- il y a 5 mois
Ce mercredi 10 septembre, François Sorel a reçu Adrien Vidart, chirurgien urologue à l'Hôpital Foch, Alexandre Drezet, directeur de l'innovation de l'Hôpital Foch, et Franck le Ouay, cofondateur de Lifen. Ils se sont penchés sur la technologie médicale ainsi que le rôle important de l'intelligence artificielle et de l'innovation dans le fonctionnement de l'Hôpital Foch, dans l'émission Tech & Co, la quotidienne, sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au jeudi et réécoutez-la en podcast.
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00:00Tech & Co, la quotidienne, les invités.
00:05On parle beaucoup de MedTech dans Tech & Co avec un exemple concret d'un hôpital, c'est l'hôpital Foch,
00:11qui accélère sur l'innovation d'une manière générale sur l'intelligence artificielle et on va en parler avec nos trois invités que je vous présente tout de suite.
00:19Alexandre Drezet nous a rejoint. Bonsoir Alexandre.
00:22Bonsoir.
00:22Vous êtes directeur de l'innovation à l'hôpital Foch, vous êtes pharmacien de formation et ancien interne des hôpitaux de Marseille.
00:30Vous avez même débuté au ministère de la Santé il y a quelques années et vous êtes maintenant donc directeur de l'innovation à l'hôpital Foch.
00:38Vous allez nous expliquer ce que c'est directeur de l'innovation dans l'hôpital, c'est assez intéressant.
00:43Adrien Vidard est avec nous aussi. Bonsoir Adrien. Bonsoir.
00:46Vous êtes chirurgien urologue à l'hôpital Foch et vous allez nous expliquer comment la Tech et l'IA révolutionnent aussi votre activité.
00:55Et Franck Lehouet est avec nous. Bonsoir Franck. Bonsoir.
00:57Président de l'IFEN. Et vous, vous travaillez alors non pas qu'avec l'hôpital Foch mais vous êtes une start-up qui facilite au quotidien, on va dire, comment dirais-je, l'organisation d'un hôpital.
01:10On va rentrer dans les détails dans quelques instants.
01:12Alexandre Ronc, directeur de l'innovation de l'hôpital Foch. Votre job c'est quoi ?
01:16Mon job c'est d'encourager les initiatives innovantes. C'est un peu paraphraser ce qui est l'intitulé du job mais en vérité, aujourd'hui ça se concentre sur trois grands piliers.
01:28La première c'est le numérique en santé. Déjà encourager l'usage de produits numériques.
01:35Deuxième sujet, la donnée. Accélérer l'usage de la donnée, la manière dont on l'utilise.
01:42Et dernier point, et on est là à Cheprois ce soir pour en parler, c'est l'IA.
01:46Et l'IA repose forcément sur un socle de données qui se veut robuste, reproductible.
01:51Donc c'est d'encourager ces initiatives et ces initiatives elles viennent de partenaires.
01:55On est ici avec l'IFUN qui est un partenaire régulier sur ces sujets-là.
01:59Et on a également des acteurs internes qui ont aussi des vérités de développer des initiatives
02:06et qu'on essaye d'accompagner dans la recherche notamment de subventions sur les réponses à appels à projets
02:12qui sont proposées par BPI ou autre type de guichet.
02:15Alors l'hôpital Foch, c'est intéressant parce que c'est un hôpital prestigieux qui est à Surenne.
02:20600 lits je crois ?
02:21Oui, tout à fait.
02:21Donc avec des spécialités ou vous êtes un hôpital un peu général ?
02:27Oui, tout à fait.
02:28Voilà, c'est ça ?
02:28On a un hôpital général, 622 lits et places.
02:31On a une activité médico-chirurgicale qui a aussi de la proximité, de la référence et du recours.
02:37Ça va jusqu'au recours ultime.
02:38On a une activité de transplantation pulmonaire, on a une activité de transplantation rénale.
02:43Donc on a cette force-là, c'est qu'on propose quand même un panel relativement complet.
02:48On ne fait pas de pédiatrie, mais sur l'ensemble quasiment des champs de discipline, on a quasiment toutes les spécialités.
02:55Alors ce qui est intéressant, c'est que vous avez lancé le mot de l'intelligence artificielle.
02:58C'est compliqué pour, quand on n'est pas dans la bulle, de comprendre comment l'IA révolutionne le monde de la médecine.
03:05Alors de temps en temps, je reçois des startups qui nous disent, grâce à l'IA, on arrive à accélérer la recherche de certains médicaments, de certaines molécules.
03:12Grâce à l'IA, un radiologue va pouvoir gagner du temps ou détecter parfois des tumeurs qui sont tellement petites qu'il peut passer à côté.
03:20Donc on a des exemples, mais vous, dans un hôpital comme l'hôpital Foch, comment l'IA s'infuse en fait, se distille ?
03:28Eh bien, elle s'infuse dans l'ensemble des champs de l'hôpital.
03:33Ça concerne aussi bien les médecins, les soignants, dans leur exercice quotidien.
03:38Ça va concerner de plus en plus les fonctions administratives.
03:42On va aller sur de la simplification par l'IA.
03:44Et ça concerne également la recherche.
03:46On travaille avec l'IFON sur des sujets de recherche.
03:49Mais on va dire que tous les segments de l'hôpital sont concernés.
03:52Je pense que ça va, en gros, transformer quasiment tous les métiers.
03:57Et on fait ce pari-là, du moins à l'hôpital Foch, qu'on va essayer de fédérer une dynamique autour de tout ça
04:02pour que les cas d'usage soient éprouvés et validés.
04:08Alors on sait que les professionnels de santé sont sous pression, c'est le moins qu'on puisse dire.
04:13Est-ce que vous pensez qu' l'IA peut peut-être soulager un petit peu tout ce secteur ou pas ?
04:19Je parle à la fois des soignants.
04:21On posera la question aussi, sans doute, à Adrien et à Franck.
04:25Mais je parlais des personnes qui soignent, mais aussi des patients.
04:30Est-ce que finalement, toute la lourdeur administrative qu'on peut avoir dans un hôpital peut être allégée ?
04:34L'accueil peut être amélioré aussi grâce à l'intelligence artificielle à terme ?
04:38Je pense qu'on a des cas d'usage aujourd'hui qui sont en cours d'évaluation,
04:41qui laissent à penser qu'effectivement, ça va allerger, notamment au niveau des médecins, la charge médico-administrative.
04:48Je pense que demain, avec l'IA, on va pouvoir améliorer l'accueil patient,
04:53on va pouvoir améliorer l'expérience patient.
04:56Parce que quand un médecin a moins de charges médico-administrative,
04:59il va avoir plus de temps soignant, plus de temps de nursing.
05:02Même chose pour les professionnels paramédicaux.
05:06Donc oui, on peut penser.
05:08Aujourd'hui, ça reste une promesse de valeur.
05:10Il faut encore l'éprouver, il faut encore le tester.
05:13Vous testez des choses ?
05:14Vous testez des logiciels ?
05:17C'est ça, en fait ?
05:19Vous testez les choses ?
05:20On teste différentes choses.
05:22On a déjà des logiciels en production,
05:25on a des logiciels en expérimentation et en test, tout à fait.
05:29Ça concerne quasiment l'ensemble des champs de l'hôpital, comme je le disais.
05:33Donc ça concerne essentiellement, pour le plus gros test en termes de volume,
05:37ça va concerner les médecins, on aura sans doute l'occasion d'en parler plus tard.
05:41Mais on a également des actions sur la recherche
05:44et on commence à discuter d'actions sur les parties plus supports,
05:50à commencer par notamment les fonctions juridiques, les fonctions RH.
05:56Adrien, vous êtes chirurgien urologue à l'hôpital Foch.
06:01Votre job, c'est donc, j'imagine, d'opérer.
06:04Vous ne faites que ça ?
06:05Alors, je sais qu'évidemment, un chirurgien opère,
06:09vous faites des actes chirurgicaux,
06:10mais vous avez, j'imagine, un pourcentage de votre activité
06:13qui est autre, qui est la gestion des patients, préparer...
06:15Alors, on a tout ce backup nécessaire avant de pouvoir opérer quelqu'un.
06:22Dans ma spécialité, particulièrement en urologie,
06:24on a une spécialité qu'on dit médico-chirurgicale,
06:26donc on fait à la fois des problèmes de santé du quotidien,
06:29et puis on peut aller pousser jusqu'à la chirurgie,
06:31et on verra nos patients à l'issue.
06:32Et pour un exemple, habituellement, un urologue global,
06:36il va devoir voir dix patients pour en opérer un seul.
06:40C'est sur à peu près le volume d'activité.
06:42Donc, on passe beaucoup de temps en consultation,
06:44on voit, on discute, on parle avec nos patients,
06:46et on a toute cette gestion à côté,
06:48médicale et administrative,
06:50liée à leur prise en charge.
06:52Et l'IA dans tout ça ?
06:53Est-ce que vous avez des exemples concrets
06:54de petites révolutions dans votre quotidien ?
06:58Alors moi, ma première révolution,
07:00c'est un outil qu'on utilise maintenant,
07:02c'est l'IA conversationnel,
07:03qui va m'écouter quand je fais la consultation,
07:06écouter mon patient,
07:07et générer directement mon compte-rendu de consultation.
07:11Alors, l'intérêt à ça,
07:12en fait, il est assez simple déjà,
07:13c'est la modification de l'attention
07:15que le médecin va avoir vis-à-vis de son patient.
07:18Il ne faut pas oublier que la moyenne
07:19d'une consultation en France,
07:20c'est 15 minutes, à peu près,
07:22et la moyenne de l'attention du médecin,
07:23ça a déjà été calculé,
07:24c'est à peu près une page de pub,
07:26c'est 20 secondes.
07:27Donc, au bout de 20 secondes,
07:28le médecin va couper la parole au patient,
07:31parce qu'il a déjà commencé à prendre une idée
07:34de ce qu'il va faire,
07:35de la stratégie,
07:36des papiers qu'il faut faire,
07:37de ce qu'il va devoir faire.
07:38Donc, une partie des informations
07:39qui peuvent être communiquées par le patient
07:41à ce moment-là,
07:41elles peuvent être perdues,
07:42parce que l'attention du médecin
07:43est déjà sur la gestion du futur,
07:45de la problématique.
07:46Et puis, en plus,
07:47je ne sais pas comment ça se passe,
07:48mais auparavant,
07:49vous preniez des notes en même temps ?
07:50Vous prenez des notes,
07:51on doit écrire,
07:52après, on est passé sur une étape maintenant
07:53qui est totalement informatisée
07:54avec un dossier totalement informatique,
07:56donc on fait de la dictée vocale
07:57ou on va faire de la rédaction via le clavier,
08:00mais majoritairement,
08:01à Foch, depuis très longtemps,
08:02on utilise de la dictée vocale.
08:04Donc, la nouveauté, là, maintenant,
08:05c'est que j'arrive,
08:06je suis votre patient,
08:07vous appuyez sur un bouton,
08:09vous discute, on discute ?
08:10On discute, je vous regarde,
08:11je vous regarde, je vous parle.
08:12Vous ne pensez plus à ce moment
08:14qui était quand même assez chronophage ?
08:16Je ne suis plus devant l'écran,
08:16je vous parle.
08:17Voilà.
08:17Comme maintenant,
08:18on a une interaction humaine,
08:19donc il y a le langage corporel
08:20qui se met en place,
08:23il y a les non-dits.
08:24Oui, vous, votre charge mentale
08:25est plus...
08:26Elle est différente,
08:27mais surtout, c'est qu'à la fin,
08:29je me rends compte
08:29que mes comptes rendus
08:30vont être beaucoup plus étoffés,
08:31ils vont être intéressants,
08:32par exemple,
08:32pour de la recherche clinique,
08:33parce que dedans,
08:34il peut y avoir des données supplémentaires
08:36que moi, en tant qu'urologue,
08:37je n'aurais pas peut-être
08:38prêt à t'attendre à l'attention
08:39alors qu'elles sont importantes
08:40pour un autre collègue.
08:41Alors, attendez,
08:42ça veut dire qu'à la fin,
08:42donc je m'en vais,
08:43je quitte votre cabinet,
08:44vous appuyez sur un autre bouton,
08:46et là, vous avez quoi ?
08:47Un compte rendu.
08:47Un compte rendu.
08:48Alors que je peux façonner à ma façon
08:50avec des prompts
08:51que je peux établir,
08:52je peux même refaire
08:53une couche d'IA dessus
08:54directement pour lui dire
08:56en fait, fais un courrier
08:57plutôt parce que c'est un collègue,
08:58tu vas mettre chez Rami
08:59avec des formules plus conviviales
09:01ou c'est pour adresser le patient.
09:03Mais cette IA va simplement résumer
09:04ce que vous avez dit,
09:05ou va aller plus loin,
09:06ou va peut-être même
09:07vous donner un début de diagnostic ?
09:10Non, pour l'instant, non,
09:11mais c'est tout à fait
09:11l'étape suivante.
09:12On peut envisager
09:13que l'IA me donne
09:13mètre sur le diagnostic
09:14parce qu'en fait,
09:15il y a déjà des études
09:16qui ont été faites
09:16qui montrent que le médecin est bon,
09:18l'IA est très bonne,
09:20mais le médecin plus l'IA
09:21c'est le couple parfait
09:22et on est beaucoup plus performant.
09:23Ça ne va pas me remplacer,
09:25ça va optimiser mon temps de cerveau
09:27qui va être beaucoup plus orienté
09:28vers la prise en charge du patient.
09:30L'IA n'examine pas le patient,
09:31l'IA ne peut pas écouter un cœur,
09:32l'IA ne peut pas mettre
09:33la main sur le ventre
09:34et ainsi de suite.
09:34Elle va avoir besoin
09:35de cette partie-là.
09:36Mais sauf qu'aujourd'hui,
09:36il y a des capteurs qui font ça
09:37et qui sont connectés à l'IA.
09:39Oui, absolument,
09:40mais qui vont justement optimiser aussi,
09:45bien que quand on se fait prendre
09:46la tension chez son médecin,
09:47on a souvent un effet blouse blanche.
09:49Là, si je peux avoir des capteurs
09:50avec des retours attentionnels
09:51du quotidien que l'IA va intégrer,
09:53je vais optimiser ma prise en charge.
09:54D'ailleurs, je ne sais pas
09:55si vous avez suivi
09:55la keynote d'Apple,
09:56mais Apple annonçait une Apple Watch
09:57avec justement le suivi maintenant
09:59de la tension artérielle.
10:00Si on lui donne la tension de base d'abord
10:01et après, elle va prendre juste
10:02s'il y a une modification.
10:03Mais c'est déjà pas mal.
10:04C'est déjà très très bien.
10:05On attend avec impatience
10:06le lecteur de glycémie également
10:07sur les Apple Watch et ainsi de suite.
10:10Typiquement, vous avez des interactions
10:12de patients qui viennent
10:14et qui vous parlent de leur Apple Watch ?
10:16Oui, alors ça arrive en cardiologie.
10:18Moi, typiquement,
10:19j'ai été l'exemple type
10:20où j'ai une alerte cardiaque
10:21sur mon Apple Watch à un moment,
10:22ce qui m'a amené à consulter
10:23et avoir une prise en charge cardiologique
10:25parce que j'ai eu une alerte
10:26sur un trouble du rythme.
10:27Et donc, j'ai fait un enregistrement
10:29de mon ECG
10:30que j'ai pu montrer
10:30à mon collègue cardiologue.
10:31Le lendemain, ça, c'était la facilité.
10:33C'est que j'ai vu mon collègue
10:34au restaurant le lendemain
10:35et je lui ai dit
10:35est-ce que tu me donnais ton avis ?
10:37Je n'ai pas attendu trois mois
10:38C'est clair.
10:41Vous restez avec nous, bien sûr,
10:42parce que j'imagine que l'innovation,
10:44elle est aussi, on va dire,
10:46quand vous mettez les mains
10:46dans le cambouis, si je puis dire.
10:48Quand vous faites des opérations,
10:51ça peut être intéressant
10:51de parler peut-être de robotique, etc.
10:53Absolument.
10:54J'aimerais qu'on donne la parole
10:55aussi à Franck Lewey,
10:56président de l'IFEN.
10:58Donc, start-up dans la MedTech.
11:00Est-ce que vous pouvez nous expliquer
11:01ce que vous faites ?
11:01Quel est votre job ?
11:02Alors, effectivement, nous,
11:03on fait de l'IA depuis assez longtemps,
11:04depuis dix ans.
11:05Et vous travaillez à l'hôpital Foch ?
11:07Exactement, on travaille
11:07avec l'hôpital Foch
11:08sur différents cas d'usage,
11:09mais globalement,
11:09ce qu'on essaie de faire,
11:10c'est entraîner une IA
11:11qui va justement prendre
11:12ses comptes rendus médicaux,
11:13donc peu importe
11:14comment ils ont été générés,
11:15et en fait,
11:16essayer de comprendre
11:16ce qui est écrit.
11:19Pourquoi on fait ça ?
11:20C'est que, globalement,
11:22la plupart de la connaissance médicale,
11:24elle est dans ses comptes rendus médicaux.
11:25Donc, c'est du texte libre, en fait.
11:27Et donc, tant que c'est dans du texte libre,
11:28et dans des PDF en particulier,
11:30c'est compliqué, en fait,
11:31de faire des logiciels
11:32qui vont optimiser les processus
11:33parce que les données
11:35ne sont pas structurées.
11:36Et donc, en fait,
11:37en entraînant des IA
11:38qui vont lire ce texte libre
11:41et comprendre ce que c'est,
11:42on peut optimiser
11:43des processus métiers,
11:45faciliter, du coup,
11:46diminuer la charge administrative,
11:48etc.
11:49Et à Foch également,
11:50ce qu'on fait,
11:51c'est qu'on permet
11:52de créer des bases données
11:53pour la recherche clinique.
11:54Donc là, c'est une petite révolution
11:55qu'on est en train de mener.
11:57En fait, historiquement,
11:58la recherche clinique,
11:59c'est quoi ?
11:59C'est des personnels dédiés
12:01qui viennent justement
12:02ouvrir ces dossiers
12:03pour remplir des bases données,
12:04pour caractériser les patients,
12:06pour comprendre, en fait,
12:07les maladies.
12:07Et on fait ça
12:08sur de grands volumes de patients.
12:10Et donc, c'est très coûteux,
12:12c'est chronophage,
12:13c'est compliqué de le faire
12:14sur plusieurs hôpitaux
12:15parce qu'on a envie
12:16de le faire à grande échelle.
12:17Et une fois qu'on a fait tout ça,
12:19on peut faire des statistiques
12:20pour comprendre
12:20les facteurs
12:21qui impactent les parcours patients.
12:23Et donc, l'IA
12:23va permettre de le faire
12:24en fait, en continu,
12:27sur tous les patients,
12:28à très grande échelle.
12:30Et automatiquement.
12:31Exactement,
12:31en manière automatique.
12:32et donc ça, c'est une petite révolution
12:33qui est en train de se jouer maintenant.
12:35Exhaustif.
12:36Surtout, c'est une révolution pour nous,
12:38c'est que ça nous permet
12:38de faire des énormes bases de données
12:40et de lutter contre d'autres pays,
12:42par exemple,
12:43contre les pays anglo-saxons,
12:44l'Amérique,
12:44qui ont des énormes volumes de patients.
12:46Et nous, en France,
12:47on était un peu bloqués,
12:48chacun dans notre petit coin.
12:49Là, on peut envisager
12:50des bases de données
12:51qui vont être nationales,
12:52voire multicentriques,
12:53et ainsi de suite,
12:54et beaucoup mieux nourries par l'IA.
12:55Il y a un problème aussi
12:56de vie privée,
12:58c'est-à-dire que ces données,
13:00vous pouvez les échanger facilement
13:01en France.
13:02Il n'y a pas de problème
13:03de sécurité,
13:04enfin de l'acni,
13:05ne met pas son nez là-dedans.
13:06Ah si.
13:07Parce que tout est anonymisé,
13:08de toute façon, non ?
13:09Ici, c'est très contrôlé,
13:11très surveillé.
13:12Il y a des cadres réglementaires
13:14qui existent
13:15pour faire toutes ces études-là,
13:16et il faut les suivre,
13:16évidemment, à la lettre.
13:18Et chaque patient est informé,
13:20notamment quand ils viennent
13:21à l'hôpital Foch,
13:21d'éventuellement l'utilisation
13:23de leurs données
13:23à des fins de recherche
13:24ou d'enregistrement,
13:26et ils peuvent s'y opposer
13:27dès leur inscription
13:28quand ils viennent
13:29dans l'établissement.
13:30Vous en avez qui s'opposent ?
13:31C'est rarissime.
13:32Parce que finalement,
13:33ça fait avancer le...
13:34Oui, oui, la majorité des gens,
13:36quand on leur informe,
13:36ils sont plutôt là
13:37pour avoir une idée
13:37de faire progresser.
13:39La majorité des gens
13:39acceptent l'exécution
13:41de la recherche.
13:42On a une personne
13:44qui est chargée de sein
13:45au sein de la...
13:46de Foch,
13:47qui s'appelle un DPO,
13:49comme le veut
13:50le règlement européen,
13:51et cette personne-là,
13:52est chargée, effectivement,
13:54de s'assurer
13:54que les personnes
13:55qui se sont opposées
13:57aux principes de recherche
13:58n'apparaissent pas derrière
13:59dans les tableaux
14:01qui sont exploités
14:01derrière par l'IA.
14:02Et au sein d'un comité,
14:04justement,
14:05qui est dédié à ça,
14:06on s'intéresse
14:06aux patients
14:07qui parfois demandent
14:08l'effacer
14:09certaines données
14:10ou de nos communications
14:11de données.
14:11Donc on est régulièrement
14:12sollicité,
14:13mais ça reste à la marge.
14:15Alexandre,
14:16est-ce que vous pouvez
14:16nous donner encore...
14:17J'imagine que ça vous fait plaisir
14:18de voir ces témoignages
14:19qui vont dans votre sens
14:22en tant que directeur
14:23de l'innovation
14:23d'un hôpital ?
14:24C'est cool de voir tout ça.
14:26Vous avez encore un exemple
14:27à nous donner,
14:27justement,
14:28de comment l'IA
14:29est en train de bouleverser
14:30un hôpital ?
14:33On peut peut-être prendre
14:35différents exemples.
14:38Je pense que la recherche,
14:39on en a bien parlé
14:40avec l'IFON,
14:42mais on a d'autres sujets
14:43autour de la recherche
14:44qui est comment l'IA
14:46va nous permettre
14:46de finaliser
14:47certains essais cliniques
14:48qu'on a pu mener à terme
14:51faute de patients à inclure.
14:53On est avec des essais,
14:54notamment avec une société
14:55toulousaine
14:56qui s'appelle Bot Design,
14:58pour lequel d'ailleurs
14:58on est sélectionné
14:59au prix Galien
15:00et on attend les résultats
15:01avec impatience.
15:02On a parlé
15:04d'expérience patient,
15:05on a mis en place
15:06un chatbot
15:07à l'attention
15:07de nos patients
15:09pour qu'ils aient
15:10facilement,
15:11aisément,
15:11en langage naturel,
15:13des informations
15:13pour revenir
15:14sur le site de Fauche,
15:15qu'est-ce qu'ils doivent amener,
15:17etc.
15:18On a de l'aide
15:20pour les cadres de santé.
15:21On a mis en place,
15:23on est en train
15:23de tester un POC
15:24avec une société
15:24qui s'appelle Opia,
15:26qui vise en fait
15:27à générer automatiquement
15:29des plannings
15:30qui sont très chronophages
15:31pour les cadres soignants.
15:33On a différentes,
15:34on va dire,
15:35initiatives
15:35qu'on est en train
15:36d'éprouver,
15:37de tester
15:37et on est impatients
15:40du moins d'avoir
15:41les premiers retours.
15:43sur ces expérimentations.
15:46Adrien,
15:48vous opérez,
15:50est-ce que votre métier
15:51a changé
15:52ces dernières années
15:53grâce à la technologie ?
15:54Alors,
15:54peut-être,
15:55il n'y a pas forcément,
15:56je ne sais pas,
15:56mais on parle beaucoup
15:57de robotique,
15:58de choses comme ça.
15:59Ça, c'est un virage
16:01qui est fait,
16:01qui est acté,
16:02c'est-à-dire,
16:03on a à Foch
16:04une vraie volonté
16:05d'innovation
16:07de la part
16:07de la direction
16:08et de l'établissement.
16:08C'est un établissement
16:09à taille humaine.
16:10On travaille avec,
16:11on a deux robots
16:12depuis longtemps,
16:14on a plus de 300
16:16ou 400 procédures
16:17par an robotique
16:18dans le service
16:19et donc,
16:21on est dans une croissance
16:23maintenant
16:23qui fait que même
16:24les nouvelles générations
16:25n'envisagent pas
16:25d'opérer autrement
16:26qu'avec le robot.
16:27L'une des dernières évolutions
16:29qu'on a vu,
16:30par exemple,
16:30c'est les fusions d'images.
16:31Avant,
16:32quand vous opériez,
16:34il fallait regarder
16:35sur l'écran à côté
16:36la radio,
16:36puis vous opérez
16:37dans le malade.
16:38Maintenant,
16:38on a des options,
16:39on va avoir la fusion
16:39de l'image d'IRM
16:41directement
16:41et quand vous êtes
16:42en train de traiter,
16:43faire des biopsies,
16:44par exemple,
16:45vous allez voir directement
16:46la lésion
16:46qui a été vue sur l'IRM
16:48qui va apparaître
16:48sur l'écran,
16:49ce qui va nous permettre
16:50d'avoir une biopsie
16:51très focale
16:52sur le problème
16:53et la gestion du problème.
16:55Donc,
16:55l'IA,
16:57c'est le stéthoscope
16:59du XXIe siècle,
17:01c'est-à-dire qu'on ne va pas
17:02pouvoir faire sans,
17:03il va y avoir les hôpitaux
17:04qui vont avoir l'IA
17:05et il va y avoir les autres.
17:07On va attirer des talents,
17:09des cerveaux,
17:10des gens,
17:10parce qu'on va offrir
17:11ces innovations
17:13et donc,
17:13c'est absolument incontournable.
17:15J'imagine que la formation
17:16va changer aussi, non ?
17:17Oui,
17:17et puis en plus...
17:18Je veux dire,
17:18la manière dont vous avez
17:19appris votre métier
17:19est complètement différente.
17:21Est complètement différente aujourd'hui.
17:22Absolument.
17:22Là, demain...
17:23Il y a la technicité
17:24et une notion de la tech
17:27qui est différente.
17:27On va commencer...
17:28Demain,
17:29on travaille avec une autre startup
17:31qui va enregistrer,
17:32par exemple,
17:32toutes les procédures chirurgicales
17:34qu'on fait
17:34avec de la vision en 4D
17:37qui peut être utilisée après
17:38avec des cases de réalité virtuelle
17:39de façon à faire l'apprentissage
17:41et la diffusion
17:42de nos techniques chirurgicales
17:43pour avoir des spécificités.
17:44C'est quoi ?
17:44Du e-learning, quoi, finalement ?
17:45Absolument.
17:46Parce que l'idée,
17:47l'important,
17:47c'est qu'en fait,
17:48pour une même intervention,
17:49ce n'est pas toujours fait
17:50de la même façon.
17:51On a tous des spécificités
17:52et surtout une expérience.
17:53Ça, l'IA,
17:54elle ne pourra pas nous l'enlever.
17:54C'est l'expérience.
17:55L'expérience chirurgicale,
17:56l'empathie,
17:56l'intuition.
17:58Et ça,
17:58c'est quelque chose d'essentiel
18:00qu'il faut arriver à capter
18:00avec ces nouvelles technologies.
18:01On voit de ci, de là,
18:02des opérations très médiatisées,
18:05des opérations de chirurgie à distance
18:07faites justement
18:09par un chirurgien
18:11qui va être à l'autre bout du monde
18:12et qui va enlever
18:14une visicule biliaire
18:15à un patient qui est hyper loin,
18:18simplement avec des joysticks.
18:20C'est quoi ?
18:20C'est du bullshit, tout ça ?
18:21Ou ça a un vrai sens ?
18:22Non, c'est une réalité.
18:22Initialement, les robots,
18:23ils ont été créés par ça.
18:24C'était des terrains militaires.
18:26L'idée, c'est que c'est quand même
18:26plus simple plutôt que d'exporter
18:27votre chirurgien,
18:28d'emmener une machine
18:29avec quelqu'un
18:29qui met le patient dessus
18:31et vous avez votre chirurgien
18:32à 1000 kilomètres
18:33de là qu'il peut opérer.
18:34Le problématique, initialement,
18:35c'était les temps de latence
18:36de transmission de l'information.
18:38Entre je veux couper,
18:39j'ai coupé.
18:40Et maintenant,
18:41comme ces temps de latence
18:41et ces signaux
18:42se réduisent de plus en plus,
18:44ces technologies-là
18:45peuvent se mettre en place.
18:46Mais je dirais que c'est déjà
18:47quelque chose du passé.
18:48C'est fait, c'est acté.
18:50La nouveauté,
18:51ça va être la gestion
18:51de nos données,
18:52nos images,
18:53l'interprétation
18:54et l'optimisation
18:54de la gestion
18:55du volume de patients.
18:56Il va y avoir
18:56de moins en moins de médecins,
18:57de plus en plus de patients.
18:59Il va falloir accueillir tout le monde.
19:00Quand on voit un film
19:01comme Alien,
19:02il y a des moments
19:04où le robot opère
19:06tout seul un patient.
19:08Est-ce que vous pensez
19:09que demain,
19:09c'est quelque chose
19:10qui est envisageable ?
19:11Alors, on aimerait bien
19:12mais si on regarde Alien,
19:14on devrait avoir des voitures
19:15qui volent en altitude
19:16et ainsi de suite.
19:18Non, ce que je vois plutôt,
19:19c'est qu'à une époque
19:19où on avait un Blackberry,
19:20maintenant un iPhone,
19:21on ne peut pas faire sans
19:22et l'IA,
19:22ça va vraiment être
19:23mon compagnon du lendemain.
19:25Ça va être ce que je vais avoir
19:25dans ma poche,
19:26dans ma blouse en permanence
19:27et ce qui va m'optimiser
19:29mes soins
19:29et ma façon de faire.
19:30C'est surtout ça
19:31que je vais m'apporter.
19:32Merci beaucoup à tous les trois.
19:33Passionnant tout ça.
19:35Voilà un exemple concret.
19:36C'est toujours très intéressant
19:37de se focusser sur un hôpital.
19:39En l'occurrence,
19:40ce soir,
19:40c'était l'hôpital Foch.
19:41Merci beaucoup Alexandre Drezet.
19:43Merci.
19:44Directeur d'innovation
19:45à l'hôpital Foch.
19:47Adrien Vidard,
19:47chirurgien urologue
19:49à ce même hôpital.
19:51Et puis Franck Leouet,
19:52président de l'IFEN
19:53et vous collaborez
19:54avec l'hôpital Foch.
19:55Mais d'autres,
19:56j'imagine, combien ?
19:56800 hôpitaux.
19:57800 hôpitaux, bravo.
19:59Quelle belle réussite.
20:00Belle base de données.
20:00Belle base de données.
20:02Merci en tous les cas
20:04à vous trois.
20:05Merci à vous
20:05de nous avoir suivis.
20:07Les replays,
20:07les podcasts
20:07de ce Tech & Co
20:08qui vous attend
20:08dans quelques minutes.
20:10Je vous rappelle la nouveauté,
20:11on est dispo maintenant
20:11sur YouTube aussi
20:13en replay.
20:14Bien pratique pour vous.
20:15Vous puissiez nous regarder
20:15sur votre télé
20:16ou sur votre mobile.
20:17Très belle soirée.
20:18On sera là demain jeudi
20:19bien sûr dès 19h30.
20:21À demain.
20:24Tech & Co,
20:25la quotidienne
20:26sur BFM Business.
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