00:00Jordan Bardella a donc été agressé, vous l'avez dit à Moissac, et il faut le dire clairement, ce n'est pas un accident.
00:05C'est le résultat, le résultat d'un climat, d'une rhétorique et d'une immense lâcheté collective face à la violence politique.
00:11L'auteur est un septuagénaire, parfaitement connu des services.
00:15Le même homme, le même individu avait agressé Éric Zemmour en 2022, avant de viser le bus de campagne de Marine Le Pen quelques jours plus tard.
00:23Et pour ces faits, en 2022, il avait écopé de 500 euros d'amende, avec sursis évidemment, autrement dit rien, une tape sur les doigts.
00:32Résultat, il a recommencé. La préfecture aurait dû le voir venir, le déplacement de Jordan Bardella était public, un cortège d'antifa était annoncé,
00:41tous les voyants étaient au rouge et pourtant cet individu a pu passer à l'acte comme si de rien n'était.
00:47Voilà la limite d'un système qui laisse prospérer la récidive et qui fait comme si la violence politique tombait du ciel.
00:52Car le premier responsable de la violence politique, évidemment c'est celui qui frappe, mais il frappe parce que tout autour de lui lui dit qu'il peut le faire.
01:00Parce qu'il sait qu'on minimisera, parce qu'il a déjà vu la justice l'épargner, parce qu'il a déjà compris que l'État détourne les yeux.
01:07Quand la justice relativise, quand la sécurité se relâche, quand les signaux d'alerte disparaissent, on ne prévient plus la violence, on la programme pour le lendemain.
01:15À Moissac, soyons francs, personne n'a été surpris et c'est peut-être cela le plus effrayant.
01:20Alors, il y a ceux qui frappent, mais ceux aussi qui rendent cette agression possible.
01:24Oui, bien sûr, cela fait des mois que la violence politique s'infiltre en France.
01:27Dans les discours, sur les plateaux, dans ces petites phrases, ce mais ici ou là, qui finissent par légitimer l'inacceptable.
01:34Et il y a d'abord ceux qui préparent le terrain dans les têtes, ceux qui installent l'idée que frapper un responsable politique serait au fond compréhensible.
01:41Hier, à peine quelques heures après l'agression, une journaliste sur BFM TV expliquait que, je cite,
01:46que Jordan Bardella a aussi des propos violents pour beaucoup de personnes.
01:50Traduction, on peut comprendre la réaction, on ne condamne plus, on contextualise et surtout, on excuse.
01:55C'est cette gauche radicale qui entretient depuis des années une rhétorique de confrontation permanente.
02:00Jean-Luc Mélenchon menaçait d'envoyer les préfets en prison.
02:02Antoine Léaumant évoquait l'idée, je cite, d'attraper les riches par les cheveux.
02:08Un vocabulaire de châtiment qui rappelle les heures sombres de la terreur.
02:11Alors quand des responsables politiques passent leur temps à jouer les procureurs,
02:14il ne faut pas s'étonner que certains finissent par se prendre pour des justiciers.
02:18Enfin, il y a évidemment les médias et en premier lieu l'audiovisuel public sur France Télévisions.
02:23Souvenez-vous, des éditorialistes ont récemment invoqué l'effet Van Papen.
02:27Autrement dit, Jordan Bardella a été assimilé par Hitler, par ricochet historique.
02:32Ce genre d'imagerie historique, évidemment, martelé semaine après semaine,
02:36ne sert plus à discuter d'une ligne politique.
02:38Il fabrique une menace existentielle, il transforme un adversaire en danger absolu.
02:44Et lorsque l'on présente quelqu'un comme un danger absolu,
02:47il se trouvera toujours un esservelé, persuadé qu'il faut l'arrêter à tout prix.
02:51Et puis il y a aussi ceux qui banalisent.
02:53Oui, depuis hier on entend les mêmes choses.
02:56Ce n'est qu'un œuf, il n'y a pas mort d'homme.
02:58C'est exactement ainsi que commence la pente glissante.
03:00Les gestes symboliques, entre guillemets, évidemment,
03:03sont les répétitions générales des violences futures.
03:06Les États-Unis nous l'ont montré, les menaces contre Charlie Kirk
03:08étaient d'abord accueillies avec une pointe d'ironie,
03:11avant que les balles ne remplacent les mots.
03:14Chez nous, le vernis craque déjà quand un responsable politique se fait agresser.
03:17L'indignation n'est même plus un réflexe, c'est le signe d'une démocratie malade,
03:21une démocratie où l'adversaire politique n'est plus un citoyen à convaincre,
03:24mais une anomalie à corriger.
03:26Une démocratie où l'on ne reconnaît plus l'humanité de ceux qui pensent différemment.
03:31Et un jour, un jour, un drame viendra, c'est quasiment certain.
03:34Un jour, ce ne sera plus un œuf jeté dans une file d'attente,
03:37ce sera peut-être une lame, peut-être une arme, peut-être une voiture bélier,
03:40un dingue persuadé de sauver la démocratie.
03:43Et ce jour-là, les mêmes qui minimisent aujourd'hui
03:45jugeront la main sur le cœur qu'ils n'avaient rien vu venir.
03:49Voilà les ressorts de la violence politique,
03:51celui qui frappe, celui qui chauffe et celui qui trouve ça normal.
03:54Tant que ces trois-là avanceraient de concert,
03:56tant que la justice fermera les yeux
03:58et que la parole publique cautionnera,
04:00notre démocratie et donc ceux qui la représentent resteront des cibles.
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