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  • il y a 4 mois
DB - 18-10-2025

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00:00Qu'est-ce que c'est, Hector ?
00:25C'est votre nièce, Sir Hector.
00:30Et quelle heure ai-je dîner, Starling ? Je suis mort de faim, déjà.
00:34Est-ce que 15 minutes convient de faire, monsieur ?
00:36Je n'ai pas le choix, que je sache.
00:38Je donne des ordres.
00:41Starling porte bien son bruit de la franchise et de l'honnêteté de notre monnaie.
00:44Sa femme fait la cuisine de belle façon.
00:47Bon, alors, comment allez-vous, hein ?
00:52Oh, mais dites-moi, vous voilà devenu une femme, et qui n'est pas mal tournée ?
00:59Venez voir où en est l'héritage.
01:01Oh, voyons.
01:03Seriez-vous, seriez-vous moins intéressé que tout c'est, que toute cette bande d'ancêtres ?
01:11Pas un qui n'est un visage louche, tous terrifiants.
01:14Pas un seul pour racheter l'autre, mais quel panache.
01:18Il semble que personne n'y échappe.
01:20Qu'en pensez-vous ?
01:25Ah oui, vous êtes une personne avisée.
01:28Qui peut savoir qui est saint d'esprit ou qui ne l'est pas ?
01:31Plusieurs fois, la famille a traversé des passes difficiles.
01:34Il n'a pas toujours eu du miel et des roses, ni des terres, ni de titres.
01:37Est-ce que vous les connaissez, au moins ?
01:40Lui, par exemple, le premier baronnet de la lignée.
01:42La reine Elisabeth l'avait pour favori.
01:44Il ne lui retournait pas le compliment.
01:47Au contraire, il en pensait pour une de ses suivantes.
01:50C'est ce morceau de fer qui a réglé la question.
01:54Nous avons la détestable habitude de choisir le mauvais côté.
01:58Lui s'est rangé du côté de Charles Pormier.
02:00Il a tout laissé, bien entendu.
02:02Son fils, lui, a été avec Cromwell.
02:05Ce qui a précipité sa ruine, bien sûr, à celle de la famille.
02:08On n'a pas retrouvé le titre avant la bataille de Blenheim.
02:11Tout le crédit est allé chez les marrons.
02:13Pourtant, nous valions mieux que ça.
02:16Il reste des traces de nos splendeurs passées.
02:19Tout est écrit là-dedans.
02:21Malplaké a été gagné par l'Etat Remold.
02:24La couronne n'a jamais construit un palais pour lui.
02:27Pourtant, on a eu des soldats, des navigateurs,
02:30des hommes d'État, des gens qui servent sans compter depuis des siècles.
02:33Sans que ça rapporte rien.
02:35Nous, bien, ne sommes que miséres et ruines, plus rien qui tiennent.
02:39Mon père s'est battu en duel pour tenter de tout sauver.
02:44Il a gagné, bien sûr.
02:46Mais l'émotion l'a tuée aussitôt.
02:48Il y a une sorte de morale là-dedans.
02:50Regardez-moi un peu le premier d'entre nous.
02:53Ah, quelle misère.
02:56Savez-vous au moins vous servir de ça ?
02:58Ah, non.
03:00Ah, c'est vrai, vous êtes une femme.
03:10Regrettable accident, est-ce qu'il semble, non ?
03:12L'auriez-vous tué, Sir Hector ?
03:14Est-ce que je sais ?
03:16Ça m'en a bien l'air.
03:20Ah, je ne me suis plus souvenu qu'il était chargé.
03:23De toute façon, c'est bien fait,
03:25ça leur apprendra à remifler ma fortune avant mon décès.
03:28Au 19e siècle, la ville de Londres comptait beaucoup de détectives.
03:46C'était les rivaux de Sherlock Holmes.
04:17Ce serait pour l'index.
04:22Je voudrais qu'il soit amputé de sa dernière phalange.
04:24Ce n'est pas grand-chose.
04:25Amputé ?
04:26Amputé ce doigt ?
04:28On m'a assuré que vous étiez un excellent chirurgien,
04:30le meilleur de Londres même.
04:32Disons que le coût de l'opération n'a aucune importance.
04:34Ce n'est pas naturel.
04:35Pourquoi ?
04:36Qu'est-ce qu'une petite phalange et un doigt ?
04:38Pas grand-chose.
04:39Mais pourquoi ?
04:40C'est un secret que je dois garder.
04:41Je n'ai aucun droit d'en donner la raison.
04:43Vous êtes chirurgien, non ?
04:45Alors je vous ai repéré, c'est simple.
04:46Vous devez comprendre, madame, que...
04:48Madame ?
04:48Si je vous donnais un nom, ce ne serait pas le bien.
04:50C'est donc inutile.
04:51Ça ne changerait rien à ma requête.
04:52Comme vous l'avez dit, je suis chirurgien.
04:54C'est ma profession, madame.
04:55Le but de la médecine est d'épargner la souffrance aux humains,
04:58et sûrement pas de consentir à les mutiler.
05:00Je vous trouve bien préoccupée de ces choses.
05:02Si j'ai choisi de subir cette amputation
05:04que vous nommez mutilation,
05:06c'est pour une raison précise, bien entendu.
05:08C'est qu'il n'y a aucune raison strictement médicale
05:10pour que nous fassions une opération contraire à l'éthique.
05:12C'est criminel.
05:13Je suis prête à aller jusqu'à 200 Guinées.
05:15Je ne ferai pas pour 500.
05:171000 Guinées, cela vous serait...
05:18Non, je voudrais que vous saisissiez
05:19que je ne ferai pas ce genre d'opération sans nécessité,
05:22quelle que soit la somme que vous voudriez offrir.
05:24Il y a nécessité.
05:25Laquelle ?
05:25Contentez-vous de ma parole.
05:26Non.
05:27Je ne vous ferai une opération que pour raison médicale.
05:30C'est-à-dire ?
05:31Mais si vous étiez...
05:33Si vous aviez un sérieux accident,
05:35une inflammation,
05:37quelque chose de sérieux.
05:38Ah, je vois, oui.
05:40Supposons que je vienne vous voir demain
05:42avec mon doigt bien endommagé.
05:44Serez-vous prêt à exécuter cette amputation que je vous demande ?
05:47Nous n'en sommes pas là.
05:47J'ai un besoin urgent de ce genre d'amputation.
05:50Je regrette, il n'est pas question que j'accepte cela.
05:52Mais si j'étais blessée, vous le feriez.
05:53J'ai pas mal de gens à voir maintenant.
05:55Je suis désolé, mais je ne peux pas donner suite à votre requête.
05:57Nous discutons pour rien du tout.
05:59J'ai besoin de savoir si vous...
06:00Je n'ai plus rien à vous dire, madame.
06:02Mais vous soigneriez une blessure, n'est-ce pas ?
06:04Vous le feriez, docteur.
06:06Si nous en restions là, madame,
06:08veuillez accompagner, madame,
06:10et introduire le patient suivant.
06:11Merci.
06:12Par ici, madame.
06:14Nous nous reverrons.
06:15C'est possible.
06:16Soyez-en sûr, docteur.
06:30Regardez son doigt, docteur.
06:44Regardez, à croire qu'elle l'a mis exprès dans la porte au moment où j'ai fermé.
06:47Oui, oui, oui, je sais, ce n'est rien.
06:49Voulez-vous m'aider, monsieur ?
06:50Passons dans mon cabinet.
06:58J'aimerais que...
07:00que vous m'appeliez le...
07:01le professeur Van Dussen.
07:03Dites-lui que j'aimerais le rencontrer aussitôt que cela lui sera possible.
07:06Oui, docteur.
07:07C'est fait.
07:37Auriez-vous fait l'opération si cette jeune personne ne s'était pas volontairement blessée ?
07:43Non.
07:44Est-ce que cette dame a toute sa tête ?
07:46N'est-elle pas démente ?
07:47Non, non, elle a l'air totalement saine d'esprit.
07:51Qu'en pensez-vous ?
07:54C'est à elle ?
07:55Oui.
07:56Lui avez-vous demandé de l'ôter pour l'examiner ?
07:58Oui, bien sûr.
08:02Oui.
08:03Elle était donc bien décidée à se faire ôter une phalange
08:06Reste à savoir pourquoi.
08:08Nous pourrions trouver ça insignifiant, mais c'est important pour vous.
08:11Je me suis fait forcer la main.
08:12Je ne voulais pas faire ce qu'elle voulait.
08:14L'opération était inutile.
08:15Qui sait pourquoi elle a fait ça ?
08:16C'est peut-être criminel.
08:17Nous l'apprendrons, mais c'est très probable.
08:18En attendant, c'est désagréable.
08:20Alors je vous conseille de brider votre imagination.
08:22Et vous de lâcher la brille à la vôtre et de nous éclairer.
08:25C'est vous qui m'avez appelé, non ?
08:27J'en suis navré.
08:28Je suis furieux d'avoir été possédé.
08:29Alors c'est bien normal.
08:30Mais au lieu de perdre notre temps à échafauder des spéculations hasardeuses,
08:34mieux vaudraient s'en tenir aux faits.
08:36Alors ces faits, que sont-ils ?
08:38Cette jeune excentrique nous arrive sans doute d'Amérique.
08:41D'Amérique ?
08:42Mais bien sûr.
08:43Ses gants, son sac, son chapeau proviennent d'une ville d'Amérique.
08:47Alors ?
08:48D'accord.
08:49C'est un indice sérieux, oui.
08:51Y a-t-il d'autres faits ?
08:53Oh, il ne serait d'aucune utilité pour le moment.
08:56Si je ne vous connaissais pas encore...
08:57Oui, mais vous me connaissez.
08:59Vous permettez que je téléphone ?
09:00Bien sûr.
09:02Je vous remercie.
09:03Ah, s'il vous plaît, je voudrais la salle de rédaction du Daily Recorder, voulez-vous ?
09:09Oui, M. Roderick Vallée.
09:11Ah, encore un de vos amis journalistes, sans doute.
09:14C'est une relation de longue date et un associé occasionnel d'une très belle efficacité.
09:18J'ai peu d'amis, en fin de compte.
09:20Oh, ça, ce n'est pas très étonnant.
09:23Il est extrêmement curieux de constater que ceux qui font appel à mes services en souffrent
09:27souvent plus que ceux qui, en définitive, finissent par en subir les tristes conséquences.
09:31Euh, le professeur Van Dozen.
09:33N'avez-vous jamais songé à faire confiance à quelqu'un ?
09:35Mais à quoi ça vous avancerait de confier à quelqu'un ce que vous pouvez faire vous-même ?
09:38Ah !
09:39Valet !
09:40Oui, je suis pour l'instant chez le docteur Prescott.
09:43Oui, oui, le chirurgien.
09:45Non, non, à son cabinet.
09:47Holly Square.
09:48Nous avons un petit problème.
09:51Il me semble que notre mutuel intérêt serait une coopération étroite et urgente.
09:55Êtes-vous en mesure de...
09:57Pardon ?
09:58Non, non, mais chez moi, c'est plus facile.
10:01Ah, entendu ?
10:03Très bien, oui, ce sera fait.
10:05Alors, à très bientôt.
10:06Et quelle forme aura cette coopération dont vous parliez ?
10:11Oh, comme toujours, je suis la tête et lui me sert de joie.
10:13Ça m'étonnerait qu'il y gagne quelque chose.
10:15Je vous demandais si vous aviez...
10:17Si vous aviez quelques renseignements d'ordre pratique sur la patiente en question.
10:21Vous avez lu des questions ?
10:21Que vous a-t-elle dit ?
10:23Nien du tout.
10:23Mais encore.
10:24Elle est entrée chez vous, elle vous a demandé de couper un de ses doigts, c'est quelque chose d'assez étonnant.
10:29Elle a refusé de m'en donner la raison, je vous l'ai déjà dit, il me semble...
10:32Oh, si vous voulez, je peux abandonner cette affaire sur le champ.
10:34Non.
10:35Alors, dans ce cas, je voudrais que vous me laissiez poser des questions comme je l'entends.
10:38C'est entendu.
10:40Il n'empêche que vos méthodes sont souvent très agressantes.
10:42Si sans nous discuter, nous risquons d'incommoder votre patiente.
10:45Pardon ?
10:45D'ailleurs, votre patiente semble retrouver ses esprits.
10:55Qui est-ce ?
10:57Le professeur Vinducen.
10:58Pas vraiment un ami, disons, une relation de longue date.
11:03Comme une espèce d'associé médical.
11:06Alors, comment ça va ?
11:07Mieux que tout à l'heure, je crois.
11:10Je... je m'excuse de vous avoir causé du souci, j'ai perdu connaissance.
11:14Sûrement à cause de la douleur.
11:15Sans doute.
11:16Mais pourquoi cette comédie ? Dites-le-nous.
11:19Je ne peux rien dire.
11:21Je vous en prie, madame.
11:23Madame dont j'ignore le nom.
11:24J'avais refusé de vous opérer.
11:27Et en partant, vous faites en sorte, à l'aide d'une ruse, de me forcer à réparer le dommage.
11:30Vous avez réussi en réalité à obtenir tout ce que vous étiez venu demander.
11:34J'ai bien le droit de savoir.
11:35Oh, vous êtes-vous aller chercher que c'était une ruse ?
11:37Mais c'est évident.
11:39Pas du tout.
11:40Je suis venue vous consulter pour une douleur persistante à la main gauche, je vous l'ai dit.
11:45Et vous avez eu la gentillesse de me rassurer.
11:47C'est en sortant que j'ai commis l'imprudence de laisser le doigt dans la porte, par maladresse.
11:55Je sais trop bien l'embarras dans lequel je vous aurais mis, voyons.
11:59Comment peut-on penser une seconde que j'ai fait ça avec préméditation ?
12:02Ce sera ridicule.
12:03Bien entendu.
12:05Je suis donc un menteur, c'est ça ?
12:06Je pense qu'effectivement l'un de nous deux a mal compris les intentions de l'autre, c'est clair.
12:10En effet, c'est clair.
12:11Comment imaginer qu'une personne en parfaite santé ait eu envie de faire une chose pareille ?
12:15Qui accepterait de se mutiler volontairement ? Ce n'est pas sérieux.
12:19Ce serait ridicule.
12:20Voulez-vous m'excuser un petit instant ?
12:25C'est que...
12:30Non, n'essayez pas de me faire croire que...
12:33Je ne sais rien du tout, docteur. J'ai le bon sens de mon côté.
12:36Et si nous avons à parler de cette opération, ce sera alors votre parole contre la mienne.
12:40Alors, dites-moi donc ce que je vous dois.
12:45Rien du tout.
12:47Si vous y tenez, j'aimerais bien que vous ayez la gentillesse d'appeler un cab.
12:52Vous n'êtes pas en état d'aller où que ce soit.
12:54Je ne suis pas en état non plus de rester encore des heures ici. Je ne veux pas vous ennuyer plus longtemps.
13:02Vous voyez ?
13:06Tenez, buvez ça. Buvez.
13:10J'ignore où vous voulez en venir.
13:16Quoi qu'il en soit, j'appelle une voiture.
13:31C'est elle.
13:31Ne la perdez pas de vue.
13:52Bon, alors ?
14:14Eh bien, une tasse de bon café me ferait grand plaisir.
14:16Tout d'abord, la voiture s'est dirigée vers Bayswater.
14:33A peine sortie de ce quartier, la dame a fait arrêter la voiture,
14:40qui a pris alors une toute autre direction.
14:43J'ai cru un instant qu'elle s'était aperçue de ma présence.
14:46Finalement, nous sommes dirigés vers Chelsea.
14:48La voiture s'est alors arrêtée devant une de ces belles maisons de King Road.
14:54Je l'ai bien sûr dépassée pour aller m'arrêter un peu plus loin,
14:59d'où j'ai pu observer son attitude.
15:04Je suis même descendu de voiture sans attirer son attention.
15:10Le portier est alors arrivé et j'ai pensé, d'après son attitude,
15:13que la dame ne lui était pas inconnue.
15:15Il devait l'avoir déjà vue si elle n'était pas résidente.
15:18Le portier est allé payer le cocher et il est rentré dans sa loge.
15:30De mon côté, j'ai payé ma voiture et puis je suis allé à pied,
15:34voir de près cette maison.
15:43Par chance, le portier est un homme aimable,
15:45qui n'a pas refusé la conversation.
15:48Nous avons échangé quelques banalités
15:50et puis je lui ai parlé de la dame.
15:54J'ai appuyé mes questions d'une pièce de monnaie
15:56qui n'a pas été refusée.
16:00Et j'ai appris sans trop de peine
16:01que cette curieuse dame était Madame John Smith.
16:04Ah, c'est originale.
16:06Voilà qui est fort utile.
16:07Elle est arrivée mardi.
16:08Elle habite cet endroit avec son époux, Monsieur Smith.
16:11Elle a un époux ?
16:11Oui, je sais qu'elle est mariée.
16:13Ils ont loué cet appartement pour trois mois seulement.
16:15Combien paye-t-il ?
16:16100 livres par mois.
16:17Elle n'est pas donnée.
16:18Oh, elle était prête à payer bien plus
16:20pour que vous l'opériez, non ?
16:21Il apparaît que John Smith est un monsieur
16:23qui dispose de moyens assez importants.
16:26Je m'apprêtais à prendre congé du portier
16:28après quelques banalités supplémentaires
16:31lorsque j'ai vu la dame qui ressortait de la maison.
16:34La conversation avec le portier avait duré moins de cinq minutes
16:38et la dame avait eu le temps de changer de toilette.
16:43Elle s'est éloignée à pied.
16:45J'ai prétexté la pluie qui tombait pour entrer chez le portier
16:48et j'ai continué à l'interroger.
16:52Et j'ai appris non sans surprise
16:54que Monsieur et Madame Smith arrivaient d'Amérique.
16:56Seulement, j'ai vérifié auprès des compagnies de navigation
17:01que ces jours-ci, il n'y a pas eu de Monsieur John Smith
17:04débarqué en Angleterre.
17:06Comme c'est étrange.
17:08Après quelques autres pots de vin
17:09dont je tiens le compte exact,
17:11je ne m'en doute pas,
17:12plus une grande tenacité et un courage exemplaire,
17:14il faut le dire,
17:15j'ai appris que sur la liste des passagers
17:17débarqués mardi dernier à Londres,
17:19on notait un Monsieur et Madame
17:20Schefton-Moray, passager.
17:23Et Madame Moray, on peut le supposer,
17:24une ressemblance certaine avec la dame
17:26qui se prétend Madame John Smith.
17:28Bien sûr, ressemblante des pieds à la tête, semble-t-il.
17:31Très bien, mais où cela peut-il nous conduire ?
17:33Vous faites déjà que nous avons affaire à une femme
17:35qui nous semble avoir une extraordinaire détermination.
17:37Madame Moray ?
17:39Je crois que nous pouvons lui donner ce nom
17:41et pas Smith.
17:44Vous dites qu'elle a changé de tenue en cinq minutes
17:46et qu'elle est ressortie sous vos yeux, c'est ça ?
17:49C'est ça.
17:49Après ce qui est arrivé ici à Sourdois,
17:51je vous assure que ça me paraît dénué de sens,
17:53c'est incroyable.
17:54Sans doute.
17:55Comme elle l'a fait, nous devons en conclure
17:57que pour cette personne,
17:58l'affaire est d'une importance capitale.
18:00Mais en quoi est-elle importante ?
18:03N'anticipons pas, nous finirons par trouver
18:05les raisons de sa hâte.
18:07En l'état où sont les choses,
18:08nous n'aurons pas, je crois,
18:09d'important développement avant plusieurs mois.
18:13Et en fin de compte,
18:13il se pourrait que cette affaire soit résolue
18:15en Amérique et non ici.
18:19C'est étrange, non ?
18:23Parlait-il toujours par énigmes ?
18:26Plus ou moins, oui.
18:26Seulement aux gens limités.
18:28Alors, sur quelle base cette affaire a-t-elle pris naissance ?
18:32Sur la question de savoir quelle nécessité a amené cette femme
18:35à vouloir à toute force se faire couper un doigt.
18:37Nous y sommes, oui.
18:38Et si nous admettons qu'elle est saine d'esprit,
18:40nous n'aurons plus à notre tour
18:41qu'à faire marcher aussi nos ménages.
18:42Je ne vous suis pas.
18:43Moi non plus, pourtant bien simple.
18:46Est-ce que Mme Moret avait encore la main bandée
18:48comme elle l'avait ici au moment où elle est sortie de chez elle ?
18:51Elle n'a à peine eu le temps de changer de tenue.
18:53Rien que des faits ?
18:54Oui.
18:57Non, je n'ai pas remarqué.
18:59Elle portait un manchon.
19:00Oh.
19:02Je commence à croire que cette histoire
19:04est du ressort des services de Scotland Yard.
19:07Et qui iront-nous raconter, vos policiers ?
19:09Et moi qui croyais avoir une exclusivité.
19:10Non, mais ne soyez pas aussi égoïste, Valet.
19:12Ça vous va bien de recommander cela à quelqu'un.
19:14Je suis assez cocasse.
19:15J'adore qu'on soit affectueux.
19:17Je crois qu'il est temps pour moi de tenter d'en apprendre un peu plus.
19:20Il est déjà neuf heures.
19:22Alors, Valet, je vous conseille de vous rendre demain matin
19:25chez les Moret pour vous renseigner.
19:27Et sur quel prétexte ?
19:28Je laisse ça à votre discrétion.
19:30Vous êtes assez ingénieux pour trouver ça.
19:32Alors, c'est entendu.
19:35C'est entendu.
19:35Merci de votre confiance.
19:37Bonne nuit, en tout cas.
20:07Il y a quelqu'un ?
20:09Il y a quelqu'un ?
20:18Il n'y a personne ?
20:19Il n'y a personne ?
20:37Qu'est-ce que je disais ?
20:52Les assassins reviennent toujours sur les lieux de leur crime.
20:55Pardon ?
20:55Vous m'obligeriez en me disant qui vous êtes et ce que vous faites ici,
20:58mais tout ce que vous direz pour être retenu contre...
21:00Attendez, je peux vous expliquer.
21:02Pas de peine, nous allons faire ça ailleurs.
21:03Allons-y, emmenez-moi le particulier.
21:05Non, je vous assure que...
21:06Doucement, messieurs, nous avons affaire à un sensible.
21:09Nous allons avoir une longue conversation au sujet du meurtre qui a été commis sur la personne de Mme Smith ce matin.
21:16Vous l'emmenez au bureau.
21:18Je pourrais au moins m'expliquer, non ?
21:20Professeur Van Dusen.
21:32Docteur...
21:32Messen.
21:33Docteur Messen, oui, j'ai trouvé la porte ouverte sur la rue.
21:36Je comptais rencontrer quelqu'un.
21:38Mais que s'est-il passé ?
21:39Il semble qu'il y ait eu meurtre sur cette dame.
21:47Alors là, la surprise est de taille.
21:49C'est trop tôt.
21:50Pardon ?
21:51Non, rien, non, je pensais tout beau.
21:53J'attendais M. Vallée qui devait venir ce matin.
21:56M. Vallée ?
21:57Oui.
21:58Ça devait être lui, je crois, un homme avec une moustache noire.
22:01Et il dit être journaliste.
22:02Oh, beau sens de l'observation, ça ressemble à mon ami.
22:05Merci, monsieur.
22:06Mais le sergent Mallory l'a emmené pour l'interroger.
22:10Il le prend par le criminel ?
22:11Il semble que oui, monsieur.
22:13Il était là penché sur le cadavre.
22:15Alors là, il montre des qualités que jamais je n'aurais soupçonnées.
22:18Vous prenez la chose avec sérénité, sans vous dire.
22:20J'ai toujours considéré la mort comme un événement fâcheux, mais inéluctable.
22:23Je ne pense pas que montrer de l'hystérie serait utile à Vallée et de toute façon ne ferait pas revivre cette pauvre personne.
22:28Peut-être ai-je tort de penser, moi, qu'on doit montrer du respect en présence des morts. Question de l'heure.
22:32Sans doute. C'est peut-être parce que vous en voyez plus que nombre d'entre nous.
22:37À quelle heure estimez-vous la mort, docteur ?
22:40Je ne suis pas autorisé à vous dire.
22:43Vous n'avez pas confiance en ma discrétion ? Je suis un peu un confrère, presque professionnel.
22:47Eh bien, disons, selon mes premières constatations, la mort aurait eu lieu entre 6 et 7 heures hier soir.
22:53De toute façon, avant 9 heures, en tout état de cause.
22:56Sans aucun doute.
22:57Et de quoi est-elle décédée ?
23:02Mon cher, je suis prêt, si vous le désirez, à vous le demander en me mettant à genoux.
23:06Strangulation.
23:07Vous désirez, monsieur ?
23:08Que vous acceptiez ma sympathie.
23:11Pardon ?
23:12Il faut une abnégation sans limite à un amour du devoir pour accepter de rester dans un endroit aussi accueillant que celui-là.
23:17Dites-moi où je pourrais trouver un détective du nom de Mallory ?
23:21Il interroge quelqu'un pour l'instant.
23:23Non, ce que je vous demande, c'est où il est, pas ce qu'il est en train de faire.
23:27Ah, mais attendez un peu, on n'entre pas comme on le veut.
23:30Je sais, je connais le chemin.
23:32Ah, oui, professeur.
23:33Ah, oui, excusez-moi, mais j'ai failli...
23:35Que se passe-t-il donc ?
23:37Vous devez être le sergent détective Mallory, je préviens.
23:40Il me soucie à moi de savoir qui vous êtes vous-même.
23:44Professeur Van Duzel.
23:47Augustus Van Duzel.
23:48Eh bien, j'aimerais savoir maintenant ce que vous venez faire ici.
23:50Je suis le collaborateur du professeur.
23:53Ah, vous aviez donc un complice.
23:55En un certain sens, je dirais que... non.
23:58Ne jouez pas au plus fin avec moi.
24:00Pourtant, pour être tout à fait clair, bien que j'ai à lutter contre les apparences,
24:04nous comptons que les faits vont parler d'eux-mêmes.
24:06Si nous assayions pour en discuter...
24:10Ah.
24:11Il ne me semble pas que vous mesuriez l'extrême gravité de votre situation.
24:15Si, si.
24:16J'ai reçu tout à l'heure un rapport qui ne laisse aucun doute sur la nature du délit commis hier soir.
24:20Ce qui veut dire, en termes clairs, que la dame en question est morte assassinée.
24:24Je ne vois rien d'amusant là-dedans.
24:26Un meurtre n'a rien d'amusant.
24:27En effet, je vous l'accorde, mais ça n'excuse pas la bébu que vous êtes en train de commettre.
24:31Parce que je fais une erreur.
24:33Qu'est-ce que votre complice faisait sur les lieux ?
24:36Je suis entré parce que la porte était ouverte.
24:37Mais n'apportez pas d'eau à son moulin.
24:39Laissez-le donc se perdre seul.
24:40Sachez tout de même que nous avons relevé nombre de ces empreintes dans l'appartement.
24:44Des empreintes ? Bah dit-on.
24:47Vous utilisez des méthodes très modernes.
24:48Je l'ai trouvé personnellement près de cette femme qu'on a brutalement fait mourir.
24:53Soyons simples.
24:54Il apparaît que vous prenez la plus mauvaise des solutions.
24:56Elle vous conduit à une impasse irrémédiable.
24:58Nous en reparlerons plus tard.
24:59Nous allons en parler tout de suite.
25:01Pardon ?
25:01Nous risquons de vous voir accusés si nous continuons d'arrestations abusives.
25:05Bon ça.
25:05Êtes-vous arrêté ou non, Valet ?
25:08En fait, je le suis en droit, je ne sais pas.
25:10Vous ne tenez pas à rester ici ?
25:12Pas vraiment, non.
25:14Sachez que la police n'a nullement le droit de priver un homme de sa totale liberté,
25:18sans avoir de sérieuses raisons de croire que cet homme a pu commettre un crime
25:21ou qu'il s'apprête à en commettre un.
25:23Je vous ai déjà tenu les raisons de la présence de ce monsieur dans ce bureau.
25:27Je sais, seulement je suis allé aussi sur les lieux du crime
25:29et j'ai parlé au médecin légiste qui a déterminé l'heure du décès entre 18 et 19h hier soir, évidemment.
25:35Et alors ?
25:35Monsieur Valet était avec moi hier soir.
25:37Ouh, il vous faudra un autre à Lévis.
25:39Nous l'aurons.
25:40Une troisième personne à laquelle vous ne pourrez pas, malgré l'envie que vous en avez,
25:44attribuer, comme vous le faites pour moi, des motifs de dire des mensonges.
25:47Qui est cet homme ?
25:48Le docteur Tobias Prescott.
25:50C'est une célébrité en chirurgie.
25:52Ah, son adresse ?
25:55L'endroit où il reçoit ses patients est au 25 de Holy Square.
25:58Nous vérifierons.
25:59Faites-le donc maintenant, il a le téléphone.
26:03Restez avec eux, sergent.
26:04Je sais que c'est regrettable, mais il est toujours drôle de voir quelqu'un revenir de son erreur,
26:09alors qu'il avait l'air auparavant tellement sûr de son fait.
26:11J'espère que vous avez raison.
26:12Aucun doute.
26:14Asseyez-vous, cher monsieur.
26:18Il y avait aussi monsieur Venduzel.
26:21Venduzel, oui.
26:22Vous êtes certain qu'à cette heure-là, monsieur Vallet était chez vous,
26:35qu'il est resté jusqu'à 9h.
26:40Je vous remercie, docteur.
26:42Tenez, sergent, votre carnet.
26:51Je vous remercie.
26:55Bon, il semblerait que je vous doive quelques excuses.
26:58Mon Dieu, si vous insistez.
26:59Je pense que vous pouvez récupérer vos affaires personnelles, monsieur Vallet.
27:03J'en serais très heureux.
27:05Il serait temps que je retourne à mon travail.
27:06On doit m'y attendre.
27:07Je crois que nous devrions avoir tous les deux une conversation très sérieuse.
27:14Je vous n'ai pas très bien saisir, monsieur, en quoi cette affaire vous concerne.
27:18C'est surtout à cause du docteur Prescott.
27:20Mais le mieux est que je vous raconte.
27:22Il a donc reçu avant-hier la visite d'une dame qui a refusé de donner son nom.
27:27Et cette dame lui a demandé de l'amputer, sans raison apparente, de la dernière phalange de l'index.
27:31Quelle idée !
27:32Oui, curieuse.
27:33Et comme il a bien sûr refusé, elle s'est arrangée au moment de partir
27:36pour se prendre le doigt dans la porte et de l'endommager de telle façon
27:39qu'ensuite, il a fallu pratiquer une amputation.
27:42Se faire amputer un doigt exprès ?
27:44Pour quelle raison ?
27:46Mais c'est justement ce que Prescott voulait savoir.
27:49J'ai donc dit à Vallet de chercher à savoir qui elle était.
27:51Il s'est aperçu qu'elle s'appelait Madame Sheffdon Moray.
27:55Madame Sheffdon Moray ?
27:56C'est ça.
27:57Et alors que vous croyez, semble-t-il, qu'elle portait le nom très ordinaire de Smith.
28:01Cette personne serait la même qu'on a étranglé ?
28:04Sûrement.
28:04Mon idée a été tout d'abord que cette amputation volontaire pouvait être une sorte
28:10d'introduction à une fraude à l'assurance.
28:12Toujours possible.
28:13Non, non, non.
28:14Le rapport d'une telle escroquerie aurait été nul.
28:16Son loyer était fort important.
28:18Elle était prête à payer n'importe quelle somme pour que Prescott ampute son doigt.
28:22Qui plus est, je n'attendais de nouveaux développements de cette affaire avant un certain nombre
28:26de mois.
28:26Et le fait qu'on l'ait aussitôt assassiné va à l'encontre de mes prévisions.
28:31Vous avez arrêté un innocent, bien sûr, mais j'ai sans aucun doute commis une faute
28:36aussi.
28:36Oh, mais dites donc, c'est une chose agréable à temps.
28:39Ah non, non, non, non.
28:40Non, j'ai horreur de ça.
28:41Et je crois que notre intérêt à tous les deux serait de grouper toutes nos ressources
28:47ce qui aurait pour effet de sauver notre réputation et de résoudre cette affaire.
28:50Je suis d'accord.
28:51Que pensez-vous donc faire ?
28:53Je suis sûr que vous n'avez pas manqué de poser des questions à d'autres que
28:58Vallée, que vous avez une bonne idée d'étenant et des aboutissants.
29:01C'est-à-dire que nous avons en effet questionné M.
29:03Vallée et les voisins de la mort.
29:05Oui, bien sûr.
29:06Hélas, le portier de nuit nous a assuré qu'il avait vu sortir à 11h le couple des
29:10Moray qui leur avait appelé une voiture.
29:12Ah, après que la femme eût été assassinée.
29:14Ils ont même ajouté qu'ils étaient appelés par une affaire très pressante.
29:18C'est le gérant qui a trouvé le corps ce matin.
29:20Cela suppose que la femme serait donc revenue sans que quiconque l'ait vu entrer.
29:25Ce qui paraît assez peu croyable, on l'aurait vu.
29:28Mieux voudrait chercher autre chose.
29:30Ce portier de nuit et ce gérant, pouvons-nous leur faire confiance ?
29:34Aucune raison de douter d'eux.
29:35Ils étaient assez choqués, ce qui est tout naturel compte tenu des circonstances.
29:39Mais il y a sûrement un menteur.
29:41Il y a toujours quelques menteurs, mais on peut également se tromper sans vraiment
29:44le chercher.
29:45Je ne vous suis pas très bien.
29:47Non.
29:49Dites-moi deux et deux, ça fait bien quatre, n'est-ce pas ?
29:53Et en aucune manière, par accident, mais constamment.
29:57Pourtant les faits sont là, on ne peut en douter.
30:00Il arrive non seulement qu'ils soient douteux, mais qu'ils nous mènent à l'erreur.
30:04Voilà le dossier.
30:12Enfin, tout ce que nous avons.
30:14Ça, c'est intéressant.
30:16Le mariage de monsieur et madame Chevenon Morel, a marié pour être une femme, c'est
30:21charmant.
30:23Elle a été conduite par son oncle, soeur Hector Drummond Barth.
30:28Parmi les invités, on remarquait...
30:29Deux et de secondes, ce nom me rappelle quelque chose de précis.
30:34Oui.
30:35Voyons cela.
30:38Drummond, Drô, Drô, ah, voilà.
30:42Quatorzième baron.
30:44Oui, seul héritier, du genre excentrique.
30:48Adresse, Drummond Hall, Fording Bridge, Hampshire.
30:52Sans téléphone.
30:52Oui, je sais ce qu'il m'a appelé ce nom.
30:56Une histoire qui remonte assez loin dans le temps.
31:00Il s'était présenté au Parlement avec un programme très réactionnaire.
31:05Il voulait, il voulait défendre les droits de la chasse à cour, oui, c'est cela.
31:09Oh, mais c'est moderne.
31:11Je dois avoir les détails là-dessus.
31:12Ah, ça y est, je les ai.
31:22C'est ça, il a été forcé de retirer sa candidature après avoir troublé une réunion électorale.
31:28En introduisant une meute de cent chiens de chasse dans le lieu de la réunion.
31:32Il semble qu'il ait causé un tel scandale qu'on l'ait un peu forcé à renoncer à se présenter au Parlement.
31:38On n'a pas apprécié sa façon de faire justice.
31:39Il a même un jour agité un pistolet au tribunal.
31:42Il n'avait pas aimé la manière qu'avaient les jurés de poser des questions.
31:44C'est en effet un excentrique.
31:46Il ne semble pas qu'il ait tiré sur qui que ce soit.
31:49Il se peut que la violence l'ait porté à commettre des choses plus graves.
31:53Vous croyez que ce serait lui ?
31:55Après tout, pourquoi pas ?
31:56Il n'est pas inutile que nous nous posions la question.
31:58Je doute que ce genre de personnage accueille les étrangers à bras ouverts.
32:02Nous viendrons lui apprendre la mort de sa nièce.
32:09Je suis une relation de la nièce de Sir Hector.
32:36Ah, bien sûr.
32:39J'aimerais que votre maître veuille bien m'accorder un peu de son temps, si cela est possible.
32:43Attendez un moment, monsieur.
32:44Sous-titrage ST' 501.
33:14N'avrez de vous imposer un pareil inconfort, monsieur.
33:37Est-ce que monsieur a dîné ?
33:38Oui, je vous remercie.
33:40Je me suis permis de penser que peut-être un peu de lecture m'aiderait monsieur à passer un temps plus agréable.
33:47Auriez-vous l'intention de me garder ici longtemps ?
33:49Je l'ignore.
33:50J'ai un ami journaliste qui sait où je suis allé, je le lui ai dit.
33:53Et sans nouvelles de moi, il va sans doute entreprendre des recherches.
33:56Je suis au regret de dire à monsieur que cette affaire n'est pas de mon ressort.
34:00Mais je dirai ce que je puis faire.
34:02Je vous en remercie.
34:03Le petit-déjeuner, sur le coup de 8 heures, convient-il à monsieur ?
34:09Admirablement.
34:10Du thé avec du sucre et du lait, sans doute.
34:13Oui.
34:13J'ai le regret de dire, monsieur, que par malheur, la presse ne nous parvient que dans la soirée, hélas.
34:19Mais vous ne réalisez pas le grotesque de votre position ?
34:22J'en suis très conscient, au contraire.
34:24Mais je suis là depuis tant d'années, que mon épouse et moi aurions peine à servir un autre maître pour celui-là.
34:30Ce serait une sorte de suicide que de quitter cette maison, où irions-nous travailler.
34:34De plus, ce rector cesse de se montrer souvent charmant.
34:38Je vous fais confiance sur ce point-là.
34:41C'est aimable à vous.
34:42Je souhaite à monsieur une excellente nuit.
34:44Merci.
34:52Ah, écoutez-moi ça, Stirling.
35:19Alors, le dixième baron répliqua au prince, si vous croyez que je suis gâteux, allez donc voir comment est le roi.
35:28Et c'était Georges IV en plus.
35:32Aucun respect pour personne, c'est drôme.
35:34Ils n'en ont jamais eu.
35:35Il y a là un second visiteur, un gentleman, qui veut être reçu, sir.
35:40Valet, Valet.
35:42Qui est-ce encore ?
35:43Ce gentleman est de la presse, sir.
35:45Un gentleman ne saurait être de quoi que ce soit, et surtout pas journaliste.
35:49Ces deux fonctions sont incompatibles.
35:52Il cherche à joindre le professeur Van Duzan, sir.
35:55Il ne connaît pas cet homme envoyé l'eau, diable.
35:57J'ai peur que ce ne soit pas la solution idéale.
36:01Oh, lorsque les espions veulent espionner, ils emploient toujours les grands moyens.
36:04Ils envoient un bataillon, ça leur donne du courage et de l'assurance.
36:08Ah, d'accord, ça.
36:10Qu'en le mettre dans la fosse avec l'autre ?
36:12Il est à craindre, sir Hector, que cet officier de police est si grossier et décide de revenir demander des comptes d'une façon désagréable.
36:17Oh, je ne crains pas ces gens-là.
36:19J'en ai maté de plus difficile que lui, non ?
36:22Et s'il se présente, il n'y aura qu'à le mettre aux oubliettes, lui aussi.
36:25Je rappelle à monsieur que la fosse risque de n'être pas assez grande.
36:28Oh, c'est vrai.
36:30Il faut songer à ça.
36:31Nous aurions dû prévoir une pièce plus grande.
36:33En attendant, faites-le rentrer et faites remonter l'autre.
36:35Débarrassons-nous de si important.
36:37Comme monsieur voudra.
36:39C'est incroyable qu'un gentleman aussi honorable que moi puisse être constamment dérangé,
36:44que ce soit dans son sommeil, dans son travail,
36:46ou pendant les quelques minutes qu'il consacre à ses repas-là.
36:58Bonjour, monsieur.
37:00J'ose espérer que monsieur a bien dormi.
37:03Pas trop mal, merci.
37:04Et si monsieur veut bien se donner la peine d'emprunter les chaînes,
37:10j'ai le plaisir d'apprendre à monsieur que Sir Hector est ce matin en meilleure disposition.
37:15Je suis bien heureux d'entendre ça.
37:17Il prie monsieur de le rejoindre pour déjeuner à la bibliothèque,
37:20vous et votre ami de la presse, monsieur.
37:22Je suis très touché par votre sens de l'hospitalité.
37:28Oh, tout va bien.
37:30Pourquoi cela n'irait-il pas bien ?
37:32On a songé à tout lorsqu'on a construit ce château.
37:34C'est un endroit des plus confortables.
37:37Ah.
37:39Nous n'avons pas eu le temps de faire connaissance hier.
37:42Non.
37:43Dremond.
37:44Dremond.
37:45J'ai cru comprendre que vous vous connaissiez déjà.
37:49Ça simplifie les présentations.
37:51Et puis je me retirer, monsieur ?
37:52Oui, oui, bien sûr, bien sûr.
37:54En ce qui concerne le petit déjeuner, ça...
37:55Je sais, je sais, je connais les usages, je connais, non ?
37:58Il y a des oeufs brouillés, du bacon bien grillé, des toasts à poing et un thé, comme on n'en fait plus aux Indes.
38:04Asseyez-vous, expliquez-moi ce que vous voulez.
38:07S'agissant de tils de ma nièce, est-ce que c'est ça ?
38:10J'avoue que je ne m'en soucie guère depuis longtemps.
38:14Je sais que la dernière fois que j'ai eu un arceau rare, elle a émis le vœu assez soucrenu, je dois dire, de rester ici.
38:20Je m'en souviens très bien, c'était... ça doit faire deux ou trois ans, je ne sais plus au juste.
38:25Je n'ai pas trop aimé cette requête.
38:27Mais il était difficile de refuser, puisqu'après tout, c'est mon héritière.
38:30Si je suis venu, c'est parce que je...
38:31Non, non, non, ne dites rien, non, sinon je perds le fil, j'ai tendance à avoir des absences.
38:34J'ai mes idées à rassembler.
38:36Alors, qu'est-ce que je disais, hein ?
38:38Ah, ça y est, elle est donc venue ici.
38:40Elle me demandait si elle pouvait rester.
38:42Bon, les femmes, vous les connaissez, elles seraient restées là, à tournicoter, jusqu'à ce que je sois décédé.
38:47Je les connais.
38:49Alors, je lui ai montré la galerie des portraits.
38:52Je lui ai parlé un peu de l'histoire de la famille.
38:55Ça n'a pas eu l'air de la passionner.
38:58Et je la comprends parfaitement.
39:00Les femmes ont quelquefois certains bons sens, au point que...
39:03j'ai eu pour elles une certaine forme d'affection.
39:07Je suis même allé jusqu'à lui montrer les armes de la famille.
39:10Puisque un séjour, c'est à elle que tout ça reviendra.
39:13Voyez-vous, son hôtel.
39:15Personne n'y touche, à part moi.
39:17Il faut savoir se servir de ces choses-là, pas question de les mettre.
39:20Ah, j'ai encore oublié que ces pistolets aient été changés.
39:34Alors, je constate qu'il n'y a pas eu de dégâts.
39:37C'est pas comme l'autre fois.
39:39Ce jour-là, c'était en visite.
39:41Cette petite dame est allée mettre son doigt sur la trajectoire.
39:44C'est mise à saigner, j'ai cru que je l'avais tuée.
39:47Exact, Starling.
39:47C'est exact.
39:48Il y avait du sang partout.
39:49On a dû se débarrasser du tapis.
39:51Et vous dites que c'est arrivé il y a trois ans déjà ?
39:54Oui, trois ans, oui, c'est ça.
39:57Le médecin qui soigne la famille a bien voulu être discret sur l'événement
40:00et considérer que c'était un accident, certes fort ennuyeux pour la dame,
40:04mais sans gravité, la guérison s'est faite sans aucun problème.
40:06Êtes-vous certain que cet accident remonte à trois ans ?
40:09Mais prenez-vous pour un gâteau !
40:11C'est un mané journaliste, on voit là à une époque.
40:15Est-ce que vous, au moins, êtes bien sûr de ça ?
40:17Sans aucun doute, il y a bien trois ans, oui, monsieur.
40:19Merci.
40:20Valet, nous n'avons plus rien à faire ici.
40:22Merci de votre hospitalité.
40:24Monsieur, ces gens-là sont des plus curieux.
40:29Du genre excentrique.
40:30Je n'ai aucun point de comparaison, sœur.
40:33Quoi qu'il en soit, c'est un bon débat.
40:35Il serait souhaitable que je range ces deux pistolets, sœur.
40:37On peut craindre que la fortune ne vous abandonne un jour
40:40et fasse que quelqu'un soit tué si vous allez tirer une troisième fois, sœur.
40:44Oui, vous avez raison.
40:45Sans doute, sœur.
40:52Sergent, non seulement il y a eu erreur sur le suspect,
40:55il y a aussi, semble-t-il, erreur sur la victime.
40:57Pourtant, elle a bien l'index de la main gauche amputée.
41:00En effet, c'est un travail de chirurgien.
41:02Mais alors...
41:03Alors la cicatrice est bien trop fermée pour être récente.
41:06Cette opération a dû être faite il y a plusieurs années déjà.
41:09Et ce n'est pas mon opération.
41:10Et cette personne n'est pas Mme Moret.
41:14Il semble que la femme qui est morte ait eu avec Mme Moret
41:16une ressemblance telle qu'elle a pu tromper un grand nombre de personnes.
41:19A commencer par moi.
41:20En effet, et c'est sur elle que les Morets ont compté.
41:22En quel sens ?
41:23Oh, mon Dieu !
41:26Je vais faire de mon mieux pour vous l'expliquer.
41:29Ce n'est pas très simple, je l'avoue.
41:31Demandons-nous pourquoi une femme veut délibérément se faire mutiler un doigt.
41:34Pour frauder l'assurance ?
41:36Ou pour ressembler à quelqu'un ?
41:37C'est ça.
41:38Donc l'objectif de la mutilation était de ressembler à quelqu'un déjà mutilé ?
41:41Vous voyez, à force de collaborer, il devient subtil, lui aussi.
41:46Alors, supposons que Mme Moret et son mari aient eu le désir de détourner un héritage.
41:51Il fallait donc qu'elle sacrifie son doigt si elle voulait tout à fait ressembler à la véritable héritière et prendre sa place.
41:57Ce n'était pas un prix trop important à payer ?
41:59Pas forcément, si l'héritage était conséquent.
42:03Mais ce qui m'a fort troublé, c'est le meurtre de l'une d'elles.
42:05J'aurais penché plutôt pour un arrangement entre les parties. C'est curieux.
42:08Alors, pourquoi ce meurtre ?
42:09J'aimerais le savoir. Je n'avance pas dans cette histoire-là.
42:12Ne soyons pas trop pressés, sergent. Une chose à la fois.
42:14N'oublions pas que l'héritière, en titre, devait être en vie et ce n'était pas Mme Moret.
42:18C'est alors que Valet est allé se renseigner sur les antécédents du couple.
42:22Et il a découvert qu'elle devait être la nièce de Sir Hector Drummond. Bien connu.
42:27Un indécrottable célibataire. Vieux et riche, sans descendance.
42:31Et plutôt excentrique, je dirais.
42:32Ah, il est capable de n'importe quoi. Il a failli nous blesser tous les deux.
42:35Oui, c'est vrai. Mais ses aventures nous mèneraient trop loin.
42:38Toujours est-il qu'il a fini un jour par blesser sa nièce.
42:40Il y a de cela trois ans, si j'en crois ce qu'il nous a dit.
42:42Par chance, il n'y a fait qu'une blessure.
42:45Et l'affaire n'a pas eu de suite.
42:46Mais ce bout de feu a emporté un bout de doigt, la dernière phalange d'un index.
42:50Et ce qui est le plus intéressant, la victime de ce bizarre incident n'a pas été Mme Moret.
42:55Mais la seule et unique héritière.
42:58Donc, la vraie nièce.
42:59Les deux femmes sont petites cousines.
43:01Ce qui, bien sûr, explique qu'elles aient une si extraordinaire ressemblance.
43:05Une telle ressemblance qu'elles étaient aisément prises l'une pour l'autre.
43:07Mais cette héritière, quel est son nom ?
43:10Miss Evelyn Rossmore.
43:12Laquelle, selon mes renseignements, n'a pas réapparu à son domicile depuis deux jours.
43:16On ignore où elle est.
43:17Mais comment a-t-elle pu venir se faire tuer dans ce salon ?
43:20Elle a été invitée par les Moret.
43:22Pourquoi aurait-elle refusé ?
43:24Ils avaient une proposition à lui faire.
43:26D'abord, lui démontrer que Mme Moret pouvait aisément se faire passer pour elle.
43:30Mais pourquoi avoir assassiné Miss Rossmore dans ce salon ?
43:33C'est ça qui m'a intrigué.
43:34Cette espèce de précipitation ne collait pas avec leur projet.
43:38Vous connaissiez leur projet ?
43:40Oui, ce devait être le meurtre de Miss Rossmore.
43:43Mais il est évident qu'il n'avait pas idée de le commettre ici.
43:46C'eût été trop tôt et dangereux.
43:47Alors là, je ne suis plus du tout.
43:50Et j'essaie pourtant de me montrer bien clair.
43:53M. Moret pensait sans aucun doute se débarrasser de Miss Rossmore un jour ou l'autre.
43:58Mais il fallait avant cela qu'elle hérite de Sœur Drenante.
44:01Et il a dû songer d'abord à faire disparaître le vieux baron.
44:05Et pour cela, il avait besoin de la complicité de Miss Rossmore.
44:10Ah, c'est assez surprenant, non ?
44:12Ça oui, alors.
44:13Je pense que ça fait bien 20 ans que nous nous étions rencontrées toutes les deux.
44:18Oh, peut-être pas autant, non ? 15 ans.
44:19En tout cas, ça fait longtemps.
44:20Je sais qu'on nous prenait déjà souvent l'une pour l'autre.
44:23Et pourtant, nous étions jeunes.
44:25Tu as toujours été, je crois, plus intrépite que moi.
44:28C'est vrai.
44:29Je faisais des tas de bêtises.
44:31Et alors ?
44:32Où en es-tu aujourd'hui mariée, à ce que je vois ?
44:34Et heureuse de l'être.
44:35J'en suis sûre.
44:37Tu sais que, à peine tu m'as ouvert, j'ai eu un grand choc.
44:41J'ai pensé que je ne voyais que mon reflet, une sorte de miroir.
44:44Oui, ça paraît incroyable.
44:46Ça peut être utile.
44:47Oui.
44:48En quoi cela serait-il utile ?
44:50Pour quelle raison ?
44:50Peut-être pour mystifier les gens.
44:54Mais je n'en ai pas l'intention.
44:56J'ai une proposition à vous faire.
44:58Et de quelle nature ?
44:59Au sujet de l'onclector.
45:01Lui, il est complètement fou.
45:03Justement, c'est une bonne raison.
45:06Une bonne raison ?
45:07Il y a son héritage.
45:08Je sais, c'est à moi qu'il échoira.
45:10Oui, mais dans combien de temps ?
45:12Je crains que vous n'ayez de mauvaises idées au sujet de l'onclector.
45:15Qui te croira si tu vas prétendre que tu n'en as jamais eu à son sujet ?
45:19Auriez-vous par hasard la prétention de disposer de moi ?
45:23Eh bien, oui, en quelque sorte.
45:25On peut voir ça comme ça.
45:26Nous avons besoin de votre aide, certainement.
45:29Oh.
45:30Après tout, ce vieux monsieur ne sert à rien.
45:33Et nous, nous avons des besoins.
45:36Et vous allez faire quoi ?
45:37Partager ton héritage.
45:38Et si je refuse ?
45:40Vous n'êtes pas sans avoir remarqué cette extraordinaire ressemblance entre vous et votre cousine.
45:45Et vous voudriez lui faire jouer mon rôle.
45:47En quelque sorte, oui.
45:48Oh.
45:49Mais dans ce cas, je refuse de faire ça.
45:51Vous avez tort.
45:53Nous avions l'intention de vous inclure dans notre projet.
45:56Ça nous aurait été fort agréable.
45:57Et si vous refusez notre offre, c'est regrettable.
46:00Parce que nous le ferons sans vous.
46:01Nous pourrons nous en tirer sans toi.
46:03Personne ne se rendra compte de la substitution.
46:06Et je devrais faire quoi ?
46:08C'est facile.
46:10Nous donner une part de l'héritage.
46:13Miss Rosmore, bien entendu, a refusé de se prêter à ce jeu ignoble.
46:17Ce qui n'a pas dû plaire au sinistre Moray.
46:20Je ne fais que des suppositions.
46:21Mais, vraisemblablement, Miss Rosmore a dû faire état de son doigt mutilé,
46:25qui faisait toute la différence.
46:27Et c'est pourquoi Madame Moray a voulu se faire opérer.
46:30Pour être exactement semblable à sa cousine.
46:33et pouvoir éventuellement prendre sa place si elle s'obstinait.
46:37J'imagine l'étonnement de Miss Rosmore lorsque le lendemain,
46:41elle vit le doigt coupé.
46:43J'ai réfléchi à votre proposition et j'ai pris une décision.
46:46C'est hors de question.
46:47Il sera facile de se passer de vous, regardez.
46:51Est-ce que la ressemblance n'est pas parfaite ?
46:55Quelle horreur.
46:56Jamais je n'irai jusqu'à faire cette chose-là.
46:58Je compte bien aller dire ce que je pense de vous à la police.
47:01Pourquoi est-ce que tu gâches toujours tout ?
47:02Tu vas démolir toute notre histoire.
47:04Moi je ne tolérerai pas ça.
47:05Je suis allé trop loin.
47:06Mais qu'est-ce que c'est que cette fille idiote ?
47:08Je jure que vous n'aurez rien du tout.
47:10Sauf peut-être des années en prison loin d'ici.
47:15Vous débarquez de je ne sais où, vous me menacez.
47:18Je n'ai pas l'habitude qu'on me traite de cette façon.
47:19Non, lâche-toi !
47:22S'il te plaît.
47:33Tu es fou.
47:35À quoi est-ce que ça nous avance ?
47:37Je suis prêt à jurer que c'est ce qui s'est passé.
47:45Oui, ça semble plausible.
47:47Vous n'aurez pas niqué.
47:49Je suppose qu'à l'heure actuelle, ils vont en Amérique.
47:51Rien n'est moins sûr.
47:52Peut-être vont-ils revenir bientôt.
47:54Qui sait ?
47:56J'étais sûre que c'était à ça.
48:10Il a de venir me dire mal.
48:13Inutile de vous discuter.
48:14Ça ne vous avance à rien de vous renvoyer la balle, tous les deux.
48:17Monsieur et madame chef de le Moray,
48:19rien ne vous oblige à dire quoi que ce soit,
48:21mais si vous le faites,
48:22on pourra le retenir contre vous lors de l'audience.
48:24Je ne comprends rien à ce discours,
48:26mais ce que je sais, c'est que vous avez perdu
48:27et que le mieux est de vous montrer coopérative
48:29dans l'intérêt de madame.
48:32Savez-vous, monsieur Moray,
48:33que vous avez commis deux énormes erreurs ?
48:35La panique vous a aveuglée une fois en vous enfuyant,
48:38une fois en revenant par curiosité.
48:40Vous auriez dû savoir que personne n'y serait.
48:41Les morts n'envoient pas de télégramme.
48:43C'est très connu.
48:44Allez, emmenez-les d'ici.
48:50Il y a une chose qui continue à m'intriguer.
48:53Une seule chose ?
48:54Quelle raison a pu les amener à revenir jusqu'ici ?
48:58Ah, ça, je me suis permis une petite astuce pour les jouer.
49:01J'ai demandé à Valet de télégraphier
49:02à la compagnie de navigation pour les intercepter.
49:05J'ai signé le télégramme, Rosmar.
49:06Comme vous le voyez, messieurs,
49:08deux et deux, quoi qu'on en dise,
49:10ne peuvent pas faire trois.
49:11Et si vous voulez me le permettre,
49:12je vous offre volontiers un rafraîchissement
49:14dans le cadre agréable de mon club.
49:17Nous y allons ?
49:17Avec plaisir.
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