00:00Ce matin avec la présidente de l'Assemblée Nationale, Yael Brown-Pivet.
00:04Bonjour et bienvenue sur RTL, Yael Brown-Pivet.
00:05Bonjour.
00:06Sans surprise, François Bayrou n'a pas obtenu la confiance de l'Assemblée hier
00:10et dans quelques heures, celui qui est encore Premier ministre
00:12ira remettre sa démission au chef de l'État.
00:15Est-ce que vous le regrettez ?
00:17Oui, je le regrette parce qu'il a posé des vrais constats.
00:21Il a posé une question essentielle à la représentation nationale
00:23sur la dette et sur la trajectoire que nous pouvions avoir pour la réduire.
00:28et malheureusement, il n'a pas réussi à emporter l'adhésion des parlementaires.
00:33Donc c'est dommage parce que maintenant, de toute façon,
00:35il nous faut affronter toujours cette question de la dette et la question budgétaire.
00:39Donc rien n'est réglé aujourd'hui et donc évidemment, on ne peut que le déplorer.
00:44Rien n'est réglé, on a même l'impression que c'est de plus en plus compliqué
00:46avec cette situation politique ultra complexe qui désespère,
00:50pour ne pas dire exaspère un peu les Français.
00:51Selon notre sondage à RIS Interactive pour RTL,
00:54ils sont aujourd'hui 60% à souhaiter une dissolution
00:57et 66% à demander la démission d'Emmanuel Macron.
01:01Que faut-il leur répondre ?
01:03Qu'ils ont raison d'être un peu désespérés,
01:06qu'ils ont raison d'être affligés par le spectacle que la classe politique leur offre.
01:12Moi, dimanche, j'étais sur le terrain à se retrouver dans ma circonscription
01:16et les Français ne veulent qu'une chose,
01:18qu'on se mette autour de la table, qu'on discute et qu'on avance.
01:21Là, ils veulent une dissolution.
01:23Parce qu'on n'est pas capable de le faire.
01:25Donc en fait, ils se disent, si ceux-là ne sont pas capables de le faire,
01:28il en faut d'autres.
01:29Malheureusement, moi je suis convaincue que la dissolution ne réglera strictement rien.
01:35Et donc, moi je suis évidemment hostile,
01:37parce qu'il nous revient à nous d'être finalement responsables
01:41et d'être capables d'avancer pour offrir de la stabilité,
01:44des perspectives à notre pays et aux Français.
01:46Et quand 66% des Français disent, on veut que le chef de l'État s'en aille,
01:50est-ce que ça ne devient pas un problème de fonctionnement de notre démocratie ?
01:54Alors, effectivement, ça interpelle ces 66%.
01:58On voit que nos institutions sont fragilisées.
02:02Et moi, aujourd'hui, j'appelle tous les responsables politiques, justement,
02:06à ne pas les fragiliser davantage.
02:08Le monde tangue.
02:10On vient d'en parler sur le plan économique.
02:13On voit la guerre aux quatre coins du monde.
02:15Il nous faut absolument préserver notre pays.
02:19Et donc, il faut lui offrir de la stabilité, des perspectives à nouveau,
02:22répondre aux attentes des Français.
02:24Et donc, rien ne serait pire qu'une crise politique,
02:26rien ne serait pire qu'une crise de régime.
02:28Il nous revient à nous, aujourd'hui, pas demain,
02:31aujourd'hui, de l'éviter et donc de nous montrer responsables
02:34et de faire des pas les uns envers les autres.
02:36Vous dites ni dissolution ni démission.
02:37Le chef de l'État vous a reçu hier matin en vente qualité de présidente de l'Assemblée.
02:41En fin de semaine dernière, il avait reçu Gérard Larcher, le président du Sénat.
02:44Est-ce que c'est pour préparer une dissolution ?
02:46Est-ce qu'il vous en a parlé ?
02:47Il ne nous en a pas parlé, en tout cas pas à moi.
02:49Et je crois savoir qu'il n'en a pas parlé au président du Sénat.
02:53Le président du Sénat et moi-même sommes en liaison étroite.
02:57Et nous cherchons, tous les deux, avec le président de la République, évidemment,
03:01une voie de sortie pour, à nouveau, offrir des perspectives aux Français.
03:05Et il y a cette question.
03:06À qui le tour ?
03:06Qui fait la une de la charante libre et que tout le monde se pose ce matin ?
03:09Emmanuel Macron a fait savoir qu'il allait nommer un successeur à François Bayrou
03:12dans les tout prochains jours. C'est important d'aller vite, Yael Brandpivet ?
03:15Alors, c'est important d'aller vite parce que nous sommes encore dans les temps.
03:19J'entends, il n'y aura pas de budget, etc.
03:21Ce n'est pas vrai.
03:21On peut déposer la copie budgétaire jusqu'au 7 octobre à l'Assemblée nationale et il faut la débattre.
03:28C'est dans un mois, ce n'est pas demain, c'est dans un mois.
03:30Et donc, un nouveau Premier ministre avec un gouvernement aurait le temps d'aller chercher un compromis
03:35sur cette copie budgétaire pour pouvoir avoir un budget qui serait débattu à l'Assemblée nationale,
03:40ce que je souhaite, puis voter pour pouvoir offrir un budget aux Français.
03:46Les chefs d'entreprise nous le demandent.
03:48Nous sommes tous responsables et donc, je crois que cette voie, elle est possible.
03:51Mais il faut effectivement aller vite et chercher la voie du compromis avec chacun,
03:56en tout cas avec tous ceux qui le souhaitent.
03:58Alors, trouver la bonne méthode, ce n'est pas simple.
03:59Hier, à l'Assemblée, Laurent Wauquiez a dit qu'on ne peut pas gouverner ensemble
04:01sans avoir défini un programme de travail.
04:03Il faut assumer de se mettre tous autour de la table pour définir un programme de travail en amont.
04:08Est-ce que c'est ça la bonne méthode ?
04:09Alors, j'ai été très heureuse de l'entendre.
04:11Vous savez, moi, je plaide pour ce pacte avec des projets bien définis depuis très longtemps.
04:18Et donc, je suis très heureuse d'avoir entendu hier, à la tribune de l'Assemblée,
04:22Laurent Wauquiez pour les Républicains,
04:24Gabriel Attal pour le parti Ensemble pour la République,
04:28Marc Fénaud pour le Modem,
04:30Laurent Panifousse pour Lyot,
04:32Paul Christophe pour Horizon,
04:33dire qu'il faut qu'on se mette autour d'une table
04:36pour définir le programme d'action jusqu'en 2027.
04:38Donc, je suis très heureuse que tout le monde se rallie à cette position
04:42que je défends depuis des semaines et depuis des mois.
04:45Donc, mettons-nous au travail.
04:46Je reçois tout à l'heure, à 9h30, à l'Assemblée nationale,
04:50l'ensemble des présidents de groupe.
04:51Nous discuterons de cela et du fonctionnement de l'Assemblée nationale.
04:56Il n'y a pas une minute à perdre pour essayer de se mettre d'accord
04:58sur ce pacte de responsabilité et de stabilité.
05:01Vous nous dites mettre tout le monde autour de la table.
05:03Ça fait trois ans que je le fais à l'Assemblée,
05:04depuis que je suis présidente de l'Assemblée.
05:06Est-ce que cette méthode que vous avez appliquée à l'Assemblée,
05:10vous vous sentez en mesure de le faire à Matignon ?
05:13Aujourd'hui, moi, je trouve que la question,
05:15ce n'est pas qui va animer cette équipe de jeu,
05:18mais c'est pour quoi faire.
05:19C'est pour ça que moi, je pense que d'abord,
05:20il faut se mettre d'accord sur le programme d'action pour 2027.
05:24Après, moi, vous savez, je ne rechigne jamais devant les obstacles,
05:28devant la difficulté.
05:29Parfois, on me dit, oh là là, l'hôtel de l'Asset, c'est confortable,
05:33et donc, tu veux y rester ?
05:35Eh bien, non, moi, je ne suis pas, comme on dit, une assise.
05:38Je suis capable, évidemment, et je l'ai montré dans toute ma courte carrière politique
05:41que je prenais des risques.
05:43Donc, si, d'aventure, il fallait assumer cette mission-là,
05:47évidemment, je ne rechignerai pas.
05:48Mais c'est le choix du président de la République.
05:50En attendant, j'assume pleinement ma responsabilité de présidente de l'Assemblée nationale
05:55en mettant tout le monde autour de la table, tous les groupes politiques présents à l'Assemblée.
05:59Moi, quelle que soit la place qui est la mienne,
06:01je serai toujours là pour oeuvrer pour la stabilité, pour l'intérêt des Français.
06:05C'est ça, c'est comme ça que je vois mon engagement politique.
06:07J'entends aussi que vous nous dites que ce matin, vous êtes candidate au poste de Premier ministre.
06:10Je ne suis pas candidate, je ne suis pas candidate du tout.
06:12Et si Emmanuel Macron vous appelle ?
06:13En revanche, je suis disponible pour oeuvrer dans l'intérêt de mon pays.
06:18Il n'y a que ça qui m'intéresse, à la place qu'il faudra.
06:22Aujourd'hui, je suis présidente de l'Assemblée nationale.
06:23C'est important ce que vous dites, parce que si dans l'intérêt du pays,
06:26Emmanuel Macron considère que votre place est davantage à Matignon qu'à l'Assemblée,
06:30vous êtes prête à quitter la présence de l'Assemblée ?
06:31Évidemment, parce que les Français nous demandent d'agir,
06:36ils ne nous demandent pas d'être des rentiers de situation ou de fonction.
06:40Maintenant, je pense vraiment qu'aujourd'hui, mardi, le sujet n'est pas là.
06:45Le sujet, c'est qui est capable de se mettre autour d'une table
06:49pour faire ce fameux pacte de responsabilité, de stabilité,
06:52en tout cas, vous avez envie de le faire, vous avez envie d'y participer.
06:54Est-ce que, admettons, si demain vous étiez à Matignon,
06:57est-ce que vous pensez être capable de mettre dans le même gouvernement
07:00Bruno Retailleau, Gérald Darmanin, Gabriel Attal et Olivier Faure,
07:03des LR, des macronistes et des socialistes ?
07:04Est-ce que c'est indispensable ?
07:06Écoutez, je ne fais jamais de politique fiction.
07:09En revanche, ce qui est sûr,
07:10c'est que si nous formons un gouvernement de coalition,
07:14il faudra deux conditions.
07:16Qu'on mette un, 2027, complètement de côté,
07:19parce que personne, en tout cas, ne nous en parle
07:22lorsqu'on est sur le terrain et les Français ne sont pas intéressés à ça.
07:25Et il faudra également qu'on convienne,
07:28collectivement, que ça ne vaut pas qu'ITUS
07:30pour les huit ans de politique que nous avons conduite.
07:34Donc ça serait une cohabitation quand même ?
07:35Non, ça ne serait pas une cohabitation,
07:38mais la participation à une quelconque alliance
07:41ne vaudrait pas qu'ITUS pour une gestion de huit ans de pouvoir,
07:45ni qu'ITUS pour une présidentielle de 2027.
07:47Il faut être clair sur les choses.
07:49Ça serait de maintenant à 2027,
07:53mais en se disant,
07:54le pays a besoin de responsables
07:56qui vont lui offrir de la stabilité et des perspectives.
08:00Les Français nous parlent d'accès aux soins,
08:04nous parlent de pouvoir d'achat,
08:05nous parlent de travail,
08:07nous parlent d'écologie.
08:08Je ne crois pas que tous ces sujets soient extrêmement clivants.
08:12On est capable de trouver des solutions
08:13et réservons après tout ce qui est extrêmement clivant
08:16pour la présidentielle de 2027
08:18et ce sera tranché par cette élection
08:20et par le peuple lui-même.
08:21Dans l'hypothèse où Emmanuel Macron,
08:23parce que ça va faire bouger les lignes un peu ce que vous dites ce matin,
08:25vous appellerez pour Matignon.
08:26On est d'accord ?
08:27Non, mais c'est une hypothèse.
08:28Est-ce qu'il faudrait que la Macronie conserve la présidence de l'Assemblée
08:30parce que tout ça est une question d'équilibre
08:31ou est-ce qu'il faudrait faire un geste en direction des oppositions ?
08:34Mais vous savez, là vous êtes vraiment dans un jeu de domino
08:37qui aujourd'hui n'existe pas.
08:39Non, on est dans l'énigme du jour.
08:40Mais oui, mais l'énigme du jour c'est
08:42est-ce qu'on a suffisamment de monde autour de la table
08:44pour faire une majorité absolue à l'Assemblée nationale
08:46autour d'un pacte de gouvernement,
08:48de stabilité et de responsabilité ?
08:50La question du jour c'est celle-là.
08:51Est-ce qu'on a tout le monde ?
08:52Les noms que je vous ai cités ne suffisent pas.
08:54Il nous faut d'autres partenaires.
08:56Il nous faut les socialistes.
08:57Il nous faut les écologistes.
08:58Et donc il faut qu'on continue à élargir.
09:01Et donc est-ce qu'on y arrive ?
09:03Et c'est ça la question qui se pose aujourd'hui à nous.
09:05Pour quel programme c'est aussi important ?
09:07Quel qu'il soit, le prochain Premier ministre
09:09devra-t-il renoncer à utiliser le 49-3
09:11comme s'y engager par exemple Olivier Faure ?
09:13Moi ce que je crois c'est qu'effectivement
09:15s'il y a cet accord large que je prône,
09:20il y a une majorité absolue à l'Assemblée nationale
09:22qui participerait à cet accord.
09:25Et dans ces conditions-là,
09:27il faut effectivement renoncer et au 49-3
09:29et engager la responsabilité du gouvernement
09:31immédiatement sur le pacte de coalition.
09:33Il faut le faire d'entrée de jeu
09:34sur le pacte de coalition
09:35pour que le pacte de coalition
09:37soit clair pour les Français
09:38et que l'acceptation
09:41de la représentation nationale soit claire.
09:43S'il n'y a pas cela, ça ne marchera pas.
09:46Dernière question,
09:46le prochain Premier ministre
09:47ou la prochaine Première ministre
09:48devra-t-il ou elle rester
09:50sur la même trajectoire d'économie ?
09:51Les fameux 44 milliards
09:53qui finalement ont fait chuter François Bayrou.
09:55Alors la première chose
09:56qu'il faudra faire,
09:57c'est obtenir un compromis sur le budget.
09:59dans un compromis,
10:00il faut chercher en face des pas
10:01et donc évidemment
10:02que la trajectoire ne sera pas la même.
10:05Comment ça n'est pas un compromis ?
10:06On ne pourra pas faire 44 milliards d'économies ?
10:08Ce sera difficile
10:08de faire 44 milliards d'économies.
10:10Maintenant, il faut faire un compromis.
10:12Moi, j'ai prôné par exemple
10:14de renoncer à cette mesure
10:15de suppression des deux jours fériés.
10:18Il faudra un budget
10:19qui soit juste, équitable
10:21et que les Français
10:22le perçoivent comme tel.
10:24mais à nouveau,
10:25la contrepartie,
10:26c'est aussi d'offrir
10:27de la stabilité au pays
10:28jusqu'en 2027.
10:29Moi, je ne veux pas
10:30que les accords
10:32soient une non-censure
10:34pour deux mois
10:34ou trois mois
10:35et puis après, on verra.
10:36Ça, ça n'est pas satisfaisant.
10:38Le pays a besoin
10:39d'autres choses.
10:40Il a besoin vraiment
10:41d'avoir de la stabilité
10:43et qu'on soit capable
10:44de lui offrir.
10:45Je crois que c'est à portée de main.
10:47Merci, Elbron Pivet,
10:48président de l'Assemblée,
10:49dont on entend très clairement
10:49que vous êtes prête
10:50à prendre vos responsabilités ce matin.
10:52À 8h15, c'est Jordan Bardella
10:53qui sera l'invité de Marc.
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