans l'art du compromis.
02:09Et alors c'est le paradoxe absolu de député LR qui vote pour ce budget
02:14qui prévoit la suspension de la réforme de la retraite qui est un totem de la droite.
02:18Qu'est-ce que vous pensez à tout ce qui se passe mon cher Michel aujourd'hui ?
02:22D'abord ça confirme mes hypothèses et celles des souverainistes.
02:25J'ai entendu votre émission l'autre jour avec Philippe de Villiers
02:28qui est le seul à dire fort justement d'ailleurs que si on ne sort pas de l'Europe de Maastricht
02:33on ne pourra rien faire.
02:34On n'a pas la possibilité d'agir.
02:35On n'a pas la possibilité de faire de la politique
02:37si on ne dispose pas soi-même des moyens d'agir.
02:40Donc là on voit que tous ceux qui défendent Maastricht
02:42sont tous copains comme cochons globalement.
02:44C'est-à-dire que, je me perds dans leur nom d'ailleurs,
02:49les républicains qui sont théoriquement gaullistes
02:51ne savent plus ce que c'est que le gaullisme depuis bien longtemps.
02:53Depuis que Chirac a détruit le gaullisme.
02:55Pendant que les socialistes votent avec eux.
02:59Enfin tout ce monde-là dit restons, restons au pouvoir.
03:02C'est ça qui nous intéresse.
03:02On a le pire du parlementarisme.
03:05C'est-à-dire qu'on avait des grandes doctrines de la part de M. Lecornu
03:08qui nous expliquait que bon, l'oréal étant ce qu'il était,
03:11il fallait redonner au Parlement son pouvoir.
03:14Or on ne donne pas au Parlement le pouvoir, on donne au parti le pouvoir.
03:17Et pour le coup, c'est ce que le général de Gaulle dénonçait
03:19en disant que c'est vraiment le régime des partis.
03:22Et là c'est des petits bricolages.
03:23Tu me donnes ceci, je te donne cela.
03:24Oui mais moi j'ajouterais bien ça.
03:25C'est du marchandage de tapis qui permet aux socialistes de voter avec les républicains
03:34en même temps qu'avec les macronistes, etc.
03:36Et puis les autres qui disent présidentiel, présidentiel, présidentiel
03:39qui sautent comme des cabris avec Mélenchon qui attend,
03:42Marine Le Pen ou Jordan Bardella qui attendent leur sort.
03:45On se dit que c'est le pire qui puisse arriver
03:46puisque chacun n'est intéressé que par les présidentielles.
03:49Emmanuel Macron a envie de rester jusqu'au bout avec un Parlement qui ne l'embête pas.
03:52Donc lui, j'allais dire toute semaine gagnée, mais c'est toujours gagné.
03:57Toute journée gagnée, lui va.
03:59C'est l'homme de ces choses-là, monsieur Le Cornu.
04:01Ce n'est pas du tout, comme je l'entends parfois, un gaulliste
04:03ou quelqu'un qui est dans l'esprit du général de Gaulle.
04:05Ce n'est pas du tout ça.
04:07C'est celui qui est très exactement dans l'esprit d'avant le général de Gaulle.
04:09Le général de Gaulle, ce qu'il ne voulait pas, c'était ça.
04:12C'était les bricolages, on s'est rencontrés, tu m'as donné ceci,
04:15pour le coup il y aura cela, etc.
04:17Et ça me fait honte, moi.
04:18Parce qu'il y a eu une dissolution, les Français se sont exprimés.
04:21Et Emmanuel Macron dit, mais exprimez-vous tant que vous voulez,
04:25pourvu que ce ne soit pas le Rassemblement national
04:26et pourvu que ce ne soit pas la France insoumise.
04:28C'est antidémocratique.
04:30Si vous voulez un mot pour juger cette affaire, c'est antidémocratique.
04:33On joue des gens qui sont minoritaires en disant qu'ils sont majoritaires.
04:36Que pèse le Parti socialiste dans l'électorat ?
04:39Que pèse le Rassemblement national ou que pèse la France insoumise, par exemple ?
04:44Donc ça continue.
04:45Emmanuel Macron se moque de la démocratie, se moque des élections.
04:48Il est juste désireux de rester le plus longtemps possible au pouvoir.
04:52Et ce budget qui a été voté, en tout cas pour la première partie,
04:55la sécurité sociale, celui d'État reste à venir,
04:58va évidemment continuer à creuser notre dette.
05:01On est très très loin d'avoir la moindre mesure
05:04qui nous permettait un peu de résorber nos déficits colossaux.
05:07J'aimerais donc vous offrir cet archive du général de Gaulle.
05:10Ça fait longtemps qu'on ne l'a pas entendu dans notre émission.
05:1114 février 1966, alors il évoque la dette en francs, évidemment.
05:17Et évidemment, on n'est pas du tout sur les milliards qui nous assomment aujourd'hui.
05:21Écoutez le général de Gaulle.
05:22Et quant à nos dettes qui se montaient en 1958 à 3,3 milliards de dollars,
05:31dont plus d'un milliard de dollars à court terme,
05:34ce qui veut dire que d'un jour à l'autre, nous pouvions être en faillite.
05:39Ces dettes sont tombées à 450 millions de dollars.
05:46Et encore, ce ne sont plus que des dettes à long terme.
05:50450 millions de dollars, c'est-à-dire 12 fois moins.
05:57C'est pourquoi dans le monde entier, il n'y a pas une seule monnaie
06:01qui soit aujourd'hui plus solide que le franc.
06:05Et dans le domaine international, nous pouvons discuter, négocier
06:10sur tous les sujets économiques, financiers, monétaires,
06:15sans que qui que ce soit ait aucune prise sur nous.
06:21Voilà où nous en sommes.
06:23Et la suite ?
06:24Eh bien, la suite, elle est tracée.
06:28Elle est tracée par notre cinquième plan,
06:32de celui-ci, qui a pour base de départ la stabilité acquise
06:38et qui aura pour règle de parcours la stabilité maintenue.
06:43On sait à quoi, vers quoi il nous conduit.
06:47Voilà le bon sens du général de Gaulle.
06:49Bon, évidemment, on est loin de ce discours-là aujourd'hui.
06:52Alors, il parle en dollars à un moment.
06:54Pourquoi Michel ?
06:55Parce que c'est la monnaie de ceux qui dominent.
06:59C'est ça qui est surprenant.
07:00Il dit 3 000 milliards de dollars.
07:01Eh oui, ce sont ceux qui dominent la planète,
07:04qui dominent la monnaie.
07:05Et nous n'avons plus de monnaie, nous,
07:06puisque nous avons une monnaie européenne.
07:07Donc, nous n'avons plus, et je reviens à Philippe de Villiers,
07:10mais nous n'avons plus l'autonomie financière.
07:13En son temps, Jean-Pierre Chevènement parlait de monnaie commune
07:16et de monnaie unique.
07:17Je ne suis pas très doué en économie.
07:19J'apprécie d'ailleurs cet archive d'un général de Gaulle
07:22très économiste, très briefé,
07:24probablement par Jacques Rueff,
07:26qui était sa bonne âme sur ce sujet-là,
07:28ou sur ce terrain-là.
07:29Mais en fait, ce n'est pas une science aussi compliquée que ça.
07:33L'économie, si vous avez de l'argent qui rentre,
07:35et vous avez de l'argent qui ressort,
07:36et il ne faut pas qu'il en ressorte plus, qu'il n'en rentre,
07:38c'est aussi simple que ça.
07:39C'est un budget personnel, chacun connaît ça chez lui,
07:42sinon vous êtes endetté.
07:43Et donc, il faut faire des économies,
07:45il ne faut pas continuer à taxer.
07:46Si on veut vraiment taxer, ce n'est pas compliqué.
07:48Les gens qui ont de l'argent aujourd'hui,
07:49ce n'est pas compliqué.
07:50Vous faites fuir vos capitaux avec trois clics.
07:53Vous n'avez même pas besoin d'avoir une valise remplie d'argent
07:55pour aller en Suisse.
07:56Vous avez la possibilité, avec trois clics,
07:58de dire « mon argent n'est plus là ».
07:59Donc, vous n'allez rien saisir du tout.
08:01Et si on fait s'effondrer la possibilité de faire rentrer de l'argent,
08:04évidemment, quand on va continuer les dépenses,
08:07ça va être problématique.
08:08Quant aux dépenses, il y a des économies qui peuvent être faites.
08:10Je pense que si on a un budget national,
08:13c'est-à-dire de se dire « mais on a des paysans à aider,
08:15on a une école à sauver,
08:17on a une médecine à sauver,
08:19on a une police qu'il faudrait aider et aimer,
08:23une armée qu'il faudrait... »
08:25On a ce genre de projet, on a ce genre de budget.
08:27Donc, arrêtons de donner de l'argent un peu partout,
08:31de saupoudrer un petit peu partout.
08:32Nous en faisons une guerre par-ci,
08:33soutenons une guerre par-là,
08:35allons-y pour l'aide au développement,
08:37avec cette espèce d'idée débile que
08:38si nous donnons de l'argent à la Chine,
08:40la Chine va nous acheter des choses
08:41et ça va être bon pour notre balance commerciale.
08:44Enfin non, ce n'est pas comme ça que ça se passe.
08:45Quand vous êtes dans un monde hyper-libéral ou ultra-libéral,
08:48où le marché fait la loi,
08:49voilà pourquoi je reste un homme de gauche antilibéral,
08:52le marché ne peut pas faire la loi.
08:54Quand aujourd'hui vous avez des ouvriers chinois
08:56qui travaillent 10 heures par jour
08:57et qui sont payés 3 euros,
08:59comment vous pouvez faire des produits
09:01qui vont être concurrents ?
09:02Quand vous avez des magasins aujourd'hui
09:04qu'on stigmatise parce qu'ils sont chinois,
09:06en disant « Regardez, ça ne coûte rien du tout, etc. »
09:08Mais quand les gens n'ont plus de pouvoir d'achat,
09:09qu'est-ce que vous voulez qu'ils fassent ?
09:10Qu'ils aillent acheter des marques ?
09:11Ils ne peuvent pas, ces gens.
09:12Donc ils achètent chinois pour quelle raison ?
09:14Parce que les Chinois,
09:15ils sont sur le marché à des coûts
09:17beaucoup moindres que les nôtres.
09:18Donc l'économie, c'est ça.
09:19Et si on veut vraiment faire une économie nationale,
09:21mais pour ça, il faut avoir des frontières,
09:23pour ça, il faut avoir une monnaie,
09:24pour ça, il faut avoir une décision nationale.
09:26Ce que disait le général.
09:27Et bien voilà.
09:28Nous sommes sur CNews et sur Europe 1
09:29dans Face à Michel Enfray.
09:30Michel, on va parler de Notre-Dame de Paris.
09:32Un an déjà que la cathédrale a été rénovée
09:35et rendue au culte à la fois des catholiques
09:37et aux visites des touristes.
09:39Succé fou, 11 millions de visiteurs.
09:42C'est un pouvoir d'attraction
09:43qui est absolument incroyable.
09:45L'État avait d'ailleurs pensé dans un premier temps
09:47à mettre en place un système de billetterie
09:48pour ceux qui veulent juste visiter la cathédrale
09:51parce qu'il y a encore beaucoup de choses à rénover.
09:54On va écouter Philippe Jost,
09:55président de Repartir, Notre-Dame de Paris.
09:57Il était sur Europe 1.
10:00J'ai constaté tout au long de cette aventure,
10:03cette unité, cet enthousiasme,
10:04cette mobilisation de tous autour de cette aventure.
10:08Eh bien, il n'y avait pas besoin d'être croyant
10:10pour être pleinement investi.
10:12Chez tous, il y avait un amour pour Notre-Dame de Paris
10:16qui est un monument hors du commun,
10:17qui a une âme.
10:18Et puis, il y avait cette fierté de travailler sur ce monument.
10:22Et puis, ce respect du caractère cultuel du monument.
10:27Et ça, c'est un des beaux,
10:28une des belles choses qu'on a vécues
10:29pendant toutes ces années.
10:31C'est cet engagement et cette unité de tous,
10:34quelles que soient les croyances.
10:35Voilà, pour Philippe Joss, président de Repartir, Notre-Dame de Paris.
10:39Il y a encore des collègues de fond.
10:40Les donateurs sont appelés à continuer à donner leur bol
10:44pour rénover Notre-Dame de Paris.
10:46Comment vous expliquez ce pouvoir d'attraction
10:49de la cathédrale Notre-Dame de Paris, Michel Onfray ?
10:51Parce que les gens aiment leur patrimoine.
10:54Ils aiment leur culture, y compris les petites églises de campagne.
10:57Il n'y a pas que l'incendie de Notre-Dame de Paris.
10:59D'ailleurs, je dois dire qu'on ne sait toujours pas
11:01comment les choses se sont passées.
11:03On dit court-circuit, l'affaire est réglée.
11:05C'est quand même très étonnant.
11:07Court-circuit, enfin bon,
11:09on ne peut pas rentrer dans le détail,
11:09mais habituellement, on peut avoir des enquêtes.
11:11C'est comme avec le Louvre, on nous a dit
11:12à 30 secondes près, on pouvait choper les cambrioleurs.
11:16Ben oui, d'accord, mais à peu de choses près,
11:18il n'y avait pas l'incendie de la cathédrale de Paris.
11:21Et pourtant, il y a eu un film,
11:22non, je ne sais plus de qui est ce film,
11:25mais un grand réalisateur.
11:27Et quand on voit ce film, on se dit quand même,
11:29il y avait des gens dont le métier consiste à regarder,
11:32à faire attention, à regarder.
11:35Il y avait des capteurs, il y a eu de la fumée,
11:37il y a eu des sirènes ou du bruit,
11:41une alarme tout du moins,
11:43et rien ne s'est passé.
11:44Et si vous mettez un mégot sur une poutre
11:48qui est une section de chaîne,
11:50je ne pense pas qu'un mégot suffise à enflammer
11:53une poutre, puis toutes les poutres,
11:55et puis la totalité de la charpente.
11:56Enfin bon, c'est toujours une question que je me pose,
11:58habituellement, on est capable,
11:59quand il y a, je ne sais pas combien,
12:01de centaines de milliers d'hectares,
12:02peut-être pas de centaines de milliers,
12:03mais enfin des centaines d'hectares qui brûlent,
12:05on est capable de retrouver un mégot de quelqu'un
12:08qui a mis le feu avec un torchon imbibé, etc.
12:11On se dit, tiens, c'est drôle,
12:12on est capable de trouver des traces ici.
12:13Donc ça, c'est la première chose que je voulais dire.
12:15La deuxième chose, les gens aiment leur patrimoine,
12:17et on n'a pas besoin de croire en Dieu
12:19pour estimer que toute église,
12:22tout calvaire, toute petite statue dans une église,
12:26tout ça procède de notre culture,
12:28du fond culturel,
12:29et qu'on est ému quand ça disparaît,
12:32quand ça tombe,
12:32on est ému quand une église,
12:34enfin moi je le suis,
12:34quand une église est vendue
12:35et que ça donne la possibilité,
12:36c'est le cas à Caen,
12:38c'était un ancien monastère,
12:39même si l'architecture n'était pas terrible,
12:41c'était du 19e siècle,
12:42mais enfin c'est une salle de sport aujourd'hui.
12:44Je sais bien que quand elle est désacralisée,
12:48normalement c'est un bâtiment comme les autres,
12:50mais peut-être qu'on pourrait imaginer
12:51que leur destin soit différent,
12:53qu'il y ait quelque chose qui relève de la spiritualité,
12:55des œuvres d'art par exemple,
12:56ou ce genre de choses.
12:57Moi je ne suis pas du tout étonné par ça,
12:58après il y a le mouvement moutonnier,
13:00je voyais l'autre jour,
13:02moi j'adore la tour depuis très longtemps,
13:03mais quand on passe et qu'on voit cette exposition,
13:05la tour,
13:06et puis il y a des gens qui font la queue,
13:08parce qu'il faut aller voir l'expo,
13:10il faut en être,
13:10il faut l'avoir vu,
13:11il y a quelque chose d'un peu problématique,
13:13il y a quelque chose de moutonnier à l'idée de dire
13:14je prends mon billet pour visiter Notre-Dame.
13:18On peut tout aussi bien ne pas prendre de billet,
13:20aller dans une église de campagne,
13:21et avoir des émotions qui renvoient au sacré,
13:24à la prière,
13:25au goût de ce qui s'est fait dans cette église.
13:27Moi l'église de mon village est toujours un endroit qui m'émeut,
13:30je me dis il y a dix siècles,
13:31un peu moins,
13:32huit,
13:33d'histoire et de spiritualité,
13:36mes parents se sont mariés,
13:38j'ai été,
13:38mon baptême,
13:39etc.
13:39Enfin il s'est passé des choses dans l'église,
13:40et les Français,
13:42croyant ou pas croyant,
13:43tiennent à ce patrimoine.
13:44On parle aussi peut-être des vitraux,
13:46en ce moment,
13:47il y a toute une polémique autour des nouveaux vitraux contemporains
13:50qui sont créés par l'artiste Claire Tabouret,
13:54le Grand Palais expose en ce moment les maquettes
13:56des six futurs vitraux,
13:58elle a été sélectionnée,
13:59cette artiste,
14:00en 2024,
14:01après un appel à projet lancé par l'État,
14:03le diocèse de Paris,
14:04et évidemment ça fait polémique
14:05parce que les vitraux violets ludiques
14:07n'avaient pas été endommagés par l'incendie.
14:10Une pétition des défenseurs du patrimoine,
14:1330 000 signatures,
14:15alors elles sont,
14:17nos auditeurs ne les voient pas,
14:18mais les maquettes de ces nouveaux vitraux
14:22sont assez colorées,
14:24il y a des personnages,
14:26ça représente,
14:28chaque vitrail représente un verset de la Bible,
14:33vous qui êtes un amoureux de l'art contemporain,
14:35peut-être allez-vous me dire
14:36que vous aimez ces nouveaux vitraux,
14:39mais je pense que non.
14:42D'abord, je pense que c'est un fait du prince,
14:44le chef de l'État a décidé
14:46qu'entre les avis autorisés,
14:47c'est la même chose avec la tapisserie de Bayeux,
14:50moi je l'ai signé aussi cette pétition,
14:51parce qu'il n'y a pas de raison de défaire,
14:53de déposer des vitraux
14:55qui n'ont pas été abîmés
14:56et qui n'ont pas besoin d'être restaurés,
14:58ça vaut ce que ça vaut,
14:58c'est du violer le duc,
15:00et violer le duc,
15:01il fait partie de cette œuvre.
15:03Il faudrait d'ailleurs expliquer aux gens
15:04que la cathédrale romane,
15:08il s'y ajoute du gothique
15:11et puis qu'il s'y ajoute du néo-gothique du XIXe siècle,
15:14enfin faire l'histoire de ce bâtiment.
15:17Mais là, d'un seul coup,
15:18on dit non,
15:19on ne va pas déposer ces vitraux,
15:21lui dit si,
15:22et je crois savoir que cet artiste
15:24est très ami du couple Macron.
15:26Alors évidemment,
15:27il y a des concours,
15:29mais on peut placer au concours
15:30au jury du concours,
15:32des gens qui, etc.
15:33Il y a derrière tout ça aussi
15:35un grand patron français
15:37qui est collectionneur d'art contemporain
15:38et pour lequel, évidemment,
15:40on fait monter les cotes d'un seul coup.
15:44On parlait de quelqu'un
15:44dont on n'en parlait pas beaucoup
15:45de cette Madame Tabouret précédemment.
15:47Mais on en parlait
15:48dans les collections de peinture, etc.
15:50C'est kitschissime
15:51ce qu'il nous est montré.
15:52D'accord.
15:52C'est kitschissime.
15:52Donc vous n'aimez pas du tout.
15:53Écoutez, quand vous avez Soulages,
15:55qui a été capable de faire...
15:56Il n'est plus là, Soulages.
15:57Non, il n'est plus là,
15:57mais justement,
15:58il y a des marques.
15:58C'est bien de mettre en lumière
16:00les artistes contemporains aussi, non ?
16:02Ça dépend lesquels.
16:03C'est l'esthétique de bande dessinée,
16:05si vous voulez.
16:06Donc il n'y a pas de problème.
16:07On n'a pas besoin d'une grande...
16:08D'accord, je trouve ça beau.
16:09Non, mais vous avez le droit, bien sûr.
16:10Oui, bien sûr.
16:10Mais je pense que c'est une esthétique
16:12de bande dessinée
16:13qui est toute simple
16:14et qui correspond bien à Emmanuel Macron
16:15qui estime qu'on n'a pas besoin
16:17du patrimoine
16:18et que, globalement,
16:20il vaut mieux Hergé
16:21qu'un grand artiste du 19e siècle.
16:25Vous savez,
16:27la première fois que je suis allé
16:28au Vatican,
16:29au musée du Vatican,
16:30ce qui m'a étonné,
16:31c'est la dégradation
16:32de la qualité de la collection
16:34au fur et à mesure
16:34qu'on avançait dans le 20e siècle.
16:36Quand le sacré n'est plus là,
16:38il n'y a plus d'art.
16:39Ça ne marche pas.
16:39C'est-à-dire,
16:40vous êtes obligés
16:40de faire autre chose et autrement.
16:42Soulages,
16:42qui était l'homme
16:43de l'outre-noir,
16:45comme il disait,
16:46c'est-à-dire
16:46d'un noir magnifique.
16:48On n'a pas le temps
16:48de faire un éloge de Soulages,
16:50mais je serais preneur.
16:51Moi, j'aimais beaucoup.
16:52Je l'aime toujours beaucoup.
16:54J'ai eu la chance
16:54de pouvoir le rencontrer.
16:55Mais il a travaillé
16:56sur la question de la lumière
16:57en estimant que
16:58le problème de la religion,
17:00ce n'était pas tant
17:00Jésus-Marie-Joseph
17:01figuré avec des vêtements d'époque
17:04ou quelque chose
17:05dans ce goût-là.
17:06Non,
17:06que c'était toujours
17:07une religion solaire,
17:08la religion du christianisme.
17:09D'ailleurs,
17:09dans le temps,
17:10le prêtre,
17:11quand je dis dans le temps,
17:12c'était avant Vatican II,
17:12le prêtre se tournait
17:13vers l'Orient,
17:14le dos tournait
17:15à l'Assemblée
17:17et il était l'intercesseur
17:18entre la lumière,
17:20je suis la vérité,
17:21le logos,
17:21la vérité et la vie,
17:22etc.
17:22C'était la lumière.
17:23Et le prêtre
17:24captait cette lumière
17:25et la donnait
17:26à son public.
17:27Et quand Soulages
17:28fait ce qu'il fait,
17:30eh bien,
17:30évidemment,
17:31on n'est pas dans la figuration,
17:32mais il travaille la lumière.
17:33Et c'est ça
17:34qu'on peut dire
17:35quand on est
17:36un artiste du XXe siècle.
17:37Quand on est un artiste
17:38du XXe siècle,
17:39du XXIe,
17:39on a des petites histoires,
17:42des petites vignettes
17:42qui nous sont proposées
17:43pour faire des vitraux
17:45en disant
17:45« mettez-moi Violet-le-Duc
17:47au rebut
17:48et puis installez-moi
17:49cette... »
17:51Il faut que les monuments vivent,
17:53il faut que l'art contemporain...
17:53Oui,
17:53il y a des grands artistes,
17:55on n'est pas obligé
17:55non plus d'aller chercher
17:56Buren une dernière fois
17:57pour ça,
17:58mais il y a des artistes
17:59contemporains,
18:00plein d'artistes contemporains
18:01qui étaient susceptibles
18:02de faire autre chose
18:03que cette guimauve, quoi.
18:05Donc vous êtes vraiment
18:06traditionnaliste là-dessus ?
18:07Ah ben si vous voulez,
18:08moi je vous assume,
18:09mais j'ai eu la même sensation
18:11quand j'ai vu
18:11les vêtements
18:13de Porzampart.
18:14Ah, moi j'ai adoré.
18:15Ben oui.
18:16Et le mobilier urbain,
18:17pas le mobilier, pardon,
18:18le liturgique, pardon.
18:19Non, non, le liturgique,
18:20je le retire.
18:21C'était assimilable
18:22du mobilier urbain,
18:24parce que justement,
18:25vous savez,
18:25il y avait cet hôtel
18:26qui travaillait
18:28pour être en déséquilibre.
18:29Je trouve ça magnifique.
18:30Ah ben,
18:31si on veut montrer
18:33qu'on n'est pas très sûr
18:34de Dieu,
18:35on n'est pas très sûr
18:35du sacré,
18:36on n'est pas très sûr...
18:36C'est une offrande
18:37qui monte vers le ciel.
18:37Pas du tout.
18:38Vous appuyez un peu ?
18:39Nous ne sommes pas d'accord.
18:40C'est bon,
18:40non, il fallait quelque chose
18:41de massif.
18:42Et puis,
18:43enfin, moi,
18:44je ne suis pas architecte,
18:45je ne suis pas décorateur,
18:46je ne suis pas artiste,
18:47mais je vois bien
18:48ce que j'aurais pu faire
18:49pour montrer
18:49la puissance de l'Église.
18:51Là, ce n'est pas
18:52la puissance de l'Église.
18:53Puis on avait vraiment des...
18:54On n'est pas d'accord là-dessus,
18:55on en a déjà débattu.
18:56Cher Michel,
18:57en tout cas,
18:57Notre-Dame de Paris,
18:58c'est une merveille.
19:00Et il y a des millions
19:01de visiteurs qui y vont.
19:02Allez-y,
19:02si vous avez l'occasion.
19:04Et aller dans les petites églises
19:05de campagne.
19:05Et aller dans les petits musées
19:07ou les musées provinciaux,
19:08comme on dit,
19:09il y a toujours
19:10dans les préfectures.
19:12Bien sûr,
19:12vous avez des chefs-d'oeuvre,
19:13il n'y a pas que le Louvre
19:14dans la vie.
19:15Non.
19:16Il n'y a pas de Paris.
19:16Il n'y a pas de Paris.
19:17Il y a toute la province.
19:19Petite pause
19:20dans Face à Michel Onfray.
19:21On se retrouve
19:21dans un instant
19:22sur CNews et Europe 1.
19:24On se retrouve
19:24pour la seconde partie
19:25de Face à Michel Onfray
19:26sur CNews et sur Europe 1.
19:28Michel,
19:29la semaine dernière,
19:29on évoquait déjà
19:30la couleur toujours très présente
19:32des agriculteurs
19:33et des éleveurs,
19:34frappés par la dermatose
19:35qui conduit à l'abattage
19:36de troupeaux entiers.
19:38Plusieurs syndicats
19:39ont entamé
19:39des mobilisations.
19:41Cette semaine,
19:41la ministre de l'Agriculture
19:42a inauguré
19:43les conférences
19:44de la souveraineté alimentaire
19:45depuis le marché de Rungis
19:46avec une phrase choc.
19:48La guerre agricole
19:49se prépare.
19:50On écoute Annie Gennevar.
19:52Chers amis,
19:53si nous sommes réunis ici,
19:55c'est que la guerre agricole
19:57se prépare.
19:59Aussi abrupte
20:01que puisse paraître
20:02cette entrée en matière
20:03qu'on ne s'y trompe pas,
20:04je ne viens pas
20:05convoquer ici
20:06de grands mots
20:07pour envelopper
20:08de modestes inquiétudes
20:09ni de dramatiser
20:12une réalité
20:12plus douce
20:13dans les faits
20:13qu'on ne le prétend
20:14en discours.
20:15Non.
20:16C'est l'observation
20:17lucide du monde
20:18et des rapports
20:19entre nations
20:20qui imposent
20:21ce constat implacable.
20:23La guerre agricole
20:24menace chaque jour
20:26un peu plus.
20:27Il est temps
20:28d'agir.
20:29Voilà pour la ministre
20:30de l'Agriculture.
20:30Comment vous comprenez
20:31le mot guerre en fait ?
20:33Tout ça est honteux
20:33je trouve.
20:35Oui, il y a une guerre
20:36depuis très longtemps
20:37et les paysans
20:38payent cher
20:38cette guerre.
20:39Elle n'est pas en train
20:40de menacer.
20:41Elle est déjà là.
20:42Il y a des paysans
20:43qui se pendent
20:44tous les jours,
20:45tous les deux jours.
20:47Ce sont des gens
20:48qui travaillent sérieusement,
20:50qui sont braves,
20:51qui sont sérieux
20:52et qui ne gagnent rien du tout
20:54en fin d'année,
20:54qui ne prennent jamais
20:55de vacances,
20:55qui ne prennent jamais
20:56de week-ends.
20:57Et pendant ce temps-là,
20:57tous ces gens défendent...
20:58Madame la ministre
21:00de l'Agriculture,
21:01il défend une idéologie
21:02qui est une idéologie
21:03mondialiste
21:04et qui met en péril
21:05la paysannerie française
21:06puisque aujourd'hui,
21:08vous avez des œufs
21:09qui viennent d'Ukraine,
21:10vous avez les produits
21:11du Mercosur
21:12qui vont venir.
21:12Évidemment,
21:13on a eu Macron
21:14qui à une époque
21:14dit, comptez sur moi,
21:16jamais tout ça ne passera.
21:17Mais moi j'ai dit,
21:17ça passera.
21:18Évidemment que ça passera,
21:19c'est Bruxelles
21:19qui fait la loi.
21:20Donc depuis que Bruxelles
21:21fait la loi,
21:23on détruit notre
21:24agriculture française,
21:25on détruit donc
21:25nos agriculteurs.
21:26les agriculteurs,
21:27ça veut dire aussi
21:28les femmes et les maris
21:29et ça veut dire aussi
21:30les enfants
21:31et ça veut dire
21:31les grands-parents,
21:32ça veut dire la terre.
21:34C'est autre chose que...
21:35Ce n'est pas du verbe
21:36l'agriculture,
21:37ce sont des gens,
21:38ce sont des terres,
21:39ce sont des patrimoines,
21:40ce sont des paysages,
21:41c'est tout ça
21:41qui se trouve détruit.
21:42Alors là,
21:43elle est devant des poireaux,
21:44des pommes de terre,
21:44on a l'impression
21:45d'être festival...
21:45Elle parle d'une guerre.
21:46Oui,
21:47elle a mis un texte
21:48qu'elle n'a pas écrit,
21:49enfin elle l'a peut-être
21:49même écrit,
21:50mais ça m'étonnerait.
21:56Ce genre de choses
21:57et donc la guerre ceci,
21:58la guerre cela.
21:59C'est-à-dire qu'on joue
22:00avec ce mot-là
22:01qui est quand même problématique.
22:03Il y avait la guerre
22:03avec le Covid,
22:04il y a la guerre
22:05avec l'agriculture,
22:06puis il y a aussi
22:06accessoirement
22:07la guerre avec les Russes,
22:08la guerre avec l'Ukraine,
22:09puis cette guerre
22:10qui devrait pouvoir
22:10permettre à des enfants,
22:12nos enfants,
22:13d'aller au front,
22:13quel front,
22:14pour défendre quelle France
22:15et quels intérêts français.
22:17Les intérêts français
22:18des paysans,
22:19ce n'est pas compliqué
22:20à défendre.
22:20C'est juste de dire
22:21qu'il n'y a pas de raison
22:22que l'agriculture ukrainienne
22:24par exemple
22:25puisse inonder
22:25le marché français
22:27parce qu'elle est produite
22:27dans des conditions
22:28qui ne sont pas celles
22:29de l'Europe.
22:30Donc il faut protéger
22:31les agriculteurs.
22:32On n'a pas besoin
22:32de dire
22:33la guerre menace,
22:35il va falloir faire des choses.
22:36Mais non,
22:36ça fait des années
22:36qu'il faudrait faire des choses
22:37et pas seulement
22:38en distribuant de l'argent
22:40comme à l'époque de Chirac.
22:41Les paysans,
22:42ils ont leur dignité.
22:44Quand vous leur dites
22:44mettez votre terre
22:45en jachère
22:46et on va vous donner
22:46de l'argent,
22:48ils veulent travailler.
22:51Et pareil,
22:51on leur dit
22:51abattir tout votre troupeau,
22:53ils disent non,
22:53il suffit de le mettre
22:54en quarantaine
22:55et voilà,
22:56pas de problème.
22:56C'est ce qu'on a dit
22:57la semaine dernière,
22:58c'est-à-dire que
22:58cet ami qui m'avait éclairé
23:01à qui j'avais demandé
23:02des éclaircissements
23:03ou un éclairage,
23:04une amie vétérinaire
23:04qui m'a expliqué
23:05le fait qu'on pouvait
23:06mettre à part
23:07des vaches qui sont contaminées
23:08et qu'elles se guérissaient
23:10naturellement
23:11et que s'il n'y avait pas
23:12de proximité
23:14entre ces vaches
23:14qu'on pouvait mettre
23:15à l'écart et le troupeau,
23:16il n'y aurait pas de contamination.
23:17Que cette contamination
23:18en plus de ça,
23:19elle ne permet pas,
23:20ce n'est pas une zoonose,
23:21c'est-à-dire que
23:21vous mangez cette viande,
23:22vous n'allez pas être malade.
23:23Il ne s'agit pas
23:23de manger cette viande non plus.
23:24Ça reste entre animaux.
23:25Mais voilà,
23:26donc il y a d'autres possibilités
23:27que d'abattre
23:29les troupeaux d'une part.
23:31D'abord,
23:31ça détruit
23:31le courage des paysans,
23:34on détruit un patrimoine,
23:35des fois vous héritez
23:36d'un troupeau
23:36qui a été fabriqué
23:37par le père,
23:38par le grand-père,
23:39etc.
23:39Même si évidemment,
23:41ils sont obligés
23:42de partir à l'abattoir.
23:43Mais c'est une façon
23:44méprisante
23:45de considérer les paysans.
23:46On n'achète pas les gens
23:47en disant
23:48voilà un chèque
23:48et puis on va abattre
23:50votre troupeau.
23:52Et là,
23:52on n'entend pas
23:52les écologistes.
23:53Rien du tout.
23:54C'est-à-dire qu'on fait
23:55une espèce d'hécatombe
23:56d'animaux
23:58et il n'y a pas
23:59un seul écologiste
23:59pour dire
24:00mais attendez,
24:01il y a une autre possibilité,
24:01ce n'est pas aussi terrible
24:02que ça.
24:03Ce n'est pas une peste
24:04qui serait,
24:05une peste bovine
24:06qui se transmettrait
24:07à l'homme
24:07et qui ferait
24:08des milliers de morts.
24:10On n'en est pas du tout
24:10dans cette configuration-là.
24:12Mais là,
24:12c'est du vent
24:13comme d'habitude
24:13mais c'est le macronisme.
24:15C'est dix années
24:15de grands discours,
24:16de grands mots
24:17et de mépris
24:18des gens qui travaillent
24:19et paysans en tête.
24:21Autre sujet
24:21qui vous met en colère
24:22mon cher Michel Onfray,
24:23c'est l'hypothèse
24:24émise par le Rassemblement National
24:26de réouvrir
24:28les maisons closes.
24:30Il y a une proposition de loi
24:31qui est en préparation
24:32pour à nouveau autoriser
24:33ces lieux de prostitution
24:34qui ont été fermés
24:36il y a 80 ans
24:37après la loi Marthe-Richard.
24:38Jean-Philippe Tanguy
24:39souhaite des lieux
24:39tenus par les prostituées
24:41elles-mêmes
24:41en mode coopératif.
24:43C'est ce qu'il dit
24:43pour lutter contre
24:44leur marginalité
24:45et les conditions atroces
24:46parfois dans lesquelles
24:47elles les exercent.
24:48Pourquoi est-ce que
24:49ça vous met en colère,
24:50Michel ?
24:51Parce que je suis contre
24:52la marchandisation
24:53du corps des femmes.
24:55Ça me paraît
24:55extrêmement simple.
24:56Alors si en plus de ça
24:57il faut faire semblant
24:58de tenir des discours
24:59de gauche
25:00en disant
25:01les prostituées,
25:03l'autogestion,
25:03la coopérative,
25:04moi je veux bien
25:04que le Rassemblement National
25:05s'empare de ces questions
25:07de coopération,
25:08d'autogestion,
25:08de mutualisation,
25:09ça je suis tout à fait
25:10pour ça.
25:11Moi je défends ça
25:11depuis des années.
25:12Socialisme girondin
25:13et qu'on les voit
25:15sur la défense
25:16de la coopérative
25:16mais pour autre chose
25:17que pour ça.
25:18Alors je veux bien
25:18qu'il y ait des femmes
25:19qui aient plaisir
25:20à avoir 10 types
25:22dans la journée
25:22et puis avoir
25:23des relations sexuelles
25:24tarifées.
25:25Si ça peut exister
25:26ça existe avec
25:27le consentement des femmes
25:27mais je ne suis pas sûr
25:29que toutes les femmes
25:30qui soient dans cette situation-là
25:31le désirent.
25:32Je pense même
25:33que la plupart
25:34prendraient volontiers
25:35un métier
25:36qui leur permettrait
25:37de conserver leur dignité.
25:38Je suis contre la gestation
25:40pour autrui
25:40pour les mêmes raisons.
25:41Je ne suis pas
25:42pour la location
25:42des utérus
25:43et les utérus
25:44ce n'est pas fait
25:45pour y mettre
25:46des enfants
25:46que d'autres achètent
25:48pour qu'on fasse
25:49des enfants vendus
25:50pour faire du trafic
25:51de chair humaine
25:51et ils ne sont pas faits
25:52non plus
25:52pour des sexualités
25:53mercenaires.
25:54Après,
25:55que des gens
25:56aient envie
25:57de sexualités mercenaires
25:58avec les réseaux sociaux
25:59c'est leur affaire.
25:59Il y a aujourd'hui
26:01la possibilité
26:01avec un certain nombre
26:02de sites
26:03d'entrer en relation
26:04avec des gens
26:04y compris en payant
26:06je crois.
26:06Je ne suis pas
26:07un abonné
26:08de ces choses-là
26:08mais je ne suis pas
26:10de ceux qui pensent
26:10que la prostitution
26:11ça doit pouvoir être
26:12éradiquée comme ça
26:13d'un coup de baguette magique
26:14non plus.
26:15Mais ça doit pouvoir
26:16j'aimerais que ça puisse l'être
26:17mais ça doit pouvoir
26:18être resté à l'intime
26:20hélas
26:20pour ceux qui disent
26:21bon après tout
26:22c'est contractuel
26:22mais je pense que
26:23une femme qui a
26:24des relations sexuelles
26:25tarifées
26:26j'entends bien
26:27et bien c'est parce qu'elle
26:28a besoin d'argent
26:29et qu'elle préfère
26:30éventuellement
26:31ce genre d'entrée d'argent
26:33plutôt que de travailler
26:34dans un supermarché.
26:36Après ça reste
26:37du domaine du privé
26:38si les gens le veulent
26:38mais des bordels d'État
26:40enfin quand même.
26:41Pour éviter parfois
26:42des endroits abominables
26:43comme le Bois de Boulogne
26:44où elles sont
26:45dans des conditions
26:46déplorables.
26:46Oui mais travaillons
26:46sur la question
26:47de la misère sexuelle
26:48c'est une misère sexuelle.
26:50Moi le Bois de Boulogne
26:50je le traverse en taxi
26:51de temps en temps
26:52quand j'ai une course à faire
26:53enfin quand je vais
26:53je ne sais pas quoi
26:54faire une conférence
26:55rencontrer des gens
26:56et j'ai honte pour tout le monde
26:58aussi bien les femmes
27:00qui se prostituent
27:01que les clients
27:01et peut-être qu'on peut avoir
27:03comme un autre horizon
27:04qu'un horizon autogestionnaire
27:06de travailleuses du sexe
27:07qui pourraient etc.
27:08Mais je savais que ce sujet
27:10vous énervait beaucoup
27:11et que vous l'en parliez
27:12dans cette émission.
27:13On est dans
27:14Face à Michel Onfray
27:14sur CNews et sur Europe 1
27:16un petit mot maintenant
27:17de la situation à l'international.
27:19Donald Trump
27:19cette semaine
27:20a accordé un entretien
27:21à Politico
27:22un site de presse américain
27:23il a dit tout le mal
27:24qu'il pensait des politiques
27:26migratoires en Europe
27:28écoutez
27:29il dit ne plus reconnaître
27:30certaines grandes capitales
27:31européennes.
27:33L'Europe est un endroit différent
27:34si elle continue sur cette voie
27:37l'Europe ne sera plus pareille
27:39et nombre de ces pays
27:40ne seront plus viables
27:41leur politique migratoire
27:44est un désastre
27:45ce qu'ils font en matière
27:47d'immigration
27:48est un désastre
27:48nous aurions pu connaître
27:50le même désastre ici
27:51mais j'ai réussi à tout stopper
27:53si vous regardez Paris
27:55c'est un endroit bien différent
27:56j'adore Paris
27:58mais ce n'est plus le Paris
27:58que j'ai connu
27:59si vous observez Londres
28:01ils ont un maire nommé Cannes
28:03c'est un maire horrible
28:04il est vicieux et dégoûtant
28:08il est terrible
28:09Londres n'est plus ce qu'elle était
28:12la plupart des nations européennes
28:14se délabrent
28:15elles se délabrent
28:17je pense qu'ils sont faibles
28:18et je pense qu'ils veulent
28:20tellement être politiquement corrects
28:22qu'ils ne savent juste pas quoi faire
28:24ils veulent tellement être politiquement corrects
28:29que ça les affaiblit
28:30voilà pour Donald Trump
28:32alors il y a les excès de langage
28:34mais il y a le constat
28:35il dit voilà
28:35il ne reconnaît plus
28:36certaines grandes capitales européennes
28:38en raison des flux migratoires
28:39qu'est-ce que vous en pensez
28:40bon d'abord il faut laisser de côté
28:42les insultes personnelles
28:43les attaques à dominem
28:44c'est insupportable
28:46de parler comme ça
28:46d'adversaires politiques
28:48laissons ça de côté
28:49enfin laissons ça de côté
28:50ne prenons pas ça en considération
28:52parce que de toute façon
28:53c'est condamnable
28:54point à la ligne
28:54par ailleurs les grandes puissances
28:56pensent en termes civilisationnels
28:57ça paraît normal
28:58si vous avez de l'argent
29:00de la puissance
29:00et bien votre problème
29:02c'est l'impérialisme
29:03c'est pas le nationalisme
29:03vous avez envie
29:04d'être partout
29:05lui Trump quand il arrive au pouvoir
29:07il dit le Groenland m'intéresse
29:08le Canada m'intéresse
29:09le canal de Panama m'intéresse
29:10et puis plein d'autres endroits
29:12m'intéressent
29:13le Venezuela m'intéresse aussi
29:14enfin on va voir avec la suite
29:16donc ça me paraît normal
29:17que vous ayez des chefs d'état
29:20civilisationnels
29:21quand vous avez des grandes puissances
29:23les mollas de l'Iran
29:26Erdogan en Turquie
29:27Poutine en Russie
29:28lui aux Etats-Unis
29:30Modi en Inde par exemple
29:32qui sont des gens qui veulent
29:33fabriquer des puissances planétaires
29:34la Chine évidemment
29:35j'ai oublié la Chine
29:36mais c'est Xi Jinping
29:37il est dans cette logique là
29:38c'est lui le plus malin
29:38lui il n'y a pas de grossièreté
29:40il n'y a pas de vulgarité
29:41il n'y a pas non plus
29:42de grandes démonstrations
29:43il n'y a pas des effets
29:44de grande gueule
29:45on sait juste
29:46qu'à un moment donné
29:46paf il balance une information
29:48en disant
29:48nous sommes capables
29:49de fabriquer
29:49des utérus artificiels
29:51et nous fabriquons
29:52des enfants aujourd'hui
29:53dont le pilotage
29:54est conduit par des intelligences
29:56artificielles
29:56juste comme ça
29:57paf
29:57et puis après
29:58il dit
29:59voilà on a créé
30:00notre intelligence artificielle
30:01toutes les intelligences artificielles
30:03des Etats-Unis
30:04qui sont cotées en bourse
30:04s'effondrent
30:05parce que juste la Chine dit
30:06nous on sort ça
30:07et je vous assure
30:08qu'ils vont nous sortir
30:08beaucoup d'autres choses
30:10le temps venu
30:11donc il devrait se méfier
30:12Trump avec la Chine
30:15et le problème
30:16il est plutôt là
30:16il le sait je pense
30:17mais les problèmes
30:19civilisationnels
30:19il a raison
30:20en Europe
30:20nous n'avons pas
30:21de propositions civilisationnelles
30:23vous avez sur le terrain politique
30:24deux hommes politiques
30:25qui ont des propositions civilisationnelles
30:26c'est Zemmour
30:27et c'est Mélenchon
30:27Zemmour qui estime
30:29que la créolisation
30:30n'est pas acceptable
30:32et qu'il faut que
30:33le grand remplacement
30:33lui il dit grand remplacement
30:34et de l'autre côté
30:35ce fameux grand remplacement
30:36Mélenchon dit
30:38ça s'appelle la créolisation
30:39et moi je suis pour
30:39ça ce sont deux projets
30:41de civilisation
30:41l'Europe n'a pas
30:43de projet de civilisation
30:44on veut faire un grand marché
30:45c'est tout
30:45pour un jour
30:46rendre possible
30:47le gouvernement planétaire
30:48et ils sont dans
30:49ce genre de logique là
30:50donc ça bricole
30:51ça bricole avec l'Ukraine
30:52ça bricole avec
30:53l'Etonie
30:54Estonie
30:55Lituanie
30:55mais il n'y a pas
30:56de projet civilisationnel
30:57ou alors
30:58un projet civilisationnel
30:59qui consiste
30:59c'est l'Europe qui paye
31:01à nous dire
31:01que la liberté
31:02c'est pour les femmes
31:02de porter des voiles
31:03enfin on voit bien
31:04qu'il y a une idéologie
31:04et dans ce qu'il dit
31:06qui est souvent outrancier
31:07il y a des vérités
31:09il y a des mouvements
31:09civilisationnels
31:11et je parle souvent
31:12de Pierre Chaunut
31:12qu'on devrait beaucoup plus lire
31:13qu'on ne le lit
31:14c'est-à-dire qu'on devrait lire
31:15qu'on ne le lit plus
31:16mais qui a écrit
31:17sur la démographie
31:19des choses extrêmement intéressantes
31:20il dit
31:20ben voilà
31:20vous avez des taux de démographie
31:22et ben 20 ans plus tard
31:23le pays va ressembler à ça
31:25donc celui-ci va s'effondrer
31:26celui-là va être
31:27en pleine puissance
31:27regardez la démographie
31:29américaine
31:30la démographie chinoise
31:31et puis regardez
31:32la démographie des pays
31:33très hédonistes
31:34et égocentrés
31:35d'Europe
31:36où chacun
31:36n'aurait plus faire d'enfance
31:37si on en fait
31:38c'est juste un
31:38et guère plus
31:39et ben il suffit juste
31:42de tirer un trait
31:42et puis de dire
31:43dans 20 ou 30 ans
31:44la démographie nous dit
31:45ce qui va se passer
31:46c'est pas
31:46donc c'est une civilisation
31:48qui en remplacerait
31:48une autre pour vous
31:49oui absolument
31:49monsieur L'Enfray
31:50que produit
31:53il le dit d'ailleurs
31:53ailleurs
31:54mais que produit
31:55la civilisation européenne
31:56on parlait tout à l'heure
31:57de cette jeune femme
31:58je ne sais pas si elle est jeune
31:59je pense que oui
31:59mais de cet artiste
32:01qui produit des oeuvres d'art
32:03qui vont se trouver
32:03dans Notre-Dame de Paris
32:05et qui nous fait
32:06des vitraux
32:06qui sont dans l'esprit
32:08de ce qu'on appelle
32:09les nabis
32:09si vous voulez
32:10c'est-à-dire autour
32:11des années 20-30
32:12du siècle dernier
32:12on produit plus
32:14on pourrait
32:15si on avait un chef d'état
32:16digne de ce nom
32:17il pourrait faire
32:18ce que Louis XIV faisait
32:19en son temps
32:19désigner des gens
32:20des Corneilles
32:21des Racines
32:22des Molières
32:22des La Fontaine
32:23et quelques autres
32:24mais en disant
32:25je crois à
32:25ce qu'a fait Pompidou
32:27quand il croyait à Vasarelli
32:28quand il croyait à Georges Mathieu
32:30et à quelques autres artistes
32:32de cette époque-là
32:33moi je ne suis pas contre
32:34le fait qu'un chef d'état
32:35impose
32:36une vision esthétique
32:38comme Napoléon a pu le faire
32:39la grande pyramide du Louvre
32:41oui
32:42ce n'était pas très lisible
32:43lui c'était
32:44moi je décide
32:45mais où est la lisibilité
32:47de paix ici
32:48de la Grande Arche
32:49ce n'est pas très clair
32:50ça n'a pas été
32:51très raconté non plus
32:52alors tout ça
32:53est très ésotérique
32:54ça c'était un Mitterrand
32:55qui se faisait plaisir
32:56avec sa maîtresse
32:57qui elle était très cultivée
32:58je dis maîtresse
32:59le mot n'est pas très joli
33:00sa seconde compagne
33:02et qui
33:03parce qu'elle est très cultivée
33:05et c'était un plaisir
33:07qu'il se faisait à deux
33:08mais tout ça
33:08ne relève pas
33:11d'un projet national
33:12on se fait plaisir
33:13avec une bibliothèque nationale
33:14on se fait plaisir
33:15avec la pyramide de paix
33:16on se fait plaisir
33:16etc
33:17bon pourquoi pas
33:18ça a donné des médicaments
33:20des bâtiments
33:21qui ont mal vieilli d'ailleurs
33:22qui nécessitent
33:23beaucoup d'entretien
33:24alors ça je ne parle même pas de ça
33:25c'est de fait
33:26quand vous avez
33:27le nouvel opéra de Paris
33:28quelques temps plus tard
33:30ça commence à tomber
33:31en morceaux
33:31plusieurs centaines de millions
33:32d'euros de rénovation
33:33vous vous rendez compte
33:33et rien pour les petits
33:35conservatoires
33:36mais absolument
33:36ce sont toujours
33:37les mêmes architectes
33:38qui font le tour
33:39il y en a 4 ou 5
33:39et on sait lesquels
33:41je ne vais pas donner les noms
33:42mais il y avait la possibilité
33:45de faire les choses autrement
33:46il y a toujours la possibilité
33:47de faire les choses autrement
33:48on est sur CNews
33:49et sur Europe 1
33:50avec Michel Onfray
33:51Michel allez
33:52un petit clin d'oeil
33:52avant la fin de notre émission
33:54le prix d'humour politique
33:56a été décerné cette semaine
33:57par le Presse Club de France
33:58il y avait de nombreux lauréats
34:009 ont été récompensés
34:01mais c'est le sénateur indépendant
34:02Claude Maluret
34:04qui l'a emporté cette année
34:05avec une saillie prononcée
34:07au Sénat sur la gauche
34:08passée de laïcarde
34:10à adoratrice des imams
34:12écoutez-le
34:12l'extrême gauche
34:15guette l'étincelle
34:16qui mettra le feu aux poudres
34:17après avoir bloqué l'assemblée
34:19pendant 3 ans
34:20la secte a vu surgir
34:22un mouvement
34:23dont le nom comblait
34:24ses désirs les plus fous
34:25bloquant tout
34:27en martelant sur toutes les tribunes
34:30que toute mesure d'économie
34:31provoquera la famine
34:32le déluge et les sauterelles
34:33LFI a tenté de récupérer
34:35une ébullition improvisée
34:37une fois de plus heureusement
34:39elle a échoué
34:40elle a transformé
34:41en insurrection
34:42en définitive
34:44pauvre extrême gauche
34:46dont le bilan
34:47se résumera en définitive
34:49à une seule chose
34:50un siècle à bouffer du curé
34:52pour finir par lécher
34:53les bottes des Molas
34:53L'image est parlante
35:00en tant que le son
35:01la punchline l'est
35:03Michel Onfray
35:04ça vous fait rire
35:04et c'est ailleurs
35:05le prix de l'humour
35:06donc ça tombe bien
35:07Oui
35:07D'abord il est très bon
35:08la plupart du temps
35:09c'est très écrit
35:11et c'est plein de références
35:13les sauterelles
35:14etc
35:14l'étincelle
35:15enfin l'étincelle
35:16qui met le feu à la plaine
35:17c'est l'ISCRA
35:18ça renvoie au journal bolchevique
35:20les sauterelles
35:23renvoient au malheur annoncé
35:25dans l'Ancien Testament
35:26etc
35:26donc c'est très drôle
35:27c'est très intelligent
35:28c'est très malin
35:28c'est très bien décrit
35:29et c'est très bien
35:29je trouve qu'effectivement
35:31il a l'art de cet aphorisme
35:34de cette sagesse par aphorisme
35:35bouffer du curé
35:37pendant un siècle
35:37et lécher des babouches
35:38ou lécher des bottes
35:40des chaussures
35:40des bottes
35:41des Molas
35:41c'est excellent
35:42parce que tout est dit
35:43et tout est tellement dit
35:44qu'on voit bien
35:45la mine déconfite
35:46de Le Cornu
35:46il ne trouve pas ça drôle
35:47parce qu'il se dit
35:48mince
35:48il marque des points
35:49malheurés
35:50parce qu'il dit des choses
35:51juste, intelligents
35:52c'est vrai
35:52et il le dit
35:53de manière drôle
35:54donc ça c'est plutôt pas mal
35:56il y a eu une grande tradition
35:57d'orateurs
35:57aux assemblées
36:00les tribuns
36:00ou le Sénat
36:02où il y avait des tribuns
36:02alors bon
36:03il lit un texte
36:04c'est bien
36:04parce qu'il écrit ses textes
36:07oui je pense
36:09qu'il écrit ses textes
36:09et c'est pas la première fois
36:10qu'il est très emballant
36:11quand il lit des choses
36:12on l'écoute
36:13on se dit
36:13il est drôle
36:14il est malin
36:14c'est intelligent
36:15etc
36:15donc ça c'est bien
36:16mais c'est vrai que
36:17les orateurs
36:18à une époque
36:18c'était, il n'y avait pas de micro
36:20on arrivait
36:21sans notes
36:22à la tribune
36:22il n'y avait pas de notes
36:23et on y allait quoi
36:24et puis on avait les formules
36:25et on les inventait
36:26etc
36:26mais c'était une époque
36:27l'éloquence
36:28pardon
36:28oui
36:28parce qu'on apprenait l'éloquence
36:30Quintillien avait écrit
36:31un art oratoire
36:31qui a servi pendant des siècles
36:33dans les lycées
36:34où on apprenait aux enfants
36:35aux jeunes
36:36à construire des raisonnements
36:39à construire des analyses
36:40à produire
36:41un discours bien fait
36:42en disant
36:42on commence
36:43on analyse
36:44on développe
36:44on reprend
36:45on a ce qu'on appelle
36:46des punchlines aujourd'hui
36:47c'est-à-dire des phrases
36:48qui permettent des accroches
36:50et qu'on retiendra
36:51donc il y avait des gens
36:52qui savaient faire ce genre de choses
36:53un certain François Mitterrand
36:55de sa jeune époque
36:56sur la fin
36:57ça commençait tôt
36:59sa fin
36:59mais je veux dire
37:00quand il était dans l'opposition
37:01il avait ce talent-là
37:03d'orateur
37:04d'orateur
37:05oui
37:05c'est bizarre d'ailleurs
37:06comment le pouvoir
37:07a éteint
37:07ce pouvoir qu'il avait
37:10dans l'opposition
37:11bon il y a eu la maladie
37:11il a été très vite
37:12et très tôt malade
37:13et de Gaulle
37:14n'a pas perdu
37:15son talent oratoire
37:16écoutez le général
37:17il y a un truc
37:17mais lui
37:20il y a un truc incroyable
37:21j'ai découvert la même chose
37:23pour Camus
37:23il y a peu de choses
37:24de Camus
37:25vous savez quand
37:25on cherche les choses
37:27enregistrées
37:28enfin la voix de Camus
37:29et bien sa fille
37:30m'a dit un jour
37:31que tout était écrit
37:33et appris
37:34ah c'est marrant
37:35il n'était pas improvisé
37:36il n'était pas doué
37:37il était tétanisé
37:38par l'improvisation
37:38et le général de Gaulle
37:40c'est la même chose
37:40c'est-à-dire qu'il avait
37:42une mémoire
37:42comme Charles
37:43le roi Charles III
37:44il est capable
37:45d'apprendre un discours
37:45en japonais
37:46et de le dire en japonais
37:47en apprenant par coeur
37:49sans comprendre le japonais
37:50donc vous avez des intelligences
37:51tout à fait particulières
37:52et c'était le cas
37:53du général de Gaulle
37:54qui écrivait
37:55qui savait très bien
37:56ce qu'il allait dire
37:57alors parfois
37:57dans les conférences de presse
37:59il y avait des saillies
37:59ou des beautés
38:00oui
38:01oui
38:01oui
38:02sur les questions
38:02oui
38:03oui
38:04oui
38:04oui
38:04alors je dis mais comment il fait
38:05il ne prend aucune note
38:06alors vous m'avez posé
38:08la question de
38:09puis en fait
38:09les questions n'ont pas été posées
38:10donc il avait juste prévu
38:12de dire ce qu'il avait à dire
38:13il fait semblant d'écouter
38:14il faisait semblant d'écouter
38:14vaguement au passage
38:15il répond aux questions
38:16il était très bon
38:17allez Michel Onfray
38:19l'heure du point philo
38:20qu'aiment tant nos téléspectateurs
38:21et nos auditeurs
38:22alors là vous avez choisi
38:23Jean-Paul Sartre
38:24que vous n'épargnez pas
38:25en général
38:26son livre
38:27l'existentialisme
38:28est un humanisme
38:29vous dites qu'il a exercé
38:31un magistère idéologique
38:33sur le XXe siècle
38:34avec cette notion là
38:35qui est une notion
38:36qui est aujourd'hui
38:37la base du wokisme
38:39c'est ça ?
38:39oui
38:39c'est ça
38:40on a eu l'occasion
38:41de parler de Rousseau
38:42et du discours sur
38:44l'origine de l'inégalité
38:45parmi les hommes
38:45avec un Rousseau
38:46qui nous dit que l'homme
38:47est naturellement bon
38:48donc vous avez les chrétiens
38:49qui eux disent
38:50l'homme est naturellement mauvais
38:51c'est le péché originel
38:52et puis vous avez un Rousseau
38:53qui arrive qui dit
38:54non l'homme est naturellement bon
38:55etc
38:55et Sartre nous dit
38:57l'homme est naturellement rien
38:58ça n'existe pas l'homme
39:00c'est à dire qu'il est
39:01ce qu'il fait
39:02et rien d'autre
39:04et il prend l'exemple
39:05d'un coupe-papier
39:06alors le coupe-papier
39:06la jeune génération
39:08qui nous écoute
39:08ne sait pas forcément
39:09ce que c'est
39:10mais à une époque
39:10les feuilles qui font toujours
39:11le même format
39:12ils étaient pliés
39:13pour faire des livres
39:16et quand tout était relié
39:19il fallait couper les pages
39:20ou ouvrir les lettres
39:23avec le coupe-papier
39:23et Sartre nous dit
39:24le coupe-papier
39:25son essence
39:27précède son existence
39:29c'est à dire que
39:30le coupe-papier
39:31il est fait
39:32comme son nom l'indique
39:33pour couper le papier
39:33ma montre elle est faite
39:35elle a été fabriquée
39:35par des gens
39:36qui un jour ont dit
39:37c'est un truc
39:37qui va donner l'heure
39:38aujourd'hui elle fait
39:38beaucoup plus que ça
39:39les nouvelles montres
39:40font beaucoup plus que ça
39:41et donc lui il dit
39:43Sartre dit
39:43en ce qui concerne l'homme
39:44l'existence
39:45précède l'essence
39:46c'est à dire
39:46il n'y a pas d'essence
39:47humaine
39:48ça n'existe pas
39:49donc c'est votre existence
39:51qui va faire
39:52que vous allez être
39:53ce que vous êtes
39:53et rien d'autre
39:54vous êtes votre projet
39:55il dit
39:56nous sommes condamnés
39:57à être libres
39:57donc il pose la liberté
39:58en disant
39:59quoi qu'il arrive
40:00vous êtes handicapé
40:01vous êtes jeune
40:02vous êtes vieux
40:02vous êtes dans une famille
40:03tout ça ne compte pour rien
40:05vous avez la liberté
40:06et la liberté
40:07elle est absolue
40:08vous n'avez pas le choix
40:09de ne pas choisir
40:10donc même quand vous ne choisissez pas
40:12c'est encore un choix
40:13et il dit
40:14vous allez pouvoir
40:15donc construire votre existence
40:16et il y a deux concepts
40:17chez lui
40:18qui sont des grossiartés
40:19mais enfin qui sont devenus
40:19des concepts chez lui
40:20le lâche et le salaud
40:22et il dit
40:23le salaud
40:24c'est celui qui cherche
40:25une occasion
40:25le personnage inauthentique
40:27de justifier
40:28un choix
40:29qu'il n'a pas fait
40:29alors qu'il aurait pu le faire
40:30il dit par exemple
40:31je m'engagerais bien
40:32dans la résistance
40:33mais j'ai une vieille mère
40:34qui est à la maison
40:34si je m'engage dans la résistance
40:35je ne vais pas occuper de ma mère
40:36donc je n'ai pas été résistant
40:37pour cette raison là
40:38j'ouvre une parenthèse
40:39pour dire que Sartre
40:40qui n'a pas été du tout résistant
40:41et qui a même franchement collaboré
40:43en écrivant dans Comedia
40:44un journal collaborationniste
40:46trois fois
40:46y compris en 1944
40:47et Simone de Beauvoir
40:48qui a travaillé
40:49à une radio vichiste
40:50à Paris
40:51étaient des gens
40:52qui n'ont pas beaucoup résisté
40:53et là en 1946
40:54date de cette conférence
40:55l'existentialisme
40:56est un humanisme
40:56c'est une conférence
40:57il est en train de faire
40:58la théorie de l'engagement
40:59et Jean Kélévitch
41:00qui était très drôle
41:01il disait
41:01il s'est engagé à s'engager
41:03mais il s'est guère engagé
41:04véritablement
41:05ce qui veut dire
41:06que quand on est
41:07ce qu'on est c'est parce qu'on a fabriqué
41:08sa propre existence
41:10elle n'était pas donnée
41:11donc je suis ce que je fais
41:13de ce que les autres
41:14ont voulu faire de moi
41:15si vous avez des parents
41:16qui vous disent
41:16tu vas faire ça comme étude
41:17tu vas te comporter comme ceci
41:18tu vas croire en Dieu
41:19tu vas voter à gauche
41:20tu vas je sais pas quoi
41:21et bien vous êtes non pas
41:22ce que vos parents ont fait de vous
41:24mais ce que vous allez faire
41:25vous de ce que vos parents
41:26ont voulu faire de vous
41:26ce qui veut dire que
41:28quand vous êtes dans les logiques
41:29d'aujourd'hui
41:30du wokisme par exemple
41:31ou de la déconstruction
41:32un homme ça n'existe pas
41:33une femme ça n'existe pas
41:35si vous dites
41:36mais moi j'ai peut-être
41:37les attributs du masculin
41:38parce que j'ai de la testostérone
41:41parce que j'ai le matériel
41:43qui va avec
41:43mais que je veux devenir une femme
41:45je peux devenir une femme
41:46donc il n'y a pas de nature
41:48c'est la négation de toute nature
41:49il détestait la nature
41:51Sartre
41:51et il estime que tout est culture
41:53vous n'êtes qu'un projet culturel
41:55donc si vous avez décidé
41:57vous homme de devenir femme
41:58vous femme de devenir homme
41:59et éventuellement vous
42:00homme ou femme de devenir
42:01je sais pas quoi
42:02chien
42:02ou autre chose
42:03ou table
42:04c'est pourquoi il y a chez Deleuze
42:05le devenir table
42:06le devenir chien
42:07le devenir objet
42:08ou ce genre de choses
42:09alors vous le pouvez
42:10c'est pourquoi Simone de Beauvoir
42:11écrit le deuxième sexe
42:12à un moment donné
42:13elle dit Simone de Beauvoir
42:14je voudrais un sujet
42:15qu'est-ce que vous pourriez me proposer
42:16c'est très drôle d'ailleurs
42:17la patronne du féminisme
42:18qui demande à son chef
42:19est-ce qu'elle doit travailler
42:21comme sujet
42:21et lui il dit
42:22mais posez la question
42:23du qu'est-ce qu'une femme
42:24comment devient-on une femme
42:25est-ce qu'on est une femme
42:26ou est-ce qu'on le devient
42:27et ça devient
42:28on ne naît pas femme
42:28on le devient
42:29qui est une façon d'ailleurs
42:30de faire un clin d'oeil
42:31à Tertullien
42:32en disant
42:32on ne n'est pas chrétien
42:33on le devient
42:33et aujourd'hui
42:35tous ceux qui nous disent
42:36mais effacez tout
42:37vous faites une table rase
42:39il n'y a pas de nature humaine
42:40il n'y a que de la culture partout
42:43j'allais dire du culturisme
42:44mais je ne voudrais pas
42:44qu'on confonde
42:44avec le sport
42:47les athlètes
42:47et donc tous ces gens
42:49qui aujourd'hui nous disent
42:50il n'y a pas de nature humaine
42:51c'est la gauche
42:53qui nous dit
42:53l'homme n'est pas naturellement mauvais
42:54on retrouve Rousseau
42:55il est même naturellement bon
42:57il suffit juste
42:57de changer la société
42:58qui elle est méchante
42:59et donc produit de la méchanceté
43:00écoutez c'est magnifique
43:02on lit quand même Jean-Paul Sartre
43:03alors oui
43:04on lit l'existentialisme
43:05est un humanisme
43:06oui parce que c'est une conférence
43:07à la lumière
43:08de ce que vous venez de nous dire
43:09oui c'est une conférence facile à lire
43:10c'est de l'oral
43:11qui a été mis à l'écrit
43:13d'ailleurs Sartre a estimé
43:14que c'était un peu léger
43:15par rapport à L'Etre et le Néant
43:16qui était un livre
43:17beaucoup plus dense
43:18et beaucoup plus important
43:19pour exprimer l'existentialisme
43:20mais oui
43:21les élèves de Terminal
43:23souffrent avec cette conférence
43:24mais n'importe qui peut lire
43:26et c'est très intéressant
43:27sans souffrir
43:28on l'entend raconter ça
43:30et d'ailleurs
43:30Boris Vian a raconté
43:32dans l'écume des jours
43:33il l'appelait Jean-Sol Partre
43:34et il a raconté
43:35cette conférence là
43:36parce que c'était célèbre
43:38les dames tombaient dans les vapes
43:39tout le monde se poussait
43:41on a hurlé
43:42alors je ne sais pas
43:43si vraiment cette conférence
43:44a eu lieu comme ça
43:44mais enfin toujours est-il
43:45que Boris Vian
43:46qui lui a aussi été présenté
43:47comme un existentialiste
43:48en a fait un bel exercice littéraire
43:52mais c'est une date de naissance
43:53importante dans la philosophie
43:54c'est du passé
43:55faisons table rase
43:56et il n'y aura que le présent
43:58et le présent ne sera
43:59que ce que vous en ferez
44:00merci beaucoup
44:01Michel Onfray
44:01pour cette leçon de philosophie
44:03j'en profite pour signaler
44:04à nos lecteurs
44:05et à nos téléspectateurs
44:06et auditeurs
44:07la sortie de Front Populaire
44:08on en avait parlé
44:08la semaine dernière
44:10pensez l'islam
44:10l'autre civilisation
44:11ça y est
44:12c'est en kiosque
44:12cette semaine
44:13puis il y a aussi
44:13le JD News
44:14évidemment
44:14que vous trouvez
44:15cette semaine
44:16avec Sarah Knafow
44:17qui parle des médias publics
44:19il détourne votre argent
44:20la charge de Sarah Knafow
44:22contre l'audiovisuel public
44:23on y reviendra aussi
44:24la semaine prochaine
44:25merci à vous Michel Onfray
44:26c'est moi qui vous remercie
44:27on se retrouve
44:27sur CNews et sur Europe 1
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