00:00Bien sûr, c'est très violent et c'est très humiliant.
00:03Nicolas Sarkozy se pose des questions quant à l'état de droit dans notre pays,
00:06mais il n'est pas le seul.
00:07Je suis aujourd'hui avec les Républicains du Pas-de-Calais, par exemple,
00:11pour notre réunion de rentrée.
00:13Et quand je discute avec les uns et avec les autres,
00:15c'est vrai qu'on ne peut qu'être troublé par ce qui s'est passé,
00:17puisque les principaux chefs d'accusation sont tombés.
00:21Il n'y a pas eu de financement de la campagne de Nicolas Sarkozy 2007 par la Libye.
00:25Il n'a pas invité M. Kadhafi pour le remercier.
00:28Donc c'était une fable.
00:30Et le document sur lequel tout repose est un faux, c'est de lui-même qui le dit.
00:34Il n'y a pas des traces de financement, mais il y a néanmoins des circuits.
00:38Il y a l'intention qu'ont retenu les juges,
00:40à savoir de financer sa campagne par justement ces fonds libyens.
00:45C'est l'intention aussi qu'ont voulu sanctionner les juges.
00:49Écoutez, tout ça n'est pas très sérieux.
00:53Pendant longtemps, il a été affirmé par Mediapart et par d'autres
00:56que Nicolas Sarkozy avait financé sa campagne par de l'argent libyen.
01:01Le document qui était censé le prouver est un faux.
01:04Donc toutes les accusations auraient dû de ce fait tomber et s'effondrer.
01:09Puisqu'en fait, la base de tout, c'est un document dont le tribunal lui-même dit qu'il est un faux.
01:14Et Nicolas Sarkozy n'a eu aucun financement de la Libye,
01:18que ce soit à titre personnel ou dans le cadre de sa campagne électorale.
01:21Donc c'est ça le point clé.
01:23Alors les juges d'instruction ont ajouté au chef d'inculpation l'association de malfaiteurs
01:27pour effectivement à la fin, malgré tout, obtenir sa condamnation.
01:32On ne peut qu'être troublé par le fait qu'on ait ajouté cette infraction d'association de malfaiteurs
01:37dont tous les juristes pénalistes disent que c'est une infraction extrêmement floue
01:42qui permet de sanctionner une intention dont on n'est même pas sûr d'ailleurs
01:46que Nicolas Sarkozy ait vraiment eu cette intention.
01:49Donc franchement, voilà, en tous les cas, si on va au bout du raisonnement,
01:55le document de base est un faux.
01:58Nicolas Sarkozy n'a pas eu le financement.
01:59Mais si ce n'est pas ce document qui a déclenché toute la procédure, bien évidemment,
02:05ce qu'a rappelé le tribunal, c'est aussi la confrontation dans le bureau du juge Van Ruyenbeek.
02:09Je voulais vous faire réagir à ce que dit Marion Maréchal chez nous sur BFM aujourd'hui
02:13qui parle d'une association, je la cite, de malfaisants entre Mediapart et les juges.
02:18Est-ce que les mots ne sont pas trop forts, Daniel Fasquel ?
02:21Moi, je sais, je suis juriste, je suis professeur de droit et je ne suis jamais allé sur ce terrain.
02:26Je n'irai pas sur ce terrain.
02:27Mais je dirais simplement qu'il y a une accumulation de faits qui jettent un doute
02:32dans l'esprit des citoyens, des Français sur ce dossier, sur ce qui s'est passé.
02:38Je le dis, je le répète, mais quand même, le document sur lequel, à la fin, l'accusation devait s'appuyer est un faux,
02:45même si ce n'avait pas été le point de départ de l'enquête.
02:48Ensuite, vous avez l'exécution provisoire qui s'applique à une peine de prison de 5 ans.
02:54C'est-à-dire que Nicolas Sarkozy peut gagner en appel.
02:57Il n'empêche qu'entre-temps, il aura fait de la prison.
02:59Il aura peut-être été emprisonné pour rien.
03:01C'est extrêmement grave, c'est extrêmement violent, c'est extrêmement humiliant.
03:03Je répète ces mots et je les assume complètement.
03:06Pourquoi une telle violence ? Pourquoi une telle humiliation ?
03:09Alors qu'encore une fois, les principaux chefs d'accusation sont tombés.
03:13Puis ensuite, si la justice ne veut pas qu'on ait un doute sur l'impartialité de la justice,
03:18pourquoi dans deux des trois procès qui ont été intentés contre Nicolas Sarkozy,
03:23on a maintenu en place des magistrats qui avaient manifesté contre lui,
03:26qui avaient fait savoir qu'il s'était en désaccord quand il était présent en public avec sa politique ?
03:30Donc il y a quand même une accumulation de faits aujourd'hui
03:32qui font que les Français, peut-être qu'après cette affaire,
03:37n'en ont plus confiance dans la justice de leur pays.
03:39Et c'est extrêmement grave.
03:40Donc il y a un vrai sujet d'État de droit.
03:42Je reprends les mots de Nicolas Sarkozy.
03:44Et moi, je suis préoccupé en tant que citoyen, en tant qu'élu,
03:47mais aussi en tant que juriste,
03:50sur l'image très abîmée qui ressort de la justice dans cette affaire,
03:54dont on a l'impression qu'elle a été, sur certains points, un peu légère, partielle,
03:59qui a eu la main extrêmement lourde parce que c'était Nicolas Sarkozy.
04:02En tous les cas, c'est l'évolution que les Français se posent ce genre de questions.
04:06Et très franchement, il faudra qu'on réagisse tous ensemble
04:08pour rétablir un lien de confiance entre les citoyens et notre justice.
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