00:00Thomas Soto, RTL Matin.
00:03Il est 7h43, il est l'homme qui rêve de faire tomber Marseille dans l'escarcelle du Rassemblement National lors des municipales au mois de mars.
00:09Franck Alizio est l'invité d'RTL Matin. Bonjour et bienvenue sur RTL.
00:12Bonjour.
00:13Marseille, dans l'esprit populaire, c'est la bonne mère, c'est l'OM et malheureusement la DZ Mafia.
00:18Alors pour les miracles et pour le foot, vous ne pouvez pas grand chose, mais pour lutter contre le narcotrafic, avec vous comme maire, il se passerait quoi de différent ?
00:26Nous aurions un maire qui prend ce problème à bras-le-corps, parce que le problème du narcotrafic, c'est le problème plus largement de l'insécurité.
00:34Vous voyez, hier, comme depuis deux mois d'ailleurs, on parle de l'affaire d'Orange, mais il y a aussi...
00:41Orange, c'est des salariés, on prend des salariés, un site qui est déplacé en quelque sorte parce qu'il vit sous insécurité, il y a des impacts de balles sur la façade, et donc Orange a décidé de déplacer ses salariés.
00:51Exactement.
00:51Donc il y a des zones de bon endroit à Marseille.
00:52Évidemment. Et le mois d'avant, c'était les Galeries Lafayette. On est la seule grande ville de France qui n'a plus de Galeries Lafayette, qui part aussi du centre-ville pour cause d'insécurité.
01:01Et puis à quelques centaines de mètres d'Orange, vous avez la colline du Crac marseillaise.
01:06Comment vous faites pour lutter contre le narcotrafic ?
01:07Eh bien, la lutte contre l'insécurité et le narcotrafic, car le narcotrafic fait partie de l'insécurité, c'est quelque chose qui se résout avec le maire et avec l'État, évidemment.
01:19Mais le maire peut faire des choses. Et le maire, depuis cinq ans aujourd'hui, c'est le maire de l'impuissance, ou de l'incompétence, ou du laxisme idéologique.
01:28Un maire, aujourd'hui, ça devrait faire, et c'est mon engagement que je prends auprès des Marseillais pendant cette campagne, ça devrait faire, à minima, de la police municipale marseillaise.
01:36La première police municipale de France, c'est mettre tous nos atouts de notre côté dans cette bataille.
01:42Elle a à peine doublé, mais on partait de très très loin. On est toujours en dessous, en dessous de la moyenne nationale.
01:48On est la ville la plus exposée en matière d'insécurité du trafic de l'eau. On a une police municipale qui est dotée en dessous de la moyenne nationale.
01:55Les policiers municipaux, ils sont fort utiles, mais ils n'ont pas le droit d'enquêter, d'interpeller pour trafic de stupes, de procéder à des perquisitions.
02:02Je ne dis pas du tout qu'ils ne servent à rien loin de là, mais pour lutter contre le narcotrafic, c'est un peu limité, non ?
02:06Le maire de Marseille, moi, demain, maire de Marseille, je triple le nombre de policiers municipaux.
02:12Pour arriver juste dans le plomb de tête, ça change quand même beaucoup de choses de voir de la police de jour comme de nuit.
02:18Donc vous faites fois trois par rapport à aujourd'hui ?
02:19Fois trois par rapport à aujourd'hui. On arrive juste dans le plomb de tête des meilleures villes en matière de police municipale.
02:25Je multiplie par deux le nombre de caméras de vidéosurveillance.
02:28Et surtout, je monte à Paris. Je vais taper à la porte du ministère de l'Intérieur pour demander des renforts.
02:36Vous savez qu'aujourd'hui, et c'est l'un des scandales de cette ville, c'est l'un des scandales de ce pays,
02:41aujourd'hui, à Marseille, il y a moins de policiers nationaux qu'en 2016.
02:46Ce que disait aussi Benoît Payan.
02:47Pour le coup, lui, il est monté. Emmanuel Macron est venu plusieurs fois.
02:51Mais pourquoi ça ne marche pas ? On a reçu Bruno Retailleau, quand il était ministre de l'Intérieur, il disait on va le faire.
02:55Pourquoi il ne le fait pas ?
02:56M. Payan le dit, mais il n'a rien fait.
03:00M. Payan explique à longueur de journée dans les médias que tout compte fait à Marseille, c'est du Marseille bashing,
03:06et tout va bien et on peut se promener dans les rues.
03:08Il y a un côté pas de vague chez M. Payan.
03:11D'ailleurs, comme tous les macronistes, comme tous les gens de gauche, qui est insupportable.
03:13Moi, ce qui m'intéresse, c'est M. Alizio. Je veux savoir pour qui on vote si on vote pour M. Alizio.
03:16Aujourd'hui, M. Alizio, il fait de la police municipale marseillaise la première police municipale de France.
03:22Vous demandez l'état d'urgence toujours ?
03:24Il fait tout ce qu'il peut. Il va demander des renforts.
03:27Il demande à l'État de prendre ses responsabilités.
03:31Et si le ministre de l'Intérieur ne les prend pas, alors il va faire le tour de vos plateaux médias
03:35jusqu'à ce qu'on lui donne ce qu'il veut.
03:37C'est ça, un maire de Marseille.
03:40Votre demande d'état d'urgence à Marseille ?
03:42Écoutez, Marseille est dans une situation exceptionnelle.
03:44Oui, je pense que l'état d'urgence fait partie de la panoplie de ce qui pourrait être fait pour améliorer les choses.
03:51Même si la définition de l'état d'urgence ne colle pas complètement, vous le savez.
03:53Non, mais tout simplement pour mettre la police et la justice à armes égales avec les trafiquants de drogue.
03:59Il faut tout essayer et je suis convaincu qu'on peut remettre Marseille en ordre.
04:04Il faut de l'armée ?
04:05Non, typiquement, je pourrais faire un effet de manche, ça ferait une dépêche AFP.
04:10Mais non, aujourd'hui on n'a pas tout essayé en matière de police et de justice.
04:13On n'a pas donné tous les moyens à notre police et à notre justice à Marseille pour qu'ils aient des résultats.
04:18Donc l'armée, c'est un effet de manche.
04:21Franck Alizio, les sondages sont plutôt bons pour vous en ce moment puisque vous êtes en tête à égalité avec Benoît Payan.
04:25Vous êtes un ancien de l'UMP, un nostalgique du RPR, vous avez même racheté la marque il y a quelques années.
04:30Est-ce que ce matin, vous nous dites que vous alliez avec Martine Vassal, la candidate de droite classique ?
04:36Qu'est-ce que vous lui dites à Martine Vassal ?
04:38Parce qu'il y a quelques jours, elle a dit, oui, je n'exclus pas une alliance de second tour et puis elle a rétro-pédalé.
04:43Alors, moi, il faut inverser la question.
04:46Qui va prendre la responsabilité de laisser l'extrême-gauche, je dis bien l'extrême-gauche, s'emparer de Marseille demain ?
04:56Qui prendra cette responsabilité de mettre en...
04:59Oui, excusez-moi, mais M. Payan ne peut gagner qu'avec l'aide de M. Delogu.
05:03On connaît les gauches en France, elles finissent toujours par s'entendre après avoir hurlé et juré qu'elles ne s'entendraient pas.
05:11Qui, demain, prend la responsabilité de mettre en danger nos policiers ?
05:14De mettre en danger la communauté juive à Marseille ?
05:17On a l'alien le plus important à qui prend cette responsabilité.
05:23Martine Vassal, je la connais depuis 15 ans, vous savez qu'on a été ensemble à l'UMP.
05:27Martine Vassal, aujourd'hui, certes, elle est macroniste, mais elle ne l'a pas toujours été.
05:31Martine Vassal, elle a été dans l'équipe de Jean-Claude Godin.
05:34Un Jean-Claude Godin qui, à l'époque, n'avait pas hésité, pour faire barrage à la gauche et pour battre la gauche,
05:38de faire, justement, une alliance entre, à l'époque, le RPR, l'UDF et le Front National.
05:45Eh bien, je lui demande de prendre cette responsabilité comme Jean-Claude Godin les avait prises il y a 30 ans.
05:49Je veux dire quoi ?
05:49C'est-à-dire qu'entre les deux tours, eh bien, il faudrait, logiquement, qu'elle me soutienne, qu'elle se rallie à moi,
05:56sous une forme ou sous une autre, ça, c'est à elle de le déterminer, si elle rompt avec le macronisme.
06:02Évidemment.
06:02Vous parlez avec elle ou pas ?
06:04Parce que moi, l'Union, elle ne va pas jusqu'aux macronistes qui ont fait tant de mal à Marseille et à la France.
06:08Est-ce qu'il y a déjà un deal entre vous, elle ? Un deal secret ? Est-ce que vous parlez ?
06:12Non. Alors, le fait qu'on se parle, on ne regarde personne.
06:14Le fait qu'il y ait un deal secret, pour l'instant, la réponse est non.
06:17Pour l'instant, il n'y a pas de deal secret.
06:19Bon, Benoît Payan, on l'a compris, ce n'est pas votre copain.
06:21Vous avez publié un tract anti-Payan sur les réseaux sociaux, avec ce qui serait, selon vous, son équipe municipale.
06:25Un premier adjoint chargé de l'insertion des dealers.
06:27Une adjointe en charge de la préférence algérienne.
06:29Un adjoint en charge des relations avec les islamistes.
06:32Est-ce que là, ce n'est pas le RN en cravate qui cède la place au bon vieux FN, à l'ancienne ?
06:37C'est un peu le rouge qui tâche, là, quand même, non ?
06:39Non, c'est une initiative militante. Ce n'est pas moi qui fais le tract.
06:42C'est une initiative militante.
06:43Repris par votre équipe.
06:44Ce n'est pas un document de campagne qui a été repris par mes équipes.
06:46Qu'est-ce qui vous choque, là-dedans ?
06:48Non, je vous demande un moment si c'est un positionnement qui est celui que vous allez avoir.
06:51Bon, monsieur, c'est à la fois...
06:53Vous avez raison, c'est une caricature, c'est ironique.
06:55Mais dans toute plaisanterie, il y a un fond de vérité.
06:58Et il y a, évidemment, un fond de vérité.
07:00Quand monsieur Delogu, comme monsieur Payan, ont démultiplié les voyages, plus ou moins discrets, en Algérie, auprès de la dictature algérienne,
07:08pour justement faire du clientélisme électoral, pour gagner à Marseille, et pour instrumentaliser la communauté franco-algérienne,
07:16oui, ça me choque.
07:17Et oui, dans cette petite caricature, ça dit aussi cette vérité.
07:21Bon, Franck Alizio, vous êtes député.
07:23Vous voterez la motion de censure, l'émotion de censure du RN et de LFI contre le gouvernement ?
07:26Oui, moi j'ai cette particularité avec Marine et Jordan Bardella, c'est que je fais ce que je dis.
07:31Donc, par définition, vous voyez, hier je montais, je prenais le train pour monter vous voir,
07:35et quelqu'un d'entrée me dit, monsieur Alizio, alors du coup, il y a le 49-3, donc le gouvernement va tomber.
07:41Et j'ai répondu, mais non, parce que les socialistes ne vont pas voter la censure.
07:45Ils m'ont dit, mais ils avaient dit que le 49-3, c'était ligne rouge, justement, c'est ce qu'ils ne voulaient absolument pas.
07:51Et oui, c'est le problème, c'est qu'un socialiste, ça ment énormément.
07:54Le procès de Marine Le Pen, il vous inquiète, elle sera à la barre cet après-midi, elle sera à la barre demain, entendu ?
07:58Non, elle était à Marseille vendredi dernier.
08:01Elle m'a dit qu'elle allait changer de stratégie, qu'il faut limiter la casse ?
08:04Non, je ne suis pas son avocat, on ne parle pas de la procédure ensemble,
08:10mais je la sentais déterminée, sereine.
08:14Tout ce qui peut rétablir la justice et tout ce qui peut lui permettre d'être candidate à la présidentielle
08:18sera une très bonne chose, et pour elle, et pour nous, et pour le pays.
08:20Bon, vous suivez le foot ou pas, quand on va être maire de Marseille ?
08:22Oui.
08:23Contre qui joue l'OM demain ?
08:25Liverpool.
08:26Ligue des champions, ils sont combien au classement ?
08:28Marseille ?
08:29L'OM, en Ligue des champions.
08:31On est 3ème.
08:31Non, en Ligue des champions.
08:33Ah, en Ligue des champions, on est beaucoup plus loin.
08:3816.
08:38Bon, ça peut encore passer.
08:40Dernier match, c'était contre qui l'OM en championnat ?
08:42En Angers.
08:43Enfin, on a joué, on a joué cette nuit dernière.
08:45Ah, 5-2, là, on était...
08:46Le foot vous maîtrisez.
08:49Merci beaucoup, Franck Alizio, d'être venu ce matin sur RT.
Commentaires