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  • il y a 3 mois
En 2024, l’investissement responsable a augmenté de 9,2 %. D’année en année, ce marché de l’ampleur. Mais Thomas Breuzard dénonce le fait que ces financements ne sont pas toujours efficaces. Selon lui, beaucoup de leviers restent à activer pour mieux faire converger ROI et impact.

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Transcription
00:00Et on commence avec l'édito comme toujours, Thomas.
00:08Thomas, la finance à impact est souvent associée aux grandes institutions, banques ou fonds d'investissement.
00:14Mais toi, tu nous parles de la valeur de l'impact.
00:17L'argent existe, la volonté aussi, mais l'impact reste trop souvent décorrélé de la valeur, selon toi.
00:23L'argent semble disponible, en tout cas, même si les temps économiques sont ce qu'ils sont.
00:27J'en prends pour preuve deux statistiques très récentes.
00:30Les fonds à impact auraient cru de 20% par an, d'après France Invest, en 2025.
00:34Et le taux d'épargne des Français, qui a un niveau historiquement élevé,
00:37si on parle plutôt de la disponibilité de l'argent auprès des particuliers,
00:40avec un taux d'épargne autour de 18% d'après l'INSEE.
00:43Mais voilà, si la disponibilité de l'argent suffisait, ça se saurait.
00:46Alors l'un des problèmes que l'on peut identifier aujourd'hui pour que la finance à impact change d'échelle,
00:51d'une certaine manière, c'est qu'il y a parfois un gouffre entre financer les entreprises
00:55et garantir l'impact qu'elles peuvent générer grâce à ces flux de capitaux,
00:58par manque d'accompagnement parfois, par manque de compétences,
01:02ou encore parce que la confiance reste fragile dans les produits d'épargne.
01:05Thomas, la volonté est là, mais comment la transformer en action ?
01:08Eh bien, il faut développer des compétences aussi pour ce faire.
01:11Tu l'as d'ailleurs mentionné dans le lancement.
01:13Former, c'est accorder des instruments concrets pour que les acteurs puissent vraiment œuvrer.
01:17Et c'est ce que d'ailleurs fait la Climate School d'AXA pour former les dirigeants,
01:21pour qu'ils puissent accompagner le changement dans leurs organisations au-delà du financement,
01:25pour que, par exemple, dans le domaine industriel, on puisse repenser le fonctionnement des usines
01:29pour qu'elles soient décarbonées, parce que sans compétences,
01:32le capital a des chances de s'évaporer.
01:34Prenons un exemple dans le secteur du BTP, par exemple,
01:36où 60% des artisans déclarent dans une récente enquête ne pas maîtriser les normes bas carbone.
01:42On est donc assez loin d'un contexte qui peut garantir que les financements
01:46qui sont fléchés vers une nouvelle forme de construction
01:48puissent trouver l'impact qu'ils cherchent à générer.
01:51Alors les conséquences, des retards, des surcoûts et des projets finalement qui sont abandonnés,
01:55voire qui peut-être fonctionnent encore moins bien que des projets classiques.
01:59Et l'accompagnement n'est pas insuffisant pour réussir le double coût ROI et impact ?
02:03Il faut de la confiance.
02:04Et c'est là que notamment des labels peuvent intervenir,
02:06parce que l'argent, que ce soit des acteurs lucratifs
02:09ou l'argent des citoyens qu'on évoquait tout à l'heure,
02:11ne pourra pas bouger sans garantie.
02:14À date d'ailleurs, les entreprises à impact sont sans doute trop peu récompensées
02:17pour leur bonne conduite.
02:18On l'a d'ailleurs déjà évoqué dans cette émission,
02:20une sorte de primovis parfois qui fait que des acteurs
02:22qui sont moins dix ans au niveau social et environnemental
02:24ne sont pas sanctionnés,
02:27ou en tout cas que ceux qui font mieux ne sont pas
02:28au bénéfice de politiques publiques, par exemple, qui les soutiennent.
02:32Alors que, par exemple, de nombreux acteurs
02:34essaient de quantifier la valeur ajoutée sociale, sociétale
02:37de leur engagement.
02:39Un euro investi, par exemple, peut correspondre parfois
02:41des ROI sociétaux de 2 à 3 euros.
02:43C'est ce que nous sortait, par exemple, récemment Solinum,
02:46une asso qui accompagne des publics en situation précaire.
02:50Alors voilà, les labels, notamment, permettent de reconnecter
02:53l'épargne au monde réel.
02:54C'est ce que fait, par exemple, la belle finance solde,
02:56dont on pourra parler aujourd'hui.
02:58Et petit à petit, permettre aux acteurs
03:00qui peuvent financer et soutenir l'impact
03:01de reprendre confiance dans la finance.
03:03Alors, comment créer plus de confiance auprès des investisseurs ?
03:06Eh bien, grande question qu'on va explorer aujourd'hui,
03:08mais vous le comprenez, on pourra développer en tout cas trois leviers,
03:11en particulier l'accompagnement, le développement de la compétence
03:14et la confiance que l'on peut susciter pour faire en sorte
03:16que la finance à impact change d'échelle.
03:19Chers invités, je remercie Thomas.
03:20Je me tourne vers vous.
03:22La question, comment faire en sorte que chaque euro investi
03:25ait enfin un sens ?
03:28C'est pour amorcer le débat, évidemment.
03:31Je ne vous demande pas d'être exhaustif,
03:32mais une première réaction, en tout cas, suite à l'édito de Thomas.
03:35Elle est compliquée, la question, parce qu'il a un sens aujourd'hui
03:37qui est de générer plus d'euros, quand même.
03:39C'est-à-dire, il y a des règles du jeu qui existent.
03:41Donc, à un moment, et on y reviendra peut-être,
03:42mais on peut jouer à la marche sur tout ce qu'on essaie de faire.
03:45S'il y a un moment, on ne change pas les règles,
03:46mon sujet, c'est plutôt l'impact environnemental.
03:48Tant qu'il n'y a pas un coût du carbone,
03:50c'est évidemment pas suffisant,
03:51mais tant qu'il n'y a pas un coût du carbone,
03:53c'est-à-dire tant que le fait que, en faisant mon business,
03:55je génère ce qui est de l'ordre d'une pollution
03:56et je ne paye pas cette pollution et les coûts qu'elle a sur nous tous,
03:59ça va être compliqué de rentrer dans les clous.
04:02Donc, je pense que le premier truc que je ferais,
04:05c'est ça, c'est de mettre des règles un peu différentes.
04:07Mesdames ?
04:09C'est vrai que ce n'est pas une question évidente,
04:10parce que j'ai l'impression que c'est ce qu'on essaie de faire depuis 15 ans,
04:12c'est vraiment l'objet de Cité d'une Capitale.
04:16Moi, j'ai l'impression qu'on prend le sujet par l'angle de la culture,
04:19c'est-à-dire à quoi on sert en tant qu'entreprise,
04:23à quoi l'économie sert, est-ce qu'elle sert à générer de l'argent
04:26ou est-ce qu'elle sert à répondre à des besoins de société ?
04:29Nous, on pense que le sens de l'histoire,
04:31c'est qu'elle sert à répondre à des besoins fondamentaux pour les êtres humains.
04:35Et de ce fait, on considère que chaque entrepreneur qu'on rencontre,
04:40on va chercher à comprendre pourquoi il est là,
04:42à quoi sert l'entreprise qu'il a créée
04:44et est-ce que les gens qui sont chez lui vont se réveiller le matin
04:48en sachant pourquoi ils vont travailler.
04:52Et tout ça, en fait, ça crée de la valeur.
04:55Et ça en créera de plus en plus demain.
04:56Clémence ?
04:58Oui, pour aller dans le sens, effectivement, de Laurence,
05:01il y a plusieurs leviers.
05:02Effectivement, déjà, se poser la question
05:03de à quel terme, en fait, j'investis mon argent
05:06et de regarder, évidemment, vers le futur,
05:08penser long terme à tous les niveaux de la chaîne d'investissement,
05:11y compris en tant qu'épargnant privé.
05:14Et puis, évidemment, je pense accompagner aussi beaucoup
05:18les Français à mieux comprendre, effectivement,
05:21tous les produits qui existent déjà,
05:23qui sont disponibles, y compris dans leur banque,
05:26via l'épargne salariale,
05:28et qui ne sont pas uniquement réservés
05:30à des investisseurs institutionnels.
05:33Et donc, je m'arrête là.
05:35Oui, très bien.
05:35Non, mais merci, c'était une mise en bouche.
05:37On passe tout de suite au pour ou contre.
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