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Michel Onfray passe en revue l’actualité de la semaine dans #FaceAMichelOnfray. Présenté par Laurence Ferrari.

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00:00Bonjour à tous et bonjour à toutes. Bienvenue dans Face à Michel Onfray sur CNews et sur Europe 1.
00:04Bonjour Michel. Bonjour L'Anse.
00:05On a très envie de vous entendre, entendre votre jugement de citoyen et de philosophe sur les bouleversements de la semaine.
00:10On va commencer dans l'ordre chronologique, par le vol des bijoux de la couronne.
00:15Cela s'est déroulé au musée du Louvre un matin, alors que le public était déjà dans la salle.
00:19En quelques minutes, les braqueurs armés de disqueuses et de portant un gilet jaune ont fait main basse sur les plus beaux joyaux,
00:26portés à la fois par des rois mais aussi par la famille impériale de Napoléon et ses descendants.
00:30Le butin est estimé à 88 millions d'euros.
00:33Quel symbole voyez-vous dans ce vol qui a choqué dans le monde entier ?
00:36Quelle responsabilité pour ceux qui sont en charge de la sécurisation de ces lieux qui incarnent notre histoire nationale ?
00:42On entendra les justifications de la directrice du Louvre, Laurence Descartes, auditionnée cette semaine par les sénateurs.
00:49L'autre événement majeur, c'est bien sûr l'incarcération de Nicolas Sarkozy à la prison de la Santé.
00:53L'ancien chef de l'État a été condamné il y a un mois à 50 prisons fermes dans l'affaire du financement de sa campagne de 2007.
00:59L'image de sa famille et de ses soutiens réunis autour de lui a fait le tour du monde,
01:04tout comme le fait qu'il ait été escorté par des motards de la police nationale jusqu'à la prison.
01:10Et puis une fois en détention, plusieurs détenus ont proféré des menaces de mort contre lui.
01:14Deux officiers chargés de sa sécurité sont postés en permanence dans la cellule voisine de la sienne.
01:19Que vous inspire cet épisode peu glorieux pour notre République ? C'est ce que l'on verra.
01:24L'antisémitisme à l'université Paris 8 Vincennes-Saint-Denis lors d'une conférence le 15 octobre dernier.
01:30Des dizaines de personnes ont refusé de condamner les massacres du 7 octobre en Israël qui ont fait 1200 morts.
01:36Des étudiants français qui applaudissent à une conférence pro-palestinienne faisant l'apologie du terrorisme.
01:42Une nouvelle preuve du fait que l'extrême gauche a pris le contrôle des universités.
01:45Les vrais chiffres de l'immigration, ils ont été livrés après bien des contorsions par le nouveau ministre de l'Intérieur à notre consoeur Sonia Mabouk.
01:54Après avoir affirmé dans un premier temps qu'il y avait en France environ 200 à 300 000 clandestins,
01:59eh bien Laurent Nouniez a finalement confirmé que ce chiffre avoisinait plutôt les 700 000 clandestins présents sur notre sol.
02:06Pourquoi un tel tabou autour de ces chiffres ? Je vous poserai la question.
02:10Et puis le point philo, aujourd'hui Michel, cette semaine vous nous avez demandé de nous plonger dans Kant,
02:15c'est-à-dire la notion du mensonge et du droit de mentir en fonction des circonstances et des combats à mener très intéressants,
02:21bien sûr si on le met en parallèle de la situation politique actuelle.
02:25C'est parti pour Face à Michel Onfray.
02:27On est évidemment d'abord, dans l'ordre chronologique, intéressé par ce qui s'est passé au Louvre,
02:32ce braquage rocambolesque en pleine journée, un dimanche matin, avec des braqueurs armés d'une disqueuse,
02:39avec des petits plots, ils ont mis un mont de charge jusque devant la fenêtre qui donnait sur la galerie
02:45dans laquelle se trouvaient les bijoux de la couronne.
02:4888 millions à peu près, estimés pour le butin qu'ils ont emporté, notamment des bijoux de l'impératrice Eugénie.
02:558 pièces dérobées, la couronne est tombée par terre et elle a été récupérée, évidemment, par ceux qui enquêtaient.
03:03On va d'abord écouter, si vous le voulez, les touristes, parce que ceux qui étaient là ont un jugement assez dur à la France
03:09et le fait qu'on puisse se faire voler ainsi les joyaux de la couronne.
03:14Vous savez, on pourrait penser que le Louvre, parmi tous les endroits possibles, dispose de la meilleure sécurité au monde, non ?
03:19C'est fou, je pense que c'est peut-être un coup monté de l'intérieur. C'est vraiment bizarre.
03:24C'est triste parce qu'il s'agit de quelque chose de valeur, de valeur sentimentale, de valeur, c'est riche, c'est quelque chose de très important pour tout le monde,
03:36pour les Français, bien sûr, bien entendu, bien sûr, mais pour tout le monde, je pense.
03:40C'est quelque chose qu'on regrette.
03:42Peut-être que c'est le pain qui a volé le pain.
03:47Ah bon ? Le pain, pourquoi pas ? Il faut demander à le pain, c'est-à-dire lui.
03:52Voilà, on a interrogé évidemment des étrangers, ils sont en majorité ceux qui visitent.
03:55Ça a un retentissement dans le monde entier, Michel.
03:57Qu'est-ce que ça symbolise pour vous, ce vol du Louvre ?
04:01Bon, c'est très étonnant, on devrait s'étonner qu'un dimanche matin, à 9h30, il y ait des gens qui travaillent,
04:05avec des monts de charge, ça devrait déjà être suspect.
04:08Ça, c'était pour l'ironie.
04:11C'est pour l'ironie.
04:12Mais sur le fond, c'est triste.
04:13Alors sur le fond, vous allez m'obliger à revenir à mes marottes.
04:18Je pense qu'on cherche des noms, là.
04:20Il faut absolument trouver la responsabilité d'un directrice.
04:22On va écouter Mme Descartes tout à l'heure.
04:23Oui, ou la dame qui s'occupe de la sécurité également, qu'on accable beaucoup,
04:28et il se fait que je la connais un peu,
04:30et qu'elle n'est vraiment pas du tout ce qu'on raconte partout, y compris sur sa vie privée.
04:35C'est un peu insultant, ce qui est dit sur son compte.
04:37Moi, je rappelle quand même que c'est une politique globale,
04:40c'est une politique culturelle globale, et qu'il faut revenir à Maastricht,
04:43et qu'à partir du moment où on a décidé qu'il fallait donner de l'argent à l'Algérie,
04:46qu'il fallait donner de l'argent à la reconstruction de Gaza,
04:48donner de l'argent à la Chine parce qu'elle a besoin de notre argent,
04:51qu'il fallait donner de l'argent à l'Algérie, qui nous traite comme on le sait,
04:53qu'il fallait donner de l'argent pour que les étudiants algériens puissent venir étudier en France,
04:57qu'il fallait donner de l'argent à tous les migrants, etc.
04:59Il n'y a pas de problème.
05:00On donne beaucoup d'argent.
05:01Non, simplement, on a un hôpital dans l'État qu'on connaît,
05:04on a des musées dans les États que nous connaissons, etc.
05:07Donc, vous savez, cette histoire du sage qui montre la lune et de l'imbécile qui regardent le doigt.
05:10Là, on regarde le doigt et puis on dit, ah, c'est telle personne, telle personne.
05:13On incrimine la sexualité de l'un, on incrimine le copinage de l'autre,
05:16on incrimine, en fait, toutes ces choses.
05:17On passe sur nos antennes, je n'ai jamais entendu parler de ça,
05:19mais vous avez raison de le signaler.
05:20Ah si, j'assure, hélas, sur les réseaux, hélas, hélas.
05:22Et donc, je ne veux pas accabler des personnes, je veux accabler des politiques.
05:26Et des politiques, alors si on veut accabler des personnes, ce n'est pas compliqué,
05:28c'est de Jacques Lang jusqu'à Rachid Haddati.
05:30C'est du président Mitterrand jusqu'au président Macron,
05:33c'est-à-dire qu'il n'y a pas d'argent pour les musées.
05:35Donc, il n'y a pas d'argent pour les musées.
05:37Pour tout le patrimoine français.
05:38Pardon ?
05:38Pour tout le patrimoine français.
05:40Bien sûr.
05:41Musées, les châteaux, les églises, rien n'est de produit.
05:44Je ne veux pas donner des idées à des gens, mais je veux dire,
05:44moi j'adore quand je vais dans une ville de province, aller dans les musées de province.
05:47Vous avez toujours des peintures magnifiques et vous avez parfois des chefs-d'oeuvre méconnus
05:50et qui sont là.
05:52Enfin, je ne vais pas rentrer dans le détail, mais pas protégés du tout.
05:55Ou assez peu protégés.
05:56Ou faciles à voler, ou faciles à endommager.
05:58Vous pouvez faire des ravages avec un cutter, avec de la peinture, etc.
06:01Donc, je pense simplement qu'il n'y a pas de politique culturelle digne de ce nom.
06:06Quelles sont les politiques culturelles des dix derniers, par exemple,
06:10ministres de la Culture ? Il n'y en a pas.
06:12J'entends.
06:12Langue est identifiable, Malraux était identifiable, les autres, ils sont identifiables ou quoi ?
06:17C'est difficile de se comparer à Malraux aussi.
06:18Pardon ?
06:19C'est difficile de se comparer à Malraux.
06:20Mais il y a des Malraux d'aujourd'hui, il y a des gens qui sont susceptibles de faire correctement le travail.
06:25Et pas seulement des copains, des coquins, des gens qui sont placés ici
06:28parce qu'ils sont ceci ou cela et pas forcément, etc.
06:30Enfin, on ne va pas rentrer dans ce détail-là, je vais en faire une question de politique culturelle.
06:34J'entends.
06:34Stéphane Bern fait des choses extraordinaires pour l'auto du patrimoine, mais ce n'est pas normal.
06:38C'est très bien ce qu'il fait.
06:39Et c'est donc des fonds privés.
06:40C'est formidable.
06:41Et c'est des fonds privés.
06:41Oui, alors après, qu'on ait une vraie politique, comme aux Etats-Unis, c'est-à-dire qu'on permette des fondations,
06:46qu'on permette des défiscalisations, qu'on permette à des gens qui sont très riches
06:49d'investir dans des musées en disant, voilà, j'ai encore vu récemment dans un journal
06:53qu'on a appelé à la générosité des Français pour acheter des manuscrits de Marcel Proust.
06:57Ce n'est pas normal.
06:59C'est l'État qui devrait acheter ça, c'est ça.
07:00Mais l'État doit préempter.
07:02Le général de Gaulle a laissé une collection considérable.
07:04Enfin, pas lui, je veux dire, mais il y a un certain nombre d'objets qui récemment étaient en vente.
07:08Il aurait dû y avoir une préemption nationale, une préemption d'État en disant, nous prenons, nous achetons,
07:12et nous faisons, soit tout ça s'en va à Colombier-les-de-deux-églises, ou à un autre musée, j'en sais rien.
07:19Mais enfin, une politique culturelle, c'est ça.
07:21La politique culturelle, ce n'est pas de dire, je vais être élu, je vais être élu, je vais être placé, je suis machin, bidulantel.
07:26Il y a des noms, on parle de gens qui veulent être des ministres de la culture depuis des années, ils ont une incompétence totale.
07:31Oui, on en a entendu, ils font hérisser le poil.
07:33Oui, des gens qui ont fait carrière dans la télévision et qui pensent que ça suffit pour être ministre de la culture.
07:38On a envie d'un ministre de la culture, qu'il ait une politique culturelle, et qu'il nous dise, voilà ce que je veux, et voilà ce que nous voulons.
07:44Mais tiens, quelqu'un qui a une vision et un budget, accessoirement.
07:47Et bien c'est ça, c'est ça.
07:49Quand vous avez Malraux, je vous dis que c'est facile d'être Malraux, parce que Malraux, il dit, il s'agit non pas...
07:53C'est vrai, la droite et la gauche dans cette histoire, c'est assez facile à voir.
07:58Malraux dit, la droite, on dira pour aller vite, mais enfin Malraux dit, la culture elle est là et on va vous monter jusqu'à la culture.
08:03Et les chefs-d'oeuvre, on les laisse tels qu'ils sont, mais c'est vous qu'on va hisser.
08:07Ça s'appelle de l'éducation populaire.
08:09Et puis à gauche, on dit, ah mais vous êtes là, la culture est là, on va baisser la culture jusqu'à vous.
08:12C'est exactement ça.
08:13Et donc la BD c'est de la culture, la cuisine c'est de la culture, j'adore cuisine, etc.
08:18Les mangas c'est de la culture.
08:19Conséquemment, si vous mangez quelque chose en regardant la télévision, une série et que vous avez une BD sur les genoux,
08:26et bien vous avez des pratiques culturelles, c'est faux.
08:28Et donc ce qu'on demande...
08:29C'est le principe du passe-culture, hein ?
08:31Oui, bien sûr.
08:31C'est le principe du fameux passe-culture.
08:32Et là on se dit, mais quelle est la politique culturelle d'Emmanuel Macron, ça fait dix ans qu'il est là,
08:37et quelles sont les politiques culturelles des Maastrichtiens, depuis qu'ils sont au pouvoir,
08:41et quelles sont leurs politiques culturelles en matière d'innovation, de création et de préservation du patrimoine.
08:47Il faut que ce soit le pauvre, enfin j'ai dit le pauvre gentiment, j'ai beaucoup d'affection pour lui,
08:50mais Stéphane Bern qui dit, allez on va faire un loto, on va trouver de l'argent et puis on va faire des choses concrètement.
08:55Lui il obtient ce genre de choses, parce qu'il est connu, parce qu'il est aimé, etc.
08:58Mais c'est à l'État d'avoir une politique.
08:59Alors après aujourd'hui, quand on regarde le doigt, on dit c'est la faute à machin, c'est la faute à bidule,
09:03il n'aurait pas dû, il aurait fallu, etc.
09:05Non, c'est simplement l'État dans lequel la France se trouve, parce qu'il y a de l'argent pour le monde entier,
09:10mais quand il y a de l'argent pour le monde entier, il n'y a pas d'argent pour la France.
09:12On va juste écouter la directrice du musée du Louvre, Laurence Descartes,
09:15elle a été auditionnée par les sénateurs cette semaine,
09:17elle a évoqué le fait qu'elle a remis sa démission qui a été refusée,
09:21elle a dit aussi qu'il y avait le système de sécurité laissé à désirer,
09:26elle a aussi évoqué le fait que c'était une blessure, ce vol.
09:31On écoute Laurence Descartes.
09:33Par sa violence, ce vol blesse notre institution dans sa mission la plus profonde.
09:38Croyez-le bien, il ne s'agit nullement pour moi de me dérober ou d'adopter une position de déni.
09:43Malgré nos efforts, malgré notre travail acharné au quotidien, nous avons été mis en échec.
09:48Huit objets d'une valeur patrimoniale immense, témoins de l'histoire de notre pays,
09:52conservés dans le cœur historique du Palais du Louvre, nous ont été arrachés.
09:56Une enquête confiée à la police judiciaire sous l'autorité du Parquet de Paris est en cours.
10:00Elle permettra d'éclairer toutes les circonstances du vol.
10:03Je ne veux toutefois pas laisser penser que ce vol est une fatalité.
10:07Je n'ai cessé depuis ma prise de fonction en septembre 2021
10:10d'attirer l'attention de notre tutelle, de la représentation nationale et des médias
10:15sur l'état de dégradation et d'obsolescence générale du Louvre, ses bâtiments et ses infrastructures.
10:20On est en face à Michel Onfray sur CNews et sur Europe 1.
10:23Michel, un dernier mot sur ce vol des bijoux du Louvre.
10:25J'aimerais revenir juste au symbole.
10:26On a entendu Laurence Descartes, la directrice du Louvre.
10:29Qu'est-ce que ça symbolise pour vous ?
10:30Le vol de ces joyaux ?
10:32Certains ont été portés par des rois, d'autres par Napoléon,
10:35ont été remontés, ressertis par Napoléon et tous ses descendants.
10:39Qu'est-ce que ça signifie pour notre histoire, en fait ?
10:41L'effondrement de l'État, ça me paraît évident.
10:44C'est-à-dire que Mme Descartes dit, si nous avions un commissariat,
10:47ce n'est pas forcément une mauvaise idée, mais pourquoi faire ?
10:48Dans le Louvre.
10:49Dans le Louvre, mais pourquoi faire ?
10:50Les policiers, de toute façon, le premier policier qui met en joue un cambrioleur,
10:54il s'en va tout de suite au tribunal en lui disant,
10:56mais ça n'était pas proportionné, ils ne vous ont rien fait,
10:58ils étaient juste en train d'utiliser une disqueuse qui vous dit
11:00qu'ils n'étaient pas en train de faire des travaux.
11:02Donc, s'il y avait eu de la police, la police aurait-elle été armée ?
11:06La police armée aurait élu la possibilité d'utiliser son arme.
11:09Donc, il faut arrêter.
11:09D'autant qu'il y avait du public dans la salle.
11:10Mais bien sûr, c'est une apéritique globale.
11:12On a des images, en plus, incroyables de ce cambrioleur.
11:14Si vous allez aux Etats-Unis, ça ne se passe pas comme ça.
11:16Ça ne se passera pas comme ça.
11:17Tout est garanti.
11:20Et puis, vous avez des services de police qui sont là
11:23et qui ont le droit de faire leur métier.
11:25Moi, je trouve qu'il faut défendre la police, simplement la police, partout.
11:28Ce n'est pas la police partout,
11:29c'est la possibilité de donner à la police,
11:31qui serait partout, de pouvoir agir sans qu'elle soit criminalisée,
11:35sans qu'elle soit associée à de la délinquance.
11:38Il aurait fallu faire quoi ?
11:39Là, c'est quoi ? C'est 4 minutes, 7 minutes, je ne sais quoi.
11:41Vous avez un commissariat ?
11:42Moins de 7 minutes, exactement.
11:44Vous avez un commissariat, il est à combien ?
11:45À 300 mètres ?
11:46Vous l'appelez, le commissariat, et vous dites
11:48« Venez, le commissaire arrive, ils ont des armes, qu'est-ce qu'ils font ? »
11:50Et quand même, comme vous dites, ils n'auraient pas ouvert le feu,
11:51il y avait du public dans la salle.
11:53Donc, la solution, elle n'est pas là.
11:54Elle est effectivement dans une politique culturelle globale
11:57qui permet de ramener de l'argent dans les musées
11:59avec des politiques fiscales qui peuvent être intéressantes pour des gens.
12:03Il y a des grands patrons qui sont des grands collectionneurs,
12:05qui peuvent avoir des œuvres, qui peuvent les prêter.
12:08Il y a toute une politique qui est susceptible d'être faite
12:10qui ne serait pas une politique de lutte des classes.
12:12Du genre, toujours de l'argent, encore de l'argent.
12:14Ce n'est pas suffisant, l'argent.
12:15On peut avoir beaucoup d'argent, il faut avoir une pensée d'abord.
12:17Puis l'argent arrive ensuite.
12:19Et on peut mettre l'argent au service de la pensée qu'on aurait.
12:22Elle est où ?
12:23La pensée de la culture des maastrichiens de droite et de gauche
12:25depuis qu'ils sont au pouvoir.
12:26C'est égal à zéro.
12:28Ce serait égal à zéro.
12:29C'est plutôt ce que vous disiez tout à l'heure.
12:30C'est-à-dire que c'est l'éloge des mangas,
12:32c'est l'éloge d'un certain nombre de musiques diverses et multiples et variées.
12:36C'est la possibilité de défendre dans l'art contemporain
12:38ce qu'il y a de pire dans l'art contemporain,
12:40mais de plus idéologique.
12:41Je crois que nous devrions en parler.
12:42Oui, il y a une grenouille géante de 20 mètres
12:47qui a été installée devant la place Vendôme,
12:50devant le ministère de la Justice.
12:52C'est un artiste américano-vénézuélisien
12:54qui s'appelle Alex Da Corté.
12:56Cela traduit, selon lui, à un existentialisme américain.
12:59Alors je le dis pour nos auditeurs,
13:00c'est une grenouille géante
13:03qui a la tête en bas et les fesses en haut.
13:07Moi je défends l'art contemporain.
13:08Mais c'est de l'argent privé.
13:09Oui, c'est de l'argent privé.
13:10C'est important de le dire.
13:12C'est le cas de Art Basel.
13:13Écoutez, là, pour le coup,
13:14on peut peut-être continuer les discussions que nous avions il y a deux minutes.
13:17C'est-à-dire que là aussi,
13:19il faut une politique culturelle sur l'art contemporain.
13:21La question de l'art contemporain,
13:22ce n'est pas pour ou contre.
13:22Ça n'a aucun sens.
13:23C'est comme être pour ou contre l'électricité.
13:26Donc c'est l'art contemporain.
13:27Mais dans l'art contemporain,
13:28il y a des croûtes.
13:30Et il faut que le temps fasse son travail.
13:33Et puis il y a des choses qui ont été présentées comme géniales au 19ème
13:35et qui sont présentées aujourd'hui comme des croûtes.
13:37Tout ça, ce sont des croûtes contemporaines, là.
13:39Le vagin de la reine, le pleu ganal.
13:42Enfin, on voit bien.
13:42C'était aussi le place Vendôme.
13:44Pardon ?
13:44C'était aussi le place Vendôme.
13:45Oui, bien sûr, bien sûr.
13:46Ou le bouquet de tulipes.
13:47Finalement, c'est un bouquet de trou de balle,
13:49si vraiment il faut parler clairement.
13:50Je veux dire, ce sont des œuvres militantes.
13:52Et ce sont des œuvres militantes wokistes.
13:54Ce n'est pas ça l'art contemporain.
13:55Vous avez un certain nombre de jeunes garçons et de jeunes filles
13:58qui font des choses extraordinaires
13:59mais qui ne peuvent pas exister
14:00parce que vous êtes dans un petit circuit.
14:03Et c'est aussi, ça il faudrait le dire,
14:04un circuit qui permet de blanchir de l'argent.
14:07L'art contemporain, ça sert beaucoup à ça.
14:09Alors que ça ne devrait pas servir à ça, évidemment.
14:11Et nous devrions avoir une politique d'aide aux jeunes artistes.
14:13Et nous devrions avoir une politique nationale
14:15qui nous permettrait de défendre nos peintres.
14:17C'est-à-dire qu'on a des grands peintres.
14:18Moi, je suis très ami avec Robert Combaz.
14:20Mais j'ai invité un certain nombre de gens,
14:22des Velikovic ou des Ernest Mignon-Ernest
14:24ou des Adami.
14:25Certains sont hélas décédés.
14:27Mais quand je m'occupais de bénévolement et gratuitement,
14:30je le dis au passage,
14:31de remplir la médiathèque d'Argentan,
14:33on aurait une politique d'État
14:35qui défendrait nos artistes.
14:36Nous avons des grands artistes.
14:37Nous avons des grands chorégraphes.
14:39Nous n'avons pas ceux qu'on nous met en scène
14:40pour les Jeux Olympiques.
14:40Et des grands musiciens contemporains.
14:42Des grands musiciens, des grands compositeurs.
14:44Des gens qui souffrent parce que mon ami Éric Tanguy,
14:47par exemple, il a quasiment un salaire de Smicard,
14:49alors qu'il a été joué par Dutilleux,
14:50alors qu'il a été joué par...
14:52Pas par Dutilleux, mais par Rostropovitch,
14:54qu'il était l'ami de Dutilleux
14:56et que Cégé Ozawa l'a dirigé,
14:58a dirigé quelques-unes de ses œuvres.
14:59Vous êtes intéressable sur ces sujets d'art contemporain.
15:01Non, mais oui, parce que nous devrions avoir
15:03une politique nationale fière de nos artistes,
15:06de nos jeunes artistes, de nos talents.
15:08Et on aide beaucoup à un mauvais cinéma aujourd'hui.
15:12On aide beaucoup à un mauvais art contemporain.
15:13Et si les gens voient cette grenouille effondrée
15:15et disent « c'est ça l'art contemporain »,
15:17évidemment, je suis contre l'art contemporain.
15:19Ils ont raison d'être contre ça,
15:20mais l'art contemporain, ce n'est pas ça.
15:22Michel, on est dans votre émission face à Michel Onfray.
15:24On va passer maintenant au sujet extrêmement important
15:27qui a scandé toute cette semaine,
15:29l'incarcération mardi matin de l'ancien président de la République,
15:32incarcéré à la prison de la Santé,
15:34placé à l'isolement pour ne pas rencontrer d'autres détenus.
15:38Sa famille et ses proches étaient réunis autour de lui
15:40au départ de son domicile.
15:41Et puis son cortège, accompagné par les moteurs de la police nationale,
15:44s'est rendu à la prison.
15:45C'est vrai qu'il y a un gros décalage entre cette image
15:48et la réalité de l'incarcération.
15:51Dès la première nuit,
15:52les détenus de la prison de la Santé
15:54ont lancé des insultes, des invectives
15:57et des menaces de mort à l'encontre
15:58de l'ancien président de la République.
16:00Écoutez cette séquence
16:01qui a été filmée par des détenus,
16:04grâce à leur téléphone portable, évidemment,
16:05et qui ont été diffusées sur les réseaux sociaux.
16:08Sarko, il est juste là, là.
16:12Quartier isolé.
16:13Il est tout seul en cellule.
16:14Il vient d'arriver mardi 20 octobre 2025.
16:18Il va passer une mauvaise attention.
16:20Juste à côté, il y a le mitard.
16:21En dessous, c'est le mitard.
16:22L'huile est juste au-dessus.
16:24Et on est au courant de tout.
16:25Ça, c'est le gars qui a vendu
16:40l'hôtel à Sarkozy, dites-vous.
16:50Appelle Sarko.
16:51Attends, on va le rêver, frère.
16:52Moi, Sarkozy, eh !
16:55Moi, Nicolas !
17:00Voilà pour les insultes
17:02qui ont été proférées
17:03à l'encontre de Nicolas Sarkozy.
17:05Le parquet de Paris ouvre
17:06une enquête préliminaire
17:07pour menace de mort.
17:09Il y a eu aussi une polémique
17:10sur le fait qu'il ait
17:11deux gardes de sa sécurité,
17:14qui sont des gardes,
17:15des officiers du SDLP,
17:16le service de protection
17:17des personnalités,
17:18qui soient dans la cellule voisine de lui.
17:21Est-ce que, encore une fois,
17:22la sécurité de l'ancien président
17:23de la République
17:24est un sujet
17:25d'importance nationale, Michel ?
17:27Mais oui, bien sûr.
17:29Et puis, ce que nous venons de dire
17:31sur le cambriolage
17:32nous permet de penser
17:34plus généralement
17:34à la politique culturelle
17:36de l'État français.
17:37Là, nous avons
17:38une matière à penser
17:39de la politique pénale française.
17:41Vous avez vu ces gens,
17:42vous avez vu ce qu'ils disent.
17:43Ils sont au courant de tout.
17:44Ils ont des téléphones portables,
17:45ils ont la possibilité, etc.
17:47Depuis, il y a eu des perquisitions,
17:49ils ont été mis en garde à vue.
17:50Oui, c'est quand même étonnant
17:51qu'on ait besoin
17:51de ce genre de scènes terribles,
17:53là, pour obtenir des perquisitions.
17:55Il y a aussi des complicités,
17:56il faut arrêter, quoi.
17:57Il y a un moment donné
17:58où il faut se poser la question
17:59du comment des gens
18:00peuvent-ils avoir
18:01des téléphones portables,
18:02peuvent-ils filmer,
18:03peuvent-ils dire
18:03on sait où tu es,
18:04on est là-bas, etc.
18:05On est très informé,
18:06on connaît...
18:06Ça circule, les informations.
18:08Donc, il y a aussi
18:09de la racaille,
18:10pas seulement chez les racailles.
18:12Il y a aussi des gens
18:12qui rendent possible
18:13la racaille à l'intérieur.
18:15Donc, ça aussi,
18:15c'est une question
18:15qu'il faudra poser
18:17très précisément.
18:19Il y a, je ne sais pas
18:20combien de personnes,
18:20mais des centaines d'individus
18:21qui voudraient faire la peau
18:22du président,
18:23de l'ancien président de la République.
18:24Donc, évidemment
18:25que sa sécurité est en jeu.
18:27Et on a deux policiers
18:29qui sont là.
18:30Bon, ils sont armés,
18:31m'a-t-on dit.
18:31Aurait-il encore
18:32la possibilité
18:33d'utiliser leurs armes ?
18:34Tout ça est aussi
18:35à poser comme question.
18:37C'est-à-dire,
18:37quand il y a un effondrement
18:38de l'autorité,
18:39quand ceux qui sont
18:40les dépositaires
18:41de l'autorité,
18:43c'est-à-dire
18:44qui disposent
18:44du monopole
18:45de la violence légale
18:46pour utiliser
18:46la formule
18:47du philosophe sociologue
18:48Max Weber,
18:49quand ceux-là
18:50sont interdits
18:50d'utiliser
18:51la violence légale,
18:53et bien ce sont
18:53ceux qui utilisent
18:54la violence illégale
18:55qui font la loi.
18:56Il y a plein de gens
18:56qui voudraient laisser
18:57leur nom dans les gazettes
18:58et dans l'histoire
18:59comme, je ne veux pas
19:00donner des idées,
19:01mais enfin,
19:02on voit bien
19:03qu'effectivement,
19:03il est en danger.
19:04Je trouve heureux
19:05qu'il y ait deux personnes
19:06à proximité de lui.
19:07Mais ça ne suffit pas
19:08quand vous êtes déterminés.
19:09Vous savez,
19:09on a parlé de Machiavel
19:13on le voit bien
19:13avec les djihadistes.
19:15Personne ne peut
19:15vous arrêter en face.
19:16Personne.
19:17Et donc,
19:18je crains effectivement
19:20pour sa sécurité.
19:23Mais c'est aussi bien
19:24de manière générale
19:24de penser la politique pénale
19:25et de se dire
19:26que si on n'est pas
19:27Nicolas Sarkozy,
19:28on fait face à ça aussi.
19:29Mais sûr.
19:29Cette espèce
19:30de banditisme intérieur
19:31qui fait que vous avez
19:32une loi extrêmement violente,
19:34extrêmement brutale
19:35et que vous avez
19:36un certain nombre
19:36d'individus
19:37qui font la loi.
19:38On sait qui ils sont.
19:39On les laisse faire
19:40pour avoir la paix,
19:41pour avoir le calme.
19:42Donc, il y a une espèce
19:42de partage du pouvoir
19:43de la même manière
19:44qu'on laisse les narcotrafiquants,
19:46on laisse ici
19:46les racailles dans les prisons
19:47faire la loi.
19:49La loi républicaine
19:50n'est pas respectée
19:51dans les prisons.
19:52Ça se voit,
19:53ça s'entend,
19:53c'est clair.
19:54Il y a des images,
19:55très précisément.
19:56Moi, ça fait très longtemps
19:56que je dis qu'il faut
19:57en finir avec la lecture
19:59que Foucault donnait
19:59de surveiller et punir
20:01de la lecture
20:02qu'il donnait de la prison.
20:03D'ailleurs,
20:03j'avais rencontré
20:04le président Sarkozy
20:05à l'époque
20:05qu'il était candidat
20:06et j'y étais allé
20:06pour la revue
20:09Philosophie Magazine
20:10et je lui avais offert
20:11quelques livres
20:11et il y avait dans ces livres-là
20:12une invitation à lire
20:14justement
20:14Surveiller et punir
20:15de Michel Foucault
20:16en lui disant
20:17il faut réformer
20:18puissamment la prison.
20:20Il m'a dit
20:20mais oui, bien sûr,
20:21si j'étais président
20:22d'un public,
20:22vous pensez bien
20:23que ce serait
20:23un chantier prioritaire,
20:24etc.
20:25Ça n'a été un chantier
20:26prioritaire pour personne.
20:27Et quand on a aujourd'hui
20:28Gérald Darmanin
20:29qui nous dit
20:29il y a ceci,
20:30il y a cela,
20:30etc.
20:30Mais on fait quoi
20:31quand on n'a pas de prison ?
20:32On menace de prison.
20:33Voilà, on menace de prison
20:34des gens qui savent
20:35eux très bien
20:36qu'ils n'iront pas en prison.
20:37Il n'y en a pas.
20:37Et on nous dit
20:38il faut 6 ou 7 ans
20:39pour faire une prison.
20:39C'est étonnant
20:40quand en Chine
20:40il y a un problème de Covid
20:41donc on construit
20:42un hôpital en 3 jours.
20:43Donc là aussi
20:44c'est une politique d'État.
20:45Il y a une politique pénale
20:46qui est déplorable.
20:48En fait,
20:49c'est le résultat
20:49de M. Badinter
20:50dont on a dit
20:50beaucoup de bien.
20:51On peut en parler
20:51un peu plus librement
20:52puisque les cérémonies
20:54du Panthéon
20:54sont terminées.
20:55Mais c'est ça.
20:56Ce qu'on voit là
20:57c'est très exactement
20:58ce que souhaitait Foucault
20:59d'en surveiller et punir
21:00la nécessité de penser
21:02la prison autrement
21:03pour faire de telle sorte
21:04que ça ne se passe plus
21:04comme ça dans ces endroits-là.
21:06Les gens qui sont
21:07des vrais racailles
21:07qu'ils soient traités comme tels
21:09et puis nombre de gens
21:10qui n'ont pas grand-chose
21:11à faire dans une prison
21:12parce que je ne sais pas quoi
21:12ils ont fait des excès de vitesse
21:143 ou 4 fois
21:15qu'ils avaient trop bu
21:15et bien qu'il y ait
21:16une autre politique pénale.
21:17Michel Lomphre
21:18on va faire une toute petite pause
21:19on se retrouve sur CNews
21:20et sur Europe 1
21:21on va évoquer après
21:22un point de vue
21:24un peu plus philosophique
21:25ce que révèle
21:27l'épreuve
21:28quand on est confronté
21:29à une telle épreuve
21:29l'incarcération
21:30ce rendez-vous avec soi-même
21:31que l'on a
21:32on verra comment on peut
21:33surmonter ce type d'épreuve
21:35sur un plan philosophique.
21:37A tout de suite.
21:38On se retrouve
21:39d'en face à Michel Lomphre
21:40sur CNews et sur Europe 1
21:41Michel on vient d'évoquer
21:43l'incarcération de Nicolas Sarkozy
21:44la question de sa sécurité
21:45qui est centrale
21:46et puis il y a aussi
21:47le côté un peu plus philosophique
21:49le choc carcéral
21:51ce que représente
21:51le choc carcéral
21:52pour quelqu'un
21:53qui évidemment
21:54n'a jamais été confronté
21:55à cet univers-là.
21:57Comment peut-on puiser
21:58en soi les ressources
21:59pour affronter
21:59une telle situation ?
22:01On va juste écouter
22:02Maître Christophe Ingrin
22:03qui est son avocat
22:04et qui a rendu visite
22:06à Nicolas Sarkozy
22:07et après on parlera
22:08avec vous
22:08des façons
22:09dont on peut
22:10trouver la ressource en soi.
22:13Pas un mot pour se plaindre
22:14mais pas un mot
22:15pour se plaindre
22:16si la détention
22:17était faite
22:18pour le casser
22:18pour lui casser le moral
22:20ou pour le forcer
22:21à se courber
22:22c'est raté.
22:24Ça a renforcé
22:25moi le sentiment
22:26que j'avais ce matin
22:26c'est que ça renforce
22:27sa rage.
22:29À cette force
22:31à cette violence
22:32qu'on lui oppose
22:33il répond
22:33par une force
22:34encore plus importante.
22:36On veut le mettre
22:37à terre
22:38il se relève
22:39et il est encore plus fort.
22:41Et cette période
22:41dont on se serait passé
22:42cette période
22:44de détention
22:44on va nous
22:46le voir tous les jours
22:47pour travailler l'appel
22:48pour d'abord
22:49on a une étape
22:50qui sera la mise en liberté
22:51dans trois semaines
22:52un mois
22:52après l'appel
22:54donc
22:54il n'était pas différent
22:58mais d'un centimètre
23:00du Nicolas Sarkozy
23:01que je vois tous les jours.
23:02Voilà pour mettre
23:03Christophe Ingrin
23:04l'avocat de Nicolas Sarkozy
23:05on sait qu'il a emmené
23:06des livres
23:06avec lui
23:08le conte de Monte Cristo
23:10et la biographie de Jésus
23:11par Christian Petit Fils
23:13c'est par la littérature
23:14par la culture
23:15qu'on affronte
23:15ce type d'épreuve
23:16selon vous Michel ?
23:18Mais il faut avoir
23:19des ressources personnelles aussi
23:20Vous avez intérêt
23:21parce que d'abord
23:21c'est le lieu dans lequel
23:23vous êtes face à vous-même
23:23c'est comme une cellule de moine
23:25On a rendez-vous
23:26avec soi-même
23:26Avec soi-même
23:27et avec le plus intime
23:28de soi-même
23:28c'est-à-dire avec
23:29le temps qui passe
23:30et que vous regardez
23:32face à face
23:32là pour le coup
23:33qui plus est
23:35dans son système
23:36qui est une prison
23:36dans la prison
23:37parce qu'apparemment
23:37il ne peut pas faire
23:38ce que les autres font
23:39il ne peut pas rencontrer
23:39les autres
23:40il ne peut pas avoir
23:40des promenades
23:40qui se disent
23:41il y a une espèce
23:42de rupture
23:42de relation avec autrui
23:44c'est-à-dire qu'il voit
23:45des gens
23:46mais probablement
23:46les deux policiers
23:47qui s'occupent de lui
23:48Il a un parloir
23:49une fois par jour
23:50sa famille
23:50ça ne suffit pas
23:51et puis vous avez la nuit
23:52et quand tout s'éteint
23:54à ce moment-là
23:54les fantômes arrivent
23:56donc vous êtes face à vous-même
23:58moi je l'ai rencontré
23:59je l'ai dit tout à l'heure
24:00pour la revue Philosophie Magazine
24:02et il y avait la bête politique
24:04et il y avait l'homme
24:04et il y a beaucoup de choses
24:06à dire sur l'homme
24:07ce n'est pas le moment
24:08de le dire ici
24:08mais une fragilité
24:10une vraie fragilité
24:11qui le rendait d'ailleurs
24:11on avait de la sympathie
24:15pour l'homme fragile
24:16après pour l'homme
24:17qui se cite cela
24:18on se dit
24:18mais l'homme qui se cite cela
24:19c'est l'homme fragile aussi
24:20c'est la verre et le revers
24:21de la même médaille
24:21donc là il va être
24:22en face de lui-même
24:22il est arrivé à des philosophes
24:24de se trouver en prison
24:24Boès par exemple
24:25s'est retrouvé en prison
24:26il a écrit un livre
24:27en prison
24:27qui s'appelait
24:28Consolation de la philosophie
24:29et il fait apparaître
24:30la philosophie
24:31qui s'en vient
24:31de lui dire
24:32deux ou trois choses
24:33il y a un commerce
24:35entre Boès lui-même
24:36qui est prisonnier
24:36il sera d'ailleurs tué
24:37à l'issue de cet emprisonnement
24:39il y a eu Socrate
24:40qui lui aussi
24:41a été condamné à mort
24:42et qui est en prison
24:43il y a vu des gens
24:44qui ont commencé
24:45à écrire de la poésie
24:45alors qu'ils n'écrivaient
24:46rien du tout
24:46Nicolas Sarkozy écrit
24:47en ce moment un roman
24:48nous disent ses avocats
24:49un roman ?
24:50en tout cas un livre
24:51oui sûrement un essai
24:52sur son expérience
24:53je pense
24:53le diable étant dans les détails
24:55il le sait très bien
24:57Nicolas Sarkozy
24:58il n'a pas choisi
24:59n'importe quel livre
24:59il nous lance un message
25:01donc les avocats disent
25:02il est fort, il est costaud
25:03etc.
25:04mais il aurait le droit
25:04d'être fragile et faible
25:05on a le droit
25:06quand on a été
25:07président de la République
25:07quand on est Sarkozy
25:08alors qu'une foule
25:10en délire dans la prison
25:11veut vous faire la peau
25:12vous avez la possibilité
25:13de dire
25:14oui je suis inquiet
25:16je suis angoissé
25:16c'est pas être
25:17un sous-homme
25:18que de ressentir
25:19des émotions
25:20mais il nous envoie
25:21un message
25:22du moins pour les gens
25:22qui savent lire
25:23de la même manière
25:24que
25:24alors lequel ?
25:25de la même manière
25:26que quand Macron
25:26se fait photographier
25:27avec le volume
25:29de Pléiades de Gide
25:30de Stendhal
25:31et de De Gaulle
25:32il dit des choses
25:33je ne dirai pas lesquelles
25:33mais que les gens
25:34lirent Corridon de Gide
25:35et ils verront le type
25:36de message possible
25:37là il choisit
25:39alors c'est drôle
25:39parce qu'ils ont dit
25:39le compte de Montecristo
25:40en deux volumes
25:41alors bon
25:42vous avez un volume
25:43en Pléiades
25:44vous avez juste un volume
25:45deux volumes
25:46c'est juste pour nous dire
25:46c'est un gros livre
25:47donc il part avec un gros livre
25:49je crois que c'est juste
25:50parce qu'ils n'ont pas le droit
25:51à des couvertures rigides
25:53rigides
25:54ils ont besoin
25:54de couvertures souples
25:55la Pléiade
25:56c'est du papier bible
25:57et c'est une couverture souple
25:58ah non non
25:58la couverture elle est rigide
26:00non non
26:00c'est un carton
26:01un carton souple
26:01oui mais ça c'est considéré
26:02comme un gène
26:02non parce qu'on doit
26:03pouvoir mettre des trucs
26:04enfin peu importe
26:04vous avez la possibilité
26:06d'avoir un compte de Montecristo
26:07en un volume
26:07simplement l'histoire
26:08du compte de Montecristo
26:09c'est quoi ?
26:09c'est la célébration
26:10de la vengeance
26:10c'est tout ça
26:12et la résurrection
26:13après la détention
26:14ah bah là j'allais arriver
26:15au deuxième livre
26:15la résurrection
26:16le premier livre
26:17c'est d'abord un faux
26:18il y a un faux document
26:19sur lequel est construite
26:21une injustice
26:22avec quelqu'un qui dit
26:23moi quand je sortirai
26:24je vais fomenter ma vengeance
26:26elle sera terrible
26:27et tout le monde y aura droit
26:28et c'est ce qui fait le génie
26:29et du livre
26:29et du film
26:30pour ceux qui n'ont pas lu lieu
26:31n'allez pas voir le film
26:32il prend des libertés
26:33à l'endroit du livre
26:34mais c'est quand même
26:35il nous dit deux choses
26:36la première chose
26:37c'est je me vengerai
26:39donc ça commence
26:40n'imaginez pas que c'est fini
26:41pour moi
26:41ça commence
26:42et l'autre
26:43alors on dit une biographie
26:45de Jésus
26:45c'est un roman historique
26:48on dira
26:48c'est un roman romancé
26:50si vous me permettez
26:50de la vie de Jésus
26:52je n'ai pas de conseil
26:53à lui donner
26:54mais s'il peut se faire apporter
26:55la vie de Jésus
26:55par renon
26:55c'est nettement préférable
26:56mais donc Jésus c'est quoi ?
26:59c'est aussi un homme en procès
27:00c'est aussi un homme
27:01qui a été condamné injustement
27:02c'est aussi un homme
27:03qui va faire face
27:04alors pour le coup
27:05à la peine de mort
27:06et puis c'est aussi un homme
27:07dont la condamnation
27:08a rendu possible la résurrection
27:09s'il n'y avait pas eu de condamnation
27:11imaginez que Ponce Pilate
27:12dise bon bah allez
27:13on le libère
27:14et puis on va tuer Barabas
27:15à la place
27:16il n'y a pas de christianisme
27:18il n'y a rien
27:18il ne se passe rien
27:19et là il nous dit
27:19avec ses deux livres
27:20qu'il se vengera
27:22que la suite est à écrire
27:24et que la suite
27:24ce sera sous le signe
27:25de la résurrection
27:26sous-entendu
27:26vous allez entendre parler de moi
27:27j'ai mis donc une hypothèse
27:29sur ce message
27:30pas forcément subliminal
27:32donné par Nicolas Sarkozy
27:33mais un message donné
27:34à ceux qui sont susceptibles
27:35de l'entendre
27:35c'est que peut-être
27:36il avait songé
27:37à un retour en politique
27:39c'est une hypothèse
27:40et que peut-être d'ailleurs
27:42des juges avaient intérêt
27:43à faire de telle sorte
27:43qu'ils n'y songent pas plus longtemps
27:44comme on a fait
27:46on a fait de telle sorte
27:47que François Fillon
27:48n'y a pas songé longtemps
27:49suffisait de trouver
27:50un ou deux costumes
27:51ou etc
27:51et que Marine Le Pen
27:52sera peut-être empêchée
27:53et voilà
27:54et c'est probablement aussi
27:55Jordan Bardella
27:55parce qu'on va découvrir
27:56qu'un jour
27:57quand il a fait
27:57une réunion de travail
27:58dans un restaurant
27:59il avait un copain
28:00qui était avec lui
28:00et qu'on n'aurait jamais dû
28:01payer une facture
28:02de 22 euros
28:03donc un abus de bien social
28:05etc
28:06mais ces signes
28:07nous sont donnés
28:08et il est toujours là
28:09comme le commandeur
28:11Nicolas Sarkozy
28:11on va le voir
28:12Monsieur Retailleau arrive
28:14et puis Nicolas
28:15je voudrais vous dire
28:16que je suis élu
28:16etc
28:17il y a toujours ce commandeur
28:18la figure du commandeur
28:19c'est pas Lionel Jospin
28:20qui a disparu
28:21et qu'on ne voit plus
28:22et qui a dit
28:22je m'en vais
28:23je m'en vais
28:23il est toujours là
28:24mais la droite est comme ça
28:25la droite elle est bonapartiste
28:27oui en plus
28:28elle a le culte du chef
28:28oui mais à ce moment là
28:30enfin je ne vais pas donner
28:30des leçons à la droite
28:31mais qu'elle ne se contente pas
28:32de dire
28:33on est allé voir
28:33elle n'est pas au mieux la droite
28:34non mais à cause d'elle
28:36il ne suffit pas de dire
28:37vous savez
28:38je suis allé voir le café
28:39chez Nicolas Sarkozy
28:39on a juste envie de dire
28:41et alors
28:41ça a généré quoi
28:42d'un point de vue idéologique
28:43et pour la France
28:44c'est quand même ça
28:44qui est le plus important
28:45donc il nous dit
28:47ce genre de choses
28:47et moi je me dis peut-être
28:48que s'il avait l'intention
28:49d'être un recours
28:50parce qu'après tout
28:50vous avez raison
28:51la droite est bonapartiste
28:52et puis il y a toujours
28:53cette idée du
28:54ils sont tous pourris
28:55ils sont tous ceci
28:56ils sont tous cela
28:56lui il a de la poigne
28:58c'est quelqu'un
28:58qui est autoritaire
28:59il a ceci
29:00il a cela
29:00enfin c'est ceux
29:01qui croient encore en lui
29:02et donc il pouvait peut-être
29:03dire mais après tout
29:04je vais faire lui
29:04très des plaideurs
29:05moi ils ne s'entendent pas
29:06j'arrive et je dis
29:07bah c'est moi
29:07et puis etc
29:08je ne sais pas
29:09je ne suis pas un atime
29:10je ne suis pas un ami
29:11il ne m'a pas reçu
29:12je n'ai pas reçu
29:12je ne sais pas ce qui se passe
29:14dans ses pensées
29:15je dis simplement
29:15que les messages
29:16qu'il nous donne
29:17en disant un petit coup
29:18de Monte Cristo
29:19puis un petit coup de Jésus
29:20ça nous laisse croire
29:21que l'aventure n'est pas finie
29:23et qu'il le fait savoir
29:24à ceux qui veulent bien l'entendre
29:25et que l'écriture aussi
29:26l'écriture d'un livre
29:27est aussi une façon
29:29d'occuper ce temps
29:30ce temps
29:30le silence
29:32en tout cas le silence non
29:33mais en tout cas
29:33le temps s'étire indéfiniment
29:34en prison
29:35d'abord quand vous êtes en prison
29:37et que vous êtes
29:37enfin si vous aimez les livres
29:38si vous êtes en prison
29:40et que vous avez un livre
29:41vous sortez de la prison
29:42moi j'ai été
29:43je me suis trouvé à 10 ans
29:44dans un orphelinat
29:45entre 10 et 14 ans
29:46et j'ai découvert
29:47la puissance du livre
29:48comme ça
29:48c'était terrible
29:49ce qu'il y avait autour de moi
29:50et puis vous avez un livre
29:52vous ouvrez
29:52d'un seul coup
29:53vous n'êtes plus là
29:53vous n'avez plus aucune crainte
29:55de la violence
29:55de la méchanceté
29:56de la crasse
29:56de la saloperie
29:57de quelques prêtres pédophiles
29:59qu'il y avait
29:59ils n'étaient pas tous
30:00fort heureusement
30:01de la violence
30:02des coups
30:03des passages à tabac
30:03etc
30:03et là le livre
30:04vous permet ça
30:05je ne veux pas parler
30:06pour Nicolas Sarkozy
30:07mais je pense que
30:07s'il ouvre
30:08peut-être la biographie de Jésus
30:10allons-y
30:11il sera le contemporain de Jésus
30:12le temps qu'il lira
30:13ce texte-là
30:13et ce sera du temps
30:15gagné sur ce temps perdu
30:16il y aura les autres
30:18il y aura l'écrit
30:18il y aura etc
30:19mais il entrera dans le livre
30:20donc je pense qu'il en fera un livre
30:22et il a bien raison
30:23c'est-à-dire expliquer
30:24ce qui se passe
30:24dans la tête d'un homme
30:25ce qui est sa version
30:26le rapport à la solitude
30:28il peut penser
30:29la prison de l'intérieur
30:30il peut se souvenir
30:32du Karcher
30:33son nom est associé au Karcher
30:35on va vous en débarrasser
30:36etc
30:36il y a pas mal d'adversaires
30:38qui disent
30:38le Karcher
30:39il est resté au garage
30:41et donc il pourra probablement réfléchir
30:43c'est le temps de l'introspection
30:45c'est ça
30:45qu'ai-je promis
30:46qu'ai-je fait
30:47que n'ai-je pas fait
30:48que faudrait-il faire
30:49et comment faudrait-il le faire
30:50etc
30:50je pense qu'il est capable
30:51de profiter du temps
30:53qui sera le sien
30:54et on ne sait pas lequel
30:55hélas
30:56il a hypothétiquement
30:585 ans devant lui
30:59ce qui est inconscient
31:00à priori
31:00la demande de remise en liberté
31:02a été déposée
31:02sera étudiée d'ici un mois
31:03mais la justice
31:05quand vous aurez déposé
31:07votre demande
31:07elle pourra être refusée
31:09absolument
31:09on est en face à Michel Onfray
31:11sur CNews et sur Europe 1
31:12Michel un tout petit mot
31:13de l'actualité
31:15c'est aussi
31:15Laurent Nouniez
31:16le nouveau ministre de l'intérieur
31:17qui était notre invité
31:18cette semaine
31:19qui a eu beaucoup de mal
31:20à donner le chiffre exact
31:21du nombre de clandestins
31:22sur notre sol
31:23dans un premier temps
31:24il avait donné
31:25le chiffre de 200 000
31:26300 000
31:26chez des confrères
31:27et puis questionné
31:28par Sonia Mabrouk
31:29il a fini par dire
31:30que non c'était plutôt
31:31700 000
31:32voire une fourchette
31:32de 600 à 900 000
31:34écoutons cet entretien
31:35il y a plusieurs sources
31:36d'ailleurs mes prédécesseurs
31:38ont donné des chiffres
31:38qui n'étaient pas les mêmes
31:39vous l'avez noté également
31:40M. Darmanin a parlé en 2021
31:42de 700 000 clandestins
31:44c'est exactement ça
31:45et puis une autre fois
31:46il a donné une fourchette
31:47entre 600 et 900 000
31:48mon prédécesseur avait parlé
31:49d'un demi-million
31:50on est loin des 200 000
31:51si on travaille
31:52de manière sérieuse
31:53et nous l'avons fait
31:54moi je connais
31:55évidemment le chiffre
31:55je le connais
31:56si on travaille
31:58sur l'aide médicale d'Etat
32:00et qu'on extrapole
32:01le nombre
32:02l'estimation d'étrangers
32:03en situation irrégulière
32:05dans notre pays
32:05elle est de 700 000
32:07voilà
32:07le ministre de l'Intérieur
32:08a fini par donner
32:09l'estimation réelle
32:10en tout cas
32:11on sait que c'est entre
32:12600 000 et 900 000
32:13mais il ne voulait pas
32:14donner ce chiffre
32:15par peur dit-il
32:16de créer des polémiques
32:17c'est à dire qu'on dit
32:18aux gens
32:18je ne vous dis pas la vérité
32:20parce que ça pourrait
32:21créer de la polémique
32:21qu'est-ce que vous en pensez
32:22Michel Enfrère ?
32:24on voulait qu'on parle
32:24de Kant et du mensonge
32:25déjà là
32:25on est déjà dedans
32:29parce que vous êtes gentil
32:29de dire
32:30il a eu du mal
32:30à dire qu'il a menti
32:32et ces gens-là
32:33nous mentent
32:34depuis très longtemps
32:34c'est ça le problème
32:35et des chaînes
32:36comme CNews
32:37une chaîne comme CNews
32:38et Europe 1
32:39on peut ajouter Europe 1
32:40disent des choses
32:41qu'on n'entend pas
32:42habituellement
32:42et on dit
32:44même la vérité
32:45sur un certain nombre
32:45de points
32:45disons ben non
32:46le chiffre c'est ça
32:46regardez ce qu'obtient
32:47Sonia Babouk
32:48c'est-à-dire que vous avez dit
32:49mais etc
32:50mais oui bon tout de même
32:52et si vous faites ceci
32:53si vous comptez comme ça
32:54oui ben alors d'accord
32:55et quand vous avez compté
32:55comme vous voulez
32:56oui ben
32:56et voilà
32:57on est passé de 200 à 700
32:59c'est quand même
33:00en 48 heures
33:02un mensonge caractérisé
33:04de la part d'un ministre
33:05mais pourquoi ces dirigeants politiques
33:06n'osent pas dire
33:07la vérité
33:08les chiffres
33:09si vous ne le dites pas
33:10ça n'existe pas
33:11dans un monde médiatique
33:12le réel n'est que ce qu'on dit
33:14qu'il est
33:14vous avez une information
33:16elle est donnée
33:17elle existe
33:18vous avez un réel
33:19il n'est pas donné
33:20ça n'existe pas
33:20voilà pourquoi
33:21donc il ne faut pas dire
33:22ce qu'on voit
33:22si monsieur Cohen
33:23par exemple
33:24si monsieur Cohen
33:25et le grand
33:26ne passent pas l'information
33:28sur France Inter
33:28c'est pas que l'information
33:29ne passe pas
33:30c'est que le réel
33:30n'a pas eu lieu
33:31mais c'est où ils sont
33:32oui non mais au contraire
33:33parce que tout ça se tient
33:34c'est à dire que chacun
33:35a intérêt
33:36à ne donner qu'une partie
33:37des informations
33:38parce que idéologiquement
33:39il ne faut pas
33:40que le portrait de la France
33:41soit donné
33:42tel qu'il est
33:43or les français
33:43ceux qui nous écoutent
33:44je vois du moins
33:45ceux qui me parlent
33:46et ils nous disent
33:47on entend des choses
33:48qu'on n'entend nulle part ailleurs
33:49et sur ces news
33:49c'est le cas
33:50donc vous avez des chiffres
33:51vous avez des propos
33:51vous avez des propositions
33:52vous avez des images
33:53vous avez etc etc
33:54ces images
33:55sur ce qui advient
33:56à Nicolas Sarkozy
33:57c'est beaucoup plus parlant
33:59je dirais
34:00qu'un long discours
34:01d'un des types
34:03du service public
34:03qui s'en viendrait
34:04nous expliquer
34:04que la prison ceci
34:05la prison cela
34:06non
34:06en 25 secondes
34:07voilà la réalité
34:07c'est ça la prison
34:08et vous avez beau être
34:10je ne sais pas quoi
34:10garagiste
34:11charcutier
34:12paysan agriculteur
34:13ou instituteur
34:14je ne sais pas quoi
34:14vous regardez l'image
34:16si vous avez de l'intelligence
34:17et vous en avez
34:17et bien vous comprenez
34:18vous n'avez pas besoin
34:19des discours
34:19de tous ces gens-là
34:20qui disent
34:20mais attendez
34:21madame Laurence Bloch
34:22l'autre jour
34:23ou tous les patrons
34:24de Radio France
34:25ou autres
34:25qui viennent nous expliquer
34:26que l'important
34:27ce n'est pas le monde
34:28tel qu'il est
34:28c'est le monde tel
34:29qu'on voudrait qu'il soit
34:30après ça c'est de dire
34:31mais il ne faut pas
34:32montrer aux gens
34:32les choses
34:33parce que s'ils sont
34:34dans cette logique-là
34:35ils vont être lucides
34:36sur ce qui se passe en France
34:37s'ils sont lucides
34:37sur ce qui se passe en France
34:38ils vont voter pour Marine Le Pen
34:39et ça c'est pas bon
34:40donc il faut absolument
34:41leur cacher les choses
34:42il faut surtout leur dire
34:43que ça se passe bien
34:43que c'est très exactement
34:44le contraire
34:44et tant qu'on aura
34:45des ministres qui mentiront
34:47ce monsieur ment
34:48Nunez
34:48il le sait
34:49il dit bah oui
34:50je les ai les chiffres
34:50alors dis-le mon garçon
34:51si tu les as
34:52arrête de nous dire les faux
34:53arrête de nous en donner de faux
34:54et puis arrête de dire
34:55que finalement tu vas donner
34:56les vrais
34:56et que c'est une fourchette
34:57entre temps et temps
34:58mais il le sait
34:59à la décimale près
35:00un ministre de l'intérieur
35:01tous les matins
35:02quand il arrive
35:02il a une pile
35:03de documents
35:05sur son dossier
35:06enfin sur sa table
35:07enfin aujourd'hui
35:07sur son ordinateur
35:08et il a tout ce qui s'est passé
35:10dans la journée
35:10dans la nuit etc
35:11il a lui
35:11l'image la plus fidèle
35:13de ce qu'est la France
35:14et rappelez-vous
35:15quand monsieur
35:15le maire de Lyon
35:17aujourd'hui décédé
35:18a quitté
35:19Gérard Collomb
35:20a quitté en disant
35:21que la France
35:22était l'histoire
35:23du face à face
35:23et du côte à côte
35:24enfin que nous étions
35:25côte à côte
35:25mais qu'il craignait
35:26qu'un jour
35:26on serait face à face
35:27mais nous sommes face à face
35:28simplement
35:29des gens disent
35:29faisons de telle sorte
35:30que la chose
35:32ne soit pas dite
35:32si elle n'est pas dite
35:33et bien
35:37et puis on dit
35:37on verra ça plus tard
35:38et puis voilà
35:40Michel on pourrait jamais
35:40juste attirer votre attention
35:42sur ce qui s'est passé
35:42la semaine dernière
35:43à Paris 8 Vincennes
35:44c'est une université
35:45dans un amphithéâtre
35:47une conférence
35:47le 15 octobre
35:48avec des dizaines de personnes
35:49qui se sont réjouies
35:50des 20 sacres du 7 octobre
35:512023
35:52qui ont fait 1200 morts
35:53je le rappelle
35:53c'était des étudiants français
35:55qui ont donc applaudi
35:56à cette conférence
35:57pro-palestinienne
35:58faisant l'apologie du terrorisme
35:59on va juste écouter
36:00ce qui s'est dit
36:01parce que
36:01la première question
36:03c'est est-ce que vous condamnez
36:04les massacres du 7 octobre
36:05écoutez la réponse
36:06c'est glaçant
36:07condamnez-vous le 7 octobre
36:10voilà
36:12en défendant Georges Abdallah
36:14nous étions préparés
36:16à ce soutien inconditionnel
36:18à la résistance héroïque
36:20du peuple palestinien
36:21et à cette résistance
36:23principalement
36:24qui passe par la lutte armée
36:26et donc le 7 octobre
36:27nous y étions prêts
36:29nous n'avons eu
36:33autre chose
36:33un problème
36:34à reblandiquer
36:35ce 7 octobre
36:36quelle honte
36:38quelle honte
36:39dans nos universités
36:40Michel Onfray
36:41c'est ce qu'on donne
36:42à entendre
36:43aux étudiants
36:43qui applaudissent
36:44qui disent
36:45on ne condamne pas
36:46le 7 octobre
36:47mais comment on peut
36:47supporter ça
36:48il va y avoir des
36:50oui il va y avoir
36:50peut-être des sanctions
36:51peut-être des réunions
36:52peut-être
36:52je suis désarmée
36:55vraiment
36:55oui moi pas tant
36:57que vous
36:58parce que je ne suis pas
36:59du tout étonné
36:59ça fonctionne comme ça
37:00à Sciences Po
37:00ça fonctionne comme ça
37:01dans les facs
37:02ça fonctionne comme ça
37:02dans un certain nombre
37:04d'endroits
37:04avec la bénédiction
37:06de l'état français
37:07imaginez
37:08on va faire
37:08on appelle ça
37:09un exercice de pensée
37:10en philosophie
37:10mais imaginez que
37:11vous ayez un amphithéâtre
37:13dans une université
37:14de droite
37:15par exemple
37:15je ne vais pas donner de nom
37:16pour ne pas stigmatiser
37:17et que vous ayez
37:19à la tribune
37:19quelqu'un qui dise
37:20eh bien
37:20qui est pour
37:21est-ce que nous condamnons
37:22au radour sur glane
37:23et que vous ayez
37:24des étudiants
37:25qui disent
37:25non non non
37:26est-ce que vous pensez
37:27qu'on laisserait
37:28les choses faire
37:28on sait bien
37:29qu'ils seraient inquiétés
37:30les gens qui sont
37:31à les tribunes
37:31ils seraient inquiétés
37:32les gens qui sont
37:32dans le
37:33et là on fait référence
37:33à Georges Ibrahim Abdallah
37:34oui
37:35donc criminel
37:35dénouriste
37:3640 ans dans les prions françaises
37:38pour des meurs
37:38on donne à la réclusion criminelle
37:40la perpétuité
37:41c'est aussi ça
37:42l'état français
37:42c'est-à-dire
37:43vous avez
37:43de la réclusion criminelle
37:45à la perpétuité
37:45mais la perpétuité
37:46ça dure le temps
37:47que ça dure
37:47mais c'est pas l'éternité
37:48alors je veux bien
37:50qu'on s'entende là-dessus
37:51et puis après
37:51qu'on y réfléchisse
37:52et ça existe
37:53ou ça n'existe pas
37:54on abolit ou on n'abolit pas
37:55mais si ça existe
37:56ça existe
37:56on ne dit pas ça existe
37:57mais en même temps
37:58ça n'existe pas
37:59donc je pense que là
38:00on a des images
38:00on doit savoir
38:01qui sont ces gens
38:02qui applaudissent
38:03ça veut dire que quoi
38:04vous êtes en train
38:04d'abord de dire des sottises
38:06parce que le mot résistance
38:07ne convient pas
38:08je rappelle
38:09mon affection
38:10pour le général de Gaulle
38:11mais la résistance
38:12n'a jamais tué
38:12de victimes innocentes
38:13la résistance
38:14c'est le tuer des miliciens
38:15il tuer des pétinistes
38:16elle tuer des fascistes
38:17elle tuer des officiers
38:18occupants nazis
38:19elle tuer des gens
38:20qui étaient dans le dispositif
38:22d'occupation
38:22elle ne tuer pas des gens
38:23en disant
38:24on va tuer
38:24on va tuer un officier nazi
38:26qui est au cinéma
38:26on fait exploser le cinéma
38:27il y a 200 personnes
38:28qui vont mourir
38:29ça fait 199 innocents
38:30et puis on aura quand même
38:32eu l'officier
38:33ça ne se passe pas comme ça
38:34la résistance
38:35c'est ciblé
38:35alors que la résistance palestinienne
38:37puisse cibler et tuer
38:38je peux concevoir
38:39mais quand on dit
38:40on va assassiner des gens
38:42qui sont coupables
38:42du simple fait
38:43qu'ils soient ce qu'ils sont
38:43c'est à dire juifs
38:44rappelons-le
38:45pourquoi est-ce qu'on ne cible pas
38:47parce qu'on estime
38:47qu'un juif
38:48c'est de toute façon
38:48un coupable
38:49du simple fait
38:49qu'il soit juif
38:50et donc là
38:51j'ai vu la bande en entier
38:52on parle de l'antité sioniste
38:54qui est un danger pour le monde
38:55etc
38:55elle circule sur le net
38:58c'est effrayant
38:59ce que vous avez sélectionné
39:01déjà terrible
39:01mais l'antité sioniste
39:03met en jeu
39:04la totalité
39:05de la sécurité de la planète
39:06mais ce sont les vieux discours nazis
39:08c'est très exactement ça
39:09ce sont les juifs
39:10qui fomentent les guerres
39:11c'est ce qu'elle nous dit
39:12cette dame
39:12c'est à dire
39:13ils ont tué combien de gens
39:15les juifs en France
39:16dans les attentats
39:16des 20 dernières années
39:17combien y a-t-il eu
39:18d'attentats revendiqués
39:19par des juifs
39:19combien les juifs
39:20ont-ils tué de musulmans
39:21ou de victimes innocentes
39:23etc
39:23zéro
39:23voilà zéro
39:24et puis après
39:25vous faites la liste en face
39:26et vous voyez
39:26qui met en danger la planète
39:27c'est pas l'antité sioniste
39:29c'est justement
39:30ceux qui luttent
39:30contre l'antité sioniste
39:31là vous avez un ramassis
39:33là encore
39:34on peut faire
39:35de la réflexion
39:36civilisationnelle
39:38sur ce que nous sommes
39:39on a réfléchi sur le musée
39:40on a réfléchi sur la prison
39:41et là on réfléchit sur l'université
39:43voilà l'état dans lequel
39:44se trouve la France
39:45les chantiers
39:46évidemment
39:46qu'il faut prendre à bras le corps
39:49surtout qu'il ne va rien se passer
39:50espérons qu'un jour
39:52il se passera quelque chose
39:52le point philo
39:53Michel Onfray
39:54Kant
39:54on l'a déjà un tout petit peu
39:55abordé
39:55le droit de mentir
39:56expliquez-nous
39:57on va mettre ça en relation
39:58avec l'actualité
39:59quel est le point de vue de Kant
40:01sur le mensonge
40:02le droit de mentir
40:02alors c'est très intéressant
40:04c'est un tout petit texte
40:05que tout le monde peut lire
40:05il y a une critique de la raison pure
40:07ça fait 600 pages
40:08c'est très compliqué
40:08c'est vraiment de la philo
40:09pour les philosophes
40:10mais là tout le monde peut lire
40:12ce texte-là
40:12qui répond à un texte
40:13de Benjamin Constant
40:14qui est un philosophe libéral
40:15qui lui disait
40:16qu'on pouvait mentir
40:18dans certains cas
40:18certaines situations
40:19etc.
40:20et Kant lui défend une thèse
40:21très simple
40:21il dit on ne ment jamais
40:22quelles que soient les conséquences
40:24de ce que nous avons à dire
40:26et s'il y a une vérité
40:28et qu'elle n'est pas bonne à dire
40:29et bien Kant dirait
40:30non non
40:30elle est toujours bonne à dire
40:31parce que
40:32quiconque ment
40:33et c'est une formule de lui
40:34disqualifie la source du droit
40:36qu'est-ce que ça veut dire
40:37disqualifier la source du droit
40:38il y a une belle formule de Nietzsche
40:39qui le dit plus clairement peut-être
40:41Nietzsche dit
40:41ce qui me gêne
40:42ce n'est pas que tu m'aies menti
40:43c'est que désormais
40:44je ne pourrais plus te croire
40:45quelqu'un qui vous a menti
40:47vous savez qu'il est un menteur
40:48un menteur on ne le croit plus
40:49et Kant dit
40:50si on commence à mentir
40:51et bien à ce moment-là
40:52on est plus crédible sur le reste
40:53le droit s'effondre
40:54la loi s'effondre
40:55la vérité s'effondre
40:57et lui dit Kant
40:58qu'il faut toujours dire la vérité
41:00quelles qu'en soient les conséquences
41:01d'ailleurs on n'est pas très sûr
41:02quand on dit
41:02ouais mais j'ai caché ça
41:03parce qu'il y aurait eu ceci
41:04je ne voulais pas lui faire de peine
41:05je ne voulais pas
41:06tu prends un exemple
41:07Kant il dit
41:07si un criminel rentre chez vous
41:11et que c'est en train de dîner
41:12et qu'il se cache dans l'armoire
41:13et que quelqu'un d'autre le vient
41:14alors moi j'ajoute
41:15imaginez ça en 1942
41:16un juif qui rentre
41:17et qui veut se cacher
41:18il se met dans l'armoire
41:19et puis d'un seul coup
41:2030 secondes après
41:21arrive la Gestapo
41:21et il dit
41:22est-ce que quelqu'un
41:22est rentré chez vous
41:23et là vous dites
41:23ah mais moi je suis Kantien
41:24donc je dis oui
41:26bien sûr je vous en prie
41:26il est là
41:27je dis la vérité
41:28et je ne disqualifie pas
41:29la source du droit
41:30et donc
41:30on pourrait retorquer à Kant
41:32qu'il vit dans un monde d'idées
41:34ce que je pense
41:35et puis vous avez ceux
41:36qui pensent que le mensonge
41:37ça n'est pas de ne pas dire
41:39la vérité
41:39ou de ne pas dire la vérité
41:40c'est de dire la vérité
41:41c'est de cacher la vérité
41:42à qui on la doit
41:43c'est-à-dire aux nazis
41:45qui rentrent
41:45au type de la Gestapo
41:46vous ne devez pas la vérité
41:47si vous lui dites non
41:48il n'y a personne
41:48vous ne lui mentez pas
41:49puisque vous ne lui devez pas
41:50la vérité
41:50donc il n'y a pas
41:51le vrai le faux
41:52ce que dit Kant
41:53ou le bien le mal
41:54ce que disent les chrétiens
41:55les chrétiens
41:56on dit qu'ils sont
41:57des déontologistes
41:58c'est-à-dire qu'ils défendent l'idée
41:59et puis vous avez ceux
42:00qu'on appelle les conséquentialistes
42:02et qu'ils vous disent
42:03ce qui importe
42:03c'est la conséquence
42:04de mon mensonge
42:05est-ce que mon mensonge
42:06va générer quelque chose de bien
42:07et pas de bon
42:08de bon par exemple
42:09pardon
42:10et pas de bien
42:10et si c'est le cas
42:12alors le mensonge est justifiable
42:13donc le mensonge
42:14c'est ne pas dire la vérité
42:15à qui on la doit
42:16mais vous voyez
42:17que c'est la porte ouverte
42:18à à peu près tout
42:18parce que vous allez dire
42:19bah oui mais moi j'ai menti
42:20parce que j'ai pas envie
42:21de dire à ma femme
42:21que je la trompe
42:22et je veux sauver mon couple
42:23d'autres diront
42:24moi je suis médecin
42:25j'ai pas dit à cette personne
42:26qu'elle va mourir
42:27parce que je veux pas lui faire
42:28de la peine
42:28ou je ne sais quoi
42:28c'est-à-dire qu'il y a une rigidité
42:30chez Kant
42:31mais elle est préférable
42:32au conséquentialisme
42:34qui suppose que chacun
42:35serait le juge
42:36de qui
42:36à qui il doit la vérité
42:38ou ne la doit pas
42:38et puis après ça
42:39n'importe qui peut dire
42:40j'ai pas dit
42:40parce que je veux une tranquillité
42:42et il faudrait rentrer
42:43dans des débats
42:43très kantiens pour le coup
42:44qui font que
42:45c'est la mort de la vérité
42:46que de dire
42:47qu'elle n'existe pas
42:51les exemples sont quotidiens
42:54c'est pour la France
42:55que je mens
42:55quand vous avez
42:56monsieur Nunez
42:57qui ment sur le chiffre
42:58lui il est conséquentialiste
42:59en disant
43:00c'est pas bien
43:00parce que les gens vont croire
43:01que nous ne tenons pas la France
43:03et qu'on ne peut pas croire
43:05ces choses-là
43:05si on croit
43:06qu'on ne tient pas la France
43:07ils vont demander
43:08à Marine Le Pen
43:09d'être au pouvoir
43:11la prochaine fois
43:11et ça c'est pas bien
43:12donc on ne peut pas laisser
43:13ce genre de choses
43:13donc le texte de Kant
43:14s'appelle
43:14le droit de mentir
43:15c'est ça ?
43:16du droit de mentir
43:16du droit de mentir
43:17oui
43:17tout petit texte
43:18et qui répond à Benjamin Constant
43:20qu'on peut lire aussi
43:20qui est un philosophe libéral
43:22comme on dit
43:22et qui lui aussi a une plume
43:23alors qui lui a une plume
43:24j'enlève le aussi
43:26qui a une plume très lisible
43:27chez Kant c'est pas toujours très lisible
43:28mais ce texte-là
43:29est très lisible
43:29merci beaucoup Michel Onfray
43:31c'était passionnant
43:31c'est passé comme toujours
43:32trop vite
43:33on se retrouve la semaine prochaine
43:35dans Face à Michel Onfray
43:35sur CNews et sur Europe 1
43:37bonne journée
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