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  • il y a 5 mois
Quel avenir pour le budget en cas de chute du gouvernement ? Quelle forme prendra la mobilisation des syndicats le 10 septembre ? La secrétaire générale de la CFDT est l'invitée de RTL Matin.
Regardez L'invité RTL de 7h40 avec Thomas Sotto du 28 août 2025.

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Transcription
00:00L'invité d'RTL Matin aujourd'hui c'est Marie-Lise Léon, la secrétaire générale de la CFDT,
00:07qui a publié hier S'engager chez Flammarion. Bonjour et bienvenue sur RTL, Marie-Lise Léon.
00:12A votre place de partenaire social, est-ce que vous avez encore confiance en François Bayrou ?
00:17La question c'est pas une question de confiance ou de pas confiance.
00:22Non parce qu'en fait c'est pas une question de casting ou une question de...
00:26Aujourd'hui en tant que responsable syndical, moi ce qui m'inquiète profondément c'est la colère.
00:32La colère qui monte et qui est là du monde du travail et qui n'a pas envie d'être le seul mis à contribution dans le cadre du budget.
00:42Vous êtes en colère vous ?
00:43Oui je suis en colère parce qu'on a un monde du travail qui a répondu présent largement,
00:50notamment au moment de la crise Covid.
00:51Je pense notamment aux essentiels, toutes ces femmes, parce que ce sont majoritairement des femmes
00:55qui étaient au rendez-vous, à qui on a dit vous avez tenu le pays, l'économie a réussi à surmonter cette épreuve.
01:03On va vous reconnaître et elles attendent toujours.
01:05Elles attendent toujours parce que...
01:06Et donc le sujet aujourd'hui, c'est la question des conditions de travail,
01:09c'est la question du pouvoir d'achat, de la répartition de la valeur et de son montage.
01:13Mais c'est aussi la question de la confiance dans l'interlocuteur qui est en face de vous.
01:16Oui, mais pour le coup, François Béraud a décidé de demander le vote de confiance au Parlement
01:22et donc ce sont les députés qui décideront.
01:24Moi ma préoccupation, ce n'est pas tellement l'avenir de François Béraud,
01:28c'est qu'est-ce qu'il va y avoir dans le budget, parce qu'on a besoin d'un budget en 2026.
01:31Et que le 8, quoi qu'il arrive, quel que soit le résultat du vote, le 9, on aura besoin d'un budget.
01:37Et donc c'est ce sujet-là, moi, qui m'intéresse, parce que je ne veux pas que le monde du travail
01:43soit mis à contribution de façon disproportionnée et que ce soit le seul à payer.
01:47Vous dites qu'on aura besoin d'un budget, ça veut dire qu'il vaut mieux un budget mal ficelé
01:51qu'un gouvernement qui tombe et une nouvelle crise politique qui durerait des mois et des mois ?
01:55Non, il faut un budget qui réponde aux attentes de la société.
01:57Il faut une vision politique de ce qu'on veut comme projet politique.
02:01On veut, et en ce qui concerne la CFDT, il faut avoir des investissements en matière de transition écologique
02:06qui soient à la hauteur. Tout le monde sait que plus on retarde les investissements,
02:10plus ça coûtera cher après. On veut aussi que socialement, ce soit juste.
02:16Il faut que ce soit... Pas n'importe quel budget. Non, mais on n'en est pas non plus rendu.
02:20On n'en est pas au point de se dire que c'est une catastrophe absolue et qu'il faut faire n'importe quoi.
02:26Vous l'avez entendu hier soir sur TF1, il a dit sur tous les sujets, je suis prêt à discuter.
02:30Vous avez été extrêmement critique, parmi les plus critiques, quand il a présenté les grandes lignes de son budget.
02:34Le 15 juillet, je l'ai dit, ça a été le musée des horreurs et je maintiens que ça reste le musée des horreurs.
02:39Mais est-ce qu'il faut laisser sa chance au produit, si je puis dire, aujourd'hui ?
02:41Quand il dit que je suis prêt à discuter de tout.
02:43Mais on est toujours prêt à discuter et j'espère qu'il y a des parlementaires qui vont être prêts à discuter.
02:48Mais la question qui leur est posée le 8 septembre, ce n'est pas tout à fait ça.
02:52La question, c'est est-ce que vous êtes d'accord sur l'ampleur de la dette,
02:57qu'il y a un problème de déficit ?
02:58Je pense que la question, elle ne mérite même pas d'être posée,
03:01puisque tout le monde sait, moi tous les responsables de l'organisation,
03:06les adhérents, les militants, les salariés, les agents que je rencontre régulièrement,
03:11ils me disent, on a bien compris, on n'a pas besoin de nous rabâcher qu'il y avait un sujet.
03:17La question, c'est quelles sont les solutions qui sont apportées
03:20et est-ce que c'est juste socialement, est-ce que c'est juste fiscalement ?
03:24Est-ce que ça veut dire que la Marie-Lise Léon que j'ai en face de moi ce matin
03:27est une Marie-Lise Léon intransigeante ?
03:29Évidemment, évidemment qu'il faut être intransigeante.
03:31Enfin non, mais là, on parle de choses quand même un peu sérieuses.
03:34Moi, je vous parle du sentiment et de la réalité du monde du travail
03:38d'être mis à contribution de façon profondément injuste et totalement inéquitable.
03:46Mais vous savez bien que si tout le monde se met,
03:47on a un malade, la France, qui a plus de 3 300 milliards de dettes.
03:51Hier, il a dit, le Premier ministre, il faut qu'on s'accorde sur la gravité et l'urgence.
03:55La gravité et l'urgence, ça vous partagez avec nous ?
03:56Je partage complètement. Le problème, c'est quand il y a eu les annonces faites le 15 juillet,
04:03le Premier ministre a plutôt passé le lance-flamme en disant,
04:06voilà les propositions que je fais,
04:08et avec des mesures extrêmement claires sur la façon dont les travailleurs,
04:12dans le cadre de la prise en compte, par exemple, des arrêts maladie,
04:16des indemnités journalières,
04:17la façon dont la volonté était encore de plus dérégulée,
04:25apportait plus de flexibilité au temps de travail.
04:28Ce ne sont pas des mesures qui sont de nature à répondre à la question du budget.
04:33Pardon, mais je reviens à ma question de départ parce qu'elle est importante.
04:35C'est toujours important de savoir avec qui on parle, avec qui on négocie,
04:37avec qui on discute.
04:38Il est venu vous voir aux universités d'été de la CFDT avant-hier.
04:42Il vous a dit, je serai votre porte-parole.
04:44Je crois que ça fait un peu sourire l'assistance.
04:46Est-ce qu'il vous mène en bateau, François ?
04:48Non, mais c'est un responsable politique qui fait de la politique.
04:51Je suis un syndicaliste qui fait du syndicalisme.
04:53Ça veut dire qu'il a...
04:54Quand il est dans une assemblée, il a tendance,
04:57et il l'a fait, à ne pas trop provoquer les personnes qui sont présentes.
05:02Il n'en demeure pas moins qu'il a fait une ouverture sur la question des hauts patrimoines, par exemple.
05:06Ça, c'est bien.
05:07Mais c'est indispensable.
05:08C'est indispensable parce que je dis,
05:10quand je dis qu'il faut de la justice sociale et de la justice fiscale,
05:13ça veut dire qu'il faut sortir du dogme qu'il ne faut pas toucher à l'impôt.
05:17Et je ne suis pas à dire qu'il faut de l'impôt, de l'impôt, de l'impôt.
05:21Je pense qu'il faut une réforme fiscale qui permette d'avoir plus d'équité
05:26et que chacun puisse y contribuer en fonction de ses moyens.
05:30C'est une attente aussi démocratique.
05:32Il vous a appelé un peu, vous passez pendant les vacances, vous étiez en vacances, vous aussi.
05:36Il a dit hier que tout le monde était en vacances, qu'il aurait bien aimé travailler en gros.
05:38Il aurait pu travailler sur un certain nombre d'éléments.
05:43Suite au 15 juillet, on a eu des échanges et on a redit un certain nombre d'éléments
05:48dont il ne s'est pas emparé.
05:51Et donc, il attend aujourd'hui pour dire qu'il est prêt à négocier.
05:54Ça, ça concerne d'abord les groupes politiques à l'Assemblée nationale.
05:57J'ai l'impression que quand vous dites que vous êtes en colère,
05:58vous êtes aussi un petit peu en colère après lui, non ?
06:00Non, vous savez, on a le droit de ne pas être d'accord
06:03et on a le droit de faire valoir son point de vue.
06:05Et je le fais avec la force aussi que les adhérents CFDT me donnent.
06:12Je suis leur porte-parole.
06:15Et je pense que c'est important aussi de dire qu'il y a une responsabilité
06:19du gouvernement et du Premier ministre.
06:21Moi, je voulais aussi pointer aujourd'hui la responsabilité des organisations patronales.
06:25Parce qu'on parle beaucoup du projet.
06:27Je parle de l'ensemble des organisations.
06:29Pourquoi ? Qu'est-ce que vous leur reprochez ?
06:31Non, non, je ne fais pas de reproche.
06:32Je dis qu'on a tous des responsabilités
06:34et que les responsabilités, elles doivent être partagées.
06:36Et aujourd'hui, les préoccupations du monde du travail,
06:39c'est les enjeux de travail et de conditions de travail.
06:43Ce sont des enjeux d'emploi.
06:45Et j'ai une pensée particulière pour l'ensemble des salariés
06:47qui sont aujourd'hui, qui vivent des plans sociaux,
06:50qui vivent des restructurations.
06:52Et c'est extrêmement dur.
06:53Le dialogue avec les employeurs est souvent difficile.
06:57C'est aussi une responsabilité des employeurs.
07:00de travailler sur cette question du maintien de l'emploi.
07:02Et c'est donc important aussi d'avoir du dialogue autour du pouvoir d'achat.
07:08Parce que ça reste aussi un enjeu extrêmement fort.
07:10Marie-Lise Léon, je voudrais résumer ce que vous dites pour que ça soit bien clair.
07:13Vous préférez que ce gouvernement, à la limite, saute.
07:16S'il doit sauter, ce n'est pas votre affaire, c'est l'affaire des politiques.
07:18Mais ne pas avoir un mauvais budget.
07:19C'est ça ce que vous dites.
07:20Ce qui m'intéresse, ce n'est pas le casting, c'est le contenu d'un budget
07:24avec lequel il va falloir faire tourner la France en 2026.
07:27De toute façon, qui que ce soit à Matignon.
07:29Quel que soit le vote de l'Assemblée, il y aura un après 8 septembre.
07:32Et contrairement à la CGT, la CFDT ne participera pas à la journée bloquant tout du 10 septembre.
07:35Pourquoi ?
07:36C'est un mouvement citoyen qui a des revendications que nous partageons
07:41sur la question du respect, de la dignité au travail, du pouvoir d'achat.
07:46C'est un mouvement qui a initié cette journée du 10
07:50avec des méthodes qui ne sont pas celles de la CFDT.
07:54Blocage et désobéissance civile.
07:57Donc, on respecte tout à fait qu'il puisse y avoir ce type de mouvement.
08:02Les organisations politiques, certaines organisations politiques,
08:06ont décidé de le rejoindre.
08:08Et ça n'est pas non plus l'habitude de la CFDT
08:13de se joindre à un mouvement citoyen et politique.
08:17Vous, à titre personnel, vous manifesterez ce jour-là ?
08:20Non, je ne manifesterai pas parce que ce ne sont pas des méthodes
08:23qui sont dans ce que la CFDT a l'habitude de porter.
08:28Les revendications, pour certaines, sont tout à fait convergentes
08:31avec ce que la CFDT porte.
08:33Et nous organiserons et nous proposerons à l'intersyndicale,
08:36donc on se retrouve dans l'ensemble des organisations syndicales,
08:39demain matin, un cadre qui correspond aussi
08:42à ce que des milliers de travailleurs et de travailleuses
08:46ont envie d'avoir pour pouvoir exprimer cette colère.
08:49Donc, il y aura une journée de mobilisation ?
08:51Une manifestation organisée.
08:53En tout cas, nous, la CFDT, on le souhaite au mois de septembre,
08:56au moment où va justement se jouer le contenu du budget.
09:00Donc, quand est-ce que vous voyez ça dans le mois de septembre, à peu près ?
09:03On va le décider, on va le décider, on va le décider ensemble.
09:06Moi, je pense que c'est important qu'on le fasse au moment
09:08où on saura qu'il y aura un gouvernement.
09:13Parce que l'important aussi, c'est d'avoir aussi un interlocuteur.
09:16Le 10, je ne sais pas qui sera l'interlocuteur des manifestants.
09:21J'ai une dernière question.
09:22Dans votre livre, S'engager, publié chez Flammarion,
09:24vous faites une comparaison entre la révolte des Gilets jaunes
09:26et la manifestation contre la réforme des retraites.
09:28Et vous écrivez, le pouvoir a reculé face à des mouvements violents,
09:32mais il n'a pas cédé face à un mouvement non-violent et unitaire.
09:35Là est la blessure démocratique.
09:38Est-ce que ça veut dire qu'aujourd'hui, en France,
09:39on n'obtient plus rien par le dialogue ?
09:42Non, loin de là.
09:42Il y a des centaines d'accords qui sont signés régulièrement
09:48dans les entreprises, dans les branches professionnelles.
09:51Non, non, non, ce n'est pas du tout une désespérance du dialogue.
09:54Au contraire, je pense qu'à un moment où on est aujourd'hui
09:57dans cette période de tension, d'inquiétude et de colère,
10:00il faut surtout se parler.
10:01Je pense que c'est ça qu'il faut privilégier.
10:04Parce que la violence, je ne pense pas que ça soit la solution au moindre problème.
10:09Merci beaucoup, Marguise Léon, d'être venue ce matin.
10:11Elle s'engageait et publié chez Flammarion.
10:13C'est sorti hier et tout de suite, on retrouve...
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