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  • il y a 12 heures
Emmanuel Macron a annoncé lundi la "mise en place progressive d'une dissuasion avancée", offrant notamment la possibilité pour les alliés européens "de participer aux exercices de la dissuasion" nucléaire française, en ajoutant que dans le cadre de cette nouvelle doctrine, "il n'y aura aucun partage de la décision ultime - ni de sa planification, ni de sa mise en œuvre". Des annonces qui interviennent dans un contexte mondiale particulier après l'offensive israélo-américaine en Iran ce week-end. Bruno Retailleau, président du parti Les Républicains et candidat à la Présidentielle de 2027, est l'invité de RTL Matin.
Regardez L'invité RTL de 7h40 avec Thomas Sotto du 03 mars 2026.

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Transcription
00:00Va Thomas Soto, RTL Matin.
00:03Il est 7h42, ancien ministre de l'Intérieur, il est le président du parti Les Républicains et candidat déclaré à
00:08la prochaine présidentielle.
00:09Bruno Retailleau est donc l'invité d'RTL Matin.
00:11Bonjour et bienvenue sur RTL, Bruno Retailleau.
00:13Bonjour Thomas Soto.
00:14Vous, président, que feriez-vous face à la guerre en Iran ? Quelle serait la position de la France ?
00:19La position de la France, ce serait d'abord de protéger ses ressortissants, de préparer leur évacuation.
00:24La position de la France, ça ne serait pas de rester spectateur,
00:27mais ce serait d'honorer les contrats que nous avons avec nos alliés.
00:31On est trop spectateur, là ?
00:32Oui, bien sûr, on a été spectateur depuis le début.
00:34Pas d'anticipation.
00:36Qui pouvait croire que le rassemblement d'une armada était simplement pour faire des ronds dans l'eau ?
00:41Il n'y a pas eu énormément de surprises.
00:43La surprise, c'est la date, c'est le jour, c'est la puissance, l'agilité aussi, la précision.
00:48Mais moi, président de la République, en tout cas, j'essaierais d'être non pas spectateur, mais acteur.
00:53Ça veut dire honorer.
00:54C'est-à-dire dans une coalition, aux côtés des Américains ?
00:56Non, non.
00:56D'ailleurs, ils ne nous le demandent pas du tout.
00:59Ça veut dire simplement honorer et défendre nos intérêts.
01:02En droit international, on en parlera sans doute, le droit international flagelle,
01:05mais il reste nos intérêts.
01:07Nos intérêts, c'est, je le disais, un, nos ressortissants,
01:10deux, ce sont nos alliés, nos alliés du Golfe.
01:12Il faut donc aider, notamment à l'interception des missiles,
01:16à l'interception des drones aussi, et puis il y a aussi le Liban.
01:20Donc ça veut dire s'engager dans le conflit, quand même ?
01:22S'engager de façon indirecte, mais nous allons nous engager.
01:26Pas en première ligne, mais en tout cas, nous avons des intérêts.
01:29Et en réalité, ces intérêts, nous devons les protéger et nous devons les défendre, y compris au Liban.
01:35Et j'observe qu'il y a une évolution majeure pour la première fois.
01:38L'État est en train d'indiquer au Hezbollah, il faut vous désarmer conformément.
01:44L'État libanais, bien sûr.
01:47Ça veut dire quoi ? Qu'Emmanuel Macron est trop timoré, trop timide, trop sur la réserve ?
01:51Ce n'est pas la bonne attitude ?
01:52Non, mais je l'ai dit, je pense qu'il n'y a pas eu d'anticipation et il y
01:56a eu une réaction très tardive.
01:58Un mot sur le détroit d'Hormuz.
01:59Il faut vraiment qu'il y ait, là encore, une démarche, sans doute initiée par la France, par les Européens,
02:05pour voir comment est-ce qu'on protège le détroit d'Hormuz.
02:08Comment on fait ? Pardon, mais ce n'est pas parce qu'Emmanuel Macron ou Bruno Retailleau vont lever le
02:11sourcil
02:11que les Iraniens vont se dire, bah si, on va rouvrir le détroit d'Hormuz.
02:14C'est une arme stratégique, le détroit d'Hormuz.
02:16Mais bien sûr, mais c'est parce que c'est stratégique que nos intérêts en dépendent directement.
02:21Et je pense qu'en tout cas, provoquer une réunion internationale sur ce sujet, tout le monde y a intérêt.
02:26Réunion internationale, vous avez dit le mot, Donald Trump s'assoit sur les règles internationales.
02:31L'ONU n'a pas été consultée.
02:33Benyamin Netanyahou, quoi qu'on pense de leur intervention, s'assoit sur le droit international.
02:37Il n'existe plus le droit international ? L'ONU, c'est une coquille vide aujourd'hui ?
02:40Bien sûr.
02:40Et vous le regrettez ?
02:41Bien sûr, je le regrette.
02:42Il aurait fallu passer par...
02:43Bien sûr, je le regrette.
02:44Mais j'observe ce fameux débat sur le droit international, quelque chose d'irréel.
02:48Pensez-vous un seul instant que le droit international aurait arrêté la main de l'Iran ?
02:53La main de l'Iran depuis 70 ans ?
02:54Vous savez que la réponse est non.
02:55Bien sûr que non.
02:56Bien sûr que non.
02:57Mais ce que je veux dire, c'est qu'il y a un paradoxe.
03:00Le droit international, peut-il, doit-il, justement, s'appliquer et protéger ceux qui ne l'appliquent pas ?
03:06Au premier rang, l'Iran.
03:07Donc vous dites quoi là-dessus ?
03:08Vous dites quoi là-dessus ?
03:09Quelle est votre position ?
03:10Ma position est que je ne plaire pas.
03:12D'ailleurs, je suis heureux que la tête du serpent islamiste ait été coupée.
03:17La chute de Khamenei.
03:19et qu'une porte, finalement, s'entrebaille, au moins une porte d'espoir pour le peuple iranien.
03:25Rappelons quand même que l'Iran est coupable d'avoir exporté l'islamisme, le terrorisme, y compris en France,
03:32la dissémination nucléaire, les armes balistiques déstabilisées, toute la région, les Youtis au Yémen, Bachar en Syrie,
03:41le Hezbollah au Liban, les Youtis, etc.
03:44Donc la milice, notamment, chiite en Irak.
03:48Je ne comprends pas votre position sur le droit international.
03:50Si, il est très clair.
03:51Vous faites mine de ne pas comprendre.
03:52Non, non, expliquez-le à moi.
03:53Je vous l'explique.
03:54Le droit international repose sur des institutions multilatérales qui sont bloquées.
03:59Et par conséquent, on ne peut pas se cacher derrière le droit international pour justifier la passivité.
04:06Justifier la passivité, c'est justifier les trente et quelques mille morts en Iran.
04:10C'est justifier le statut d'infériorisation des femmes.
04:13C'est justifier d'une menace fondamentale, précisément contre le droit international,
04:18comme il en existe très très peu dans le monde avec l'Iran.
04:20Ce que vous dites, c'est que le droit international, il est comme l'état de droit quand vous disiez
04:25qu'il n'était ni intangible ni sacré.
04:26Exactement.
04:27Je pense qu'on a, vous avez raison de faire le parallèle, je pense qu'avec le droit international...
04:33C'est pas de choquer en France.
04:34Oui, je suis prêt à me l'expliquer et je l'explique d'ailleurs à vos auditeurs.
04:37S'ils trouvent normal que le Conseil constitutionnel interdise au peuple français ou à ses représentants
04:42de bouger quoi que ce soit sur la justice des mineurs, alors que c'est une véritable catastrophe cette violence,
04:48moi je ne suis pas d'accord.
04:49Moi je suis démocrate.
04:50Et en démocratie, il y a la séparation des pouvoirs.
04:52Alors, les juges sont les bouches de la loi, interprètent la loi, mais ne doivent en aucun cas faire le
04:57droit.
04:57Et quand les magistrats nous interdisent de bouger un temps que quoi que ce peut,
05:02justement, une politique pénale qui n'est plus du tout adaptée,
05:05parce que les mineurs d'aujourd'hui ne sont pas les mineurs de 1945, alors on bouge les choses.
05:09C'est-à-dire que l'état de droit en France, comme le droit international, pour revenir à notre sujet,
05:12c'est aujourd'hui une forme de naïveté ?
05:13Il y a une naïveté qui ne peut pas encourager la passivité.
05:16Je suis, moi, comme pour l'état de droit, j'y tiens.
05:19Mais j'y tiens, pas comme un cadre idéologique, comme un vrai cadre juridique, voyez,
05:24avec la séparation des pouvoirs, avec la source, justement, de la norme qui résiste dans le peuple,
05:29dans la souveraineté populaire, et pas dans des machins, etc.
05:33Il faut un conseil constitutionnel, mais il faut que le conseil constitutionnel puisse tirer des textes,
05:39et uniquement des textes, c'est jurisprudence.
05:41Quand il les crée en dehors des textes, au-delà des textes, il y a quelque chose qui ne va
05:45plus.
05:45– Jordan Bardella, le président du Rassemblement National, a demandé au chef de l'État
05:48de réunir les représentants des partis représentés au Parlement,
05:51et les filles demandent un débat à l'Assemblée. Vous êtes d'accord avec ces deux demandes ?
05:53– Oui, bien sûr. Je pense que c'est nécessaire, en tout cas.
05:57Il faut que, puisqu'il s'agit franchement d'une menace extrêmement grave,
06:01qui a déjà des répercussions en France, y compris économiques,
06:05François Langlais vient d'en parler à l'instant, je pense qu'un débat est nécessaire.
06:09– Emmanuel Macron a aussi expliqué hier, dans son discours du côté de Brest,
06:15que notre dissuasion nucléaire devait entrer dans une nouvelle étape.
06:18La dissuasion avancée, qui est en fait une démarche progressive.
06:21Comprendre, on va jouer plus collectif avec nos partenaires européens.
06:24Est-ce que c'est une bonne chose ?
06:27– Écoutez, j'ai fait une tribune, parce qu'avec Emmanuel Macron,
06:30on se méfie des transgressions, et il nous a rassurés sur le point de dire que,
06:35un, la décision ultime, c'est bien le chef de l'État, donc pas de partage,
06:39pas de partage, ni sur cette décision ultime, ni sur son mode d'emploi,
06:43ni sur sa mise en œuvre, ni non plus sur la définition qu'on peut se faire de nos intérêts
06:47vitaux.
06:48Ça, c'est fondamental.
06:49Sur le concept de dissuasion avancée, le temps va nous le dire, pourquoi pas ?
06:55– Il n'y a pas hostile a priori ? Vous ne dites pas attention, c'est une perte de
06:58souveraineté ?
06:58– Monostilité viendrait si, au fil du temps, vous avez utilisé le terme
07:02qu'il a utilisé hier, « progressivement ».
07:05Il ne faut pas que le mot « progressivement » devienne une forme d'engrenage
07:09qui pourrait nous lier les mains dans des processus européens.
07:14Quelqu'un a dit, un sociologue, un politologue avait dit
07:17« qualifier la France de monarchie républicaine nucléaire ».
07:21Monarchie nucléaire, c'est-à-dire que c'est une décision ultime tellement grave,
07:26et c'est la raison pour laquelle le général de Gaulle avait voulu que le président de la République
07:29soit élu par le peuple au suffrage universel.
07:32C'est effectivement un homme qui détient la clé de cette décision ultime.
07:37– Bon, sinon, Bruno Retailleau, vous dites Epstein ou Epstein ?
07:39Glucksmann ou Glucksmann ?
07:41– Epstein.
07:42– A l'ultimo, évidemment, aux derniers propos de Jean-Luc Mélenchon.
07:44– Ben voilà, vous avez, d'ailleurs, votre question fait le lien avec l'Iran.
07:48L'Iran a été la matrice historique de ce que l'on appelle l'islamo-gauchisme.
07:53Il y a, y compris en France, l'extrême-gauche est devenue,
07:57LFI est devenue la cinquième colonne de l'international islamiste.
08:01Et on voit bien, d'ailleurs, les propos de M. Mélenchon, l'antisémitisme.
08:06Epstein, Glucksmann, même s'il a fait un tweet pour essayer de se rattraper tardivement.
08:10– Il avait déformé par exemple le nom de Raphaël Glucksmann.
08:12– Tardivement, je me souviens aussi, je me souviens aussi, il y a quelques années,
08:16il avait joué aussi sur la consonance d'un certain nombre de noms de vos confrères, de journalistes.
08:22Non, il n'y a pas de hasard.
08:23– Est-ce que vous le comparez à Jean-Marie Le Pen, vous, M. Mélenchon ?
08:26Certains font la comparaison aujourd'hui.
08:27– Oui, j'ai vu d'ailleurs, oui, bien sûr, c'est Raphaël Glucksmann qui lui a répondu,
08:32OK, Jean-Marie Le Pen.
08:33En tout cas, l'antisémitisme, il est bien là parce qu'il y a le communautarisme.
08:37Ça n'est plus un républicain.
08:38Vous voyez, je l'ai connu, moi, quand il siégeait au Sénat.
08:41Et je l'ai connu comme un républicain qui était vétilleux.
08:44Nous n'habitions pas les mêmes rives de la République, lui, à gauche et moi à droite,
08:48mais j'avais beaucoup de respect pour un homme qui était cultivé, profondément républicain.
08:52Et désormais, ce n'est pas une question de respect, en tout cas, je le combats vigoureusement,
08:56c'est le premier danger de la démocratie française et désormais de la République.
09:00Il se fait désormais, d'ailleurs, l'allié des plus anti-républicains
09:05qu'ils puissent avoir sur le sol français.
09:08– Deux questions rapidement sur les municipales.
09:09On est à quelques jours du premier tour.
09:11À Paris, si c'est la condition pour gagner Bruno Retailleau,
09:14Rachida Dati devra-t-elle s'allier avec Sarah Knafo ?
09:16Elle est venue ici il y a quelques jours, elle n'a pas été claire sur le sujet.
09:19Qu'est-ce que vous dites, vous, le patron des Républicains ?
09:20– Écoutez, c'est à Sarah Knafo de savoir si elle fait gagner la droite ou fait perdre la droite.
09:27– Vous ne dites pas non à une alliance ?
09:28– Ce n'est pas ce que je dis du tout.
09:29Ce n'est pas ce que je dis du tout.
09:31On verra d'abord quels seront les scores,
09:34parce que je pense que plus on approchera du premier tour
09:36et plus le vote utile, la mécanique du vote utile va se déployer.
09:40Et je le dis, moi, aux parisiens, aux parisiennes,
09:43chaque vote en faveur de M. Bournazel ou Mme Clafaux
09:48avantage la gauche, avantage M. Grégoire.
09:50– Vous avez un vote utile, comme on dit.
09:52Dernière question, au Havre, vous voteriez Édouard Philippe
09:54ou vous ne seriez pas contre sa défaite,
09:56sachant qu'il a dit que s'il n'était pas réélu, il ne serait pas candidat à la présidentielle
09:58?
09:58– Évidemment, je voterai Édouard Philippe.
10:00– Évidemment, je voterai Édouard Philippe.
10:01– Vous seriez très triste s'il perd.
10:03– Non, mais il gagnera.
10:05Je me souviens, il y a six ans, où il y avait eu cette discussion-là,
10:08il y avait eu une sorte, comment dirais-je, non pas de match,
10:11mais en tout cas de dramatisation dans les derniers jours,
10:13et il avait gagné.
10:14– Merci beaucoup Bruno Rézouard Philippe.
10:16– C'est moi qui vous remercie.
10:16– Merci.
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