- il y a 10 mois
Avec Alexia Germont, Présidente et fondatrice du think tank “France Audacieuse”, Lucas Planavergne, Journaliste au JDD
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NewsTranscription
00:00Bonjour Alexa Germont. Bonjour Maxime, bonjour à tous.
00:03Merci beaucoup d'être avec nous ce matin, vous êtes la présidente et la fondadrice du think tank France Audacieuse.
00:08Et bonjour Luc Aplan-Avergne. Bonjour Maxime.
00:10Merci beaucoup d'être avec nous ce matin, vous êtes journaliste au JDD.
00:13Et c'est vrai qu'il fallait se poser cette question, notamment parce qu'on l'a évoqué dans la revue de presse,
00:17je le griffais avec mon édito ce matin, c'est un article du Figaro qui nous explique que malgré les promesses de suppression de fonctionnaires de la part de l'État,
00:24pour donner en quelque sorte l'exemple en disant, bien sûr, nous aussi on se serre la ceinture, on supprime les 3000 postes de fonctionnaires,
00:31on pourrait s'arrêter là, sauf que quand on se plonge, on va dire, dans les tableaux Excel dont l'État français a le secret,
00:37on s'aperçoit que derrière c'est plus de 6000, enfin plus de 8000 embauches, résultat, on a plus de 6000 embauches à la fin de fonctionnaires,
00:44si on prend les chiffres exacts. Est-ce que ça vous interpelle ? Est-ce que ça vous choque ? Vous trouvez ça normal ?
00:49Il faut quand même, dans cette période, disons-le, facilement de disette budgétaire, où la France traverse une certaine crise,
00:55bien sûr qu'il va falloir s'attaquer à ce problème, je le mets entre guillemets, à ce sujet en tout cas des fonctionnaires.
01:01Alexia Germont.
01:01Oui, puis c'est un sujet qu'on connaît depuis longtemps.
01:04Ça fait quelques temps.
01:04Voilà, ça fait quelques temps. Donc un mot quand même sur la forme, c'est vrai qu'un peu ce tour de passe-passe,
01:09qui vient d'ailleurs du précédent budget déposé sous le gouvernement Bérou,
01:14on voit bien quand même que c'est une façon de présenter les choses qui, si on s'arrêtait là,
01:20et s'il n'y avait pas des journalistes qui étaient là pour remonter l'information,
01:24on n'aurait pas cette lecture fine des tableaux Excel, comme vous dites,
01:28qui permettent de voir qu'en réalité, vous n'êtes pas que sur le projet de loi de finances,
01:33mais vous êtes aussi sur l'addendum, on va dire, sécurité sociale.
01:38Et donc en réalité, ce n'est pas moins 3000, mais c'est plus 6000.
01:41Donc là déjà, sur la méthode, il y a un sujet de transparence par rapport à ce qui est expliqué aux Français.
01:48Et puis sur le fond, évidemment, on peut se poser plein de questions en prenant notamment un exemple.
01:55Éducation nationale, on voit qu'il y a une augmentation qui est prévue des fonctionnaires pour l'éducation nationale.
02:02À un moment, c'est ce qui est souligné par Philippe Juvin, le rapporteur général de la Commission des finances,
02:07à un moment où vous avez une baisse, évidemment, de la natalité, de la démographie.
02:14Donc, pas de capacité de se projeter dans les années qui viennent.
02:18Et puis, à un moment aussi où tout simplement, on ferme des écoles.
02:22Je veux dire, partout, on sait qu'on ferme des écoles.
02:24Et où il y a énormément de classes dans lesquelles il manque de professeurs.
02:26Et à chaque fois, on essaye d'aller à la pêche.
02:28C'est compliqué.
02:29Lucas Planavien, sur cette question des fonctionnaires, c'est choquant.
02:32Ça vous interpelle ou bien sûr qu'il va falloir mettre les mains dans le cambouis à un moment
02:35et peut-être aller jusqu'à supprimer des postes de fonctionnaires ?
02:39Sur la forme, je suis d'accord avec ce qui vient d'être dit.
02:41C'est-à-dire qu'on fait des promesses le lundi qui sont contredites dès le mardi.
02:44Donc, c'est toujours la même chose pour ces cas politiques.
02:46C'est-à-dire que personne ne comprend plus rien.
02:49Sur le fond, je pense que c'est aussi ce qui montre un petit peu la limite de la course à l'échalote,
02:53de la suppression des fonctionnaires.
02:55C'est-à-dire que pour moi, la question fondamentale, c'est de quel fonctionnaire parle-t-on ?
02:58Là, si on se plonge dans le détail, vous l'avez évoqué,
03:02c'est qu'on voit bien que ceux où il y a de nouveaux postes qui sont créés,
03:05c'est dans les armées, à l'éducation nationale, à l'intérieur, à la justice.
03:10Et donc, à mon avis, les fonctionnaires qu'il convient de supprimer,
03:14c'est les doublons que l'on a à Foison en France.
03:18C'est ceux qui sont derrière les bureaux qui, comme vous l'avez très bien dit Maxime,
03:21font des tableurs Excel.
03:23En revanche, sur le terrain, je pense qu'on a besoin de fonctionnaires.
03:27Ça me fait d'ailleurs penser à un paradoxe que Marc Treviditch,
03:31ce magistrat, pointe très bien dans son dernier bouquin.
03:34C'est-à-dire qu'on veut une justice forte, un État fort,
03:37mais on ne s'en donne pas les moyens.
03:39Et ça passe aussi, à mon avis, par des créations de postes.
03:410826 300 300, vous voulez nous interpeller.
03:44Peut-être que vous-même, vous êtes un fonctionnaire,
03:45vous vous indignez à chaque fois, en réalité, qu'on évoque ces suppressions de postes.
03:49Eh bien, vous nous appelez 0826 300 300.
03:51Est-ce qu'on a du mal, en réalité, peut-être, à regarder cette réalité en France,
03:56quand on observe un peu le spectre politique ?
03:58On a l'impression que cette question, comme ça, des fonctionnaires,
04:00est en réalité un peu taboue, même à droite.
04:03Rares sont les hommes, en tout cas, sur un programme, ça peut faire chic,
04:06mais rares sont ceux qui l'exercent.
04:08On se souvient de la promesse de Nicolas Sarkozy, jamais tenue.
04:10On se souvient même de Marine Le Pen, je crois que c'était sur LCI,
04:12au micro de Darius Rochemin, quand on lui pose la question,
04:15on va dire, de la suppression de certains postes de fonctionnaires.
04:18Elle balaye cela d'un revers de main en disant,
04:19non, non, mais ça, ça ne doit rien avoir, en réalité,
04:21c'est un truc de droite.
04:23Comment on observe cette question ?
04:24Et on se souvient aussi de François Fillon,
04:28qui, lorsqu'il avait abordé ce sujet-là,
04:30pour le coup, avait décroché à un moment dans les sondages.
04:34Donc, en fait, le problème, c'est l'idéologie qu'on met derrière les sujets.
04:40Et pour tout type de sujet, tout poste sur le budget,
04:44on est effectivement dans l'obligation, maintenant, là où on en est,
04:48de regarder les choses à plat.
04:51Je trouve que, en fait, ce qui manque, si vous voulez,
04:55c'est la capacité de mettre en regard à la fois les recettes et les dépenses.
05:00Et même la façon...
05:01En général, dans l'obligation, vous voulez dire.
05:02Parce que même la façon, c'est ce que dit d'ailleurs Philippe Juvin,
05:05j'invite vraiment vos auditeurs à venir écouter pendant dix minutes
05:11cette synthèse qu'il fait, parce que non seulement il comprend,
05:15mais en plus, il l'explique bien.
05:16C'est-à-dire qu'aujourd'hui, on demande à nos députés aussi
05:20d'aller trancher d'abord sur les recettes, donc sur les impôts,
05:24avant de savoir de quelle façon on va attaquer les dépenses.
05:29Alors qu'en fait, c'est un jeu, évidemment, de vase communiquant.
05:33Et la façon dont on pourrait travailler sur l'efficacité des dépenses publiques,
05:37c'est prendre ligne à ligne, vraiment,
05:39pour ne pas avoir une approche idéologique.
05:42La preuve sur les fonctionnaires, évidemment,
05:44que c'est une très bonne chose, que les armées, l'intérieur,
05:47la justice aient plus de fonctionnaires.
05:49Mais il faut regarder ça à chaque fois,
05:52avec une capacité d'allocation des actifs, en fait.
05:57Oui, c'est ça.
05:57Et puis, à cette question qu'on vous pose sur les réseaux sociaux,
06:00l'application, le site sudradio.fr, budget 2026,
06:02l'État doit-il montrer l'exemple en supprimant des postes de fonctionnaires ?
06:05Vous voulez participer à la conversation ?
06:070826 300 300.
06:09Il y a Patrick, par exemple, qui nous dit
06:10le problème avec les suppressions de fonctionnaires,
06:12c'est qu'on ne supprime jamais au bon endroit.
06:14C'est ce qu'on évoquait tout à l'heure.
06:17Dom qui nous dit, mais oui, en réalité,
06:18nous devons aller jusqu'à la suppression de certains postes de fonctionnaires.
06:22Je vous donne un exemple.
06:22Depuis 1997, les effectifs des collectivités locales ont augmenté de 44%.
06:27Ceux de la sécurité sociale, de 36%.
06:30Ceux des ministères, de 6%.
06:32Et Abondance, par exemple, en dernier exemple,
06:34et qui porte bien son nom pour ce débat,
06:36nous dit, bien sûr, et plus largement,
06:38il faut aller jusqu'à supprimer les commissions et les dépenses inutiles.
06:41C'est ça, en effet, qu'on demande peut-être aux députés
06:43et à ceux qui nous entendent et qui fabriquent les lois.
06:45En réalité, Lucas Plan-Avergne,
06:46c'est avant tout de balayer devant leurs portes.
06:49Et on n'a pas l'impression qu'on arrive à atteindre ça actuellement.
06:51Mais absolument, je suis absolument d'accord
06:54avec ce que les auditeurs pensent et commentent.
06:56C'est-à-dire qu'on n'a pas besoin de policiers
06:58qui sont sur des tableurs Excel.
07:00Encore une fois, on a besoin de présence de l'État sur le terrain
07:04pour répondre aux difficultés concrètes de la population.
07:09Après, plus largement, sur ce budget,
07:10je pense que tout le problème,
07:11c'est aussi qu'on parle d'un budget très hypothétique
07:13qui doit être débattu et voté dans un temps record
07:18et qui peut toujours ne pas passer.
07:20Il y a encore des menaces de censure qui tombent,
07:22même de la part des socialistes,
07:24qui pourtant n'ont pas voté la censure.
07:26On l'a vu, avec Olivier Faure qui dit en réalité
07:28s'il n'y a pas de changement significatif d'ici lundi,
07:30on appuie sur le petit bouton magique
07:31et sur le petit bouton magique...
07:32C'est irresponsable de faire ça.
07:35Oui, c'est irresponsable et même sur la forme.
07:38On est justement sur une période
07:40où on essaye de trouver...
07:42Tout le monde sait que ce sera un budget de compromis.
07:46Et je trouve que le Parti Socialiste,
07:48là, sur la forme et sur le fond,
07:50n'est pas à la hauteur,
07:51alors qu'il y a des débats qui démarrent à peine.
07:56Moi, je voudrais quand même dire une chose
07:57qui est vraiment stupéfiant.
08:00C'est qu'on ne comprend pas
08:01pourquoi il y a ce manque de courage politique.
08:03Parce que, pourtant,
08:06ils sont baqués par les Français.
08:08Les Français, à 72%,
08:09trouvent que l'on doit tailler
08:12dans les dépenses publiques de l'État
08:14pour arriver à un budget
08:16qui soit un budget qui nous permette,
08:18enfin, ce qui n'était pas le cas
08:19sous le gouvernement Bayrou.
08:21Il n'y avait que des hausses d'impôts
08:22et il n'y avait pas de baisse
08:23des dépenses publiques.
08:25Donc, là, aujourd'hui, c'est bon.
08:27Les Français sont partants.
08:28Ils sont partants.
08:30Donc, il faut absolument avoir le courage
08:33d'enclencher ce mécanisme.
08:36Parce que la réalité,
08:37c'est qu'avec les taux de croissance
08:39que nous avons,
08:39ça, c'est la triste réalité.
08:40C'est-à-dire qu'ils ne sont vraiment pas élevés.
08:41C'est-à-dire qu'ils ne sont vraiment pas élevés
08:43sur le passé
08:45et sur ce que l'on va avoir devant nous
08:47dans les mois qui viennent.
08:49On va finir par rembourser
08:51plus cher,
08:53à des taux d'intérêt plus cher
08:54que la croissance que nous créons.
08:56C'est droit dans le mur.
08:57Mais je suis absolument d'accord.
08:58Il faut indéniablement
08:59réduire les dépenses
09:01et trouver de nouvelles recettes fiscales.
09:03Et je suis absolument d'accord également
09:04sur le fait que les Français,
09:06à mon avis,
09:06sont une large majorité
09:07à penser en ce sens.
09:09Maintenant, c'est...
09:10Quelles dépenses...
09:12Et surtout, pardonnez-moi,
09:12ça dépend si le débat public est honnête.
09:14Parce que quand je vous entends,
09:15bien sûr,
09:15les problèmes de dépense, etc.
09:16Mais ça ne va pas s'arranger
09:17quand vous voyez notamment
09:18une partie de la classe de gauche
09:20qui nous promet la taxe Zuckman.
09:21Ça a été d'ailleurs le débat
09:22avec Manuel Bombard
09:23qui était à mon micro hier matin
09:25qui disait
09:25« Oui, mais bien sûr,
09:26la taxe Zuckman,
09:2715 à 25 milliards,
09:28vous avez beau leur dire
09:28qu'en réalité,
09:29ça ne rapportera jamais ça,
09:30on a l'impression
09:31que c'est l'élixir de jeunesse
09:32de la France
09:33et qu'on va régler tous les problèmes.
09:34C'est compliqué, ça. »
09:34On ne va pas sauver la France
09:35avec la taxe Zuckman.
09:36Maintenant, il y a plein de sujets,
09:38on en parlait déjà
09:38la semaine dernière, Maxime,
09:40dont on n'évoque plus la portée.
09:42C'est-à-dire qu'il y a beaucoup
09:43de recettes et d'économies
09:45à faire, à mon avis,
09:45sur des sujets
09:46où il y a un large consensus
09:47au sein de la population.
09:48Je pense à l'immigration,
09:49je pense à la lutte
09:50contre la fraude sociale
09:51et la fraude fiscale,
09:52je pense au train de vie
09:53de l'État, évidemment,
09:54je pense à l'assistanat.
09:55Pourquoi on ne le fait pas ?
09:56C'est une peur,
09:57c'est une caste ?
09:58Oui, c'est les autorités
09:59administratives indépendantes.
10:00Bien sûr.
10:01Il ne s'agit pas de tout supprimer.
10:03Les financements des associations.
10:04Mais il s'agit d'avoir une vision
10:06beaucoup moins technocratique
10:09et d'être capable de dire
10:10« ça, ça fonctionne. »
10:11En fait, il faut une capacité
10:13de regarder l'efficacité
10:15de la dépense publique.
10:16Et vous noterez que dans le débat,
10:18on ne parle pas d'efficacité
10:19de la dépense publique.
10:20On parle de hausse ou de baisse,
10:23c'est tout.
10:24Justement, la hausse,
10:25en tout cas la poursuite,
10:25rappelez-vous,
10:26de toute façon,
10:26c'est les joies françaises.
10:28On met en place
10:28quelque chose d'exceptionnel
10:29qui a en réalité vocation
10:31à s'inscrire dans le temps.
10:32Regardez la haute contribution,
10:34on va dire la contribution
10:35exceptionnelle
10:36pour les hauts revenus
10:37qui a été largement
10:38reprolongée jusqu'en 2029,
10:40c'est-à-dire jusqu'à ce qu'on repasse
10:41potentiellement sous la barre
10:43des 3% de déficit.
10:44Est-ce que pour vous,
10:45ça, ça fait partie des solutions
10:46qui sont intelligentes,
10:48qu'il faut mettre en place
10:48et ce n'est certainement pas
10:49la pire chose
10:50qu'on va voter dans ce budget ?
10:53C'est ce que je viens de dire
10:54parce que c'est ce qui est fondamental
10:55à mon avis
10:56et je suis d'accord.
10:57Il s'agit,
10:58comme pour la question des fonctionnaires,
10:59de supprimer ce qui ne sert à rien
11:00et je pense qu'en France,
11:02on est quand même des champions
11:03pour mettre beaucoup d'argent
11:05dans des choses
11:05qui ne servent à rien
11:06et dont la population
11:07ne comprend même pas
11:08de quoi on parle en fait.
11:11Et donc, ça passe
11:12par des grands sujets
11:13de consensus
11:14et effectivement,
11:15ces taxations
11:15sur les hauts revenus,
11:16on voit bien
11:17que ça ne prend pas
11:19dans l'opinion
11:19et y compris
11:20chez les plus modestes
11:21qui comprennent bien
11:23en quoi c'est important
11:24d'avoir des grandes entreprises
11:27et un développement là-dessus.
11:29Moi, un mot de conclusion,
11:31je crois que c'est le moment
11:32d'avoir simplement,
11:33et je dis chiche,
11:34une vision moderne.
11:37Moderne.
11:37Et peut-être qu'on change
11:38notre vision
11:39de voir les choses
11:40et notamment du côté
11:41des politiques.
11:42Merci beaucoup
11:42Alexia Germont
11:43qui, je le retiens,
11:44dit chiche,
11:45présidente et fondatrice
11:46du SipTank,
11:46France Audacieuse
11:47et merci beaucoup
11:48Lucas Planavère,
11:48journaliste au JDD,
11:50le journal de dimanche
11:50qu'on retrouve demain
11:51en kiosque évidemment
11:52avec le supplément
11:53JD News à l'intérieur
11:54comme tous les dimanches.
11:55Merci beaucoup
11:56d'être passé du côté
11:57du studio de Sud Radio
11:58ce simple dimanche.
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