Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 10 minutes
Le gouvernement veut faire des économies sur l'assurance chômage et la prochaine cible n'est autre que la rupture conventionnelle. Un dispositif pourtant créé en 2008, à la demande du patronat. 

Catégorie

📺
TV
Transcription
00:00Alors Sofiane, au cœur de ces négociations sur l'assurance chômage, il y a peut-être un coup de rabot
00:05sur les ruptures conventionnelles ?
00:06Oui, parce que comme toutes les ruptures, elles peuvent coûter cher, même très cher celles-ci.
00:10En 2024, elles ont représenté 21% des dépenses d'allocations chômage.
00:16C'est plus de 9 milliards d'euros en un an pour l'UNEDIC.
00:19Alors le gouvernement, lui, il demande aux partenaires sociaux de se mettre d'accord pour faire 400 millions d'euros
00:24d'économies
00:25sur le total, sur le budget de l'assurance chômage.
00:28Donc évidemment, ces ruptures conventionnelles, c'est la cible idéale.
00:31D'autant que s'il n'y a pas d'accord entre le patronat et les syndicats ce soir, c
00:36'est le gouvernement qui va reprendre la main.
00:38Autant dire que c'est une sacrée épée de Damoclès au-dessus de la tête des syndicats qui doivent trouver
00:41un accord.
00:42C'est un vrai carton, comment on l'explique ?
00:44Parce qu'en fait, c'est un peu le divorce à l'amiable du travail, finalement, les ruptures conventionnelles.
00:48Tout le monde est content ?
00:49Tout le monde est content dans cette histoire.
00:50L'idée, au départ, c'était le MEDEF qui l'a porté en 2008.
00:53C'est ni une démission, ni un licenciement, mais une séparation, généralement, d'un commun d'accord, on va dire,
01:00entre le salarié et l'employeur.
01:02Ça arrange l'entreprise qui peut embaucher quelqu'un d'autre, ou embaucher personne d'ailleurs, à votre place.
01:07Et puis éviter parfois les prud'hommes dans certains cas.
01:10Et puis le salarié, contrairement à la démission, ça lui permet d'avoir droit aux indemnités chômage.
01:15Ça a changé évidemment tout.
01:16Emmanuel Macron avait promis d'ouvrir le chômage aux démissions.
01:19Pour l'instant, il ne l'a toujours pas fait.
01:22Et donc, résultat, on compte 515 000 ruptures conventionnelles pour 2024.
01:26C'est plus 63 % en 10 ans.
01:30En fait, la rupture conventionnelle, elle est rentrée dans les mœurs, dans le travail.
01:33C'est un outil courant, notamment et surtout chez les cadres, parce que les ouvriers, ils n'ont pas le
01:37droit forcément aux ruptures conventionnelles.
01:39Ça ne se passe pas de la même manière dans les PME, notamment.
01:42C'est aussi un moyen parfois de maquiller des démissions et des suppressions de postes.
01:46En fait, le dispositif, et c'est là le problème, il n'a pas vraiment réduit les licenciements.
01:50Il a surtout créé une nouvelle porte de sortie.
01:53Donc, on a peut-être un petit peu détourné le dispositif.
01:56Je veux changer de vie, je demande une rupture co.
01:58C'est comme ça que ça se passe maintenant.
01:59Et surtout sur les plus de 55 ans, notamment ceux qui sont à 2-3 ans de la retraite chez
02:04les cadres,
02:04les grandes entreprises se servent de cette rupture conventionnelle pour pousser leurs salariés les plus chers dehors plus tôt.
02:10– Et ça ne va pas s'arranger, justement.
02:12C'est bien le problème, parce que les pistes d'économie des partenaires sociaux prévoient précisément
02:17de réduire la durée d'indemnisation, y compris pour les seniors dont parlait Laurent,
02:22parce qu'on passera à 20 mois et demi ou 22 mois et demi pour ceux qui ont plus de
02:2755 ans
02:27et de 18 à 15 mois pour les plus jeunes.
02:31Et deuxième proposition du patronat, c'est de diminuer l'allocation de 30 % à partir du 7e mois.
02:37– Ça décourage un peu.
02:38– Oui, ça va avoir un effet dissuadif, ça c'est certain,
02:41ce qui permettrait de faire 2 milliards d'euros d'économie d'après l'UNEDIC,
02:44mais les syndicats disent on ne veut pas aller jusque-là,
02:46nous on veut se contenter des 400 millions promis au gouvernement.
02:50Donc je parlais tout à l'heure au patronat qui disait
02:52on a une chance sur deux que ça passe avant ce soir, donc on aura la réponse.
02:56– Dernière heure cruciale, on suivra ça avec vous, merci Sofiane.
Commentaires

Recommandations