- il y a 3 mois
Après l'annonce du nouveau gouvernement, Bruno Retailleau estime qu'il « ne reflète pas la rupture promise » par le Premier ministre, et convoque une réunion d'urgence à LR ce lundi matin. Xavier Bertrand, président LR de la région Hauts-de-France, est l'invité de RTL Matin.
Regardez L'invité RTL de 7h40 avec Thomas Sotto du 06 octobre 2025.
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00:00Et c'est donc Xavier Bertrand, le Président Les Républicains de la région Hauts-de-France, qui est l'invité d'RTL Matin.
00:06Bonjour et bienvenue sur RTL, Xavier Bertrand.
00:08Bonjour.
00:08On va reprendre les choses dans l'ordre, si vous voulez bien.
00:10Pour commencer, qu'est-ce que vous vous êtes dit, juste avant 20h, hier soir, quand Sébastien Lecornu a annoncé la composition de son gouvernement ?
00:16Quel est, je ne sais pas, le mot qui vous est venu ?
00:19Mais quel gâchis. Quel gâchis.
00:21Quel gâchis.
00:23On a eu une élection législative, voilà maintenant, plus d'un an.
00:27Les Français ont dit au Président de la République, on veut un changement dans la politique.
00:33On veut tourner la page du macronisme.
00:36On veut une autre politique.
00:38Qu'est-ce que le Président a tiré comme conclusion de cette dissolution ?
00:42La réponse hier, c'est rien.
00:44Il n'y a pas un gouvernement qui est aussi macroniste, autant macroniste depuis des années et des années.
00:49Donc vous étiez en colère quand vous avez vu la composition du gouvernement ?
00:51Et pourtant, votre famille politique en est, et c'est là que les choses se compliquent.
00:54C'est là que Bruno Retailleau semble s'être réveillé, à peine renommé ministre de l'Intérieur.
00:58Il a tweeté ceci.
01:00La composition du gouvernement ne reflète pas la rupture promise.
01:03Devant la situation politique créée par cette annonce, je convoque le comité stratégique des Républicains.
01:07Il était 21h, 22h, soit moins d'une heure et demie après avoir été confirmé au ministère de l'Intérieur.
01:13Pardon, mais c'est à n'y rien comprendre, Xavier Bertrand.
01:15Le sujet, ce n'est pas les places.
01:18La question, ce n'est pas Bruno Retailleau.
01:20La question, ce n'est pas le nombre de ministres qu'aura les Républicains.
01:23La question n'est même pas Sébastien Lecornu.
01:25La question, c'est le président de la République.
01:28Vous avez parlé de rupture.
01:29Les Français veulent une rupture dans la politique menée.
01:32Mais il y a aussi une autre rupture.
01:33Celle entre le président et les Français.
01:36C'est lui qui est responsable de cette situation.
01:38Alors, il doit réparer.
01:40Comment ?
01:41Il doit réparer.
01:41Déjà, en venant s'expliquer.
01:43J'étais ici le 12 septembre.
01:44Oui, et vous disiez, il faut qu'il vienne nous dire ce qu'il va faire pour les 19 prochains mois.
01:48Exactement.
01:48Il nous a dit qu'il irait au bout de son mandat.
01:50Alors, il doit nous dire ce qu'il veut faire de la fin de son mandat.
01:53Parce que le sujet, encore une fois, aujourd'hui, ce n'est pas les partis politiques.
01:56Si, si, un peu quand même.
01:57Et je voudrais qu'on y revienne.
01:58Le vrai sujet, c'est les Français.
01:59Pourquoi Bruno Retailleau change d'aile ?
02:01Le problème, c'est la France qui, aujourd'hui, ne peut pas continuer à s'enfoncer.
02:03Pourquoi, à 20h, vous dites, ok, on rentre au gouvernement.
02:06Et à 21h20, vous dites, c'est pas notre place.
02:08Qu'est-ce qui s'est passé ?
02:09Parce qu'il n'y a pas de confiance.
02:11Il n'y a pas de confiance possible.
02:13S'il n'y a pas de confiance possible, il ne peut pas y avoir de travail dans l'intérêt des Français.
02:16Bruno Retailleau n'est pas le seul à le dire.
02:18Hervé Marseille a dit la même chose.
02:20Oui, la différence entre Hervé Marseille et Bruno Retailleau, c'est que Bruno Retailleau, une heure avant,
02:24il était dans le bureau de Sébastien Lecornu.
02:26Alors quoi ? Il n'était pas au courant ?
02:28Il s'est fait rouler ?
02:29Il a changé d'avis ?
02:30C'est quoi, l'histoire ?
02:31Visiblement, d'après ce qu'il m'a dit hier soir, il n'était pas au courant.
02:34Il n'a pas eu la composition du gouvernement.
02:36C'est pas une faute ?
02:37Comment voulez-vous, dans ces cas-là, pouvoir travailler en confiance dans l'intérêt des Français ?
02:43Comment voulez-vous, avec la feuille de route qui a été donnée hier par le Premier ministre,
02:48comment voulez-vous penser qu'on va améliorer les choses en matière de sécurité ?
02:52Qu'on va maîtriser l'immigration ?
02:54Qu'on va enfin avoir des résultats ?
02:55Mais il n'était au courant de rien de tout ça ? De quoi il n'était pas au courant ?
02:57Je ne suis aujourd'hui pas le porte-parole de Bruno Retailleau.
03:00Ce que je dirais tout à l'heure.
03:01Non, mais vous êtes un des cadres d'un parti qui est en perdition.
03:04Je vais vous dire ce que je vais dire tout à l'heure.
03:05Vous allez dire quoi ?
03:06Que ça ne peut pas durer comme ça.
03:07Que ça ne peut pas continuer.
03:09Et que donc, nous ne pouvons pas participer à ce gouvernement.
03:12Donc il faut que les ministres aillèrent...
03:14Il faut aujourd'hui que ce gâchis s'arrête.
03:17Il faut que le Président de la République prenne la mesure.
03:19On a parlé de Sébastien Lecornu.
03:21Allons-y étape par étape.
03:21Laissez-moi juste se développer.
03:23Il faut qu'on comprenne.
03:24Aujourd'hui, on l'a bien compris, c'est pas Sébastien Lecornu le sujet.
03:28Qui tire les ficelles ?
03:29C'est le Président de la République.
03:31C'est une évidence.
03:32Si Sébastien Lecornu ne dit rien à ses interlocuteurs,
03:36c'est parce qu'on voit bien que c'est le Président de la République qui veut peser.
03:38Or, les Français lui ont dit
03:39on ne veut plus que ça gouverne comme depuis 2017.
03:42On veut un changement.
03:44Il le comprend ou il ne le comprend pas ?
03:45Vous savez, aujourd'hui, au moment où je vous parle,
03:47la situation de notre pays n'est pas encore hors de contrôle.
03:51Elle n'est pas encore hors de contrôle.
03:52Mais les Français sont en colère.
03:53Les Français ne comprennent rien.
03:54Les Français ne comprennent pas qu'à 20h, quand ils regardent le 20h,
03:56on leur donne un gouvernement avec des ministres LR
03:59et qu'à 21h30, LR dit
04:00non, ce n'est pas pour nous.
04:01Alors, pour être clair,
04:02est-ce que les LR doivent quitter le gouvernement ?
04:05Je viens de vous le dire.
04:06Pour moi, oui.
04:07Nous ne pouvons pas participer à ce gouvernement.
04:09Pourquoi ?
04:10Parce que nous devons dire au Président de la République
04:11stop, on ne peut pas continuer comme ça.
04:14Vous devez maintenant tenir compte de ce qui s'est passé
04:16aux élections législatives.
04:18Vous les avez perdues, M. Macron.
04:19et aujourd'hui, c'est à vous de réparer
04:22la faute qu'a été la dissolution.
04:24Est-ce qu'il faut redissoudre, du coup, là, aujourd'hui ?
04:27Eh bien, on va voir ce qu'Emmanuel Macron
04:29est capable de comprendre et est capable de dire.
04:31Il y a différentes possibilités.
04:33Notre Constitution n'est pas une Constitution en carton-pâte.
04:36Il y a différentes solutions.
04:37Vous savez le sentiment que l'on a aujourd'hui,
04:39et les Français aussi ?
04:41C'est que le Président de la République
04:42cherche à gagner du temps
04:43pour avancer dans ces 18 mois.
04:45Mais le problème, ce n'est même pas lui.
04:47Il n'y a aucun pays, aucun pays dans le monde
04:49où un chef de l'État
04:50peut penser avoir raison contre son peuple.
04:53Les Français, le message a été clair.
04:55Est-ce que vous êtes en train de dire ?
04:56Il doit quitter le pouvoir ?
04:57Je suis venu ici, l'autre jour.
04:58Je vous ai dit quoi ?
05:00Que moi, je n'appelle pas à sa démission.
05:02Donc ça, vous n'appelez toujours pas à sa démission ?
05:03Non, je n'appelle pas à sa démission.
05:05Il y a aussi d'autres possibilités dans la Constitution.
05:08Vous parlez de dissolution, il n'y a pas que cela.
05:09Mais quoi, par exemple ?
05:10Écoutez, encore une fois,
05:12qu'il s'exprime, qu'il parle,
05:13il y a aussi d'autres possibilités.
05:14On nous avait dit quoi, voilà quelques mois ?
05:16Qu'il y aurait des référendums.
05:17Des référendums pour trancher.
05:19Mais en attendant, les forces politiques,
05:20à mon sens, si M. Macron laisse faire,
05:23elles sont certainement capables de s'entendre
05:25hors les extrêmes que sont LFI
05:27et le Rassemblement National.
05:29On est à un moment critique
05:30où les Français,
05:31contrairement à ce que beaucoup pensent,
05:33ne se désintéressent pas de la politique.
05:35Mais ils veulent tout simplement
05:36retrouver de l'espoir,
05:37retrouver de la confiance.
05:38La décision d'hier de nomination de ce gouvernement
05:41leur donne le sentiment
05:42qu'Emmanuel Macron n'a toujours rien compris.
05:44C'est Bruno Le Maire le problème ?
05:45Mais non, ce n'est pas Bruno Le Maire le problème.
05:47Le problème aujourd'hui,
05:48c'est qu'on a un président de la République
05:49qui a créé cette situation politique,
05:51ce gâchis.
05:52On a un président de la République
05:53qui doit réparer
05:54et qui doit arrêter de penser
05:56que tout cela est de la faute
05:57des Français ou des partis politiques.
05:57Est-ce que je peux vous poser
05:58trois questions très précises
05:59parce qu'on a besoin de clarté ?
06:01Vous dites,
06:02les LR doivent quitter le gouvernement.
06:03D'accord ?
06:04Je viens de vous le dire, oui.
06:05Est-ce que les LR doivent censurer le gouvernement ?
06:07Il va y avoir des motions de censure
06:11Rassemblement National niait les filles.
06:12Donc pas de censure.
06:13Est-ce que Bruno Rotaio vous a dit
06:14que lui, il voulait quitter les LR ?
06:16Quelle est sa conviction au président du parti ?
06:17J'aurais sa réponse tout à l'heure à 11h30
06:19mais moi je viens de vous donner ma réponse
06:20très clairement et sans détour.
06:22Si on veut retrouver de la confiance,
06:24si on veut arrêter que notre pays
06:25s'enfonce jour après jour,
06:27il nous faut dire très clairement maintenant
06:29on ne participe pas à ce gâchis,
06:31on ne participe pas à cette mascarade
06:33et monsieur le président de la République...
06:35La conséquence, c'est que ce gouvernement tombera.
06:37Vous le savez.
06:38Mais attendez, ce gouvernement,
06:40il faut bien le comprendre,
06:41ne mènera pas à une politique différente.
06:43Sébastien Lecornu, vous avez dit
06:44qu'il y aura une rupture.
06:46Mais la seule rupture qui existe aujourd'hui
06:47qui est flagrante,
06:49c'est celle entre Emmanuel Macron et les Français.
06:51Et on ne peut pas continuer comme ça.
06:53On ne peut pas.
06:53Et donc très clairement aujourd'hui,
06:55un président de la République doit dire
06:56d'accord, j'ai enfin compris,
06:58voilà comment je vais réparer.
07:00C'est lui aujourd'hui...
07:01Mais ça ne va pas régler le problème.
07:02Je vais vous dire une chose.
07:03Le président de la République,
07:03quand il parle aujourd'hui,
07:04les Français ne l'écoutent plus.
07:06Alors, ce n'est pas ça qui va régler le problème.
07:08Est-ce que...
07:08Vous vous trompez.
07:11Vous avez un peu l'arrière-trait entre deux chaises.
07:13Pas du tout.
07:13Si, parce que vous dites
07:14on doit quitter le gouvernement,
07:16mais vous ne dites pas.
07:17Vous êtes des opposants au gouvernement ?
07:19Attendez.
07:20On a décidé, très clairement,
07:21de ne pas être dans la majorité présidentielle.
07:23Vous êtes des opposants.
07:24Les mots ont un sens.
07:26Quelle est la politique
07:26qui va nous être proposée aujourd'hui ?
07:28Si c'est pour continuer pareil,
07:29en matière de sécurité,
07:30qu'on n'ait pas plus de résultats,
07:32je suis en opposition avec le gouvernement.
07:33Donc ce matin, en l'État,
07:34là, à 7h50...
07:35Si on continue aussi à avoir des Français
07:37qui travaillent,
07:38on en avait parlé ici même le 12 septembre,
07:40qui ne réussissent pas à s'en sortir,
07:41je suis en opposition avec ces politiques.
07:43Si on a une politique
07:44qui continue à faire tomber
07:45notre système de santé,
07:46je suis en opposition avec cette politique.
07:47Je veux que ça change.
07:49Pourquoi ne pas demander...
07:49Vous parliez de la Constitution.
07:50Pourquoi ne pas demander une dissolution ?
07:53Parce que finalement,
07:53on a l'impression que depuis les législatives,
07:55Emmanuel Macron, vous avez dit,
07:56il n'entend pas le verdict des urnes,
07:58il y a eu ce front républicain
08:00un peu bancal
08:01qui fait qu'on a l'impression
08:02que tout est fait pour empêcher
08:03le parti qui serait majoritaire
08:04sur tous les sondages,
08:05le Rassemblement National,
08:06d'accéder à Matignon.
08:07Est-ce qu'il ne faut pas redonner la parole aux Français
08:10et écouter le verdict des urnes,
08:12quel qu'il soit ?
08:13Je vous l'ai déjà dit ici à ce micro.
08:15Moi, je n'ai pas peur du Rassemblement National
08:17comme je n'ai pas peur de LFI
08:18parce que je les combats.
08:19Le vrai sujet,
08:20c'est que je préfère une dissolution
08:21qu'une démission.
08:22Mais je préfère encore un référendum.
08:24Un référendum sur cinq chantiers clairs.
08:26Parce que les Français ont plus de courage
08:28que beaucoup de partis politiques.
08:30Voilà ce que je pense aujourd'hui possible.
08:31Il y a d'autres solutions.
08:33Mais encore une fois,
08:34ce n'est pas à moi de vous le dire ce matin,
08:35c'est à Emmanuel Macron,
08:36mais qu'il parle bon sang
08:37et qu'il ne donne plus le sentiment
08:39de se désintéresser de la situation
08:41dans laquelle il a plongé le pays
08:43et les Français.
08:44Pour parler de l'international,
08:45il sait faire régulièrement.
08:47Mais là, aujourd'hui,
08:48la rupture, le divorce,
08:50c'est entre lui et les Français
08:52et c'est à lui de réparer
08:54et à personne d'autre.
08:55Vous avez vu que Rachida Dati
08:56n'est pas du tout d'accord avec vous,
08:57la ministre de la Culture,
08:58qui est LR.
09:00Est-ce qu'elle devra choisir ?
09:01Est-ce qu'elle pourra être
09:02ministre de la Culture,
09:03du gouvernement Le Cornu,
09:04si LR le quitte ?
09:05Et candidate LR au municipal à Paris ?
09:07Le Cornu, le maire,
09:09Dati, que ce soit Reteil,
09:10le problème, c'est la France
09:11et les Français.
09:11Mais on est à ce moment, quand même.
09:13Mais qu'est-ce qu'il faut
09:14pour qu'on se rende compte
09:14du tragique de la situation ?
09:16Je vous l'ai dit tout à l'heure,
09:17le pays n'est pas encore
09:19hors de contrôle.
09:20Mais demain, après demain,
09:21si on continue dans ce déni,
09:22si on continue dans cette mascarade,
09:24ce sera le cas.
09:25Et là, il sera trop tard.
09:26Je vous le dis,
09:27je suis un républicain,
09:28profondément républicain.
09:30Je suis d'une famille politique,
09:31c'est vrai.
09:32Mais il y a plus important
09:32que ma famille politique.
09:34Il y a mon pays.
09:35Et je jouerai toujours
09:35la carte de l'intérêt général
09:37plutôt que les intérêts particuliers.
09:39Je ne fais pas partie
09:39de ceux qui veulent savoir
09:40si on restera au gouvernement,
09:42si on rentrera dans un gouvernement.
09:43Mais je veux que l'on retrouve
09:45confiance en l'avenir.
09:46Je ne veux plus
09:47que mon pays s'enfonce.
09:48En revanche,
09:48si LR quitte le gouvernement,
09:50ce sera ma dernière question,
09:51on est d'accord que
09:52le nouveau Front populaire
09:53peut réclamer Matignon
09:54parce qu'ils vont redevenir
09:55le socle commun n'existera plus
09:57et ils vont redevenir
09:58le bloc principal.
09:59Donc c'est à eux
09:59qu'il faudra demander de...
10:00Mais continuons avec
10:01la politique politicienne
10:02et on ne peut pas s'en sortir.
10:03Vous êtes observateur, d'accord,
10:05mais vous n'êtes pas obligé non plus
10:06de nous complaire
10:07dans ce gâchis qu'il y a.
10:09Ce pays vaut mieux
10:09que tout ce gâchis.
10:11Voilà.
10:11Et aujourd'hui,
10:12la France et les Français
10:13méritent que l'intérêt général
10:15ne soit pas une option.
10:16Que ce soit la ligne de conduite
10:17de chacun.
10:18Merci beaucoup Xavier Bertrand
10:19d'être venu ce matin sur...
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