- il y a 4 mois
[Opening Interview] Secrets of community building : how to “enchant” local content in the era of platforms
With Erwin Lapraille, Media TV Director, RTL Belgium
With Erwin Lapraille, Media TV Director, RTL Belgium
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00:00Sous-titrage Société Radio-Canada
00:10So, as you can read on the big screen, Erwin is media TV director at RTL.
00:17He has gone back to his roots, if I can say it like that.
00:20We'll do the interview in French, so for the Flemish people, just try to concentrate.
00:27Now, the announcement of la grille automnale, c'est un très joli mot en français, a été décrite comme ambitieuse, locale et connectée.
00:41Alors, RTL Belgique, on le sait tous, a changé d'actionnaire, d'actionnaire locaux, DPG et Rossell.
00:50Alors, comment cette évolution a-t-elle renforcé votre ancrage belge et votre stratégie de contenu ?
00:57Oui, je crois que le mot renforcement est le bon mot, Barth.
01:00En fait, comme vous le savez tous, et si vous ne le savez pas, je vous le rappelle, on a été donc racheté officiellement il y a 5 ans, tu l'as dit, par deux groupes importants, dans le nord et dans le sud.
01:08Ça a pris un peu de temps pour se concrétiser, pardon.
01:11Et donc, ça fait effectivement plus ou moins 3 ans que DPG et Rossell sont à nos côtés.
01:15Et ce ne sont pas seulement que des actionnaires, puisque ça a renforcé une stratégie qu'on avait déjà.
01:19Mais c'est clair que, comme tout le monde le savait certainement, basé au Luxembourg, appartenant à une société allemande et étant un tout petit pays, évidemment, la considération n'était pas la même par rapport à la belgitude et au développement.
01:31Et c'est clair que, d'un côté, il y a une philosophie qui est restée, parce que c'est celle d'RTL et c'est l'ADN d'RTL en Belgique, renforcée au niveau éditorial par Rossell et renforcée au niveau, j'allais dire, opérationnel, y compris commercial, par DPG.
01:43Qui nous permettait, effectivement, d'avoir un développement encore plus fort et se concentrer sur la Belgique, ce qui n'était pas le cas, évidemment, quand on était luxembourgeois.
01:52Et autre élément très important, qui est à voir, évidemment, par rapport à la législation, c'est que, devenant belge, parce qu'on n'avait jamais été, on était luxembourgeois, on a des obligations qu'on n'avait pas quand on était luxembourgeois.
02:02Et tant mieux, notamment en termes de coproduction. Je sais qu'on en parlera tout à l'heure. Et donc, on est censé, désormais, depuis 2 ans et demi, dépenser un certain pourcentage de notre chiffre d'affaires pour faire de la coproduction locale, bien évidemment.
02:13La plupart du temps, enfin, même pas la plupart du temps, sur Bruxelles et la Wallonie, avec des partenaires wallons et bruxellois.
02:19Vous en parlez, en fait, de la production locale. En fait, on est dans un marché dominé, je ne suis pas sûr si c'est le bon mot, inondé, en fait, par des streamers internationaux.
02:30En fait, dans quelle mesure cette production locale a-t-elle été clé pour retenir, en fait, vos audiences ?
02:37Alors, c'est une clé encore plus maintenant, je dirais depuis 2-3 ans. Tu as fait la belle ligne du temps et on sait où on est.
02:42Je ne ferai pas Back to the Future, on ne va pas remonter jusque-là. Mais c'est clair que Netflix, Disney+, ont comme valeur essentiellement des catalogues de fiction.
02:52La fiction était un grand élément d'une télé comme RTL TV il y a encore 10-15 ans, avec des séries phares qui faisaient 40% de pas de marché, comme Desperato's Wife, Lost, ce genre de choses.
03:00Ça n'a plus de raison d'être pour l'instant, puisque ces séries se trouvent en nombre et avant tout le monde sur ces fameuses plateformes.
03:07Donc, le seul moyen de survivre, si on peut dire ça comme ça, c'est effectivement de se focaliser sur le contenu local.
03:12Et donc, c'est clair que pour survivre, on a concentré nos efforts, on parle quand même ici de 3-4 heures par jour de production locale, en info, en magazine et en divertissement.
03:22Ce qui nous permet de créer une espèce de colonne vertébrale qui garantit en tout cas que le public parte moins loin ou moins vite.
03:31Et je vais donner un exemple très concret, je ne vais pas vous assommer de chiffres évidemment.
03:34Si on regarde le rating, donc les gens qui regardent, je ne parle même pas de la part de marché, le rating de cette année, en tout cas janvier-septembre par rapport à l'année dernière,
03:42le Total TV linéaire, la bonne vieille télé dont tu parlais tout à l'heure, elle n'est pas morte, mais elle a perdu 15% de rating.
03:50Eh bien, RTL TVI, avec sa stratégie, n'a perdu entre guillemets que 5%.
03:54Donc, on fait trois fois mieux, on en perd un peu, qu'on récupère en digital, on pourra l'évoquer tout à l'heure.
03:59Mais donc, c'est l'objectif, contenir le rating, essayer qu'il ne s'en va pas, en tout cas trop vite ou trop loin.
04:05Et c'est quel type de programme qui fonctionne particulièrement bien en fait ?
04:08Alors, comme vous le savez tous, évidemment, en Flandre, ça n'existe pas, il n'y a pas le grand voisin hollandais, évidemment, qui prend 25% de part de marché en télévision linéaire.
04:19Donc, ce qu'il faut, c'est être non seulement créatif, très local, probablement avec peu de vedettes locales, parce que même quand on a des vedettes locales francophones, elles partent très vite ailleurs.
04:29Et donc, les recettes, c'est quoi ? C'est d'abord de l'info, ça c'est le backbone premier, évidemment, avec de l'info locale essentiellement, mais aussi autour de l'info, un jeu, tous les jours.
04:37Il y a 71 belges francophones qui jouent un jeu tous les jours à la télévision en 18h30, qui peuvent se reconnaître, on ne les connaît pas, mais évidemment, les familles se le reconnaissent.
04:46Et ensuite, on a ce qu'on appelle le magazine de 19h50, qui est essentiellement de l'infotainment, où on met en scène des belges anonymes, qui soit ont des problèmes qu'on va résoudre, soit ont une compétence qu'on a envie de découvrir,
04:56comme des pompiers, des douaniers, et des fois ça devient même des vedettes. Alors, on n'a pas beaucoup de Buck and Wallon, de O.S.C., mais on en a quelques-uns,
05:05et ils ont été créés comme ça, un peu par hasard, parce qu'ils sont sortis d'émissions, comme Bertrand Carrois, que certains d'entre vous le connaissent certainement,
05:11qui fait enquête tous les mardis soirs, ou comme des participants, des gros divertissements, encore une fois, belges-belges, comme L'Amour est dans le Pré, qui passe pour l'instant le dimanche,
05:19ou Marie au premier regard, qui sont des productions locales.
05:21D'accord. On vient de parler de, je dirais, la France et les Pays-Bas, des marchés assez grands. On sait tous, en fait, qu'en Belgique, et surtout côté francophone,
05:31les budgets sont quand même restreints. Malheureusement, oui. Comment parvenez-vous à financer davantage des contenus originaux ?
05:39Alors, d'abord, avec de la créativité, de la flexibilité. C'est clair qu'une caméra, ça coûte le même prix dans le sud du pays qu'en France ou aux Pays-Bas,
05:47donc on doit être malin, on doit être plus rapide. Ça, c'est déjà un premier élément, ce qu'on fait déjà depuis pas mal de temps.
05:53Et on doit trouver des sources de revenus aussi complémentaires pour pouvoir produire.
05:57Donc, c'est pour ça qu'on développe non seulement des coprods, on en parlera, parce que ça nous aide forcément,
06:02et j'ai déjà parlé du budget consacré, mais également du cofinancement.
06:05Donc, on s'ouvre, par exemple, et je dirais qu'un bon exemple, puisqu'on a réussi à marier la carpe et le lapin,
06:10à savoir de faire plaisir non seulement à un annonceur avec une production qui fait de l'audience,
06:15mais qui, en plus, ne me coûtent pas cher ou très peu d'argent, c'est par exemple le dimanche 18h30.
06:19On a un format qui s'appelle La Route étoilée. J'espère que tout le monde a pu en regarder un épisode.
06:24Eh bien, on a pu le faire parce qu'il y a un cofinancement et que sinon, tout seul,
06:27on n'aurait pas pu mettre cet argent sur la table pour le faire.
06:30Donc, encore une fois, de la créativité et de la flexibilité.
06:33OK. Les coproductions, en fait, apparaissent comme une solution, comme vous venez de le dire.
06:38En fait, pouvez-vous partager un exemple récent ou avenir qui illustre cette ouverture aux collaborations ?
06:45Oui. Le terme est bon, Bart, c'est vraiment ouverture.
06:47Je parlais tout à l'heure des obligations qu'on a depuis trois ans.
06:50Alors, ça prend du temps de développer des scénarios, évidemment,
06:52et de mettre en place des pilotes qui vont devenir des séries ou des films.
06:55Donc, on travaille sur, grosso modo, une quinzaine de projets qui sont en train d'aboutir,
07:01justement, après trois ans, sachant que ces quinze projets viennent d'une sélection d'une centaine de projets.
07:05Et l'idée, effectivement, alors on ne peut pas les financer nous-mêmes,
07:08mais je vais donner un bon exemple qui est assez prestigieux.
07:10Cette série qui va bientôt être diffusée, je vous engage, le mercredi au mois de décembre,
07:15en prime, à regarder sur RTL TV ou sur la VRT, parce que, justement, c'est une collaboration,
07:19désolé pour mes camarades de DPG, avec mes camarades de VRT.
07:22C'est This is not a crime, qui vient de recevoir un prix à Berlin,
07:26série prestigieuse, six épisodes, coproduction énorme, européenne.
07:30On parle de près de 2 millions d'euros l'épisode.
07:33Vous pensez bien que je n'ai pas les moyens de le faire.
07:35Donc, on a contribué à la hauteur, évidemment, de la Belgique,
07:37mais en partenariat avec VRT, avec Proximus,
07:40et avec des partenaires irlandais et espagnols, notamment,
07:44Gros Casting.
07:45Voilà, donc c'est une vraie fierté.
07:46On n'aurait jamais pu le produire tout seul.
07:47On a mis beaucoup d'argent, évidemment, à la hauteur de la Belgique francophone,
07:50mais ça prouve, en tout cas, le fait qu'on peut, en tout cas, développer des beaux talents.
07:55Je vous engage à regarder cette série réalisée par Hans Serbots,
07:59que, à mon avis, les néerlandais ne connaissent.
08:02C'est lui qui avait fait, notamment, Le Serpent.
08:04Voilà, ça, c'est un bon exemple.
08:05Il y en a plein d'autres.
08:06Je pourrais vous parler aussi du Fossoir,
08:08qui, comme son nom l'indique, à mon avis,
08:09tous les Belges francophones, même s'ils ne sont pas aussi vieux que moi,
08:12connaissent cette histoire du Fossoir,
08:13qui a été pendant une journée, entre guillemets, kidnappé,
08:16puisque vous savez que le Soir était sous la houlette des Allemands pendant la guerre.
08:19Et là, c'est une vraie collaboration avec nos camarades de Rossell, par définition.
08:23Il y a aussi un gros film, un gros budget,
08:25qu'on sortira dans quelques mois, je vais même dire.
08:27En fait, la collaboration entre DPG et RTL,
08:33en soi, nord et sud du pays, n'est jamais évidente,
08:36en fait, au niveau programmation, normalement.
08:38C'est assez vrai.
08:39Mais par rapport, en fait, à l'utilisation de la même technologie
08:42comme RTL Play, qui utilise la plateforme maintenant de VTM Go,
08:45est-ce que cette plateforme, en fait, a aidé, en fait,
08:49à que RTL Play soit plus forte ?
08:52Oui, tout à fait.
08:52Donc, tu l'as dit, culturellement, ce n'est pas toujours facile.
08:55On n'a pas les mêmes goûts.
08:56Tout n'est pas transposable.
08:57Il n'y a pas les fameux becquets de Vlamingen.
08:59Donc, effectivement, en termes de contenu, c'est plus compliqué.
09:01Mais en termes de ressources, c'est beaucoup plus simple.
09:04Donc, on partage déjà pas mal de ressources de production.
09:06Tu l'as évoqué.
09:07Y compris pour le digital, avec la même plateforme.
09:10Donc, un, ça nous a permis d'accélérer,
09:12puisqu'il faut reconnaître, maintenant, tout le monde le sait,
09:14il y a trois ans, on était un peu en retard au niveau digital.
09:16On l'est beaucoup moins.
09:18On est même parfois, même souvent, devant Ovio.
09:20Je le dis juste pour mes camarades de l'RMB qui sont dans la maison.
09:23Et ça, c'est grâce non seulement au contenu, bien évidemment, qu'on y met,
09:26mais effectivement, c'est une technologie qui est beaucoup plus performante
09:28et qu'on a partagée avec BTM.
09:31Et je t'avoue que l'arrivée, évidemment, des PG dans le...
09:35En Hollande, en tout cas, va aussi nous aider,
09:37même s'il n'y a que les 5 millions de francophones
09:40qui sont dilués dans les 25 millions de néerlandophones.
09:43Mais on va pouvoir, évidemment, cross-latéraliser des coûts,
09:47des moyens techniques, en tout cas, qui vont nous aider
09:49et qui vont nous permettre, effectivement, de délivrer des choses
09:51qu'on n'aurait pas pu faire sans ces moyens.
09:54Et juste un petit élément, c'est important, ce que tu évoques,
09:56par rapport au succès de RTL Play,
09:58c'est que je parlais tout à l'heure du déficit de 5% de rating sur TDI.
10:02Il faut savoir que RTL Play, maintenant, nous apporte 10% supplémentaires.
10:07Donc, ça veut donc dire que même le rating, si on globalise les deux...
10:09Alors, je ne sais pas s'il y a des gens du SIM autour de la table.
10:11On n'a pas encore le SIM One, on n'a pas encore, évidemment,
10:14l'étude qui va permettre de mixer officiellement les ratings.
10:17Mais en tout cas, pour l'instant, la stratégie fonctionne
10:18puisque même avec la perte de linéaire,
10:21on compense avec un excédent en digital,
10:24en ce y compris, et ça, c'est pour mes camarades de DPG,
10:27au niveau commercial, puisque le commerce, heureusement, en digital.
10:30Donc, achetez aussi du digital, messieurs les annonceurs,
10:32et mesdames les annonceurs, puisque ça compense, évidemment.
10:34Oui, absolument.
10:35Alors, dernière question.
10:37Dans cinq ans, à quoi ressemble l'offre de contenu locaux en Belgique francophone ?
10:42Sera-t-elle encore plus intégrée dans une logique digitale et multiplateforme ?
10:46D'office, pour toutes les raisons que je viens d'évoquer, bien évidemment,
10:48puisque, comme tu l'as compris, le 10% va probablement être plus élevé,
10:52et le moins 5% risque, malheureusement, d'être un peu plus bas.
10:55Donc, l'objectif, effectivement, avec une politique un peu différente,
10:58donc, du contenu, on ne va pas réfléchir, comme c'était le cas précédemment,
11:02uniquement linéaire, qui va être décliné en digital,
11:05ça va être de plus en plus, presque même l'inverse,
11:07avec deux comportements, mais tu l'as évoqué, notamment, dans ta ligne de temps,
11:11c'est travailler sur une cible qui ne regarde encore que sur du mobile ou des tablettes,
11:15et c'est encore assez conséquent, mais surtout, le grand écran,
11:18il y a quand même le retour, tu parlais de l'écran dans le salon,
11:20il y a le retour du grand écran, c'est la stratégie de VTM Go,
11:23comme celle d'RTL Play, c'est qu'un maximum de gens
11:25regardent quand même nos émissions digitales, si on veut,
11:29sur le grand écran, pour deux raisons,
11:31puisqu'ils le regardent plus longtemps,
11:32et que ça permet de faire du long form,
11:34ce qui est plus intéressant pour tout le monde.
11:35Donc, je ne sais pas dans cinq ans où on sera,
11:37je n'ai pas la boule de cristal,
11:39mais j'espère qu'on sera toujours ici, ensemble,
11:42à parler de la même chose, avec un marché qui fonctionnera toujours si bien.
11:46Voilà.
11:47Merci Erwin.
11:47Merci Bart.
11:48Un grand applaudissement.
11:49Merci beaucoup.
11:49Applaudissements.
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