00:00Bonjour Alexandre. Bonjour Lénaïque, bonjour à tous.
00:02Alors on vous en parle déjà ce matin dans les journaux d'Europe 1, c'est demain soir que l'on connaîtra le nom du prochain patron des Républicains
00:08et quel que soit le vainqueur, Alexandre, le plus dur va commencer très vite, dès lundi pour lui selon vous ?
00:14Oui Lénaïque, la campagne a été plus passionnante que prévu avec deux candidats situés bien à droite et qui ont défendu une ligne claire
00:21mais effectivement dès lundi les ennuis vont commencer pour le nouveau président des Républicains.
00:25Le vainqueur devra faire une photo avec toute la grande famille LR, une famille, il faut bien le dire, de plus en plus encombrante.
00:32La gauche avait ses éléphants, la droite a ses dinosaures.
00:35Certes, la plupart s'étaient fait discrets pendant la campagne mais on peut être sûr que dès lundi on va les voir jouer des coudes
00:42et se pousser du col pour être sur la photo.
00:45A défaut d'avoir une ligne et des idées, ils vont tenter d'occuper les places.
00:48On prend les mêmes et on recommence, telle a été la stratégie des LR ces dernières années.
00:53On ne reconduit pas une équipe qui perd, voilà qui devrait être le premier commandement du nouveau patron des Républicains.
01:00D'autant que le parti ne manque pas de nouveaux talents.
01:02On pense à François-Xavier Bellamy, Céline Imar ou encore David Lissnard.
01:06C'est autour de ces personnalités pas encore usées que LR devra s'appuyer pour se reconstruire.
01:11Mais alors le casting Alexandre ne sera pas le seul problème selon vous du nouveau président de LR ?
01:15Non Lénaïque, avoir une équipe cohérente et renouvelée est une condition nécessaire mais pas suffisante.
01:21Le nouveau président LR aura aussi pour défi de définir une ligne claire et d'adopter la bonne stratégie.
01:27Dans la plupart des démocraties occidentales, pour les partis de la droite classique,
01:31il est très difficile de survivre sans nouer d'alliances avec des partis plus radicaux.
01:36Telle a été la stratégie gagnante pour la droite, notamment en Italie,
01:40mais aussi aux Pays-Bas, en Finlande ou encore en Suède et peut-être demain en Pologne, au Portugal ou en Roumanie.
01:45L'autre option pour la droite traditionnelle est de reconfigurer en profondeur son logiciel,
01:51comme cela a été le cas aux Etats-Unis avec l'élection de Donald Trump.
01:54L'époque n'est pas au compromis mais au changement de paradigme.
01:58Laurent Wauquiez et Bruno Rotaillot semblent en avoir conscience.
02:01Comme je l'ai dit, les deux candidats ont assumé un ancrage très à droite pendant la campagne,
02:05en particulier sur les questions de souveraineté, de sécurité et d'immigration.
02:09La question est de savoir s'ils continueront d'endosser ce positionnement une fois élus.
02:13Et alors Alexandre, troisième défi pour le futur président LR, ce sera de faire oublier le passé du parti.
02:18Oui Elena, le boulet de LR, c'est son passé, pour ne pas dire son passif.
02:23Jacques Chirac comme Nicolas Sarkozy ont gagné les élections avec un discours de droite,
02:27en particulier sur les questions régaliennes, mais ont gouverné au centre une fois élus.
02:32Une bonne partie des électeurs de droite ne font plus confiance à LR
02:35et redoutent d'être coquifiés une nouvelle fois.
02:38Récupérer un électorat défiant qui s'est réfugié dans le vote RN ou dans l'abstention
02:43sera d'autant moins aisé que ces dernières années,
02:46la droite a souvent joué le rôle de supplétif de la macronier.
02:49Que les militants choisissent Rotaillot ou Wauquiez,
02:52le vainqueur devra tout faire pour ne pas être entraîné avec Emmanuel Macron dans sa chute.
Écris le tout premier commentaire