00:00Tech & Co, la quotidienne, la start-up.
00:05Voilà, le prochain rendez-vous à Davos avec l'Enclosier, ce sera demain 20h50.
00:09On va parler d'espace maintenant, un sujet qu'on affectionne particulièrement,
00:13et d'autant qu'on va parler et on va annoncer une bonne nouvelle avec MySpace,
00:19qui a été choisi par Rettelsat pour déployer une partie des satellites OneWeb.
00:23On va tout vous expliquer tout de suite avec Yoann Leroy qui est avec nous.
00:26Bonsoir Yoann.
00:27Bonsoir François.
00:28Vous êtes le PDG de MySpace, donc vous décrochez ce contrat-clé pour les satellites OneWeb de Telsat.
00:35Mais j'aimerais d'abord que vous vous présentiez, parce que MySpace, on ne connaît pas.
00:39Et pourtant, vous êtes issu d'une famille que tout le monde connaît, il s'agit d'Ariane Espace.
00:45On ne nous connaît pas encore très bien parce que nous sommes jeunes.
00:48En réalité, nous avons été fondés en avril 2022.
00:51Et nous sommes détenus par Ariane Group, notre maison mère.
00:56Et on a une mission simple qui est de doter l'Europe du premier lanceur européen réutilisable.
01:03Le lanceur réutilisable qui a été, on va dire, j'allais dire presque banalisé par un certain Elon Musk avec Spaceship.
01:10C'est rigolo parce qu'il y a encore quelques années, personne n'y croyait à ces lanceurs réutilisables.
01:18Même, je pense, dans les équipes d'Ariane.
01:21Et puis maintenant, ça y est, on voit qu'Elon Musk y arrive.
01:25Nous, on va y arriver aussi, à avoir ces lanceurs qui vont revenir.
01:28Parce que rappelons-le, ils lancent des satellites et ils reviennent, ils se reposent pour être après réutilisés.
01:33Voilà, c'est le premier étage du lanceur qui revient.
01:36En l'occurrence, dans le cas de notre lanceur, c'est le premier étage qui atterrira sur une barge placée à quelques centaines de kilomètres des côtes de Guyane.
01:44On va y arriver, oui, parce qu'on a toutes les compétences techniques pour y arriver.
01:49On les a en Europe.
01:50On les a en particulier chez Ariane Group.
01:52Et l'objectif de MySpace, c'est justement de chercher à combiner le meilleur des deux mondes, si je puis dire.
01:58Entre, d'un côté, le spatial historique, les acteurs qui sont présents depuis des décennies,
02:05qui ont l'habitude, l'expertise, la connaissance qui est requise pour développer et opérer un lanceur.
02:10Et de l'autre, le monde qu'on appelle du New Space,
02:14qui consiste en fait à trouver de nouvelles méthodes de développement et d'opération
02:18qui vont permettre d'accélérer fortement le cycle de développement et d'abaisser les coûts.
02:23Alors, au-delà du fait que vous imaginez ces fusées avec ces lanceurs qui pourraient revenir sur Terre à chaque lancement,
02:30quelles sont les différences que vous avez avec Ariane, et notamment Ariane 6 ?
02:33Alors, le lanceur Ariane 6 n'est pas réutilisable.
02:36Le lanceur que nous sommes en train de développer est en quelque sorte le précurseur de la future famille des lanceurs européens.
02:42Et l'autre grosse différence, c'est la capacité d'emport.
02:44Lorsqu'on compare des lanceurs, il faut regarder quelle est la masse qu'ils sont capables de mettre en orbite,
02:51ou sur une orbite donnée.
02:52Le lanceur que nous développons est petit par rapport à Ariane 6.
02:55Il est dans la catégorie des lanceurs moyens.
02:57Typiquement, on est capable de mettre 4 tonnes en orbite basse,
03:01là où le lanceur Ariane 6 est capable de mettre plus de 20 tonnes sur le même genre d'orbite.
03:05Voilà, donc c'est la taille en fait.
03:07On passe d'un Airbus à 320 à un à 380.
03:09Je schématise, mais c'est pour qu'on comprenne.
03:12Et pour autant, notre lanceur n'est pas 5 fois plus petit, il est 5 fois moins performant.
03:17Mais en termes de taille, il est assez comparable,
03:19parce que les choix de design que nous avons faits nous poussent vers l'efficacité économique.
03:25Et donc, on ne cherche pas à faire le lanceur le plus petit possible,
03:28on cherche à faire le lanceur dans le meilleur rapport performance sur coût possible.
03:31Et donc, l'idée, c'est que tout ça s'accélère,
03:33puisque vous avez décroché ce contrat pour les satellites OneWeb d'Eutelsat.
03:40Rappelons ce que c'est, OneWeb d'Eutelsat.
03:43C'est une constellation de satellites basse orbite
03:45qui permettront d'avoir une connexion Internet au débit souveraine,
03:52j'ai envie de dire, en tout cas européenne.
03:53Effectivement.
03:54Donc, on est évidemment très, très fiers d'avoir été choisis par Eutelsat
03:58pour déployer une partie de leur constellation.
04:02C'est pour nous, d'abord, une visibilité très forte.
04:06Peu de sociétés aussi jeunes que nous peuvent se prévaloir
04:08d'avoir un carnet de commandes rempli pour les trois premières années,
04:12avant même d'avoir démarré leurs opérations commerciales.
04:15Et puis, c'est aussi la validation de notre stratégie.
04:20Nous avons convaincu un acteur renommé comme Eutelsat
04:23parce que notre stratégie commerciale est adaptée.
04:25En quelque sorte, notre objectif, c'est de proposer à nos clients
04:29des services de taxi au prix du bus.
04:32Il y a une analogie qu'on fait souvent dans notre industrie.
04:36Les lanceurs lourds sont plutôt assimilés à des bus.
04:39Le lanceur moyen, Maya, que nous développons, est plutôt le taxi.
04:43Nous pensons que pour convaincre les clients,
04:45il faut être capable de proposer le taxi au prix du bus.
04:48Et c'est comme cela que nous avons convaincu Eutelsat.
04:50Alors, ces satellites devraient être lancés entre 2027 et 2029, c'est ça ?
04:55Est-ce que vous serez prêt avec votre fusée
04:58dont le lanceur peut revenir sur Terre ?
05:01Alors, c'est notre objectif.
05:03Lorsque la société a été créée,
05:05elle avait un objectif très clair en tête
05:06qui était d'amener un lanceur sur le pas de tir en moins de 5 ans.
05:09Moins de 5 ans après sa création.
05:11Comme je vous l'ai dit, on a été créé en avril 2022.
05:14Donc, on a jusqu'à avril 2027.
05:15On a même l'ambition de faire un petit peu mieux que cela.
05:19Et donc, oui, notre objectif est d'être prêt.
05:22On pourra avoir un lancement d'ici la fin de l'année, si tout va bien ?
05:24C'est notre objectif.
05:25Je ne peux pas le garantir absolument,
05:27mais toutes les équipes techniques de MySpace
05:29sont mobilisées pour essayer de tenir cet objectif
05:32ou au moins d'avoir un lanceur érigé sur le pas de tir
05:35en Guyane française avant la fin de l'année.
05:38Est-ce que vous lancerez ces satellites
05:39même si votre système de lanceur
05:41qui revient sur Terre ne fonctionne pas ?
05:44En réalité, le premier tir que nous allons réaliser
05:47ne sera pas avec tentative de récupération
05:49ni même le deuxième.
05:51Nous sommes dans une démarche itérative et incrémentale
05:54pour pouvoir accélérer les cycles de développement
05:56où on s'inspire du développement logiciel,
05:58du développement agile.
06:00Et donc, c'est en réalité au bout de 8 à 10 vols
06:03qu'on tentera la première récupération
06:05du premier étage sur une barge.
06:07On mettra à profit les vols précédents.
06:09À quel horizon ?
06:11À l'horizon de 2028-2029.
06:13Et on va profiter des vols avant le 8e et le 9e
06:17pour tester une à une les différentes briques
06:19qu'on doit maîtriser ensemble
06:21pour pouvoir tenter une récupération
06:22de premier étage sur une barge.
06:24Ariane Espace est un partenaire puissant
06:28de MySpace.
06:30Est-ce que c'est les équipes d'Ariane Espace
06:31qui développent MySpace ?
06:33Alors, non, nous sommes deux sociétés
06:35totalement disjointes.
06:36D'ailleurs, les gens font souvent la confusion
06:38entre Ariane Group et Ariane Espace.
06:41Ariane Group est le maître d'œuvre
06:42du lanceur Ariane 6.
06:44Ariane Espace est l'entité qui commercialise
06:45le lanceur Ariane 6.
06:47C'est un peu complexe.
06:49Oui, voilà.
06:49Mais donc, ce sont deux sociétés disjointes.
06:51Nous sommes une filiale d'Ariane Group
06:55mais qui opère de manière autonome.
06:57Alors, évidemment, on peut s'appuyer
06:59sur l'expertise de notre maison mère.
07:02C'est ça aussi qui nous permet d'aller vite.
07:03On n'est pas dans l'idée de réinventer la roue.
07:06On ne peut pas se permettre de réinventer la roue
07:07lorsqu'on veut amener un lanceur
07:08sur le pas de tir en cinq ans
07:10alors que cela prend typiquement dix ans.
07:12Mais le développement du lanceur,
07:13sa commercialisation sont assurées
07:15par les équipes de MySpace.
07:17Et les premiers lanceurs partiront quand, en fait ?
07:19De test ?
07:20Parce que...
07:21Donc, le premier vol est prévu
07:23à la fin de l'année 2026.
07:24D'accord.
07:25Et ensuite, on va...
07:26Mais sans satellite,
07:27enfin, c'est juste un vol de test.
07:28Sur le premier vol, non,
07:28il s'agira même en réalité
07:29d'un vol suborbital.
07:31Très vraisemblablement.
07:32Mais un vol qui va nous servir,
07:34en quelque sorte, à apprendre.
07:36On est dans cette démarche
07:37où on réalise depuis la création de la société
07:39énormément de tests au sol.
07:42Le premier vol sera le premier test
07:44que l'on réalisera en vol.
07:45Et c'est ces tests-là
07:46qui nous permettront,
07:47à partir du deuxième vol,
07:48de démarrer nos opérations commerciales
07:49et rapidement de mettre des satellites
07:51de TelSaint OneWeb à bord.
07:53Johan, on aura une question un peu vache
07:54parce que quand on voit que SpaceX
07:56fait ça depuis des années maintenant
07:57avec une cadence infernale
07:59et une réussite
08:01qui dépasse l'entendement,
08:02je ne sais pas ce que vous en pensez,
08:03mais c'est complètement hallucinant,
08:05pourquoi on a raté ce virage
08:06alors qu'on était,
08:08on va dire,
08:08les leaders de l'espace
08:10il y a encore quelques années ?
08:12Alors, je n'étais pas là à l'époque,
08:14mais ce que je...
08:14Non, c'est pour ça que je vous dis
08:15que c'est une question un peu vache
08:16parce que, voilà,
08:17mais malgré tout,
08:18on est...
08:19je pense qu'on a le droit
08:21de se la poser.
08:22Oui, mais en tout cas,
08:23ce qui est important
08:23de bien avoir en tête,
08:24c'est que si on a raté ce virage,
08:26ce n'est pas parce qu'on n'avait pas
08:27les compétences techniques
08:27pour le faire en Europe,
08:28c'est parce qu'on n'était pas...
08:29C'est ça qui est encore plus rageant,
08:30si vous me permettez.
08:30C'est peut-être plus rageant,
08:32mais en tout cas,
08:32ça laisse de l'espoir
08:33sur le fait qu'on est capable
08:34d'y arriver.
08:35Si on ne s'est pas lancé
08:37dans les années 2010
08:38dans le développement
08:39d'un lanceur réutilisable,
08:40c'est qu'on n'était pas convaincu
08:41de l'intérêt économique
08:42que cela représentait.
08:44Spécix a démonté...
08:45Manque de vision,
08:46on est d'accord à l'époque.
08:46Un manque de vision,
08:48peut-être une mauvaise anticipation
08:49de la manière
08:50dont le marché allait évoluer,
08:51ce qui assure l'équilibre économique
08:53du lanceur Falcon 9 de Spécix,
08:55c'est le fait que Spécix
08:56est son propre client,
08:57en réalité dans la centaine de lancements,
08:59voire même plus
09:00qu'il réalise chaque année.
09:02La majorité,
09:03c'est pour les propres besoins
09:04de Spécix,
09:04donc d'une certaine façon,
09:05il crée artificiellement son marché,
09:07mais en même temps,
09:08il fait évoluer des technologies
09:09qui vont permettre
09:10de transformer
09:11des marchés de niche
09:12en marché de masse
09:13et des acteurs
09:14comme Eutelsat OneWeb
09:15peuvent en profiter,
09:17déployer leurs propres constellations
09:18et notamment avec nous.
09:20En tout cas, bravo pour ce contrat.
09:21On va suivre
09:22avec beaucoup de bienveillance
09:23les premiers lancements
09:25de MyASpace
09:26et rendez-vous à la fin de l'année.
09:28Merci beaucoup,
09:29Yohann Leroy,
09:29vous êtes le PDG de MyASpace.
09:31et vous êtes le PDG de MyASpace.
09:32Merci.
09:32Merci.
09:33Merci.
09:33Merci.
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