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  • il y a 4 mois
Deux enquêtes "distinctes" ont été ouvertes à la suite de "messages menaçants" visant la présidente du tribunal qui a condamné Nicolas Sarkozy à cinq ans de prison et ordonné son incarcération prochaine, a indiqué ce vendredi 26 septembre au soir le parquet de Paris.

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Transcription
00:00Henri Guénaud, cette juge qui a condamné Nicolas Sarkozy est donc désormais menacée de mort.
00:06Est-ce que vous maintenez votre formule de coup d'État judiciaire ?
00:10Alors, premièrement, je désapprouve et je pense qu'il faut, pour chercher, poursuivre et condamner très durement,
00:19tous ceux qui se livrent à ce genre de menaces.
00:23Menacer de mort n'importe qui, d'abord, doit être puni de façon très très sévère,
00:27et menacer un magistrat doit être puni de façon encore plus sévère, comme d'ailleurs menacer un policier, par exemple.
00:33Donc, voilà, il n'y a pas de doute dans mon esprit sur ce sujet, mais je ne retire aucun mot.
00:40Mes mots n'ont rien à voir avec ces menaces de mort.
00:43Je pense que coup d'État judiciaire, je n'ai pas appelé à un coup d'État militaire.
00:49Voilà, il y a un coup d'État judiciaire pour moi, parce que l'ensemble de ce procès a violé délibérément la séparation des pouvoirs.
01:01Donc, vous remettez en cause le bon fonctionnement de la justice, aujourd'hui.
01:08Mais c'est plus que ça.
01:08Le bon fonctionnement, ça laisse penser à l'organisation de la justice.
01:13Bon, ça se traite d'ailleurs devant les tribunaux, et c'est les contribuables qui payent quand il y a un dysfonctionnement de la justice.
01:21Ce n'est pas un problème de bon fonctionnement de la justice.
01:23Alors, on pourrait dire de bonne administration de la justice, ce qui n'est pas tout à fait la même chose.
01:26Alors, quel est le problème ?
01:27Mais le problème, c'est quel est le rôle du juge dans la société ?
01:33Quelle doit être l'attitude du juge par rapport à la lettre de la loi ?
01:37Donc, il y a toujours, si vous voulez, il y a toujours, toujours une part de subjectivité, parce que la justice est humaine.
01:44La question est de savoir quelle doit être cette part par rapport aux textes.
01:47Alors, les textes, ils sont mal faits.
01:48Il y a une part de responsabilité du législateur qui écrit de plus en plus mal les textes.
01:52Mais l'état de droit, il repose sur la confiance que les citoyens peuvent avoir dans la justice.
01:59Donc, ce qu'on entend, c'est que la juge a été partielle, subjective.
02:02Non, mais moi, je n'ai jamais dit ça.
02:04Non, mais...
02:04Voilà. Moi, je n'ai jamais dit ça.
02:06Peut-être qu'elle l'a été, mais je n'ai aucun élément pour en juger.
02:09Je ne lui fais pas un procès moral.
02:12Ce qui m'intéresse dans cette histoire, à part le problème du sort qu'on fait à l'homme Nicolas Sarkozy,
02:19qui me touche profondément et qui me bouleverse,
02:24il y a des enjeux pour la société française, pour la République, pour la démocratie,
02:29pour, encore une fois, la place d'une justice dans laquelle les citoyens auront confiance
02:33et pour la place des institutions et pour la répartition des rôles dans une société
02:36entre la politique et le judiciaire.
02:39Si on bouleverse tout cela, qu'on trouble les lignes de partage,
02:44on va vers une catastrophe dans l'état de notre société.
02:48Vincent Brangard.
02:49Moi, ce sont des propos qui me scandalisent, aussi bien d'ailleurs en tant que citoyen et en tant qu'avocat.
02:55Scandalisent à plus d'un titre.
02:55Déjà, parce que parler de coup d'état judiciaire,
02:57la simple définition d'un coup d'état, c'est déjà de renverser un pouvoir existant.
03:01Sauf que de ma part, Nicolas Sarkozy n'est pas en responsabilité et n'est pas au pouvoir.
03:05Qui plus est, un coup d'état, non seulement c'est renverser un pouvoir,
03:08et c'est le faire de façon illégale.
03:11Et il n'y a rien dans le jugement qui permette de considérer
03:14que la juridiction aurait outrepassé les droits que lui confère la loi.
03:19Moi, je pense qu'à travers ces discussions,
03:22et c'est aussi pour ça que je suis venu,
03:24parce que je pense qu'il y a vraiment une gravité extrême
03:26dans les déclarations aujourd'hui qui sont faites
03:28et qui participent aussi d'un climat tout à fait nauséabond
03:30contre la justice.
03:32En fait, à travers ces discussions,
03:34à travers ces termes,
03:35c'est la recherche d'une impunité de classe.
03:37La recherche d'une impunité pour une catégorie de citoyens,
03:40pour une catégorie de politiques
03:42qui sont en tout cas...
03:44Essayez de dialoguer ensemble.
03:46On ne va pas faire un débat de ce genre, s'il vous plaît.
03:48Moi, je ne suis pas revenu...
03:49Ah, mais c'est le terme d'État judiciaire.
03:50Pardon, permettez.
03:52Vos termes sont insultants, premièrement.
03:55Donc, je ne veux pas me faire insulter.
03:56Je regrette.
03:56Si on continue comme ça, vous continuerez tout seul.
03:59Il n'y a rien de nauséabond dans ce que j'ai dit.
04:01Un coup d'État judiciaire dit bien ce que ça veut dire.
04:03Ça part aussi d'un climat.
04:05Essayez de ne pas vous couper la parole.
04:07On a violé la séparation des pouvoirs.
04:10Pardon, parce qu'il ne peut y avoir de corruption dans cette affaire
04:13que s'il y a une contrepartie,
04:15la contrepartie, elle était dans tout le procès,
04:17dans la politique étrangère de la France.
04:19Mais si, pas dans tout le procès.
04:21Quelle était la contrepartie ?
04:22Autre que celle-là.
04:24Le président Sarkozy a-t-il reçu de l'argent ?
04:26On a dit non.
04:26A-t-il participé à un pacte ?
04:28On a dit non.
04:29A-t-il détourné de l'argent public libyen ?
04:31On a dit non.
04:32A-t-il financé sa campagne avec ?
04:33On n'a rien trouvé.
04:34Pardon, la contrepartie,
04:36et c'était bien l'idée au départ du parquet financier
04:38et que le tribunal a repris,
04:41la contrepartie,
04:41c'était la politique étrangère de la France.
04:44Comment ?
04:44Vous avez osé essayer de remettre Kadhafi
04:48dans la communauté internationale ?
04:50Vous avez promis des centrales nucléaires ?
04:53Bon, ça, pardon,
04:54c'est la politique étrangère de la France.
04:56Donc ça, ça ne se juge pas au tribunal correctionnel.
04:58Ça se juge éventuellement à la Cour de justice
05:00s'il s'agit du ministre de l'Intérieur.
05:02Et si vraiment le président de la République,
05:04très prudemment,
05:06le tribunal a écarté,
05:09s'est arrêté en 2007,
05:10mais il n'empêche que dans tous les débats,
05:12c'était présent,
05:13c'était promettre à quelqu'un
05:15que quand je serai président,
05:16je vais vous faire une politique très favorable.
05:19Ça, si jamais le président est vraiment coupable de ça,
05:21ça se juge en haute cour.
05:23Mais ça ne se juge pas au tribunal correctionnel.
05:25Le tribunal correctionnel,
05:26il ne juge pas,
05:27il y avait un vieux terme avant
05:28qui s'appelait des actes de gouvernement,
05:29il ne juge pas des actes de gouvernement,
05:31il ne juge pas de l'opportunité
05:32des décisions politiques.
05:33Et ça, il faut absolument le préserver.
05:35La séparation des pouvoirs s'est faite pour protéger le juge,
05:38mais aussi pour protéger le pouvoir exécutif
05:41des empiétements de la justice.
05:42Vous ne voulez pas reconnaître ça ?
05:43Pardon, c'est la négation totale de l'État de droit.
05:46Vincent Bringart, ce qui est intéressant,
05:48c'est qu'effectivement dans cette affaire,
05:49ce n'est pas du tout la droite contre la gauche,
05:52c'est transpartisan.
05:53Il y a énormément d'avocats qui se disent plutôt à gauche
05:56qui ne comprennent pas justement
05:57cette association de malfaiteurs.
05:59C'est-à-dire ce terme un peu flou
06:02qui fait qu'on condamne une intention
06:03et pas un acte.
06:05Est-ce que vous comprenez qu'effectivement,
06:07on puisse trouver ce concept un peu fourre-tout ?
06:09Je pense qu'il y a deux choses.
06:10La première chose, c'est-à-dire la critique
06:12sur le coup d'État judiciaire
06:13et le fait qu'il y aurait une atteinte
06:14à la séparation des pouvoirs
06:15par le biais d'une lecture sélective
06:17du jugement qui fait plus de 400 pages
06:19qui a été rendue par la juridiction
06:21et avec plus de deux heures de délibéré,
06:23avec éventuellement des points qui peuvent être en débat.
06:25C'est-à-dire la raison pour laquelle
06:26un appel a été interjeté.
06:27Et je rappelle que tous les prévenus,
06:29nous sommes en démocratie,
06:30nous sommes dans un État de droit,
06:31sont présumés innocents.
06:32Mais il y a une différence, en fait,
06:33entre critiquer d'éventuelles infractions,
06:36critiquer des faits qui correspondent
06:38à ces infractions,
06:39et de dire que le juge serait haineux,
06:41de dire que vous seriez face à une partialité,
06:44ce ne sont peut-être pas vos termes,
06:45mais c'est en tout cas ce qu'on a pu entendre,
06:47ou de dire qu'il y aurait eu un coup d'État judiciaire.
06:51Mais en même temps, vous contestez le fait
06:54que vous auriez pu utiliser le terme partialité,
06:55mais sauf qu'en fait, si vous évoquez l'idée
06:58d'un coup d'État judiciaire,
07:00c'est bien parce qu'il y a une subjectivité
07:01qui est une partialité,
07:02qui vise à renverser un gouvernement,
07:04pour des raisons qui sont des raisons
07:07de conviction personnelle.
07:09Pardon, à renverser une règle constitutionnelle.
07:10Mais pour des raisons de conviction,
07:11qui seraient nécessairement des raisons de conviction.
07:13Je ne vois pas quel serait le sens
07:14d'un coup d'État judiciaire,
07:15si ce n'est fermé des éléments.
07:16Il y a une conception,
07:17il s'est installé dans la justice en France,
07:19comme dans beaucoup d'autres pays occidentaux d'ailleurs,
07:21une conception de la justice
07:22qui ne correspond pas à ce qu'on a appelé
07:25jusqu'à présent l'État de droit.
07:26Voilà, c'est...
07:27Si vous voulez, l'idée qu'il faut absolument
07:29que le pouvoir ou l'autorité judiciaire
07:32maintenant domine l'autorité politique
07:35est une idée qui, à mes yeux, est inacceptable.
07:36Ce n'est pas une...
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