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  • il y a 14 minutes
Ce mercredi, sur Europe 1, Olivier Babeau s'intéresse au transport aérien pour dénoncer le masochisme français.

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Transcription
00:00Et à 7h20 sur Europe 1, Jacques Serret, c'est l'heure de l'édito éco avec Olivier Babaud.
00:04Bonjour Olivier.
00:05Bonjour Jacques, bonjour Anissa, bonjour à tous.
00:07Bonjour Olivier.
00:07Olivier, ce matin vous nous parlez du transport aérien pour dénoncer le masochisme français.
00:13Oui, cette semaine, vous avez remarqué, c'est le thème en effet, ce masochisme français fiscal.
00:18Alors cette taxe, officiellement appelée taxe de solidarité sur les billets d'avion, existe depuis 2006
00:23et a été significativement renforcée dans la loi de finances pour 2025.
00:27Elle frappe les vols au départ de France, la France avec des montants qui varient selon la distance et les
00:32classes.
00:33Ça va de quelques euros sur les vols intérieurs ou intra-européens jusqu'à 40 euros en économie
00:37et 120 euros en affaires sur les longs courriers.
00:40Dans le milieu aérien, on connaît mieux cette taxe sous le nom de Taxe Air France.
00:43D'ailleurs, pourquoi ce terme de Taxe Air France ?
00:46Parce qu'elle désavantage explicitement les opérateurs présents sur le territoire français
00:50par rapport aux hubs européens sans taxe ou à fiscalité plus favorable.
00:53Par exemple, Amsterdam, Francfort ou Madrid captent davantage de trafic long-courrier,
00:58notamment transatlantique, parce que leurs systèmes fiscaux sont plus prévisibles et plus légers sur le billet aérien.
01:03Des effets chiffrés sur le trafic, Olivier ?
01:06Oui, depuis le triplement de la taxe en 2025, plusieurs indicateurs montrent un ralentissement du trafic domestique en France.
01:11Plus 2,9% de croissance du trafic ici, contre 4,2% en moyenne en Europe.
01:17Et dans les faits, certaines compagnies réagissent.
01:19La low-cost Ryanair a réduit de 13% sa capacité en France pour l'hiver 2025-2026,
01:25soit environ 750 000 sièges supprimés, invoquant explicitement la fiscalité comme facteur clé de ce retrait.
01:31Et l'économie française, elle y gagne quoi ?
01:33Sur le papier, l'État espère près d'un milliard d'euros par an grâce à cette taxe renforcée.
01:38Mais sur le terrain, on perd emploi, connectivité, recettes touristiques, attractivités territoriales.
01:42À Bergerac ou Strasbourg, des lignes vitales ont été suspendues parce que les low-cost jugent les marges incompatibles avec
01:49cette fiscalité.
01:49Le bilan réel pour la France est donc clairement négatif ?
01:53Oui, sous couvert d'écologie ou de solidarité, on organise une désaffection progressive de la France comme plateforme aérienne majeure.
01:59C'est un exemple de mesure idéologique pensée hors sol,
02:02qui n'a jamais réfléchi à l'impact réel sur la chaîne économique aérienne,
02:05sur les liaisons régionales, sur la concurrence internationale.
02:08On n'a en définitive quasiment aucun gain écologique et on ne conserve que les pertes d'activités économiques et
02:13de recettes.
02:14On a l'impression que ce genre de schéma masochiste pourrait s'appliquer à bien d'autres cas que l
02:19'aérien, Olivier.
02:20Oui, c'est notre croix en France.
02:22On peut citer notre fiscalité énergétique industrielle, notamment.
02:25On adore les mesures clinquantes dont les conséquences ne sont jamais pensées.
02:28On aime faire étalage de pseudo-vertus, soit par ignorance, soit par stupidité, soit par cynisme.
02:33Et les trois, malheureusement, ne sont pas incompatibles.
02:35Ceux qui les votent pensent aux gains médiatiques sur le moment,
02:38sans prendre en compte les conséquences et l'intérêt réel de la France.
02:41L'édito éco, signé Olivier Babos sur Europe 1.
02:44Très bonne journée à vous, Olivier.
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