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Mathieu Bock-Côté propose un décryptage de l’actualité des deux côtés de l’Atlantique dans #FaceABockCote

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Transcription
00:00Il est 19h sur CNews, merci d'être avec nous pour face à Mathieu Bocoté.
00:03Cher Mathieu, bonsoir.
00:04Bonsoir.
00:05Arthur Devatrigan, bonsoir.
00:06Ravi de vous retrouver.
00:08Dans un instant, on commence l'émission, mais avant cela, c'est le point sur l'information avec Isabelle Piboulot.
00:13Bonsoir Isabelle.
00:16Bonsoir Elliot, bonsoir à tous.
00:18Le parquet de Marseille n'exclut pas un énième meurtre lié au trafic de stupéfiants.
00:22Compte tenu du mode opératoire, le corps carbonisé d'un adolescent de 15 ans
00:27a été retrouvé hier dans le 14e arrondissement de la ville, dans le quartier des Arnavaux.
00:32Une douille a été découverte à proximité.
00:35La victime, au casier judiciaire vierge, avait été signalisée dans une affaire de menace
00:39dans laquelle elle avait été mise hors de cause.
00:42Emmanuel Macron recevra lundi à Paris Volodymyr Zelensky, annonce de l'Elysée.
00:47Les présidents échangeront sur les conditions d'une paix juste et durable en Ukraine.
00:52Des négociateurs ukrainiens ont pris la direction des Etats-Unis pour discuter du plan américain
00:56visant à mettre fin à l'invasion de la Russie,
00:59alors que Kiev a été la cible la nuit dernière d'une nouvelle attaque de drones.
01:03Dans le même temps, un important terminal pétrolier russe a été attaqué dans un port en mer noire,
01:08au large des côtes turques.
01:09Un pétrolier a été frappé hier soir et ce matin par des drones navals.
01:14L'équipage est sain et sauf, mais des dommages sont à déplorer.
01:16Le navire appartient à la flotte fantôme russe,
01:19qui permet au Kremlin de contourner les sanctions occidentales.
01:23L'attaque a été revendiquée par l'Ukraine.
01:25Merci Isabelle Piboulot pour le point sur l'information.
01:28A la une de face à Mathieu Bocoté,
01:31complément d'enquête où la montagne idéologique qui accouche d'une souris,
01:36tout ce bruit pour pas grand chose,
01:37si ce n'est la suppression en catastrophe d'une séquence tirée d'une étude de RSF
01:43contestée par l'ARCOM,
01:45inexactitude au nom d'une science idéologisée
01:48sur la négation du lien entre une partie de l'immigration et la délinquance par exemple.
01:54Tout ça pour rien, quoique c'est l'image bien évidemment du service public qui en pâtit.
01:58Retour sur le déni du réel avec Mathieu Bocoté dans un instant.
02:02A la une également direction la Belgique et Bruxelles,
02:04alors que la ville a décidé de créer une crèche de Noël sans visage,
02:10pour une crèche dite inclusive que faut-il y voir à travers cette crèche.
02:16Réponse dans cette émission, enfin vous recevez l'une des deux plumes de ce livre passionnant
02:20sur les guerres civiles de la renaissance à nos jours.
02:23L'auteur Jean Séville, qui a écrit également sur le terrorisme intellectuel,
02:27est votre invité, entretien à suivre dès 19h30.
02:31Voilà le programme de face à Mathieu Bocoté.
02:33Et cher Mathieu, on a beaucoup parlé de ce documentaire de complément d'enquête contre CNews
02:38et vous souhaitez y revenir aussi pour analyser la vision de la société française
02:43qui s'y exprime, Mathieu Bocoté.
02:45Oui, parce qu'on a vu, on a tous convenu de l'infinie médiocrité de ce documentaire.
02:51C'est-à-dire avec l'immensité des moyens qui sont les leurs,
02:54si tout ce qu'ils parviennent à trouver, c'est ce qu'ils ont trouvé,
02:57c'est que franchement, il n'y avait pas grand-chose à trouver.
02:59Premier élément.
03:00Et deuxièmement, le ton sentencieux, le ton tchiquiste, la médiocrité du procureur,
03:07le ton d'inquisition, tout ça, on le sait, donc on ne s'attardera pas là-dessus.
03:10Ça relève des évidences.
03:12Ce qu'on va chercher à comprendre, à tout le monde, ce que j'aimerais chercher à comprendre,
03:14c'est la philosophie, la vision de la France que dévoile ce documentaire,
03:22sans même le dire, l'arrière-fond de leur pensée,
03:25qu'est-ce qu'ils expriment sans le savoir.
03:27Donc on va avoir ça en six points d'abord et avant tout,
03:29parce que ça me semble assez intéressant.
03:31Premier point, quelle est la première scène de ce documentaire?
03:34Eh bien, on nous présente le public de CNews.
03:37Le public de CNews, on nous présente, donc globalement,
03:39ce sont deux pauvres bougres, c'est ainsi qu'on nous les présente,
03:42perdus dans la France rurale ou périphérique,
03:44qui sont petit-déjeuners, qui servent leur céréale
03:47ou peut-être un peu de pain, de mémoire, c'est du pain,
03:49et que là, qui annulent la télévision à 7h30
03:51et qui vont la fermer à 22h30,
03:53qui sont complètement hypnotisés
03:55par CNews
03:57à la manière d'une forme de puissance maléfique,
03:59tendance saroumane.
04:00Donc on est devant une vision,
04:03une infantilisation
04:04et une diabolisation, même pas une diabolisation dans ce cas-là,
04:06c'est une ridiculisation du public CNews
04:09comme une forme de public captif,
04:11illettré, un peu idiot,
04:13je ne dis pas que les gens le sont,
04:14Non, mais d'ailleurs, on les embrasse chaleureusement.
04:17Je dis qu'on nous les présente comme tels,
04:18ce n'est pas la même chose.
04:19Donc on nous les présente comme des gens
04:20qui sont un peu prisonniers de tout ça.
04:22Donc ça nous en dit beaucoup sur ce qu'on appelait,
04:24ça s'appelait les sendants.
04:25Ça nous en dit beaucoup sur la vision
04:27qu'ont les élites du peuple qui ne vote pas
04:29ou qui ne regarde pas les choses
04:30comme les émissions de télé
04:32qui sont recommandées par le système.
04:34Donc je me permets de faire référence aussi,
04:36rappelez-vous au moment du vote sur le Brexit,
04:38la présentation qu'on a faite des électeurs
04:40pour le Brexit.
04:41On les présentait comme une collection
04:42de débiles édentés
04:44qui sentent mauvais même à l'écran.
04:46Donc il y a ce mépris de classe,
04:48ce mépris identitaire
04:50pour une certaine France qui s'est exprimé.
04:52Point de départ.
04:52Deuxième, d'ailleurs, des gens pas très futés.
04:56Deuxième élément, qui manipule?
04:57Il faut bien qu'il y ait des manipulateurs
04:59s'il y a des manipulés.
05:00Ces news apparaissent dès lors dans leur esprit
05:02comme la puissance manipulatrice
05:04qui mettrait des idées absolument toxiques
05:07dans la tête de ces pauvres gens.
05:09Donc là, nous sommes collectivement,
05:10si j'ai bien compris,
05:11dans le rôle du mage terrifiant
05:14qui envoie des slogans,
05:15qui envoie des signaux.
05:16Par exemple, on dit que la rédaction aurait dit
05:18à je ne sais quel journaliste bien connu de sa mère,
05:20personnelle que je n'ai jamais rencontrée,
05:23mais bon, ce n'est pas très grave,
05:24qui se présente comme un ex de ces news
05:25comme il y avait autrefois
05:26les dissidents des pays de l'Est.
05:27J'ai connu le monstre et la bête.
05:29Et on lui a dit trois mots.
05:31Muslime, muslime, muslime.
05:33Et là, apparemment,
05:34il y aurait donc quelque part un cerveau malade
05:36qui aurait dit,
05:37nous allons programmer en fait
05:39une obsession musulmane en France.
05:41Il y aurait donc une forme de chef des conspirateurs
05:44en ces lieux qui aurait programmé.
05:46Parce que sachez-le,
05:47les Français n'auraient jamais eu l'idée
05:48qu'il y a des problèmes
05:49avec l'immigration massive,
05:50avec l'islam ou l'islamisme en ce pays
05:52si ce n'était de ces news.
05:53Si ce n'était pas de ces news,
05:54personne n'aurait l'idée
05:55que ça ne va pas bien en ce pays.
05:57C'est simplement parce que
05:58la chaîne, dans leur esprit,
06:00pratiquerait la désinformation
06:01et cultiverait des peurs infondées
06:04que les Français s'imagineraient
06:05que l'immigration fonctionne mal.
06:07Si ce n'était pas de ces news,
06:08apparemment, tout irait bien.
06:10Donc, c'est une vision,
06:10si je peux me permettre,
06:11très conspirationniste.
06:12Ces gens-là devraient s'inquiéter.
06:13Ils sont un peu complotistes, je trouve.
06:14C'est le complotisme chic
06:16du service public.
06:18Troisième méthode,
06:19la diabolisation fixée
06:20sur un personnage dans tout ça,
06:21c'est Pascal Praud.
06:22Vous noterez que finalement,
06:23ce complément d'enquête,
06:24c'est dans les faits,
06:25un moment de prodophobie.
06:26Donc, c'est la prodophobie.
06:28Praud est présenté,
06:29ce que j'appellerais dans les circonstances,
06:30Praud et ses insolentes audiences
06:32qui rendent fou toute une partie du système.
06:34Donc, comment s'expliquer ça?
06:36Alors, comment on va le diaboliser?
06:37En présentant toujours les mêmes images
06:40qui tournent depuis des années.
06:42Un pro qui se choque un peu,
06:44un pro qui parle un peu fort.
06:45Et là, on nous les présente
06:46comme si elles étaient toutes fraîches,
06:48alors qu'il s'agit d'images
06:49qui ont vieilli depuis plusieurs années déjà.
06:52Et on les sort du cartable en disant
06:53« Regardez, nous avons une preuve nouvelle! »
06:55Sauf que la preuve nouvelle existe depuis des années.
06:57Elle tourne en boucle,
06:59et ça nous en dit beaucoup
07:00sur les méthodes de la gauche
07:01qui a toujours la même manière
07:03de diaboliser quelqu'un.
07:04On prend une personne,
07:05on lui colle une ou deux citations
07:07hors contexte,
07:08et on les fait tourner en boucle
07:09sans arrêt
07:10pour que, finalement,
07:12ce personnage soit réduit
07:13aux étiquettes,
07:14aux citations,
07:15aux images qu'on lui colle.
07:16Donc, ce grand moment de prodophobie,
07:18je ne peux m'empêcher de croire
07:19qu'il y avait peut-être aussi là-dedans
07:21un peu de jalousie.
07:23Il y a le moment de diabolisation
07:24de Vincent Bolloré
07:25qui est à l'ordre des...
07:27Alors, pro pourrait dire
07:28que c'est justement
07:28le saroumane des temps présents.
07:30Vincent Bolloré,
07:31c'est plutôt le palpatine
07:32pour passer d'un imaginaire à un autre.
07:34Donc, c'est une forme
07:34de puissance conquérante
07:36qui voudrait à lui seul
07:37évangéliser la France.
07:39Donc, on lui prête
07:39des pensées inavouables,
07:41on lui prête
07:42des passions mystiques.
07:43Cet homme a le pouvoir
07:45de pratiquer la contre-révolution
07:47à l'échelle humaine
07:48en ces temps en France.
07:50Donc, il faut un méchant.
07:51Dans tout film pour enfants,
07:53un mauvais film d'action américain,
07:55il faut un méchant.
07:56Ensuite,
07:57ça, c'est un point important,
07:58cinquième point,
07:59dans cette émission,
08:01on comprend quelle est
08:01la conception de l'objectivité
08:03du service public.
08:03L'objectivité,
08:05c'est ce qu'ils pensent, eux.
08:06Donc, si on parle de sujets
08:08qui ne sont pas, par exemple,
08:09portés par la chaîne
08:10de référence du régime
08:11BFM ou France Info
08:12qui jouent un peu le même rôle,
08:14si on parle d'autres sujets,
08:16dès lors,
08:16on est dans la subjectivité.
08:18On est dans une bulle
08:19informationnelle,
08:20distincte,
08:20non fondée sur le réel.
08:22Donc, ces gens
08:22confondent, en fait,
08:24leurs préférences idéologiques
08:25ou sociologiques
08:26ou journalistiques
08:27avec l'objectivité éditoriale.
08:29Et si on s'en éloigne,
08:30dès lors,
08:31on est subjectif.
08:31Ils ne se posent jamais la question,
08:33mais est-ce que ça ne veut pas dire
08:35quelque chose
08:35du fait que le système,
08:36par exemple,
08:37refuse de parler
08:38des fameuses questions
08:39immigration,
08:40submersion migratoire,
08:41islamisme,
08:42délinquance?
08:43Est-ce qu'il y a une raison
08:43pour laquelle le système
08:44refuse d'en parler
08:45et devient fou
08:46lorsqu'on en parle ailleurs?
08:48Et dernier élément,
08:49la fin de l'émission,
08:50le fameux fauteuil rouge
08:52où l'inquisiteur,
08:54je perds son nom,
08:56Valec?
08:57Tristan Valec.
08:57Valec, Valec,
08:58dans le rôle
08:59de l'inquisiteur Blanbec
09:00qui a devant lui quelqu'un
09:02et là,
09:02vous avez,
09:03je reviendrai dans un instant,
09:04nous avons la science avec nous.
09:05Qu'avez-vous, vous?
09:06Nous sommes la science,
09:07S majuscule.
09:08Avec un mélange
09:09de candeur
09:09et de fanatisme
09:10assez étonnant,
09:11le fauteuil rouge,
09:12le fauteuil de l'accusé,
09:14devant Torquemada,
09:15nouveau genre,
09:16qui se présente
09:18et qui fait le procès
09:19et là,
09:19c'est le point de conclusion,
09:20la morale reprend ses droits
09:22et juge tous les péquenots
09:23qu'on a vus à l'écran
09:24pendant un peu plus d'une heure.
09:25N'y a-t-il pas,
09:26chez les gens
09:26de complément d'enquête,
09:27une forme de déni de réel ?
09:29Certains ont cru
09:31que c'était le cas
09:31au moment de parler
09:32du lien entre une partie
09:33de l'immigration
09:34et l'insécurité.
09:35Alors,
09:35c'est deux des très,
09:37très belles scènes
09:37de ce documentaire improbable.
09:40Alors,
09:41il y a Ballard,
09:42je reviens dans un instant,
09:43Philippe Ballard,
09:45qui est invité
09:45dans leur esprit
09:47pour défendre la chaîne
09:48parce qu'ils ont besoin
09:48d'un représentant
09:49de partis politiques
09:49pour défendre la chaîne.
09:50Il faut vraiment
09:51être un peu bizarre.
09:51Donc,
09:52c'est une séquence lunaire,
09:53on est dans une fabrication
09:53de fake news en direct.
09:55D'abord,
09:55dans le docu,
09:56on nous dit
09:57la science nous dit
09:58qu'il n'y a pas de lien
09:59entre insécurité
10:01et immigration.
10:02La science le dit.
10:03Mais la science,
10:04pour ce que j'en sais,
10:04j'aimerais le rappeler,
10:05la science,
10:06c'est un travail
10:06d'enquête évolutive
10:07permanent
10:08qui permet d'accumuler
10:09les données
10:09qui peuvent toujours
10:10être questionnées
10:10à partir de méthodes valables
10:12jugées par ceux
10:13qui pratiquent justement
10:14cette science.
10:15La science,
10:15ce n'est pas
10:16la parole du bon Dieu.
10:17Le catéchisme dit.
10:18Alors,
10:18ces gens-là disent le mot science
10:19comme d'autres disaient
10:20autrefois le catéchisme.
10:21Donc,
10:22ils mettent le mot
10:22avec un S majuscule
10:23et ils nous expliquent
10:25fondamentalement
10:25que la science dit
10:27qu'il n'y a pas de lien
10:27entre immigration et insécurité.
10:29Je ne prends pas la peine
10:30de revenir dans le détail
10:32sur toutes les preuves.
10:33Je vous invite à lire
10:33le long tweet
10:34de Marc Vangard aujourd'hui
10:35qui est revenu,
10:36ou hier je crois,
10:37qui est revenu
10:38sur cette espèce
10:39de fake news en direct
10:40portée par le service public
10:41qui ose nier le lien
10:43documenté,
10:44documenté cent fois,
10:45documenté mille fois
10:46dans plusieurs pays
10:47entre immigration
10:48et insécurité.
10:49Donc,
10:50le lien est là,
10:50il est factuel.
10:51Moi,
10:51ce qui me fascine,
10:52c'est la psychologie
10:54du déni
10:55qui était au cœur
10:55de ce documentaire.
10:57Pourquoi le régime
10:58refuse-t-il
10:59de parler
11:00d'immigration,
11:01d'insécurité,
11:02d'islamisme,
11:02d'islam?
11:04Parce que,
11:05dès lors que le réel
11:06surgit,
11:07le régime est désavoué.
11:08Dès lors que le réel
11:10est mentionné,
11:11eh bien,
11:12le régime est détraqué
11:12parce qu'il est fondé
11:13sur une révélation
11:14de la nature religieuse,
11:15la diversité heureuse.
11:17Si vous constatez
11:18que la diversité
11:19n'est pas aussi heureuse
11:20que vous le prétendez,
11:21eh bien,
11:21ce réel surgit,
11:23déstabilise le régime,
11:25déstabilise la classe dirigeante,
11:27déstabilise les commissaires
11:28politiques qui se font passer
11:29pour des journalistes.
11:30Donc,
11:31leur fonction
11:32aux commissaires politiques
11:33journalistes,
11:34ce n'est pas
11:34de témoigner du réel,
11:36c'est de faire écran
11:37à ce qui,
11:38du réel,
11:38vient contredire le dogme.
11:40De ce point de vue,
11:41nous sommes devant
11:41des interprètes,
11:43en fait,
11:43d'une idéologie
11:44et martèle l'idéologie.
11:46Et plus l'idéologie
11:46est désavouée,
11:48plus il faut
11:48des constructions
11:49sophistiquées
11:50pour nous expliquer
11:50que le réel
11:51n'existe pas.
11:52Parce que là,
11:53c'est documenté,
11:54je pense qu'on peut
11:54en convenir.
11:55Immigration,
11:55insécurité,
11:55il y a un lien.
11:56L'insécurité se réduit
11:57par l'immigration,
11:58tout le monde en convient,
11:59mais il y a un lien
12:00documenté.
12:01Alors,
12:02plus le déni
12:03est audacieux,
12:04plus il faut
12:05des constructions
12:05théoriques absurdes
12:07pour dénier le réel.
12:08Ce qui fait en sorte,
12:08soit dit en passant,
12:09que les gens du même milieu
12:10nous expliquent
12:11que la théorie du genre
12:12n'existe pas,
12:12que l'insécurité
12:13n'existe pas,
12:14que l'islamisation
12:15n'existe pas,
12:17finalement que le réel
12:18n'existe pas,
12:18si je peux me permettre.
12:19Le mot science,
12:20chez ces gens,
12:21en fait,
12:21a une fonction,
12:22c'est d'écraser
12:23sur le mode
12:24de la terreur morale
12:25tous des accords.
12:26Parce que si on leur présente
12:26des faits
12:27qui vont de leur conception
12:29dogmatique de la science,
12:31une fausse science,
12:31une science falsifiée,
12:33eh bien,
12:33ils s'écroulent.
12:34Vous voulez revenir
12:35également,
12:36Mathieu Bocoté,
12:37sur le fait,
12:41du moins cette question,
12:42comment expliquer
12:43cet acharnement
12:44contre CNews ?
12:45Peut-on y voir
12:45une sorte de détournement
12:47militant de l'argent public ?
12:48Je pense que oui.
12:49C'est-à-dire,
12:49à un moment donné,
12:50quand une mouvance
12:51s'empare
12:52des plus prestigieuses,
12:54en guillemets,
12:54émissions,
12:55pour lancer
12:56une forme de fatwa,
12:58sans s'imaginer,
13:00fatwa médiatique
13:01et juridique
13:02contre une chaîne
13:03qui est accusée
13:04de déstabiliser
13:05le jeu politique.
13:07Pourquoi ?
13:07Parce qu'elle met de l'avant
13:08des faits
13:09qui ne devraient pas
13:10être mentionnés,
13:11parce qu'elle propose
13:12chez certains
13:12de ces éditorialistes,
13:13mais pas chez tous,
13:14parce qu'il y a
13:15une pluralité
13:15sur cette chaîne,
13:16quand le réel
13:17est mentionné,
13:17ça déstabilise
13:18le régime.
13:20Alors,
13:20ça nous oblige,
13:20et je terminerai
13:21sur cela,
13:21à nous poser
13:22une question
13:22toute simple.
13:23Quelle est la psychologie
13:24de ces gens ?
13:25Quelle est la psychologie ?
13:26Eh bien,
13:27nous sommes devant
13:27des gens
13:28qui sont enfermés
13:28devant un dogme,
13:30celui de la diversité heureuse.
13:32Nous sommes devant
13:33des gens
13:33qui ont un réflexe
13:34autoritaire fort.
13:35Cette chaîne
13:35ne devrait pas exister
13:37et qui cherche
13:37à construire le dossier
13:39à coup de condamnation,
13:40à coup d'enquête,
13:41pour à terme
13:42avoir la fermeture
13:43d'une chaîne
13:43qui fait écho
13:44à la part du réel
13:45dont ils ne voudraient
13:46pas entendre parler,
13:47comme j'aime dire
13:47en sa matière chez eux,
13:48le réel,
13:49nos passaran.
13:51Média de confiance
13:52ou pas complément d'enquête ?
13:53Je crois que pour le présent pouvoir,
13:56ce sera Média de référence,
13:57hélas.
13:57Média de référence.
13:58Arthur Devatrigan,
13:59quel regard vous avez porté
14:01sur ce reportage ?
14:03Je disais,
14:03c'est la montagne idéologique
14:04qui accouche d'une souris
14:06en pleine commission
14:07d'enquête parlementaire
14:08sur l'audiovisuel public,
14:10d'ailleurs.
14:10Je connais que j'ai été
14:12un peu déçu
14:13par ce fameux complément d'enquête
14:15parce que les mois de travail,
14:17on nous avait dit
14:17des promesses de révélation,
14:20des bandes d'annonce
14:20pur à colostumeurs
14:22et même la pierre des allumeuses
14:24crée moins de frustration
14:25parce qu'on regarde
14:26à la fin de ça,
14:27il n'y a rien.
14:27Il n'y a vraiment rien.
14:28Il y avait dans la besace
14:30deux scoops.
14:30Le premier,
14:31c'est le rapport de RSF.
14:33C'est comme si vous demandiez
14:34à Patrick Cohen
14:35de faire un rapport
14:35de notre objectif
14:36sur l'incorrect.
14:37Forcément,
14:38comme c'était ultra bidonné,
14:39l'ARCOM a dit
14:39que ça a commencé à se voir
14:40donc on l'enlève.
14:41Et le deuxième,
14:42c'est la révélation intergalactique.
14:43Je ne m'y attendais vraiment pas.
14:44Les études scientifiques
14:45démontrent l'absence de lien
14:46entre immigration et délinquance.
14:48Je pense que ça a fait rire
14:49tout le monde.
14:50Ils se sont abrités
14:51derrière un rapport
14:51du Centre d'études prospectives
14:53et d'informations internationales,
14:55un rapport de quatre pages.
14:56Même ma fille en cinquième
14:57fait des rédactions plus longues
14:58et qui dans quatre pages
15:00arrivent à se contredire.
15:01Ils ont une souplesse
15:01de baleine russe.
15:02C'est-à-dire qu'ils disent
15:03qu'il n'y a pas le lien
15:04mais en même temps,
15:05ils affirment
15:06qu'il y a une sur-représentation
15:07des immigrés
15:07dans la statistique
15:08de la délinquance.
15:09Et on nous dit
15:10que ce truc-là,
15:10ça a coûté 400 000 euros.
15:12Alors en cette période
15:16pour gratter des sous
15:17ça et là,
15:17j'espère que la facture
15:18ne va pas tomber
15:18entre leurs mains
15:19sinon ils risent
15:20à avoir des mauvaises surprises.
15:22Mais il y a surtout
15:23une autre humiliation,
15:24c'est le lendemain,
15:24c'est la sortie
15:25du Figaro Magazine
15:25avec l'excellente
15:27Judith Vintraub
15:27et ses confrères
15:28qui ont sorti une enquête
15:29sur Radio France.
15:31Et là,
15:31l'istrillon du fauteuil rouge
15:32devrait la lire.
15:33Il va découvrir
15:33ce truc-là
15:33avec le journalisme.
15:34C'est-à-dire des faits,
15:35des infos.
15:35Ce n'est pas du blabla
15:37un peu pédant
15:39aux frais de la princesse
15:40si vous voulez.
15:41Donc comme disait l'autre,
15:42il y a ceux qui donnent
15:43des leçons,
15:44ils ont de déontologie,
15:44ils n'ont pas un échantillon
15:45sur eux,
15:46mais ils le font quand même.
15:47Mais si vous voulez,
15:47depuis la révélation
15:48de l'affaire Thomas Le Grand Cohen,
15:49c'est le bunker qui tremble
15:50et donc plus il tremble,
15:51plus il réagit,
15:52plus il réagit,
15:52plus il réagisse mal.
15:53Et mon petit doigt me dit
15:54qu'il y aura un épisode
15:55la semaine prochaine,
15:56on en reparlera.
15:57Alors il y a une de ses conséquences
15:59de cette affaire,
15:59vous l'avez dit,
16:00c'est la commission
16:01d'enquête parlementaire.
16:02Donc la première audition
16:03s'est déroulée cette semaine
16:05avec l'ARCOM,
16:06et on a appris pas mal de choses,
16:07au moins on apprend des choses
16:08dans une commission parlementaire
16:09puisque dans un magazine
16:10financé par nos impôts,
16:11et notamment que son président,
16:12M. Adjari,
16:13est passé dans des cabinets
16:14ministériels
16:15entre 2000 et 2002,
16:16puis 2014 et 2015.
16:18Misérement,
16:19c'est des gouvernements de gauche,
16:20bon bah pourquoi pas.
16:21Alors ensuite on lui dit,
16:22bah oui mais c'est la gauche,
16:23il dit, bah oui mais je défends
16:24mon impartialité
16:25parce que j'ai plus d'activité
16:26ou d'implication politique
16:27depuis 11 ans.
16:28Très bien,
16:29mais on peut honnêtement penser
16:30que si on s'engage
16:31dans une politique,
16:31c'est parce qu'on a des convictions
16:32et c'est pas parce qu'on a
16:33plus d'activité politique
16:35que les convictions s'envolent.
16:36Bon bah ça a pas loupé
16:37parce qu'on a appris
16:38qu'en 2025,
16:38il a nommé un collaborateur
16:40à l'ARCOM
16:40qui en septembre 2024
16:41se qualifiait lui-même
16:43de anti-Bolloré assumé
16:44et qui avait lancé
16:45un appel public
16:46à une mobilisation
16:47anti-fasciste et indigéniste,
16:49j'aime bien les trucs en iste,
16:50contre l'Empire Bolloré.
16:51Bon les convictions,
16:52elles sont quand même pas
16:52si isolées avec ça.
16:54Et si on a un peu de mémoire,
16:55bah ce monsieur Adjari,
16:56à une époque,
17:01un rapport avec Papéniaï,
17:03qui n'est pas vraiment
17:04un type de droite non plus,
17:05un rapport sur la diversité à l'Opéra.
17:07Et je vous donne un exemple
17:08de la proposition
17:09qui est sortie de ce rapport.
17:10Démarcher de manière active,
17:12y compris à l'international,
17:13des artistes non-blancs
17:14de haut niveau
17:15pour changer l'image
17:16des métiers classiques
17:16et servir de rôle modèle.
17:18On appelle ça une discrimination
17:19à la couleur de peau.
17:20D'autres appellent ça du racisme.
17:21Mais il paraît que monsieur Adjari
17:22ne fait pas de politique.
17:24De toute façon,
17:24ça n'avait encore des doutes
17:25sur le militantisme
17:26qui règne au sein du bunker
17:28ou du Mordor Radio France.
17:29Voici ce que disait
17:30l'ancienne patronne
17:31de France Inter
17:32sur France 2.
17:33Quand on se sent chez toi,
17:33on a la parole
17:34qui se libère plus facilement.
17:35Si la gauche avait autant
17:36de lecteurs que France Inter
17:37à d'auditeurs,
17:38on serait content.
17:39On voit tout à dit, je crois.
17:40Et en même temps,
17:41monsieur Adjari
17:42et l'ARCOM
17:43ont retoqué publiquement
17:45l'étude de Reporters sans frontières
17:48obligeant,
17:49complément d'enquête,
17:50à enlever à la hâte
17:53la séquence dans leur reportage
17:56précisant que CNews
17:58respectaient le plural.
18:00sur l'étude
18:01qui avait été menée
18:02pourtant avec un grand
18:03professionnalisme
18:04de Reporters sans frontières.
18:06Autre sujet à présent.
18:08Parlons de cette crèche
18:09sans visage.
18:10C'est une histoire
18:11en Belgique.
18:12Encore une fois,
18:13une crèche de Noël
18:14en Belgique
18:14aux personnages sans visage.
18:17De quoi parlons-nous exactement ?
18:19Il nous reste quelques minutes.
18:20D'une œuvre d'art
18:21propre au régime diversitaire.
18:23Alors globalement,
18:23qu'est-ce qu'il y a ?
18:24On est devant,
18:25donc c'est Noël.
18:26Noël égale crèche de Noël.
18:28Crèche de Noël égale,
18:29traduction,
18:30il faut normalement
18:31des personnages.
18:32Il y a une représentation,
18:33représentation des temps bibliques
18:34et ainsi de suite.
18:35Or, qu'est-ce qu'on voit ?
18:36Vous l'avez dit,
18:37je pense qu'on peut voir l'image.
18:38Des personnages sans visage,
18:40des personnages,
18:41c'est comme des haillons
18:41rassemblés pour créer
18:42de manière artificielle
18:43un personnage.
18:44Or,
18:45pour quelle raison ?
18:47Eh bien,
18:47on l'apprend
18:47dans les journaux belges.
18:48Je cite l'artiste Benoît
18:50qui explique son oeuvre
18:52le fait de cette manière.
18:54Il s'agit d'une oeuvre poétique
18:55et inclusive.
18:57Je précise que 90%,
18:58si j'ai bien compris,
18:59j'espère ne pas me tromper,
19:00il y a des sondages en ligne,
19:0190% des gens disent
19:03de ne pas aimer.
19:03Donc en matière d'inclusion,
19:04ça fonctionne plus ou moins bien.
19:06Et on nous dit,
19:07le fait de ne pas mettre de visage
19:08permet à tout un chacun
19:10de s'approprier chaque personnage.
19:12Et ça permettrait à chacun
19:15de s'approprier les représentations.
19:18Alors,
19:18qu'est-ce qui se joue derrière ça ?
19:20Comment expliquer la chose ?
19:22Premier élément,
19:23en fait,
19:23j'expliquerai ça
19:23pour une forme de séquence
19:24presque dialectique.
19:26Ces dernières années,
19:27on était dans la destruction
19:27de la tradition.
19:29Il fallait détruire, détruire,
19:30détruire tous les référents occidentaux
19:31pour créer la société
19:32multiculturelle, diversitaire,
19:34pour créer une société
19:35vide de toute substance
19:36qui pourrait renaître
19:37sous le signe
19:38de la diversité rédemptrice.
19:40Mais la tradition
19:40est encore là.
19:41Quand vous avez tout détruit,
19:43on constate que le peuple
19:44est encore attaché
19:44à ses symboles,
19:45notamment à la crèche.
19:46Dès lors,
19:47qu'est-ce que vous faites ?
19:48Vous appropriez le symbole,
19:50mais vous lui prêtez
19:51un nouveau sens,
19:52un nouveau contenu.
19:54Vous lui imposez
19:55surtout une nouvelle esthétique
19:56avec un souci
19:57de défiguration explicite.
19:59Donc,
19:59vous voulez associer
20:00ce symbole
20:01venu du monde d'hier.
20:03Vous n'avez pas réussi
20:03à le détruire complètement.
20:05Vous le réapproprier
20:05sur le mode
20:06de la laideur.
20:08Et qu'est-ce qu'on voit
20:08à travers ça ?
20:09Il y a l'effacement du visage.
20:10Je croyais un peu bêtement
20:12que le christianisme
20:13était la religion du visage,
20:14de la singularité de l'homme.
20:16Eh bien,
20:16on vient bafouer
20:17cette marque chrétienne essentielle.
20:18Donc,
20:19à terme,
20:19qu'est-ce qu'on voit ?
20:20L'inclusion repose
20:21sur une forme d'exclusion
20:22préalable
20:23de notre patrimoine
20:23historique singulier.
20:25Voyant cela,
20:25j'ai envie de me dire,
20:26puisque c'est en Belgique,
20:27vivement qu'Alain Destec
20:29se revienne aux affaires là-bas,
20:30ça pourrait peut-être
20:31mettre un retour au réel,
20:32permettre un retour au réel.
20:33Faut-il y voir,
20:34Mathieu Bocoté,
20:35un épisode
20:36de ce qu'on appelle
20:36depuis les années 1990,
20:39la guerre de Noël ?
20:41La guerre contre Noël ?
20:42La guerre contre Noël ?
20:42La guerre against Christmas ?
20:45Aux États-Unis,
20:46c'est très important.
20:46Les années 1990,
20:47c'est la guerre contre Noël.
20:48Donc,
20:48on constatait,
20:49à partir de la fin de l'année,
20:51qu'on ne disait plus
20:52les fêtes de Noël,
20:52on disait les fêtes de fin d'année.
20:54On ne disait plus Pâques,
20:55on disait les fêtes du printemps,
20:56en fait,
20:56la liste.
20:57Donc,
20:57la volonté de déchristianiser
20:58intégralement
20:59pour créer une société inclusive.
21:00La condition de l'inclusion,
21:01c'est la déconstruction
21:02de toute référence chrétienne
21:03et de toute référence occidentale.
21:05Mais à travers cela,
21:06il y a aussi,
21:07tout simplement,
21:08la volonté des temps présents
21:10d'évacuer jusqu'aux dernières traces
21:12de ce que nous étions.
21:13C'est l'obsession moderne
21:14de l'auto-engendrement
21:15de l'homme nouveau,
21:16l'homme sans racine,
21:17l'homme sans mémoire,
21:18l'homme sans tradition,
21:19l'homme sans culture.
21:20Mais quand vous aurez tout détruit,
21:22quand on aura tout déconstruit,
21:24sachez qu'il y aura quelque chose
21:25pour prendre la place.
21:26On appelle ça
21:26l'islamisme conquérant.
21:28Peut-être est-ce pour cela
21:29qu'on a des poupées sans visage
21:30dans cette fausse crèche.
21:31Il nous reste encore
21:31quelques secondes
21:32avant de recevoir
21:33Jean Sévillat
21:34pour les guerres civiles.
21:35Parlons de la guerre
21:36contre Noël
21:37et cette crèche sans visage.
21:40Arthur Devatrigan.
21:41Ce qui est amusant,
21:42c'est quand on critique,
21:42on nous traite de réactionnaires
21:44et ce qui est assez facilement,
21:45c'est de voir des types
21:46qui traitent de réactionnaires,
21:48ceux qui ont l'humilité
21:49de reconnaître
21:49qu'ils ne sont pas
21:50à l'origine du tout
21:50parce qu'une culture,
21:52une civilisation,
21:53une histoire nous précèdent,
21:54se féliciter de revenir
21:55à l'iconoclasme
21:57de l'Empire Byzantin
21:58au VIIIe
21:58ou à la réforme en Occident
22:00au XVIe.
22:01C'est quand même
22:01vachement réactionnaire.
22:02Mais voilà où mène
22:03le multiculturalisme
22:05qu'on nous présentait
22:05comme le dépassement ultime
22:07de la liberté,
22:07des règles propres
22:08à la culture particulière.
22:10Pour ne pas heurter
22:10la sensibilité
22:11des nouveaux venus,
22:12il devient nécessaire
22:13de renoncer à la culture.
22:15Donc non seulement
22:15les libertés ne s'additionnent pas,
22:17mais les interdits, oui,
22:18et les interdits arrivent
22:20dans les bagages
22:22de la culture islamique.
22:24Mais je précise
22:25que le respect d'un interdit
22:26ne vaut vraiment
22:27qu'il n'y ait pas
22:28une soumission servile
22:29à une règle,
22:30mais une adhésion.
22:31Il semblerait que
22:31dans certains coins
22:32de Belgique
22:33et de France
22:33ce soit déjà l'occurrence.
22:34La publicité,
22:35on revient dans un instant.
22:36Jean Sévillat
22:37sera notre invité
22:38pour les guerres civiles.
22:40A tout de suite.
22:40C'est quasiment 19h30
22:44sur CNews pour la suite
22:45de face à Mathieu Bocoté,
22:46toujours avec Mathieu,
22:47bien sûr,
22:48et Arthur Devatrigan.
22:49Il nous a rejoint
22:49sur le plateau.
22:50Jean Sévillat.
22:51Merci d'être avec nous,
22:52Jean Sévillat.
22:53Pourquoi avoir invité
22:55ce samedi soir
22:55Jean Sévillat ?
22:56Parce que chacun
22:57des livres de Jean Sévillat,
22:58c'est un livre
22:58qu'il dirige
22:59avec Jean-Christophe Busson,
23:00est un événement.
23:01C'est un événement intellectuel.
23:04Or, dans ce livre,
23:04Jean Sévillat,
23:05une capacité
23:06que tous les historiens
23:07n'ont pas,
23:08c'est d'éclairer le présent
23:09dans la lumière de l'histoire.
23:10Quelquefois,
23:10l'histoire s'enferme
23:11dans une espèce
23:12de passion méticuleuse,
23:13des détails oubliés,
23:14mais on oublie
23:15qu'elle peut aussi
23:15éclairer le présent
23:16si on le souhaite
23:17et ce livre nous le permet.
23:18Jean Sévillat, bonsoir.
23:19Bonsoir.
23:20Alors, allons-y
23:21très simplement.
23:21C'est un livre
23:22« Les guerres civiles
23:23de la Renaissance à nos jours »
23:24et à la fin de l'introduction,
23:25vous nous dites,
23:26certes, c'est pour éclairer le passé,
23:28mais c'est peut-être,
23:28hélas, aussi pour éclairer l'avenir.
23:30Pourquoi ?
23:30Oui, évidemment,
23:31c'est un livre d'histoire,
23:32mais la question que nous posons
23:33évidemment était sous-tendue
23:34par une question,
23:35une angoisse
23:36pour la situation présente.
23:38La France,
23:39c'est un pays très fracturé.
23:41Ce type de fracture,
23:42on l'observe
23:43dans d'autres nations.
23:44On l'a observé
23:45aux États-Unis,
23:46on l'a observé
23:47en Angleterre.
23:49C'est vrai que le terme
23:50« guerre civile »,
23:51« guerre civile »,
23:51ça revient plus ou moins
23:52à bon escient.
23:53Donc, l'idée du livre
23:55a été nourrie aussi par ça,
23:57par cette inquiétude,
23:59ce questionnement.
24:00On voulait apporter
24:00à la fois une réponse historique
24:03apportée par des experts
24:05et puis poser la question
24:07est-ce que ce drame,
24:09parce qu'une guerre civile,
24:10c'est un drame,
24:10c'est le plus haut potable
24:12des drames,
24:12pourrait nous tomber
24:14sur la tête.
24:15Alors, vous prenez
24:15plusieurs cas,
24:17à travers différents pays,
24:18différents continents,
24:19mais vous proposez,
24:20je crois,
24:21une forme de définition,
24:22presque une définition
24:24presque unifiée
24:24des guerres civiles.
24:25Donc,
24:25qu'ont les guerres civiles
24:26dont vous parlez ?
24:27Qu'est-ce qu'elles ont en commun ?
24:28Une guerre civile
24:29survient dans une société
24:30où la conflictualité,
24:34parenthèse,
24:35il y a toujours
24:35la conflictualité
24:36dans toute société.
24:37Les hommes ne sont pas des anges,
24:38il y a toujours des désaccords,
24:40il y a des ambitions personnelles,
24:41il y a des appétits matériels,
24:44des différences d'idées.
24:46Mais il y a un moment
24:47où si la puissance souveraine,
24:49l'État,
24:50le roi,
24:51la République,
24:52selon les époques,
24:53ne parvient plus
24:54à faire l'unité
24:54du corps social,
24:55que le corps social
24:56se divise.
24:59La guerre civile,
25:00ce n'est pas toujours fait,
25:01il faut que le sang coule.
25:03La violence,
25:04ça peut exister,
25:05les insurrections,
25:06les révoltes,
25:07ça a toujours existé,
25:08l'ancien régime
25:08était plein de révoltes,
25:09mais il y a un moment
25:09où une révolution,
25:11ce n'est pas une révolte.
25:12Il y a un moment
25:12où quelque chose éclate
25:14et ça va jusqu'au sang.
25:17Alors,
25:17vous nous dites
25:17que dans la modernité,
25:18dans l'introduction,
25:19encore une fois,
25:19vous dites qu'il y a un élément
25:20qui s'ajoute
25:21et qui crée presque
25:22des conditions,
25:22ce sont mes mots,
25:23ce ne sont pas les vôtres,
25:24vous me direz si je vais trop loin,
25:25des conditions d'une forme
25:26de guerre civile permanente
25:27et c'est le communisme.
25:28C'est-à-dire,
25:28quand le communisme apparaît
25:29dans les sociétés,
25:31vous connaissez la formule
25:32de Lénine,
25:32qui renverse la formule
25:33de Klaus Witt,
25:34Lénine dit
25:34la politique,
25:35c'est la poursuite
25:35de la guerre
25:36par d'autres moyens.
25:37Vous dites,
25:37le communisme est presque
25:38un facteur
25:39de possibilité
25:40de guerre civile permanente.
25:42Est-ce qu'on peut dire
25:42qu'à l'échelle du XXe siècle,
25:43c'était vrai ?
25:44Oui, parce qu'il y a
25:45une fureur,
25:46une passion révolutionnaire.
25:48Devant,
25:48Marx disait que
25:49la violence
25:50est la grande accoucheuse
25:51de l'histoire.
25:52Donc,
25:52l'idée,
25:53le communisme,
25:54historiquement,
25:55dans tous les cas
25:56où il s'est présenté,
25:57porte en lui une violence,
25:59l'idée qu'il faut
26:00un basculement
26:01de la société
26:01par la violence.
26:03C'est le projet léniniste.
26:04Je veux dire,
26:04le communisme
26:05n'est jamais un humanisme.
26:07Arthur Le Matrigan.
26:08C'est un livre passionnant
26:09parce qu'on apprend
26:10plein de choses.
26:11Il y a 20 chapitres,
26:13chacun consacré
26:14à une guerre civile.
26:15Il y a les Christéros,
26:16le Liban,
26:16l'Angola.
26:17Il y en a 5 consacrés
26:18à la France.
26:19Est-ce que la France
26:20a en elle
26:22un mal
26:23qui est propice
26:25aux guerres fratricides,
26:26à la guerre civile ?
26:28Qu'est-ce qui est
26:28si particulier à la France ?
26:30Ce qui est particulier,
26:31c'est qu'en fait,
26:31on est un pays fracturé.
26:33Il y a une France de gauche,
26:34une France de droite,
26:36une France chrétienne,
26:37une France anti-chrétienne,
26:40une France...
26:41j'allais dire
26:42de vieux Français,
26:43une France de nouveaux Français.
26:44Il y a des lignes
26:45de fractures.
26:46Quand la ligne
26:49de fractures
26:50cède,
26:52c'est la violence
26:55qui débouche.
26:55Alors,
26:56toute violence,
26:57encore une fois,
26:58ne bouge pas
27:00sur la guerre civile.
27:01Les barricades
27:02de mai 68,
27:03c'était très violent.
27:04Il y a eu des blessés,
27:05des deux côtés,
27:06mais ça n'a pas été
27:07une guerre civile.
27:08Et même
27:09les gilets jaunes,
27:11il y a eu de la violence,
27:12ça n'a pas débouché
27:12sur une guerre civile,
27:13Dieu merci.
27:14Et même
27:14les insurrections,
27:16enfin,
27:16les émeutes des banlieues
27:172005 ou 2023,
27:20ça n'a pas débouché
27:21sur la guerre civile.
27:22Simplement,
27:22il y a des moments
27:22où quand tout pousse
27:25dans le même sens
27:26de la violence,
27:26quand il y a une coalition,
27:28je dirais,
27:29une coagulation même
27:30des phénomènes de violence,
27:31là,
27:31on peut commencer
27:32à s'inquiéter
27:32et toujours avec
27:33un phénomène
27:34de faiblesse de l'État.
27:36C'est ça,
27:36c'est le point commun.
27:37Quand il n'y a plus
27:38quelque chose,
27:39un pouvoir souverain
27:40qui parvient
27:42à réunir la société,
27:43là,
27:44ça peut éclater.
27:45Alors,
27:45vous avez évoqué
27:46justement 2005,
27:47plus encore
27:48les émeutes de 2023
27:49et vous évoquez
27:50notamment dans le livre
27:51le fait que c'est
27:53dans ce contexte
27:55que la question
27:55de la guerre civile
27:56semble revenir
27:57en France
27:57de plus en plus.
27:58Mais je me souviens
27:59très bien,
27:59en 2023,
28:00il y avait presque
28:01une polémique
28:02dans les milieux
28:02intellectuels.
28:04Certains disaient
28:04guerre civile
28:05et d'autres disaient
28:06à l'instant,
28:06une guerre civile,
28:07c'est dans un même peuple.
28:08Or,
28:09est-ce qu'aujourd'hui
28:09en France,
28:10on peut dire
28:10que les tensions,
28:11au-delà de la nationalité
28:12administrative et juridique
28:14qui n'est pas vaine,
28:15est-ce qu'on peut dire
28:15que lorsqu'il y a des tensions,
28:17s'il y avait demain
28:17des tensions,
28:18est-ce qu'on pourrait dire
28:18que c'est une guerre
28:19dans le même peuple ?
28:20Tout comme il y a eu
28:21une guerre civile
28:22chez les Irlandais,
28:23par exemple,
28:23ça c'était dans le même peuple,
28:24en Espagne,
28:24c'est dans le même peuple.
28:25Est-ce qu'il y a en France
28:26aujourd'hui,
28:26ce terme est le plus adéquat
28:28pour parler
28:28des si il y a une radicalisation
28:30des tensions
28:30dont vous parlez ?
28:32Ce qui est assez nouveau,
28:33évidemment,
28:33c'est que sur le sol français,
28:34actuellement,
28:34on n'est plus dans une situation
28:35d'homogénéité,
28:38j'allais dire ethno-culturelle,
28:40c'est un terme sociologique,
28:41il n'y a aucun jugement
28:42de valeur derrière.
28:42Donc,
28:44ça introduit
28:44un contexte assez nouveau.
28:47Pour faire une comparaison,
28:48la fin de la guerre d'Algérie,
28:49c'est quelque chose
28:50d'assez chronologique.
28:51Et je rappelle,
28:52juridiquement parlant,
28:53la guerre d'Algérie,
28:54c'est de vous,
28:54alors que tous les citoyens,
28:56tous les gens
28:57qui habitent sur le territoire
28:58de l'actuel d'Algérie
28:59étaient tous citoyens français,
29:01nationaux français
29:02et citoyens français.
29:03Donc,
29:03on est en effet
29:04dans une configuration
29:06assez nouvelle
29:06actuellement en France,
29:08avec des populations
29:09issues d'origines diverses
29:11et il y a un problème
29:12d'intégration,
29:14c'est un autre problème.
29:15Mais là,
29:16on est au cœur,
29:16évidemment,
29:17du questionnement
29:18sur la cohérence
29:20et la cohésion
29:21de la société française.
29:22Alors,
29:22la marque distinctive
29:23de la guerre civile,
29:24vous nous dites,
29:24c'est des gens
29:25qui étaient voisins,
29:26qui se parlaient,
29:26qui étaient amis,
29:27qui partageaient un repas,
29:28soudainement deviennent
29:29des ennemis irréconciliables
29:31parce qu'à la rigueur,
29:32on peut toujours faire la paix
29:33avec une puissance étrangère,
29:35une question de rapport de force.
29:37La guerre civile
29:37a quelque chose
29:38de plus tragique,
29:39peut-être,
29:40blesse plus intimement
29:42l'âme.
29:43Pourquoi ?
29:43Parce que c'est une guerre
29:44métaphysique,
29:45en fait,
29:45parce qu'on veut la mort
29:46de l'autre,
29:47la disparition de l'autre,
29:48si vous voulez.
29:49On ne veut pas seulement
29:49gagner contre lui,
29:50on veut l'effacer.
29:51Absolument,
29:51regardez,
29:52c'est frappant.
29:52la France et l'Allemagne
29:55ont fait schématiquement
29:57la paix en 1963,
29:58de Gaulle à Nauer.
30:00Après,
30:00on est sur d'autres fronts
30:04avec la guerre d'Algérie,
30:06avec l'Algérie justement,
30:07c'est un problème
30:08qui n'est toujours pas résolu.
30:10Donc,
30:10on a des conflits mémoriels.
30:12Regardez comme
30:13la guerre d'Espagne
30:14s'est terminée en 1939,
30:16l'Espagne vit encore
30:17dans son être intérieur,
30:19dans son éthos culturel,
30:21sur des questionnements
30:22qui sont liés
30:22à l'histoire de la guerre civile.
30:24Donc,
30:24la guerre civile,
30:25c'est vraiment,
30:26c'est vouloir
30:27la disparition de l'autre.
30:28Ce n'est pas simplement
30:28le vaincre,
30:29on veut pratiquement
30:30qu'il disparaître.
30:31C'est quasiment métaphysique.
30:33Alors,
30:33vous évoquez aussi
30:34dans l'ouvrage,
30:35dans le cas français,
30:36j'y reviens,
30:36qui est évidemment
30:37le cas qui nous obsède tous,
30:39on se demande toujours,
30:40vous avez même la formule,
30:41je crois,
30:41de Jacques Marseille,
30:42ça va péter,
30:43c'est-à-dire
30:43qu'il traîne
30:43à travers l'histoire.
30:44On a l'impression,
30:45mais au temps présent,
30:46on se dit,
30:47il suffirait
30:47d'un événement
30:48style Naël de plus,
30:50il suffirait
30:51d'une balle tirée
30:52sur des policiers,
30:53il suffirait
30:53soit d'une bavure policière,
30:55soit d'une charge
30:56d'une délinquance conquérante.
30:59Il s'agit,
31:00on guette l'événement,
31:01mais on a tous
31:01le sentiment
31:02qu'il suffirait de peu
31:03pour que tout s'embrase.
31:05À tout le moins,
31:05c'est l'impression
31:06que j'ai eue,
31:06vous lisant,
31:07est-ce que c'est un...
31:08vous avez l'impression
31:09que la France rassemble
31:10aujourd'hui
31:10des conditions
31:11d'un embrasement
31:11plus généralisé ?
31:12Malheureusement,
31:13c'est le sentiment
31:14qu'on a eu en 2023,
31:15je veux dire,
31:16et ce qui était dramatique,
31:18on a l'impression
31:18que les forces de l'ordre
31:19étaient en limite,
31:21limite de charge
31:22de la fonction
31:23qu'elle devait remplir.
31:24En plus,
31:25avec ce questionnement
31:25qui est celui d'aujourd'hui,
31:27normalement,
31:28le seul détenteur
31:28de la violence légitime,
31:29c'est l'État.
31:31Or, l'État,
31:31pour tout un tas de raisons,
31:33est assez prudent
31:34dans le maniement
31:35de la violence légitime.
31:36C'est le syndrome
31:38Malik-Osekine.
31:39L'État a peur
31:40de la bavure,
31:42comme on dit,
31:42je comprends très bien,
31:43mais enfin,
31:44il y a un problème
31:45au niveau de l'emploi
31:47des forces de l'ordre,
31:48des techniques,
31:49etc.
31:49Il y a une vraie question.
31:51Mais quand on a vu
31:52en 2023,
31:53on sentait bien.
31:54Et puis les gens
31:55qui étaient bien informés
31:56le disaient,
31:57il y a eu un moment
31:57d'inquiétude
31:58au niveau de l'État.
32:00Arthur Levatrigan.
32:01Et on peut rajouter également
32:03qu'en tout cas,
32:03c'est ce qu'on note
32:04dans votre ouvrage,
32:06c'est que l'un des puissants
32:07vecteurs de division
32:08qui amène à la guerre civile,
32:10c'est la religion.
32:12Les guerres de France,
32:13les Cristeros,
32:14au Mexique,
32:14le Liban,
32:15l'Irlande.
32:16Il y a eu un sondage,
32:17une étude IFOP
32:18il n'y a pas très longtemps
32:19sur les jeunes musulmans
32:21dont beaucoup voulaient
32:24instaurer une charia.
32:25On se dit que finalement,
32:26on est vraiment plus très loin
32:28d'une possibilité de guerre civile,
32:29au-delà des émeutes urbaines
32:31ou de déclenchements
32:33type Naël.
32:35On a l'impression
32:36que c'est plus profond que ça quand même.
32:37Oui,
32:38je nuancerais dans ce sens
32:40qu'en fait,
32:40les conflits religieux
32:41sont toujours des conflits
32:42en réalité politico-religieux.
32:44La religion n'est qu'un prétexte.
32:46Même les guerres de religion
32:47du XVIe siècle en France,
32:48en réalité,
32:50catholiques et huguenots,
32:51chacun cherche à s'approprier,
32:53à se mettre le pouvoir royal
32:55de son côté,
32:56de son propre côté.
32:57Et tous les conflits en Irlande,
32:59ça a été la même chose.
33:00Donc la religion n'est souvent
33:02qu'un prétexte.
33:03C'est en fait,
33:03c'est un conflit de pouvoir.
33:05Et comme la religion
33:06est objectivement
33:07dans une société,
33:08dans toute société,
33:09une sorte de pouvoir culturel,
33:11spirituel sur les hommes,
33:12on cherche à mettre
33:13la religion de son côté.
33:14Mais donc,
33:16le danger,
33:16effectivement,
33:17à partir du moment
33:18où on est sur une utilisation politique
33:22dans l'occurrence de l'islam,
33:24il y a effectivement
33:25un danger possible.
33:26Je ne pense pas
33:27que tout musulman
33:27soit en soi dangereux
33:28pour la France,
33:29je ne le pense pas du tout,
33:30mais je pense que l'islamisme,
33:31en effet,
33:31est un danger redoutable.
33:33Alors,
33:33je mets en lien
33:34deux histoires,
33:35parce que c'est une série
33:36de chapitres
33:36écrits par des spécialistes,
33:37vous l'avez dit.
33:38Deux guerres civiles,
33:40la Vendée
33:41et les Christéros,
33:42qui me semblent
33:43se rapprocher.
33:44Dans les deux cas,
33:45qu'est-ce qu'on voit ?
33:45On voit un pouvoir révolutionnaire
33:46qui veut éradiquer
33:48la trace du peuple ancien
33:49dans son propre pays.
33:51Donc,
33:51la trace du vieux monde,
33:52le bois mort de l'humanité,
33:54au Mexique,
33:54on le sait,
33:54les Christéros,
33:55c'est la volonté
33:56de déchristianiser intégralement
33:57le pays,
33:58de liquider le catholicisme,
33:59d'en finir avec lui.
34:00Et en France,
34:01la Vendée,
34:01c'est liquider le vieux peuple
34:02qui n'est pas enthousiaste
34:04pour la révolution qui vient.
34:05Est-ce qu'il n'y a pas ici
34:06une dimension propre
34:07à la guerre civile
34:07dans la modernité ?
34:08C'est-à-dire qu'il ne s'agit pas
34:09seulement d'une guerre
34:09de factions et de clans,
34:11mais d'une guerre idéologique.
34:12– Bien entendu.
34:13Et on rejoint
34:14à ce que je...
34:15La question que vous posiez
34:16tout à l'heure,
34:17c'est que c'est là,
34:17l'idéologie,
34:18c'est déjà en l'occurrence
34:20la disparition de l'autre.
34:21Donc,
34:23les conventionnels
34:24voulaient la disparition
34:25du vieux monde
34:26que représentait
34:27le peuple vendéen
34:28fidèle à Dieu et au roi.
34:30Au Christéros,
34:31chez les grands Bixiques,
34:32ça a été le même phénomène.
34:33Donc,
34:33il y a la dimension idéologique,
34:35évidemment,
34:35peut-être liée.
34:36Mais,
34:37si vous voulez,
34:38une guerre civile,
34:39c'est à la fois
34:39politique,
34:40religieux,
34:41sociale,
34:41culturelle,
34:42tous les éléments
34:43se conjuguent
34:44à des degrés différents
34:46selon chaque conflit
34:46parce que chacun
34:47a son histoire.
34:48Mais enfin,
34:49à chaque fois,
34:49il y a ces éléments-là
34:50qui sont liés.
34:52– Vous avez évoqué
34:53la guerre d'Algérie
34:54un peu plus tôt
34:55et certains pourraient
34:56s'étonner justement
34:56de retrouver dans un livre
34:57sur les guerres civiles
34:58la guerre d'Algérie
34:59qui est plus présentée
35:01aujourd'hui
35:01comme une guerre d'indépendance.
35:02Donc,
35:02vous vous dites
35:03que c'est une guerre civile
35:04mais en plus,
35:04c'est une guerre civile
35:05qui n'opposait pas
35:06un camp à un autre.
35:06C'est beaucoup plus complexe
35:07que cela.
35:08– Oui,
35:08c'est beaucoup plus complexe.
35:09D'abord,
35:09j'insiste sur ce phénomène,
35:10c'est que depuis
35:12à partir du statut
35:13de 1947
35:14et tous les habitants
35:16de l'Algérie,
35:16quelle que soit leur origine,
35:18sont à la fois
35:18nationaux français
35:20et citoyens français
35:21et encore plus,
35:22en 1958,
35:23les dernières distinctions
35:24entre français musulmans
35:26et français européens
35:27disparaissent.
35:28Donc,
35:29juridiquement parlant,
35:30c'est une guerre civile.
35:32Maintenant,
35:33il est évident
35:33que c'est une nation
35:34qui est en gestation,
35:35la nation algérienne,
35:37le FLN,
35:37va constituer
35:38un nationalisme algérien
35:39qui se donne
35:40ses propres moyens
35:41par le moyen
35:42de la guerre révolutionnaire,
35:43par le moyen du terrorisme.
35:44Il faut quand même
35:45le rappeler
35:45parce que c'est
35:46la vérité historique.
35:47Mais en même temps,
35:49ce n'était pas deux blocs,
35:50en effet.
35:51Il y avait des musulmans
35:52loyaux vers la France,
35:56ça a été ensuite
35:57le phénomène des harkis.
35:58Donc,
35:58c'était pas français,
35:59c'était pas européen
36:01contre musulmans,
36:03c'était plus mélangé.
36:05Les indépendantistes
36:06eux-mêmes
36:06étaient divisés
36:07en deux camps.
36:07Le FLN était
36:08le pouvoir majoritaire,
36:09enfin,
36:09un parti majoritaire,
36:11mais il y avait
36:11des concurrents
36:12du MNA,
36:12le mouvement national
36:13algérien de Messali Hatch.
36:15Et entre les deux,
36:16ça a été une guerre
36:16d'une atroce dureté.
36:19Et chez les Européens,
36:21il y avait l'opposition
36:22entre les gaullistes
36:23et les partisans
36:25de l'Algérie française,
36:26l'OES,
36:26et là,
36:27c'était une véritable
36:27aussi guerre civile.
36:28Voilà.
36:28Donc,
36:29la guerre d'Algérie,
36:30c'est une guerre,
36:31comme je l'ai écrit,
36:32c'est une guerre civile,
36:33mais à entrées multiples.
36:35Alors,
36:35poursuivons l'exploration
36:36des différentes facettes
36:37de la guerre civile.
36:37Donc,
36:38on a dit la guerre idéologique,
36:39on dit la guerre entre frères
36:40quelquefois.
36:41Et il y a un chapitre
36:42dans le livre
36:42qui m'a interpellé,
36:43qui m'a étonné aussi,
36:44sur l'ex-Yougoslavie.
36:46Donc,
36:47la guerre civile.
36:48Or,
36:48on présente ça
36:48comme une première guerre civile
36:50dans le pays
36:50au lendemain de la guerre,
36:51mais surtout,
36:52l'éclatement du pays.
36:53Peut-être,
36:53est-ce que c'est un point de vue
36:54qui est biaisé
36:55par mon principe québécois,
36:57mais j'avais toujours
36:58l'impression
36:58que l'éclatement
36:59de l'ex-Yougoslavie,
37:00c'était surtout
37:00une guerre d'indépendance
37:01de la part des Croates.
37:02C'était des peuples
37:03qui se libéraient
37:04et que le pouvoir serbe,
37:05quant à lui,
37:06disait un instant,
37:07vous êtes illégitime
37:08et le pouvoir lui-même
37:09nomme guerre civile
37:10ce que les différents peuples
37:11nommaient
37:11guerre d'indépendance.
37:13Il n'y avait pas
37:13un peuple yougoslave.
37:15Il était peut-être
37:16en constitution.
37:17Il ne faut pas oublier
37:18que tous les peuples
37:19qui constituaient
37:20la Yougoslavie,
37:21c'était initialement.
37:22À l'origine,
37:23c'était des peuples
37:24qui faisaient partie
37:26de l'Autriche-Hongrie
37:26qui était sous la couronne
37:28des Habsbourg.
37:28Chacun a leur identité
37:30particulière,
37:31mais il y avait une unité.
37:32Mais ils avaient en commun
37:34d'être des Slaves du Sud.
37:35Il y avait quand même
37:36une parenté linguistique,
37:39la parenté,
37:40la différence catholique-orthodoxe
37:42était marquée,
37:43mais pas tant que ça.
37:44Il est possible,
37:45s'il n'y avait pas eu
37:47la Seconde Guerre mondiale,
37:48il est possible
37:49que la Yougoslavie
37:50aurait pu durer.
37:52Le fait que la guerre
37:53civile yougoslave
37:54est liée
37:55à la première prise
37:56de pouvoir
37:56par les communistes,
37:57Tito,
37:57contre le royaliste
37:59M. Mikhailovich,
38:01possiblement,
38:02je pense que la Yougoslavie
38:03aurait pu durer.
38:04Maintenant,
38:05on ne refait pas l'histoire.
38:06On ne refait pas l'histoire,
38:07mais c'est que ça me permet
38:08d'être dans une dimension
38:08qui me semble importante,
38:09c'est qu'il y a l'unité politique.
38:11Il y a deux dimensions possibles,
38:12finalement.
38:13La guerre civile,
38:13ça peut être soit
38:14un État qui éclate,
38:15tout simplement,
38:16avec plusieurs peuples
38:16qui le composent,
38:18mais j'ai toujours cru,
38:18mais vous me corrigerez probablement,
38:20que la guerre civile,
38:21c'est au sein
38:21le même peuple
38:22au sens,
38:23je reprends votre terme,
38:24ethno-culturel
38:25de manière descriptive.
38:26Est-ce que,
38:27aujourd'hui,
38:28dans les sociétés
38:29qui sont les nôtres,
38:30les tensions internes
38:31aux États
38:31sont souvent
38:32des tensions ethno-culturelles,
38:33mais entre différents
38:34groupes rivaux,
38:35entre guillemets?
38:36Dans l'Europe centrale
38:37et balkanique,
38:38c'est très différent
38:38parce que les nations,
38:40de toute façon,
38:40les États,
38:42étaient des États
38:42multiculturels.
38:43C'est toute l'histoire
38:44de l'Empire d'Habsbourg.
38:45Je connais bien.
38:46On ne peut pas appliquer
38:48ce schéma-là
38:49et ni le schéma
38:51de l'Amérique du Nord
38:52à l'Europe centrale
38:53qui est un ensemble
38:54extrêmement complexe.
38:56Il y a une forme
38:56de multiculturalité
38:58qui est inhérente
38:59à l'histoire
39:00des peuples
39:01de l'Europe centrale
39:01et balkanique.
39:03Arthur Dematrigan,
39:04si on regarde
39:04l'Amérique,
39:06l'Irlande,
39:07l'Algérie,
39:07évidemment,
39:08même peut-être
39:09les guerres de Vendée,
39:10se remettons vraiment
39:11d'une guerre civile?
39:12– Mémoriellement parlant,
39:15sur le plan de mémoire,
39:16non,
39:16ça dure toujours.
39:17Regardez,
39:18le temps qu'il a fallu
39:20pour que la Vendée,
39:21d'abord,
39:21que le génocide vendéen
39:22soit reconnu.
39:23Elle est-il vraiment
39:23complètement…
39:25Je n'en suis pas certain.
39:27Je l'ai dit tout à l'heure,
39:28l'Espagne,
39:29elle est toujours
39:29en train de se battre encore.
39:31On déterre franco,
39:33etc.
39:34Je veux dire,
39:34on est toujours
39:34dans ces histoires.
39:35Non, non,
39:36je pense qu'on ne guérit
39:37pas vraiment
39:37d'une guerre civile.
39:38C'est ça qui me frappe.
39:40Je le disais tout à l'heure
39:41encore.
39:41On s'est réconcilié
39:42avec les Allemands,
39:43il a fallu 15 ans.
39:44Il y a d'autres fronts
39:45de lutte intérieure.
39:48100 ans,
39:49200 ans après,
39:50on en parle encore.
39:51C'est la plus épouvantable
39:54des choses
39:54qui arrivent à la guerre civile.
39:55– Et est-ce qu'il y a,
39:56je reprends,
39:56je prends la suite
39:57d'une question d'Arthur
39:58il y a un instant,
39:58est-ce qu'il y a
39:59une passion française
40:00de la guerre civile ?
40:01Est-ce qu'on regarde
40:02les Britanniques,
40:03on regarde d'autres peuples,
40:03les Allemands,
40:04est-ce que les Français
40:05ont une prédisposition
40:06particulière à la guerre civile ?
40:08– Oui,
40:12oui et non,
40:13parce qu'on a toujours été
40:15un peuple très divers,
40:16malgré tout,
40:17même sous la monarchie.
40:19Voilà.
40:19Maintenant,
40:20on a l'histoire introduit
40:22des divisions
40:23au sein du peuple français.
40:24On va dire peut-être
40:25que la société médiévale
40:27de Saint-Louis
40:27était plus unie
40:28parce qu'elle était unie
40:29religieusement,
40:30politiquement,
40:30mais on ne va pas
40:31refaire l'histoire.
40:32Voilà,
40:33c'était il y a un millénaire
40:34et plus.
40:35Donc,
40:36il y a des lignes de fractures.
40:38Il y a plusieurs Frances,
40:39en réalité.
40:40Je veux dire,
40:40si on revient
40:43à la décision de Renan,
40:44qui est une décision
40:45la plus géniale,
40:45moi je pense,
40:46la nation,
40:47c'est à la fois
40:48un héritage
40:49et une volonté
40:50de vivre ensemble.
40:50Il y a à la fois
40:51la nation,
40:51héritage,
40:52la notion
40:52« contrat social »,
40:54j'aime les guillemets.
40:56Et donc,
40:57le grand équilibre
40:59du politique
41:00au sein avec un grand P,
41:01c'est d'arriver
41:02à faire vivre
41:02des composantes différentes
41:04et je pense que
41:04c'est le grand défi
41:05pour la société française
41:06encore plus aujourd'hui.
41:08Alors,
41:08il nous reste une minute trente
41:09et je vous transforme
41:10pour un instant
41:10en homme politique,
41:11ce que vous n'êtes pas,
41:12mais je le fais néanmoins.
41:13La guerre civile,
41:13vous la redoutez,
41:14vous la craignez,
41:15cette angoisse
41:17traverse le livre.
41:18La France
41:18peut,
41:19je le devine,
41:19l'éviter.
41:20Vous cherchez à,
41:21vous espérez un scénario
41:22à l'éviter.
41:23Comment la France
41:23peut éviter
41:24de basculer
41:24dans la guerre civile ?
41:26C'est la responsabilité
41:27des politiques
41:28qui vont essayer
41:28de mettre en œuvre
41:29tout ce qui rassemble
41:30les Français
41:30parce qu'elle est divise.
41:32Donc,
41:32ça doit rappeler
41:32que la nation
41:33est quelque chose
41:34qui rassemble
41:34tous les Français,
41:35quelles que soient
41:35leurs origines,
41:36origines sociales,
41:38origines ethniques,
41:39je mets les guillemets,
41:41origines religieuses,
41:44différences,
41:44il y a des grandes différences,
41:46mais la nation
41:46est quelque chose
41:47qui peut rassembler
41:47tous les Français
41:48qu'il a fait dans l'histoire.
41:49Mais est-ce qu'il n'y a pas
41:50un moment dans l'histoire
41:50où les hommes ont envie
41:51d'en venir au coup ?
41:52Ce que Caillois appelait
41:54le vertige,
41:55comme si les hommes
41:56ne veulent plus être modérés,
41:57ils veulent aller au coup,
41:58ils ont presque
41:58le goût du sang.
41:59Est-ce que ça n'existe pas
42:00aujourd'hui peut-être ?
42:00Si, ça existe,
42:01mais cher Mathieu Beaucoté,
42:03c'est la chose
42:04la plus redoutable qui soit.
42:05Les gens qui parlent
42:05de la guerre civile
42:06en disant que ça va
42:07résoudre les problèmes,
42:07ils ne savent pas
42:08ce que c'est qu'une guerre civile.
42:09La vie s'arrête,
42:10la guerre civile.
42:11Il n'y a plus de l'eau,
42:12il n'y a plus d'exercité,
42:13la chaîne alimentaire
42:13est terminée,
42:15c'est la fin du monde.
42:17Je veux dire,
42:17votre femme est violée,
42:18vos enfants sont égorgés,
42:19c'est la chose
42:20la plus horrible
42:21qui arrive.
42:22Eh bien,
42:23un grand merci,
42:24Jean Séviat,
42:25pour votre passage
42:26sur l'antenne
42:27de CNews
42:28pour les guerres civiles
42:30et j'invite
42:31les téléspectateurs
42:31à lire les habits neufs
42:33du terrorisme intellectuel,
42:34réédition
42:35du terrorisme intellectuel.
42:37Et son livre
42:38sur l'histoire
42:38de la guerre d'Algérie,
42:39si je peux me permettre.
42:39Vous pouvez aussi.
42:40Et plusieurs autres.
42:41C'est vrai,
42:41et plusieurs autres,
42:42mais le terrorisme intellectuel,
42:44on est aussi
42:44en plein dedans
42:45et on en parlera
42:46du terrorisme intellectuel
42:47dans un instant
42:49sur l'heure des pros.
42:50Restez avec nous
42:51sur CNews.
42:51Merci Jean Séviat.
42:53Et merci à tous les deux.
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