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  • il y a 5 mois
Ce mardi 26 août, Aymeric Gestaldi, gérant actions internationales chez Edmond de Rothschild AM, s'est penché sur l'imposition du mouvement de l'étatisme aux États-Unis, dont la prise du contrôle de la Fed et d'Intel par l'État américain, puis la publication à venir des résultats de Nvidia, et le sursis du gouvernement de Bayrou avec son budget, dans l'émission BFM Bourse présentée par Guillaume Sommerer. BFM Bourse est à voir ou écouter du lundi au vendredi sur BFM Business.

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Transcription
00:00Il vient de nous rejoindre, Emric Gastaldi, gérant Action Internationale pour Edmond de Rothschild AM.
00:04Bonjour Emric.
00:05Bonjour Guillaume.
00:06Emric, vous allez rendre votre verdict et le prononcer dans un instant en direct à l'antenne.
00:10Ce moment, cet instant, est-ce que vous l'assumez ?
00:12Oui.
00:13Alors on écoute votre verdict.
00:15De l'étatisme en Amérique.
00:17Alors ça c'est pour paraphraser Tocqueville, mais plus concrètement, comment l'étatisme s'impose aux Etats-Unis actuellement.
00:24L'étatisme s'impose aux Etats-Unis actuellement, c'est votre punchline d'aujourd'hui.
00:28Vous pensez à l'état fédéral qui fait pression sur la réserve fédérale américaine ?
00:32Vous pensez à l'état fédéral qui prend 10% d'Intel ?
00:35Pour vous donc, l'étatisme est de retour.
00:36Ce n'est pas forcément une mauvaise nouvelle, ça apportera peut-être de la visibilité à moyen terme.
00:39Alors je pense à tout ça.
00:41Après, il faut savoir que c'est un mouvement qui s'inscrit dans une dynamique mondiale.
00:46On a un retour du politique au détriment de l'économique, pas seulement aux Etats-Unis,
00:51mais c'est vrai qu'aux US, on a une version qui est un peu turbochargée, sous stéroïde, de ce mouvement, avec l'impulsion trumpienne.
00:58Et donc, ce qu'on constate, c'est que depuis que M. Trump est élu,
01:02il ne se contente pas seulement de donner une impulsion économique au niveau fédéral,
01:05mais il s'implique également au niveau des secteurs et même au niveau de la vie des entreprises elles-mêmes.
01:10Vous en parliez.
01:12Intel, avant-hier, c'est un exemple qui est assez criant.
01:14Il y a trois semaines, on avait Tim Cook, patron d'Apple, dans le bureau ovale, en train de prêter allégeance à Trump.
01:24On a également toute l'administration Trump qui se croit investie d'une mission quant au fixing des prix des médicaments américains.
01:34Et puis effectivement, peut-être le paroxysme de ce mouvement-là, c'est la reprise en main totale à venir de la Fed.
01:40– Et donc, on peut parler d'étatisme où on va un peu vite en besoin quand même.
01:44C'est vrai que ça nous fait bizarre de la part des États-Unis,
01:46ce n'est pas super libéral ce qu'on est en train d'observer, mais ça reste parcellère.
01:51Alors la Fed, évidemment, c'est peut-être plus systémique,
01:53mais pour ce qui concerne Intel, c'est une boîte qui est complètement à la dérive,
01:56ils viennent prendre 10%.
01:57Bon, est-ce que c'est si grave que ça pour le modèle américain ?
02:00– Est-ce que c'est grave ? Pas forcément à court terme.
02:02En tout cas, ça dénote une vraie inflexion dans le discours américain,
02:07d'autant plus que ça vient de la partie droite de l'échiquier,
02:10celle-là même qui est censée incarner un libéralisme économique.
02:14Quand on regarde les discours de M. Trump aujourd'hui avec ceux de M. Reagan il y a 30 ans,
02:19c'est le jour et la nuit.
02:20Donc voir cette implication, cette ingérence de l'État
02:25précisément portée par un président qui se veut républicain,
02:29c'est une inflexion qui est à mon sens majeure,
02:31d'autant que Intel n'est pas un acte isolé.
02:33– C'est ça, c'est-à-dire que l'administration, l'entourage de Donald Trump
02:35et tout à l'heure Edward Lutnik, l'un des membres de l'administration Trump,
02:38explique chacun depuis maintenant plusieurs jours que
02:41Intel n'est peut-être qu'un début.
02:43Peut-être l'administration prendra-t-elle départ dans d'autres entreprises ?
02:47– C'est possible.
02:48Je pense qu'ils arriveront assez rapidement à la conclusion
02:52que ça ne sert pas à grand-chose et que ça sera sûrement la politique du pire,
02:56mais même pour des raisons, disons, purement politiques,
03:00on ne peut pas exclure effectivement que Trump se serve de la manne du trésor
03:05pour faire ce genre d'opérations.
03:07– S'ajoutent les pressions sur les acteurs qui vendent des puces à la Chine,
03:10par exemple Nvidia, Washington, l'État fédéral,
03:14prendra 15% des revenus générés en Chine par Nvidia.
03:17– Et il faut savoir que la genèse de cela, c'est qu'il y a quelques mois,
03:22M. Trump a souhaité démanteler Nvidia.
03:25Il l'a dit, ce n'est pas secret.
03:28Il s'est aperçu que ce n'était pas possible ou très compliqué.
03:31Et donc, il trouve une autre façon de surfer sur le succès d'Nvidia
03:35en étant, en prenant cette dîme, effectivement,
03:38qui n'est pas, je dis, ni économiquement, ni géopolitiquement.
03:41– Et Antoine ?
03:43– Non, mais tous les réseaux sociaux branchés du côté de Wall Street,
03:47les traders américains, les commentateurs de marché,
03:49s'amusent de cet étatisme américain de retour en mettant partout,
03:53vous savez, les images de propagande communiste avec Lénine, Staline et tout.
03:57Mais il y avait une très bonne réflexion, justement, à ce sujet,
04:00qu'on a échangé avec un tweetos qui nous suit,
04:03qui s'appelle Guillaume Lablanche, d'ailleurs,
04:04que je remercie de sa réflexion.
04:07Et on parlait de la prise de capital d'Intel.
04:10Et voilà, on rigolait avec ces images communistes.
04:15Et il disait, oui, mais lui, il le prend avec du vrai argent,
04:19son morceau d'Intel.
04:21Il y a combien, le déficit américain ?
04:23Le vrai argent, c'est quoi ?
04:24C'est une planche à billets imaginaire, on est bien d'accord.
04:27Là, on a l'impression d'une forme de chute de l'URSS à l'envers.
04:32C'est ça qui est assez fascinant,
04:34parce que ça cumule de l'ultralibéralisme, de l'étatisme,
04:37et puis des actes de piraterie, il n'y a pas d'autre mot.
04:41Donc, ça doit être assez flippant
04:45pour l'ensemble de la communauté financière de Wall Street,
04:47où là, on se dit que vraiment, comme on le dit dans le film Seven,
04:50il faut s'attendre à ce qu'un ovni lui sorte de la tête à un moment donné.
04:53Il faut s'attendre à tout, et il faut attendre surtout l'inattendu.
04:56– Et même pour les partenaires,
04:58parce que les entreprises américaines doivent se poser plein de questions,
05:00mais ne serait-ce que les partenaires, même les alliés des États-Unis,
05:03il se trouve que Donald Trump a annoncé hier soir
05:06que l'Europe, entre autres, tous les pays
05:08qui souhaiteraient encadrer les GAFAM,
05:10qui souhaiteraient taxer aussi les GAFAM,
05:12pourraient se voir privés d'importations de puces américaines, par exemple.
05:17Il intégrait l'Europe à cette réflexion.
05:18Jusqu'ici, c'était réservé à la Chine, ça, ne pas exporter des puces vers la Chine.
05:22Peut-être l'Europe aussi, si l'Europe encadre trop les GAFAM.
05:25– Mais en même temps, il y avait plusieurs négociations commerciales
05:28menées entre les États-Unis et ses partenaires,
05:30et globalement, beaucoup de partenaires, à commencer par l'Europe,
05:35ont accepté les termes du contrat proposé par Trump.
05:39Donc, pour l'instant, Trump n'a pas fait face à une vraie opposition.
05:42Donc, comme dirait Coluche, tant qu'il joue, il gagne.
05:45Enfin, tant qu'il gagne, il joue.
05:46Donc, tant qu'il n'y a pas de résistance vraiment frontale
05:49ou de menace qui puisse l'affaiblir, lui,
05:52pourquoi s'arrêterait-il, quoi ?
05:53– Wall Street tient, en tout cas,
05:55il n'y a pas de panique du tout sur les marchés.
05:57Comment vous l'expliquez ?
05:58On va parler de la France dans un instant, le CAC 40 qui chute,
06:00mais comment vous expliquez cette quand même belle résilience
06:02des marchés américains ?
06:03Ça tient, quoi. Wall Street reste proche des records.
06:05– Je pense qu'il y a plusieurs forces en présence.
06:11Tout d'abord, depuis 3-4 mois,
06:12on a un vrai retour des flux retail sur les actions,
06:16au point que maintenant, l'exposition aux actions
06:18du ménage américain moyen est au plus haut
06:20depuis 1989-2000.
06:22On a dépassé ce niveau d'exposition.
06:25Donc, il y a une mécanique de flux.
06:27Au niveau des entreprises elles-mêmes,
06:29les tendances sont plutôt bonnes.
06:30C'est-à-dire que, par exemple, suite aux chiffres
06:32du second trimestre, on voit les anticipations
06:35bénéficiaires pour l'ensemble de l'année 2025
06:38repartir à la hausse, ce qui est assez rare.
06:40Ce n'est pas forcément le schéma qu'on voit habituellement.
06:44Et puis, il y a la perspective, effectivement,
06:46de baisse des taux possibles,
06:47en fait, en tout cas, de pivot monétaire
06:49impulsé par Powell.
06:51On y reviendra peut-être.
06:53Et tout ça, ça participe à cette euphorie
06:56autour des marchés actions américaines.
06:59Mais rien ne dit qu'elle durera.
07:00On verra si la tech parviendra à soutenir les marchés.
07:04Demain soir, publication d'NVIDIA.
07:05Ce soir, on aura MongoDB.
07:07C'est une plateforme multicloud.
07:08Vous suivez ces publications ?
07:09Ce soir, MongoDB.
07:10Oui, il y a de loin.
07:11Un auditeur, les tontons répliqueurs,
07:12c'est encore lui, nous demande
07:13s'il faut renforcer cette valeur.
07:15MongoDB, ils vont publier ce soir.
07:16Et c'est une des rares valeurs tech pas chères,
07:17nous dit-il à Wall Street.
07:18C'est exact.
07:20Le problème de MongoDB,
07:21qu'est-ce qu'ils font ?
07:22C'est une espèce de base de données
07:24de nouvelle génération.
07:25C'est comme un nouvel oracle, quelque part.
07:28Le problème, c'est qu'ils auront beaucoup joué
07:31la carte de la dérivée sur la télévision
07:35artificielle générative.
07:36Et pour l'instant, on ne le voit pas dans les chiffres.
07:38Il y a un narratif qui a du mal
07:40à être réconcilié avec la réalité du terrain.
07:42Donc, le marché est assez sceptique sur ça.
07:46Et donc, c'est ce qui fait que le parcours
07:47est effectivement assez décevant.
07:49Ce qu'il faut aussi savoir,
07:50c'est que la saison de résultats
07:51dans la tech aux US, au Q2,
07:53a été extrêmement volatile,
07:55à savoir que je crois que plus d'un tiers
07:57des publications s'est soldée
07:58par une hausse ou une baisse
07:59de plus de 10%.
08:01Donc, c'est trois fois plus que d'habitude.
08:03D'habitude, c'est 10% des publications
08:04qui font 10%.
08:05Là, on a un tiers.
08:06Donc, il y a beaucoup de nervosité
08:07parce qu'il y a beaucoup d'attente
08:08sur une thématique qui, pour l'instant,
08:10ne se traduit pas toujours
08:12par des espèces solantes et trébuchantes
08:14sur SentinelOne.
08:16Ils publieront ce soir aussi.
08:18On est dans la cybersécurité
08:19basée sur l'IA.
08:21En fait, c'est...
08:21Là, on met deux mots magiques.
08:22Cybersécurité et l'IA.
08:23Oui, exactement.
08:24Mais leur problème à SentinelOne,
08:25au-delà de tout le bien
08:27qu'on peut penser de cette entreprise,
08:29ils ont pour concurrents CrowdStrike.
08:31Donc, c'est un numéro 2, numéro 3.
08:32Et dans la cybersécurité,
08:34il y a une vraie prime
08:34avec le leader du secteur.
08:36Quand vous êtes le leader,
08:36vous attirez les meilleurs talents,
08:38vous avez les meilleures technologies,
08:38les meilleurs référencements,
08:40la meilleure franchise.
08:41Et ça crée des modes,
08:42ça crée des barrières
08:42très difficiles à surmonter
08:44pour les concurrents.
08:44Et c'est la situation
08:46dans laquelle se trouve SentinelOne.
08:47Voilà, SentinelOne,
08:48donc Publis ce soir,
08:48ainsi que MongoDB.
08:50Demain soir, Nvidia.
08:51La France, le CAC 40,
08:52perd 1,5% comme hier.
08:53Voilà, même tarif avec cette probable,
08:55on verra,
08:55chute du gouvernement Bayrou,
08:56le 8 septembre.
08:58C'est cruel quand même
08:59pour les investisseurs,
08:59les gérants en France.
09:00C'est cruel, c'est pas triste,
09:02mais c'est une surprise.
09:03Enfin, c'est...
09:04La situation bilancielle française,
09:06on la connaît depuis longtemps,
09:07il n'y a rien de très nouveau.
09:08On connaît l'impasse politique
09:09et l'absence de solutions politiques
09:12au problème de la dette en France.
09:16Donc, on sait que c'est quelque chose
09:17qui va revenir.
09:18Donc, il y aura des phases de détente
09:19et des phases de tension.
09:20Là, on entame une phase de tension.
09:22La séquence n'est pas agréable,
09:23mais malheureusement,
09:24on ne voit pas de solution structurelle
09:26au déficit français.
09:27Les banques en souffrent particulièrement.
09:28On rappelle,
09:29Société Générale perd 8%,
09:30Crédit Récol, moins 6,
09:31BNP, moins 5.
09:32Est-ce cruel,
09:32est-ce même excessif
09:34de voir les banques autant reculer ?
09:35Question à laquelle on répondra
09:36avec les experts de Kepler
09:38dans un instant.
09:39On a les ESN aussi
09:40qui souffrent beaucoup.
09:41Les valeurs de défense françaises également.
09:43Puis même Eden Raid.
09:43Oui, bien sûr,
09:44très dépendant Eden Raid
09:45des décisions politiques.
09:46Ce titre perd 4%.
09:47Juste d'un mot,
09:48les prochaines adjudications,
09:49parce qu'on parle de la France,
09:50du risque de faillite.
09:51Bon, il n'y aura pas de faillite.
09:52Un État ne fait jamais faillite
09:53qui fait défaut, parfois.
09:54La France, c'est encore moins sûr.
09:56Mais voilà,
09:57les prochaines adjudications,
09:58on verra comment elles se passent
09:59et ce qu'elles seront importantes
10:00et quand auront-elles lieu.
10:01Alors,
10:03en termes d'adjudications,
10:04on a eu un été qui était très calme,
10:05comme toujours en fait.
10:06C'est quelque chose
10:06qui est assez fréquent.
10:08Ça reprend en septembre.
10:10On va avoir 24 milliards
10:11d'adjudications brutes,
10:1312 milliards d'adjudications nettes.
10:14Parce qu'en fait,
10:15il y a des dettes
10:16qui ont la maturité en septembre.
10:17Donc, 12 milliards,
10:18c'est un mois
10:19qu'ils ont moyen
10:21en termes de densité
10:22d'appel au marché.
10:24Ça devrait être absorbable.
10:26Je ne pense pas
10:26qu'il y a un risque majeur sur ça.
10:28Si la dette française doit déraper,
10:30c'est parce qu'il y a
10:31une crise politique majeure
10:32qui s'installe.
10:33Mais je ne pense pas
10:35que c'est l'Enera
10:35d'un point de vue technique,
10:36d'un point de vue marché
10:36sur une adjudication
10:40qui flancherait d'ailleurs
10:41quand on regarde
10:42la duration de la dette française.
10:43Elle est assez stable.
10:44Je ne pense pas
10:45qu'il y a des stress majeurs
10:45de ce côté-là.
10:47Prochaine adjudication long terme,
10:48ce sera le jeudi
10:49de la semaine prochaine,
10:50jeudi 4 septembre.
10:51Et à moyen terme,
10:51ce sera le 18 septembre.
10:53Donc après le vote
10:54de confiance du Parlement.
10:55Merci beaucoup,
10:56Emmerick.
10:56Merci, Guillaume.
10:57Emmerick Gastaldi,
10:58Edmond Rothschild,
10:59Asset Management.
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