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  • il y a 4 mois
L'ancien président de la République Nicolas Sarkozy estime, ce samedi 27 septembre dans le Journal du Dimanche, que "toutes les limites de l'État de droit ont été violées" après sa condamnation à cinq ans de prison avec mandat de dépôt et exécution provisoire.

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Transcription
00:00Bien sûr, c'est très violent et c'est très humiliant.
00:03Nicolas Sarkozy se pose des questions quant à l'état de droit dans notre pays,
00:06mais il n'est pas le seul.
00:07Je suis aujourd'hui avec les Républicains du Pas-de-Calais, par exemple,
00:11pour notre réunion de rentrée.
00:13Et quand je discute avec les uns et avec les autres,
00:15c'est vrai qu'on ne peut qu'être troublé par ce qui s'est passé,
00:17puisque les principaux chefs d'accusation sont tombés.
00:21Il n'y a pas eu de financement de la campagne de Nicolas Sarkozy 2007 par la Libye.
00:25Il n'a pas invité M. Kadhafi pour le remercier.
00:28Donc c'était une fable.
00:30Et le document sur lequel tout repose est un faux, c'est de lui-même qui le dit.
00:34Il n'y a pas des traces de financement, mais il y a néanmoins des circuits.
00:38Il y a l'intention qu'ont retenu les juges,
00:40à savoir de financer sa campagne par justement ces fonds libyens.
00:45C'est l'intention aussi qu'ont voulu sanctionner les juges.
00:49Écoutez, tout ça n'est pas très sérieux.
00:53Pendant longtemps, il a été affirmé par Mediapart et par d'autres
00:56que Nicolas Sarkozy avait financé sa campagne par de l'argent libyen.
01:01Le document qui était censé le prouver est un faux.
01:04Donc toutes les accusations auraient dû de ce fait tomber et s'effondrer.
01:09Puisqu'en fait, la base de tout, c'est un document dont le tribunal lui-même dit qu'il est un faux.
01:14Et Nicolas Sarkozy n'a eu aucun financement de la Libye,
01:18que ce soit à titre personnel ou dans le cadre de sa campagne électorale.
01:21Donc c'est ça le point clé.
01:23Alors les juges d'instruction ont ajouté au chef d'inculpation l'association de malfaiteurs
01:27pour effectivement à la fin, malgré tout, obtenir sa condamnation.
01:32On ne peut qu'être troublé par le fait qu'on ait ajouté cette infraction d'association de malfaiteurs
01:37dont tous les juristes pénalistes disent que c'est une infraction extrêmement floue
01:42qui permet de sanctionner une intention dont on n'est même pas sûr d'ailleurs
01:46que Nicolas Sarkozy ait vraiment eu cette intention.
01:49Donc franchement, voilà, en tous les cas, si on va au bout du raisonnement,
01:55le document de base est un faux.
01:58Nicolas Sarkozy n'a pas eu le financement.
01:59Mais si ce n'est pas ce document qui a déclenché toute la procédure, bien évidemment,
02:05ce qu'a rappelé le tribunal, c'est aussi la confrontation dans le bureau du juge Van Ruyenbeek.
02:09Je voulais vous faire réagir à ce que dit Marion Maréchal chez nous sur BFM aujourd'hui
02:13qui parle d'une association, je la cite, de malfaisants entre Mediapart et les juges.
02:18Est-ce que les mots ne sont pas trop forts, Daniel Fasquel ?
02:21Moi, je sais, je suis juriste, je suis professeur de droit et je ne suis jamais allé sur ce terrain.
02:26Je n'irai pas sur ce terrain.
02:27Mais je dirais simplement qu'il y a une accumulation de faits qui jettent un doute
02:32dans l'esprit des citoyens, des Français sur ce dossier, sur ce qui s'est passé.
02:38Je le dis, je le répète, mais quand même, le document sur lequel, à la fin, l'accusation devait s'appuyer est un faux,
02:45même si ce n'avait pas été le point de départ de l'enquête.
02:48Ensuite, vous avez l'exécution provisoire qui s'applique à une peine de prison de 5 ans.
02:54C'est-à-dire que Nicolas Sarkozy peut gagner en appel.
02:57Il n'empêche qu'entre-temps, il aura fait de la prison.
02:59Il aura peut-être été emprisonné pour rien.
03:01C'est extrêmement grave, c'est extrêmement violent, c'est extrêmement humiliant.
03:03Je répète ces mots et je les assume complètement.
03:06Pourquoi une telle violence ? Pourquoi une telle humiliation ?
03:09Alors qu'encore une fois, les principaux chefs d'accusation sont tombés.
03:13Puis ensuite, si la justice ne veut pas qu'on ait un doute sur l'impartialité de la justice,
03:18pourquoi dans deux des trois procès qui ont été intentés contre Nicolas Sarkozy,
03:23on a maintenu en place des magistrats qui avaient manifesté contre lui,
03:26qui avaient fait savoir qu'il s'était en désaccord quand il était présent en public avec sa politique ?
03:30Donc il y a quand même une accumulation de faits aujourd'hui
03:32qui font que les Français, peut-être qu'après cette affaire,
03:37n'en ont plus confiance dans la justice de leur pays.
03:39Et c'est extrêmement grave.
03:40Donc il y a un vrai sujet d'État de droit.
03:42Je reprends les mots de Nicolas Sarkozy.
03:44Et moi, je suis préoccupé en tant que citoyen, en tant qu'élu,
03:47mais aussi en tant que juriste,
03:50sur l'image très abîmée qui ressort de la justice dans cette affaire,
03:54dont on a l'impression qu'elle a été, sur certains points, un peu légère, partielle,
03:59qui a eu la main extrêmement lourde parce que c'était Nicolas Sarkozy.
04:02En tous les cas, c'est l'évolution que les Français se posent ce genre de questions.
04:06Et très franchement, il faudra qu'on réagisse tous ensemble
04:08pour rétablir un lien de confiance entre les citoyens et notre justice.
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