04:06Je vous dis, sur 577, il y aura toujours, dans tous les partis, des profils que tu peux remettre en cause.
04:12Et ce dont je suis sûr, et c'est aussi l'héritage de son histoire, c'est que le RN est regardé d'une manière différente des autres partis.
04:20Personne ne peut contester ça, me semble-t-il.
04:22C'est-à-dire que l'espace médiatique vis-à-vis du RN a un regard qu'il n'a pas sur la gauche.
04:29Il y a une indulgence, c'est ce qu'on appelle parfois le privilège rouge, des gens qui ont été communistes, qui ont soutenu Marchais, qui ont soutenu les pires.
04:40Un régime qui a tué je ne sais combien de millions de personnes, bénéficiaient en France d'une indulgence.
04:45C'est comme ça.
04:46C'est dans notre histoire, c'est dans sa culture, c'est les intellectuels, les artistes.
04:51Je citais hier Gérard Noiriel, qui est historien, présenté comme un historien, qui prend la parole régulièrement.
04:56C'est quelqu'un qui a été communiste jusqu'en 1980.
04:59Ils se sont plantés sur tout.
05:00Oui, mais bon, Sartre, il prend moins la parole que Gérard Noiriel.
05:08Je voudrais qu'on écoute, moi ça m'intéresse beaucoup, Bruno Le Maire.
05:11Parce que Bruno Le Maire, cette interview aux médias bruts est extraordinaire.
05:15Il appelle le président et il lui a dit, je me casse.
05:21Écoutez Bruno Le Maire, ce qu'il a raconté après le psychodrame des dernières heures.
05:26Quand je vois que je suis le problème, j'appelle le Premier ministre et je lui dis, je me casse.
05:30Pas de problème.
05:31Et j'appelle le président de la République et je lui dis, je me casse, pas de problème.
05:35Ce n'est pas moi le sujet.
05:36Ce qui compte pour moi, c'est que ça marche, c'est que le gouvernement soit en ordre de marche.
05:40C'est que nos institutions fonctionnent.
05:42Et si je suis un grain de poussière dans ces institutions,
05:45le grain de poussière va se retirer.
05:47J'ai très peur, malheureusement, qu'on s'aperçoive assez rapidement
05:50que derrière toute cette mascarade, les problèmes sont beaucoup plus profonds.
05:54Quand vous appelez le président de la République, vous parlez justement de la légitimité.
05:56Lui, il cherche à vous convaincre encore ou il prend acte ?
05:58Non, je pense qu'il a parfaitement compris qu'on est sur des sujets graves
06:02et que je refuse d'être un problème pour lui, pour la majorité même relative,
06:08pour ce qu'on appelle le bloc central, peu importe, surtout pour les Français.
06:12Je ne veux pas être un problème pour les Français.
06:15Mais vous y êtes allé finalement au ministère des Armées ?
06:16J'ai refusé d'y aller.
06:18Donc vous n'êtes même pas rentré au ministère des Armées ?
06:20Non, parce que je crois aux symboles et que je pense que la République, c'est des symboles.
06:25Et donc on ne se rend pas dans un lieu de pouvoir
06:27si on estime ne pas avoir la légitimité pour exercer ce pouvoir.
06:31Et je voulais vous faire écouter également cette séquence assez surréaliste
06:36quand il tente d'appeler Bruno Retailleau.
06:38C'est donc dimanche soir, nous sommes d'accord.
06:41Il l'appelle sur son portable, il ne répond pas,
06:43donc il appelle au standard du ministère de l'Intérieur.
06:46Le Premier ministre m'a appelé dimanche soir.
06:48Il m'a dit, honnêtement, on a un sujet du côté des Républicains.
06:52Je suis tombé de mon armoire.
06:53Je lui ai mis un sujet, pourquoi ?
06:55Pourquoi ?
06:56Enfin, c'est quoi ce délit de sale gueule ?
06:58Est-ce qu'il ne leur va pas ?
06:59Il lui a dit, essaye de joindre Bruno Retailleau.
07:01Je dis, il n'y a aucun sujet.
07:02Moi, j'ai texté entre relations avec Bruno Retailleau depuis des années.
07:06Il n'y a pas de difficulté.
07:06Je l'appelle une fois.
07:07Il ne répond pas.
07:08J'appelle une deuxième fois.
07:09Il ne répond toujours pas.
07:11J'envoie un texto.
07:12Pas de réponse.
07:13Je lui dis, bon, aux grands mots, les grands remèdes.
07:15Donc, je prends mon téléphone, je regarde sur Google
07:18et je trouve le numéro du ministère de l'Intérieur.
07:20Donc, j'appelle au ministère de l'Intérieur
07:22où il y avait un agent qui était de permanence.
07:24Vous appelez le standard ?
07:25Oui, j'appelais le standard.
07:26Je n'arrivais pas à joindre.
07:27J'appelle sur le portail, mais on ne répond pas.
07:28J'appelle le standard comme n'importe quel citoyen.
07:31Et là, je tombe au standard sur un garçon très sympathique
07:34qui devait être l'agent de permanence.
07:35Il dit, bonjour, c'est Bruno Le Maire au téléphone.
07:38Au ministre de l'Intérieur.
07:40Il dit, écoutez, monsieur, je ne sais pas qui vous êtes.
07:42On est dimanche 22h, donc ce n'est pas l'heure des blagues.
07:45Et il a raccroché.
07:46Donc, voilà, c'est ça l'histoire.
07:48J'ai essayé de calmer le jeu, de joindre Bruno Retailleau
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