- il y a 14 heures
Regardez "On refait le match" avec Jérôme Fournier, secrétaire national du syndicat de professeurs SE-UNSA, professeur d'histoire géo en collège, Jean-Paul Brighelli, enseignant et essayiste spécialiste de l'école, et Hortense Crépin, spécialiste de l'éducation sur RTL.
Regardez On refait le monde avec Vincent Parizot du 20 mai 2026.
Regardez On refait le monde avec Vincent Parizot du 20 mai 2026.
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00:02Jusqu'à 20h, on refait le monde sur RTL, avec Vincent Parizeau.
00:07On refait le monde autour du bac ce soir. 92% de réussite l'an dernier, tous bac confondus.
00:1496% pour le bac général. 75% d'une classe d'âge à l'examen.
00:21Alors tout d'abord, évidemment, on va encourager tous les élèves de terminale
00:25qui ont commencé à passer les épreuves dans les terminales professionnels.
00:32Et pour le bac général, ce sera à partir du 15 juin.
00:35Mais on va aussi s'interroger autour du bac.
00:38Est-ce qu'il est trop facile à décrocher avec ces taux de réussite ?
00:41Le niveau qu'il sanctionne est-il suffisant ?
00:45Et le ministre de l'Éducation, Edouard Jeffrey, a-t-il raison de durcir ?
00:50Vous allez entendre un petit peu ce qui s'annonce être le niveau des corrections.
00:56On va en parler ce soir, à l'occasion du début des épreuves pour le bac pro,
01:00avec Jérôme Fournier. Bonsoir.
01:02Bonsoir.
01:03Le secrétaire national du syndicat de professeurs SE UNSA.
01:07Et par ailleurs, je précise que vous êtes prof d'histoire géo en collège.
01:11Avec Jean-Paul Brighelli, qui est avec nous à distance.
01:14Bonsoir, M. Brighelli.
01:16Bonsoir.
01:16Auteur du livre en deux tomes, distant d'ailleurs de 15 ans,
01:20et au titre sans équivoque, La Fabrique du Crétin.
01:24Et avec Hortense Crépin, bonsoir.
01:26Bonsoir, Vincent. Bonsoir à tous.
01:27Je ne présente plus la spécialiste de l'éducation sur RTL.
01:30On refait le monde sur RTL.
01:33Toute copie qui n'a pas un niveau suffisant en termes d'orthographe, de syntaxe et de grammaire,
01:40ne peut pas avoir la moine de baccalauréat.
01:41Voilà. C'est une question de bon sens.
01:44Donc vous assumez la baisse mécanique, il y aura son autre résultat.
01:47Mais s'il devait y en avoir une, ce n'est pas ce que je recherche.
01:50S'il devait y en avoir une, elle ne serait que le reflet de la vérité des niveaux.
01:54Voilà. Donc Édouard Geffray, le ministre de l'éducation, c'était ce matin.
01:57On rappelle que 727 327 candidats vont passer leur baccalauréat cette année.
02:03Et donc annonce toute copie qui n'aura pas un niveau suffisant en orthographe, syntaxe, grammaire,
02:09n'aura pas la moyenne.
02:10Il précise par ailleurs qu'il n'y aura aucun repêchage désormais en dessous de 8 sur 20
02:15après les épreuves du premier tour.
02:18Et on a entendu, s'il y a une baisse du taux de réussite,
02:21eh bien en fait elle sera le reflet de la vérité des niveaux.
02:24Donc avant d'en parler évidemment avec nos deux invités,
02:29enfin on en parle tout de suite avec vous,
02:31Orton Scrépin, parce que là le ministre dit clairement,
02:34écoutez une baisse du taux de réussite, ça ne m'empêchera pas de dormir.
02:37C'est assez nouveau ça ?
02:39Alors oui et non, en tout cas c'est mettre les points sur les i,
02:42mais ce n'est pas un message qui est neuf.
02:44Sa prédécesseur Elisabeth Borne avait dit en juillet,
02:47au moment de la publication des résultats du baccalauréat que vous avez cité,
02:51Vincent, 91,8% de taux de réussite.
02:55On s'était déjà interrogé, est-ce que le bac est trop facile ?
02:58Et elle avait clairement dit,
02:59j'adresserai une instruction à la rentrée sur les consignes
03:02qui sont données au correcteur,
03:03car c'est très important qu'on n'ait pas une suspicion sur le niveau du bac.
03:07Edouard Geffray se place dans la lignée d'Elisabeth Borne
03:11et donc met les points sur les i là à quelques semaines
03:14et même déjà avec un examen qui débarrerait aujourd'hui pour les professionnels.
03:17Alors une suspicion sur le niveau du bac,
03:19on ne va pas totalement se cacher, se dissimuler derrière notre petit doigt.
03:24Mais je me tourne vers vous, Jean-Paul Brighelli.
03:26Vous avez entendu le ministre, il dit, voilà,
03:29si c'est truffé de fautes, en gros, d'orthographe, de syntaxe, de grammaire,
03:33il n'y aura pas la moyenne sur la copie.
03:35Et il ajoute, c'est le bon sens.
03:37Ça doit vous plaire, le bon sens ?
03:41C'est, comment dire, le ministre de l'Education ne tape pas au bon niveau.
03:48Alors si on sanctionne véritablement l'orthographe,
03:52il n'y a pas 10% des copies qui mériteront la moyenne.
03:57Voilà, ça c'est la réalité brute.
03:58C'est-à-dire que si vous sanctionnez chaque faute d'orthographe, vous voulez dire ?
04:04Non, si par exemple, on décrète qu'au-dessus de 10 fautes sur l'ensemble d'une copie,
04:11on ne met pas la moyenne.
04:12Voilà, il faut une barre, quelque part.
04:15Maintenant, si la barre, c'est en-dessus de 40 fautes,
04:19on ne met pas la moyenne, c'est autre chose.
04:21Mettons 10.
04:22Déjà, c'est gigantesque.
04:25Il fut un temps où, à 10 fautes, on avait zéro de toute façon.
04:29Bon, mais je ne vais pas dans la nostalgie.
04:32Donc, le niveau des étudiants que l'on a dans le supérieur,
04:37en particulier en première année,
04:39donne une indication très nette du niveau du bac.
04:43Ceux qui arrivent en fac, vous voulez dire ?
04:45Ceux qui arrivent en fac, c'est terrifiant.
04:47C'est terrifiant.
04:48Ils ne connaissent ni l'orthographe, ni la grammaire,
04:51ni les règles de construction les plus élémentaires.
04:54Ils ne savent pas construire un paragraphe,
04:56ils ne savent pas construire un alinéa,
04:58ils ne savent pas mettre une majuscule.
05:00En fait, on ne l'aura pas appris.
05:02Et c'est ça, le problème du ministre.
05:03C'est qu'au lieu de s'intéresser au bac,
05:06où de toute façon, ils sont fichus,
05:09et le bac lui-même ne sert absolument à rien,
05:11c'est un joujou inutile qui coûte 900 millions d'euros par an.
05:17900 millions d'euros par an.
05:18Parce qu'il est donné à quasiment tout le monde,
05:21c'est pour ça que vous dites ça ?
05:22À tous les candidats ?
05:24Mais parce qu'on ne peut pas faire autrement.
05:27Admettons qu'on ne donne pas le bac.
05:29Les redoublants, comme on ne dit plus,
05:31vous savez, il n'y en a quasiment plus de redoublants.
05:33Il faut être malade au dernier degré pour être redoublant.
05:36Les redoublants, où est-ce que vous les mettez ?
05:39Vous croyez que les salles de classe sont extensibles ?
05:42Quand j'ai passé le bac moi-même,
05:45on était à 65% de réussite.
05:491970.
05:50Donc, il y avait 35% de redoublants.
05:53On arrivait à les caser dans des classes à 40 élèves
05:57sans trop de problèmes.
05:59Mais c'était tout à fait une autre époque.
06:02Bon.
06:03Actuellement, est-ce que vous croyez que les parents
06:06toléreraient que leur chérubin,
06:08qui est un HPI, bien sûr.
06:12Ah bah oui, tous les enfants sont HPI, on le sait bien.
06:15Tous les enfants sont HPI actuellement.
06:17Ils sont tous merveilleux.
06:19Est-ce que vous croyez que les parents toléreraient
06:21que leur chérubin n'ait pas le bac ?
06:23Qu'est-ce que Mme Trucmuche va dire à Mme Michu ?
06:27Je vous interromps un instant, Jean-Paul Briéli.
06:29Vous vous rappelez, vous faisiez référence à 1970,
06:32je crois, l'année où vous avez passé le bac.
06:34J'ai d'autres chiffres, moi.
06:361985.
06:37Plutôt l'année à l'époque où je l'ai passé, moi.
06:3930% d'une génération avait le niveau bac.
06:41Seulement 30% d'une génération avait le niveau bac.
06:44Taux de réussite, 66%.
06:46Aujourd'hui, c'est 80% de la classe d'âge qui arrive au bac
06:49et 95% de réussite.
06:51Je veux dire, c'est plus du tout la même chose.
06:54C'est plus le même objet, Jérôme Fournier.
06:57Je rappelle que vous êtes le secrétaire national du SEUNESA.
07:00On ne parle plus de la même chose.
07:01On ne parle plus du même bac, finalement.
07:04Non, l'objectif n'est pas le même.
07:05Parce qu'à chaque époque, les ministres, le pouvoir politique
07:10définit ce qu'il veut faire du bac, ce qu'il attend du bac.
07:14Est-ce que le bac, c'est une finalité ?
07:15Est-ce que le bac, c'est une étape dans un cursus plus long
07:20avant d'entrer sur le marché du travail ?
07:23Donc, moi, je préférerais qu'on regarde quand même vers l'avenir
07:28plutôt que se tourner vers le passé.
07:31Ce n'est pas la question, mais est-ce que le bac, aujourd'hui,
07:33ça sanctionne un niveau ?
07:35Mais ça sanctionne toujours un niveau, le bac.
07:37Ça sanctionne le niveau qu'on a envie qu'il sanctionne.
07:40Donc, la formule du ministre est quand même très étrange
07:42de ce point de vue-là.
07:43Parce que c'est bien l'éducation nationale
07:46qui, à travers des programmes, des épreuves,
07:48décide du niveau qu'on veut sanctionner lors d'un examen.
07:51Que ce soit le bac ou un autre.
07:53Vous avez évalué, Jean-Paul Brighelli,
07:55quel serait le pourcentage de réussite au bac
07:57si on le notait comme à votre époque ou à la mienne ?
08:02Bien, ce serait le même à mon époque ou à la vôtre.
08:05C'est-à-dire qu'on arriverait l'un dans l'autre,
08:08parce qu'il y a des épreuves qui sanctionnent moins l'orthographe,
08:12on arriverait à peu près à 61% de reçus.
08:16Voilà, 35% de chutes.
08:20Alors, il faut bien dire une chose.
08:22Moi, je voudrais répondre un petit peu à votre invité,
08:25M. Fournier.
08:27Je veux bien que le ministère définisse au fur et à mesure
08:32des objectifs de plus en plus bas.
08:35Il faut voir une chose, c'est que c'est descendu d'une façon dramatique
08:40depuis la loi Jospin en 1989.
08:44À partir de là, on a décidé d'évaluer des compétences
08:49et non pas des savoirs.
08:51Bon, la cause était entendue.
08:52La messe était dite.
08:54L'objectif était affiché d'envoyer quasiment 80% d'une classe d'âge...
08:59C'est un objectif qui avait été malheureusement formulé en 83 ou 84
09:05par Jean-Pierre Chevènement.
09:06Non, par Jean-Pierre Chevènement, pardon.
09:08Voilà.
09:09Mais il avait dit 80% d'une classe d'âge au niveau du bac.
09:13On a compris 80% d'une classe d'âge au bac.
09:17Et actuellement, on a des chiffres absolument colossaux.
09:21Je veux dire, qu'est-ce que ça signifie de passer un examen
09:25que vous êtes sûr, sûr de réussir ?
09:29Sûr.
09:29Oui, alors ça, ça pose une question d'un peu de motivation.
09:34Et je me retourne vers vous, Jérôme Fournier.
09:36Est-ce que ce n'est pas démotivant pour l'élève sur le thème ?
09:39De toute façon, je l'aurai, donc je n'ai pas franchement besoin de travailler.
09:42Voir un peu dévalorisant sur le thème aussi,
09:45OK, je l'ai eu, mais en fait, tout le monde l'a eu.
09:48Je n'ai pas l'impression, mais aujourd'hui, il faut quand même être honnête.
09:52Le bac, il a quand même moins de saveur, peut-être, ou d'intérêt.
09:57C'est plutôt l'orientation et parcours sup qui préoccupent les élèves et leurs familles.
10:02Finalement, ce n'est pas inintéressant, ce renversement-là.
10:05Parce que quand on est...
10:07Parce que là, en fait, sans le dire,
10:09mais on ne parle que du bac général et technologique, en réalité.
10:11Parce que dans le bac professionnel, il y a quand même plus d'échecs,
10:14ce n'est pas les mêmes taux de réussite.
10:15C'est un peu moins.
10:16Voilà, mais quand on passe un bac général et technologique,
10:20c'est pour poursuivre des études.
10:21C'est le principe.
10:23Donc, que l'intérêt se porte vers la poursuite d'études,
10:27ce n'est pas inintéressant non plus que les choses se pensent aujourd'hui de cette manière-là.
10:32C'est avoir un discours passéiste, voire limite réac, d'après vous, Hortense Crépin.
10:37Que faire ces comparaisons entre 2026 et les années 80 ?
10:40Peut-être un peu, parce que comme Jérôme Fournier vient de le dire très justement,
10:43aujourd'hui, l'orientation, elle a changé.
10:45On parle beaucoup de parcours sup.
10:47En fait, l'épreuve qui compte vraiment aujourd'hui pour l'orientation future,
10:50c'est l'épreuve de première, c'est l'épreuve de français.
10:53Cette année, il y aura aussi une épreuve de mathématiques.
10:55Et ça, on le regarde, puisque les dossiers pour parcours sup sont regardés à partir du premier trimestre.
11:00Eh bien, ça tombe très bien que vous disiez ça.
11:02On dirait que vous êtes journaliste et que vous m'avez préparé le terrain.
11:04Parce que dans un instant, justement, on va parler du niveau de nos élèves,
11:09notamment de nos lycéens, en français et en maths.
11:12A tout de suite.
11:21Merci d'écouter RTL.
11:31Vincent Parizeau, on refait le monde sur RTL.
11:34Il est 19h30, Nathalie Michet, c'est votre heure pour nous rappeler l'essentiel de l'actualité.
11:38Et d'abord, ce tollé général, après les images choquantes en Israël,
11:42des interpellations des militants de la FOTI pour Gaza,
11:45agenouillés, face contre terre,
11:47vidéo diffusée triomphalement par un ministre israélien d'extrême droite.
11:51La France dénonce des agissements inadmissibles
11:53et convoque l'ambassadeur de l'État hébreu.
11:56Malgré les menaces quotidiennes,
11:58les efforts diplomatiques se poursuivent entre l'Iran et les États-Unis.
12:01D'après le Pakistan, Téhéran examine en ce moment une nouvelle proposition américaine.
12:05Patrick Bruel sous pression face aux multiples plaintes
12:08et aux quatre enquêtes à son encontre pour viol et agression sexuelle.
12:12Si le chanteur clame son innocence,
12:14les maires de Paris, Marseille et Brest
12:15l'appellent à annuler les concerts prévus dans leur ville.
12:18Patrick Bruel d'ores et déjà déprogrammé au Québec.
12:22Enfin, perte record pour Ubisoft,
12:24le géant français du jeu vidéo,
12:26accuse près d'un milliard et demi d'euros de déficit.
12:29Merci Nathalie Michet.
12:30Le bac en quelle année, Nathalie Michet ?
12:322002, avec une belle mention bien.
12:34Voilà, premier tour, mention bien,
12:37vous étiez prêtes pour rentrer à RTL.
12:39Merci.
12:45Lorsqu'on parle du bac ce soir,
12:47évidemment, qu'est-ce qu'il vaut réellement le bac en 2026 ?
12:51On rappelle les taux de réussite de l'an dernier.
12:53Tout bac confondu, 92%, 96% pour le bac général
12:58et 75% d'une classe d'âge à l'examen
13:03qui arrive au niveau du bac.
13:05Ça veut dire qu'il y a encore 25% de cette classe d'âge
13:08qui n'a pas accès à l'examen du bac.
13:12On en parle avec le secrétaire national du syndicat d'enseignants
13:17et ce UNSA, Jérôme Fournier,
13:18avec Jean-Paul Brighelli, l'auteur des deux livres
13:22La Fabrique du Crétin qui est en ligne avec nous,
13:25avec Hortense Crépin, la spécialiste éducation sur RTL.
13:49On voit bien et on entend bien avec Gainsbourg
13:52en relisant ta lettre que la question de l'orthographe,
13:54ce n'est pas uniquement une affaire de 2026.
13:58N'empêche, le niveau de français, orthographe, grammaire, syntaxe,
14:02inquiète Édouard Geffray, le ministre de l'éducation,
14:06qui rappelle qu'à l'examen cette année,
14:08si une copie n'a pas un niveau suffisant
14:11en orthographe, en syntaxe et en grammaire,
14:14elle n'aura pas la moyenne,
14:15ce que d'ailleurs se don doutait tout à l'heure
14:18notre ami Jean-Paul Brighelli.
14:2140% de la note finale est en contrôle continu.
14:27Alors ça, c'est important parce que c'est aussi bien en classe
14:30qu'à l'examen qu'il faut sanctionner les copies truffées
14:35de fautes de français.
14:36Est-ce que c'est vraiment fait ça aujourd'hui ?
14:39Parce que le ministre dit au bac,
14:41à l'examen du bac, on va sanctionner les copies.
14:44Sauf qu'il y a 40% de travail qui est fait normalement
14:47en contrôle continu.
14:49Absolument. Alors, on ne peut pas être derrière
14:51chaque professeur de chaque matière
14:54puisqu'il faut écrire quand même dans chaque matière,
14:55y compris en mathématiques.
14:56Si vous donnez une réponse à un problème, par exemple,
14:58il faut bien faire une phrase.
15:00Mais en tout cas, après, chaque professeur peut avoir
15:02son propre barème au cours de l'année.
15:05Pour ce qui est de l'examen terminale,
15:07on a eu un petit peu quelques précisions hier
15:09de la part du ministre, à quoi ça va ressembler
15:11pendant l'examen final.
15:12Donc, il compte pour 60% de la note finale.
15:15Alors, on ne va pas raisonner en matière de points,
15:17dire une faute d'accord, ce sera moins 2, moins 3 points.
15:19Mais plutôt de dire à tous les correcteurs,
15:23non, on ne peut pas dire, oh, ce n'est pas très grave,
15:25si vous n'arrivez pas à lire ou s'il y a une faute,
15:27vous donnez quand même la note.
15:28Là, c'est vraiment les mêmes consignes pour tout le monde.
15:29Mais alors, ça pose la question quand même du niveau,
15:32du niveau en orthographe, en grammaire.
15:35On ne va pas jouer les vieux hum et les passéistes.
15:37Mais enfin, il suffit de regarder également des cahiers,
15:40des copies des années 70 du temps du bac de M. Brighelli
15:46pour se rendre compte que vous n'écriviez pas le même français
15:51qu'aujourd'hui, Jean-Paul Brighelli.
15:53Pas le même français qu'aujourd'hui,
15:55alors que j'habitais dans les quartiers noirs de Marseille.
15:58Il faut voir une chose, c'est que non seulement le niveau s'est dégradé,
16:02non seulement les profs ont laissé filer,
16:05parce qu'ils avaient des instructions pédagogiques
16:08pour laisser filer,
16:10mais de surcroît,
16:11vous savez, pour répondre à votre question,
16:13que vaut le bac aujourd'hui ?
16:15On va procéder d'une façon purement économique.
16:19Qu'est-ce qu'on achète avec le bac aujourd'hui ?
16:21Qu'est-ce qu'on a avec le bac ?
16:23La réponse est rien.
16:25Il fut un temps où, avec le bac,
16:26on pouvait postuler au métier de postier,
16:28au métier d'agent de police, etc.
16:31Aujourd'hui, on peut aller en fac.
16:33On peut aller en fac,
16:35puisque théoriquement, c'est le premier examen du supérieur.
16:37Alors, je voudrais surtout rassurer
16:39tous les bacheliers potentiels.
16:44De toute façon,
16:45quand vous passerez le bac,
16:47tout sera déjà joué,
16:49parce que Parcoursup vous aura
16:53ventilé à partir du 15 juin.
16:56C'est-à-dire qu'on a l'orientation
16:58avant de passer l'examen,
16:59c'est ce que vous voulez nous dire,
17:00à ce qu'ils donnent une idée
17:02du risque pris au moment de passer l'examen.
17:05C'est-à-dire que le bac est une espèce de formalité,
17:08puisqu'on juge.
17:10J'ai été très longtemps en prof,
17:11en classe prépa,
17:13et on sélectionnait début mai.
17:15C'était avant Parcoursup.
17:17On sélectionnait début mai
17:19en fonction des résultats
17:21de première et des deux premiers trimestres
17:24de terminale.
17:25Et c'est assez exact,
17:29de façon générale.
17:30Ce n'est pas dans les six dernières semaines
17:33de cours que l'on va d'un seul coup
17:35avoir une révélation.
17:36Donc, le bac ne sert absolument à rien.
17:39C'est une machinerie invraisemblable
17:41qui demande une dévotion des personnels
17:45que je salue,
17:46parce qu'ils sont envoyés,
17:47corrigés à droite.
17:48En gros, vous nous dites
17:49qu'on pourrait en faire l'économie,
17:50si je comprends bien.
17:51On peut en faire l'économie.
17:53900 millions d'euros,
17:54mais ma foi,
17:55on a des choses à faire.
17:56Surtout l'éducation nationale.
17:58Mais je retiens quand même
17:59votre accusation,
18:01Jean-Paul Rielli,
18:02au prof.
18:02Vous avez laissé filer.
18:03Vous avez laissé filer
18:05le niveau en français,
18:06notamment.
18:06Alors, honnêtement,
18:08là, je vais essayer
18:08d'être clair et sans m'énerver.
18:10Tous les profs qui,
18:11depuis 1989,
18:13ont obéi au concile du ministère
18:14sont des gens foutres.
18:15Bon, ben voilà.
18:16Alors, je ne sais pas
18:17est-ce que vous êtes un Jean-Foutre,
18:18Jérôme Foyer ?
18:19Alors, moi, j'ai eu le bac
18:20après 1989,
18:21donc je ne dois pas avoir
18:21un bon niveau.
18:22C'est surtout ça
18:23le problème,
18:24visiblement, ce soir.
18:27C'était quoi les consignes
18:28sur le français,
18:29sur l'orthographe,
18:30en 89,
18:32Jean-Paul Rielli ?
18:34À partir de là,
18:35la question,
18:36ça a été que l'élève
18:38doit en permanence
18:39construire ses propres savoirs.
18:40Moi, j'ai vu un inspecteur
18:43auquel on soumettait
18:44une phrase écrite par un élève
18:46qui était
18:46il les plante
18:48avec un S à plantes.
18:49Parce que les plantes vertes,
18:50probablement,
18:51dans la tête de l'élève.
18:52Et le prof disait,
18:54bon, c'est quand même
18:54un peu difficile.
18:55Et l'inspecteur,
18:57l'inspecteur pédagogique
18:59régional,
19:00lui a dit,
19:01mais ça prouve
19:02qu'il a eu le sens
19:03du pluriel.
19:04Oui, effectivement,
19:06on se contente,
19:06on se contente,
19:06on se contente,
19:07on se contente parfois.
19:08Comment vous prenez
19:09quand même
19:09ces accusations,
19:11Jérôme Fournier ?
19:14Les profs,
19:15je ne crois pas
19:16qu'ils soient
19:17démissionnaires
19:17et qu'ils laissent filer.
19:19Mais,
19:20c'est ce que je disais
19:21tout à l'heure,
19:22on peut le contester,
19:23mais les objectifs
19:23ont changé,
19:24les apprentissages
19:25ont changé.
19:25Il y a eu une époque
19:26où, effectivement,
19:27le français
19:28et les maths,
19:29c'était quasi
19:31le seul apprentissage,
19:32ou presque.
19:33Aujourd'hui,
19:34les apprentissages
19:34sont beaucoup plus divers.
19:35Alors, peut-être
19:36que c'est une erreur,
19:36moi, je ne crois pas
19:37parce que je pense
19:38qu'on ne peut pas...
19:39Aujourd'hui,
19:39la vie n'est pas faite
19:40que de français et de maths.
19:42La preuve,
19:42c'est qu'on a quand même
19:42une question dans ce que...
19:44Vous êtes prof
19:44d'histoire-géo.
19:45Je suis prof d'histoire-géo.
19:46Bon, ça va,
19:46l'histoire,
19:46on l'enseigne depuis longtemps,
19:47la géographie aussi.
19:48Ce n'est pas nouveau, ça.
19:49Mais pour autant,
19:51il n'y a pas que ça.
19:52Ça ne veut pas dire
19:53qu'il faut abandonner,
19:54qu'il faut démissionner.
19:57Mais la question de l'orthographe,
20:01il faudrait aussi se la poser
20:02en termes de révélateur
20:07social aujourd'hui.
20:08Aujourd'hui,
20:09je parle-moi d'aujourd'hui,
20:10pas d'avant,
20:10mais aujourd'hui,
20:11on voit très bien,
20:13c'est très clair,
20:14que les enfants
20:16des catégories sociales
20:17les plus défavorisées
20:18ont beaucoup plus de mal
20:21à maîtriser correctement
20:22l'orthographe.
20:23Et donc,
20:23ça veut dire que...
20:24Ben oui,
20:24mais ça veut dire
20:25que c'est le rôle de l'école
20:26et c'est là
20:27qu'il faut faire un effort.
20:28Ce n'est pas donner
20:30des consignes de correction
20:32différentes à trois semaines
20:33du bac.
20:33C'est avant
20:34qu'il faut faire...
20:35Il faut que l'école
20:35fasse l'effort
20:36de permettre à tous
20:38d'avoir la meilleure
20:38maîtrise de l'orthographe
20:39française,
20:40ce qui est quand même
20:40très compliqué.
20:41Parce que c'est aussi
20:42une des particularités
20:43de notre langue
20:44par rapport à d'autres.
20:44Mais ça,
20:45ce défi,
20:45il n'est pas nouveau.
20:47Non,
20:47il n'est pas nouveau,
20:47mais c'est là l'enjeu.
20:48L'international a quand même
20:49échoué sur ce plan-là.
20:53Je ne sais pas
20:53ce que vous en pensez.
20:53On ne peut pas forcément
20:54dire qu'il y a un échec.
20:56On peut dire aussi
20:56qu'il y a quand même
20:57une diversification
20:59à la fois des profils
21:00et à la fois aussi
21:01des élèves
21:02qu'il faut accueillir.
21:03Une des raisons
21:04pour lesquelles,
21:04parce qu'on dit
21:04qu'on n'écrit plus
21:05aujourd'hui des élèves
21:06mal à la main
21:07dès qu'ils écrivent
21:08une pauvre page.
21:10Il y a moins d'écriture
21:11aujourd'hui.
21:11La question qu'on posait,
21:12et on en parlait déjà
21:13la semaine dernière
21:14sur RTL,
21:14c'est pourquoi
21:15il y a aussi
21:16plus d'élèves
21:17à besoin particulier,
21:19d'élèves en situation
21:19de handicap.
21:20L'inclusion,
21:20c'est quelque chose
21:21sur lequel la France
21:22est en retard,
21:22mais on progresse aussi
21:23là-dessus.
21:24Et donc,
21:24il faut aussi,
21:25et parfois,
21:25c'est ce que disent
21:26certains enseignants,
21:27proposer des exercices
21:28qui sont entre guillemets
21:29consensuels
21:30et donc qui vont pouvoir
21:31faciliter qu'on puisse
21:32avancer tous ensemble
21:33pour ne pas en laisser
21:34sur le bord de la route.
21:36Parce qu'on le rappelle,
21:37c'est ce chiffre
21:38qui montre vraiment
21:39toute la différence.
21:401985,
21:4230% d'une classe d'âge
21:44au niveau bac,
21:45aujourd'hui,
21:46c'est 80%.
21:47Donc,
21:47effectivement,
21:48ça change tout.
21:49On a parlé du français.
21:50L'autre matière fondamentale,
21:52c'est les maths.
21:53Et je voudrais
21:54que vous écoutiez ce matin
21:55ce que disait sur RTL
21:57l'éditorialiste politique
21:58Natacha Polony.
21:59Nous sommes
22:00les plus mauvais
22:01en Europe,
22:02en mathématiques
22:03et en sciences.
22:04Vous dites d'ailleurs
22:04une étude qui dit
22:05que le plus mauvais élève
22:07japonais
22:08est meilleur
22:08que le meilleur élève français.
22:09Mais bien sûr,
22:10c'est vertigineux.
22:11Qu'est-ce qu'on espère
22:12en détruisant petit à petit
22:14les capacités
22:15des jeunes générations
22:17au raisonnement mathématique ?
22:19Voilà.
22:19On est mauvais en français
22:20et maintenant,
22:21on est mauvais en maths.
22:23Alors,
22:23elle prend l'exemple,
22:24elle dit
22:24le plus mauvais
22:25des Japonais
22:27est meilleur
22:28que le meilleur
22:28des Français.
22:29Je ne sais pas
22:30si c'est envisageable,
22:32si ça vous parle,
22:33mais est-ce que vous confirmez
22:37la faiblesse du niveau
22:38des jeunes français
22:39en maths ?
22:40Si on prend les études
22:42internationales
22:42qui nous comparent
22:43avec les autres pays,
22:43effectivement,
22:44on voit bien
22:44qu'on a des élèves
22:45qui ont plus de difficultés
22:47en maths.
22:47C'est moins vrai en sciences
22:48quand on prend
22:49les élèves de 15 ans.
22:51Mais peut-être
22:51que ça pourrait s'aggraver
22:52puisqu'il y a de moins en moins
22:53de moyens dans les collèges
22:55pour avoir des groupes
22:56allégés en sciences.
22:57Donc,
22:57on n'est pas à l'abri
22:58d'une dégradation.
22:59Donc,
23:00quand même,
23:00ça se pratique,
23:01les sciences.
23:01Ça pourrait être encore pire.
23:03J'espère pas.
23:04Mais en maths,
23:04effectivement,
23:05on a une vraie difficulté,
23:08particulièrement
23:08avec les jeunes filles.
23:10Et là,
23:12on ne progresse pas,
23:13on n'y arrive pas.
23:14Mais une petite fille
23:17qui rentre en CP
23:18à 6 ans,
23:18elle est meilleure
23:19que les garçons.
23:20Globalement,
23:20les filles sont meilleures
23:21que les garçons.
23:22Et dès le milieu
23:23de l'année de CP,
23:24ça s'inverse.
23:25Les garçons
23:25deviennent meilleurs
23:25que les filles
23:26et on n'arrive plus jamais
23:27à le rattraper.
23:28Alors,
23:28il y a sûrement
23:29des questions
23:30à régler à l'école.
23:33Il faut qu'on traite
23:35de la même manière
23:36les garçons
23:36et les filles.
23:37Il faut sûrement
23:39avoir une autre formation
23:40des enseignants
23:41pour faire progresser
23:44les élèves
23:45en mathématiques.
23:46Ça,
23:47c'est sûrement nécessaire.
23:48Mais enfin,
23:48il y a une question
23:49de société aussi
23:49derrière tout ça.
23:50Parce que quand même,
23:51dans la société,
23:52c'est quand même très fréquent
23:53qu'on considère
23:54que les maths,
23:55ce n'est pas fait
23:55pour les filles.
23:56Donc,
23:57ça n'aide pas non plus
23:57l'école
23:58à faire progresser
23:59les filles
23:59de ce point de vue-là.
24:00Et puis,
24:01quand on...
24:01Un autre regard
24:01sur les matières scientifiques.
24:04Jean-Paul Brigheli,
24:05qu'est-ce que vous en pensez,
24:06vous,
24:06du niveau en maths ?
24:08Alors,
24:10premièrement,
24:10je réponds directement
24:11à votre interlocuteur.
24:13Les filles sont
24:14bien meilleures
24:15que les garçons
24:16dans tous les domaines littéraires.
24:17Donc,
24:18c'est peut-être
24:19un peu genré quand même.
24:20La question des études,
24:21il n'y a pas de fatalité.
24:23Deuxièmement,
24:24au niveau des maths,
24:25nous sommes à des années-lumières,
24:27à des années-lumières
24:28des pays
24:29du bloc asiatique.
24:31Une ville comme Singapour,
24:33qui, dans les années 60,
24:34était un bidonville géant,
24:36caracole actuellement
24:37en tête des classements.
24:39Pourquoi ?
24:40Parce qu'ils ont créé
24:42à la fois une méthode
24:43et surtout
24:43parce qu'ils ont
24:44un enseignement
24:45qui est d'une férocité
24:48absolument extraordinaire.
24:49Nous,
24:50nous avons
24:50laissé filer.
24:51Je reprends...
24:52C'est l'expression
24:53que vous avez
24:54dit tout à l'heure.
24:55Il n'y en a pas d'autre.
24:57Nous avons
24:58haussé les épaules.
24:59J'avais des élèves
25:00qui,
25:01en prépa scientifique,
25:02qui venaient de passer
25:04les Olympiades de maths.
25:05Donc,
25:06ils avaient 18 ans.
25:07Ils étaient théoriquement bons.
25:09Et ils me disaient
25:10nous nous sommes fait
25:10mettre ridicule
25:11par des petits Chinois
25:12de 12 ans.
25:14Voilà.
25:14Alors,
25:15tant que les Chinois
25:16sont meilleurs
25:16que les Français,
25:18eh bien,
25:18il faut réformer
25:19de fond en comble
25:20le système français
25:21et peut-être d'ailleurs
25:22remettre les profs
25:23à niveau.
25:24Voilà.
25:25Les profs aussi,
25:25il faut les remettre
25:26à niveau.
25:27Ça,
25:27c'est pour votre cours,
25:29Jérôme Fournier.
25:30On va marquer une pause
25:31et puis dans un instant
25:33aborder un autre problème
25:34parce que là,
25:34on a pas mal regardé
25:35le passé.
25:36On a compris.
25:36On n'est pas bon
25:37en français.
25:38On n'est pas bon
25:38en maths,
25:39notamment nos élèves lycéens
25:41qui arrivent
25:42et qui pourtant
25:43ont le bac.
25:44Et l'avenir,
25:45c'est quoi ?
25:45L'avenir,
25:46c'est aussi l'IA,
25:47l'intelligence artificielle.
25:48Quel bac
25:49à l'heure de l'IA.
25:50Ça aussi,
25:51ça interroge.
25:51A tout de suite.
26:13Au tour du bac,
26:14parce que les épreuves
26:15ont déjà commencé
26:17pour le bac technologique
26:19et elles vont se poursuivre
26:20à partir du 15 juin
26:22pour le bac général.
26:2492% de réussite
26:25l'an dernier,
26:26tous bacs confondus.
26:2796% pour le bac général
26:29et 75% d'une classe d'âge
26:31à l'examen.
26:32Ce sont les chiffres
26:33de l'an dernier.
26:35On s'interroge
26:36sur ce que signifie
26:37le bac de 2026
26:38avec Jérôme Fournier,
26:40secrétaire national
26:41du syndicat d'enseignants
26:42SEUNSA,
26:43avec Jean-Paul Brighelli,
26:44l'auteur du livre
26:45qui continue
26:45de défrayer la chronique
26:46La Fabrique du Crétin
26:47et Hortense Crépin,
26:49la spécialiste
26:49de l'éducation
26:50sur RTL
26:51et également
26:52avec ses élèves
26:54de Terminal
26:55à l'approche
26:56du bac
26:57qui était interrogé
26:58par l'ENA Ménager.
26:59Vous les avez entendus
27:01ce matin.
27:02Comment elles préparent
27:03éventuellement
27:04leurs épreuves
27:05pendant l'année
27:06et à l'approche
27:07de l'examen ?
27:09Beaucoup de chats de GPT.
27:10Je prends une photo
27:10du contrôle
27:11et il nous fait tout.
27:12Là, il y a un contrôle
27:13de physique chimique.
27:14Bon, faut que la photo
27:14elle soit claire.
27:15Et là, il m'a tout répondu.
27:17Il m'a donné
27:18les définitions
27:18qui sont demandées.
27:20Chloroplastes,
27:21mitochondries.
27:21Il m'a tout répondu.
27:22Il m'a fait tous les exercices.
27:23Pour le bac de français,
27:24vous allez aussi tricher ?
27:25Ah, madame, non !
27:26Non, non, non !
27:26C'est trop risqué, hein !
27:28Trop risqué, madame !
27:29Non, je ne peux pas tricher.
27:30Je vais apprendre,
27:31il me reste plus que ça, hein !
27:32Bon, voilà.
27:33Elles vont apprendre,
27:34en tout cas, elles...
27:35En soi, elles ont déjà triché.
27:36C'est-à-dire qu'on va
27:37quand même rappeler, Vincent,
27:38c'est qu'il y a une partie
27:39du contrôle continu
27:40qui compte dans la note finale
27:42de l'examen au bac,
27:42donc 40%.
27:44C'est-à-dire que
27:45si vous avez triché
27:46pendant un contrôle
27:46au cours de l'année
27:47qui compte pour le contrôle continu,
27:49c'est comme si
27:49vous aviez triché au bac.
27:51Donc, normalement,
27:52elle devrait être sanctionnée ?
27:53Elle pourrait être sanctionnée.
27:54Après, en soi,
27:55les consignes particulières
27:57sur les examens
27:58sur table finaux
28:00ont été rappelées hier.
28:01Vous risquez quand même
28:025 ans d'interdiction d'examen
28:04si vous vous faites prendre
28:04la main dans le sac
28:05le jour de l'examen.
28:06Voilà, le jour de l'examen.
28:07Mais en contrôle continu,
28:09on comprend,
28:09et c'est quand même
28:09presque la moitié de la note,
28:11que vous risquez d'avoir...
28:14Après, votre établissement
28:16peut totalement vous sanctionner
28:17si vous vous faites prendre
28:19pendant l'année.
28:19Jean-Paul Brighelli,
28:21vous les entendez,
28:22ces jeunes filles
28:23qui font leur travail
28:25avec l'IA ?
28:26Alors, elles ont raison.
28:28Ah bon ?
28:29Elles ont raison.
28:30Alors, je veux dire,
28:31chaque GPT, par exemple,
28:32aurait le bac.
28:34Sans problème.
28:35Il aurait probablement
28:36une note aux alentours de 11.
28:37Ah, c'est pas terrible.
28:38Il n'aurait même pas
28:39une mention,
28:39ce chat de GPT.
28:40Il n'aurait pas de mention.
28:42Vos collègues du Figaro,
28:43il y a 3 ans,
28:44ont donné le sujet
28:45de philo du bac
28:46à faire à
28:47chap-GPT d'un côté
28:49et à Raphaël Antoven
28:50de l'autre côté.
28:52Et on a comparé,
28:53on a donné les deux copies
28:54à corriger
28:55à d'autres profs de philo
28:57qui ont mis 11
28:58en moyenne
28:59à la copie
29:00de chaque GPT
29:01et entre 18 et 20
29:03à la copie
29:03de Raphaël Antoven.
29:04L'honneur est prof.
29:05Il faut savoir
29:06ce que l'on veut.
29:07Est-ce qu'on veut
29:09tomber dans un monde
29:10d'extrême médiocrité
29:12qui est le monde de l'IA ?
29:14Écoutez,
29:15pour les gens
29:16qui ne savent pas
29:16et qui s'imaginent
29:18que l'IA
29:19est la solution
29:20à tous les problèmes,
29:21en l'an 2000,
29:22l'Institut de mathématiques
29:23Clay,
29:24c'est à Boston,
29:25a défini
29:26ce qu'on appelle
29:26les prix du millénaire.
29:27Ils ont trouvé
29:287 problèmes mathématiques
29:30et ils ont proposé
29:301 million de dollars
29:32pour chaque résolution
29:33d'un problème.
29:35À ce jour,
29:36il y en a un seul.
29:36Il y en a un
29:37qui a été résolu.
29:39Mais en même temps,
29:39on peut se demander
29:40si on peut...
29:40Il a été résolu en 2002
29:41par quelqu'un,
29:42par un Russe
29:42qui utilise du papier
29:44et du crayon
29:45et qui d'ailleurs
29:45a refusé le million de dollars.
29:47Ah oui, pourquoi ?
29:48Il est comme ça,
29:49Grégory Perlman.
29:50L'ordinateur est incapable,
29:53incapable
29:53de résoudre
29:54des problèmes complexes.
29:55Mais en même temps,
29:56je m'excuse
29:57de vous couper,
29:57Jean-Paul Brigadier,
29:58parce qu'il faut quand même
29:59que la parole circule.
30:01Mais est-ce qu'on peut préparer
30:02sans utiliser l'IA
30:03des élèves
30:04qui, de toute façon,
30:06après 2030,
30:08vont vivre dans un monde
30:11dominé par l'IA
30:12où il y aura de l'IA partout ?
30:13Et est-ce que ce n'est pas
30:14une utopie d'imaginer
30:15que le bac,
30:17si tant est qu'il existe encore
30:18sous cette forme
30:19à ce moment-là,
30:20y échappera ?
30:20Vous y croyez,
30:21vous, Jérôme Fournier ?
30:23Si on pense que l'IA,
30:24on va l'arrêter
30:24à l'entrée des lycées,
30:25on se leurre
30:26et les élèves l'utiliseront.
30:28Donc, le défi,
30:30c'est le titre du colloque
30:31qu'on organise dans deux jours,
30:33c'est un défi pédagogique
30:35parce qu'il faut adapter
30:37et notamment
30:38certaines épreuves du bac,
30:39par exemple,
30:40je pense au grand oral,
30:41il va falloir l'adapter
30:42à cette situation.
30:43C'est-à-dire qu'il faut
30:44probablement faire évoluer
30:45l'épreuve.
30:46Aujourd'hui,
30:47c'est une sorte d'exposé
30:48récité à l'oral,
30:50ce n'est pas une véritable
30:51épreuve orale.
30:52Et bien, peut-être
30:52qu'il faut transformer
30:53cette épreuve
30:54avec un temps de préparation
30:57sur un...
30:57Avec l'IA ?
30:58Non, sans l'IA,
30:59justement.
30:59Si on veut évaluer
31:01ce qu'un élève
31:01est capable de faire,
31:02le raisonnement
31:03qu'il est capable
31:03de développer,
31:04les connaissances
31:05qu'il est capable
31:05d'apporter,
31:06ça veut dire
31:06qu'il faut qu'on s'adapte.
31:07Aujourd'hui,
31:08effectivement,
31:08la préparation du grand oral,
31:10ça peut se faire
31:10avec l'IA.
31:11Certains élèves le font,
31:12on n'est pas favorable à ça,
31:14mais donc,
31:14il faut inventer
31:16autre chose.
31:17Et sinon,
31:18on va se faire dépasser
31:19par l'IA.
31:20Ça, c'est une certitude.
31:21À l'école, je veux dire.
31:22Oui, oui, d'accord,
31:23Hortense Crépin.
31:23C'est quand même un sujet
31:24vraiment là,
31:25qui est au cœur
31:27des discussions,
31:27on le voit bien.
31:28Et c'est un sujet
31:29qui est enseigné.
31:31L'éducation nationale,
31:32on sent ces derniers mois,
31:32a quand même pris en compte
31:33pas mal le sujet.
31:35Avait annoncé
31:36qu'à partir de la rentrée,
31:37tous les élèves
31:37de 4e et de 2e
31:38devaient suivre
31:39des formations à l'IA.
31:40Jérôme Fourny,
31:41vous avez pu peut-être
31:42être en contact
31:43avec certains de vos adhérents.
31:44Ce n'est pas forcément le cas.
31:45En tout cas,
31:45il y avait eu des annonces.
31:46Et il fallait aussi,
31:47la question,
31:48c'est d'abord,
31:49parfois,
31:49vous avez aussi peut-être
31:50des enseignants
31:50qui se retrouvent
31:51face à des élèves
31:52qui sont bien plus brillants
31:53qu'eux sur la maîtrise
31:54de l'outil.
31:55Et c'est aussi
31:55toute la difficulté
31:56qu'il faut prendre en compte,
31:57c'est de commencer
31:58par former
31:58ceux qui vont former.
32:00Ça veut dire,
32:01Jean-Paul Brielli,
32:02qu'il faut de toute façon
32:04bannir toute forme d'IA
32:06à l'intérieur
32:07des établissements scolaires ?
32:08Ce n'est pas du tout
32:09ce que je dis.
32:10Ce que je dis,
32:11c'est qu'il faut
32:12donner des sujets
32:13dans quelques domaines
32:14que ce soit
32:15que l'IA ne puisse pas traiter.
32:17Voilà.
32:19Piéger, en fait,
32:19il faut piéger l'IA, quoi.
32:22Écoutez,
32:23je vais vous donner
32:23un exemple.
32:24On parlait de l'orthographe
32:25en début d'émission.
32:26Si vous donnez
32:27à un correcteur automatique,
32:30Word, par exemple,
32:31la dictée de Mérimé,
32:33vous savez,
32:33où il est question
32:34de cuisseau de veau
32:35et cuisseau de févreuil,
32:36etc.,
32:37je vous assure
32:38que Word va trouver
32:39sept à huit fautes
32:40dans un corrigé impeccable.
32:42Parce que c'est très bête,
32:43ces machines.
32:44C'est très, très bête.
32:45C'est incapable
32:46de comprendre
32:47que le sujet
32:48est postposé au verbe
32:50ou que le complément
32:51d'objet
32:51est antéposé
32:52au parti passé.
32:54Voilà.
32:55Qu'on ne s'illusionne pas
32:57là-dessus,
32:58c'est très bête
32:59et ça le restera
33:00parce que ça joue
33:01sur du quantitatif
33:02pur.
33:03Alors,
33:03un quantitatif prodigieux,
33:05ce n'est pas la question.
33:06Mais ce qu'il faut faire,
33:09c'est faire un enseignement
33:10qui joue sur le qualitatif.
33:13Si dans 20 ans,
33:14les élèves sont dans
33:16un monde
33:16dominé par l'IA,
33:17ils seront dominés
33:18par les gens
33:19qui eux-mêmes
33:20domineront l'IA.
33:21Mais en même temps,
33:21à quoi ça sert,
33:23par exemple,
33:24d'apprendre
33:25parfaitement
33:25à parler
33:26une langue étrangère
33:27à l'heure
33:27de la traduction
33:30quasiment automatique ?
33:31C'est quelque chose
33:32ou par exemple,
33:33vous qui êtes professeur
33:34d'histoire géo
33:35à l'heure
33:35ou à toute question
33:36concernant l'histoire
33:37ou la géographie,
33:38on peut avoir
33:38une réponse immédiate
33:40grâce à l'intelligence
33:41artificielle ?
33:41Mais on peut avoir
33:42une réponse immédiate
33:43de connaissance pure
33:44parce qu'on n'a pas
33:45besoin de l'IA.
33:46Wikipédia savait faire
33:46il y a 20 ans
33:48ou 25 ans
33:49quand j'ai commencé
33:49à enseigner.
33:50Mais si on veut
33:52apprendre aux élèves
33:54à raisonner,
33:54par exemple,
33:55on n'a pas besoin
33:56de l'IA.
33:56Le prof,
33:57il va pouvoir
33:58apporter ça.
33:59C'est la plus-value,
34:00en fait.
34:00Je pense qu'il va falloir
34:01qu'on fasse la différence
34:02entre ce que l'IA apporte
34:03et les risques.
34:04Parce que l'IA,
34:05c'est bourré d'erreurs.
34:06Donc, un élève
34:07qui veut préparer son bac
34:08ou qui veut passer son bac
34:09avec l'IA,
34:10il prend aussi le risque
34:12de se planter,
34:13si je parle familièrement.
34:14Et puis, on rappelle,
34:15les sanctions,
34:16la triche ?
34:16Alors, jusqu'à 5 ans
34:17d'interdiction d'examen,
34:18il y a aussi des sanctions pénales.
34:20Le ministère a revu aussi
34:21toutes les gradations
34:22des sanctions.
34:23Mais c'est très risqué.
34:24Vraiment, ne trichez pas.
34:26Ça ne vaut pas la peine.
34:27Merci beaucoup,
34:28Hortense Crépin.
34:28Merci à vous,
34:29Jean-Paul Brighelli.
34:30Je rappelle le livre,
34:31évidemment,
34:31La Fabrique du Crétin.
34:32Merci, Jérôme Fournier,
34:33secrétaire national
34:34du syndicat SEUNSA.
34:36Et évidemment,
34:37on encourage
34:38tous les élèves
34:39de Terminal
34:40avant ces épreuves
34:41du baccalauréat.
34:42C'est un beau diplôme
34:43à passer.
34:44On est très heureux aussi
34:45de recevoir son diplôme.
34:46Avec quand même,
34:46je rappelle les chiffres,
34:4892% de réussite
34:50l'an dernier,
34:51tous le bac confondus,
34:5196% pour le bac général.
34:54On y croit
34:55de toute façon.
34:56Bravo.
34:56Et puis,
34:57essayez de décrocher aussi
34:59une mention.
35:00Pourquoi pas ?
35:01C'est peut-être aussi ça
35:02qui peut faire la différence.
35:03C'est aussi l'enjeu.
35:04C'est aussi l'enjeu.
35:05Merci beaucoup.
35:06Et je suis ravi
35:06d'accueillir le duo du crime
35:08autour de cette table.
35:11Jean-Alphonse Richard,
35:12que vous connaissez bien,
35:14et Christophe Rondelat,
35:15que vous connaissez très bien aussi.
35:17Si vous avez un tout petit peu
35:19de mémoire.
35:20Ah oui.
35:20Voilà.
35:22Parce que ce soir...
35:23Bien évidemment que la mémoire est vive.
35:24Et on est ravi de vous accueillir
35:25ici, Christophe.
35:27Une nuit du crime sur RTL,
35:29c'est quoi cette histoire ?
35:29Alors, c'est 20h, 22h,
35:31la nuit du crime.
35:33Évidemment,
35:33on va parler uniquement
35:34de faits divers, etc.
35:35Avec des histoires extraordinaires.
35:37Mais avec cette thématique,
35:39est-ce que nous sommes tous capables
35:40de, un jour,
35:41comme ça,
35:42tuer quelqu'un ?
35:43Parce que finalement,
35:44il est où le déclic ?
35:45Est-ce que...
35:46Comment...
35:46On va se poser la question
35:47de savoir comment on en arrive là ?
35:48C'est fascinant,
35:49un destin qui bascule.
35:50Avec Christophe Rondelat.
35:52Le destin d'un homme
35:53ou d'une femme, d'ailleurs,
35:54qui va basculer
35:56en l'espace d'une seconde
35:57et on ne sait pas toujours pourquoi.
35:58Et la question,
35:58c'est est-ce que je suis capable
35:59de basculer ?
36:00Oui.
36:00Et ça, attendez,
36:01les réponses vont venir.
36:03Bah évidemment !
36:03On ne va pas donner la réponse.
36:05Je ne vais pas vous dire.
36:06Il est déjà trop bavard.
36:07Ne vous précipitez pas.
36:08En tout cas,
36:09on vous attend.
36:09C'est sur RTL.
36:11Voilà.
36:11La nuit du crime.
36:12Et vous pouvez aussi
36:13nous appeler au 3210.
36:14A tout de suite.
36:153, 2, 1, 0
36:16pour poser vos questions
36:17ou témoigner.
36:19Jean-Alphonse Richard,
36:20Christophe Rondelat
36:20dans un instant sur RTL.
36:25Moi, je souris sous des étoiles.
36:29Bonne soirée sur RTL.
36:31Elle est à moi la lune.
36:33RTL, votre radio.
36:35Mais une mère, on en a qu'une.
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