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  • il y a 3 mois

Avec Lily, ancienne victime et bénévole à "l'Union nationale des familles de féminicide"
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##ACTU_DU_JOUR-2025-10-28##

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News
Transcription
00:00Les Etats, Perico-Légas, Maud Koffler.
00:03Oui Maud, vous nous faites le récit tragique de cette femme assassinée après avoir alerté neuf fois les secours en signalant les agressions qu'elle subissait.
00:10Oui, dans la nuit du 2 août dernier dans les Bouches-du-Rhône, en pleine nuit, Sylvia, une mère de famille de 43 ans, appelle les secours une première fois.
00:17Son compagnon alcoolisé vient de la frapper à coups de pied dans le ventre.
00:20Les pompiers interviennent, lui proposent de l'emmener, mais Sylvia refuse de les suivre sans savoir qu'elle a la rate éclatée.
00:25Pourtant, en cas de violences conjugales, un avis médical approfondi est nécessaire, voire obligatoire, mais les pompiers repartent sans le réaliser.
00:32L'état de santé de Sylvia se dégrade.
00:34Elle appelle de nouveau les secours, une fois, deux fois, trois fois, jusqu'à neuf fois, selon son père.
00:40Mais les secours ne la prennent pas au sérieux et lui demandent d'arrêter d'appeler.
00:43Je cite, on est venu une fois, vous croyez qu'on est des taxis, je pense que vous avez un vrai problème madame, il va falloir voir un psychiatre.
00:50Sylvia meurt d'une hémorragie interne.
00:52Le parquet d'Aix-en-Provence a bien sûr ouvert une information judiciaire pour non-assistance à personnes en danger.
00:57La famille de Sylvia s'est constituée partie civile.
01:00Comment expliquer ce dysfonctionnement ?
01:02On en parle aujourd'hui avec Lily, bénévole à l'Union Nationale des Familles de Féminicides.
01:06Bonjour Lily.
01:07Bonjour, merci beaucoup.
01:09Vous êtes vous-même une ancienne victime.
01:12Oui, tout à fait.
01:13C'est ce qui vous a décidé à vous impliquer dans ce combat contre le féminicide ?
01:18Oui, parce que mes parents auraient pu être à la place des familles effectivement qui sont confrontées à un désert institutionnel aujourd'hui
01:26qui a conduit plusieurs personnes à fonder cette association que j'ai décidé de rejoindre il y a quelques mois maintenant.
01:35Union Nationale des Familles de Féminicides.
01:37Il a fallu créer cette association pour alerter non seulement l'opinion mais les autorités sur les situations tragiques que vivent certaines femmes encore en 2025.
01:48Oui, oui, tout à fait.
01:49Là, on voit par rapport à Sylvia, j'ai les éléments qui sont dans les médias.
01:53J'en ai pas plus une enquête en cours.
01:55J'espère que la justice établira les responsabilités de chacun.
01:58Mais ce qu'on peut dire en tout cas, c'est que c'est pas du tout un fait divers.
02:01C'est quelque chose de systémique.
02:03C'est un échec collectif.
02:04On le sait maintenant, une femme sur quatre, voire sur trois, avait dénoncé les violences qu'elle subissait avant de mourir.
02:12On a encore l'exemple, il y a quelques jours, d'un féminicide où la jeune femme avait porté plainte pour des violences physiques
02:19et plus tard des menaces de mort et qui a été poignardée à son domicile en présence de ses trois enfants.
02:26Ça, c'est quelque chose d'effet actuel.
02:28Ce que vous racontez est assez hallucinant.
02:30Le thème, la tragédie des féminicides est aujourd'hui un phénomène de société acquis, actée.
02:37L'opinion publique le sait, les pouvoirs publics le savent.
02:40Il y a suffisamment de mobilisation, de prise de conscience.
02:43Qu'est-ce qui s'est passé dans notre société française en 2025 ?
02:46Je compare à la société espagnole qui a fait des progrès énormes.
02:49Même si tout n'est pas réglé.
02:51Mais en tout cas, on sent qu'il y a eu un courage politique de la part des gouvernants
02:55de prendre les dispositions nécessaires.
02:58En France, on parle beaucoup, on dit, on dénonce, on alerte.
03:02Et on constate qu'il peut y avoir aujourd'hui des crimes d'une telle violence,
03:07une telle horreur, j'allais dire de façon incontrôlable, imparable.
03:13Comment vous expliquez qu'il y a une telle défaillance de la part des services de l'État et de la société
03:18dans le cas des féminicides où une femme a alerté neuf fois et ça n'a pas suffi ?
03:23Oui, on le sait, les femmes, elles ne manquent pas de courage, elles manquent de protection.
03:28Aujourd'hui, c'est vrai qu'il y a eu des efforts de fait, par exemple, sur l'ordonnance de protection
03:33qui est maintenant, normalement, qui intervient dans un délai plus raisonnable.
03:38Mais sur le terrain, ce qu'on constate, c'est qu'il y a des femmes qui continuent de porter plainte
03:41avec un nombre de jours d'ITT conséquents et qui ne bénéficient toujours pas de cette ordonnance.
03:47On sait que, contrairement à l'Espagne, quand une femme va déposer plainte ou bien est hospitalisée,
03:52elle ne ressort pas immédiatement avec une protection.
03:55Et on sait aussi que c'est le moment où la femme décide de partir et où elle dénonce les violences
04:01que ça devient le plus dangereux.
04:03Donc là, concrètement, dans le cas de Sylvia, il y a un manque de moyens humains et financiers
04:08de nos institutions police, justice, premier secours.
04:11Mais ce qui est criant, c'est le manque de formation, notamment des primo-intervenants
04:16auprès d'une femme victime de violences intrafamiliales.
04:19On sait que des personnes formées auraient été amenées à poser les bonnes questions,
04:23à ne pas mettre encore plus en danger une femme qui l'est déjà et aura eu une écoute suffisante.
04:29Donc on voit bien qu'il y a des efforts de la part des politiques, mais on est très très loin du compte.
04:34On n'a pas le budget financier, on n'a pas les volontés non plus d'aller plus loin,
04:38puisqu'aujourd'hui, nous, l'association, on pallie quand même au manquement de ce gouvernement.
04:42Pour être très concret, ça veut dire quoi ?
04:44Une femme arrive, elle signale la détresse dans laquelle elle est, le danger et le risque de mort qu'elle subit.
04:50Vous voulez dire qu'il y a des fonctionnaires, quand elles se présentent devant eux,
04:53qui traitent ça comme si c'était une effraction, un vol, un tapage nocturne.
04:58On dit quoi ? Voilà, on s'est noté très bien.
05:00Voilà, on viendra vous voir, on vous rappelle, revenez nous voir si ça s'aggrave.
05:05Qu'est-ce qu'on répond à des femmes qui sont dans cette situation ?
05:08Alors malheureusement, on voit encore que dans certains commissariats,
05:11effectivement, on demande de repasser demain, ou alors on demande de faire un effort,
05:16on demande qu'est-ce qu'on a fait.
05:18Bien souvent, on impute à la victime aussi la responsabilité, jusque dans sa mort,
05:21puisque là, on va dire, Sylvia a refusé de suivre les secours,
05:25propos sur lesquels je ne serai plus nuancée, parce que ce n'est pas un refus.
05:28Malheureusement, on a été dans l'incapacité pour plusieurs raisons,
05:30quand on est sous violence, de suivre les pompiers à ce moment-là.
05:33Effectivement, les policiers encore reçoivent les femmes,
05:36parfois de façon très désobligeante, les mettant en danger.
05:40Mais même quand les policiers font correctement leur travail,
05:43la justice a un temps long pour mettre les femmes en sécurité, malheureusement.
05:47Et on sait que c'est vraiment le moment crucial où elles sont le plus particulièrement en danger.
05:51Il faut interpeller qui à ce niveau d'aberration ?
05:54C'est un scandale, c'est un scandale d'État.
05:57Il y en a déjà, je veux dire, heureusement que ce n'est pas tous les jours.
06:00Si, il y en a tout le temps, et beaucoup plus qu'on ne pense,
06:03et dans des conditions qui sont absolument inconcevables.
06:06Il faut interpeller qui ? C'est la classe politique ? C'est le gouvernement ?
06:09Est-ce que d'autres autorités, est-ce que les autorités départementales, régionales,
06:13est-ce qu'on peut mettre en place un système de protection immédiate ?
06:16Si la police ne répond pas, est-ce qu'il peut y avoir un service social
06:20qui prend tout de suite la personne en danger sous sa protection ?
06:24Ou il n'y a pas aujourd'hui d'arsenal administratif ou législatif
06:27qui permette de réagir de façon efficace ?
06:30Mais comme je vous le disais, on a des moyens législatifs qui existent,
06:33mais qui ne sont pas mis en place.
06:35Alors pourquoi ils ne sont pas mis en place ?
06:36A votre avis, pourquoi ils ne sont pas mis en place ?
06:38Il y a forcément un manque de moyens, un manque de formation et un manque de volonté.
06:42Et puis, c'est un peu la roulette russe,
06:43parce que pour les femmes, ça dépend vraiment sur qui vous tombez.
06:46Si vous tombez sur la bonne assistante sociale, sur le bon policier,
06:49sur le bon médecin, sur le bon procureur.
06:52C'est vraiment la roulette russe.
06:54Maintenant, on voit aussi en Espagne un dispositif qui existe,
06:56qui s'appelle Biogen,
06:57qui met en relation tous les services qui vont être en contact avec les victimes.
07:04Et aujourd'hui, on voit qu'il y a ce manque de cohésion entre les services.
07:08Là, le fait que tout est relié,
07:11la femme va parler aux policiers, aux médecins, à l'assistante sociale,
07:15ça va évaluer en temps direct le danger
07:18et pouvoir ainsi lui proposer une protection adaptée.
07:21C'est-à-dire que la femme ne repart pas sans protection,
07:23comme ça se passe aujourd'hui en France.
07:24Et aujourd'hui, on manque aussi de cohésion entre les services,
07:27malheureusement, même entre les juges aux affaires familiales
07:30et les juges au pénal, par exemple.
07:31Il n'y a aucune cohésion dans les dossiers.
07:33Ce qui fait qu'aujourd'hui, les femmes se retrouvent parfois
07:35face à des situations aberrantes.
07:37Et moi, je le répète vraiment,
07:38les femmes parlent, mais elles ne sont pas encore suffisamment crues,
07:42entendues et protégées.
07:43Est-ce que l'Union Nationale des Familles de Féminicides,
07:46aujourd'hui, elle va sur le terrain,
07:48bien entendu, elle s'occupe d'abord des victimes,
07:51est-ce qu'elle interpelle des parlementaires ?
07:54Est-ce que vous avez la possibilité d'interpeller des représentants
07:57à la préfecture, aux commissariats ?
07:59Est-ce que vous avez, je suis sûr qu'il y a des parlementaires
08:00qui sont mobilisés là-dessus et qui essayent de faire bouger les choses ?
08:03Oui, oui, tout à fait.
08:04On intervient notamment auprès des ministères.
08:06Depuis le Grenelle, on intervient régulièrement auprès des ministères.
08:10On fait beaucoup de formations auprès des gendarmes,
08:14des professionnels de santé, des collégiens.
08:17Et on interpelle au maximum aussi,
08:19notamment à la marche qui aura lieu le 22 novembre.
08:22Mais voilà, même si, je vous le disais tout à l'heure,
08:24ça avance quand même.
08:25On voit des avancées.
08:26On voit certaines personnes politiques,
08:29certains députés s'engager malheureusement plus que d'autres.
08:32Donc c'est un combat qu'on continue de mener.
08:35Mais c'est la société tout entière aujourd'hui
08:36qui doit s'emparer de ce problème
08:39qui est le violence intrafamiliale.
08:40Je pense qu'au niveau de l'école,
08:42il serait très important de réinsister
08:45sur l'éducation des garçons,
08:47leur apprendre des valeurs fondamentales.
08:49C'est terrible qu'on en soit là,
08:51qu'on soit obligé dans l'éducation
08:53pour certains jeunes garçons,
08:56leur dire quels sont les droits de l'homme,
08:58quels sont les droits d'une femme,
09:00quel est le comportement de ne pas avoir,
09:01quelle est la vision du monde à ne pas avoir.
09:03Vous pensez que c'est une idée qui pourrait évoluer ?
09:06Mais ça, c'est fondamental.
09:08Nous, on le voit puisqu'on intervient
09:10notamment auprès de collégiens
09:11et on voit les idées reçues
09:15qu'ils peuvent avoir,
09:17notamment concernant les femmes et les filles.
09:19C'est assez éloquent.
09:22Et voilà, c'est nécessaire.
09:23La sensibilisation auprès des plus jeunes, c'est nécessaire.
09:25La formation auprès des primo-intervenants, c'est nécessaire.
09:29Mais pas que.
09:29On doit aussi aller plus loin,
09:31c'est-à-dire former les banquiers
09:33qui peuvent, par exemple,
09:36voir une situation de violence économique.
09:38Il faut former les entreprises
09:40qui peuvent avoir des victimes au sein même de leur entreprise.
09:43Et puis, nous, on intervient aussi en détention
09:45parce que, pour éviter justement cette récidive,
09:48on estime qu'il faut aller aussi
09:49au contact de ces hommes violents
09:50pour enrayer, en fait,
09:53toute cette violence.
09:54On voit bien que la mission est large.
09:58En tout cas, merci Lili d'avoir témoigné.
10:00Courage, ancienne victime et bénévole
10:03à l'Union Nationale des Familles de Fémicides,
10:06dont la mission est aujourd'hui essentielle
10:08pour ces femmes qui sont dans la souffrance et la détresse.
10:11Merci, à bientôt.
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