00:00Thomas Soto, RTL Matin
00:03Il est 7h42, l'invité d'RTL Matin, il est souvent présenté comme le monsieur économie du Rassemblement National,
00:09c'est le député de la Somme Jean-Philippe Tanguy, bonjour et bienvenue sur RTL Jean-Philippe Tanguy.
00:12Bonjour, merci pour votre invitation.
00:13Dans une semaine, lundi prochain, le 22 septembre, Emmanuel Macron, au nom de la France, reconnaîtra l'état de Palestine.
00:18Enfin, a tweeté le patron du PS Olivier Faure, qui ajoute, le 22 septembre, faisons flotter le drapeau palestinien sur nos mairies.
00:26Que pensez-vous de cette idée ?
00:28Je pense que c'est consternant et qu'il y a une course à ces électeurs, ou en tout cas à ce que la gauche ou les gauches pensent être les priorités des électeurs.
00:37C'est une prime qui est donnée au terrorisme, puisque la reconnaissance de la...
00:40Prime au terrorisme ?
00:40Oui, malheureusement, je le regrette. Moi, je suis pour deux états et je suis pour la reconnaissance à terme de la Palestine.
00:45Mais reconnaître l'état palestinien après les attentats, le pogrom qu'a subi Israël, c'est évidemment, et je le regrette,
00:52et je me surprends même à prononcer ces mots, à constater que mon pays en est là,
00:56reconnaît que la violence, la pire des violences, a donc porté ses fruits,
01:00puisqu'après plus d'un demi-siècle où la Palestine aurait pu être reconnaître à des moments de construction de la paix,
01:05à des moments où son destin était dans des mouvements ou des organisations liées à la paix,
01:10ou pacifiques, ou sur le chemin du pacifisme,
01:13et bien on reconnaît à un moment où les autorités palestiniennes sont débordées par la violence.
01:17Donc, il n'y aura pas de drapeau palestinien sur les maires ?
01:21Je ne crois pas, mais surtout, ce n'est pas le drapeau, je pense, des Palestiniens qu'on va honorer,
01:25c'est à travers ce drapeau confisqué par aujourd'hui, je le regrette, par les forces du Hamas,
01:29parce qu'aujourd'hui, l'autorité palestinienne, comment dire, laïque, pacifique,
01:34elle n'est pas dans les mains des militants pacifiques,
01:37elle est dans les mains du Hamas, et je le regrette une fois de plus.
01:39Donc, mettre le drapeau palestinien, c'est mettre le drapeau du Hamas pour vous ?
01:42Aujourd'hui, il a été confisqué par les forces du Hamas,
01:45et c'est d'ailleurs un retournement historique, consternant, et qu'il faut combattre.
01:49Et personne ne le combat ici, à part le Rassemblement National,
01:52malheureusement, on est peu à défendre l'autorité palestinienne contre le Hamas.
01:56Les autres forces politiques ont complètement lâché l'affaire,
01:59et considèrent que le Hamas, finalement, au-delà des petites condamnations, on va dire, pour la forme,
02:04est visiblement légitime par rapport à ce qu'était l'OLP.
02:06Jean-Philippe Tanguy, le nouveau Premier ministre consulte Sébastien Lecornu,
02:10qui a envoyé des premiers signaux ce week-end,
02:11il n'y aura donc pas de suppression des jours fériés, j'imagine que ça vous fait plaisir ?
02:16Oui et non, c'est-à-dire, évidemment, cette mesure a été condamnable dès la base,
02:20mais c'est cousu de fil rose, tout ça c'est pour les socialistes,
02:22et c'était cousu de fil rose dès le début, c'est-à-dire qu'on savait très bien que ces deux jours fériés n'existaient pas.
02:27Et en fait, plus on parle des jours fériés, qu'il est l'éléphant dans la pièce,
02:29et puis on ne parle pas des petites mesures qui arrivent.
02:31Il y a eu, comment dire, un amendement qui a été préparé, déposé,
02:35pour piquer 17 milliards en retraités, c'est-à-dire une désindexation sur 4 ans.
02:38Il y a l'accord sur les barrages.
02:40Il n'a pas encore fait connaître ses arbitrages, Sébastien Lecord.
02:42Oui, non, mais on va voir.
02:43Là, vous parlez de ce qu'avait prévu François Bayon.
02:45Oui, bien sûr, mais ce n'est pas Bayrou qui l'a prévu, c'est l'administration,
02:48M. Langlais, là, on a parlé.
02:49L'État français ne dépend pas, heureusement, de ses premiers ministres.
02:52On a un État français ancien qui avance,
02:54donc 17 milliards sur les retraités.
02:55On n'a rien voté depuis 3 ans.
02:58L'accord sur les barrages, que tout le monde a présenté comme formidable,
03:02qui va nous coûter 1 milliard par an.
03:05Les décrets sur le double-doublement des franchises médicales,
03:09à la fois la consultation par consultation et par boîte de médicaments,
03:13mais aussi...
03:13Marine Le Pen a dit que ça fait partie d'une ligne rouge.
03:16On n'en veut pas, mais c'est parti, là.
03:18Ça y est, voilà.
03:18Mais on n'en parle pas.
03:19Le décret n'a pas été signé.
03:20Mais c'est parti, c'est dans les couloirs.
03:23François Bayrou, ici même, avait dit le vendredi avant sa chute,
03:26« Je ne signerai pas ce décret, ça sera en gros au prochain de voir. »
03:29Mais l'avancement du décret des décisions,
03:31y compris d'ailleurs auprès des autorités consultatives
03:33de la Caisse Nationale d'Assurance Maladie,
03:35sont en cours de manière beaucoup plus avancée
03:37que les consultations politiques.
03:38Donc si vous voulez, pendant que les macronistes ont agité
03:41ces deux jours fériés, évidemment qu'il faut condamner,
03:43mais qui n'ont jamais vraiment existé.
03:44Ce que je veux dire à ceux qui nous écoutent,
03:46c'est que les sujets de gravité avancent.
03:48Et ça, c'est la méthode d'escroc.
03:51Méthode d'escroc ?
03:51Mais oui, c'est que vous agitez la main droite,
03:53vous agitez la main droite,
03:54et pendant que tout le monde regarde ce que fait la main droite,
03:56ils vous piquent votre portefeuille dans la main gauche.
03:57Donc ça, c'est le macronisme aujourd'hui qu'on est réduit à là,
04:00ne pas assumer les décisions qu'ils prennent.
04:02Pour vous, Bayrou, c'est Lecornu, Lecornu, c'est Bayrou,
04:04c'est pareil, c'est les mêmes ?
04:05C'est Macron.
04:06Tout ça, c'est Macron.
04:07Vous êtes déjà passé à l'après, non ?
04:08J'ai écouté Marine Le Pen et Jordan Bardella hier à Bordeaux,
04:11vous jouez déjà le coup d'après.
04:13Sébastien Lecornu, vous n'avez pas envie de lui parler,
04:14vous n'avez pas envie de l'aider aujourd'hui, si ?
04:15Mais ce n'est pas Lecornu,
04:16mais je pense que les Français ont compris,
04:17on voit bien que les critiques se portent beaucoup sur M. Lecornu,
04:20nos militants ce week-end d'ailleurs eux-mêmes,
04:22spontanément appelaient à la démission d'Emmanuel Macron,
04:24au-delà de la dissolution.
04:26Parce qu'en fait, tout le monde a compris que M. Macron
04:27est en train de griller certaines personnes qui lui sont proches,
04:30qui sont sans doute sympathiques,
04:32pour son propre agenda.
04:34M. Lecornu, aujourd'hui,
04:35vraiment, il est sacrifié,
04:37comme un bouc émissaire.
04:38La motion de censure de l'URN, ça sera quand ?
04:40Ce sera quand Marine Le Pen l'a décidé,
04:42donc on attend les mesures qui vont annoncer.
04:43Et c'est dès que possible ? C'est le plus vite possible ?
04:45Mais ça va dépendre de M. Lecornu,
04:47mais il a très peu de marge de manœuvre.
04:48Et au-delà de ce que va dire M. Lecornu,
04:50c'est est-ce qu'il prend acte de la ruine de la France ?
04:53Qu'est-ce qu'il va proposer comme une économie structurelle ?
04:55Il nous propose des maisons de santé à 30 minutes,
04:58mais il n'y a pas de médecin.
04:59Donc la question, ce n'est pas 30 minutes de distance physique,
05:01c'est surtout que ce ne soit pas 30 jours,
05:03voire 30 mois, pour certains spécialistes.
05:05Donc si vous avez une maison de santé à 30 minutes,
05:07payée par le contribuable,
05:08mais qu'elle est vide dedans,
05:10il n'y a pas de médecin, il n'y a pas de kiné,
05:11il n'y a pas de pharmacien, il n'y a pas d'infirmier,
05:13ça vous fait une belle jambe d'avoir fait un chèque
05:14pour construire une belle maison.
05:15Il y a quand même une volonté politique.
05:18De dire ça, il y a quand même un projet, un programme.
05:21Je pense qu'il n'y a aucun homme politique,
05:23quel que soit sa famille politique,
05:25qui va venir devant les Français et dire
05:26je ne veux pas que vous ayez un accès à la santé près de chez vous.
05:29Je pense que personne ne dit le contraire.
05:31Donc c'est des fausses annonces pour ne pas annoncer
05:33ce qu'il faudrait annoncer sur la santé.
05:35Par exemple, comment convainc les jeunes médecins
05:37ou les jeunes infirmiers et retraités pour revenir travailler ?
05:40Je voudrais vous parler des impôts.
05:42Le Premier ministre semble vouloir travailler à plus de justice sociale.
05:45Vous, vous n'êtes pas clair au Rassemblement National.
05:46Qu'est-ce que vous voulez en fait ?
05:48On veut que les plus aisés contribuent
05:51sous une forme qui peut être l'ancien ISF.
05:53Donc taxer les plus riches, ça c'est oui.
05:55Oui, j'ai peut-être une petite révélation à vous faire.
05:57L'ancien ISF s'est abdérent 4 milliards d'euros aujourd'hui avec l'inflation.
06:02Les jours fériés, c'était à peu près soit disant 4 milliards.
06:04On ne sait pas comment on y arrivait.
06:05En tout cas, l'objectif de Bercy, c'était de trouver 4 milliards.
06:07Et j'ai comme l'impression que l'impôt sur les riches les plus privilégiés
06:12qui est environ 4 milliards, comme par hasard,
06:14va se substituer à la situation des jours fériés
06:16si on baisse les impôts en côté.
06:18C'est-à-dire la particularité du Rassemblement National,
06:20c'est qu'on pense qu'il n'y a pas de solution
06:22dans la hausse des impôts contre l'endettement.
06:25L'équité fiscale, c'est-à-dire récupérer un peu d'argent
06:28sur les plus privilégiés, doit permettre de baisser
06:30la fiscalité sur les impôts de production
06:33et les classes moyennes et populaires.
06:34Donc ça ne doit pas augmenter les impôts globalement, évidemment.
06:36Il n'y a plus de marge. D'ailleurs, les impôts ne rentrent plus.
06:38Qui a dit, moins de riches, ça ne fait pas moins de pauvres ?
06:41C'est sans doute une personnalité du Rassemblement National.
06:43Oui, c'est Laure Lavalette.
06:45Mais ce qui est vrai...
06:46Qui est contre la taxation des riches.
06:47Non.
06:48Elle dénonce la chasse aux riches, comme Julien Audoul.
06:51Mais parce que faire croire que c'est en taxant les riches
06:54qu'on va résoudre l'endettement, oui, c'est de la chasse aux riches.
06:56Nous, on sépare les deux.
06:57Il faut d'un côté réduire les dépenses et les gabegies
07:00pour le tonneau d'aide d'analyse de la dépense publique
07:03et d'un autre côté, recréer un modèle d'équilibre fiscal
07:05pour baisser les impôts globalement.
07:07Mais ce sont deux choses différentes.
07:08Et on veut toujours nous faire confondre, comment dire,
07:11prendre des vessies pour des lanternes.
07:12Il y a un modèle d'équité fiscale à rétablir d'un côté
07:14pour baisser les impôts globalement
07:15et il y a baissé considérablement les dépenses et les gabegies de l'autre.
07:18Mais on ne pourra pas réduire, comment dire,
07:21contenir la crise des finances publiques
07:22en augmentant les impôts des riches.
07:23Ça, c'est un mensonge.
07:25Bah oui, du coup, je ne comprends pas ce que vous dites.
07:26Parce qu'il y a deux minutes, vous dites, il faut les augmenter.
07:28Là, vous dites, on ne pourra pas, il ne faut pas les augmenter.
07:30Quand le patron du MEDEF...
07:31Je me réexplique, alors, il y a d'un côté
07:32le tonneau des danaïs de la dépense publique,
07:34il faut couper dans les dépenses, frontalement.
07:36Et de l'autre côté, il faut rééquilibrer l'effort
07:38pour baisser les impôts.
07:39Je ne vois pas en quoi c'est compliqué.
07:41Donc, il ne faut pas faire payer les plus riches ?
07:43Les plus riches doivent payer pour baisser les impôts
07:44des plus pauvres et des classes populaires.
07:46C'est deux choses différentes.
07:53Vous voyez bien que si aujourd'hui, vous dites
07:56qu'il y a de l'injustice fiscale,
07:57c'est donc que chacun ne paie pas sa juste part.
07:59Donc, vous pouvez baisser les impôts
08:00des classes populaires et des classes moyennes
08:02en augmentant celui des plus riches.
08:04Donc, c'est à somme nulle, globalement.
08:06Et de l'autre côté, vous coupez dans les dépenses
08:08pour réduire la crise des finances publiques.
08:10Quand le patron du MEDEF...
08:11Quand le patron du MEDEF explique qu'il n'est pas question
08:14que les entreprises payent un euro de plus,
08:15vous le comprenez, vous le soutenez,
08:16ou vous dites, non, il faut faire un effort quand même ?
08:18Mais les entreprises font beaucoup d'efforts, pour le coup.
08:20Donc, il n'y a pas de marge.
08:21Donc, vous êtes d'accord avec lui ?
08:22Oui, parce que dans un monde à l'économie totalement ouverte,
08:25si vous augmentez les impôts des entreprises,
08:27en particulier, évidemment, des PME
08:29et des entreprises intermédiaires
08:30qui n'ont pas les moyens de faire de l'optimisation
08:32comme les plus grosses,
08:33elles affrontent la concurrence de l'Allemagne,
08:36des Pays-Bas, de la Chine et des Etats-Unis,
08:38maintenant surtout.
08:39Donc, elles n'y arriveront pas, tout simplement.
08:41Donc, vous pouvez augmenter, tondre,
08:42si vous voulez, tondre le mouton la première année.
08:45Et puis, si vous voulez tondre le mouton deux fois dans l'année,
08:47il meurt.
08:47Dernière question.
08:48Le Premier ministre veut supprimer les avantages à vie
08:50concernant notamment les anciens premiers ministres.
08:52Alors, on est d'accord, ça ne va pas régler le problème de la dette,
08:54mais c'est un symbole.
08:55C'est un symbole qui vous convient, ça ou pas ?
08:56Vous devez attendre si bien qu'on l'avait proposé
08:57en commission mixte paritaire.
08:59Donc, c'est un peu le sénacle qui n'est pas à huis clos
09:01qui réunit les députés et les sénateurs
09:03pour faire le budget l'année dernière.
09:04Il n'y a que le Rassemblement National,
09:05et je le reconnais, Éric Coquerel,
09:07qui a voté pour supprimer les avantages des premiers ministres.
09:10Ils se sont tous attendus,
09:11sénateurs PS et élus macronistes
09:13pour rétablir les avantages des premiers ministres
09:15qui avaient été supprimés.
09:16Donc, chaque année, on nous fait le coup,
09:17et chaque année, ils sauvent les copains.
09:20Il faut faire pareil avec les chefs d'État,
09:21en l'occurrence Nicolas Sarkozy et François Hollande.
09:23C'est un peu plus de 3 millions par an.
09:25Oui, oui, il faut supprimer ces avantages.
09:27Mais ils ont déjà un avantage qui est prévu,
09:29qui est déjà bien suffisant,
09:30qui est leur place au Conseil constitutionnel
09:32tel que l'avait prévu le général de Gaulle.
09:34Voilà, de Gaulle avait tout prévu.
09:35Je ne vois pas pourquoi ils se sont rajoutés
09:36des machins et des bidules.
09:38Et puis, par ailleurs, il faut aussi interdire
09:39aux anciens présidents de faire des conférences
09:42et de se faire rémunérer par des puissances étrangères.
09:45Voilà, c'est ça aussi le vrai problème des présidents.
09:47Moi, j'ai toujours été contre le fait
09:48que M. Sarkozy fasse des conférences
09:50payées par ici le Qatar, ici la Russie,
09:52avec des intérêts qui sont forcément contradictoires
09:54aux intérêts de la France.
09:55Bon, il n'y a pas beaucoup de risques
09:57que les Qataris paient Mme Borne
09:58pour faire une conférence.
10:00Merci. Petit scut gratuit pour finir.
10:02Vous êtes de mauvaise humeur, vous, ce matin.
10:03Merci beaucoup.
10:03Pas du tout. Je suis très content d'être là.
10:05D'être venu ce matin.
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