Passer au playerPasser au contenu principal
Mathieu Bock-Côté propose un décryptage de l’actualité des deux côtés de l’Atlantique dans #FaceABockCote

Catégorie

🗞
News
Transcription
00:00Il est 19h sur CNews, merci d'être avec nous pour face à Mathieu Bock-Côté.
00:04Cher Mathieu, bonsoir.
00:06Bonsoir.
00:07Re-bonsoir puisqu'on s'est vu ce matin.
00:08N'est-ce pas.
00:08C'est très agréable de vous voir pour votre livre, Les deux Occidents.
00:12Arthur de Batrigan, bonsoir.
00:14Bonsoir, Ayotte.
00:14À la une de la correcte, un homme très apprécié, Adrien Paps.
00:19Et à un autre qu'on connaît un peu moins, Mathieu Bock-Côté.
00:23La France en otage, comment renverser les élites qui nous détruisent.
00:28Le point sur l'information, c'est avec vous Isabelle Piboulot.
00:31Bonsoir Isabelle.
00:35Bonsoir Elliot, bonsoir à tous.
00:37Avec 176 voix pour et 161 contre, la partie recette du projet de budget de la sécurité sociale a été adoptée à l'Assemblée nationale.
00:46En votant contre, le RN et LFI ont fait le jeu du pire, déplore Olivier Faure.
00:51Jean-Luc Mélenchon, de son côté, fustige le PS qui, selon ses mots, a fait adopter l'infâme partie sur les recettes.
00:57L'examen du texte va se poursuivre sur la partie dépenses qui comporte la suspension de la réforme des retraites.
01:04Trois Françaises âgées de 18, 19 et 21 ans ont été placées en détention provisoire à Paris en octobre dernier.
01:11Suspectées de préparer un projet d'attentat djihadiste, elles ont été mises en examen.
01:15Au cours d'échanges en ligne, elles auraient évoqué des armes à feu, une ceinture explosive
01:20et mentionnées comme potentielle cible, une salle de spectacle ou un bar parisien.
01:25Enfin, à quelques jours, des commémorations des attentats du 13 novembre 2015,
01:29la mairie de Paris invite les Français à faire dès aujourd'hui un geste commémoratif,
01:34déposer une bougie, une fleur ou un mot, place de la République.
01:38Jeudi, le chef de l'État se recueillera sur chacun des lieux visés.
01:41Il y a 10 ans, où 130 personnes ont été tuées.
01:44Le Jardin du Souvenir du 13 novembre sera également inauguré sur la place Saint-Gervais.
01:51Merci chère Isabelle Piboulot pour le point sur l'information.
01:54A la une de face à Mathieu Bocoté, New York, tient son nouveau maire, Zoran Mandani.
02:0034 ans, pro-immigration, voulant lutter contre la vie chère, musulman revendiqué et accusé d'être proche de réseaux fréristes.
02:08En France, la victoire de Mandani est accueillie avec la plus grande bienveillance par l'extrême gauche
02:12et notamment la France insoumise à quelques mois des municipales en France.
02:17Comment décrypter la victoire de Mandani Outre-Atlantique ? Réponse dans cette émission.
02:22A la une également, vous souhaitez Mathieu, parler d'un militant identitaire à l'image sulfureuse
02:27et aux propos souvent plus que contestables.
02:29Jean-Eude Ganna, mise en examen pour avoir parlé de la submersion migratoire.
02:33Dites-vous Mathieu ? Relayez d'ailleurs cette information par nos confrères du Figaro.
02:39Alors pourquoi faites-vous un lien avec la crise démocratique et la censure en France ?
02:42C'est cette actualité-là, on en parle dans cette émission.
02:46Enfin, l'invité de ce samedi est un financier, auteur de Les Mondes de Demain.
02:51Il n'a pas très bonne presse dans les médias mainstream.
02:54Charles Gave nous apportera son regard sur la dette française,
02:58sur le budget qui est débattu actuellement à l'Assemblée.
03:03Les recettes qui ont été votées ce samedi après-midi.
03:05Voilà le programme de face à Mathieu Bocoté.
03:08Cher Mathieu, direction New York.
03:10Nous avions parlé de la candidature de Zoran Mandani au moment de son émergence.
03:16Nous en parlons aujourd'hui parce qu'il s'est fait élire maire de New York
03:19et que cette élection est presque traitée comme un événement mondial.
03:23Est-ce vrai que les New-Yorkais viennent d'élire un maire qui en France serait LFI ?
03:29Oui, globalement oui, et tendance Rima Hassan.
03:33Donc, il faut comprendre, nous sommes ici dans une élection,
03:37soit dit en passant, ceux qui se suivent avec un peu d'intérêt à la politique américaine
03:41ont pu voir depuis des mois la candidature de Mandani s'imposer.
03:45Premier élément qu'il faut dire, il s'impose contre le Parti démocrate.
03:50C'est-à-dire que le Parti démocrate, globalement, n'en veut pas, il gagne la primaire démocrate.
03:53Il n'en veut pas, il commence à 1%.
03:56On est dans un candidat qui est à peu près inexistant et qui réussit, en quelque sorte,
04:01à imposer une ligne, à développer une stratégie de campagne qui le fait non seulement sortir des marges,
04:06mais susciter un enthousiasme véritable chez ses partisans, ça ne sert à rien de dire le contraire,
04:11qui lui permet aussi d'aller dans une ligne qui se pose comme une radicalité franche,
04:15dans un contexte politique américain où le centrisme technocratique n'a plus la cote.
04:21Par ailleurs, il est adoubé aujourd'hui par les grands seigneurs du Parti démocrate.
04:26Par exemple, Barack Obama s'est réjoui de son élection.
04:31Alors, la première chose qu'il faut dire là-dessus, et je pense que ça vaut la peine de le noter,
04:36c'est que nos sociétés, plus que jamais, sont favorables à l'émergence de figures politiques inattendues
04:43qui sortent du moule habituel de programmation des candidats politiques.
04:47Donc, on n'est plus simplement devant des produits, des partis, mais pour celui qui a de l'imagination,
04:53pour celui qui sait faire bon usage des réseaux sociaux, pour celui qui est capable de mobiliser
04:57les catégories de la population qui n'étaient pas politisées et qu'on est capable de rejoindre
05:01et de les pousser justement dans la vie démocratique, ça permet à des figures qui, aujourd'hui,
05:06font 1%, 2%, 3%, 4%, ça leur permet aujourd'hui, demain, après-demain, de surgir et de bouleverser le jeu politique.
05:14À l'échelle de l'histoire, je dirais qu'on n'est pas dans une phase de consolidation des élites établies.
05:18Nous sommes dans un moment favorable aux radicalités nouvelles. Premier élément.
05:23Deuxième élément, la force de Mme Dany, c'est une gauche radicale,
05:26mais c'est une gauche radicale qui ne cherche pas à plaire au camp d'en face.
05:30Vous savez, très souvent, on pourrait presque faire par effet de contraste,
05:33à droite, le plus grand souci de l'homme de droite, c'est de s'assurer que l'homme de gauche ne le traite pas d'extrême droite.
05:38Le plus grand souci d'un homme de droite, c'est d'être fréquentable et présentable dans les dîners en ville
05:43pour appartenir, pour se soumettre au code de la respectabilité bourgeoise.
05:48À gauche, ça existe aussi, soit dit en passant, mais Mme Dany, lui, dit non,
05:51honnêtement, je me contrefiche de me faire diaboliser, je me contrefiche de me faire attaquer,
05:56je vais décider de mener une campagne forte sous le signe de la radicalité.
06:00Islamogauchiste, sans le moindre doute, wokiste, sur le mode de la croisade quasi communisante,
06:05à tout le moins socialiste.
06:06Tout est là, mais il n'en demeure pas moins qu'il ait réussi avec ce pari.
06:10Son programme, pour l'essentiel, il faut y revenir, c'est un programme clairement socialiste,
06:14dans un environnement aux États-Unis où les villes ont des pouvoirs très réels.
06:19Vous pouvez transformer une ville en laboratoire politique aux États-Unis,
06:24pour le meilleur et pour le pire.
06:25Pensez à New York des années 90, au temps de Giuliani, qui avait transformé New York,
06:30qui avait imposé une cure sécuritaire à New York, et New York était redevenue une ville sécuritaire,
06:35que sera le bilan de Mme Dany dans un ou deux mandats.
06:39Ensuite, il y a sa vision de la fiscalité.
06:42Dans ses documents de campagne, j'en avais parlé sur ce plateau il y a quelques mois déjà,
06:45dans ses documents de campagne, on avait trouvé cette idée d'une forme de taxation raciale indirecte.
06:49Mme Dany dit la chose suivante, son équipe disait la chose suivante,
06:52« Il faut taxer les Blancs. Il faut taxer les Blancs, qui appartiennent aux catégories sociales privilégiées,
06:57pour soutenir les racisés. »
06:59Et là qu'on se comprenne bien, il ne dit pas « pour soutenir la communauté noire,
07:02historiquement victime du racisme d'État américain. »
07:05Il dit « les racisés ».
07:06Donc, les populations issues de l'immigration qui arrivent à New York
07:09doivent être accompagnées dans leurs droits sociaux par une taxation
07:13qui vise indirectement, mais clairement, les Blancs.
07:17Donc là, on est dans le principe de la taxation raciale.
07:20J'ajoute une chose.
07:21Mme Dany, lorsqu'il présente l'histoire de New York et les États-Unis,
07:25nous dit « New York est une ville fondée par les immigrants. »
07:28Donc, il n'y a pas de population d'origine à New York.
07:30Il n'y a plus les Néerlandais qui étaient là.
07:32Il n'y a plus les Anglais qui se sont ajoutés.
07:34Il n'y a pas les communautés irlandaises et polonaises.
07:36Non, on est devant une ville qui n'existe que par l'immigration.
07:40Et qui se pose d'ailleurs en contre-modèle de l'Amérique trumpienne aujourd'hui sur le plan identitaire.
07:44Vous aurez noté que dans sa campagne, il a multiplié les clips en arabe,
07:47que les premiers mots de son discours de victoire étaient en arabe.
07:52Donc, qu'est-ce que ça nous dit?
07:53Ça nous envoie un signal de multiculturalisme revendiqué.
07:57Et il a même attaqué Donald Trump en disant « Nous serons finalement le premier pôle de résistance au trumpisme. »
08:02Il a un discours anti-ice.
08:03Ice, vous savez, la police de l'immigration aux États-Unis.
08:05Il dit « Globalement, New York sera une ville sanctuaire. »
08:08Une ville sanctuaire, donc il y a une politique qui est donnée.
08:11Par exemple, les illégaux doivent repartir.
08:12Il dit « Chez nous, ils seront protégés. »
08:15« Nous serons finalement un sanctuaire pour les illégaux. »
08:18Ayons cela à l'esprit.
08:19Il était sensible à la vague BLM, Black Lives Matter, donc le discours anti-police à ce moment-là.
08:24Et on lui connaît par ailleurs des affinités nettes avec un certain islamisme,
08:29une sympathie pour le Hamas, possiblement, tout le moins plusieurs le soutiennent.
08:32Et c'est ce candidat qui a gagné au cœur de la métropole du capitalisme,
08:36à tout le moins c'est ainsi qu'on se la représente, du monde occidental.
08:39C'est une victoire qui veut dire quelque chose.
08:41Alors justement, Mathieu Bocoté, est-ce que New York peut vraiment devenir
08:45la capitale politique de la gauche radicale occidentale dans les années à venir ?
08:48À tout le moins, New York devient laboratoire.
08:50New York devient laboratoire.
08:51Il faut comprendre ce qui s'est passé.
08:53C'est-à-dire, d'un côté, il y a la victoire de Trump,
08:55sans le moindre d'eux de victoire il y a un an à peu près,
08:57qui emporte, qui crée une vague immense dans le monde occidental.
09:00Mais l'envers de ça, Trump n'a jamais suscité l'unanimité.
09:04Trump n'est pas une figure consensuelle, on en conviendra.
09:07Donc, on pourrait dire qu'aussi forte soit la vague de son côté,
09:11il y a une contre-vague qui vient avec Mme Dany.
09:13Et ce qu'on peut voir là-dedans, c'est une forme d'identitarisation
09:16et de mondialisation de la politique tout à la fois.
09:19Identitarisation, c'est-à-dire les identités sont plus importantes que jamais.
09:22Elles comptent aujourd'hui.
09:24Dans le cas de Mme Dany, c'est l'identité immigrante revendiquée de New York.
09:27Dans le cas de Trump, c'est le retour à une forme de nationalisme américain.
09:31Mais, au même moment, je suis en France aujourd'hui
09:33et je m'intéresse à ce qui se passe à New York
09:35en ayant l'impression que ça nous dit quelque chose sur nous-mêmes aujourd'hui.
09:38De même, l'élection de Trump nous a parlé.
09:40Ce qui se passe aujourd'hui en Roumanie nous interpelle en France.
09:44Multipliez les exemples.
09:45On est dans un moment où, finalement, l'Occident devient un grand théâtre
09:48où chaque bataille politique a des échos dans les autres pays.
09:52Je note une chose.
09:53La fracture new-yorkaise n'est pas une fracture seulement idéologique.
09:57On est en ce moment devant une fracture qui est aussi socioculturelle,
10:01on pourrait dire même ethnoculturelle.
10:03La politique de Mme Dany consiste à composer un bloc électoral
10:06rassemblant essentiellement des populations immigrées,
10:09les populations les plus défavorisées socio-économiquement,
10:13en leur promettant la gratuité,
10:14c'est-à-dire en prenant l'argent des autres pour financer.
10:16Et aussi un élément qui est très important dans ces coalitions de gauche aujourd'hui,
10:19la catégorie des surdiplômés mais sous-employables.
10:24Alors, ce sont des gens qui, globalement, auraient un doctorat en sociologie, par exemple,
10:27ou en anthropologie, ou en ethnologie.
10:30Donc, vous voyez des gens qui sont surdiplômés en sciences sociales
10:32mais dont le potentiel d'intégration au marché du travail est très limité
10:36et qui ont souvent l'impression de ne pas être traités par la société
10:40à la hauteur de leurs talents supposés consacrés par les diplômes
10:43et qui, dès lors, compensent leur échec d'insertion sociale relative
10:47par une radicalité idéologique forte.
10:49Donc, globalement, ça va mal pour moi, mais ça va aller mal pour tout le monde
10:52parce que je deviens révolutionnaire et je vais vous pourrir la vie aussi.
10:55Il y a une... cette coalition, certains diraient néo-terra-nova,
11:00cette coalition aujourd'hui est appelée à s'imposer dans toutes les villes occidentales.
11:04On l'a vu à Londres, on le verra peut-être à Paris encore une fois.
11:06On le voit dans les grandes métropoles aujourd'hui.
11:08Et quelles leçons la France peut-elle tenir de cet affrontement, Mathieu ?
11:11Premier élément, le conflit, et quand je dis qu'il est identitaire,
11:15c'est dans la définition même que nous nous faisons de nos pays.
11:17Comme Amdany dit, l'identité de New York, et plus largement l'identité américaine,
11:22est une identité strictement multiculturelle.
11:25Ça consiste à dire qu'il n'y a plus de peuple historique.
11:28Il n'y a plus de peuple d'accueil.
11:29Il n'y a plus de nation d'accueil.
11:31Le pays ne se définit que par des vagues d'immigrations successives.
11:35Et dans ce discours-là, si vous voulez contenir l'immigration massive,
11:38vous vous opposez à l'identité du pays qui serait l'immigration.
11:41Ce discours-là, on l'entend en France depuis des années.
11:43De l'autre côté, si vous êtes du camp plutôt national,
11:46vous vous rappelez qu'il y a un peuple historique.
11:48Et si ce peuple historique est submergé,
11:50s'il n'est plus capable d'assimiler,
11:52s'il est condamné à devenir minoritaire chez lui,
11:55sur le coup, on nous expliquera que peut-être que c'est l'État de droit.
11:57À l'échelle de l'histoire, il s'agira d'une submersion
12:00qui sera vécue comme une conquête.
12:02Par ailleurs, la différence entre les États-Unis et la France ici,
12:07vous aurez noté, j'ai dit, en France, aux États-Unis,
12:10il y a une gauche radicale, mais il y a aussi une droite décomplexée.
12:13En France, il y a une gauche radicale et une droite complexée.
12:17Et c'est probablement le contraste le plus grand.
12:19La droite française, aujourd'hui, globalement,
12:21est toujours dans une quête de respectabilité à gauche.
12:24Elle ne cesse, soit sur le plan économique,
12:26de se vouloir plus socialiste quelquefois que la gauche,
12:28soit sur le plan identitaire, de se vouloir plus universaliste.
12:31Elle a honte d'assumer l'identité historique française spécifique.
12:34Donc, vous avez ici, en France, à la différence des États-Unis,
12:38où les deux camps sont décomplexés,
12:40en France, il y a un camp hégémonique,
12:42une gauche plus militante que jamais,
12:43il y a un extrême centre qui s'y alimente idéologiquement,
12:46et vous avez une droite qui, globalement,
12:47se contente d'être une gauche pâle ou une gauche au ralenti.
12:49Arthur Devatrigan, quel regard portez-vous sur cette victoire
12:53de Zohra Mandani à New York ?
12:56Et est-ce que demain, ou après-demain,
12:58voyons sur le long terme,
13:00on pourrait avoir une victoire d'un Zohra Mandani en France ?
13:04Et pourquoi pas dans une grande ville ?
13:06Oui, c'est encore plus probable.
13:09Je me suis intéressé aux réactions des pays à l'extérieur des États-Unis.
13:12Si vous prenez, par exemple, du côté des réactions des pays arabes,
13:15vous prenez le Al-Shark al-Assad,
13:17qui est un quotidien saoudien très important,
13:20qui est publié à Londres,
13:21voilà ce qu'il disait le lendemain à l'élection,
13:23l'élection de Mandani est qualifiée d'extraordinaire,
13:26c'est un miroir acquisateur de l'Occident,
13:28et que Mandani, en tant que musulman,
13:30incarne une conquête pacifique,
13:31et que c'est une réponse à l'islamophobie post-septembre.
13:35Du côté d'Al-Jazira,
13:36on présente Mandani comme un modèle de leadership musulman modéré.
13:40Ces deux exemples montrent qu'en fait,
13:42il communautarise et que c'est la Houma qui parle.
13:44Ça donne quand même une petite indication.
13:46Et du côté français, évidemment, la gauche a débouché le champagne,
13:50en soulignant que seule la rupture pouvait gagner,
13:53notamment du côté LFI,
13:54et la rupture, on sait à quoi ça mène,
13:55pour eux, la rupture, c'est la créolisation.
13:58Cette victoire porte en elle une leçon,
13:59seule la gauche de rupture peut battre l'extrême droite,
14:01a dit Mathilde Panot, quant à Marion Aubry,
14:03elle dit que Mandani a su renverser la table
14:05avec des propositions radicalement concrètes.
14:07Et si on regarde les propositions,
14:08évidemment qu'il y a un lien direct avec ce que propose la France insoumise,
14:12discours anti-Israël,
14:13mesures économiques, socialistes,
14:15programmes pour les minorités, LGBT,
14:18toutes les consonnes que vous ajoutez,
14:20bref, c'est le trac de la convergence des luttes.
14:22Mais comme l'écrivain franco-agérien Kamel Daoud,
14:26dans les pays où ils sont minoritaires,
14:28les musulmans sont obsédés par les droits des minorités,
14:30dans les pays où ils sont majoritaires,
14:32les minorités n'ont plus aucun droit.
14:33Autre sujet à présent pour votre second édito,
14:36vous voulez revenir sur une histoire qui suscite une inquiétude et même une indignation.
14:42Ces jours-ci sur les réseaux sociaux,
14:44la mise en examen d'un influenceur qui s'est inquiété de vive manière
14:48de la submersion migratoire dans les campagnes françaises.
14:52De quoi parle-t-on avec vous, Mathieu Bocoté ?
14:55Alors, c'est une histoire que l'on dira délicate.
14:57Pourquoi ? Alors, je pose les termes,
14:59il s'agit d'un militant identitaire,
15:01et je ne dirais pas parmi les plus modérés.
15:04Je le dis tout de suite parce qu'il a tenu suffisamment de propos,
15:07il s'agit de Jean-Eude Ghana,
15:09il a tenu suffisamment de propos dans sa vie
15:11qui suscitaient chez moi une véritable indignation.
15:15Donc, le défendre aujourd'hui sur ce point-là
15:17ne veut pas dire endosser l'ensemble du parcours du personnage.
15:21Une fois que c'est dit,
15:23la liberté d'expression, c'est même bon pour les gens qu'on n'apprécie pas.
15:26La liberté d'expression, c'est même bon pour les gens
15:27qui, quelquefois, tiennent des propos
15:28qui peuvent nous sembler outranciers.
15:30Pourquoi je dis tout ça ?
15:32Parce que le personnage en question, donc Jean-Eude Ghana,
15:34a fait une vidéo sur TikTok.
15:37Dans cette vidéo, je cite, il dit la chose suivante.
15:41« Je suis dans la ville dans laquelle j'ai grandi,
15:43dix mille habitants.
15:44Tous les soirs, tu as des réfugiés afghans qui traînent,
15:47toujours au Leclerc, en train de s'acheter de la bouffe,
15:49à rien fiche, disons comme ça, il le dit autrement.
15:52Et il met un commentaire, je cite,
15:55« Marre de vivre avec les cousins de talibans
15:58au fin fond de nos campagnes. »
15:59Fin de la citation.
16:00On peut trouver ce propos exagéré.
16:02On peut le trouver outrancié.
16:03On peut trouver tout ce qu'on veut.
16:04On peut se dire qu'il manque de mesures.
16:06Mais pour ce propos,
16:08qui par ailleurs, spontanément, on pourrait se dire
16:10« Ça va peut-être loin,
16:11mais ce n'est pas à l'extérieur des frontières de la loi. »
16:13Mais qu'est-ce qu'on voit ?
16:15Il a été mis en examen pour incitation à la haine raciale.
16:19Donc là, qu'est-ce qu'on comprend à travers cela ?
16:22Eh bien, la simple description,
16:24à travers un langage imagé,
16:26de la submersion migratoire,
16:28notamment de certaines communautés,
16:30plus que d'autres peut-être,
16:31dans les campagnes,
16:32doit désormais être présentée par le régime
16:36comme un discours haineux.
16:38« Constater la submersion migratoire aujourd'hui,
16:41même pas la dénoncer,
16:42la constater,
16:43peut vous valoir aujourd'hui
16:45basculement dans une logique de judiciarisation
16:48de vos propos sous le signe du propos haineux. »
16:51Alors, il y a deux ou trois éléments
16:53que j'aimerais ajouter sur cette histoire qui me frappent.
16:55Le premier élément, c'est qu'elle suscite
16:57une vraie indignation sur les réseaux sociaux,
16:58mais très peu de réaction de la classe politique.
17:00Les politiques sont aux abonnés absents
17:03à ce moment précis,
17:04sauf, je note, Marion Maréchal et Paul Thionnet.
17:07Je n'ai pas son prénom,
17:09mais qui est un député européen du RN,
17:11qui se sont inquiétés de cette judiciarisation,
17:15de ce passage, finalement,
17:17vers la logique de la condamnation par la droite,
17:19la pénalisation de ce propos.
17:21Et là, j'essaie de comprendre ce qui se passe.
17:23Est-ce que certains se disent,
17:24parce que ce type est franchement sulfureux,
17:25comme on dit,
17:26parce que ce type a multiplié les dérapages,
17:28on ne s'y associera pas.
17:30Donc, on va laisser passer cette fois-là,
17:31on va se faire discret cette fois-là,
17:32on ne veut pas l'entendre parler cette fois-là
17:34en se disant qu'on y reviendra la fois suivante.
17:36Ce qu'on oublie, c'est que le régime fonctionne ainsi.
17:38Le régime trouve d'abord
17:40quelqu'un qui a mauvaise réputation,
17:42se dit, on va frapper dans son cas,
17:45on va le sanctionner dans son cas,
17:47personne ne va vouloir se mouiller pour lui
17:49parce qu'il a mauvaise réputation,
17:51parce qu'il a un effet radioactif.
17:52Mais à terme, qu'est-ce que ça fait?
17:54Ça rétrécit le périmètre du propos politique
17:57ou sociologique ou intellectuel acceptable.
18:00Donc, vous frappez un proscrit,
18:03personne ne se porte à sa défense,
18:05mais demain ou après-demain,
18:06il y aura un autre proscrit.
18:08Et un autre proscrit,
18:09et un jour, ce sera votre tour.
18:12Je me permets de faire le lien
18:12avec ce qui s'est passé
18:13avec Éric Tegner et la revue Frontières.
18:16Vous savez peut-être que la fondation Jean Jaurès
18:18a dit que cette revue
18:20est une revue fondamentalement anti-républicaine.
18:22Est-ce que la République
18:23ne devrait pas faire un exemple,
18:26on ne précisait pas de quelle manière,
18:28mais faire un acte d'autorité
18:29contre cette revue,
18:31ce magazine anti-républicain?
18:34Et là, plusieurs se disent
18:35non, quand même,
18:36ces frontières vont loin,
18:37les frontières, vous savez,
18:38est-ce qu'on doit se porter
18:38à la défense de frontières?
18:39On pourra peut-être attendre
18:40qu'ils s'en prennent à Boulevard Voltaire.
18:42Boulevard Voltaire,
18:42on les défendra.
18:43Ah, mais Boulevard Voltaire,
18:44ça va peut-être un peu loin aussi.
18:46Et là, qu'est-ce qu'on voit
18:47à travers cette logique?
18:48Eh bien, si on ne défend pas
18:49la liberté d'expression,
18:50même quand elle frappe des gens
18:51qui ont, comme on dit,
18:53mauvaise réputation,
18:53entre guillemets,
18:54eh bien, on ne la défendra jamais.
18:56Et à travers cela,
18:57il y a une forme
19:04simplement une critique
19:06de la politique migratoire
19:07de nos gouvernements.
19:08C'est exactement ça.
19:09C'est-à-dire, derrière,
19:10là, je laisse de côté
19:11le personnage Ghana,
19:12derrière lui,
19:13ce qu'on voit,
19:14c'est que partout dans nos sociétés,
19:15on le voit notamment
19:16au Royaume-Uni,
19:18la critique des politiques migratoires,
19:21le constat de la submersion migratoire,
19:24l'expression d'un désarroi
19:27ou de ne pas applaudir simplement
19:29devant la submersion migratoire,
19:31on veut progressivement
19:32chasser ça du périmètre
19:33du propos juridiquement acceptable.
19:36Je note, soit dit en passant,
19:37parce que je comprends encore une fois
19:38le malaise qu'on peut avoir
19:39dans l'histoire présente,
19:41quelqu'un comme Brice Couturier,
19:42aujourd'hui,
19:43que j'ai vu sur Twitter.
19:45Brice Couturier,
19:46qui n'est pas ce qu'on pourrait appeler
19:47exactement un anti-macroniste primaire.
19:49Brice Couturier,
19:49qui a écrit Macron philosophe,
19:50qui est probablement
19:51un des meilleurs intellectuels
19:52du Bloc central.
19:54Brice Couturier s'est inquiété,
19:55aujourd'hui,
19:55dans le cadre du débat
19:56que ça suscitait
19:57sur les réseaux sociaux,
19:58s'est inquiété du fait
19:59qu'on ne puisse plus critiquer
20:00la politique migratoire
20:02de nos gouvernements.
20:03Mais j'y reviens,
20:03ce n'est pas que la politique
20:04qui y est
20:05qu'on n'a pas le droit
20:06de critiquer.
20:07C'est le constat.
20:08C'est-à-dire qu'on veut nous forcer
20:09devant des pays
20:11qui sont aujourd'hui
20:12soumis à une forme
20:13de diversité
20:15pas si heureuse que ça.
20:16On veut nous soumettre
20:17devant cela,
20:17de nous dire
20:18non, mais il ne s'est rien passé.
20:19Rappelez-vous,
20:19pendant des années,
20:20on nous expliquait
20:21le discours dominant,
20:21c'était il n'y a pas
20:22de submersion migratoire.
20:23Ensuite, on a constaté
20:25qu'elle était là
20:25à la manière
20:26d'un fait incontestable.
20:27On nous a dit
20:28finalement applaudissez.
20:30Et aujourd'hui,
20:30on revient à la case départ.
20:32Vous n'avez pas le droit
20:32de constater ce qui se passe,
20:34le changement démographique,
20:35culturel, identitaire
20:37dans les campagnes.
20:38Et nous sommes obligés
20:39à tout,
20:40ou alors,
20:40on est obligés
20:41de basculer
20:41dans le principe
20:42de la diversité potemkine.
20:43C'est formidable,
20:44tout est beau,
20:45tout se passe bien,
20:46tout est merveilleux.
20:47De ce point de vue,
20:47je crains que nous
20:48nous basculions tous
20:49dans une logique
20:50qui fait penser
20:50à celle du Royaume-Uni
20:51aujourd'hui.
20:52Demain, après-demain
20:53ou après-après-demain,
20:54vous aurez la police
20:55qui est à 6h du matin
20:56pour raccogner chez vous
20:57à la porte.
20:58Toc, toc.
20:59Vous avez fait un tweet
20:59inquiétant, monsieur.
21:00Tout cela est fort inquiétant.
21:02Il y aura le...
21:04Ghana sera...
21:05Je pense qu'il y aura
21:05son procès en mai,
21:06si je ne me trompe pas.
21:07Donc, voilà un homme
21:08qui soudainement,
21:09pour avoir exprimé
21:10un désaccord
21:10avec la politique
21:11de son pays,
21:12pas pour l'ensemble
21:12de son oeuvre,
21:13pour ce propos-là,
21:14se retrouve aujourd'hui
21:15devant la possibilité
21:16des tribunaux.
21:17Arthur Devatrigan,
21:18est-ce que vous partagez
21:19le constat
21:20de Mathieu Boccoté ce soir ?
21:22Je suis surpris
21:22qu'on ne soit pas
21:23beaucoup à le partager.
21:25Rappelons simplement
21:26les faits,
21:26juste les faits.
21:27Le 4 novembre,
21:29Jean-Luc Ghana
21:29publie une vidéo
21:30de 24 secondes.
21:32Immédiatement,
21:32le parquet ouvre
21:33une enquête.
21:34Il est placé en garde à vue
21:35le lendemain.
21:36Il y reste 36 heures.
21:38La durée initiale
21:39d'une garde à vue
21:39pour ces faits,
21:40c'est 24 heures.
21:41Pour qu'elle soit prolongée,
21:42il faut que ce soit
21:42une décision du procureur.
21:43Donc, le procureur
21:44a décidé de la prolonger.
21:46Le 7 novembre,
21:46il est mis en examen.
21:48Il est renvoyé
21:48devant le tribunal correctionnel d'Angers
21:50au départ
21:50pour une comparution immédiate.
21:53Finalement,
21:54c'est renvoyé
21:54en mai 2026.
21:55Et en l'entendant,
21:56il est placé
21:57sous contrôle judiciaire.
21:59Il n'a plus le droit
22:00d'aller dans cette grande surface
22:01où il a pris la vidéo.
22:04Il n'a pas le droit
22:04d'utiliser TikTok
22:05et le réseau X
22:07et il doit se pointer
22:08au commissariat.
22:09Donc, quand on se dit ça,
22:10on se dit
22:10qu'il a dû faire
22:11quelque chose de très grave
22:11ou tenir des propos
22:12vraiment haineux
22:13au vu de la rapidité
22:15de la procédure.
22:17La garde à vue prolongée,
22:18et des mesures
22:19qui sont prises à son rencontre.
22:21Mathieu a rappelé
22:21ce qu'il a dit.
22:23Il filme
22:23un groupe d'Afghans,
22:25d'hommes.
22:25Je suis dans la ville
22:26dans laquelle j'ai grandi,
22:2710 000 habitants.
22:28Tous les soirs,
22:28tu as des réfugiés afghans
22:29qui traînent toujours
22:29au Leclerc.
22:30A rien faire.
22:31Et le titre,
22:32c'est même pas ce qu'il dit,
22:32c'est le titre,
22:33ras-le-bol de vivre
22:34avec les cousins des talibans
22:34au fond de nos campagnes.
22:36Mais honnêtement,
22:37c'est un scandale.
22:38C'est une honte
22:39ce qui se passe.
22:40Et ça n'a pas l'air
22:41de choquer grand monde.
22:48du clavier,
22:49sur sa sémantique,
22:50sur les méthodes.
22:51Très bien.
22:51Mais il ne s'agit
22:52ni plus ni moins
22:53que d'une décision politique
22:54pour le faire taire.
22:55Et ce n'est même pas
22:56la liberté d'expression, là.
22:57C'est juste quelqu'un
22:58qui décrit ce qu'il voit
22:59que tout le monde voit.
23:00On n'est même pas
23:01dans une idée.
23:02On est dans un fait.
23:04Et alors,
23:04c'est intéressant,
23:05c'est que moi,
23:05j'ai regardé
23:06qui était le procureur.
23:07Il a déjà un passif,
23:08le procureur.
23:09Je ne sais pas
23:09si vous vous rappelez
23:10de la frère Frédéric Mortier.
23:11C'est un prof
23:12dans une école privée
23:13sous contrat catholique
23:14qui a eu un débat
23:15dans sa classe
23:16à ses vies
23:16sur l'enseignement catholique
23:17et sur la laïcité
23:18et en plaisantant,
23:20alors on peut dire
23:20que c'est un peu lourdain
23:21de très bien,
23:21il dit à un élève
23:22de confession musulmane
23:23si vous voulez,
23:24vous pouvez devenir catholique.
23:26L'élève a porté plainte
23:27et sur décision du procureur,
23:29il a été mis en examen
23:30pour incitation
23:31à la discrimination
23:31raciale ou religieuse.
23:33Dans ce cas-là,
23:33on appelle ça l'islamophobie.
23:35Garde à vue,
23:36interdiction d'exercer
23:37comme enseignant
23:38et en relax
23:39en février dernier.
23:40Ça date d'il y a trois ans.
23:41Donc si je reviens
23:42sur l'affaire Ghana,
23:43alors on se dit
23:44pourquoi il parle des Afghans
23:44ou est-ce que c'est choquant ?
23:45On va juste prendre
23:46encore une fois l'effet.
23:48Il y a combien d'Afghans en France ?
23:49Le chiffre officiel,
23:50c'est 100 000.
23:51C'est pas rien.
23:51Est-ce qu'il y a un lien
23:52avec l'insécurité ?
23:53Alors on a tous
23:54en mémoire l'assassinat de Matisse,
23:56ces jeunes filles
23:57qui se sont fait violer,
23:58cette grand-mère
23:58s'était à New York
23:59qui se fait violer
23:59puis tuer.
24:00On se dit
24:00est-ce que ce sont des filles
24:01isolées ou pas ?
24:02Est-ce qu'il y a un lien ?
24:03Est-ce qu'on peut dire
24:04quelque chose
24:04de ces faits-là ?
24:05Bon bah,
24:06moi je prends le Bruno Retailleau
24:07au ministre de l'Intérieur
24:07dans une interview du JDD.
24:09Dans le JDD,
24:10il y a un an,
24:11on a un souci
24:12avec la population afghane
24:13en France.
24:14Population,
24:15très grande majorité
24:16d'hommes,
24:1695%,
24:17qui officiellement
24:18fuient les talibans,
24:19donc c'est-à-dire
24:19qu'il laisse toutes les femmes
24:20grillager la tête aux pieds
24:21à Kaboul.
24:22Il pose quand même
24:22se poser des questions.
24:24Et maintenant,
24:24je vais citer Didier Leschi.
24:25Didier Leschi,
24:26le directeur général
24:27de l'Office français,
24:28l'immigration et l'intégration.
24:29Donc c'est quelqu'un
24:30qui connaît le sujet,
24:31qui est officiel,
24:32qui n'est pas un nazi.
24:33Bon,
24:33il a dans un rapport
24:34l'Observatoire de l'immigration,
24:36je crois,
24:36cet été,
24:37en juin dernier,
24:38sur l'immigration afghane,
24:39je le cite,
24:40la surreprésentation
24:41des Afghans
24:42est particulièrement marquée
24:43pour des crimes
24:43et délits de nature sexuelle,
24:45ce qui en partie
24:45a un lien
24:46avec les difficultés
24:46des rapports femmes-hommes
24:47et la dévalorisation
24:48des femmes,
24:49qui est un problème culturel
24:50majeur en Afghanistan.
24:52Donc mettre Ghana
24:53en examen pour ça,
24:57les moyens sont bons,
24:57on le sait,
24:58et ça marche,
24:59parce que Mathieu l'a rappelé,
25:00une grande partie
25:01des politiques
25:02et surtout du camp national,
25:04là,
25:04ils se cachent
25:04comme des suricates
25:05en fin de phase terminale,
25:06c'est fascinant.
25:07Il y a Pierre Romain Thionnet
25:08qui a réagi,
25:09Stéphane Ravier,
25:10Marion Maréchal.
25:11Donc tous les autres
25:12qui se taisent lâchement,
25:13ils acceptent
25:14que juste d'écrire,
25:15ça devient un délit
25:16et que selon vos idées,
25:18selon votre passé,
25:19vous ne serez pas injusticiables
25:20comme les autres.
25:20Et on voit que ça va très vite,
25:22vous avez bien fait
25:22de rappeler la chronologie,
25:24j'attends toujours
25:24de savoir si de parler
25:25du Hamas
25:26comme d'un groupe de résistance
25:27c'est pénalement répréhensible.
25:29C'est intéressant.
25:31Mathieu Bocoté.
25:31Un dernier mot simplement
25:32sur tout ça.
25:33Je ne peux pas m'empêcher
25:33de croire,
25:34de penser en fait,
25:35que cette séquence
25:36est indissociable
25:37de la volonté annoncée
25:38par les autorités politiques
25:39récemment de contrôler
25:40plus que jamais
25:41les réseaux sociaux.
25:42Je ne peux m'empêcher
25:43de penser que
25:43ce qu'on ne veut pas voir
25:44sur les réseaux sociaux,
25:45peut-être,
25:46c'est la possibilité
25:46de décrire certaines réalités
25:48qui déplaisent justement
25:49ou que le pouvoir
25:51ne veut pas montrer.
25:52Je note aussi,
25:54l'argent de la mouvance identitaire
25:55hier et aujourd'hui,
25:57on dit multiplier les vidéos
25:58pour illustrer le réel
25:59puisque vous n'avez pas
26:00le droit de le mentionner,
26:02soyez des milliers
26:02disent-ils à illustrer
26:04le réel
26:04qu'il n'est plus permis
26:05de mentionner.
26:06Quoi qu'on en pense,
26:07ça provoque une réaction
26:08en chaîne chez les militants,
26:10une réaction de défense
26:11de quelqu'un
26:12qui s'est dit
26:13que 2 plus 2 égale 4
26:14quelquefois.
26:14Les mondes de demain,
26:16c'est dans un instant
26:16avec Charles Gave
26:17pour la deuxième partie
26:18de Face à Mathieu Bocoté.
26:19A tout de suite.
26:20Il est 19h30 sur CNews,
26:25on poursuit Face à Mathieu Bocoté,
26:27toujours avec Mathieu bien sûr
26:28et Arthur de Vatrigan
26:29et nous a rejoint
26:30sur le plateau
26:31un financier
26:32qui n'a pas très bonne troyes,
26:33je le disais,
26:34dans les médias mainstream.
26:36Charles Gave
26:37est notre invité.
26:38Les mondes de demain,
26:39c'est un plaisir
26:39de vous avoir
26:40sur le plateau
26:40Face à Mathieu Bocoté,
26:42cher Charles Gave.
26:44Ça me fait plaisir
26:44et puis en plus,
26:45si vous voulez,
26:45c'est mieux que d'être invité
26:46sur France Inter.
26:47Mais j'ajouterais avant
26:49de commencer
26:49qu'il n'a peut-être pas
26:50une bonne presse
26:50dans les médias mainstream
26:51et qu'il y a un public
26:51assez exceptionnel.
26:52Ce n'est pas un détail,
26:54c'est-à-dire que des gens normaux
26:55qui ne sont pas connectés
26:56à la médiasphère
26:57quelquefois ne connaîtront pas
26:58les médias de référence
27:00mais vont connaître Charles Gave
27:01parce qu'en quoi
27:01c'est une parole
27:02qui leur parle.
27:03Charles Gave, bonsoir.
27:04Bonsoir.
27:04Alors, nous allons parler
27:05effectivement de votre livre
27:06mais d'abord et avant tout
27:07puisque c'est aussi
27:08un peu votre domaine,
27:09les finances publiques,
27:10l'état de l'économie française,
27:12quel regard portez-vous
27:13sur la séquence
27:14des derniers jours,
27:15dernières semaines
27:16où j'avais l'impression
27:17que chacun voulait inventer
27:18la taxe la plus fantaisiste
27:19qui soit ?
27:20Que vous inspirez
27:21cette séquence ?
27:22Eh bien, je vous écoutais
27:22tout à l'heure,
27:23là vous savez,
27:23c'était bien,
27:24vous disiez qu'il y avait
27:25chez un certain nombre
27:26de gens un refus
27:27de regarder la réalité
27:28et donc moi,
27:30en bon financier
27:31si vous voulez
27:31et en bon logicien
27:33puisque je me fais fort
27:34d'être un logicien,
27:35je dis toujours aux gens
27:36il y a les causes
27:38et il y a les conséquences
27:39et pour traiter un problème,
27:41il faut commencer
27:42par l'analyser
27:43pour savoir
27:43quel est le vrai problème.
27:45Donc aujourd'hui,
27:46quand j'écoute les gens
27:46à la chambre,
27:47le problème,
27:48j'ai l'impression
27:48que c'est qu'un manque
27:49de recettes.
27:50C'est tout à fait exceptionnel
27:51parce que tous les problèmes
27:52viennent de l'excès
27:53des dépenses
27:54et ce que je trouve
27:55tout à fait extraordinaire,
27:56c'est que tous ces gars-là
27:57qui ont accès aux données,
27:59ils vous parlent
27:59d'augmenter les impôts,
28:00d'augmenter les impôts
28:00mais ils ne vous parlent
28:01jamais de les diminuer.
28:03Or, je vais vous raconter
28:04en tant qu'économiste,
28:04j'ai beaucoup travaillé
28:05sur ces sujets-là,
28:06je ne connais qu'un seul cas
28:08qui a été tout à fait exceptionnel
28:10d'une augmentation des impôts
28:11qui réduit
28:12un déficit budgétaire.
28:13Ça n'a jamais marché.
28:15Donc ce qu'il y a d'extraordinaire,
28:16c'est un,
28:16ils ne font pas le diagnostic
28:17et deux,
28:18la solution qu'ils proposent
28:20est un nouveau,
28:21une nouvelle muraille
28:22de, vous savez,
28:25le bon cher Jean Maginot là,
28:27un truc dont tout le monde
28:28sait que ça ne marche pas.
28:29Donc c'est extraordinaire
28:30de voir cette classe politique
28:31ne pas regarder la réalité
28:33et ne même pas regarder
28:35ce qui a marché dans le passé.
28:37Vous voyez ce que je veux dire ?
28:38C'est qu'il y a eu des pays
28:38qui se sont redressés,
28:39mais jamais en augmentant les impôts.
28:41Pas un seul.
28:42Je pose une question
28:43qui vous semblera un peu étrange
28:44peut-être,
28:44mais j'avais l'impression, moi,
28:46que ce qu'on appelle
28:47l'hypothèse communiste,
28:48c'est-à-dire le refus
28:49de l'économie de marché,
28:50le refus du droit de propriété,
28:52c'était mort quelque part
28:53en 89 une fois pour toutes.
28:54Est-ce que vous n'avez pas
28:55l'impression aujourd'hui
28:55qu'une forme d'anticapitalisme fervent
28:57du refus du droit de propriété,
28:59la condamnation de la liberté
29:00des échanges revient
29:02au cœur de la vie publique ?
29:04C'est ce que disait Frédéric Bastiat
29:06qui était un énorme écrivain français,
29:09un merveilleux économiste
29:10qui a écrit dans les autres
29:12des années 1840 et 1850.
29:13Il disait,
29:14si la majorité propose
29:16de prendre de l'argent à Paul
29:17pour le donner à Jacques,
29:20la majorité aura toujours
29:21le soutien de Jacques.
29:23Donc, je veux dire par là,
29:24c'est que dans un pays qui échoue,
29:27qui est en train d'échouer
29:28parce que l'État ne marche plus
29:29et toutes les raisons
29:30qu'on peut donner,
29:32c'est extraordinairement tentant
29:34d'aller chercher un bouc émissaire
29:35à la René Gérard, là,
29:37et dire,
29:38c'est la faute de Bernard Arnault,
29:39qui ne manque rien de monde
29:40à personne,
29:41c'est la faute de Bernard Arnault,
29:42bon, c'est la faute de Bernard Arnault,
29:44et de dire,
29:45c'est parce qu'il y en a
29:45qui ont trop gagné.
29:47Donc, quelque part,
29:48ce que vous dites
29:48est tout à fait exact,
29:49c'est-à-dire que la France
29:50ne réussit pas à sortir
29:51de cette espèce de façon de penser
29:53qui est que la lutte des classes,
29:55c'est la réalité.
29:55Moi, ce que j'ai toujours dit aux gens,
29:58c'est qu'il faut du capital,
29:59il faut du travail,
30:00il faut au milieu
30:01un type qui est le paratonnerre à risque,
30:04qui prend tous les risques,
30:04qui est l'entrepreneur.
30:06Mais pour les Français,
30:07il n'y a que le capital et le travail.
30:09Donc, si le capital gagne de l'argent,
30:11c'est qu'ils l'auront pris à eux
30:12et que c'est la faute
30:13des gars qui sont aux commandes.
30:15Mais vous voyez ce que je veux dire ?
30:16C'est qu'on est en retard
30:18intellectuellement en France
30:21sur la façon dont une économie moderne fonctionne
30:22de 150 ans.
30:23On a quand même le sentiment
30:26depuis des décennies
30:27que les gouvernements successifs
30:30de droite comme de gauche
30:31sont tous contaminés par le socialisme.
30:34Et donc,
30:34est-ce que finalement,
30:35la démocratie,
30:36ce n'est pas l'assurance vie
30:37que le socialisme continue à exister
30:38même s'ils n'ont plus d'élus ?
30:40Ils n'ont plus d'élus ?
30:41Oui, mais vous savez ce qu'on disait en France ?
30:42Je ne sais plus qui disait ça d'ailleurs,
30:43c'était je ne sais quel homme politique.
30:45Il dit en France,
30:45il y a deux parties de gauche,
30:47mais il y en a un qui s'appelle la droite.
30:48Maurice Druon.
30:49C'était assez drôle ça.
30:52Mais on n'a jamais eu...
30:54Alors qu'est-ce que c'est que la droite ?
30:56Parce qu'il faudrait peut-être commencer à définir.
30:58Pour moi, la droite,
30:59c'est la défense de l'individu
31:01contre l'État.
31:04C'est ça être de droite.
31:05C'est empêcher que cette espèce d'atomisation,
31:08qu'on se retrouve tout seul
31:09face à un monstre ultra puissant,
31:11qu'on ne puisse plus rien dire,
31:12c'est ce que Muret appelait
31:14l'homo festus.
31:17Vous savez, le type qui était là,
31:18qui doit faire la fête,
31:19mais qui n'a pas d'enfant,
31:20qui n'a pas d'amis,
31:20qui n'a pas de boulot,
31:21qui n'a pas de club,
31:22qui est tout seul face à ce monstre.
31:24Donc la seule façon d'éviter
31:26cet isolement monstrueux,
31:28c'est de laisser le gars
31:28tisser autant de relations
31:30qu'il le souhaite,
31:31aussi bien dans le monde des affaires
31:32et dans son monde personnel, etc.
31:34Et la seule façon d'y arriver,
31:37c'est que le gars soit indépendant financièrement.
31:40C'est ce que disait Locke.
31:41Si vous n'avez pas de propriété,
31:43vous êtes cuit.
31:44Parce que si vous attendez
31:45votre chèque pour vivre,
31:45pour bouffer à la fin du mois
31:46qui vient de l'État,
31:48il va vite vous faire comprendre
31:49que si vous dites n'importe quoi,
31:50il va vous arrêter.
31:51Donc il faut des gens individus,
31:53il faut des individus
31:54et des individus
31:55qui aient suffisamment de moyens
31:57par eux-mêmes
31:57pour résister à ce monstre.
32:00Alors une dernière question
32:00sur la séquence budgétaire
32:01avant de basculer sur votre livre.
32:03On a parlé de la taxe Zuckman.
32:05Je pense que rarement
32:06économiste aura été promu
32:07au premier rang aussi rapidement.
32:09C'est à croire
32:09que le service public
32:10a voulu s'y mettre.
32:12Regardant ça,
32:12vous n'avez pas l'impression
32:13que la taxe Zuckman,
32:14c'était l'instrument
32:14utilisé, l'épouvantail
32:16pour dire d'accord,
32:17on ne la fait pas,
32:17mais en échange,
32:18on ne va peut-être pas taxer
32:19les gigas maximilliardaires,
32:21mais finalement,
32:21les classes moyennes supérieures
32:22seront tondues.
32:24Mais c'est toujours pareil.
32:25On vous dit toujours
32:26qu'on va taxer les riches.
32:27Et comme disait,
32:28je crois que c'était Mark Twain,
32:29il dit c'est complètement idiot,
32:30il faut taxer les pauvres,
32:30il y en a beaucoup plus.
32:32Et c'est effrayant.
32:34Mais oui,
32:35il vous dit
32:36qu'on va taxer les riches
32:36pour promouvoir cette idée
32:38qu'il faut plus de recettes.
32:40Et puis quand ils y arrivent,
32:41d'abord les riches
32:41ne sont pas plus bêtes
32:42qu'autre chose,
32:43il y a longtemps
32:43qu'ils se sont barrés.
32:45Les vrais,
32:45il n'y a plus de riches
32:47en France.
32:48Donc,
32:48bah oui,
32:49c'est une...
32:52Vous savez,
32:52je crois que c'était
32:53à l'époque
32:53de l'Union soviétique,
32:54il y avait la Pravda
32:55et les Izvestiens.
32:56La Pravda,
32:57ça voulait dire la vérité
32:58et les Izvestiens,
32:59ça voulait dire les nouvelles.
33:00Et les Russes disaient
33:01il n'y a pas de Pravda
33:03dans les Izvestiens
33:04il n'y a pas de Izvestiens
33:04dans la Pravda.
33:06Donc,
33:06c'est là où on en est
33:07dans le système politique
33:08et médiatique en France.
33:10Il n'y a pas
33:11de discours alternatif.
33:14On n'a personne
33:15qui dit
33:15on pourrait faire autrement.
33:17Ils n'arrêtent pas
33:19de vous dire
33:19on ne peut faire
33:20que comme ça.
33:20Et même
33:21le Rassemblement National
33:22aujourd'hui,
33:23il commence à aller vers
33:24on ne peut faire
33:24que comme ça.
33:25Donc,
33:25ils vous ont enfermé
33:26dans un truc
33:27qui ne peut que rater.
33:28Je note,
33:29soit en passant,
33:30qu'il y a,
33:30manifestement,
33:31que le succès
33:31de l'Institut des Libertés,
33:33il y a la demande
33:33pour un discours ou autre.
33:34C'est monstrueux.
33:35Je suis arrêté
33:35dans l'arrêt tout le temps.
33:36On a 410 000 personnes
33:37qui nous sont abonnées
33:38sur notre site
33:39ce qui paraît-il très bien.
33:40J'en sais rien,
33:41je n'en reviens pas.
33:42Mes livres se vendent
33:43très très bien
33:43mais je n'ai jamais
33:44un article
33:44dans aucun journal.
33:46Je vends 50 000 bouquins
33:47à chaque fois,
33:48c'est-à-dire
33:48beaucoup plus que tout le monde.
33:50Enfin,
33:50beaucoup plus que
33:50les ateliers de ce monde
33:51j'imagine
33:51ou les maques.
33:53Mais je n'ai jamais
33:53un article dans le journal
33:54que ce soit peut-être
33:54chez vous de temps en temps.
33:56A chaque fois ?
33:57On a parlé de l'économie.
34:01Parlons maintenant
34:02du sujet
34:02qui est au cœur
34:03de votre livre
34:04qui présomberait
34:04l'économie
34:05mais aussi géopolitique.
34:07Les mondes de demain.
34:08C'est un livre
34:08qui paraît la semaine prochaine
34:10si je ne me trompe pas.
34:10J'ai eu le privilège
34:12de le lire avant.
34:13Dans ce livre,
34:14vous nous racontez
34:15si je comprends bien
34:16votre ouvrage,
34:17vous nous racontez
34:17l'histoire d'un monde
34:18qui se désoccidentalise
34:20à grande vitesse
34:21mais les occidentaux
34:22ne le savent pas.
34:23Globalement,
34:23les occidentaux
34:24se prennent encore
34:25pour le cœur du monde,
34:25le centre du monde
34:26mais le monde
34:28se déplace ailleurs
34:29et finalement
34:29nous nous muséifions
34:30en pensant
34:31que nous sommes encore
34:31au cœur de tout.
34:32Voilà,
34:33j'imagine que
34:33un petit peu avant
34:35ou après qu'on ait découvert
34:36l'Amérique,
34:37Venise s'imaginait encore
34:39être le roi des mers
34:40et puis tout était déjà
34:40passé à Amsterdam
34:41et puis ensuite
34:42avant de passer à New York
34:43et donc
34:44et puis ensuite
34:44avant d'aller à Californie.
34:46Ce qui est très curieux
34:47à voir à l'heure actuelle
34:48si vous voulez,
34:48c'est les instruments
34:50de la puissance
34:51du monde occidental
34:51qui ont été mis en place
34:52après la Deuxième Guerre mondiale.
34:54Ils sont tous
34:55en train de sauter.
34:56C'est-à-dire
34:57le dollar
34:58comme moyen de paiement
34:58pour le pétrole,
35:00ça saute.
35:03Swift,
35:03plus personne n'a besoin
35:04de Swift.
35:06On va maintenant,
35:07les banques centrales asiatiques
35:08sont en train de faire
35:09ce qu'on appelle
35:09des accords de swap
35:10entre banques centrales,
35:11ce qui fait qu'on n'a plus
35:12du tout besoin de dollars
35:12dans le commerce extérieur.
35:14Donc,
35:14on avait bâti ça sur
35:16quiconque voulait
35:18de l'énergie
35:18devait passer par le dollar
35:20et donc était assujetti
35:21aux États-Unis.
35:22Et s'ils ne voulaient pas
35:23passer par le dollar,
35:24il est arrivé ce qui est arrivé
35:25à Samusseid et à Kadhafi.
35:26Ils avaient une espérance
35:27de vitre et raccourcée.
35:29Et c'était...
35:30Donc,
35:31ça saute.
35:32L'extraordinaire résultat
35:33de la guerre d'Ukraine,
35:35ça n'a été que d'un seul coup,
35:37les Russes,
35:38qui ne pouvaient plus vendre
35:39aux Européens,
35:40on s'est dit
35:41qu'ils ne vont pouvoir vendre
35:42qu'aux Chinois.
35:43Et les Russes,
35:43ils sont quand même malins.
35:45Ils ont fait des lignes verticales
35:46qui vont de Mourmans
35:47jusqu'à l'Inde.
35:48des nouveaux trains,
35:50des nouveaux avions,
35:50des nouveaux bateaux,
35:51des nouveaux tout ça.
35:52C'est-à-dire que pour la première fois,
35:54toutes les matières premières
35:55qui sont faites en Asie du Nord,
35:58en Kazakhstan et tous les camps,
35:59plus il y aurait la Russie,
36:01se retrouvent dans l'Asie du Sud
36:03où vivent plus de la moitié du monde,
36:05dans ce qu'on appelle
36:06le cercle de Valéry Pieris.
36:08Ils vont pouvoir les payer
36:09dans leurs monnaies.
36:11C'est-à-dire qu'ils n'ont plus besoin
36:13de nos systèmes financiers,
36:14ils n'ont plus besoin de nos monnaies,
36:15ils n'ont plus besoin de nos banques,
36:17ils n'ont plus besoin de rien du tout.
36:18Et c'est là qu'il y a à peu près
36:1980% de l'épargne mondiale
36:21et à peu près 80%
36:22de la croissance mondiale
36:23depuis 15 ans.
36:25Donc, la partie du monde
36:26qui croit comme une fusée,
36:27maintenant,
36:28ils n'ont plus besoin de nous.
36:29Alors, je vous pose la question
36:30parce que ça me frappe
36:31en vous lisant
36:31que comment expliquer
36:33le fait que les Occidentaux
36:34ne soient pas conscients
36:36du fait que le monde
36:37A se désoccidentalise
36:38et 2, qu'ils ne sont plus
36:40au cœur du jeu
36:40et 3, conséquemment,
36:41qu'ils ne soient pas capables
36:42d'agir pour chercher
36:43à s'y maintenir ?
36:45Vous savez,
36:46je crois que c'est Rocard
36:48qui dit qu'il n'y a toujours
36:49que deux possibilités.
36:50Il y a le complot
36:50ou l'incompétence.
36:52Là, je crois que c'est
36:52l'incompétence.
36:53On a sans doute
36:54la classe politique
36:55dans tous les pays du monde
36:56depuis 10 ou 15 ans
36:58en Europe,
36:59aux Etats-Unis,
37:00partout,
37:00qui a été sans doute
37:01la plus médiocre
37:02qu'on ait eu depuis 300 ans.
37:04C'est-à-dire qu'on a une série
37:05de crétins
37:05qui dépassent l'entendement.
37:07Mais partout.
37:07En Angleterre,
37:08en Allemagne,
37:09en France,
37:10c'est tout à fait étonnant.
37:11Donc,
37:13il ne faut pas s'étonner
37:14quand on a des dirigeants
37:15extraordinairement médiocres.
37:16Je ne sais plus
37:16quel général disait
37:17qu'il vaut mieux
37:18un lion qui commande
37:19des moutons
37:19que des lions
37:21qui sont commandés
37:21par un mouton.
37:22On est commandé
37:22par des moutons,
37:23on se fait bouffer
37:23par les loups.
37:24C'est normal.
37:25Arthur Levatrigan.
37:26Comme vous parlez
37:27de l'Asie,
37:27j'aimerais vous entendre
37:34et sur les réactions
37:35de politiques ?
37:37Ça me paraît
37:38une question
37:38absolument sans aucun intérêt
37:40mais je ne vous en veux pas.
37:43En tout cas,
37:44ça a occupé les Français
37:45en disant
37:45que les Français
37:45ne sont pas en valiant
37:46par la Chine.
37:48Les Asiatiques disent
37:50un truc
37:50qui m'a toujours fait ébrir.
37:52Ils disent
37:52qu'il y a une erreur
37:53considérable
37:54qui a été faite en 1945.
37:56C'est que le monde
37:56a essayé de transformer
37:57un pays communiste,
37:59le Japon,
37:59en pays capitaliste
38:00et un pays capitaliste,
38:01la Chine,
38:02en pays communiste.
38:03Et puis depuis,
38:03ça fait 70 ans
38:04que les pauvres
38:05essaient de revenir
38:05à leur racisme.
38:06Qu'on arrête,
38:07on leur faut de la paix
38:08qui redevient à ce qu'ils étaient.
38:09Donc ce que je sais
38:10de dire,
38:10c'est que la Chine
38:11est un pays capitaliste.
38:12S'il y a une demande
38:13pour des poupées
38:13pour enfants,
38:14ils les font.
38:16Je n'ai pas passé
38:17à un jugement dessus.
38:18S'il y a une demande,
38:18c'est pas moi.
38:19Le problème,
38:19c'est la demande.
38:20Je ne parlais pas de la poupée,
38:21je parlais de l'ouverture au BHV.
38:22Mais honnestement,
38:23vous dites
38:23que vous n'avez pas à faire
38:24de jugement là-dessus
38:25mais le fait est
38:33mais vous n'allez pas
38:35empêcher la Chine
38:35de faire des poupées
38:36s'ils ont envie
38:36de faire des poupées.
38:37Ah oui, d'accord.
38:37Donc finalement,
38:38quand vous dites ça,
38:39vous nous ramenez sur cette...
38:39Nos propres élites
38:41sont incapables d'identifier
38:42de ce point de vue
38:42je dirais presque
38:43nos propres intérêts élémentaires.
38:44Mais quoi que ce soit,
38:45ils n'ont jamais identifié
38:46à des dangers
38:46qui menaçaient
38:47la population française.
38:48Jamais.
38:49Donc s'il y en a un de plus
38:50qui arrive,
38:50ils vont nous vendre des poupées.
38:52Bon, si vous voulez,
38:52je ne vais pas...
38:53Ce n'est pas ma tasse de thé,
38:55si j'ose dire.
38:55Donc je suis très détendu, là.
38:56Alors, je reviens
38:57sur cet élément
38:57qui me semble
38:58dans la séquence historique
39:00présente déterminant.
39:01L'occidental moyen
39:02pense encore
39:03être au centre du monde.
39:05J'y reviens
39:05parce que ça me semble essentiel.
39:07Vous nous dites
39:07les élites qui sont les nôtres
39:09sont globalement incapables
39:10de tenir compte
39:12de cette réalité.
39:13Est-ce que devant ça,
39:14il y a une forme de fatalité?
39:17C'est-à-dire,
39:17on est à ce point avancé
39:18dans une forme de décadence
39:19qui n'a plus de redressement possible?
39:21Non, non.
39:22Le côté pessimiste,
39:24ce n'est pas mon truc.
39:26Je vais vous le répondre comme ça.
39:27C'est qu'il est évident
39:28que nos élites politiques
39:28sont incompétentes,
39:29qu'elles ne comprennent rien.
39:30Les élites journalistiques
39:31également,
39:32il n'y a pas grand-chose.
39:33Mais les élites industrie
39:34et les commerciales françaises,
39:36ça fait 30 ans
39:37qu'elles sont en Asie
39:38en train d'investir
39:38comme des malades.
39:40Donc si vous parlez
39:41au patron de Schneider,
39:41au patron d'air liquide,
39:42etc.,
39:43ils n'en ont rien à cirer
39:44de ce qui se passe en France.
39:46Parce qu'ils ont 80%
39:47de leur chiffre d'affaires
39:48qui est déjà fait là-bas.
39:49Donc vous n'imaginez pas
39:50le déplacement
39:51de connaissances
39:53qui a eu lieu en France.
39:54C'est de l'exemple
39:54que je crois que j'avais donné
39:55la dernière fois.
39:56C'est que vous avez
39:57des sociétés industrielles
39:58qui sont cotées en Europe.
39:59Il y a un indice
40:00qui s'appelle l'indice MSCI
40:01et des sociétés industrielles
40:02en Europe.
40:03Les sociétés françaises
40:04font 26% de cet indice.
40:06Les sociétés allemandes
40:06font 21%.
40:08C'est-à-dire plus petites.
40:09L'industrie allemande
40:09est beaucoup plus petite
40:10que l'industrie française.
40:11Mais l'industrie française
40:12n'a plus une usine en France.
40:13Pourquoi ?
40:14Parce qu'ils ont très bien compris
40:15qu'ils sont là-bas.
40:15Donc vous avez des élites
40:17extraordinairement compétentes
40:18en France.
40:20Mais elles ne s'occupent pas
40:22de la France
40:22parce qu'elles n'ont aucun espoir.
40:23Chaque fois qu'elles vont
40:24dans la politique,
40:24elles ramassent des claques.
40:25Je vous poserai presque
40:26une question personnelle,
40:27vous me le pardonnerez.
40:28Mais vous ne faites pas partie
40:30de la catégorie
40:30des défavorisés
40:31de la population.
40:33Je l'ai eu été.
40:34Oui, certes.
40:35Aujourd'hui,
40:36on vous associerait
40:37aux gens prospères.
40:38Et pourtant,
40:38et vous êtes un homme
40:39qui a fait sa carrière
40:41dans la finance.
40:42Et pourtant,
40:43vous vous consacrez
40:44dans votre livre,
40:45vous le dites.
40:45Et vous continuez
40:47de vouloir marquer
40:48l'espace public,
40:49faire la promotion
40:50de certaines idées.
40:51Donc diriez-vous
40:51que dans votre milieu,
40:53le milieu économique,
40:53le milieu financier,
40:54vous êtes en quelque sorte
40:56un peu à l'écart.
40:57C'est-à-dire,
40:58vous continuez de vouloir
40:59croire politiquement
41:00à votre pays.
41:02Ben oui,
41:02j'ai un ami chinois
41:03qui est venu me voir
41:05un matin comme ça,
41:05qui est arrivé.
41:06Parce qu'à l'Institut de liberté,
41:07il y a des gars
41:07qui arrivent le matin,
41:08à 9h du matin,
41:09en disant,
41:09est-ce que je peux dire
41:10des bons jours
41:11et puis on prend un café ensemble.
41:14petit chinois
41:14qui était cantable
41:15et qui est venu.
41:16Son père était arrivé de Chine
41:17à un moment
41:18de la révolution culturelle
41:19en 1980.
41:20Il était français,
41:20il est-il de le dire.
41:22Et il m'a posé une question
41:23qui m'a beaucoup troublé.
41:23Il m'a dit,
41:24mais pourquoi vous vous donnez
41:26tout ce mal ?
41:27Pourquoi vous n'êtes pas
41:28tranquillement en train
41:29de gagner de l'argent
41:30dans la finance ?
41:31Et donc,
41:32je me suis dit,
41:32la différence entre un chinois
41:33et un français,
41:34c'est peut-être que le chinois,
41:35il considère l'intérêt
41:36de sa famille et tout,
41:37mais que moi,
41:38je ne sais pas pourquoi,
41:38j'ai été élevé dans une idée
41:41que peut-être que vous avez
41:42la même sensation
41:42avec le Québec,
41:44qu'il y a quelque chose
41:45qui me dépasse
41:46et que je dois rendre.
41:48C'est une drôle d'idée,
41:48mais je suis désolé.
41:50C'est comme ça que j'ai été élevé.
41:51Oui, mais je vous dirais,
41:51le sens du collectif existe
41:53manifestement en Chine aujourd'hui.
41:54Peut-être trop dans sa forme communiste,
41:56c'est le moins qu'on peut se dire.
41:57Mais est-ce que vous n'avez pas
41:57l'impression que c'est en France
41:58aujourd'hui que le sens du collectif
41:59s'échappe ?
42:00Vous, manifestement,
42:01vous avez le sentiment
42:02patriotique,
42:03mais dans la grande bourgeoisie française,
42:05est-ce que le sentiment
42:06patriotique est encore vivant ?
42:11Je vous dirais toujours
42:11ce que disait Bernanos,
42:13c'est que la France
42:14n'a jamais été sauvée
42:15par la bourgeoisie,
42:16elle a toujours été plombée
42:17par la bourgeoisie,
42:17elle a été sauvée par le peuple,
42:19par les aristos.
42:20Et donc, c'est dans le peuple
42:21auquel j'essaye de parler,
42:23parce que j'essaie de les éduquer,
42:24ça paraît bizarre,
42:25mais c'est des tas de choses,
42:26et je me dis,
42:27il faut qu'ils l'apprennent aussi,
42:28les pauvres,
42:28comme ça,
42:29ils pourront se débrouiller dans la vie.
42:30Et chez les aristos,
42:31il y a encore un petit peu
42:32de cette...
42:33La bourgeoisie,
42:34la seule chose qui compte,
42:35c'est d'être près du roi à Versailles,
42:36et on fait toutes les trahisons
42:37pour y arriver.
42:38Donc, si vous voulez...
42:39Arthur Le Matrigan.
42:40Je suis désolé,
42:41vous êtes plutôt dans les aristos,
42:42vous, non ?
42:43Oui.
42:44Mais vous,
42:44on ne va pas payer cher,
42:45il me reste encore une tête.
42:47Vous dites donc
42:48que l'Occident n'a pas encore compris
42:50qu'elle avait perdu sa première place,
42:51et que le réveil va être pénible.
42:53Aux Etats-Unis,
42:54il y a eu un changement,
42:55Trump,
42:56ça va faire bientôt un an
42:57qu'il est élu.
42:57Quel bilan vous tirez
42:59de sa deuxième,
43:01première année de mandature ?
43:02J'ai beaucoup parlé,
43:03j'ai beaucoup essayé de comprendre
43:05et le vrai problème de Trump,
43:06c'est celui qu'avait...
43:09qu'ont connu la plupart des empires
43:11quand ils s'écroulent.
43:12C'est-à-dire qu'il faut extraire la nation
43:14de l'empire qui est en train de s'écrouler.
43:18Et c'est un boulot,
43:19c'est ce qu'avait essayé de faire
43:20le Turc, l'Atatürk.
43:22Il avait extrait la Turquie
43:24de l'empire turc qui s'écroulait.
43:26Et c'est ce que De Gaulle a essayé de faire
43:28quand il y a eu l'Algérie et les colonies,
43:29il a extrait la France
43:30de l'empire qui s'écroulait.
43:32Donc, ce que Trump est en train de faire,
43:33c'est d'extraire les Etats-Unis
43:35pendant que l'empire s'écroule.
43:37Et ce n'est pas très facile
43:38parce qu'un empire qui s'écroule,
43:39ce n'est jamais facile à gérer.
43:41Mais c'est ce qu'il fait.
43:42Il le fait à sa façon à lui,
43:43c'est-à-dire que...
43:44C'est un peu comme un homme...
43:47Dans les marchés,
43:47si vous regardez les marchés,
43:48vous dites, mais il se passe n'importe quoi,
43:49c'est complètement idiot ce truc.
43:51Et vous regardez,
43:51c'est sous neuf mois après,
43:52ce n'est pas si idiot que ça.
43:53Donc, il y a une espèce de chaos.
43:56Mais moi, je trouve qu'il y a quand même un sens.
43:58C'est, par exemple,
43:59il s'intéresse beaucoup à l'Amérique latine
44:00en ce moment.
44:01Parce qu'il veut faire la forteresse américaine
44:03entre les deux.
44:04Il s'intéresse au Groenland aussi.
44:07Il a demandé au Sud-Canada,
44:08vous ne voulez pas par hasard devenir américain ?
44:09Il a dit non merci.
44:10Mais les Québécois, encore moins.
44:12Il nous reste 2 minutes 35.
44:14J'aimerais revenir un instant sur le...
44:15Parce que vous nous dites,
44:17le monde quitte l'Occident
44:18pour aller vers l'Asie.
44:20Vous connaissez bien les deux mondes.
44:22Si on marquait une différence
44:24des tempéraments,
44:25une différence des vertus,
44:26quelles sont les vertus
44:27qui existent dans le monde asiatique
44:29qui n'existent plus
44:30dans le monde occidental aujourd'hui ?
44:32Dans le monde asiatique,
44:33si vous voulez,
44:33c'est la vertu d'épargne,
44:34l'éducation, la famille
44:35et la prise du temps
44:39en compte dans les décisions.
44:42C'est-à-dire que vous savez
44:43que si vous créez une entreprise,
44:44ça consomme en sera peut-être à la marché.
44:45Si vous avez fait faillite
44:46au bout de 3 ans,
44:47vous avez du pot.
44:48Si vous êtes encore là 7 ans après,
44:49et vous resterez sans doute
44:50un petit moment,
44:50donc le temps,
44:51si vous voulez,
44:52ils ont une notion du temps
44:53qui n'est pas du tout la nôtre.
44:53Non, on veut tout tout de suite.
44:55Mais je voudrais dire quelque chose aussi
44:56qui me paraît très important,
44:57je ne sais pas,
44:59c'est que le monde
44:59dans lequel on rentre,
45:01c'est un monde
45:01qui va être complètement décentralisé,
45:04où chaque pays
45:05sera complètement libre
45:06de faire ce qu'il veut.
45:07Il ne sera plus tenu par le dollar,
45:08plus tenu par le pétrole.
45:10Donc on va en avoir un monde
45:11complètement décentralisé
45:12et beaucoup plus démocratique
45:14à chaque niveau individuel.
45:16Donc ce n'est pas du tout
45:18une perte qui arrive.
45:20C'est un immense gain
45:21qu'il y a devant nous
45:22et l'Europe décidera ou pas
45:24de se brancher dans ce gain
45:25parce qu'elle a des activités,
45:27elle a des caractéristiques
45:28de diversité
45:29qui devraient lui permettre...
45:31Mais pour faire ça,
45:32il faut se débarrasser
45:33des crétins à Bruxelles.
45:34Madame von der Leyen,
45:35elle veut nous créer
45:36un nouvel empire romain.
45:37C'est une folie.
45:38Donc on a mis en place
45:39des gens
45:39qui veulent recréer
45:41l'empire romain
45:42alors qu'il faut recréer
45:43l'église catholique.
45:44Il nous reste une minute,
45:45donc si je vous comprends bien,
45:46la France,
45:47dans le monde qui est le nôtre,
45:48si elle se dégage
45:49de l'empire européen,
45:51peut retrouver liberté,
45:52prospérité,
45:53souveraineté,
45:53identité ?
45:54Plus que n'importe qui d'autre
45:55parce qu'on est
45:56la civilisation alternative
45:57au monde anglo-saxon
45:58qu'on le voit.
45:58Notre rapport aux femmes
45:59n'est pas les mêmes,
46:00notre rapport au pouvoir
46:01n'est pas les mêmes,
46:02notre rapport à l'histoire
46:03n'est pas le même.
46:04La France,
46:04c'était la fièvre
46:05et l'église.
46:05Donc si d'un seul coup,
46:06on décide de retrouver
46:07notre histoire
46:08et de revenir à la France,
46:09à la place d'être
46:09une province
46:10de l'Empire germain,
46:12mais le futur nous appartient.
46:13Ça va être phénoménal.
46:15Alors si vous entendez
46:16le mot Frexit,
46:17ça vous dit ?
46:18Je me dis
46:18mon contrefouce.
46:20Comme je vous l'avais dit
46:20la dernière fois,
46:21la première chose que je ferais
46:22si on me mettait au pouvoir,
46:22c'est que j'envoyais
46:23une lettre recommandée
46:24pour dire je sors.
46:25Je n'ai aucune raison
46:25que je reste dans un camp
46:26de concentration.
46:27Je n'utiliserais peut-être
46:28pas cette formule,
46:29plutôt que je dirais
46:30une structure d'autorité,
46:31une structure autoritaire,
46:32un empire,
46:33mais le camp de concentration
46:33laissera le terme de côté.
46:39ce n'est pas comme il faut.
46:40On n'est plus trop loin
46:41des campes de concentration
46:42en angleterre.
46:42A la rigueur,
46:43utiliser la métaphore
46:43du goulag peut-être,
46:44et encore là,
46:45disons ce truc,
46:46empire à tentation autoritaire.
46:47Voilà, empire à tentation autoritaire.
46:48Je vais me permettre
46:49de vous proposer cette formule.
46:51Je vais toujours engueuler
46:51quand je parle des...
46:52Mathieu Bocoté a bien fait
46:53de modérer,
46:54je n'ai pas besoin de le faire.
46:55Mathieu Bocoté,
46:56Charles Gave,
46:57merci d'être revenu
46:58sur le plateau de CNews,
46:59merci Arthur de Vatrigan.
47:00Dans un instant,
47:01c'est l'heure des pros 2.
47:02A tout de suite.
Commentaires

Recommandations