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Mathieu Bock-Côté propose un décryptage de l’actualité des deux côtés de l’Atlantique dans #FaceABockCote

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Transcription
00:00Il est 19h sur CNews, merci d'être avec nous pour face à Mathieu Bocoté.
00:04Cher Mathieu, bonsoir.
00:05Bonsoir.
00:05Bonsoir Arthur de Vattrino.
00:07Bonsoir Elliot.
00:07On invite vous retrouver.
00:08Le point sur l'information, c'est avec Simon Guylain.
00:11Bonsoir Simon.
00:11Bonsoir Elliot et bonsoir à tous.
00:17Gérard Larcher s'est exprimé ce soir sur la réforme des retraites chez nos confrères du Parisien.
00:21Il a affirmé que le Sénat rétablira cette réforme si l'Assemblée nationale vote sa suspension.
00:26Le président du Sénat a rappelé que son abandon entraînerait un déficit de 30 milliards d'euros en 2035.
00:31Il a ajouté que le budget présenté à l'Assemblée n'est pas acceptable.
00:36Dans l'affaire des agressions sexuelles et tentatives de viol dans le RERC,
00:39un individu a été interpellé hier soir à 20h par la brigade des réseaux franciliens.
00:44Cette arrestation a eu lieu sur la commune de Mont-la-Jolie dans les Yvelines.
00:47L'homme est un Égyptien, il est âgé de 26 ans et sans domicile fixe.
00:51C'est grâce à un long travail de surveillance que son interpellation a pu avoir lieu.
00:54Enfin, ce drame à Mulhouse, dont le Haut-Rhin, une femme de 33 ans, est décédée aujourd'hui
00:59après avoir reçu plusieurs coups de couteau.
01:01Le parquet indique que l'auteur présumé serait son ancien conjoint.
01:05L'homme est activement recherché par les forces de l'ordre de Liot.
01:07Merci Simon Guylain pour le point sur l'information.
01:10A la une de face à Mathieu Boccoté, la meurtrière de la petite Lola a donc été condamnée à la peine maximale
01:16que le Code pénal français prévoit.
01:19La réclusion criminelle à perpétuité incompressible.
01:22Durant une semaine de procès, la justice a montré le meilleur pour traiter du pire.
01:26Une exemplarité quand les politiques ont préféré rester très discrets,
01:30conscients peut-être des failles sécuritaires et migratoires qui ressortent à travers ce drame.
01:36Nous en parlerons dans un instant.
01:38A la une également, mais que diable vient faire cette immense grenouille gonflable place Vendôme à Paris ?
01:44L'art contemporain s'invite sur l'un des plus hauts lieux de la capitale
01:49avec cette structure polémique de 20 mètres de long, l'édito de Mathieu Boccoté.
01:56Enfin, vous recevez ce samedi Laurent Overton, auteur entre autres de La France Orange Mécanique.
02:00Il sera question de liberté d'expression alors que le magazine Furia, dans lequel il écrit,
02:04vient de se voir retirer ses aides publiques.
02:08Voilà le programme de face à Mathieu Boccoté.
02:10Mathieu, c'est un mélange d'étonnement et de soulagement
02:13qui a accueilli la décision de justice à propos de la meurtrière de la petite Lola.
02:17Comment expliquez-vous cette réaction et que dit-elle de l'état d'esprit du pays, Mathieu Boccoté ?
02:23Alors, étonnement et soulagement, j'utilise ces deux termes moi aussi.
02:28Pourquoi ? Parce que d'un côté, nous sommes à ce point habitués à voir la justice toujours trouver des excuses
02:35au pire criminel ou aux criminels les plus ordinaires, mais toujours des excuses,
02:39que lorsque la justice est ferme, lorsque la justice se permet de frapper véritablement
02:43et frapper justement, lorsque la justice n'est plus injuste, nous sommes étonnés.
02:48On se dit, qu'est-ce qui se passe exactement ?
02:50Donc ça, c'est ce qu'on pourrait appeler l'étonnement et le soulagement.
02:54Parce que si, au terme de ce procès, avec tout ce qu'on a appris,
02:58tout ce qu'on savait déjà et tout ce qu'on a appris,
03:00la meurtrière avait eu autre chose que ce jugement,
03:02je crois qu'on aurait assisté à un effondrement définitif de la confiance en la justice dans ce pays.
03:08On se serait dit, là, franchement, il y a un décalage, un décrochage tel
03:12entre le système de justice et les exigences de la loi naturelle
03:15que la légitimité se serait décomposée sous nos yeux.
03:19Alors, on a vu, ce n'est pas un détail,
03:21l'avocate de la meurtrière, de l'assassin,
03:26a cherché à jouer néanmoins la carte victimaire.
03:28Donc on nous disait, finalement, la meurtrière est elle-même
03:31une victime de violence lorsqu'elle était plus jeune.
03:34Elle a subi la violence des hommes
03:35et elle a ensuite voulu faire subir cette violence à une innocente,
03:39reproduisant par là des schémas qui l'avaient rendue violente.
03:42Et là, c'est à ce moment où on avait presque l'impression
03:44que les avocats, des guillemets, n'y croyaient pas.
03:49Parce que personne n'y croyait, parce qu'on était plutôt, cette fois-là,
03:51non pas devant une forme de déchéance sociologique
03:54qui pousserait quelqu'un à l'extrême,
03:56on n'était pas non plus devant un cas psychiatrique
03:58comme on cherche à nous le faire croire tout le temps,
04:00on était devant le visage du mal pur.
04:03Et ça, c'est une catégorie qui est théologique,
04:05c'est une catégorie qui est métaphysique,
04:07c'est une catégorie qui est morale,
04:08mais qu'on a tout fait pour bannir depuis 40-50 ans le mal.
04:12Or, le mal existe en ce monde.
04:14Alors, on pourrait dire qu'il existe dans le cœur de chaque homme, assurément.
04:16Nous sommes tous traversés, notre cœur mélange le bien et le mal.
04:19Mais il existe aussi de temps en temps le visage du mal avec une majuscule
04:23et le visage du mal avec une majuscule,
04:25c'était cette dame qui ira en prison heureusement.
04:29Et de ce point de vue, il y avait des attentes dans la population
04:32devant quelque chose d'aussi brutal, d'aussi barbare,
04:35une barbarie importée, pour reprendre la formule d'une autre,
04:38devant cette barbarie absolue.
04:41Il fallait la peine la plus absolue qui soit
04:43dans le registre des peines disponibles aujourd'hui.
04:47Donc, il fallait une peine à la hauteur du crime
04:50et toute peine qui aurait été en deçà du crime
04:52aurait été une peine jugée insuffisante par le commun des mortels.
04:56Alors, on parle souvent de l'architecture des peines.
04:58Autrefois, il y avait la peine capitale, la peine de mort.
05:01Nos sociétés ont décidé, on pourrait dire globalement,
05:05nos sociétés considèrent que la peine de mort est désormais une peine illégitime.
05:09Ce n'est pas le cas aux États-Unis, mais c'est le cas globalement en Europe.
05:12Il ne s'agit pas aujourd'hui de plaider pour un retour à cette peine de mort, bien évidemment,
05:16mais de se dire dans quelle mesure y a-t-il un équivalent,
05:19dans le système juridique, un équivalent moral et symbolique
05:23de la peine de mort, de la peine capitale, pour reprendre le terme exact.
05:26Et ça, aujourd'hui, c'est le fait d'être finalement, de jamais pouvoir sortir de prison si on y entre.
05:32À une peine qui soit à la hauteur d'une autre réalité, ce qu'on pourrait appeler l'impardonnable.
05:37Parce que ça, les abus de la conscience chrétienne, je dirais quelquefois,
05:41une forme de christianisme dégénéré, nous amènent à croire toujours
05:44qu'il est possible, en dernière instance, de tout pardonner.
05:46Et moi, vous me pardonnerez justement cette formule,
05:48mais je suis un peu plus romain antique devant cela.
05:51Il y a de temps en temps des crimes absolument impardonnables
05:55qui font en sorte que ceux qui s'en rendent coupables
05:57seront à jamais tâchés par cela.
06:00Se repentirait-il qu'on ne leur pardonnerait pas?
06:02Se repentirait-il qu'on n'accepterait pas leurs excuses?
06:06Tout ce qu'on peut offrir, dans la mesure où on a renoncé à la peine capitale
06:08dans la version classique, c'est une réclusion perpétuelle,
06:11c'est un bannissement définitif du coupable.
06:14Voilà quelqu'un qui, par son geste, s'est à jamais mis
06:17à l'extérieur de la communauté humaine.
06:19Et vous noterez que la mère de Lola a utilisé
06:23pour parler de la meurtrière de cette chose.
06:26Il y avait quelque chose de très juste dans ce terme.
06:28Cette chose, en commettant un tel crime, avec tout ce qu'on sait,
06:32la meurtrière se mettait hors l'humanité
06:34et dès lors, nous sommes en droit, collectivement,
06:37de la bannir de tout espace possible de fréquentation de l'espèce humaine.
06:43Alors, aujourd'hui, évidemment, une telle peine,
06:45la peine capitale appliquée au temps présent,
06:48donc la réclusion en perpétuité,
06:49incompréhensible, qu'est-ce que ça veut dire?
06:52Ça s'appuie aussi sur une conception de l'être humain.
06:54C'est-à-dire que cette personne savait ce qu'elle faisait.
06:57Alors, depuis encore une fois 40 ans,
06:59on a développé toute une structure de discours
07:01pour relativiser l'autonomie humaine,
07:04le sens du jugement des uns des autres.
07:06Donc, au nom de la sociologie, on a dit
07:08les plus pauvres, les plus abîmés, les marginaux
07:11peuvent commettre des gestes extrêmes,
07:13mais c'est la société qui est coupable.
07:14On nous a dit aussi, avec un discours psychologique équivalent,
07:18vous savez, il y a tellement de failles dans son esprit,
07:20il est malheureux, il est en France tragique, tout ça.
07:23Maladie, quelquefois, la dissolution du mal dans la maladie,
07:26eh bien, la maladie prenait la place du mal.
07:28Or, nos sociétés sont obligées, je crois,
07:31de renouer avec cette idée toute simple
07:32que même si il y a un conditionnement culturel,
07:36sociologique, psychologique,
07:37dans l'âme de chaque homme,
07:39il y a une conscience du bien et du mal.
07:40Alors, selon les sociétés, ça s'applique différemment.
07:42Les sociétés précolombiennes, par exemple,
07:44n'avaient pas la même lecture du bien et du mal
07:45que nos sociétés aujourd'hui.
07:46Mais on sait, par exemple,
07:47que le massacre d'une jeune fille est universellement mauvais.
07:50On sait que le viol d'une enfant, d'une jeune fille,
07:52est universellement mauvais.
07:53On sait que la torture, c'est universellement mauvais.
07:56Et on doit supposer,
07:58si on veut avoir une justice qui se tient,
07:59que la personne qui a commis de tels actes
08:01n'est pas déséquilibrée, dérangée, tout ça,
08:04mais a su, au fond d'elle-même, ce qu'elle faisait.
08:06Et de ce point de vue, de ce point de vue,
08:09il était nécessaire d'avoir la sanction la plus haute
08:11pour restaurer la légitimité de la justice.
08:14La dimension politique, Mathieu Bocoté,
08:17demeure entière,
08:19avec la question des obligations de quitter le territoire français,
08:21qui représente l'angle mort du traitement médiatique
08:24de ce procès.
08:25Que peut-on en retenir néanmoins, Mathieu ?
08:27Alors, on dira la chose simple.
08:28Je le dis, on l'a souvent dit,
08:30mais il faut le redire.
08:31Si l'État français faisait respecter ses propres obligations,
08:35la meurtrière n'aurait pas été sur le territoire français,
08:37donc Lola serait encore vivante.
08:39C'est une banalité, mais c'est une banalité trop souvent oubliée.
08:42Donc, il fallait la rappeler.
08:43Donc, c'est une faillite sécuritaire de l'État
08:45qui s'est révélée à travers cela.
08:46Et de ce point de vue, le cas de Lola,
08:48l'histoire de Lola,
08:49est la pointe extrême d'un phénomène
08:52de décomposition sécuritaire
08:54de l'ensemble de notre société.
08:57Et ça nous oblige, je crois.
08:59On peut penser à Philippine,
09:00on peut penser à tant d'autres
09:01qui ont subi des crimes atroces.
09:05Et je pense qu'on doit traiter ça
09:06sur le plan presque de la philosophie politique.
09:08Vous me permettrez ce détour.
09:10Je vais donner ces deux noms
09:11qui sont quand même heureusement connus.
09:12Aristote.
09:13Aristote disait que la fonction de la communauté politique,
09:16c'est l'accomplissement du bien commun.
09:18C'est-à-dire que l'individu est un animal politique.
09:21Il ne peut s'accomplir que
09:22dans la cité et le bien commun.
09:24Donc, l'État a pour fonction
09:26d'accomplir le bien commun.
09:28Hobbes, quelques centaines d'années plus tard,
09:31à l'aube de la modernité,
09:33Thomas Hobbes dit non,
09:34l'État n'a pas pour fonction
09:35d'atteindre le bien commun.
09:37L'État a une fonction,
09:38c'est d'assurer la sécurité physique
09:39de ceux qui vivent sous son autorité.
09:41C'est ce qu'on appelle le Léviathan.
09:43Et Hobbes allait jusqu'à dire
09:44si l'État n'est pas capable
09:46d'assurer la sécurité physique
09:48des gens qui vivent sous son autorité,
09:50eh bien, il n'est plus légitime.
09:51Au point où, par exemple,
09:52Hobbes disait,
09:53celui qui ne respecte pas
09:54l'obligation militaire
09:54est en droit de le faire.
09:56C'est un lâche,
09:56mais il est dans son droit
09:57parce qu'on lui demande
09:58de risquer sa vie
09:59alors qu'il était censé
09:59avoir sa vie protégée.
10:01Aujourd'hui, où en sommes-nous?
10:03Nous sommes devant un État
10:04qui n'est plus capable
10:05d'assurer la sécurité physique
10:06élémentaire des uns des autres.
10:08Donc, c'est un effondrement
10:09de la fonction première de l'État.
10:12Et c'est à ce moment
10:13qu'on doit penser
10:13la sécurité de manière plus vaste.
10:16L'État n'a pas seulement
10:17renoncé à défendre
10:18l'authentique sécurité
10:19les uns des autres.
10:21Il a laissé détruire
10:22le patrimoine
10:23de civilisations exceptionnelles
10:25que sont nos pays,
10:26nos nations,
10:26nos peuples,
10:27la France.
10:27L'État a laissé...
10:29Et puis ça, je précise,
10:29on ne sait pas LFI.
10:30Ça, ce n'est pas l'extrême-gauche.
10:32L'État a laissé
10:32depuis 40-50 ans
10:34nos sociétés
10:35voir l'effondrement
10:36de leur patrimoine culturel,
10:37leur patrimoine civilisationnel,
10:38les conditions
10:39de la sécurité physique,
10:40la liberté des femmes.
10:41Donc, l'État a été
10:43un agent tolérant
10:44et quelquefois actif
10:45de destruction
10:46de ce qui rendait
10:48la société sécuritaire.
10:49Donc, après avoir
10:50tout détruit
10:51ou laissé tout détruire,
10:52eh bien, il y a
10:52la tentation du quadrillage
10:54sécuritaire intégral.
10:55Vidéo-surveillance partout,
10:57policier partout,
10:58surveillance reconnaissance faciale
11:00partout.
11:01Donc, on a tout laissé détruire
11:02et ensuite,
11:03on nous propose
11:03un monde intégralement
11:04vidéo-surveillé
11:05pour restaurer
11:06la sécurité.
11:08Mais ce n'est pas
11:08simplement la sécurité
11:09qu'il faut restaurer
11:10de manière policière,
11:11me semble-t-il.
11:12Nous ne voulons pas
11:12d'un monde policier,
11:14nous voulons
11:14d'un monde policé,
11:16c'est-à-dire un monde
11:17qui est travaillé,
11:17régulé,
11:18non pas par la vidéosurveillance,
11:20mais par la politesse,
11:21la courtoisie
11:22et le savoir-vivre.
11:23Et de ce point de vue,
11:23ça implique non seulement
11:24de reconstruire la justice,
11:26mais de reconstruire
11:26la société elle-même.
11:27Et cette reconstruction,
11:28vous la croyez possible,
11:29Mathieu, ou pas?
11:30Elle est désirable,
11:32donc parce qu'elle est désirable,
11:33je crois qu'elle est possible.
11:34Alors, elle a déjà existé.
11:36Nous avons tous connu
11:37une société
11:39qui était plus civilisée,
11:40plus courtoise,
11:41moins violente,
11:41moins barbare.
11:42Donc, comme dirait l'autre,
11:43c'était mieux avant
11:44à certains aspects.
11:46Je parlais plutôt
11:47de Hobbes et d'Aristote,
11:49mais je pense qu'il faut
11:49peut-être renouer
11:50avec Aristote
11:51dans le bon sens du terme.
11:52Qu'est-ce que j'entends par là?
11:53Renouer avec un sens
11:54du bien commun.
11:56Reconstruire
11:56les fondements
11:57du bien commun.
11:58Donc ça, ça ne veut pas
11:58simplement dire
11:59des policiers partout,
12:00des caméras de vidéosurveillance partout,
12:01la reconnaissance faciale partout.
12:03Non, ça veut dire
12:04reconstruire des frontières,
12:05par exemple,
12:05qui protègent un pays.
12:07Ça veut dire reconstruire
12:08un pouvoir véritable
12:09qui sait distinguer
12:10les éléments vraiment toxiques
12:11et dangereux
12:12et ne pas suspecter
12:13le commun des mortels
12:14d'être toujours un délinquant.
12:16Parce que c'est le drame aujourd'hui.
12:17Le pouvoir est incapable
12:18de s'en prendre au vrai danger,
12:19donc il décide
12:20de fliquer tout le monde.
12:22Ça implique
12:22de reconstruire
12:23une identité culturelle.
12:24Une identité culturelle,
12:25en fait,
12:25permet à l'identité française
12:26de renaître
12:27parce qu'elle est pour l'instant
12:28enfouie,
12:29matée,
12:30écrasée,
12:31retrouver un pays
12:32où on retrouve partout
12:33les mœurs
12:33qui nous sont familières.
12:35Ça implique
12:35de renouer
12:35avec la politesse.
12:36Vous me direz
12:37que c'est un détail,
12:37mais ce n'est pas un détail.
12:38Une société agressive
12:39à temps plein
12:40au quotidien dans la rue
12:41est une société
12:42où on ne fait plus confiance
12:43à son prochain.
12:44Ça implique de renouer
12:45avec une société
12:45où on peut quitter sa maison
12:47sans sentir le besoin
12:48de tout verrouiller
12:49à double tour
12:49en toutes circonstances.
12:50J'ai connu ça.
12:51J'avais 7, 8, 9, 10, 12 ans
12:53et ce qu'on me disait
12:54à la rigueur,
12:54c'est soit prudent en vélo,
12:56on ne me disait pas
12:56ferme la porte à double tour.
12:58J'ai connu ce monde
12:59et je ne suis pas
13:00à ce que j'en sais
13:01octogénaire ou centenaire.
13:03J'ai connu ce monde
13:04où on faisait suffisamment
13:05confiance à son voisin
13:06pour ne pas avoir
13:07justement besoin
13:08d'être dans des conditions
13:09sécuritaires maximales
13:10permanentes.
13:11Ce monde a déjà existé.
13:13Il peut exister à nouveau,
13:14mais encore doit-on
13:15le reconstruire vraiment.
13:17Telle est la tâche
13:17du politique.
13:18Je crois que nous allons
13:19traverser pendant un temps
13:20le désert.
13:21On pourrait dire
13:21que l'encore pire
13:22est encore devant nous.
13:23Il prépare peut-être
13:25un peu mieux.
13:25Mais Arthur de Vatrigan,
13:28je me tourne vers vous.
13:29Je disais tout à l'heure
13:30durant une semaine
13:30de procès de la justice
13:33a montré le meilleur
13:35pour traiter du pire.
13:36Est-ce que c'est là aussi
13:38une surprise pour vous,
13:40surprise qui a été partagée
13:41par Mathieu Boccoté ?
13:43Juste un mot
13:44sur le pardon de Mathieu
13:45parce que je suis un peu
13:46moins romain que lui.
13:48Comme il ne faut pas
13:48sous-estimer la capacité
13:49de l'homme
13:50à commettre un crime
13:51indescriptif,
13:51il ne faut pas non plus
13:52sous-estimer la puissance
13:53du cœur humain.
13:54Mais il faut juste rappeler
13:55que le pardon est individuel
13:56et en aucun cas,
13:57comme la charité d'ailleurs,
13:59en aucun cas collectif.
14:00c'est pourquoi la société
14:00ne pourra jamais imposer
14:02un pardon.
14:03Mais je crois que tout
14:03peut être pardonnable
14:04du point de vue du cœur humain.
14:05Mis à part ça,
14:06tout le monde attendait
14:07en effet ce procès-là.
14:08Et le verdict surtout
14:09pour au moins trois raisons.
14:10La première,
14:11c'est parce que l'une
14:12des nôtres innocentes
14:13était victime de la barbarie
14:15d'une femme monstrueuse.
14:16Je préfère dire
14:17que c'est une femme
14:17parce que malheureusement,
14:18l'homme est capable de ça.
14:20Une femme quand même.
14:20L'homme est capable
14:21de crimes affreux
14:23et une femme monstrueuse
14:23venue d'ailleurs.
14:24Deuxième raison,
14:25c'était pour comprendre
14:26ce qu'on veut toujours comprendre.
14:28Et troisième raison,
14:28c'est pour savoir justement
14:29comment une civilisation
14:30répond au mal.
14:32Et en effet,
14:33la justice a été
14:33plus qu'à la hauteur.
14:35Le magistrat a été
14:35d'une immense délicatesse
14:37avec la famille,
14:38d'une immense pédagogie
14:39avec le grand public
14:39et d'une immense fermeté
14:41et précision
14:42sans esprit de vengeance
14:43avec l'accusé.
14:45Et d'ailleurs,
14:45la famille,
14:46tout le monde l'a vu,
14:47a été d'une dignité extraordinaire.
14:49En revanche,
14:49encore une fois,
14:51ceux qui ont été
14:51en dessous de tout,
14:52ce sont ceux
14:53qui nous gouvernent.
14:54Parce que,
14:55je rappelle que
14:55le bourreau est immigré,
14:58devenu clandestine
14:59parce que sous OQTF
15:00et algérienne.
15:01Il y a eu des déclarations
15:02de personnages politiques
15:03pendant le procès.
15:04Par exemple,
15:05le ministre de l'Intérieur,
15:06Laurent Nouniez,
15:07qui a essayé de mentir
15:08sur les chiffres
15:09d'immigrés clandestins
15:10en multipliant
15:11d'une chaîne à l'autre
15:12de BFM à CNews
15:13en multipliant le chiffre par trois.
15:15On a eu le garde des Sceaux
15:16qui a essayé de nous rassurer
15:16en expliquant
15:17qu'on a besoin d'immigrés
15:18pour ramasser nos pommes.
15:20C'est vrai qu'avant
15:20que la France devienne
15:21un arriéroport géant,
15:21les pommes n'étaient pas ramassées.
15:23Et enfin,
15:24on est le président Macron,
15:24jour d'ouverture du procès,
15:26qui allait s'incliner
15:27devant les babouches
15:28de l'État algérien.
15:30L'État algérien
15:30qui refuse de récupérer
15:32nos OQTF
15:32et qui, au passage,
15:34je rappelle que
15:34Boilem Sancial
15:35croupit toujours en prison.
15:36Et il s'est incliné devant eux
15:38pour une raison simple,
15:39c'est pour en rendre hommage
15:40aux terroristes du FLN.
15:42Donc, si vous voulez,
15:42par leur lâcheté
15:43et leurs mensonges,
15:45ces gens-là
15:45ont du sang sur les mains
15:46et le sang des innocents.
15:50Autre sujet à présent.
15:51Et je me tourne vers vous,
15:52c'est un sujet
15:53bien plus léger,
15:55même si c'est important.
15:56Oui, absolument.
15:57L'art contemporain.
15:58J'imagine que vous êtes allé
15:59à Place Vendôme,
16:00Mathieu Bocoté,
16:01avec cette question,
16:02qu'est-ce que Kermit
16:03faisait à Place Vendôme ?
16:05Que faisait-il
16:06dans cette étonnante position
16:08dans ce lieu
16:08qui ne lui semblait
16:10pas prédestiné ?
16:11Et tel sera le sujet
16:12de votre seconde.
16:13Édito.
16:14Alors, on a tous vu,
16:14effectivement.
16:15Je ne sais pas
16:15si on peut le montrer
16:16à l'écran encore.
16:16Oui, on va le voir à l'image.
16:17Donc, Kermit,
16:19on sait ce personnage
16:20qui relève de l'univers
16:21du...
16:23Ce n'est même pas
16:23le dessin animé,
16:24en fait,
16:24c'est des personnages
16:25et des missions de jeunesse.
16:26Donc, Kermit,
16:27en position offerte.
16:30Offerte,
16:31qui rime ici
16:31avec l'œuvrette,
16:32vous me le pardonnerez,
16:33mais c'est quand même ça.
16:34Il faut bien voir
16:35ce qu'on nous montre ici.
16:36Place Vendôme,
16:36donc Kermit disposé,
16:38offert pour qui voudra
16:39s'en emparer
16:40dans je ne sais quelle
16:40circonstance étonnante
16:41ou pas.
16:43Et on nous présente ça
16:44à la manière...
16:45Donc, c'est une autre
16:45manifestation
16:46de l'art contemporain
16:48qui fonctionne toujours
16:51sur la même logique.
16:52Rappelez-vous,
16:53on avait eu aussi
16:54le sapin,
16:55le sapin improvisé
16:56de mémoire,
16:57je crois que c'était
16:58Paul McCarthy,
16:59si je ne me trompe pas,
17:00qu'on avait aussi surnommé,
17:02je cite,
17:02ce n'est pas moi,
17:02le ploganal,
17:04qui était peut-être
17:05en lien d'ailleurs
17:06avec ça,
17:06je n'en sais rien.
17:07Rappelez-vous aussi
17:08l'Arc de Triomphe
17:09qui avait été entouré,
17:10en revue comme ça,
17:11par Christo.
17:13Et rappelez-vous,
17:13on pourrait donner
17:14d'autres exemples.
17:15Donc, l'idée est toujours
17:16à peu près la même.
17:18Nous sommes devant
17:19ce qu'on appelle
17:19l'art contemporain.
17:20Je pourrais dire
17:21l'art contemporain,
17:22ça ne recouvre pas
17:22tout l'art de notre époque.
17:24Il y a toute une partie
17:24de l'art de notre temps
17:25qui est un art
17:26tout à fait admirable,
17:27beau, inspiré.
17:28Mais le label
17:29art contemporain,
17:30je pourrais dire
17:31que c'est l'inversion
17:32esthétique revendiquée.
17:34C'est-à-dire que c'est
17:35la laideur conquérante
17:37et fière d'elle-même
17:38qui cherche à s'emparer
17:40de tout,
17:41qui cherche à s'emparer
17:42de tous les symboles,
17:43qui cherche à salir
17:44le monde ancien,
17:45qui cherche à coloniser
17:47le monde ancien
17:48à partir d'une esthétique
17:49inversée,
17:50d'une esthétique
17:50de la laideur,
17:51d'une esthétique
17:52de la destruction.
17:54Donc, c'est un art
17:55de conquête.
17:55Pour ne nous fasse pas croire
17:56un seul instant
17:57que quelqu'un s'est dit
17:57devant ça,
17:58c'est tellement beau,
17:59c'est magnifique.
18:00Ça a pour fonction
18:01d'être laid,
18:02ça a pour fonction
18:03d'humilier
18:04ce à quoi on la colle.
18:05Parce que Kermit,
18:06dans cette position
18:07nocturne,
18:09ou peut-être d'après-midi,
18:10je n'en sais rien.
18:10J'y vois du yoga,
18:12mais peut-être
18:12que vous y voyez
18:13une position nocturne.
18:14On peut faire du yoga
18:15la nuit.
18:16Alors,
18:17Kermit yogi,
18:19donc,
18:20c'est...
18:21Imaginons qu'on décide
18:22de flanquer ce machin-là
18:23dans un champ perdu.
18:25Tout le monde s'en fout.
18:27Mais tout le monde
18:27s'en fout de Kermit
18:28ainsi posé
18:29dans un champ perdu.
18:30Ça n'a pour fonction
18:31d'être déposé devant nous
18:33que devant,
18:34que devant
18:35des endroits magnifiques.
18:37La place Vendôme,
18:38le château de Versailles,
18:39et c'est la guerre culturelle
18:40qui se manifeste ici
18:41de la manière
18:42la plus décomplexée
18:43qu'il soit.
18:44C'est-à-dire,
18:44nous voulons nous emparer
18:45la révolution des temps présents,
18:46la révolution diversitaire
18:47des temps présents,
18:48la révolution inesthétique
18:50des temps présents,
18:50la révolution de la déconstruction
18:52des temps présents.
18:53Nous allons nous emparer
18:54des plus beaux symboles
18:55de votre monde
18:56et nous allons appliquer,
18:57coller,
18:58imposer
18:59sur ces traces
19:01du monde ancien,
19:02nous allons imposer
19:03notre esthétique nouvelle.
19:05Et j'y reviens
19:06parce que c'est important,
19:07c'est une guerre culturelle
19:08et au cœur
19:08de la guerre culturelle,
19:09il y a le rapport
19:10au beau.
19:11Il y a le rapport
19:12à la beauté.
19:13Et ça,
19:13c'est fondamental.
19:14Roger Scruton,
19:14dont on a parlé ici
19:15de temps en temps,
19:16le philosophe anglais mort
19:17en 2020,
19:18si je ne me trompe pas.
19:19Scruton disait
19:20pourquoi dans l'architecture
19:22contemporaine,
19:23on se contente
19:24de restaurer l'ancien
19:26et on ne veut plus
19:27créer du nouveau.
19:28Et Scruton disait
19:29quelque chose
19:29de très juste,
19:30il dit qu'on ne fait
19:30plus confiance
19:31à notre monde
19:32pour créer du beau.
19:33Parce que notre monde,
19:34lorsqu'il veut créer
19:35quelque chose,
19:35il crée du lait.
19:36Il crée du lait
19:37en défigurant l'ancien.
19:39Rappelez-vous la peur
19:40qui a saisi la France
19:41au moment de cette proposition
19:43d'Édouard Philippe
19:43qui voulait que dans
19:44la reconstruction
19:45de Notre-Dame,
19:46il y a un geste
19:47de mémoire,
19:47un geste architectural
19:48contemporain.
19:49On a tout de suite
19:50compris que ça pourrait
19:51être kermite
19:51dans cette position.
19:53On a tout de suite
19:54compris qu'un geste
19:54architectural contemporain,
19:56ça va être laid,
19:57c'est fait pour être laid
19:58et c'est fait pour que
19:59tous ceux qui disent
20:00mais c'est laid
20:00se fassent traiter
20:01ensuite de réactionnaires
20:02et de crétins
20:03d'extrême droite.
20:04On connaît le jeu.
20:05Donc, de ce point de vue,
20:08c'est pas...
20:08Alors, évidemment,
20:09c'est pas aussi tragique
20:09que ce qu'on disait tantôt,
20:10ça va de soi.
20:11Mais dans la petite actualité
20:12banale, ce n'est pas rien,
20:13c'est une déclaration
20:14de guerre culturelle
20:15au cœur de Paris.
20:15Il y a donc pour vous,
20:17Mathieu Bocoté,
20:18un culte de la laideur
20:20au cœur de notre temps.
20:21Ah oui, je crois.
20:22C'est l'inversion de notre temps,
20:23c'est l'inversion esthétique,
20:25c'est la...
20:25En fait, c'est le vis...
20:26C'est la traduction esthétique
20:27de la haine de l'Occident.
20:29Donc, vous voyez,
20:30ça se donne dans
20:30tous les domaines.
20:31Nos villes, on l'est dit,
20:32vous avez la chance
20:34ou la balle change,
20:34je n'en sais rien,
20:35de ne pas être nord-américain.
20:36Donc, vous ne connaissez pas
20:37ce que sont ces banlieues
20:38pavillonnaires
20:39ou une maison pareille,
20:41succès à une maison pareille,
20:42dont l'identique absolue,
20:44l'absence de personnalité
20:45de la construction architecturale,
20:47des villes identiques,
20:48des villes sans aucune personnalité.
20:50On le voit aujourd'hui,
20:52c'est peut-être vrai aussi
20:52un peu en Europe,
20:53dans certains pays,
20:54on le voit aussi
20:55avec l'esthétique au quotidien
20:57et la tenue des uns des autres.
20:58On ne sait pas
20:59ce qu'on a perdu
20:59comme civilisation
21:00quand on a sacrifié
21:01l'exigence de la cravate.
21:02Voyez cette espèce
21:03de sacrifice esthétique
21:04qu'on revendiquait
21:06avec cette déstructuration,
21:08souvent portée d'ailleurs
21:08par les grands designers.
21:10On peut parler
21:10de l'enlédissement des corps
21:13jusqu'au tatouage
21:14revendiqué en toutes circonstances,
21:15jusqu'au visage.
21:16Jusqu'au visage.
21:17Ensuite, les gens font
21:17ce qu'ils veulent de leur corps,
21:18mais ça veut dire quelque chose.
21:20Le consentement,
21:21vous savez,
21:21le poids,
21:22c'est une question
21:22qui touche tout le monde
21:23et ça me concerne
21:23de temps en temps.
21:24Mais l'obésité morbide
21:26revendiquée
21:27au nom de la diversité corporelle,
21:29tout le monde devrait dire
21:29que c'est une catastrophe.
21:31Eh bien non,
21:31aujourd'hui,
21:31on dit que c'est absolument formidable
21:32et on va en faire
21:33des symboles positifs.
21:34Mais nous croyons ici
21:35à la contre-attaque esthétique
21:37contre l'inesthétique
21:38des temps présents.
21:39Voilà pourquoi je l'annonce,
21:39je n'ai pas l'habitude
21:40de le faire,
21:40mais la semaine prochaine,
21:41notre invité
21:42en deuxième partie
21:42de l'émission
21:43sera Hugo Jacomet,
21:44pour qui j'ai beaucoup
21:45d'estime
21:45et qui porte contre à lui
21:46cette espèce d'idée
21:47comme quoi l'élégance
21:48est aujourd'hui
21:49une dissidence.
21:50Kermit,
21:51cette belle...
21:53Grenouille.
21:54Grenouille.
21:55En train de faire du yoga
21:56à place Vando.
21:56Exactement.
21:57Quel regard vous portez
21:58sur cette...
21:59Il faut se rappeler
21:59à l'origine
22:00que ce qu'est l'art contemporain,
22:01c'est une volonté
22:02de dépasser la forme
22:03par l'esprit.
22:03Mais le problème,
22:04c'est qu'aujourd'hui,
22:04le label l'art contemporain,
22:06c'est que l'art
22:06doit être vidé
22:06de toute substance,
22:08de tout savoir-faire,
22:09de toute invention,
22:10de toute forme
22:10et même d'esprit.
22:11C'est quand j'ai compris
22:12que l'art contemporain
22:13n'était pas de l'art,
22:14je suis devenu
22:14artiste contemporain.
22:15Ça, c'est Bertrand Lavier
22:16qui est devenu multimillionnaire
22:18en peignant des frigos blancs
22:19en blanc.
22:20Et c'est justement
22:21l'absence de contenu
22:22qui permet à l'art contemporain
22:23d'être international
22:24et donc de toucher
22:25plein d'argent.
22:26Parce qu'avant
22:26d'être une attaque
22:27contre notre ancien monde,
22:28c'est surtout un business
22:29qui permet aux multinationales
22:30de blanchir beaucoup d'argent.
22:32Et parce que l'avantage
22:33quand il n'y a rien,
22:33c'est que ça se fonde
22:34dans n'importe quel décor.
22:35Le rien,
22:35vous pouvez le mettre
22:35dans un penthouse
22:36dans le New Yorkais,
22:37vous pouvez le mettre
22:37dans un palais boursouflé
22:38d'un narcotrafiquant
22:39en Amérique latine,
22:40vous pouvez le mettre
22:40dans un jet setter
22:41de Saint-Tropez,
22:42puis vous pouvez même
22:42le mettre à l'Elysée d'ailleurs.
22:44C'est une machine
22:44à faire de l'argent.
22:45Mais le problème,
22:46c'est qu'il faut quand même
22:47faire croire que c'est de l'art.
22:48Donc quand on veut faire croire
22:49que c'est de l'art,
22:49on lui a essayé
22:50de créer une substance.
22:51Et donc pour combler le vide,
22:52on file un mode d'emploi.
22:53On l'a souvent ça
22:54avec des formules
22:55hyper sophistiquées
22:56qui veulent absolument
22:57rien dire pour expliquer
22:58qu'un étron scotché
22:59sur un mur,
22:59c'est de l'art
23:00ou qu'une grenouille
23:01est dans une position équivoque.
23:03C'est de l'art également.
23:05Il faut juste rappeler
23:06qu'on n'a jamais eu besoin
23:06de sous-titres
23:07pour pleurer devant
23:08une mélodie de Händel
23:10ou pour s'émouvoir
23:11devant un tableau de Fragonard.
23:12Quand on regarde
23:13leur fascicule,
23:14même un manuel de montage
23:16d'une bibliothèque Ikea
23:17a plus de forme
23:18et plus d'émotions.
23:20Alors évidemment,
23:21il y a des greffes idéologiques.
23:22Je rappelle l'afro-Pierre Berger
23:23qui n'était pas en reste là-dessus.
23:25La création n'est pas là
23:25pour plaire aux bourgeois
23:26mais pour les emmerder.
23:28Voilà,
23:28c'est la transgression
23:29du boomer à l'état pur.
23:30Donc c'est-à-dire
23:31qu'on met des plugs à Nal
23:31avec le placement d'homme.
23:33Il y a James Kuhn
23:33qui pond des bousses
23:34partout dans le château de Versailles.
23:36Sachant que James Kuhn,
23:37avec son argent,
23:38il achète des renoirs.
23:38C'est vous dire
23:39le niveau de la fourberie.
23:40Même les Anglais
23:40n'arrivent pas à ce niveau-là.
23:42Alors les bourgeois,
23:43évidemment,
23:43c'est comme l'argent,
23:44ils se rangent toujours
23:45du côté du pouvoir.
23:46Donc le bourgeois,
23:46il ne râle pas.
23:47En revanche,
23:47lui, le plouc,
23:48il râle.
23:48Il crie,
23:49il gueule un peu.
23:50Et ça,
23:50ça amuse la casque
23:51qui est toute heureuse
23:52de nourrir son mépris de classe.
23:53Si le plouc râle,
23:54c'est bien la preuve
23:54que c'est un plouc.
23:55Mais en fait,
23:56la réalité,
23:56c'est que tout le monde
23:57s'en fiche,
23:57tout le monde s'en tamponne
23:58de cette affaire.
23:59Ce vomi contemporain,
24:00ça intéresse
24:10notre époque
24:12est à la mode
24:13de la prise d'otages.
24:13On le voit sans arrêt,
24:15nos institutions
24:15sont prises en otages
24:16par une caste.
24:17La culture est prise en otage
24:18évidemment par l'idéologie
24:19et par l'argent.
24:20Mais néanmoins,
24:21les têtes bouses
24:22ne pourront jamais masquer
24:23et casser la question.
24:24La question originelle
24:25de l'art,
24:26c'est à quoi obéit l'homme
24:28quand il peint
24:28ou quand il crée ?
24:30Avant,
24:30c'était le mystère
24:31et la beauté.
24:31Aujourd'hui,
24:31c'est la laideur
24:32et le pognon.
24:33Bienvenue au XXIe siècle.
24:34Et en même temps,
24:35vous en parlez ce soir.
24:36Parce qu'on m'a demandé.
24:37Parce qu'il faut dire du mal
24:38de ce qui est laid.
24:40On vous a forcé.
24:41J'aimerais bien
24:42avoir la souplesse de Kermit
24:43pour le yoga,
24:44bien évidemment.
24:45Un couard des crampes.
24:46Merci à tous les deux.
24:47On revient dans un instant,
24:48bien sûr.
24:48Vous allez recevoir
24:49Laurent Oberton,
24:51auteur entre autres
24:52d'Orange,
24:53la France Orange Mécanique,
24:54bien sûr,
24:55mais on parlera
24:55de liberté d'expression.
24:56Oui,
24:57d'un coup de la Furia.
24:57Avec Laurent Oberton
24:59concernant la revue
25:01La Furia.
25:01Restez avec nous.
25:0519h30 sur CNews
25:07pour la suite
25:07de face à Mathieu Bocoté,
25:09toujours avec Mathieu,
25:09bien sûr.
25:10Arthur de Vatrigan également.
25:12Et nous a rejoints
25:13sur le plateau
25:13Laurent Oberton.
25:14Merci d'être avec nous,
25:15Laurent Oberton.
25:16Pourquoi avoir invité
25:18Laurent Oberton ce soir ?
25:20Alors,
25:20parce que vous en avez
25:21peut-être entendu parler,
25:23si vous fréquentez
25:24des sites spécialisés,
25:25parce qu'on n'en parle pas
25:26dans le grand public,
25:27mais une revue,
25:28La Furia,
25:29animée par Laurent Oberton,
25:31est frappée aujourd'hui
25:32d'une forme de sanction,
25:33d'interdit administratif.
25:34On reviendra
25:35de quelle manière
25:35à tout le moins
25:36on cherchait indirectement
25:37à la bannir
25:38de l'espace public
25:39dans un pays
25:40qui, à ce que j'en sais,
25:42se voulait Charlie
25:43et chantait le droit
25:44à l'outrance,
25:45chantait le droit
25:45à la liberté d'expression,
25:46chantait le droit
25:47à la satire,
25:48chantait le droit
25:49à l'esprit de moquerie
25:50pour tout le monde,
25:51sauf peut-être pas
25:52pour tout le monde finalement.
25:53Laurent Oberton,
25:53bonsoir.
25:54Bonsoir.
25:54Alors,
25:55résumez-nous la situation
25:56de votre point de vue.
25:57La Furia,
25:57revue fondée
25:58il y a quelques années déjà
26:00et qui était diffusée
26:02en kiosque,
26:03ne l'est plus,
26:05pourquoi ?
26:06Parce que
26:07les associations vigilantes
26:09que sont SOS Racisme
26:10et SOS Homophobie
26:11qui sont reconnues
26:12d'utilité publique
26:13pour une raison
26:13qui m'échappe
26:14ont d'abord fait pression
26:15sur nos vendeurs,
26:17nos diffuseurs
26:17en disant que c'était anormal
26:18qu'un magazine comme le nôtre
26:20soit diffusé
26:21parce que,
26:22je cite,
26:22il était raciste,
26:23homophobe,
26:24etc.
26:24Enfin,
26:24tous les interdits possibles
26:26et imaginables
26:26et ils ont ensuite
26:29écrit au ministère
26:31de la Culture
26:31pour qu'on nous retire
26:32notre agrément presse
26:33qui nous garantissait
26:34justement une diffusion
26:35dans le réseau presse
26:36en se basant sur
26:37leurs propres plaintes
26:39qu'ils ont déposées
26:39contre deux de nos numéros
26:41en disant qu'à partir du moment
26:42où ces contenus
26:43étaient susceptibles
26:44d'infraction,
26:47c'était un motif suffisant
26:48pour nous retirer du paysage.
26:50Oui,
26:50que je comprends bien.
26:51Donc,
26:51on dit,
26:52on doit vous bannir
26:54parce qu'il pourrait y avoir
26:55des plaintes
26:55et pour s'assurer
26:57de confirmer la chose,
26:58eux-mêmes portent plainte.
26:59C'est exactement ça
27:00et la commission,
27:02la CPPAP,
27:03donc c'est l'Arcôme
27:03de la Presse en gros,
27:04c'est une commission
27:05qui est censée,
27:05qui est sous l'autorité
27:06du ministère de la Culture,
27:07qui est censée gérer ça,
27:09a aussitôt convoqué
27:10une réunion
27:11et en urgence
27:11nous a radiés,
27:13a retiré notre agrément presse
27:14sur la base
27:15que nos contenus
27:16étaient susceptibles,
27:17encore une fois,
27:18de poursuites pénales.
27:20Sauf que les plaintes
27:21ont entre-temps
27:21été classées par la justice.
27:23Donc les poursuites
27:24en question
27:24ont été classées ?
27:26Abandonnées.
27:26Tout simplement,
27:27il n'y a pas matière
27:27dans la furia
27:28pour les magistrats
27:29à ces fameuses infractions,
27:32à ces fameuses condamnations.
27:34Donc finalement,
27:35la décision administrative
27:36ne se base sur rien,
27:38ne se base que sur
27:38le ressenti
27:39de la présidente
27:42de cette commission
27:43qui est une membre
27:44du Conseil d'État,
27:47membre du Comité d'éthique
27:48de France Télévisions,
27:49ancienne de l'Arcôme.
27:50Donc elle a vraiment,
27:51apparemment,
27:52tout ce qu'il faut
27:53pour avoir le juste ressenti.
27:55Et nous,
27:55ce qui nous frappe,
27:56c'est ça,
27:56c'est que
27:57elle se substitue,
27:58sa décision se substitue
27:59à une décision de justice
28:00puisque la justice
28:02vient de la contredire
28:03et malgré tout,
28:04le retrait d'agrément
28:04court toujours
28:05et on sait
28:06que la justice
28:07mettra peut-être deux ans
28:08avant de nous donner raison
28:09mais d'ici là,
28:10comme on va disparaître
28:12d'un grand nombre
28:12de points de vente,
28:13eh bien,
28:14on est condamné
28:14à agoniser économiquement
28:15et à disparaître.
28:16Alors,
28:17moi ce que j'en sais,
28:18tout le moins c'est ce que j'entends
28:18toujours à la télévision,
28:20l'État de droit,
28:21c'est le refus
28:21de l'arbitraire
28:22et l'administration
28:24aujourd'hui
28:25se refuse aussi
28:26l'arbitraire
28:26et d'exprimer
28:27des préférences
28:28idéologiques particulières.
28:29Dois-je comprendre,
28:30si je comprends bien
28:31votre lecture,
28:32que l'État de droit
28:33en question ici
28:33et l'État administratif
28:34ont fait preuve
28:35d'une forme de sanction
28:36idéologique
28:37contre la furia
28:38mais sur le bon et direct ?
28:40C'est-à-dire,
28:41nous,
28:41le retrait d'agrément,
28:43quand il nous est notifié,
28:44il est précisé
28:45que le contenu
28:47susceptible
28:48de choquer
28:49nous retire
28:50notre caractère
28:51d'intérêt général.
28:53Est-ce qu'on précise
28:53choquer qui ?
28:54C'est ça le problème,
28:55le lecteur.
28:56Alors,
28:56en France aujourd'hui...
28:57Parce que moi je serais choqué
28:57parce que vous me racontez.
28:59Non mais c'est ça,
29:00comment fait-on
29:00pour ne pas choquer un lecteur,
29:01surtout avec un magazine satirique
29:03et le fameux
29:05vous êtes passible
29:06de poursuite,
29:06je ne sais pas,
29:07Charlie Hebdo,
29:07ils ont dû être
29:08peut-être traînés
29:09devant les tribunaux
29:10à peu près une cinquantaine
29:11de fois,
29:12ils ont été condamnés
29:13à plusieurs reprises
29:13et jamais la question
29:15de la perte de leur agrément
29:16ne s'est posée.
29:17Donc,
29:18ce qui nous différencie,
29:19c'est clairement
29:19la couleur politique
29:20et c'est une décision,
29:22enfin pour nous,
29:23évidemment politique,
29:24qui a été prise
29:25en catastrophe,
29:26en plein été,
29:27sans débat contradictoire,
29:28sans avertissement,
29:29ce qui est absolument inédit.
29:30Je ne me permets pas
29:31de faire un lien
29:31avec un événement,
29:32vous me dites
29:32si vous le faites aussi,
29:34c'était il y a,
29:35je crois,
29:35trois ans,
29:36l'Institut Eliade
29:36organise un colloque
29:38et le colloque est interdit
29:40parce que pourrait s'y tenir
29:42des propos
29:42contraires à la loi Pleven.
29:45Donc,
29:45globalement,
29:45c'était Minority Report,
29:47le film,
29:48c'est à l'origine la nouvelle.
29:50Donc,
29:50parce que vous pourriez
29:51tenir des propos coupables,
29:53on interdit l'événement.
29:54Est-ce que vous faites
29:55un lien
29:55entre ces deux types
29:56de censure
29:57ou vous marquez une différence ?
29:58Non,
29:59mais c'est exactement ça.
30:00C'est-à-dire que
30:00l'arbitraire administratif
30:04part,
30:05encore une fois,
30:05on ne sait pas
30:06qui sont ces gens,
30:06on ne sait pas
30:07qui leur a donné ce mandat,
30:08on ne savait même pas
30:09que c'était possible
30:10concrètement
30:10de se passer de la justice
30:11pour faire ça.
30:12Ils le précisent
30:13dans leur rendu,
30:14a priori,
30:14c'est légal.
30:15Ils ont le droit
30:16de faire ça.
30:17Et alors,
30:17elle dit que la justice
30:18passera,
30:19la présidente de la commission,
30:20mais encore une fois,
30:20dans longtemps.
30:21Donc,
30:22oui,
30:22nous,
30:23clairement,
30:23on a très peu de recours
30:25sinon demander à nos lecteurs
30:26de nous soutenir
30:27et de ne pas laisser passer ça
30:28en s'abonnant
30:29et en nous aidant
30:31à survivre,
30:32tout simplement,
30:33parce que là,
30:33on parle,
30:34nous,
30:34d'attentats administratifs,
30:35c'est clairement ça.
30:37Ce n'est pas une censure directe
30:38dans la mesure où on ne vous dit pas
30:40vous n'avez plus le droit
30:41de publier,
30:42mais vous avez le droit
30:42de publier,
30:43mais dans votre coin,
30:44loin de l'espace public,
30:44plus personne ne pourra vous lire.
30:46Alors,
30:46je passe la parole
30:47à Arthur Levatrigan
30:47dans un instant,
30:48mais juste pour être certain,
30:49je devine que Charlie Hebdo
30:50vous a soutenu,
30:51par exemple,
30:51dans les circonstances
30:52et les autres figures
30:53de la presse.
30:54Alors,
30:54très honnêtement,
30:55c'est le silence.
30:56D'habitude,
30:56la presse de gauche
30:57est assez réactive.
30:58Dès que la presse de droite
31:00a un quelconque démêlé
31:02avec l'administration,
31:03ils en font rapidement l'écho
31:05et là,
31:06absolument pas.
31:07On n'a absolument aucun article
31:09de toute cette presse
31:10parce que je pense
31:10qu'elle est elle-même
31:11mal à l'aise
31:12sur la forme
31:13de cet abus de pouvoir
31:17parce qu'il n'y a vraiment
31:19pas grand-chose
31:19qui peut défendre
31:20une telle décision.
31:21Encore une fois,
31:22les titres de presse,
31:23s'ils devaient disparaître
31:24à partir du moment
31:25où ils étaient accusés
31:26par une association quelconque,
31:28il n'y en aurait plus beaucoup.
31:29J'ai souvenir
31:29qu'Astrapi,
31:30par exemple,
31:31a déjà été accusé de racisme.
31:33Vous pouvez vérifier chez vous.
31:34À partir de là,
31:36à notre époque,
31:36ne pas choquer
31:37ces missions impossibles,
31:39surtout pour la presse satirique.
31:41Il faut nous le dire tout de suite.
31:42Il faut que les règles soient claires.
31:43L'humour de droite
31:44est interdit en France.
31:45Là, au moins,
31:46on avance à visage découvert.
31:48Arthur Levatrigan.
31:49Justement,
31:49je pense qu'il faudra peut-être
31:50rappeler à nos téléspectateurs,
31:52même si je sais
31:52que vous avez beaucoup de lecteurs
31:53et que c'est un grand succès,
31:54ce que c'est la revue La Furia
31:55parce que forcément,
31:56tout le monde ne l'a pas lu.
31:57Il ne serait rien de savoir ce que c'est.
31:58Et ensuite,
31:59peut-être aussi réexpliquer
32:00ce que c'est que cet agrément
32:01CPPAP en gros.
32:02Quels sont les avantages
32:03que donne l'agrément CPPAP ?
32:05Quels sont les avantages
32:06que vous perdez ?
32:08L'agrément CPPAP,
32:09c'est que vous avez accès
32:12au réseau presse
32:13et vous avez la garantie
32:14d'être diffusé.
32:14C'est-à-dire que le vendeur
32:16ne peut pas dire
32:17ça, ça ne me plaît pas,
32:18je ne vais pas le vendre.
32:19On est agréé par le réseau.
32:20Donc, c'est une manière
32:21de protéger la pluralité de la presse,
32:23notamment des pressions
32:24des associations
32:24puisqu'elles passent leur temps
32:26à écrire des lettres
32:27aux grandes enseignes
32:29de diffusion
32:29pour leur dire
32:30vous avez vu ce que vous vendez,
32:31c'est scandaleux.
32:32Est-ce que vous cautionnez ça ?
32:33Si vous le vendez,
32:33c'est que vous cautionnez.
32:34Donc, retirez-le de vos rayons.
32:36Donc là, maintenant,
32:36on n'a plus cette protection.
32:37Les vendeurs ne sont plus protégés
32:38face à ces pressions.
32:40On perd les tarifs postaux
32:42qui étaient avantageux.
32:44Enfin, tout ce qui va
32:44avec la diffusion classique,
32:46la TVA réduite.
32:48Voilà, pas mal d'avantages
32:50de ce genre.
32:50Les aides à la presse aussi.
32:52On ne les demandait pas,
32:52mais en tout cas,
32:53on y avait quand même droit
32:54parce qu'on était agréé.
32:55Donc, on perd tout ça.
32:57On ne fait plus partie
32:59officiellement de la presse.
33:01Et La Furia,
33:02pour le rappeler rapidement,
33:03c'est un magazine
33:04de droite assumé,
33:07c'est-à-dire qu'il ne s'excuse pas
33:08de respirer.
33:10Papacito, Marceau,
33:11on les connaît.
33:12Effectivement,
33:12ce n'est pas astrapi,
33:13pour le coup.
33:14C'est de la provocation,
33:15c'est de l'outrance,
33:16c'est tout ce qu'on veut.
33:17Mais jusqu'à preuve du contraire,
33:19c'est légal.
33:20La Cour européenne des droits de l'homme
33:22dit que tout ce qui doit choquer
33:25est heurté, etc.,
33:26du moment que ce n'est pas illégal,
33:28ça doit exister.
33:29C'est le débat pluriel, etc.
33:31On a assez parlé
33:32de l'affaire Charlie, justement,
33:33pour penser qu'aujourd'hui,
33:35la presse satirique,
33:36d'où qu'elle vienne,
33:37puisse bénéficier
33:38d'une certaine protection.
33:39Ce que vous dites
33:39est très important ici
33:40parce que je devine,
33:41j'entends des téléspectateurs
33:43potentiellement dire
33:44« Ah, mais je suis très choqué
33:46parce que dans La Furia,
33:47c'est un contenu
33:48qui n'est pas le mien,
33:49je ne me reconnais pas là-dedans,
33:50faites la liste de tout ça. »
33:53Et à terme,
33:53la question n'est pas là.
33:54La question n'est pas de savoir
33:55si les préférences
33:56des uns, des autres,
33:57s'ils se reconnaissent
33:58ou non dans La Furia,
33:59mais de savoir
34:00si finalement l'arbitraire
34:01de l'État,
34:02à travers les maillages
34:03de l'État administratif,
34:04peut frapper quelque chose
34:05selon le goût
34:06des uns et des autres.
34:07C'est exactement ça.
34:08Moi, par exemple,
34:09Libération me choque.
34:11Ça arrive.
34:11Et qu'est-ce que je fais ?
34:13Je ne demande pas
34:13qu'on interdise Libération,
34:15qu'on retire son agrément.
34:15Je le prends sur moi
34:16et je ne le lis pas.
34:17Je ne suis pas obligé.
34:18Je suis déjà obligé
34:19de le payer.
34:19C'est suffisant.
34:20Donc, chacun devrait faire ça.
34:23On n'oblige personne
34:24à nous lire.
34:24On n'oblige personne
34:25à soutenir nos contenus.
34:27Simplement,
34:27il faut comprendre
34:28que si une commission,
34:30arbitrairement,
34:31peut décider
34:32de gagner un titre de paix,
34:33la CPPAP,
34:35alors commission paritaire,
34:36oui, c'est toujours pareil.
34:39Et une décision comme ça,
34:40si elle peut être prise,
34:42je ne pense pas
34:43qu'on soit les derniers
34:43sur la liste.
34:44Et n'importe quel titre
34:45qui est dans le collimateur
34:46de la justice,
34:47puisqu'il suffit apparemment
34:48de plaintes,
34:48même si elles sont classées,
34:50devrait s'inquiéter
34:51de ce qui peut lui arriver,
34:53surtout dans un contexte
34:54préélectoral.
34:55Alors, je vous pose
34:56une question
34:57qui vous étonnera
34:57peut-être un peu,
34:58mais vous êtes un libéral,
34:59à ce que j'en sais.
35:00Vous êtes dans le bon sens
35:01du terme.
35:03Donc là, normalement,
35:04je vous imagine plutôt
35:05vous opposer
35:06au fait que l'État
35:06prenne en charge
35:07le pluralisme,
35:08que l'État oblige
35:09la diffusion de tel magazine,
35:11la présence de tel magazine
35:12dans tous les kiosques
35:13et ainsi de suite.
35:13Est-ce que dans le système
35:14intellectuel
35:15qui est globalement
35:16le vôtre,
35:17chaque kiosquier,
35:18chaque libraire
35:19serait en droit
35:19de tenir les revues
35:20qu'il souhaite
35:21et ainsi de suite,
35:22de ne pas tenir celles-là
35:23parce qu'il n'aime pas ?
35:24Est-ce que finalement,
35:25vous n'êtes pas obligé
35:25pour la philosophie libérale
35:27qui est la vôtre,
35:28de jouer dans un système
35:29collectiviste en ce moment ?
35:30C'est-à-dire que c'est ça
35:32où le maquis est le problème
35:33justement de cette...
35:35On parle beaucoup
35:36de liberté d'expression.
35:37Encore une fois,
35:38ce n'est pas du tout
35:38le problème.
35:39On est libre de dire
35:40ce qu'on veut
35:40mais à partir du moment
35:41où les canaux d'expression
35:43principaux,
35:44la presse,
35:45les télévisions,
35:47les radios
35:47sont,
35:48j'allais dire,
35:50régulés,
35:51on va dire,
35:51c'est le mot poli,
35:52par cette morale supérieure
35:55qui est celle
35:56de ces conseillers d'État,
35:58à partir du moment
35:59où le jeu est faussé
36:00de la sorte,
36:01il n'y a plus
36:01de débat réellement
36:03démocratique équitable.
36:05Donc,
36:06l'exercice de la souveraineté,
36:07il est conditionné
36:08par ceux
36:09qui décident
36:10de qui a le droit
36:11de dire ça ou pas.
36:11On vous accorde le droit
36:12de crier dans votre coin,
36:13dans votre forêt,
36:14librement,
36:16mais l'espace public
36:17étant construit
36:18comme ce qu'il est aujourd'hui,
36:19vous n'aurez plus accès
36:20à l'espace public.
36:20C'est exactement ça
36:21et je pense que
36:22c'est une manière
36:23d'expurger
36:24ces canaux
36:26extrêmement puissants.
36:27Je parlais de Big Brother
36:28mais c'est exactement ça.
36:29C'est-à-dire que
36:30les cerveaux disponibles
36:32de mes compatriotes
36:33sont chaque soir
36:34face à leur JT,
36:35avec leur station de radio,
36:37avec la presse agréée.
36:38Et évidemment,
36:40cette chose
36:41est profondément déséquilibrée.
36:43Encore une fois,
36:44parce que
36:44cette machine,
36:46cet état
36:46à la prétention
36:47de la neutralité,
36:48on voit ça
36:48avec le service public,
36:49nous c'est l'information,
36:51ce n'est pas de l'opinion,
36:53ce qui est totalement faux.
36:53et c'est une manière
36:56de plus que confisquer,
36:58de complètement biaiser
36:59le fameux débat démocratique.
37:01Arthur Levatrigan.
37:02Je me permets d'ajouter,
37:03étant moi-même un peu
37:04connaisseur du sujet,
37:06étant déjà un magazine papier,
37:07donc madame la juge
37:07de la CPPAP,
37:08je vous aime beaucoup,
37:10je suis de gauche,
37:10tout ça,
37:11ça permet en fait
37:12surtout de protéger
37:12ce que vous avez dit au début
37:13parce que les kiosquiers
37:14sont,
37:15les marchands de journaux,
37:16ce sont les kiosquiers,
37:17ce sont les points relais,
37:18ce sont les marchands de tabac,
37:20ce sont voilà,
37:20tout ça.
37:20Donc c'est un réseau
37:21qui fait vivre beaucoup de gens
37:22et c'est vrai que les associations
37:24viennent menacer.
37:25Et donc l'agrément permet
37:26aux kiosquiers d'être protégés
37:28ou d'être accusés
37:29de racisme,
37:30d'homophobie,
37:30tout ça.
37:30Moi j'ai une question,
37:31c'est comme ça dépend
37:32du ministère de la Culture
37:33et que madame Dati a l'air
37:34très ouverte à la liberté
37:35d'expression,
37:36est-ce que vous essayez
37:37de lui en parler ?
37:37Est-ce que vous lui avez
37:39envoyé un courrier
37:39parce que...
37:41Elle est ministre de tutelle.
37:42On a envoyé plusieurs courriers,
37:43son cabinet n'a officiellement
37:45pas donné suite.
37:46C'est une manière de dire,
37:47voilà.
37:49Donc encore une fois,
37:51ce n'est pas une décision
37:52qui vient d'en haut.
37:53Ce n'est pas le pouvoir
37:53qui a dit
37:54je ne veux plus voir la furia.
37:56C'est comme d'habitude
37:56la sous-administration
37:58qui prend son initiative
37:59pour grignoter un petit peu
38:01de liberté.
38:03Et nous,
38:04on n'a pas les moyens
38:04d'interpeller madame Dati.
38:06On n'a pas ce poids politique.
38:07On n'a pas les réseaux
38:08qu'il faut.
38:09Donc on espère que peut-être
38:10des responsables politiques
38:12ou autres
38:13vont le faire à notre place
38:15en lui disant simplement
38:16est-ce qu'on peut faire ça
38:17est-ce que c'est normal
38:18est-ce qu'elle approuve
38:20une telle décision
38:20si elle nous écoute
38:22je lui pose la question
38:23je serais vraiment ravi
38:24d'avoir la réponse
38:25parce que
38:26encore une fois
38:27ils ne sont pas du tout
38:29à l'aise avec ça.
38:31L'AFP a eu beaucoup de mal
38:33à avoir une réaction
38:34de madame Française Chigny
38:34donc la présidente
38:35de la CPPAP.
38:36Oui, ce que j'ai dû comprendre
38:37au début
38:37elle refusait de parler
38:38la présidente de l'URSS
38:40pardon
38:41la CCCCP
38:42CPPAP
38:43je ressemble à CCCCP
38:44mais alors
38:45elle refusait de parler
38:46et là finalement
38:47elle s'est expliquée
38:49mais quand elle a répondu
38:49à ce moment
38:50elle a dit
38:51que nos contenus
38:52étaient susceptibles de
38:53alors cette phrase
38:54revient tout le temps
38:55systématiquement
38:55susceptibles d'infractions
38:56susceptibles de choquer le lecteur
38:58susceptibles de
38:59mais sauf que la justice
39:00a dit non
39:01ce contenu
39:02n'est susceptible
39:03de rien du tout
39:03donc à partir de là
39:04elle est supérieure
39:06elle est au-dessus
39:08de la justice française
39:09elle est au-dessus
39:10de la Cour européenne
39:11des droits de l'homme
39:11son ressenti
39:12décide
39:14à notre place
39:15et ça c'est quand même fascinant
39:16j'espère que
39:17vraiment nous
39:17on a envie aussi
39:18de faire connaître cette affaire
39:19au-delà de notre
39:20modeste sort
39:21on a envie que les français
39:22comprennent comment ça se passe
39:24Alors
39:24une question me vient à l'esprit
39:25vous connaissez probablement
39:27l'histoire de la presse
39:27dissidente en l'URSS
39:29il y avait les samisdates
39:30les samisdates
39:31c'était les textes
39:32qui circulaient sous le manteau
39:33et qui critiquaient le régime
39:34mais qui n'avaient évidemment
39:35pas accès à la presse officielle
39:37est-ce que vous avez l'impression
39:38que le destin de la presse
39:39dite de droite
39:40ou je dirais même pas de droite
39:41d'opposition
39:42et je dirais même pas d'opposition
39:43mais non alignée
39:44la presse non alignée
39:45est-ce que son destin
39:46sa vocation
39:47en Europe occidentale
39:50c'est un destin de samisdates
39:51à court, moyen ou long terme
39:53Alors là clairement
39:54si sur cette affaire
39:56ça passe comme ça
39:56il y en aura d'autres
39:58derrière nous
39:58et ça continuera
40:00c'est pour ça qu'on appelle aussi
40:01à cette mobilisation
40:02pour dire
40:03si le coup d'arrêt
40:04ne tombe pas
40:04on n'est vraiment pas
40:06les derniers de la liste
40:07et je pense que les choses
40:08peuvent s'accélérer
40:09encore une fois
40:09pour nous
40:10ils n'ont pris aucune précaution
40:11c'est allé extrêmement vite
40:12et c'est absolument inédit
40:14feriez-vous le lien par exemple
40:15avec la fermeture de C8
40:16je me permets
40:17parce que le C8
40:19encore une fois
40:19fermeture administrative
40:20selon des raisons indirectes
40:23mais à la fin
40:24C8 y passe
40:25donc pour vous
40:26c'est la même histoire
40:27qui s'écrit
40:27oui il faut purger le paysage
40:29selon leurs normes morales
40:31encore une fois
40:31c'est pas des gens
40:32qui se disent
40:32qui s'imaginent
40:34en grand censeur
40:35plutôt
40:35ils pensent
40:36réellement
40:37qu'ils sont en train
40:37de sauver la démocratie
40:38et peut-être l'humanité
40:40avec de telles décisions
40:42ils sont persuadés
40:43d'incarner une mesure
40:44mais parce qu'ils ne se rendent
40:46même pas compte
40:47à quel point
40:47eux-mêmes
40:48sont dans cet effet
40:49de caste
40:50idéologique
40:51idéologisé
40:52et voilà
40:54ils prennent ces décisions
40:56qui leur paraissent
40:57extrêmement justes
40:58extrêmement motivées
40:59et raisonnables
41:00et ils ne voient pas
41:01qu'ils ne font que restreindre
41:03le champ des libertés
41:05Arthur Le Batrigan
41:06vous l'avez dit
41:07votre revue
41:07est une revue satirique
41:08donc quelle est la compétence
41:10de cette dame
41:11pour juger
41:12ce qui relève
41:12de la satire
41:13ou non
41:13et vous l'avez dit
41:15également
41:15vous assumez de droite
41:16est-ce que ça signifie
41:17que l'humour
41:19ne peut être que de gauche ?
41:21pour moi
41:21la comparaison
41:22avec par exemple
41:23Charlie Hebdo
41:24est très claire
41:24nous on a
41:25notre page d'avertissement
41:26la première
41:26on a pris une page jaune
41:28on a écrit en gros caractère
41:29ceci est une revue satirique
41:31à l'intention des indignés
41:33offensés
41:33etc
41:34vous n'êtes pas obligé
41:35de continuer la lecture
41:35vous pouvez laisser le magazine
41:36là où il est
41:37on ne va pas vous poursuivre avec
41:38mais malheureusement
41:41la gauche
41:42a ça dans son ADN
41:46ça veut dire déjà
41:47vu de la gauche
41:48une passion coupable
41:49pour l'envoquer
41:50c'est déjà inadmissible
41:51alors
41:52un texte de Papacito
41:54oui
41:54il y a un gap
41:56qu'on ne comblera jamais
41:57on ne demande pas
41:59à ces gens
41:59de devenir amoureux
42:00de ce qu'on fait
42:01encore une fois
42:01mais simplement
42:03si on a tort
42:06si on est grossier
42:07si on est je ne sais pas quoi
42:08il ferait mieux
42:08de nous laisser vivre
42:10et de nous faire connaître
42:11puisque comme ça
42:11tout le monde pourrait se rendre compte
42:12à quel point on se trompe
42:13diriez-vous
42:14de ce point de vue
42:14qu'il y a
42:15la liberté d'expression
42:16n'existe que dans la mesure
42:17où elle permet
42:18de tenir des propos
42:19qui révolteront
42:20l'immense majorité
42:21qui heurteront
42:22l'immense majorité
42:23je pense oui
42:24que l'irrévérence
42:25est devenue de droite
42:27aujourd'hui
42:27parce qu'elle est réellement
42:30en opposition
42:32avec ce fameux système
42:33ce fameux système
42:35à conditionnement
42:35à bien pensant
42:36et que la rupture
42:39entre la population
42:41entre l'opinion
42:42le sens commun
42:44enfin tout ce qu'on veut
42:44entre monsieur moyen
42:45et ce fameux système
42:47à conditionner
42:48la rupture
42:50est de plus en plus nette
42:51et si monsieur moyen
42:54se contente
42:54de s'indigner
42:55devant son JT
42:56etc
42:56tout va bien
42:57mais il ne faudrait
42:58surtout pas
42:58qu'une méchante
43:00presse vienne
43:00un petit peu
43:01structurer sa pensée
43:02et un petit peu
43:02attiser son mécontentement
43:04il nous reste deux minutes
43:05et vous m'avez conduit
43:06à la dernière question
43:06que j'avais à l'esprit
43:07monsieur moyen
43:08alors c'est un personnage
43:09pour qui lit
43:09Laurent Oberton
43:10monsieur moyen
43:11c'est l'homme ordinaire
43:13correct
43:14qui paie ses impôts
43:15qui accepte toujours
43:15d'en payer davantage
43:16tout en grognant un peu
43:17en fait c'est le persécuté idéal
43:19des temps présents
43:20qui se croit par ailleurs
43:21libre et heureux
43:22je l'ai peut-être mal défili
43:23alors que pense d'après vous
43:25monsieur moyen
43:26de ce qui vous arrive
43:26en ce moment
43:26est-ce qu'il se dit
43:27franchement Oberton
43:28s'il ne veut pas avoir
43:29de soucis
43:29il pourrait aller
43:29un peu moins loin
43:30pourquoi s'associer
43:31avec Papacito
43:32avec Marceau
43:33si Oberton ne veut pas
43:34de soucis
43:34il pourrait quand même
43:35faire des efforts
43:36oui bah ça c'est
43:37voilà c'est justement
43:38ce que le système
43:39voudrait
43:40qu'on intègre
43:42de toujours
43:43essayer de montrer
43:44des gages
43:44de bonne volonté
43:45de dire oui
43:46voilà effectivement
43:47on est aux droites
43:48mais pas trop
43:49on est quand même au fond
43:50on a un coeur à gauche
43:51ne vous inquiétez pas
43:52mais le problème
43:53c'est que si on commence
43:54à faire ça
43:54on donne
43:58un pouvoir
43:59de chantage
43:59on renforce
44:00son pouvoir
44:01de chantage
44:01qui n'est
44:02pour moi
44:02le seul pouvoir
44:03de la gauche
44:04est celui-là
44:04celui justement
44:05d'avoir cette espèce
44:06d'autorité morale
44:08de dire attention
44:09ça commence à nous rappeler
44:10les heures sombres
44:11etc
44:11et tout le monde
44:12doit se coucher
44:12tout le monde
44:13doit rentrer
44:13à la niche
44:14et nous
44:15c'est pour ça
44:16qu'on veut incarner
44:17une droite de rupture
44:18de dire
44:18ce n'est pas à eux
44:19de décider
44:20et on n'a pas
44:20à passer le temps
44:21à s'excuser
44:22et à mon avis
44:23si la droite
44:23avait su faire ça
44:24depuis quelques décennies
44:25le pays ne serait pas
44:26là où il en est
44:27il nous reste 30 secondes
44:28j'entends souvent dire
44:29de l'incorrect
44:29que c'est le magazine
44:31d'Arthur Le Matrigan
44:31que c'est le Technicard
44:32de droite
44:33est-ce qu'on pourrait dire
44:34que vous êtes
44:34le Charlie Hebdo
44:35de droite ?
44:36oui même le Harakiri
44:37je pense
44:37c'est un petit peu plus
44:38méchant et drôle
44:41épicé
44:42et bien écoutez
44:43merci d'être venu
44:44sur le plateau
44:45Laurent O'Barton
44:45et la liberté d'expression
44:48vous connaissez le slogan
44:49sur CNews
44:50tu n'as pas de prix
44:51merci Mathieu Bocoté
44:52merci Arthur Devatrigan
44:54dans un instant
44:55nous serons ensemble
44:56pour l'heure des pros
44:57avec une information
44:58on commencera comme ce matin
45:00avec des informations
45:00que personne ne va traiter
45:01puisque la justice
45:03a finalement ordonné
45:04la reprogrammation
45:05du film
45:06Sacré-Cœur
45:07à Marseille
45:08le film est reprogrammé
45:10le maire de Marseille
45:11est désavoué
45:12et on sera avec
45:13Stéphane Ravier
45:13qui a intenté cette action
45:15devant la justice administrative
45:17c'est un petit miracle
45:18dans le monde
45:19de la justice administrative
45:20de laisser un film
45:21parler comme ça
45:23scandale
45:23scandale
45:24qu'est-ce qui se passe
45:25on en parle dans un instant
45:26à tout de suite
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