00:00Il est 8h16 sur Sud Radio ce matin et nous essayons de suivre la mobilisation agricole en cours et qui ne cesse de grandir.
00:07Bonjour Véronique Lefloc.
00:09Bonjour.
00:10Merci beaucoup d'être avec nous ce matin.
00:12Ancienne présidente de la coordination rurale et on vous a souvent entendu sur cet anthem,
00:16membre désormais du comité directeur de ce même syndicat.
00:20Où est-ce que vous êtes ce matin ? Quel est le programme de votre journée ?
00:24Écoutez, on suit les mouvements, ils sont partout en France.
00:27Aujourd'hui, ça sera chez nous, dans le Finistère, et ça va se poursuivre et ça va s'amplifier, comme on dit certains.
00:34On a le temps, on a le temps puisque, rappelez quand même que cette maladie qui en français s'appelle la dermatose nucléaire,
00:43nodulaire, pardon, contagieuse, alors qu'en anglais c'est lumpy, skin disease, skin disease, maladie de la peau,
00:52et lumpy, granuleux.
00:56Le mot de contagieux est apparu, bien sûr depuis longtemps, mais tout le monde le sait aujourd'hui,
01:02tellement on en parle, que cette maladie n'est contagieuse que par les vecteurs et que sa mortalité est très faible.
01:10Donc pour nous agriculteurs, ce n'est plus entendable.
01:13Nous sommes dans une situation où même si on interrogeait la ministre, qui aujourd'hui nous parle,
01:20si cette solution n'était pas appliquée, la solution d'abattage total,
01:24de millions de vaches qui disparaîtraient, qui mourraient.
01:27Elle évoque hier, la ministre Véronique Lefloc, le chiffre d'un million, si cette technique n'était pas employée,
01:34ce serait plus d'un million de vaches qui seraient amenées à être abattues.
01:37Alors qui peut la croire ? Parce qu'aujourd'hui, est-ce qu'elle peut nous dire qu'une seule vache est morte naturellement de la maladie ?
01:45Eh bien non, parce que nous agriculteurs, nous sommes tellement honnêtes
01:48qu'à l'apparition de symptômes ou de ces nodules sur une vache, on appelle le vétérinaire.
01:53Je prends le cas de la ferme Duchesne en Savoie.
01:57Le 5 juillet, un cas.
01:59Le vétérinaire vient, suspicion.
02:01Le 7, un deuxième cas, suspicion.
02:03Il fait le choix de les abattre, euthanasiés, poubelle.
02:07Le 9, arrêté pour un abattage total.
02:10On bloque la ferme jusqu'au 22 juillet.
02:13Et il ne se passe rien.
02:15Pas une vache ne tombe malade.
02:17Les vaches sont mises en quarantaine.
02:18Elles sont désinsectisées.
02:20Les bâtiments sont ventilés.
02:22Il n'y a pas de transport.
02:24Mais Véronique Lefloc, qu'est-ce que vous nous dites ce matin ?
02:27Parce que je me mets à la place sincèrement de ceux qui nous écoutent.
02:30On ne va pas se transformer, vous et moi, en épidémiologie de salons ou de réseaux sociaux.
02:34Mais vous dites quoi ?
02:36Qu'en réalité, la ministre de l'Agriculture en fait trop vis-à-vis de cette maladie ?
02:39La fameuse dermatose ?
02:42Eh bien, tout à fait.
02:43Parce que nous avons quand même fait...
02:46Justement, la décision d'abattage total n'est pas justement une rigidité qui est imposée,
02:53qui est exigée par le droit européen.
02:54C'est ce qu'elle appelle ses assises ou son groupe sanitaire,
03:00qui est composé d'une vingtaine de personnes,
03:02dont les syndicats et dont les vétérinaires, dont l'administration,
03:06qui a décidé cette stratégie d'abattage total,
03:09à l'exception de la Confédération Paysanne,
03:12autre syndicat agricole, et de la coordination rurale.
03:15Ce n'est pas les textes.
03:16En Italie, quand ils sont allés au Conseil d'État, ils ont eu gain de cause.
03:20Le principe repose sur le fait que les mesures sanitaires,
03:26elles doivent être proportionnées, justifiées,
03:30fondées sur des preuves scientifiques,
03:32et non sur des automatismes bureaucratiques
03:34ou sur des interprétations administratives arbitraires.
03:37Pourquoi eux ont stoppé, n'ont pas mis en place cette politique d'abattage total,
03:41contrairement à ce qu'on nous dit,
03:44et chez nous, on continue, alors qu'elle se propage ?
03:46Mais vous savez que d'autres pays européens ont fait ce choix-là.
03:51Vous savez qu'énormément, notamment d'experts qui sont interrogés,
03:54des scientifiques, que ce soit aussi des fédérations,
03:56des syndicats de vétérinaires de France.
03:57Alors, peut-être que tous ne disent pas la même chose,
04:00mais tous disent, bon, en réalité, si on ne fait pas de l'abattage rituel,
04:03et c'est un grand papier, il a été évoqué à l'instant dans la revue de presse,
04:06on nous explique que de toute façon,
04:08on sera amené à une recrudescence permanente de ce virus,
04:11c'est que ceux qui ont fait l'abattage, on va dire, beaucoup plus ciblé,
04:14et de la vaccination massive, pardon, n'ont pas eu les effets attendus.
04:20Alors, plusieurs points là-dessus.
04:22Déjà, la Commission européenne a sorti un document sur les stratégies nationales,
04:30partout dans le monde, en 2023-2024,
04:33qui seraient adoptées en cas de survenance de cette maladie.
04:37Nous avons la Suisse, l'Italie, ça repose sur le principe de précaution.
04:42L'Allemagne, c'est pareil, c'est de la vaccination préventive.
04:44Oui, par exemple, l'Espagne ou l'Italie,
04:46on regardait ça tout à l'heure avec la rédaction Véronique Lefloppe,
04:48elle a utilisé exactement les mêmes règles qu'en France,
04:51ce que j'aimerais comprendre avec vous.
04:53Au début, au début.
04:55Ensuite, il y a eu un procès au Conseil d'État
04:57qui a confirmé que, justement, l'abattage d'animaux sains, de bovins sains,
05:03n'était pas nécessaire, n'était pas justifié, n'était pas fondé,
05:06et ce n'était pas proportionné.
05:09Et aujourd'hui, en Afrique du Sud, d'où est partie la maladie,
05:12il y a longtemps maintenant, la maladie est endémique,
05:16on vaccine de manière annuelle, sans mesure d'abattage de masse.
05:20La France a connu des cas de dermatose à La Réunion en 1992.
05:28Il n'y a eu que 22 morts sur plusieurs mois, 22 morts,
05:321 pour 100, 1 pour 1000 de mortalité.
05:34Et aujourd'hui, c'est un peu comme le Covid,
05:38nos corps s'immunisent, et il y a très peu de mortalité en réalité.
05:45Donc on en ferait trop, et on vous a bien compris,
05:47Véronique Lefloc, on va vous suivre évidemment,
05:49et on va suivre la mobilisation agricole les prochains jours
05:51et les prochaines semaines, surtout si elle s'amplifie,
05:54et si elle continue à prendre naturellement en épaisseur et en ampleur.
05:57Merci beaucoup d'avoir été avec nous, ancienne présidente de la coordination rurale
06:01et membre du comité directeur de ce même syndicat.
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