00:00Va Thomas Soto, RTL Matin.
00:03Il est 7h42, ancien ministre de l'Intérieur, il est le président du parti Les Républicains et candidat déclaré à
00:08la prochaine présidentielle.
00:09Bruno Retailleau est donc l'invité d'RTL Matin.
00:11Bonjour et bienvenue sur RTL, Bruno Retailleau.
00:13Bonjour Thomas Soto.
00:14Vous, président, que feriez-vous face à la guerre en Iran ? Quelle serait la position de la France ?
00:19La position de la France, ce serait d'abord de protéger ses ressortissants, de préparer leur évacuation.
00:24La position de la France, ça ne serait pas de rester spectateur,
00:27mais ce serait d'honorer les contrats que nous avons avec nos alliés.
00:31On est trop spectateur, là ?
00:32Oui, bien sûr, on a été spectateur depuis le début.
00:34Pas d'anticipation.
00:36Qui pouvait croire que le rassemblement d'une armada était simplement pour faire des ronds dans l'eau ?
00:41Il n'y a pas eu énormément de surprises.
00:43La surprise, c'est la date, c'est le jour, c'est la puissance, l'agilité aussi, la précision.
00:48Mais moi, président de la République, en tout cas, j'essaierais d'être non pas spectateur, mais acteur.
00:53Ça veut dire honorer.
00:54C'est-à-dire dans une coalition, aux côtés des Américains ?
00:56Non, non.
00:56D'ailleurs, ils ne nous le demandent pas du tout.
00:59Ça veut dire simplement honorer et défendre nos intérêts.
01:02En droit international, on en parlera sans doute, le droit international flagelle,
01:05mais il reste nos intérêts.
01:07Nos intérêts, c'est, je le disais, un, nos ressortissants,
01:10deux, ce sont nos alliés, nos alliés du Golfe.
01:12Il faut donc aider, notamment à l'interception des missiles,
01:16à l'interception des drones aussi, et puis il y a aussi le Liban.
01:20Donc ça veut dire s'engager dans le conflit, quand même ?
01:22S'engager de façon indirecte, mais nous allons nous engager.
01:26Pas en première ligne, mais en tout cas, nous avons des intérêts.
01:29Et en réalité, ces intérêts, nous devons les protéger et nous devons les défendre, y compris au Liban.
01:35Et j'observe qu'il y a une évolution majeure pour la première fois.
01:38L'État est en train d'indiquer au Hezbollah, il faut vous désarmer conformément.
01:44L'État libanais, bien sûr.
01:47Ça veut dire quoi ? Qu'Emmanuel Macron est trop timoré, trop timide, trop sur la réserve ?
01:51Ce n'est pas la bonne attitude ?
01:52Non, mais je l'ai dit, je pense qu'il n'y a pas eu d'anticipation et il y
01:56a eu une réaction très tardive.
01:58Un mot sur le détroit d'Hormuz.
01:59Il faut vraiment qu'il y ait, là encore, une démarche, sans doute initiée par la France, par les Européens,
02:05pour voir comment est-ce qu'on protège le détroit d'Hormuz.
02:08Comment on fait ? Pardon, mais ce n'est pas parce qu'Emmanuel Macron ou Bruno Retailleau vont lever le
02:11sourcil
02:11que les Iraniens vont se dire, bah si, on va rouvrir le détroit d'Hormuz.
02:14C'est une arme stratégique, le détroit d'Hormuz.
02:16Mais bien sûr, mais c'est parce que c'est stratégique que nos intérêts en dépendent directement.
02:21Et je pense qu'en tout cas, provoquer une réunion internationale sur ce sujet, tout le monde y a intérêt.
02:26Réunion internationale, vous avez dit le mot, Donald Trump s'assoit sur les règles internationales.
02:31L'ONU n'a pas été consultée.
02:33Benyamin Netanyahou, quoi qu'on pense de leur intervention, s'assoit sur le droit international.
02:37Il n'existe plus le droit international ? L'ONU, c'est une coquille vide aujourd'hui ?
02:40Bien sûr.
02:40Et vous le regrettez ?
02:41Bien sûr, je le regrette.
02:42Il aurait fallu passer par...
02:43Bien sûr, je le regrette.
02:44Mais j'observe ce fameux débat sur le droit international, quelque chose d'irréel.
02:48Pensez-vous un seul instant que le droit international aurait arrêté la main de l'Iran ?
02:53La main de l'Iran depuis 70 ans ?
02:54Vous savez que la réponse est non.
02:55Bien sûr que non.
02:56Bien sûr que non.
02:57Mais ce que je veux dire, c'est qu'il y a un paradoxe.
03:00Le droit international, peut-il, doit-il, justement, s'appliquer et protéger ceux qui ne l'appliquent pas ?
03:06Au premier rang, l'Iran.
03:07Donc vous dites quoi là-dessus ?
03:08Vous dites quoi là-dessus ?
03:09Quelle est votre position ?
03:10Ma position est que je ne plaire pas.
03:12D'ailleurs, je suis heureux que la tête du serpent islamiste ait été coupée.
03:17La chute de Khamenei.
03:19et qu'une porte, finalement, s'entrebaille, au moins une porte d'espoir pour le peuple iranien.
03:25Rappelons quand même que l'Iran est coupable d'avoir exporté l'islamisme, le terrorisme, y compris en France,
03:32la dissémination nucléaire, les armes balistiques déstabilisées, toute la région, les Youtis au Yémen, Bachar en Syrie,
03:41le Hezbollah au Liban, les Youtis, etc.
03:44Donc la milice, notamment, chiite en Irak.
03:48Je ne comprends pas votre position sur le droit international.
03:50Si, il est très clair.
03:51Vous faites mine de ne pas comprendre.
03:52Non, non, expliquez-le à moi.
03:53Je vous l'explique.
03:54Le droit international repose sur des institutions multilatérales qui sont bloquées.
03:59Et par conséquent, on ne peut pas se cacher derrière le droit international pour justifier la passivité.
04:06Justifier la passivité, c'est justifier les trente et quelques mille morts en Iran.
04:10C'est justifier le statut d'infériorisation des femmes.
04:13C'est justifier d'une menace fondamentale, précisément contre le droit international,
04:18comme il en existe très très peu dans le monde avec l'Iran.
04:20Ce que vous dites, c'est que le droit international, il est comme l'état de droit quand vous disiez
04:25qu'il n'était ni intangible ni sacré.
04:26Exactement.
04:27Je pense qu'on a, vous avez raison de faire le parallèle, je pense qu'avec le droit international...
04:33C'est pas de choquer en France.
04:34Oui, je suis prêt à me l'expliquer et je l'explique d'ailleurs à vos auditeurs.
04:37S'ils trouvent normal que le Conseil constitutionnel interdise au peuple français ou à ses représentants
04:42de bouger quoi que ce soit sur la justice des mineurs, alors que c'est une véritable catastrophe cette violence,
04:48moi je ne suis pas d'accord.
04:49Moi je suis démocrate.
04:50Et en démocratie, il y a la séparation des pouvoirs.
04:52Alors, les juges sont les bouches de la loi, interprètent la loi, mais ne doivent en aucun cas faire le
04:57droit.
04:57Et quand les magistrats nous interdisent de bouger un temps que quoi que ce peut,
05:02justement, une politique pénale qui n'est plus du tout adaptée,
05:05parce que les mineurs d'aujourd'hui ne sont pas les mineurs de 1945, alors on bouge les choses.
05:09C'est-à-dire que l'état de droit en France, comme le droit international, pour revenir à notre sujet,
05:12c'est aujourd'hui une forme de naïveté ?
05:13Il y a une naïveté qui ne peut pas encourager la passivité.
05:16Je suis, moi, comme pour l'état de droit, j'y tiens.
05:19Mais j'y tiens, pas comme un cadre idéologique, comme un vrai cadre juridique, voyez,
05:24avec la séparation des pouvoirs, avec la source, justement, de la norme qui résiste dans le peuple,
05:29dans la souveraineté populaire, et pas dans des machins, etc.
05:33Il faut un conseil constitutionnel, mais il faut que le conseil constitutionnel puisse tirer des textes,
05:39et uniquement des textes, c'est jurisprudence.
05:41Quand il les crée en dehors des textes, au-delà des textes, il y a quelque chose qui ne va
05:45plus.
05:45– Jordan Bardella, le président du Rassemblement National, a demandé au chef de l'État
05:48de réunir les représentants des partis représentés au Parlement,
05:51et les filles demandent un débat à l'Assemblée. Vous êtes d'accord avec ces deux demandes ?
05:53– Oui, bien sûr. Je pense que c'est nécessaire, en tout cas.
05:57Il faut que, puisqu'il s'agit franchement d'une menace extrêmement grave,
06:01qui a déjà des répercussions en France, y compris économiques,
06:05François Langlais vient d'en parler à l'instant, je pense qu'un débat est nécessaire.
06:09– Emmanuel Macron a aussi expliqué hier, dans son discours du côté de Brest,
06:15que notre dissuasion nucléaire devait entrer dans une nouvelle étape.
06:18La dissuasion avancée, qui est en fait une démarche progressive.
06:21Comprendre, on va jouer plus collectif avec nos partenaires européens.
06:24Est-ce que c'est une bonne chose ?
06:27– Écoutez, j'ai fait une tribune, parce qu'avec Emmanuel Macron,
06:30on se méfie des transgressions, et il nous a rassurés sur le point de dire que,
06:35un, la décision ultime, c'est bien le chef de l'État, donc pas de partage,
06:39pas de partage, ni sur cette décision ultime, ni sur son mode d'emploi,
06:43ni sur sa mise en œuvre, ni non plus sur la définition qu'on peut se faire de nos intérêts
06:47vitaux.
06:48Ça, c'est fondamental.
06:49Sur le concept de dissuasion avancée, le temps va nous le dire, pourquoi pas ?
06:55– Il n'y a pas hostile a priori ? Vous ne dites pas attention, c'est une perte de
06:58souveraineté ?
06:58– Monostilité viendrait si, au fil du temps, vous avez utilisé le terme
07:02qu'il a utilisé hier, « progressivement ».
07:05Il ne faut pas que le mot « progressivement » devienne une forme d'engrenage
07:09qui pourrait nous lier les mains dans des processus européens.
07:14Quelqu'un a dit, un sociologue, un politologue avait dit
07:17« qualifier la France de monarchie républicaine nucléaire ».
07:21Monarchie nucléaire, c'est-à-dire que c'est une décision ultime tellement grave,
07:26et c'est la raison pour laquelle le général de Gaulle avait voulu que le président de la République
07:29soit élu par le peuple au suffrage universel.
07:32C'est effectivement un homme qui détient la clé de cette décision ultime.
07:37– Bon, sinon, Bruno Retailleau, vous dites Epstein ou Epstein ?
07:39Glucksmann ou Glucksmann ?
07:41– Epstein.
07:42– A l'ultimo, évidemment, aux derniers propos de Jean-Luc Mélenchon.
07:44– Ben voilà, vous avez, d'ailleurs, votre question fait le lien avec l'Iran.
07:48L'Iran a été la matrice historique de ce que l'on appelle l'islamo-gauchisme.
07:53Il y a, y compris en France, l'extrême-gauche est devenue,
07:57LFI est devenue la cinquième colonne de l'international islamiste.
08:01Et on voit bien, d'ailleurs, les propos de M. Mélenchon, l'antisémitisme.
08:06Epstein, Glucksmann, même s'il a fait un tweet pour essayer de se rattraper tardivement.
08:10– Il avait déformé par exemple le nom de Raphaël Glucksmann.
08:12– Tardivement, je me souviens aussi, je me souviens aussi, il y a quelques années,
08:16il avait joué aussi sur la consonance d'un certain nombre de noms de vos confrères, de journalistes.
08:22Non, il n'y a pas de hasard.
08:23– Est-ce que vous le comparez à Jean-Marie Le Pen, vous, M. Mélenchon ?
08:26Certains font la comparaison aujourd'hui.
08:27– Oui, j'ai vu d'ailleurs, oui, bien sûr, c'est Raphaël Glucksmann qui lui a répondu,
08:32OK, Jean-Marie Le Pen.
08:33En tout cas, l'antisémitisme, il est bien là parce qu'il y a le communautarisme.
08:37Ça n'est plus un républicain.
08:38Vous voyez, je l'ai connu, moi, quand il siégeait au Sénat.
08:41Et je l'ai connu comme un républicain qui était vétilleux.
08:44Nous n'habitions pas les mêmes rives de la République, lui, à gauche et moi à droite,
08:48mais j'avais beaucoup de respect pour un homme qui était cultivé, profondément républicain.
08:52Et désormais, ce n'est pas une question de respect, en tout cas, je le combats vigoureusement,
08:56c'est le premier danger de la démocratie française et désormais de la République.
09:00Il se fait désormais, d'ailleurs, l'allié des plus anti-républicains
09:05qu'ils puissent avoir sur le sol français.
09:08– Deux questions rapidement sur les municipales.
09:09On est à quelques jours du premier tour.
09:11À Paris, si c'est la condition pour gagner Bruno Retailleau,
09:14Rachida Dati devra-t-elle s'allier avec Sarah Knafo ?
09:16Elle est venue ici il y a quelques jours, elle n'a pas été claire sur le sujet.
09:19Qu'est-ce que vous dites, vous, le patron des Républicains ?
09:20– Écoutez, c'est à Sarah Knafo de savoir si elle fait gagner la droite ou fait perdre la droite.
09:27– Vous ne dites pas non à une alliance ?
09:28– Ce n'est pas ce que je dis du tout.
09:29Ce n'est pas ce que je dis du tout.
09:31On verra d'abord quels seront les scores,
09:34parce que je pense que plus on approchera du premier tour
09:36et plus le vote utile, la mécanique du vote utile va se déployer.
09:40Et je le dis, moi, aux parisiens, aux parisiennes,
09:43chaque vote en faveur de M. Bournazel ou Mme Clafaux
09:48avantage la gauche, avantage M. Grégoire.
09:50– Vous avez un vote utile, comme on dit.
09:52Dernière question, au Havre, vous voteriez Édouard Philippe
09:54ou vous ne seriez pas contre sa défaite,
09:56sachant qu'il a dit que s'il n'était pas réélu, il ne serait pas candidat à la présidentielle
09:58?
09:58– Évidemment, je voterai Édouard Philippe.
10:00– Évidemment, je voterai Édouard Philippe.
10:01– Vous seriez très triste s'il perd.
10:03– Non, mais il gagnera.
10:05Je me souviens, il y a six ans, où il y avait eu cette discussion-là,
10:08il y avait eu une sorte, comment dirais-je, non pas de match,
10:11mais en tout cas de dramatisation dans les derniers jours,
10:13et il avait gagné.
10:14– Merci beaucoup Bruno Rézouard Philippe.
10:16– C'est moi qui vous remercie.
10:16– Merci.
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