- il y a 8 mois
Climat social, retraites, TVA sociale : écoutez l'interview de Marylise Léon, secrétaire générale de la CFDT.
Regardez L'invité RTL de 7h40 avec Thomas Sotto du 27 mai 2025.
Regardez L'invité RTL de 7h40 avec Thomas Sotto du 27 mai 2025.
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00:00RTL Matin
00:02Et tout de suite l'invité d'RTL Matin, Thomas, vous recevez aujourd'hui la secrétaire générale de la CFDT, Marilise Léon.
00:10Bonjour et bienvenue sur RTL, Marilise Léon.
00:12La colère et même les colères, colère des chauffeurs de taxi, colère des agriculteurs.
00:16Et vous, Marilise Léon, est-ce que vous aussi vous êtes en colère en ce moment ?
00:20Je suis en colère et j'ai des raisons de l'être vis-à-vis des responsables patronaux, par exemple,
00:26d'une branche de l'hospitalisation privée qui refuse d'appliquer des augmentations de salaire
00:30alors qu'ils se sont engagés dans un accord en 2023.
00:34Oui, je suis en colère contre eux.
00:35D'ailleurs, on le fera savoir, on a une manifestation CFDT devant le tribunal puisqu'on les assigne en justice.
00:41Voilà, ça fait partie de mon travail de syndicaliste d'aller au bout de la négociation.
00:45Quand il y a un accord et qui n'est pas respecté, la CFDT se mobilise.
00:49Et donc, je trouve ça profondément injuste.
00:51Et je suis en colère pour les femmes de ménage, par exemple, de ce secteur.
00:54Il y a 280 000 personnes concernées par cet accord.
00:58Des femmes de ménage qui auraient dû avoir 10% d'augmentation qu'ils ne l'ont pas eue
01:01parce qu'on a des employeurs qui ne veulent pas respecter leurs engagements.
01:04Ça, ça me met en colère.
01:05Toutes ces colères, elles arrivent sur le bureau du Premier ministre François Bayrou
01:09qui va prendre la parole ce matin.
01:10Le Premier ministre qui est très critiqué, y compris par ses alliés.
01:13Il est très bas dans les sondages.
01:14Quel message vous avez envie de lui faire passer ce matin ?
01:17Le message de la CFDT, c'est qu'il y a une crise profonde démocratique.
01:22On le souligne et on l'a pointé, nous, depuis de nombreux mois.
01:24Notamment depuis la réforme des retraites de 2023.
01:26Il faut être à l'écoute et avoir ce souci des préoccupations concrètes des travailleurs et des travailleuses.
01:36Moi, en tant que responsable syndicale, c'est mon travail de porter ces revendications,
01:40de les poser sur la table, d'avoir ces réalités et de dire
01:43qu'est-ce qu'on répond à ces femmes de ménage qui auraient dû avoir 10% d'augmentation depuis deux ans déjà.
01:47Je ne dis pas qu'il n'est pas à l'écoute, je dis qu'on ne peut pas avoir des discussions nationales
01:52sur les enjeux de financement de la protection sociale, sur les retraites,
01:55en ne tenant pas compte des situations très concrètes.
01:57Et donc, se couper de ces réalités, c'est être hors sol et ne pas répondre aux attentes.
02:03Et c'est creuser cette crise démocratique.
02:05Hors sol, ce sont même des mots qui sont forts.
02:06Oui, c'est hors sol.
02:07Non, je ne dis pas qu'il est hors sol.
02:09Je n'ai pas de leçons à lui donner ni d'interpellations.
02:13Je lui rappelle que quand on est responsable politique,
02:16on est représentant, on doit prendre en compte ces réalités concrètes.
02:21Moi, en tant que syndicaliste, mon boulot, c'est de les mettre sur la table
02:25et de dire aujourd'hui, il y a des réalités concrètes, des problématiques qui ne sont pas traitées.
02:30C'est le cas, par exemple, des retraites.
02:31Quand vous êtes aide-soignante, vous avez une chance, un risque sur trois.
02:34Ce n'est pas une chance, un risque sur trois d'ouvrir vos droits à la retraite
02:37en étant déjà en incapacité de travail.
02:39Donc, il faut apporter des réponses concrètes à ces personnes
02:42qui ne sont pas en capacité de pouvoir travailler jusqu'à 64 ans.
02:46C'est pour ça qu'on est mobilisés, nous, dans le conclave.
02:49Vous êtes toujours âge face sur cet âge de débat.
02:51Il faut revenir sur 64 ans.
02:52Oui, on est sur l'âge.
02:53L'âge, nous, on a un cocktail de trois mesures.
02:55Il faut un bouger sur l'âge, il faut prendre en compte la pénibilité réelle.
02:59Non, il n'a pas dit non.
03:00Il n'a pas dit non, il a fait une déclaration.
03:02Il pense qu'un retour aux 62 ans n'est pas possible, 18 mars.
03:05Ça, c'est ce qu'il pense.
03:06C'est ce qu'il pense.
03:07On s'en est expliqué le lendemain quand il a fait cette sortie médiatique.
03:11Le conclave, donc, la discussion retraite, elle a repris sur des bases que nous avons définies.
03:15Et nous avons mis la question de l'âge, la question de l'équilibre financier,
03:19parce qu'on n'est pas irresponsable.
03:21On a mis le sujet des femmes, les retraites des femmes,
03:24qui, aujourd'hui, sont profondément injustes et frappées directement par les deux ans,
03:30comme on dit à la CFDT.
03:31Pour les femmes, la retraite à 64 ans, c'est deux ans plein pot,
03:34puisqu'on annule purement et simplement les abondements trimestres pour maternité.
03:38Et la pénibilité, je dirais que je termine par le cœur du réacteur pour la CFDT.
03:43Il faut une reconnaissance de cette pénibilité,
03:45puisqu'aujourd'hui, vous avez des salariés, des maçons, des aides-soignantes,
03:50des personnes qui travaillent dans l'aide à domicile, par exemple,
03:54qui sont cassées par le travail.
03:56Donc, il faut avoir cette reconnaissance.
03:58C'est pour ça que nous, on est dans la discussion retraite,
04:00qui doit se poursuivre et terminer au mois de juin.
04:03Et qu'on comprenne bien, il n'y aura pas de fumée blanche à ce conclave
04:05s'il n'y a pas de retour à 62 ans.
04:07C'est ce que vous dites, Métain ?
04:08On a ouvert la discussion sur cet âge.
04:10Il nous faut un cocktail sur les quatre thématiques que j'ai évoquées.
04:14Et vous ne répondez pas précisément, pardon.
04:15Non, parce qu'on est en égo et qu'on ne fait pas la négociation ensemble, Thomas Soto.
04:20Si ça se termine par âge légal, non, je sais bien, heureusement.
04:22Donc, on est entre responsables syndicaux dans cette discussion.
04:26Il y a trois organisations syndicales autour de la table,
04:28deux organisations patronales.
04:30L'idée, et moi, ma boussole, c'est répondre à ces situations concrètes.
04:33D'accord, mais pardon.
04:34Moi, quand je les rencontre tous les jours et qu'ils me disent
04:36« Mais Marie-Lise, je ne peux plus monter sur mes toits, je suis couvreur. »
04:39Non, mais je vous parle des gens que je rencontre et que je représente.
04:43Les gens, ils ont envie de savoir à quel âge ils vont partir à l'entraide
04:45et ce qu'ils vont sortir de ce conclave.
04:46Est-ce que les 64 ans, c'est une ligne rouge, oui ou non ?
04:49Pour nous, il faut un bouger sur l'âge.
04:52On est rentré dans la discussion avec cette question-là.
04:55On n'a pas changé d'avis.
04:57Et parce qu'on attend aussi d'avoir des propositions concrètes
04:59de la part des employeurs qui, aujourd'hui, sont dans la posture
05:02et font assez peu de propositions concrètes.
05:05Donc, rien n'est joué puisqu'on a encore un mois pour pouvoir en discuter.
05:09Ça n'a pas l'air de se passer très bien, votre affaire, quand même.
05:10Vous savez, ça fait partie des négociations.
05:14Il y a une part de mise en scène, de théâtre,
05:19qui, j'espère, va bien se terminer
05:21parce qu'on est sur des sujets importants pour les auditeurs
05:24qui nous écoutent et qui se disent
05:25« C'est vrai que moi, je ne me vois pas continuer de travailler jusqu'à 64 ans,
05:29ça ne va pas être possible. »
05:29Et si ça n'aboutit pas comme vous le souhaitez, il se passe quoi ?
05:32Nous, on souhaite qu'il y ait ensuite un débat au Parlement.
05:35Ça fait partie des engagements qu'a pris le Premier ministre
05:37et donc qu'il puisse y avoir ensuite une discussion au Parlement
05:40au regard du fruit des discussions qu'il y a pu y avoir.
05:43Et sinon, ça pourrait se poursuivre dans la rue ?
05:45Alors là, on verra.
05:46Je ne fais pas de syndicalisme fiction.
05:48On verra comment ça se déroule dans les semaines à venir.
05:52Là, je dirais qu'on est dans le money time.
05:54Vous avez dit il y a quelques jours dans le Figaro
05:55que vous n'aviez aucun tabou sur la retraite par capitalisation.
05:58Ça veut dire quoi, Marie-Élise Léon ?
05:59Ça veut dire que je m'impose de ce que j'attends des autres
06:01et que quand je dis au patronat
06:04qu'il faut ouvrir les discussions,
06:05notamment sur la pénibilité,
06:07sans totem ni tabou,
06:09sans posture,
06:10sans idée qu'il y a une recette magique
06:13et qu'il y a une solution miracle,
06:15moi, je me l'applique à moi en dossier,
06:17en tant que responsable syndical.
06:17Vous souhaitez que ce soit au menu du conclave,
06:19la déléguation ?
06:19Mais c'est dans la discussion
06:20et on a fait une séance de discussion,
06:22voire même deux,
06:23sur la question de la capitalisation.
06:25On met à plat.
06:26Et moi, j'attends toujours une réponse
06:27de la part du patronat
06:28qui m'explique qu'il ne faut pas de hausse de cotisation,
06:31mais qui est prêt à mettre de la capitalisation.
06:33Donc, voilà, ça fait partie des discussions intéressantes
06:35où on se remet à plat aussi
06:37les engagements, les visions,
06:39les positions des uns et des autres.
06:41Et vous avez des nouvelles
06:41de la grande conférence sociale
06:42annoncée par Emmanuel Macron
06:44il y a 15 jours ?
06:44Non, pas de nouvelles.
06:46Pas de nouvelles.
06:46Moi, je suis concentrée sur la question des retraites.
06:48Pour nous, c'est la priorité.
06:49Il a évoqué aussi la question du financement.
06:52Une réflexion plus large
06:53sur le financement de la protection sociale.
06:54C'est aussi au menu
06:55des organisations syndicales et patronales.
06:56La TVA sociale ?
06:57La question...
06:58Alors là, justement,
06:59quand je dis la priorité, c'est les retraites,
07:01ça, c'est l'étape 1 pour la CFDT.
07:03Oui.
07:03Il y aura une étape 2
07:04sur le financement de la protection sociale.
07:06S'il y a une étape 1.
07:08Donc, on va aller progressivement.
07:10Et le sujet aujourd'hui pour la CFDT,
07:12c'est répondre à ces trois enjeux.
07:13femmes, pénibilité, âge légal...
07:15On a l'impression que c'est quand même
07:16un point de blocage aujourd'hui.
07:17C'est ce qui va déterminer toi.
07:18En gros, vous nous dites
07:19qu'on n'ira pas à la conférence sociale
07:21si on n'a pas réglé le problème des retraites ?
07:22Non, je dis qu'on ne peut pas
07:23ne pas apporter de réponse concrète
07:25aux travailleurs et aux travailleuses.
07:30Ça, c'est impréalable.
07:31On ne peut pas discuter de choses macro-budgétaires
07:35de milliards d'euros
07:36sans avoir au préalable
07:38traité des situations concrètes.
07:39C'est exactement ce qu'attendent
07:41aujourd'hui les citoyens et les citoyennes.
07:43C'est que, un,
07:44les responsables politiques
07:46et les responsables syndicaux
07:47reprennent
07:51et prennent en compte
07:52leur réalité
07:53et qu'on apporte
07:55des solutions concrètes.
07:56Et donc ça,
07:57ça fait partie
07:57de l'étape 1
07:59sur les retraites.
07:59Marie-Zéon, j'ai l'impression,
08:00dites-moi si je me trompe,
08:01que ce que vous nous dites ce matin,
08:03c'est nous à la CFDT,
08:04on pose un ultimatum.
08:05Non, alors non.
08:06En fait, vous ne parlez pas
08:08à la CFDT couramment.
08:10Non, on ne pose pas
08:11un ultimatum.
08:11un coup de pression quand même.
08:12Oui, mais parce que c'est important.
08:14On parle de sujets importants.
08:16Moi, je vous parle
08:17de gens qui me disent
08:17tous les jours,
08:19avec beaucoup d'émotion,
08:21souvent,
08:22mais Marie-Zéon,
08:22moi, je ne peux pas
08:23travailler jusqu'à 64 ans.
08:25Je ne suis pas en capacité,
08:26je ne suis pas
08:26en forme physique
08:28pour le faire.
08:29Qu'est-ce que je vais devenir ?
08:30Qu'est-ce que je vais devenir ?
08:32Comment je suis reconnue
08:33dans les difficultés
08:34à mon travail ?
08:34Comment j'ai les moyens
08:35de bien faire mon travail ?
08:37Vous savez,
08:37il y a un mot
08:37qui revient tout le temps.
08:39C'est respect et dignité.
08:41Je veux être respectée
08:42dans mon travail.
08:43Je veux pouvoir faire
08:45mon travail
08:46dans des conditions dignes.
08:48C'est des mots
08:48extrêmement forts
08:49dont je veux
08:50être le relais ce matin.
08:51J'ai une toute dernière
08:52question d'actualité rapidement.
08:54Les taxis,
08:55deux réunions prévues
08:56aujourd'hui pour les taxis.
08:57Le gouvernement doit-il
08:58céder aux taxis
08:59à leurs revendications
08:59sur les transports médicaux ?
09:01La question,
09:01elle est beaucoup plus large.
09:03Là, on est sur un enjeu
09:04et je pense que
09:05sur la question des taxis,
09:06c'est valable
09:07sur ce sujet,
09:08c'est valable
09:08sur également
09:09d'autres sujets.
09:09On ne peut pas traiter
09:10les choses
09:10zoom par zoom
09:12à la loupe.
09:14La situation des taxis,
09:15elle mérite
09:15d'être regardée.
09:17On doit aussi
09:18poser à plat
09:19le fait qu'il y a eu
09:2045% d'augmentation
09:21de ses dépenses.
09:23C'est dans un contexte
09:24de recherche
09:25depuis 2019.
09:28Exactement.
09:28Il faut regarder
09:29quelles peuvent être
09:31les solutions.
09:32Il ne faut pas
09:33tous aider comme ça ?
09:34Je pense qu'il faut
09:35la photo globale.
09:36Il faut la photo globale
09:37parce que nous,
09:38notre parti pris,
09:39c'est de dire
09:39qu'il va falloir
09:41faire des efforts.
09:42Il va falloir faire des efforts
09:43vu l'état des finances publiques,
09:45vu l'état des finances
09:46de la protection sociale.
09:47Des efforts
09:48qui ne seront acceptés
09:49que s'ils sont partagés.
09:51Et donc ça,
09:51ça veut dire
09:52que ce n'est pas
09:52les uns qui gagnent
09:53contre les autres.
09:54Ça veut dire
09:54qu'il faut regarder
09:55de façon beaucoup plus globale.
09:56Merci beaucoup,
09:57Marie-Zidon,
09:57d'être venue ce matin.
09:58On entend bien
09:58la fermeté quand même
09:59sur les 64 ans
10:00sur l'âge de départ
10:01à la retraite.
10:02Dans un instant,
10:02c'est Philippe.
10:02Merci.
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