00:00– Alors moi j'ai été surpris par la qualité de l'articulation du jugement, j'ai lu les 380 pages et je peux vous dire que sur les flux financiers, il y a une démonstration qui est étonnante, maintenant ça n'atteint en rien la présomption d'innocence, je vous rejoins tout à fait sur le sujet de l'exécution provisoire qui est en général motivé par un problème, une question de réitération et de risque de réitération,
00:27M. Kadhafi étant décédé, je vois mal où est le risque de réitération de la part des différents acteurs.
00:33– Donc là vous avez des réserves sur cette exécution provisoire ?
00:36– En droit j'ai des réserves, mais vous savez ces réserves elles sont exprimées depuis longtemps par le barreau, il y a une justice du quotidien qui frappe les gens d'exécution provisoire sur laquelle le législateur, dont le camp de M. Sarkozy, a toujours refusé de se pencher,
00:51de même que le flou juridique qui entoure le délit d'association de malfaiteurs, qui est un délit fourre-tout.
00:56Et effectivement, là où je rejoins la démonstration, quelque chose d'un peu cruel, si vous voulez le délibérer, a duré plus de 4 heures.
01:04Nicolas Sarkozy, je pense, il fait allusion, il commence par être relaxé des trois principaux chefs de prévention.
01:12Donc il s'attend légitimement, pas forcément à une relaxe générale, mais à une décision clémente.
01:19Et donc il y a quelque chose de presque cruel.
01:21– Ça pouvait indiquer une décision clémente ?
01:24– Oui, si vous voulez, quand vous êtes poursuivi, quand on vous reproche quatre faits fautifs,
01:29et qu'on vous dit que vous n'avez commis aucune faute sur les trois premiers,
01:33vous vous dites que quand bien même on vous reconnaît très fautifs sur le quatrième,
01:37la peine qui vous sera infligée ne sera pas forcément la plus sévère.
01:40Et là, non seulement la peine est extrêmement sévère, mais en plus elle est assortie de l'exécution provisoire,
01:47non pas au nom de l'ordre public, mais au nom de l'exceptionnelle gravité,
01:51c'est-à-dire que futur président de la République, garant de l'indépendance,
01:55et donc si vous voulez, il y a une notion sur laquelle on pourra revenir si vous le souhaitez,
01:59qui est presque d'ordre public, moral et démocratique, qui est contestable juridiquement.
02:03– Laurent Valdivier ?
02:04– Sans aucune discussion.
02:06– Moi je l'ai dit.
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