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  • il y a 4 mois
Avec Yvan Stefanovitch, journaliste d’investigation, auteur de “Ces sages pas très sages” éd Max Milo

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##LE_FACE_A_FACE-2025-09-17##

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News
Transcription
00:00Entrez-vous, c'est Manoli, je vous en prie.
00:03Asseyez-vous, je sais que...
00:04Oui, oui, mettez-vous là.
00:05Bonjour.
00:07Je crois qu'il y a eu un problème d'adresse.
00:09Oui, je suis allé à l'ancienne adresse.
00:11Mais on ne vous a pas donné une nouvelle adresse.
00:13Non, on m'a donné une autre adresse,
00:14près de la maison de la radio.
00:17Je suis arrivé à midi et demi,
00:20mais voilà.
00:21Vous êtes arrivé à midi et demi ?
00:24Là-bas, au 104.
00:26Le président Kennedy ?
00:27Oui, c'est ça.
00:27Enfin, écoutez, ce sont des choses
00:30qu'on verra ça plus tard.
00:32Mais écoutez, on est ravis de vous avoir.
00:34On a un peu de temps.
00:36Je regrette effectivement ce temps.
00:39Enfin, c'est 15 minutes.
00:40Mais je voulais vous dire
00:42qu'on est très heureux de vous accueillir
00:44parce que ce livre est passionnant.
00:46Et encore une fois, je voudrais que vous rappeliez,
00:48parce qu'aujourd'hui, on parle beaucoup du Conseil constitutionnel,
00:51ce n'est pas à vous que je le dirais,
00:54considéré comme un paravent,
00:56un paravent, un paravent en fumage,
00:58ou un garde-fou, ou les sages.
00:59Je voudrais qu'on rappelle
01:00ce que c'est exactement le Conseil constitutionnel,
01:04les neuf sages.
01:05D'ailleurs, vous commencez par ça,
01:06leur rémunération, etc.
01:07Mais en gros, expliquez aux gens
01:09ce qu'est le Conseil constitutionnel,
01:13on ne veut pas refaire toute l'histoire,
01:15mais quand même,
01:15et sa puissance aujourd'hui,
01:18parce qu'elle est énorme,
01:20et il faut le rappeler.
01:20Historiquement,
01:23tout a été enclenché par le général de Gaulle,
01:26à grand trait, si vous voulez, en 1958.
01:29Avant, c'était quoi ?
01:30C'était d'abord les rois,
01:31puis contre l'exécutif,
01:34un peu à l'image de Macron aujourd'hui,
01:38s'est forgé la toute-puissance des parlements.
01:40D'abord sous les rois, même.
01:43C'était un vrai contre-pouvoir.
01:44Ah oui, oui, oui.
01:46Ils ont eu la peau de Louis XVI, quand même.
01:48Ce qui est exécutif,
01:50c'est que les 13 parlements ont fait leur boulot.
01:52Comme aujourd'hui,
01:53le balancier de l'histoire est revenu,
01:54après le général de Gaulle,
01:56ça va être la toute-puissance du Parlement,
01:57avec toutes les conséquences qu'il a à avoir.
02:00Mais, quand le général de Gaulle,
02:02qui pour moi est absolument un homme d'été génial,
02:06est visionnaire,
02:07il a, contrairement à ce qu'on peut penser,
02:10instauré un Conseil constitutionnel
02:13de manière militaire.
02:15C'est-à-dire,
02:16quand on entend certains professeurs de droit constitutionnel,
02:21certains avocats,
02:23parler de gouvernement du juge,
02:25c'est une foutaise,
02:26mais invraisemblable.
02:28Vous voulez dire,
02:28l'on est sûr,
02:29parce qu'on parle beaucoup aujourd'hui
02:30de gouvernement des juges.
02:31C'est complètement faux,
02:33c'est gouvernement de l'exécutif.
02:35C'est l'exécutif qui nomme tous ces gens-là.
02:38Pour donc,
02:39vérifier la constitutionnalité des lois,
02:42votées par le Parlement,
02:43par rapport à cette constitution votée en 1958.
02:47Mais qui a le pouvoir au sein des...
02:49N'importe quel auditeur peut être membre du Conseil constitutionnel.
02:55On ne demande aucun diplôme,
02:57aucune expérience.
02:58il faut être copain.
03:00Vous voulez dire,
03:01il n'y a pas un CV,
03:03il ne faut pas être juriste.
03:04Absolument pas.
03:05Rien.
03:05Absolument pas.
03:06Mais par exemple,
03:07Alain Juppin,
03:07il n'est pas juriste.
03:08Alain Juppin.
03:09Il n'a jamais été juriste,
03:11il est inspecteur des finances.
03:12Mais alors,
03:13oui,
03:13alors,
03:14non mais il vint,
03:14Stéphane Ouïch,
03:15pour revenir,
03:15on va parler de ça,
03:16de la constitution des neuf sages,
03:18parce que,
03:18voilà,
03:18comment ils sont composés,
03:20et de qui,
03:20aujourd'hui et hier.
03:22Mais,
03:23au fond,
03:24quel est le rôle,
03:25aujourd'hui,
03:26disons,
03:26si on avait à définir,
03:27quel est le rôle du Conseil constitutionnel,
03:30parce qu'on a vu qu'il pouvait arrêter telle loi,
03:32stopper telle loi,
03:33rendre caduque telle loi,
03:35projet des lois ou autre.
03:36Je dirais,
03:37il y a un rôle quotidien,
03:38il se réunit deux fois par semaine,
03:41alors que sous De Gaulle,
03:43il se réunissait une fois par an.
03:45Ah d'accord.
03:46Et donc,
03:46ça a changé là.
03:47Oui,
03:48ça a drôlement changé.
03:49Mais,
03:50sous De Gaulle,
03:50c'était quoi ?
03:51Sous De Gaulle,
03:52quand même,
03:52à l'Assemblée,
03:53il y avait de l'opposition.
03:55Aujourd'hui,
03:56vous n'avez,
03:57je veux dire,
03:58au sein du Conseil constitutionnel,
04:00il y avait des radicaux,
04:01il y avait des socialistes.
04:03Et monsieur,
04:04le président du Sénat,
04:06il ne serrait pas la main à De Gaulle
04:08quand il le voyait.
04:09C'était la guerre.
04:10Et De Gaulle n'avait pas la majorité.
04:12Gaston Monnerville.
04:12Oui.
04:13Et De Gaulle n'avait pas la majorité à l'Assemblée.
04:15Or,
04:16aujourd'hui,
04:17De Gaulle,
04:17avec le référendum de 1962,
04:20on a la majorité,
04:21le fait majoritaire,
04:22qui a tout changé.
04:23Avec le fait majoritaire,
04:25depuis 70 ans,
04:27au Conseil constitutionnel,
04:28la gauche a eu la majorité
04:31pendant 9 ans.
04:32Et tout le reste du temps,
04:33c'est la droite.
04:34Mais la droite et la gauche
04:35sont complètement complices
04:37pour établir ça
04:39pour différentes raisons.
04:40Ils sont très contents
04:41d'avoir le Conseil constitutionnel.
04:42Parce que le Conseil constitutionnel,
04:43il sert à quoi en face ?
04:45Oui, à quoi ?
04:45Il sert.
04:46On a dit
04:47que les conseils constitutionnels,
04:50on appelle ça des sages,
04:51c'est tout sauf des sages,
04:53et qu'ils étaient
04:56les bénignes oui-oui du général.
04:58Et aujourd'hui,
04:59c'est les bénignes oui-oui de Macron.
05:01Prenez la loi sur le...
05:03Ils sont là pour ça.
05:04Ils font tout un autre travail
05:05quotidien et tout,
05:07comme sur la loi Duplon,
05:08sur des choux.
05:09Oui,
05:10ils essayent de faire leur blan.
05:11Mais en réalité,
05:12ce n'est pas eux
05:12qui font le boulot.
05:14C'est l'exécutif ?
05:15Non.
05:16C'est des hauts fonctionnaires
05:17qui sont au Conseil constitutionnel
05:18au sein d'un service
05:19que s'appelle
05:20le service juridique.
05:21D'accord.
05:22Et ce sont des gens,
05:22j'en ai rencontrés,
05:23ce sont des gens
05:24qui sont des excellents juristes,
05:28mais qui frisent souvent
05:29le burning out,
05:33parce qu'ils travaillent
05:33comme des fous.
05:34Ils travaillent trois ans,
05:35mais ils remplacent les autres.
05:37Et les autres,
05:37qu'est-ce qu'il faut ?
05:39Travailleurs ou pas travailleurs ?
05:40Alors on dit que Jospin,
05:41quand il est au Conseil constitutionnel,
05:43c'est un travailleur.
05:44Oui,
05:44c'est un travailleur.
05:45Mais quelles sont les connaissances
05:47juridiques de Jospin ?
05:49À peu près nulles.
05:50Et donc,
05:51c'est des gens
05:52qui lui mâchaient le travail.
05:53Et pour vous expliquer tout,
05:55ont fait le général de Gaulle.
05:57Moi, je trouve qu'il a été génial.
05:59Il a fait tout
06:00pour que ces neuf sages
06:02ne puissent pas travailler.
06:04Ils n'ont pas le droit
06:05d'avoir des conseillers,
06:08des juristes.
06:09Aux Etats-Unis,
06:09la Cour suprême,
06:10ils en ont chacun
06:11une cinquantaine.
06:13Eux zéros.
06:14Donc ils sont obligés
06:15de passer et parler
06:16aux fonctionnaires.
06:17Parce que,
06:18comme dans le pouvoir exécutif,
06:20on appelle ça
06:21la démocratie exécutive.
06:22C'est ça,
06:23le vrai problème.
06:24C'est un problème politique.
06:25Ce n'est pas un problème
06:25de gauche ou de droite.
06:27Ces gens-là,
06:28ils ont...
06:29Au sein du gouvernement,
06:30il y a un secrétariat général.
06:32Ils ont le pouvoir.
06:33Ils sont plus puissants.
06:34Ils sont mieux informés
06:35que les...
06:36Ils ont un pouvoir énorme.
06:38Oui, oui.
06:39Mais ce n'est pas le pouvoir.
06:40C'est un pouvoir exécutif caché.
06:42C'est très habile.
06:43C'est très bien fait.
06:44Sur le papier,
06:45bien sûr,
06:46c'est les...
06:47C'est les...
06:47Les sages,
06:49comme on dit,
06:49qui sont...
06:49Et pour les deux lois
06:50qui ont sauvé,
06:52où il y a eu deux interventions,
06:54parce que le problème
06:55avec Macron,
06:56on ne peut pas l'aimer,
06:57mais le problème,
06:58c'est qu'il ne veut pas
06:58reconnaître qu'il a perdu
07:00une grande partie
07:01de son pouvoir.
07:02qui nous reste comme si...
07:04Et en plus,
07:04il n'y a plus de fait majoritaire
07:05à l'Assemblée,
07:06Ivar Stévalovitch,
07:07vous savez.
07:08Donc, son joker,
07:09et son joker jusqu'aux élections présidentielles,
07:12son principal joker,
07:13ça sera le Conseil constitutionnel.
07:15Il l'a fait deux fois déjà.
07:16Il va l'utiliser à mort
07:17jusqu'en 2027.
07:18Bien sûr,
07:18et il y a une chose
07:19qui s'appelle
07:19le rationalisme parlementaire.
07:23C'est le 49-3,
07:24c'est le Conseil...
07:26Le règlement du Parlement,
07:28il est établi
07:29et corrigé de très près
07:30par le Conseil constitutionnel.
07:33C'est lui.
07:34Il faut avoir son imprémature.
07:36Et les deux lois
07:36dont on a parlé dernièrement,
07:38la loi sur les retraites
07:39adoptée à neuf voix de majorité
07:41et la loi sur l'immigration.
07:44L'immigration, oui.
07:46L'immigration.
07:47S'il n'y a pas
07:48le Conseil constitutionnel,
07:49les lois ne passent pas
07:50et donc le pouvoir,
07:54c'est très important
07:55pour Macron,
08:00d'avoir...
08:00Et alors,
08:01au bout du compte,
08:02si vous voulez,
08:03si on fait la situation,
08:05on n'a pas beaucoup de temps,
08:06mais si on fait la situation,
08:07en réalité,
08:09Macron,
08:10moi je pense
08:11qu'il est condamné
08:11à gouverner
08:12avec le Front National.
08:13Il ne peut pas faire autrement.
08:15Parce que tout
08:16va se casser la gueule,
08:17toutes les...
08:20Alors ça,
08:20c'est une hypothèse,
08:21on va voir si elle est vérifiée,
08:23on va prendre juste
08:24une petite pause,
08:25Yvonne Stefanovitch,
08:27parce qu'on va essayer
08:28d'expliquer,
08:28je crois que c'est très très
08:29très important,
08:30d'expliquer le mécanisme.
08:32Parce qu'effectivement,
08:33cette démocratie,
08:35enfin en principe,
08:35vous voyez,
08:36on dit Montesquieu,
08:37les trois pouvoirs,
08:38mais au fond,
08:39il y a un quatrième pouvoir
08:39qui n'est pas les médias,
08:41qui est le Conseil constitutionnel.
08:43Oui,
08:43mais qui est au main
08:44de l'exécutif.
08:45Alors justement,
08:46il faudrait que vous nous expliquiez
08:47comment.
08:49A tout de suite,
08:49on se retrouve
08:50avec Yvonne Stefanovitch,
08:52les sages,
08:53pas très sages,
08:54et on va vous montrer
08:54comment effectivement
08:56la sagesse
08:56est très relative.
09:00Institutionnel,
09:00vous dites oui,
09:01c'est des juristes,
09:02des sages,
09:03une espèce de cour suprême,
09:04une petite cour suprême,
09:06pas comme,
09:07évidemment,
09:07il ne joue pas du tout
09:08le rôle que ça joue
09:09aux Etats-Unis,
09:10donc c'est aux éditions
09:11Max Milot.
09:12Alors,
09:12moi je voudrais,
09:14Yvonne Stefanovitch,
09:15que vous nous donniez
09:16un exemple
09:16de comment fonctionne
09:18ce Conseil constitutionnel
09:19face à l'exécutif
09:21et face au législatif.
09:23Et je voudrais
09:23que vous preniez un exemple,
09:24on en parlait un peu
09:25hors antenne,
09:26de cette loi
09:26qu'on vient,
09:27qu'on a votée
09:28il n'y a pas longtemps,
09:28sur l'immigration.
09:29Oui,
09:30avant ça,
09:30je voudrais quand même préciser
09:31pourquoi De Gaulle a fait ça,
09:33a mis ça en place.
09:34Il a fait ça parce qu'il y avait
09:35une instabilité chronique
09:36sous la traîneur.
09:38Donc,
09:39il était obsédé par ça,
09:40et il faut reconnaître
09:41quand même à cette constitution
09:43que jusqu'à aujourd'hui,
09:45ça n'a pas mal marché.
09:46Mais aujourd'hui,
09:47c'est moins le cas.
09:48Le balancier est revenu
09:50dans le sens.
09:51Alors,
09:52pour expliquer
09:52comment le Conseil constitutionnel
09:53marche,
09:54ou ne marche pas,
09:55il y a un exemple,
09:56donc c'est la loi immigration
09:58qui a été donc votée
10:02par l'Assemblée nationale
10:05et le Sénat,
10:06avec beaucoup de difficultés,
10:07et avec du début
10:09jusqu'à la fin
10:10pour être...
10:11C'est-à-dire que
10:12Macron
10:13veut se mettre bien
10:15avec le Front National,
10:16avec le Rassemblement National,
10:17parce que...
10:18Là,
10:18je caricature un peu.
10:19Non,
10:19non,
10:19mais je comprends,
10:20vous schématisez.
10:21Parce qu'il a besoin
10:23pour voter
10:24la loi
10:26sur l'immigration,
10:29ou cette loi
10:30sur l'immigration
10:30sera faite
10:32à la demande
10:32de Macron
10:34par Rotaillot.
10:36C'est Rotaillot.
10:37Rotaillot,
10:37ministre de l'Intérieur.
10:38Mise de l'Intérieur,
10:40qui,
10:41hypocritement,
10:42dénonce
10:43le gouvernement
10:43des juges.
10:44Alors qu'il a été
10:45dans cette...
10:46Après,
10:46alors qu'il a été
10:47dans cette manip
10:48dès le départ.
10:49Donc,
10:49c'est une hypocrisie
10:51absolument rare.
10:52Alors,
10:52comment ça se passe ?
10:53C'est-à-dire qu'il décide
10:54de faire cette loi
10:55sur l'immigration.
10:56Et qui n'en veut pas ?
10:57Qui hurle ?
10:58Qui dit,
10:58on n'est pas d'accord ?
10:59Le problème,
10:59pour faire cette loi
11:00immigration,
11:01il faut d'abord
11:02que le Sénat
11:03la fasse bien
11:04pour le livrer
11:05à l'Assemblée nationale.
11:06Parce que l'Assemblée nationale
11:08ne va pas faire le trafic
11:09avec le Rassemblement national.
11:11Donc,
11:12c'est Rotaillot
11:13qui a les mêmes idées
11:17proches,
11:17disons,
11:17du Front national là-dessus
11:18et qui va l'habiller.
11:20Après,
11:20ça va à l'Assemblée.
11:22Et à l'Assemblée,
11:23tout le monde est d'accord.
11:24On vote,
11:24toute la droite vote
11:25avec le Rassemblement national.
11:29Et puis après,
11:29quand la loi est votée,
11:31catastrophe.
11:31à l'Élysée,
11:33il y a toute l'aile gauche
11:34de la Macronie
11:34qui hurle.
11:36Ah,
11:37c'est trop à droite,
11:38etc.
11:38Alors,
11:39qu'est-ce qu'il fait,
11:39lui ?
11:40Il fait une saisine.
11:42Macron ?
11:43Oui,
11:43il a le droit
11:44de saisir le Conseil constitutionnel
11:45comme le Président de l'Assemblée,
11:47le Premier ministre
11:48et le...
11:50Président du Sénat ?
11:51Président du Sénat.
11:52Et il demande
11:53l'annulation.
11:54Il y a 84 articles.
11:56Et bien,
11:56il demande l'annulation
11:57de 32 articles.
11:59Alors,
11:59attendez,
12:00si j'ai bien compris,
12:00non mais...
12:01C'est Macron
12:02qui demande l'annulation
12:03de sa propre loi.
12:05Voilà.
12:05Puisque c'est lui qui a...
12:06Voilà.
12:07D'accord.
12:07C'est ça.
12:08D'accord.
12:08Moi,
12:08c'est des professeurs
12:09de droit public
12:10qui m'ont expliqué
12:11parce que c'est très compliqué.
12:13Alors,
12:14attendez,
12:14il demande sa annulation
12:15et donc,
12:15il fait appel
12:16au Conseil d'État.
12:17Non,
12:18au Conseil constitutionnel.
12:19Au Conseil constitutionnel,
12:20excusez-moi.
12:21Donc,
12:21le Conseil constitutionnel,
12:22qu'est-ce qu'il fait ?
12:23Le Conseil constitutionnel
12:24est très emmerdé
12:25parce qu'il faut travailler.
12:29Il y a 32 articles
12:30et eux,
12:32c'est pas...
12:32C'est beaucoup.
12:33C'est pas des...
12:34C'est des travaux d'Hercule,
12:34les 32 articles.
12:35Non, non, non.
12:36C'est peut-être des sages,
12:37enfin, c'est des sages,
12:38mais c'est pas des grands travailleurs.
12:40On ne peut pas dire ça.
12:42Et alors,
12:42c'est quand même
12:43une des plus belles
12:45cinécures
12:45de la République française.
12:46Ça,
12:46c'est un autre sujet.
12:47On va en parler,
12:48oui,
12:48on peut parler
12:48quand même matériellement.
12:49Mais,
12:49qu'est-ce qu'ils font ?
12:52Eh bien,
12:53ils sortent
12:53leur baguette magique.
12:55Et leur baguette magique,
12:57ça s'appelle
12:58le cavalier législatif.
12:59C'est un beau terme,
13:00joli.
13:01Cavalier,
13:01alors c'est quoi,
13:02ce cavalier législatif ?
13:03ça leur permet
13:03d'annuler
13:04n'importe quel article
13:07de loi.
13:08Sous prétexte
13:10que ça n'avait rien
13:11à faire dans la loi.
13:13Voilà.
13:14Alors,
13:14attendez,
13:14attendez,
13:15non,
13:15mais c'est quand même fabuleux.
13:16C'est-à-dire que
13:16si les députés ont voté,
13:18les sénateurs ont voté,
13:20mais le conseil constitutionnel
13:20peut dire,
13:22oui,
13:22mais attendez,
13:22moi j'ai lu cette loi,
13:24mais ça,
13:24ça n'a rien à faire
13:25avec...
13:26Plus précisément,
13:27les 32 articles
13:28dans la loi,
13:29ils ont été insérés
13:30dans la loi
13:31par Rotaillot,
13:32en amendement.
13:33Oui.
13:33Et le cavalier législatif,
13:35ça,
13:36ça ne peut flinguer
13:37que les amendements.
13:39Donc,
13:39il est en plein dedans.
13:41Ah,
13:42d'accord.
13:42Je veux dire,
13:43je mets des amendements
13:44et on flingue les amendements.
13:45Voilà.
13:46D'accord.
13:46Donc Rotaillot,
13:47il est furieux
13:47quand il voit ça,
13:48parce qu'il a vu
13:49qu'il s'est fait manipuler
13:50par Macron.
13:51Oui.
13:52Et c'est un cadavre
13:53entre eux,
13:53un des nombreux cadavres.
13:55Et quand,
13:56et donc,
13:57le conseil constitutionnel,
13:59enfin,
13:59ils ne l'ont pas trouvé,
14:00ça,
14:00c'est les hauts fonctionnaires
14:02du service juridique
14:03qui leur ont montré,
14:04mais qui sont des grands diplomates.
14:06Écoutez,
14:07là,
14:07vous avez une recette,
14:09ça vous permet
14:09de vous dire...
14:10ils sautent là-dessus
14:12comme sur la peste
14:15sur le bac allergé
14:17et ils sont forts.
14:18Alors après,
14:19évidemment,
14:19tout le monde est hypocrite
14:20parce qu'on ne raconte pas
14:21le fond de l'histoire.
14:23Mais après,
14:24le problème,
14:24c'est que quand Rotaillot,
14:26il sera ministre de l'Intérieur
14:27s'il redevient,
14:29il peut,
14:31ou ça va être compliqué
14:31pour Macron,
14:32c'est qu'il peut passer la loi
14:34avec le Front National
14:35et là,
14:36on ne peut plus
14:37mettre le cavalier législatif.
14:40Ce n'est plus possible.
14:41Oui,
14:41mais alors,
14:41attendez,
14:42il y a quand même
14:42quelque chose avant ça.
14:44Rotaillot,
14:44on verra bien,
14:45le gouvernement n'est pas encore formé.
14:47Mais quand même,
14:47sur le fond,
14:48sur le fond,
14:49ce que vous dites,
14:50Yvan Sévanovic,
14:51et vous en parlez,
14:52c'est-à-dire que ce conseil constitutionnel,
14:54je rappelle
14:55qu'il ne se passe forcément
14:56des gens élus.
14:57Ce ne sont pas des gens élus,
14:59les neuf sages.
15:00C'est choisi par le président de la République,
15:02le président du Sénat
15:03et le président de l'Institut national.
15:04Pour neuf ans.
15:05Pour neuf ans,
15:05c'est ça,
15:06au tiers,
15:06tiers,
15:06tiers,
15:07et ils ont neuf ans non renouvelables.
15:09On est bien d'accord ?
15:10Bon.
15:10Mais donc,
15:11ils ont le droit,
15:12donc sur toute loi
15:13ou sur toute loi
15:14ou projet de loi,
15:15d'apposer une espèce
15:17de non posomus,
15:18je dirais,
15:19enfin de censure
15:20ou d'interdiction.
15:22C'est bien ça ?
15:22C'est ça.
15:23D'accord.
15:24Dans les lois,
15:25ils font des censures totales,
15:27c'est très rare,
15:28des censures partielles
15:29ou des censures,
15:30il faut revoir le texte après.
15:31C'est ça.
15:32Mais il faut préciser quand même,
15:34que nous sommes à une époque,
15:36quand la loi de 1905
15:37sur la séparation
15:39de l'Église et de l'État,
15:40il a fallu 5 ans
15:40pour la faire.
15:41Nous, les lois,
15:42il faut un an ou 6 mois.
15:44Évidemment,
15:44ce n'est pas très difficile
15:46pour le Conseil constitutionnel
15:47et le service juridique,
15:48les cerveaux au Conseil constitutionnel
15:49de trouver des problèmes.
15:51Parce que les lois,
15:52c'est vrai,
15:52sont mal foutues
15:53et sont faites à la va-vite.
15:54Trop vite, oui.
15:55On fait une loi sur l'immigration
15:56presque tous les ans.
15:58C'est ridicule.
15:59Et qui n'est même pas appliquée
16:00comme chacun sait.
16:02Alors justement,
16:02je voudrais qu'on parle de ça quand même.
16:05On l'a à peine abordé.
16:06Dites-moi,
16:06c'est une bonne chose
16:08d'être au Conseil constitutionnel.
16:10Apparemment,
16:11la soupe est plus que bonne.
16:12Qu'est-ce qui touche ?
16:13Qu'est-ce que c'est le budget ?
16:14Ils ne peuvent pas travailler ?
16:16Ils ne peuvent pas travailler.
16:17Ils n'ont pas de moyens matériels.
16:20Ils ont une voiture pour plusieurs,
16:22les pauvres choux.
16:23Alors évidemment,
16:23par exemple,
16:25comment Juppé et Fabius,
16:30ils avaient une autre voiture.
16:32Mais les conditions de travail,
16:34c'est sur le plan financier,
16:36donc ils ont 15 000 euros par mois.
16:38Il a fallu des...
16:41Et sur ces 15 000 euros,
16:43il y en a 56% qui sont illégaux.
16:46C'est versé de manière illégale
16:48par le pouvoir exécutif.
16:49Comment illégal ?
16:50Ah bon ?
16:51Ça veut dire pourquoi ?
16:52Parce que De Gaulle a été très malin.
16:54De Gaulle,
16:55il fait une loi organique.
16:56Vous savez,
16:56une loi organique,
16:57c'est qu'il faut que les deux parlements,
16:59les deux assemblées soient d'accord.
17:01Et c'est un truc très lourd.
17:02pour toute modification
17:04de l'organisation du conseil constitutionnel
17:07et du traitement financier des conseillers.
17:11Et De Gaulle,
17:11il savait très bien
17:12que si on mettait que les...
17:15Alors à l'époque,
17:15c'était moins,
17:16mais c'était environ 7 000 euros.
17:18Franc, franc.
17:19Il n'y avait pas le franc.
17:20Pardon ?
17:21C'était des francs à l'époque.
17:22Oui, oui, c'était des francs.
17:23Mais l'équivalent en euros,
17:24ça faisait à peu près 7 000.
17:26Il savait très bien que
17:27les conseillers
17:31n'allaient pas passer,
17:31et les membres du conseil constitutionnel
17:33n'allaient pas passer devant l'Assemblée
17:34pour demander une...
17:35Une augmentation.
17:36Et que ça serait dans les journaux.
17:38Donc tout est parti illégalement.
17:39Alors je ne vais pas rentrer dans les détails,
17:40mais c'est très compliqué.
17:42D'accord.
17:42Non, mais il touche 15 000 euros.
17:4415 000 euros.
17:45Plus des frais de représentation,
17:48plus tout ça.
17:49Non, non, non.
17:49Non, il n'y a pas.
17:49C'est déjà pas mal.
17:5115 000 euros,
17:51mais sur ces 15 000 euros,
17:5356% sont illégales.
17:55Et à tout moment,
17:56l'exécutif peut les virer.
17:58Et quand on a voulu...
18:00Il y a une dame qui s'appelle...
18:01Je n'ai plus son nom,
18:02qui a fait le premier rapport
18:03sur le conseil constitutionnel
18:04en 2021.
18:06Une socialiste,
18:07députée de la Haute-Saône,
18:08mais son nom...
18:09Non, d'accord.
18:10Donc tout le monde était d'accord
18:11pour faire que les conseillers...
18:15Que ça soit légal,
18:16que ça soit uniquement
18:17ce qui était prévu.
18:18Non, non pas les 55%,
18:20mais les 44%.
18:21Qu'on allait arranger ça
18:22pour légaliser tout ça.
18:24Et qu'on leur supprimait
18:25leur retraite.
18:26Alors vous comprenez,
18:26quand on supprime les retraites,
18:28par exemple,
18:29comme Fabius,
18:30s'il avait 32 000 euros par mois,
18:32il a voulu supprimer sa retraite...
18:3432 000 euros de retraite par mois,
18:35oui, parce qu'il y a
18:35les retraites cumulées.
18:36Oui, il y avait plus de 15 000.
18:38Alors vous pensez bien
18:39qu'il n'était pas d'accord pour ça.
18:41Et tous les autres,
18:42là, la droite et la gauche,
18:43ça disparaît.
18:44Ah, bien sûr.
18:44Vous touchez à mon porte-monnaie.
18:46Mais sur leur vie quotidienne là-bas,
18:49bon, ils ne peuvent pas faire grand-chose.
18:50Ils n'ont pas le droit
18:51d'avoir des conseillers.
18:52Ils n'ont pas le droit
18:53à la parole.
18:54Le président, c'est très important,
18:57le président nomme le rapporteur
18:59d'une saisie du Conseil constitutionnel.
19:02Et c'est secret.
19:02Tout le monde le sait.
19:04Mais officiellement,
19:05il ne faut pas l'acquérir
19:05dans les journaux, etc.
19:06Alors on sait tout ça
19:07parce que j'ai étudié les archives.
19:09Et c'est formidable.
19:10Mais alors, attendez,
19:11je ne comprends pas.
19:12Enfin, je ne comprends pas.
19:13Si, on ne comprend que trop.
19:16Mais si vous aviez à définir
19:18aujourd'hui,
19:19encore une fois,
19:20nous sommes en 2025,
19:22le rôle du Conseil constitutionnel.
19:24Parce qu'on voit
19:24à quel point il intervient.
19:26Parce qu'aujourd'hui,
19:27vous disiez une fois par an
19:28du temps de De Gaulle
19:30et aujourd'hui,
19:31c'est trois fois par semaine.
19:32Oui, parce que,
19:33deux fois par semaine.
19:34Parce que, si vous voulez,
19:35la nature aura du vide.
19:36Quand ils sont arrivés,
19:37quand le général De Gaulle
19:38était mort,
19:39à l'époque,
19:41ce n'était pas les skis,
19:42le président,
19:42ils étaient un peu emmerdés.
19:44On disait qu'ils étaient
19:45BDBU, oui, oui.
19:46Ils ont consulté
19:47quelques professeurs de droit
19:49puis ils ont trouvé une idée.
19:50Alors, ils ont trouvé une idée.
19:51On va faire rentrer
19:52dans la constitution,
19:53dans notre jurisprudence,
19:56plutôt,
19:56pas dans la constitution.
19:58On va faire rentrer
19:59la constitution de 40 Suisses,
20:04le 1789, etc.
20:05Donc, tous les droits
20:07et libertés des citoyens.
20:08On est au service des citoyens,
20:10on va défendre les citoyens, etc.
20:12et ça a rejoint Fabius
20:14il y a quelques années.
20:15Parce que Fabius,
20:16il est lourd dans cette histoire.
20:17C'est lui qui a décidé
20:18les 56%
20:19avec Mme Françoise Parly.
20:21À la demande, en plus...
20:23Les 56% ?
20:24De salaire et de traitement illégal.
20:26Légal.
20:27En plus.
20:28Ah oui, d'accord.
20:28En 2001.
20:29Et il le décide
20:30main dans la main
20:31avec qui ?
20:32Avec le président
20:34du conseil constitutionnel,
20:36mais il en échappe,
20:38un RPR.
20:38tous la main dans la main,
20:40sans problème.
20:41Du moment qu'il s'agissait
20:42de gonfler un tout petit peu
20:44le portefeuille ou le magot.
20:45Mais je reviens à cela.
20:47Donc, aujourd'hui,
20:49ils se réunissent.
20:50Mais comme vous dites,
20:51ils sont quand même,
20:53vous dites,
20:53un auxiliaire de l'exécutif.
20:56Alors qu'ils devraient être
20:57les gardiens intransigeants
20:59de la constitution.
21:00Sur le papier,
21:01il n'y a rien à leur reprocher.
21:03Sur le papier.
21:04Tout ce que je dis,
21:04c'est des enquêtes
21:05parce que j'ai vu des gens,
21:06certains anciens conseillers,
21:08etc.
21:09Bon.
21:09Alors quand vous rentrez
21:10dans les détails,
21:12les anciens présidents,
21:13Jean-Louis Debray,
21:15j'ai vu,
21:16Pierre Mazot,
21:17etc.
21:18Vous découvrez des choses
21:19extraordinaires,
21:20des luttes de pouvoir.
21:21C'est une lutte de pouvoir.
21:23C'est fascinant.
21:23À l'intérieur même.
21:24À l'intérieur même.
21:25Parce qu'il y a des oppositions
21:26entre les macronistes
21:27et les autres.
21:29Donc c'est fantastique.
21:30Moi, ça m'a
21:31formidablement amusé.
21:33Ah ben j'imagine.
21:34Mais pour la France,
21:35c'est très bien.
21:35Ben oui.
21:36J'imagine,
21:37nous avons, je crois,
21:37Catherine.
21:39Bonjour Catherine.
21:40Oui,
21:41bonjour à toute l'équipe
21:43de Sud Radio.
21:44Merci.
21:45Et je suis ravie
21:46qu'il y ait de l'intergénérationnel.
21:49Ah ben il y a toujours
21:50de l'intergénérationnel chez nous.
21:52Dites-moi Catherine.
21:53Oui, pour éviter le conflit.
21:54Le conflit aussi intergénérationnel
21:56dans tout ce qu'on entend
21:57au niveau politique.
21:59Tout à fait.
21:59Viser pour mieux régner.
22:00Ça, c'est une devise permanente.
22:04Oui, Catherine, allez-y.
22:05Vous voulez parler de quoi
22:06à propos du Conseil constitutionnel ?
22:08Non, pas du tout.
22:09Moi, je voulais simplement
22:10aller à contre-courant.
22:12Il y a beaucoup d'injustice.
22:14Mais ce qui est intéressant,
22:15c'est aussi de parler
22:16de tout ce qui est créé
22:19au niveau entreprise,
22:20des besoins,
22:21des gens optimistes
22:23pour faire bouger la société.
22:24C'est ce fameux petit capitalisme éthique.
22:29Éthique.
22:29Alors Catherine,
22:30on va faire une émission
22:33sur le capitalisme éthique.
22:35On va en reparler avec plaisir.
22:38Et merci d'avoir téléphoné.
22:41Yvan Stéphanovic,
22:42moi je voudrais revenir à ça quand même.
22:44Vous dites...
22:45Aujourd'hui, il y a Richard Ferrand
22:47qui est président
22:48du Conseil constitutionnel.
22:49Richard Ferrand,
22:51ce n'est pas un secret d'État
22:53de dire,
22:53et ce n'est pas d'ailleurs
22:54du tout péjoratif,
22:56c'est un grand ami
22:56d'Emmanuel Macron.
22:58Oui, mais ils ont tout.
22:59Il y a eu onze présidents
23:00du Conseil constitutionnel.
23:02Ils ont tous été
23:03amis du président de la République.
23:08Sauf,
23:09c'est l'exception
23:10qui confie en règle,
23:11c'est Laurent Fabius
23:12qui n'était pas tout à fait
23:13ami avec François Hollande.
23:15Oui, enfin bon.
23:16En même temps,
23:17ils étaient socialistes
23:18tous les deux en partie,
23:19en tout cas du même parti.
23:21Mais donc, aujourd'hui,
23:22si vous voulez,
23:23encore une fois,
23:24je reviens,
23:24est-ce que nous sommes encore,
23:26et je reparle de votre enquête,
23:28je voudrais que vous parliez
23:28justement de ça,
23:29est-ce qu'on est
23:30dans cette figure
23:33et on a envie d'en rire
23:36avant d'être obligé
23:37d'en pleurer,
23:38des trois pouvoirs.
23:41Je veux dire,
23:41exécutif,
23:43législatif,
23:44judiciaire,
23:45et je reviens à ça.
23:46Vous dites que le Conseil constitutionnel,
23:48au fond,
23:49il n'a pas les moyens,
23:50il n'a pas de juriste autour de lui,
23:52mais alors,
23:52s'il n'a pas de conseiller,
23:54lui,
23:54mais comment il travaille ?
23:55Je ne comprends pas.
23:56Expliquez-moi le fonctionnement de ça.
23:58Avec qui ?
23:59Ce n'est pas les neufs
24:00qui vont faire tout le boulot.
24:02Non, ils ne font pas grand-chose.
24:03Bon, ils ne font pas grand-chose.
24:05Il y a quelques exceptions.
24:06Vous avez comme Pierre Mazot,
24:08par exemple,
24:08qui a été président.
24:09Vous avez Jean-Louis Debray.
24:11Bon, mais Jean-Louis Debray,
24:12il avait un formidable conseiller
24:16qui s'appelait Marc Guillaume,
24:17l'actuel préfet
24:19de la région de la France,
24:22qui est un puits de sens dans ce domaine.
24:23Donc, ils avaient chacun,
24:24ils ont à côté d'eux.
24:25Et aujourd'hui, le président,
24:27il a forcément quelqu'un
24:28en louselé
24:29ou officiellement dans le conseil.
24:31Parce que le pauvre,
24:32il n'a aucune connaissance.
24:33Pour lui, il est aveugle.
24:35C'est un aveugle dans un champ de mine.
24:38Il ne voit rien.
24:40Il ne connaît rien.
24:40Eux-mêmes, c'est ça.
24:41Oui, parce qu'il n'est pas...
24:42Mais c'est un ancien journaliste.
24:43Moi, je n'y connaissais rien.
24:46Je me suis...
24:47Pourquoi je me suis penché là-dedans ?
24:49Oui, pourquoi ?
24:50Parce que j'aime beaucoup
24:52Alain Duhamel.
24:55Ça a été mon prof de sciences politiques.
24:59Et bon, j'aime beaucoup ce qu'il fait.
25:01J'aime beaucoup sa manière de travailler.
25:02Moi, je ne ferais pas ça.
25:03Ce n'est pas mon truc.
25:04Mais j'ai été absolument stupéfait
25:06des louanges qu'il faisait
25:08sur le conseil constitutionnel.
25:10Je trouvais qu'il en faisait quand même beaucoup.
25:12C'est dithyrambique.
25:13C'est comme un autre conseiller
25:16qui a une grande intelligence
25:17qui est mort aujourd'hui
25:18qui s'appelle Guy Carcassonne.
25:20Oui.
25:20Il a une manière de parler.
25:25C'est comme Georges Vedel.
25:28Et ça m'a stupéfait.
25:30Et je me suis dit
25:31là, il y a quelque chose.
25:32Parce que Carcassonne,
25:33il dit toujours...
25:34Il disait
25:35il ne faut pas s'attaquer
25:36au conseil constitutionnel.
25:37Il est trop fragile.
25:38C'est vrai qu'il est fragile.
25:39Parce qu'on a des siècles derrière nous
25:41où c'était...
25:43Non mais vous avez dit vous-même
25:44qu'Alain Duhamel était trop dithyrambique.
25:46Est-ce que...
25:46Enfin, était dithyrambique en tout cas.
25:49Trop.
25:49C'est long.
25:50Chacun.
25:51Mais au bout de votre enquête,
25:52franchement,
25:53si vous aviez à définir
25:54le conseil constitutionnel aujourd'hui,
25:56très franchement,
25:57Yvan Stémanowicz,
25:59vous diriez quoi ?
26:00Comment vous le qualifieriez ?
26:01C'est un scandale quotidien.
26:03C'est un scandale d'État.
26:04Un scandale d'État.
26:06Oui.
26:06qui est très difficile à sortir
26:08parce que le général de Gaulle
26:09a été génial
26:10parce qu'il a établi
26:12le fonctionnement
26:13du conseil constitutionnel.
26:13J'ai compris.
26:14On n'a rien changé.
26:15On a changé au niveau de la jurisprudence,
26:17des trucs,
26:18ça s'est amélioré,
26:19etc.
26:19Tout ça.
26:20Mais sur le rapport,
26:22le fonctionnement,
26:23ils ont les mains liées.
26:25Ils ne peuvent rien faire.
26:27Alors,
26:27ils ont les mains liées.
26:28Donc,
26:28on va y aller.
26:29Est-ce qu'on fait la petite pause maintenant ?
26:32Julien,
26:33dis-moi.
26:33Alors,
26:34on se retrouve...
26:34Non,
26:34parce que c'est très important.
26:35Parce que vraiment,
26:36vous dites,
26:37d'à côté,
26:37c'est un scandale,
26:38ils ont les mains liées.
26:39Il faut que le Jean...
26:40Vous savez,
26:41après tout,
26:41qui les paye,
26:42c'est les copropriétaires
26:43de la Maison France.
26:45C'est pour ça que c'est important,
26:46votre livre.
26:46On veut savoir ce qui se passe
26:47et comment ça se passe.
26:49On se retrouve juste après
26:50deux minutes de pause.
26:51A tout de suite.
26:53Sud Radio Bercoff
26:55dans tous ses états,
26:56midi 14h.
26:57Je ne suis pas le seul
26:59à être dans tous mes états,
27:00vous le savez.
27:01Le conseil constitutionnel,
27:03vraiment,
27:03cette espèce d'énigme,
27:05cette espèce de sphinx
27:07qu'on voit,
27:08très important,
27:09parce qu'on ne le connaît pas,
27:11mais tout le monde en parle,
27:12c'est très intéressant.
27:14Et Yvan Stevanovic
27:15a fait une enquête,
27:16je dirais,
27:16passionnante,
27:17vraiment.
27:18Le livre vient de paraître
27:19aux éditions Max Milot.
27:23Vous disiez quand même,
27:24alors dites-moi,
27:25pourquoi on les appelle
27:26les sages ?
27:27Ça vient d'où, ça,
27:28les sages ?
27:29C'est nos confrères,
27:31les journalistes,
27:31et quelques grands professeurs
27:35de droit,
27:36et qui ont trouvé ce truc.
27:37Mais c'est complètement inapproprié.
27:40Des sages,
27:41dans l'Antiquité,
27:42c'était tout l'inverse.
27:44C'était des gens
27:44qui avaient une expérience,
27:45etc.,
27:46et qui conseillaient le roi.
27:47Il y avait le conseil du roi,
27:49etc.,
27:49même au Moyen-Âge.
27:52Ils sont tous,
27:53sauf sages.
27:54Ils sont un peu aux ordres,
27:56de temps en temps,
27:57ils font,
27:58dans différents domaines,
27:59ils prennent...
27:59Ils sont un peu aux ordres
28:00ou pas beaucoup aux ordres ?
28:01Ils sont beaucoup aux ordres,
28:02mais par exemple,
28:03dans le monde de l'environnement,
28:05ils font des efforts.
28:06Ils ne vont pas jusqu'au bout.
28:07Mais ils font des efforts
28:10adosoméopathiques,
28:12mais pour ne pas être
28:12trop ridicules aussi.
28:14Parce qu'il faut quand même
28:14qu'ils sauvent un peu
28:16les apparences.
28:19Mais ils n'ont rien de sage.
28:21Et puis,
28:21il faut qu'on constate
28:23que c'est des gens
28:25qui sont quand même âgés.
28:26Il y a 72 ans de...
28:27Moi, j'ai 78 ans.
28:29Bon,
28:29mais ces gens-là,
28:30moi,
28:31je fais du vélo
28:31dans Paris et tout.
28:32Tous ceux,
28:33ils ne prennent pas le métro
28:34et tout,
28:34parce qu'ils ont
28:35ils ont de l'arthrose,
28:37ils n'ont de faim comme moi,
28:38ils ont des phénomènes.
28:39Et donc,
28:40c'est des braves papys.
28:42Et ils doivent rendre
28:42leur jugement
28:43en un mois
28:44pour les lois votées
28:48et en trois mois
28:49pour les questions
28:52prioritaires de conseil.
28:53championnats du monde.
28:55Dans les autres pays
28:55autour de nous,
28:56il n'y a pas
28:57de barrières.
29:01Nous,
29:01c'est De Gaulle.
29:02Il est génial.
29:03Il a fait ça
29:03pour les pousser au cul
29:04parce qu'il savait
29:05que de les travailler
29:06et pour faire
29:07qu'il y ait des hauts fonctionnaires
29:09qui s'occupent du truc.
29:11Eux,
29:11ils s'en foutent.
29:12Ils ont
29:13la plus belle
29:14signature de la République.
29:17C'est génial.
29:18Alors,
29:18on va dire
29:18il travaille,
29:19j'ose pas en travail,
29:20il a vachement travaillé,
29:21etc.
29:21Qui peut nous apparaître ?
29:24Sur quoi on se pose ?
29:26Quels sont les faits ?
29:27Quels sont les faits ?
29:29On aura ça
29:30quand on aura
29:31il y a 25 ans
29:33sur les archives.
29:34Mais même n'importe qui
29:35peut dire que...
29:35Mais c'est secret,
29:36on ne peut pas attendre.
29:37Aujourd'hui,
29:38Stéphanoïch,
29:39je ne sais pas
29:39si vous avez dû
29:40essayer de le faire,
29:41vous pouvez consulter
29:42les archives du conseil,
29:43les travaux, etc.
29:43Au-delà de 25 ans.
29:45Donc, on ne peut pas savoir.
29:46Avant 25 ans,
29:47on ne pouvait pas savoir.
29:48Non, pardon.
29:49Non, entre 25 ans.
29:50C'est ça.
29:50Les 25 dernières années.
29:51C'est-à-dire,
29:51les 25 dernières années,
29:52vous ne pouvez pas y accéder.
29:53C'est secret.
29:53Et alors,
29:54le plus scandaleux,
29:55évidemment,
29:55c'est les anciens présidents
29:56de la République.
29:57Moi, j'ai fait l'enquête
29:58sur Giscard d'Estaing.
29:59Enfin, sur une année,
30:00en 2011,
30:01il devait venir,
30:03je ne sais pas,
30:04une centaine de fois.
30:05Il est venu trois fois.
30:06Et quand il arrive,
30:07quand il se fait battre
30:09par Mitterrand,
30:11et bien il met...
30:11Et ça,
30:12j'ai des preuves écrites
30:12et tout,
30:13parce que moi,
30:14j'ai travaillé là-dessus.
30:14Il met quoi ?
30:15Comme mon collègue Pierre Péon,
30:17c'est avec des...
30:19J'ai compris.
30:20Mais qu'est-ce qu'il fait
30:20Giscard d'Estaing ?
30:22Eh bien,
30:22Giscard d'Estaing,
30:23il a essayé,
30:24et Mitterrand,
30:26après,
30:26a voulu faire pareil,
30:28parce qu'il dit...
30:29Mais Mitterrand,
30:29il n'a pas été
30:30au Conseil constitutionnel.
30:31Oui,
30:31mais il n'a pas été,
30:33mais pendant les huit derniers mois
30:34avant sa mort,
30:35j'ai le témoignage,
30:36le témoignage de Roland Dumas,
30:39le point ouvre les guillemets,
30:40il a exigé d'avoir la même chose
30:42que Giscard,
30:43donc d'être payé la moitié.
30:45Donc il était,
30:46quand il était sur son lit de douleur,
30:48le pauvre,
30:49eh bien il était quand même payé
30:50par le Conseil constitutionnel
30:51et il n'y allait pas.
30:52Bon,
30:53tout est comme ça.
30:53Chirac,
30:54mais Chirac a été beaucoup plus correct,
30:56et ça parce qu'il était copain
30:57avec Jean-Louis Debray,
30:59et Jean-Louis Debray
30:59ne voulait pas de ça.
31:00Oui,
31:01mais Giscard,
31:02c'est...
31:04Écoutez,
31:04quand il a été élu,
31:07il est élu député
31:08à partir de 84-85
31:12et jusqu'à 2004,
31:14bon,
31:15après il ne sera plus député,
31:17donc il sera payé,
31:17mais il ne viendra jamais.
31:19Mais de 84 à 2004,
31:21il est payé 50%,
31:22donc l'équivalent de...
31:2420 ans, pas mal.
31:25Et il ne vient,
31:26il n'a pas à venir.
31:28Alors Chirac,
31:29c'est un autre.
31:29Chirac,
31:29s'il a eu 32 000 euros par mois,
31:32il avait,
31:32avec ses retraites et tout.
31:34Mais,
31:35alors Chirac,
31:35tout le monde,
31:36personne ne dira rien,
31:37parce que...
31:37Mais les trois années,
31:39les trois années avant sa mort,
31:42il meurt en 2020,
31:43ou 2019,
31:44eh ben,
31:45est-ce qu'il était payé ?
31:47La jurisprudence dit que oui.
31:49En tout cas,
31:50Yvan Stévanovitch,
31:51vous apprenez beaucoup de choses,
31:52et beaucoup plus dans votre livre.
31:53J'apprends,
31:54écoutez,
31:54je vous le dis,
31:55si vous voulez aller au conseil constitutionnel,
31:57évidemment,
31:57il faut connaître un peu,
31:59un peu beaucoup,
31:59le président de l'Assemblée nationale,
32:01président du Sénat,
32:02président de la République,
32:02mais,
32:03vous n'avez pas besoin de CV,
32:04vous n'avez pas besoin que vous ayez fait telle ou telle étude,
32:07vous n'avez même pas besoin d'être inscrit au casier judiciaire,
32:10enfin d'être blanc au casier judiciaire,
32:13c'est bien ça.
32:13Non,
32:14Alain Juppé,
32:15il est,
32:15il est lisse,
32:16il a un casier judiciaire,
32:18on s'attend à Sarkozy.
32:20Et,
32:20voilà.
32:21C'est magnifique,
32:22c'est magnifique.
32:23Écoutez,
32:24lisez-le,
32:24vraiment,
32:25Yvan Stévanovitch,
32:26merci,
32:27des sages,
32:28pas très sages,
32:29voilà,
32:30ainsi fonctionne la République,
32:32bon appétit,
32:33messieurs,
32:34au conseil constitutionnel intègre.
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