- il y a 5 mois
Risque de censure du gouvernement sur le budget, soutien à la mobilisation du 10 septembre et rentrée politique de la gauche en ordre dispersé : Clémentine Autain, députée de Seine-Saint-Denis et co-fondatrice du mouvement "L'Après", est l'invitée de Thomas Sotto.
Regardez L'invité RTL de 7h40 avec Thomas Sotto du 25 août 2025.
Regardez L'invité RTL de 7h40 avec Thomas Sotto du 25 août 2025.
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00:00Thomas Soto, RTL Matin.
00:03Il est 7h43, l'invité d'RTL Matin avec ce matin, Clémentine Autain, député NFP de Seine-Saint-Denis.
00:09Bonjour et bienvenue sur RTL, Clémentine Autain.
00:10Bonjour Thomas Soto.
00:11Ça ne vous a pas échappé, François Bayrou va donc tenir une conférence de presse cet après-midi à 16h.
00:16Si vous y étiez, Clémentine Autain, quelle est la question que vous aimeriez poser au Premier ministre ?
00:20Je ne suis pas sûre d'avoir beaucoup de questions à lui poser, parce qu'on connaît son projet.
00:25François Bayrou prend dans la poche de ceux qui ont le moins pour engraisser ceux qui ont le plus.
00:31Voilà son choix de société.
00:33C'est de demander des efforts toujours au même.
00:36Et c'est la politique qui est menée au fond dans notre pays depuis plus de 40 ans.
00:41Plus de 40 ans en prétendant qu'il n'y a pas d'autre solution.
00:46Moi ce qui m'intéresse, c'est d'opposer à son choix, qui est la défense des privilégiés,
00:51qui est aussi la marchandisation généralisée,
00:53d'y opposer un autre choix de société.
00:56Vous voyez Thomas Soto ?
00:57Parce qu'il y a des alternatives.
01:00Et moi je propose un autre chemin que j'appelle la société des communs
01:05pour faire vivre l'égalité et pour relever le défi climatique.
01:08Alors comment on fait ?
01:08Vous savez, ce n'est pas très compliqué d'aller trouver 40 milliards.
01:13Ce n'est pas très compliqué.
01:13Ce n'est pas très compliqué ?
01:14Non, ce n'est pas très compliqué.
01:15C'est une première information.
01:16Et bien voilà, tout à fait.
01:18Ça passe par la justice fiscale.
01:20Je vais vous donner deux éléments.
01:21Le premier, c'est la taxe Zuckman et la fiscalité plus haute pour les ultra-riches.
01:28La taxe Zuckman, c'est un impôt minimal, pour faire simple, de 2% sur le patrimoine des ultra-riches.
01:32J'allais l'expliquer.
01:32Rejeté par le Parlement avant l'été ?
01:34Non.
01:34Voté par l'Assemblée nationale.
01:36Je l'ai proposé avec ma collègue Eva Sass.
01:38S'il s'agit de prendre 2% sur le patrimoine de celles et ceux qui ont plus de 100 millions d'euros de patrimoine.
01:44Et avec ça, on trouve déjà entre 20 et 25 milliards d'euros.
01:47Vous prenez l'ISF, l'impôt sur la fortune, qui a été supprimé par la Macronie.
01:52Vous avez encore 3 milliards.
01:54Précisément, ce que M. Bayrou veut prendre dans la poche des chômes.
01:57Clémentine Autain, ça veut dire que vous n'écouterez pas ce que le Premier ministre a à dire.
02:01Par exemple, la suppression des 2 jours fériés.
02:03On sait que ça fâche beaucoup les Français.
02:05Est-ce que s'il revenait là-dessus, vous diriez peut-être qu'on peut discuter ou est-ce que c'est non ?
02:09J'écoute toujours le Premier ministre.
02:11Mais malheureusement, c'est toujours la même chanson.
02:13On n'en peut plus.
02:14Donc, il faut aller prendre l'argent là où il est.
02:17La société des communs, ça commence par la justice fiscale.
02:19Sur les jours fériés, s'il revient sur les jours fériés, est-ce que ça peut être un mot de...
02:22Ça ne suffit pas.
02:23Les jours fériés, j'avoue, c'est la cerise sur le gâteau.
02:26Parce qu'après avoir volé les 2 meilleures années de retraite aux Français, il s'agit de prendre 2 jours fériés.
02:31J'avoue qu'on est au sommet de l'indécence et de la violence sociale.
02:36Mais il y a aussi le prix de l'électricité qui a augmenté.
02:39Il y a également la destruction de l'assurance chômage.
02:43Donc, des mesures, c'est toujours dans le même sens.
02:46C'est toujours dans le même sens.
02:47C'est prendre toujours au même.
02:48Je vous entends, je vous écoute, Clémentine Autain, et je me dis que quoi qu'ils disent, quoi qu'ils fassent,
02:53vous voterez la motion de censure ?
02:54Je voterai la motion de censure.
02:56Exactement, je voterai la motion de censure.
02:58Après, il se passera quoi ?
02:59C'est tout l'enjeu.
03:00C'est tout l'enjeu parce que, d'abord, il y a la mobilisation sociale.
03:04Et c'est notre devoir d'être présente, le 10.
03:08La journée bloquant tout, vous vous participez ?
03:09Bien sûr, vous participez, d'amplifier, de voir ce que les syndicats aussi vont proposer.
03:13Donc, votre objectif de rentrer, c'est de bloquer le pays ?
03:15Mon objectif de rentrer, c'est de construire une issue politique.
03:18Parce qu'il ne suffit pas de manifester, il ne suffit pas de censurer,
03:22il faut encore que la gauche soit en ordre de marche pour proposer aux Français une issue.
03:27Dans bloquons tout, il y a bloquer.
03:29Est-ce que votre objectif de rentrer à gauche, chez vous, au NFP, c'est de bloquer le pays, de mettre le pays à l'arrêt ?
03:35Je pense qu'en effet, s'il y a une mobilisation populaire de masse qui permet de bloquer le pays,
03:40c'est le début d'autre chose.
03:41Donc, comme responsable politique, ce que je veux, c'est construire cette autre chose.
03:45Et c'est pourquoi je suis engagée, vous le savez, dans Front Populaire 2027,
03:51qui a été lancée à l'initiative de Lucie Casté le 2 juillet dernier.
03:55Ce n'est pas un meeting électoral encore, j'entends bien, mais on n'est pas encore dans la campagne.
03:58Ce n'est pas du tout un meeting, je vous raconte ce qu'on est en train de faire.
04:00Thomas Souto, je vous raconte ce qu'on est en train de faire.
04:02Il faut l'union de la gauche et des écologistes.
04:05Jean-Luc Mélenchon, on va rester sur le 10 septembre, sur la motion de censure qui vient.
04:09Jean-Luc Mélenchon, il a ajouté un appel à la grève générale.
04:12Vous le suivez là aussi ?
04:13Oui, je suis favorable à la grève générale, bien sûr.
04:15Mais vous savez, ça ne se décrète pas.
04:17C'est les Françaises et les Français qui vont décider jusqu'où ils vont bloquer.
04:20Mais moi, je les appelle à regarder la situation telle qu'elle est.
04:24Aujourd'hui, celles et ceux qui nous écoutent, vous, moi, la majorité de la population,
04:28nous payons en moyenne, en proportion de nos revenus, 50% d'impôts de taxes de cotisation sociale.
04:34D'accord ?
04:34C'est notre contribution pour avoir des hôpitaux, des écoles, des trains, des pompiers, une couverture sociale.
04:40Et j'en passe.
04:41Et j'entendais d'ailleurs sur votre antenne tout à l'heure une auditrice dire à quel point on avait besoin de tout ça
04:47et d'en avoir même davantage.
04:48Les milliardaires, eux, qui profitent de ces biens publics,
04:52ils ne paient en moyenne que 27% d'impôts de taxes de cotisation sociale en proportion de leurs revenus.
04:58Ce n'est pas acceptable.
04:59Et c'est pourquoi il faut mettre à contribution ceux qui ont le plus.
05:03De la même manière, Thomas Soto, 211 milliards d'euros sont donnés aux entreprises
05:08sans aucune contrepartie, ni sociale, ni environnementale.
05:12Prenez Arcelor.
05:12C'est le Premier ministre des riches, François Bayrou ?
05:14Bien sûr que c'est le Président.
05:15On a le Président des riches, on a le Premier ministre des riches.
05:18Et donc maintenant, il est temps de passer à autre chose.
05:20Attendez, attendez.
05:20Si vous voulez bien...
05:21Je vais vous donner un exemple.
05:22Arcelor, parce que ce n'est pas où trouver l'argent.
05:24Arcelor, on donne 298 millions d'aides publiques en 2023.
05:30Et qu'est-ce qui se passe en 2025 ?
05:32On ferme des usines en France.
05:33Vous trouvez ça normal ?
05:35Il faut que ça cesse.
05:35Permettez que je vous pose une question.
05:36Et si il y a une vice à serrer,
05:38la vice à serrer, c'est celle des milliardaires et des multinationales.
05:41Je vais vous poser une petite question.
05:42Je vous en prie, avec plaisir.
05:43Je vais vous faire mon retour de vacances.
05:44Ceux de la censure, je vous ai posé une question.
05:45Après, il se passera quoi ?
05:47Est-ce que vous ne craignez pas, en votant la censure
05:48et en faisant tomber éventuellement le gouvernement Bayrou,
05:51d'être les idiots utiles du Rassemblement National ?
05:53Mais pas du tout.
05:54Pas du tout, à la condition que nous soyons capables
05:57de proposer aux Français une issue.
06:00Parce que si on continue dans la division et l'éclatement de la gauche...
06:02L'issue, la plus probable, l'issue, ça sera un blocage.
06:05S'il y a blocage, il y a risque ou possibilité, en tout cas, de dissolution.
06:09Et s'il y a dissolution, ça pourrait bien être un boulevard
06:11pour le Rassemblement National.
06:12C'est en ça que je vous pose cette question.
06:13La dernière fois, on nous a dit la même chose
06:15et qui est arrivé en tête, le nouveau Front Populaire.
06:18Mais vous n'avez pas été en mesure...
06:19Je n'ai jamais peur.
06:20Il ne faut jamais avoir peur des urnes.
06:22D'accord ?
06:23Vous n'avez jamais peur ?
06:25Non, j'appelle déjà à ce que M. Bayrou s'en aille.
06:28Et j'appelle de manière urgente les forces de gauche
06:32à se rassembler parce que c'est la clé de la victoire
06:34et à se mettre au travail comme nous l'avons commencé,
06:37ce travail, le 2 juillet, autour de Lucie Casté,
06:39avec ce nouveau Front Populaire 2027.
06:42Vous citiez Jean-Luc Mélenchon.
06:44Enfin, on en parlait tout à l'heure.
06:45Il fait partie, évidemment, de la gauche.
06:47Moi, j'ai une question à vous poser sur lui.
06:48Il a interdit l'accès aux universités d'été de LFI à une journaliste du Monde
06:52parce qu'elle a co-écrit un livre critique qui lui a déplu, qui l'a blessé.
06:56On peut penser ce qu'on veut du monde du Figaro, de libération de l'opinion, de l'équipe, peu importe.
07:01Mais vous, qu'est-ce que vous pensez, vous, du fait de laisser comme ça un journaliste à la porte ?
07:05Je pense que quand on est de gauche, on ne joue pas avec la liberté de la presse.
07:09Donc, il a eu tort, Jean-Luc Mélenchon ?
07:10Oui.
07:12Oui.
07:12Vous savez, s'il est en désaccord avec ce qui a été écrit dans ce livre
07:16et qu'il pense qu'il a été diffamé, eh bien qu'il porte plainte pour diffamation.
07:20Mais par contre, on ne choisit pas les journalistes qui nous couvrent.
07:22Point à la ligne.
07:23Vous savez, j'ai largement déjà commenté...
07:26Non, mais moi, j'ai une question qui va au-delà.
07:27Par rapport à la démocratie de la France insoumise, donc...
07:30Est-ce que c'est un démocrate, Jean-Luc Mélenchon ?
07:31Non, mais moi, je suis venu pour vous parler des Français, pas pour vous parler de Jean-Luc Mélenchon.
07:34Si les Français votent pour Jean-Luc Mélenchon, ils auront affaire à lui.
07:36S'il devient président de la République, il faut bien savoir qui ils vont élire.
07:39Est-ce que s'il arrivait au pouvoir, il faudrait s'inquiéter pour la liberté de la presse, par exemple ?
07:43Non, mais moi, je ne raisonne pas comme ça.
07:45On peut, là, quand même.
07:47De toute façon, quand vous regardez aujourd'hui les enquêtes d'opinion,
07:49vous voyez bien que Jean-Luc Mélenchon n'est pas prêt d'arriver au pouvoir.
07:52Ça reste le mieux placé à gauche.
07:54Ça reste celui qui, pour l'instant, est en tête avec Raphaël Glucksmann à gauche.
08:00Et puis, au deuxième tour, pour l'instant, dans les enquêtes d'opinion, il est balayé.
08:04Donc, le sujet, c'est de savoir si on a une solution qui n'est pas Glucksmann-Mélenchon,
08:10tous les deux candidats, parce que ça, c'est l'assurance de la défaite.
08:13L'assurance de la défaite.
08:14Ça pourrait être autant ?
08:15Vous savez, quand le trumpisme souffle, quand le rassemblement national est si haut,
08:20tourner le dos à l'Union à gauche, pour moi, c'est irresponsable.
08:23Ça pourrait être autant ?
08:25Écoutez, vous le savez, je l'ai déjà dit, si nous avons une primaire, et je le souhaite, à gauche,
08:30je serai bien sûr candidate.
08:31Je crois qu'on dise quelques mots pour finir sur le climat d'antisémitisme
08:34qui semble s'installer, voire se banaliser en France.
08:37Derniers épisodes en date, des voitures appartenant à des Juifs qui ont été tagués.
08:40Il y a des soupçons qui pèsent sur ce gérant d'un parc de loisirs des Pyrénées-Orientales,
08:44mis en examen pour discrimination fondée sur l'origine, l'ethnie ou la nationalité.
08:48Après avoir refusé l'accès à un groupe de 150 jeunes israéliens,
08:52l'olivier, planté en mémoire d'Ilan Halimi, qui a été abattu, etc.
08:55Comment soigner cette plaie de l'antisémitisme en France ?
09:00Il y a une recrudescence des actes antisémites très préoccupants.
09:06Et je pense que c'est aux responsables politiques, à l'ensemble de la société,
09:11d'être mobilisés contre l'antisémitisme et contre...
09:14Vous êtes une responsable politique ?
09:16Bien sûr, bien sûr.
09:17Comment devez-vous vous mobiliser aujourd'hui ?
09:19Je pense que c'est important, nous, de poser des mots justes sur ces actes,
09:24d'en parler, mais c'est aussi aux responsables...
09:26Vous les condamnez, sans ambiguïté ?
09:27Je les condamne sans ambiguïté, je l'ai toujours fait.
09:30Et je pense que sur la scène politique, l'essentiel des responsables politiques,
09:35à part quelques-uns qui peuvent sembler parfois à côté,
09:40ne pas mettre beaucoup de passion dans ce combat, nous sommes contre.
09:44Mais vous voyez bien que ça ne suffit pas.
09:46Charles Kuchner, l'ambassadeur des Etats-Unis en France, a écrit une lettre.
09:50Il l'est d'ailleurs convoqué au Quai d'Orsay tout à l'heure pour ça,
09:52pour dénoncer l'absence d'action suffisante d'Emmanuel Macron pour combattre l'antisémitisme.
09:56Non mais là, attendez, il reprend la propagande de Netanyahou,
09:59parce qu'Emmanuel Macron peut lui reprocher beaucoup de choses.
10:02Mais pas qu'il soit ambigu là-dessus.
10:04Et surtout, c'est au moment où il dit vouloir reconnaître l'État palestinien
10:09que l'État d'Israël le met en garde et que les États-Unis, l'ambassadeur des États-Unis, reprend cela.
10:17Ça, ça ne va pas du tout.
10:18Parce que si vous croyez que ce qui se passe en ce moment à Gaza,
10:22qui est abominable avec un peuple qui est en train d'être génocidé,
10:27eh bien, ce climat-là, il faut faire attention à ce qu'il ne produise pas aussi de l'antisémitisme.
10:33C'est bien pour ça que je...
10:34Donc, réglez cette...
10:36Pour moi...
10:36C'est un des choses, il y a la situation épouvantable à Gaza et il y a l'antisémitisme.
10:39Exactement.
10:39Ce sont deux choses distinctes.
10:40Exactement.
10:40Sauf que là, celui qui ne le rend pas distinct,
10:43c'est à la fois l'ambassadeur d'Israël et M. Netanyahou,
10:46et l'ambassadeur des États-Unis.
10:48Donc, de ce point de vue-là, pas de leçon à donner.
10:50Merci beaucoup.
10:50Clémentine Notin, tout à l'heure à 8h.
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