00:00Sud Radio Bercoff dans tous ses états, midi 14h, André Bercoff.
00:06André, vous receviez hier le député de la Somme, Mathias Renaud, épinglé par l'Assemblée Nationale pour avoir attaché un drapeau français à la fenêtre de son bureau.
00:13Eh bien, l'opération anti-tricolore bat son plein, puisqu'hier des manifestants ont été chassés de plusieurs rassemblements parce qu'ils portaient des drapeaux français.
00:21Oui, c'est assez extraordinaire, vraiment, je ne comptais pas en reparler.
00:24Effectivement, on en a parlé, comme vous dites, avec le député, et puis quand même, on a vu les images.
00:31Et on a vu les images, pas une fois, pas deux fois, mais trois fois.
00:34Un petit groupe, comme ça, des retraités, des gens qui portaient un drapeau français dans la manifestation.
00:39Donc, ils étaient d'accord avec le ras-le-bol de certains, les revendications des autres.
00:44Et puis, on voit des gens qui s'approchent, ils disent, foutez le camp.
00:48Allez, vous n'avez rien à faire ici, cassez-vous, cassez-vous, cassez-vous, bande de fachos.
00:51J'ai décidé, j'ai décidé, attendez, il y a quand même un problème, est-ce qu'on va continuer comme ça ?
00:56Est-ce qu'on est arrivé au point où une manifestation en France, dans n'importe quelle île de France,
01:01où il y a des gens qui portent un drapeau français, sont immédiatement qualifiés à la droite d'Adolf Hitler ?
01:08C'est ça ? Mais où on en est pour arriver là ?
01:10Qu'est-ce qui s'est passé au niveau des neurones ?
01:12Non mais vraiment, on peut se poser la question.
01:13Et d'ailleurs, vous allez écouter, c'est Tessine News, je crois, qui a parlé de cela.
01:21Une jeune femme qui raconte ce qui lui est arrivé, justement, hier, dans la manifestation.
01:29Je crois que c'était à Montpellier, on n'est pas sûr, mais en tout cas, écoutez.
01:31Je quitte la manifestation parce qu'en fait, on m'a arraché, j'avais mon drapeau sur la tête,
01:37il y avait un très beau chapeau, avec le drapeau, et on m'a arraché le drapeau,
01:41et j'ai essayé de protéger une autre personne du groupe, là, qui commençait à se faire tabasser.
01:47Donc je me suis mis entre en pensant que ça allait calmer, mais non, il était très excité.
01:51Et en gros, on nous a dit de partir parce qu'on ne voulait pas de fachos,
01:56et que je dis, mais non, je ne suis pas fachos, j'ai un drapeau français, je suis française, je devrais être là.
02:00Et on m'a dit, non, la France, on s'en fout, il faut être internationaliste.
02:04Voilà, la France, on s'en fout, il faut être internationaliste.
02:09Donc, moi, je suis la citoyenne française, je viens avec un drapeau français,
02:13je pensais que le drapeau français, c'était en France,
02:15mais apparemment, non, non, non, on se trompe,
02:17et elle se fait virer de la manifestation.
02:22Maud Koffler, ça vous est arrivé, vous, un peu plus tôt, je crois que c'était en 2018, c'est ça ?
02:27Oui, 2018.
02:27Qu'est-ce qui vous est arrivé ? Racontez-nous, parce que vous avez eu une aventure,
02:31avec un drapeau.
02:32Oui, et la colère n'est pas retombée du tout.
02:34C'est en 2018, c'était la demi-finale de la Coupe du Monde,
02:36et je revenais des manifestations joyeuses sur les Champs-Elysées avec ma sœur,
02:41on avait chacune un grand drapeau français,
02:43et en fait, un type est sorti de je ne sais où,
02:45a couru, a attrapé l'un de nos drapeaux,
02:47et puis l'a balancé sous une voiture,
02:49et en fait, c'était assez long, la scène, j'ai réduit un petit peu,
02:52c'était à Paris, c'était boulevard Malzerbe,
02:54dans le huitième,
02:55donc ce n'est pas tellement le quartier où ça risque de dégénérer, quoi.
02:59Et donc, en fait, après une autre question...
03:01Donc il a pris le drapeau, il l'a jeté par terre, c'est ça ?
03:03Oui, il a couru, j'ai poursuivi un peu sur la route,
03:04et puis il a fini par aller dans une petite rue,
03:06il l'a jeté sous une voiture, je l'ai récupéré,
03:09et puis il est revenu, en fait, vers ma sœur et moi,
03:12avec des insultes, on est chez nous, la France c'est chez nous, etc.
03:17Excusez-vous, demandez pardon,
03:18demandez pardon de quoi, j'en sais rien, mais...
03:20Et vous demandez à vous de vous excuser ?
03:22C'est ça.
03:22D'avoir un drapeau français ?
03:23D'avoir un drapeau français, parce qu'ils étaient chez eux.
03:25Il était algérien, ils s'en revendiquaient,
03:28et puis d'autres personnes l'ont rejoint,
03:30et en fait, on attrapait ma sœur par les cheveux,
03:32l'ont mise par terre, enfin, ça a été assez violent,
03:34mais pour aucune raison,
03:35simplement parce qu'on avait un drapeau français,
03:37et tout le monde avait un drapeau français.
03:39C'était en 2018, donc voilà,
03:41ça a un peu gâché notre soirée,
03:43et je voulais revenir, André, sur un événement d'hier,
03:47lors des manifestations du 10 septembre,
03:49une militante du collectif Némésis, Anaïs,
03:52qui s'est fait tirer par les cheveux,
03:53assez violemment par derrière,
03:55elle est tombée au sol, elle a failli,
03:57elle s'est tapée la tête contre le rebord du trottoir,
03:59donc ça aurait pu être quand même assez dangereux.
04:02Mais ça, ça fait aussi référence à ce qui s'est passé avec Kirk,
04:07d'une certaine manière,
04:07même si on n'est pas sur le même degré de violence,
04:09vu ce qui s'est passé,
04:11je pense que rien ne peut égaler le drame
04:13qui s'est produit hier,
04:14mais ça dit aussi que tout devient violent.
04:16Vous ne pouvez plus exposer vos idées,
04:18vous ne pouvez plus être fier de votre drapeau,
04:19tout se rejoint en fait.
04:21Oui, c'est-à-dire qu'en fait,
04:22ça veut dire que toute opinion
04:24qui n'est pas dans l'opinion de ceux
04:25qui se considèrent du camp du bien,
04:28toute opinion dissidente,
04:29toute opinion différente,
04:30doit être agressée.
04:32Pas seulement condamnée,
04:33pas seulement invisibilisée,
04:35comme dans certains médias,
04:37mais agressée.
04:38Mais pour revenir,
04:40je voudrais que vous finissiez votre histoire, Maude.
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