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  • il y a 11 mois

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00:00On fait le point évidemment sur ces images historiques, ce spectacle, le triste spectacle que j'évoquais tout à l'heure dans mon éditorial.
00:07Nicolas Sarkozy a donc été incarcéré à la prison de la Santé. On fait le point avec ce sujet de Simon Guélin.
00:14Sous les acclamations de la foule et accompagné de son épouse Carla Bruni, Nicolas Sarkozy quitte son domicile parisien dans le 16e arrondissement, devant des Français qui ne décolèrent pas.
00:24La condamnation dont il était victime, c'est scandaleux. Voilà, c'est tout. Procès stalinien.
00:32À bord de son véhicule, Nicolas Sarkozy salue une dernière fois la foule, avant de prendre la direction de la prison de la Santé, lieu de son incarcération.
00:40Un peu plus tôt ce matin, et à l'initiative de ses fils, des amis et des Français se sont rassemblés pour témoigner leur soutien.
00:47Parmi eux, le sénateur Les Républicains, Stéphane Lerudulier.
00:50Tout patriote qui, en ce moment, vit ces heures dramatiques ne peut qu'exprimer une certaine forme de stricesse, de consternation également et d'incompréhension.
01:04Condamné à cinq ans de prison, c'est à l'intérieur de ces murs que Nicolas Sarkozy doit purger sa peine.
01:10L'ancien chef d'État est placé à l'isolement, seul moyen de garantir sa sécurité.
01:15Seules trois visites par semaine lui sont autorisées.
01:17Quelques minutes seulement après son incarcération, ses avocats ont déposé une demande de remise en liberté.
01:23Elle devra être examinée par la cour d'appel, dans un délai maximum de deux mois.
01:28Voilà pour le point sur ce qui s'est passé aujourd'hui.
01:30Sabrina Birlin-Boyer, vous êtes devant la prison de la Santé avec Lorient Doré.
01:33Bonsoir à tous les deux.
01:35Est-ce que vous en savez plus sur cette première journée de détention de Sarkozy ?
01:38Oui, c'est à 9h35 ce matin que le président Sarkozy a franchi les portes de la prison de la Santé, sous haute escorte évidemment.
01:50Aussitôt incarcéré, ses avocats l'avaient annoncé.
01:52Une demande de remise en liberté a été formulée.
01:55La justice aura deux mois pour trancher, même si le délai devrait être plus court.
02:00En attendant, il est incarcéré ici, à la prison de la Santé à Paris, placé à l'isolement,
02:05afin que sa sécurité soit maximale. Aucun contact donc avec les autres détenus.
02:09Il aura seulement une heure de promenade par jour.
02:12Enfin, il pourra compter sur le soutien sans faille de sa famille.
02:15Il pourra avoir jusqu'à trois visites par semaine de sa famille ou de ses avocats.
02:20Visites qui ont déjà commencé aujourd'hui, puisque l'on sait que l'épouse de Nicolas Sarkozy,
02:24Carla Bruni-Sarkozy, est venue au parloir cet après-midi.
02:28Maître Darwa, l'un des avocats de Nicolas Sarkozy, est lui aussi venu voir son client.
02:32Et il nous rapporte que Nicolas Sarkozy reste combatif.
02:37Il va tenir le coup, dit-il, son avocat, qui ajoute que c'est un moment funeste pour son client,
02:42mais aussi pour la justice.
02:44Merci beaucoup Sabrina et Florian Doré.
02:46On sera tout à l'heure avec Maître Christophe Fingrin,
02:48qui est l'autre avocat de Nicolas Sarkozy.
02:50Gauthier Lebret, ces images, elles sont inédites, évidemment.
02:53Elles sont tristes.
02:54Et elles plongent le pays dans une forme de stupéfaction
02:58dont personne n'arrive vraiment à réaliser la portée et l'ampleur.
03:01Et l'image à l'international, c'est-à-dire que la presse internationale à l'étranger
03:06s'est fait l'écho de la France à deux reprises en 48 heures.
03:09Première fois parce que nous sommes incapables de protéger patrimoine français au Louvre.
03:14On nous dit tout a bien fonctionné.
03:15Oui, tout a bien fonctionné.
03:16On est parti avec les bijoux, notamment de l'impératrice Eugénie.
03:19Et on a un ancien président de la République qui est incarcéré.
03:22Alors l'image de ce matin est évidemment d'une très grande force,
03:25avec Carla Bruni, avec tout le clan autour du président Sarkozy
03:29juste avant qu'il soit incarcéré.
03:32Mais au-delà de la force de l'image,
03:34il y a le communiqué de Nicolas Sarkozy.
03:35Ce n'est pas un ancien président qui entre aujourd'hui en prison.
03:38C'est un innocent.
03:39Je rappelle, parce qu'on va le marteler, c'est très factuel.
03:41À chaque fois, trois chefs d'inculpation sur quatre sont tombés.
03:45Pas d'enrichissement personnel, pas de pacte de corruption.
03:48Et surtout, c'est le cœur du sujet,
03:49pas d'argent libyen dans sa campagne de 2007.
03:53Le tout qui démarre avec un document qui est probablement un faux.
03:57Je cite là encore le tribunal et la première instance,
04:01le document de Mediapart.
04:03Donc évidemment, Nicolas Sarkozy a fait appel.
04:05Évidemment, il est présumé innocent.
04:08Il y a ses avocats qui ont fait une demande de remise en liberté.
04:11On voit qu'il a eu un parloir rapidement avec son avocat, tant mieux.
04:14Avec son épouse, tant mieux.
04:16Mais oui, c'est inédit dans l'histoire de la Ve République.
04:18C'est la première fois qu'un président est incarcéré.
04:21Et il faut voir dans quelles conditions,
04:22pour l'intention de deux de ses collaborateurs,
04:24parce qu'ils ne pouvaient pas ne pas savoir.
04:26Et Brice Ortefeu et Claude Guéon ont toujours dit
04:28Nicolas Sarkozy n'a jamais su que nous avions vu
04:31M. Sinoussi en Libye.
04:33Et quand ils ont dit ça, les juges ont délibéré en disant
04:36« Ah ben si, ils le disent autant, c'est qu'ils le savent. »
04:39Enfin, c'est extraordinaire.
04:40Et on a un président qui est incarcéré suite à ce procès.
04:42J'entends.
04:43Éric Nolot, je disais tout à l'heure,
04:44la France s'humilie à faire ça,
04:45plus qu'elle ne l'imagine en réalité.
04:48Parce que le contraste entre ce cortège de motards,
04:51et on l'évoquait tout à l'heure avec Éric Revelle,
04:53qui a escorté l'ancien président de la République
04:55jusqu'à la présidente de la Santé,
04:57ça veut dire quoi en fait ?
04:58La République est honteuse ?
05:00Elle n'assume pas ce qu'elle fait ?
05:02Oui, parce qu'il faut rappeler le contexte général.
05:05C'est le regard de la France tombée,
05:06la dégradation par les agences de notation,
05:08le vol des bijoux,
05:10la tragicomédie à laquelle Emmanuel Macron vient de contribuer
05:13avec une énième déclaration contradictoire.
05:16Donc on essaie de sauver un peu les apparences.
05:18Je pense qu'on a négocié quelque chose,
05:21il va en prison,
05:21mais avec les égards d'un président de la République.
05:23On est dans quelque chose de totalement irréel.
05:26Chacun essaie de l'appréhender à sa manière.
05:28La manière qu'a choisi l'intéressé Nicolas Sarkozy,
05:30c'est de toute évidence la combativité.
05:32Mais le reste des Français est stupéfait dans ce spectacle.
05:35On a l'impression que l'intrigue nous échappe,
05:37que le pays tombe
05:38et que nous n'arriverons jamais à le rattraper.
05:39Jean-Michel Salvatore ?
05:41Oui, moi je pense que c'est une illustration supplémentaire
05:44du pays qui tombe.
05:46Mais je trouve qu'il y a autour de ça quand même
05:48un sujet qui reste toujours le même,
05:50qui est le sujet de l'exécution provisoire.
05:53C'est-à-dire qu'on ne comprend pas
05:55pourquoi il y a cette exécution provisoire
05:57qui s'applique au président Sarkozy,
05:58alors que comme vous l'avez dit dans votre éditorial,
06:02en fait, il n'y a aucun risque qui s'en aille.
06:04Donc on voit bien que c'est une mesure
06:06qui se veut infamante,
06:08qui se veut vexatoire
06:10et qui est finalement prise par une justice
06:12de parti pris
06:13et une justice qui pratique la vengeance idéologique.
06:16Et c'est ça qui pose vraiment un énorme problème
06:19parce qu'au-delà de Nicolas Sarkozy,
06:21ce sont les institutions elles-mêmes
06:22qui sont attaquées.
06:24Le Louis de Ragnel,
06:26il y a quand même un jugement de près de 400 pages,
06:28effectivement,
06:29Nicolas Baverez a ressorti effectivement une phrase
06:32qui dit effectivement qu'il est accusé
06:33de ne pas savoir, en fait,
06:35de ne pas avoir su ce qu'éventuellement
06:37auraient fait ses collaborateurs
06:38qui eux-mêmes ne le disaient pas.
06:39Et qui eux-mêmes,
06:40on n'a absolument aucune preuve
06:42que ses collaborateurs ont fait
06:43ce que les juges pensent
06:44qu'ils ont voulu faire.
06:46Non mais c'est là où l'histoire
06:47est complètement dingue.
06:48Et quand on regarde les réactions à l'étranger,
06:51personne ne comprend d'ailleurs
06:52la raison pour laquelle Nicolas Sarkozy est incarcéré.
06:54Ils sont choqués par deux choses.
06:56Un, qu'est-ce que vous faites
06:57à vos anciens chefs de l'État ?
06:58Qu'est-ce qu'il a fait si grave,
06:59Nicolas Sarkozy,
07:00pour être incarcéré de cette manière-là ?
07:02Et la deuxième remarque
07:03qui revient le plus,
07:04c'est pour quelle...
07:05On n'a pas compris.
07:07Donc le financement illicite de campagne,
07:09il n'y en a pas.
07:09Financement libyen, il n'y a pas.
07:11Corruption, il n'y en a pas.
07:12De quoi s'agit-il ?
07:13Et donc quand on explique,
07:15alors j'ai dû faire ça cet après-midi,
07:17j'ai expliqué à quelqu'un
07:18qui suit l'actualité politique
07:19d'un peu loin à l'étranger,
07:21ce que c'était que l'association de malfaiteurs
07:22concernant Nicolas Sarkozy.
07:24Alors il me dit,
07:24mais en fait c'est des bavardages,
07:25c'est quoi ?
07:26Et c'est vrai que personne ne comprend rien.
07:29Et même les Français, honnêtement,
07:30à part ceux qui détestent Nicolas Sarkozy,
07:32ceux qui sont neutres
07:33ou qui l'apprécient évidemment,
07:34ne comprennent pas.
07:36Il n'y a aucune preuve,
07:37il n'y a rien.
07:37On écoute juste sur Michel Doroy,
07:38son avocat,
07:39qui est allé le voir
07:40il y a quelques instants
07:41au parloir.
07:42Écoutez, il dit qu'il est combatif.
07:44Ça m'a stupéfait,
07:47bouleversé,
07:49mais je sais qu'il va tenir le coup
07:53et qu'il ressortira
07:54combatif, comme vous dites.
07:56Il est dans une cellule
07:58de 9 mètres carrés,
08:01il y a du bruit,
08:02tout le temps,
08:03il y a du bruit dans les prisons.
08:06Tous les prisonniers font du bruit.
08:08Ils crient,
08:09ils tapent contre les murs.
08:11Ce que dit cet avocat
08:12Eric Revelle
08:12sur cette incarcération.
08:15Non, mais l'association
08:16de malfaiteurs,
08:16les experts le disent,
08:17c'est l'accusation
08:19la plus fourre-tout
08:20du code pénal.
08:21Comme les trois principaux
08:22chefs d'accusation,
08:23on ne le répétera jamais assez,
08:24sont tombés
08:25dans le procès Sarkozy,
08:26j'ai le sentiment,
08:27pardonnez-moi,
08:28qu'il fallait bien
08:29que le parquet national financier
08:30se raccroche à un truc
08:31pour ne pas se dire
08:32finalement on n'a rien,
08:34donc on aurait été obligés
08:35de le laisser partir.
08:36Donc ils ont trouvé
08:36cette association
08:38de malfaiteurs.
08:39Mais vous savez,
08:40moi ce qui me frappe le plus,
08:41parce qu'il y a
08:42l'exécution provisoire
08:43pour Nicolas Sarkozy,
08:44pour Marine Le Pen,
08:45pour d'autres élus aussi
08:46dont on ne parle pas,
08:47c'est qu'en fait
08:47on voit bien
08:48ce qui est en train
08:48de se passer,
08:49c'est que l'autorité judiciaire
08:51est en train de se transformer
08:52en pouvoir judiciaire.
08:54Mitterrand disait
08:55ils ont tué la monarchie,
08:56ils tueront la République,
08:57vous vous souvenez
08:57de cette phrase assez célèbre ?
08:59On est en plein dedans,
09:00si vous voulez.
09:01Moi ça m'embête,
09:02ça m'interpelle profondément
09:05de voir la justice
09:06qui se mêle
09:06du débat démocratique
09:07dans ce pays.
09:08Laissons les électeurs
09:09voter et faire leur choix.
09:11C'est pas la justice
09:12de passer au tamis
09:13qui peut se présenter
09:14et qui ne peut pas le faire.
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