Valérie Boned, présidente des Entreprises du Voyage, était l'invitée d'Erwan Morice, dans Good Morning Business, ce lundi 11 août. Ils ont abordé le bilan de l'été 2025 pour le secteur du tourisme qui est en demi-teinte, notamment pour le mois de juillet, sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.
00:00Et les Français sont toujours de grands voyageurs, mais leurs habitudes sont quand même légèrement perturbées forcément cet été par le contexte économique et géopolitique.
00:08Bonjour Valérie Bonnède.
00:09Bonjour.
00:09Merci d'être avec nous ce matin sur BFM Business, présidente des entreprises du voyage.
00:13Alors vous faites ce constat que les voyageurs, ils hésitent un petit peu plus cette année par rapport aux années précédentes avant de se lancer.
00:20On hésite un peu plus avant de choisir sa destination. Combien de temps va partir ?
00:24Alors on hésite c'est sûr, en effet, mais les vacances ça reste quand même quelque chose d'important.
00:28C'est sacré encore.
00:29C'est sacré et quelque part, effectivement, pour certains types de familles, il faut le planifier quand même un peu en amont.
00:35Quand on a des enfants et qu'on est soumis au calendrier scolaire, il y a quand même une anticipation.
00:39Mais c'est vrai qu'il y a des tendances de plus en plus à attendre la dernière minute, peut-être parce qu'on pense que ça va être moins cher, ce qui n'est pas forcément le cas.
00:46En général, pas le cas.
00:48D'accord, il vaut mieux réserver quand ? Parce qu'on entend un peu tout, il faut se connecter la nuit pour avoir des billets d'avion moins chers, le mardi plutôt que le jeudi.
00:56Ça devient compliqué quand même.
00:57On pourrait faire une émission qui dure toute la journée avec tout ça, mais ce qui est vrai, c'est que plus on réserve en amont, plus on a de chances quand même d'avoir des prix.
01:05Pourquoi ? Parce qu'il y a tout ce qu'on appelle le yield management, c'est-à-dire qu'on régule le prix de la prestation et souvent le vol, mais aussi l'hébergement maintenant, en fonction de la demande.
01:14Et quand on anticipe, on a affaire au stock global, donc des vols et de l'hébergement.
01:20Et nous, professionnels qui intermédiaux, qui distribuons, on achète plus facilement avec des prix plus attractifs pour revendre aux clients.
01:27Donc le vrai premier conseil conso, c'est quand même d'acheter le plus longtemps en amont.
01:31C'est autant vrai pour les agences physiques que pour les réservations en ligne ?
01:35Oui, tout à fait. Moi, je représente les entreprises qui regroupent les agences de voyage et les tours opérateurs, on ou offline, donc les grandes plateformes que l'on connaît, mais aussi l'agence de quartier.
01:45Et effectivement, ce phénomène, il existe, cette anticipation, elle est recommandée que l'on achète on ou offline.
01:51C'est vrai qu'aujourd'hui, il y a le contexte économique, on est un petit peu plus hésitant, on va regarder les prix.
01:56Il y a aussi une offre qui est de plus en plus développée et donc on a plus de choix, on va peut-être prendre davantage de temps à comparer les offres.
02:03Oui, nos clients qui viennent ou qui vont sur les sites maintenant en agence, en général, ont été sur pas mal de plateformes, ont regardé plein de choses, sont parfois un peu perdus justement,
02:13parce que dans notre secteur, c'est vrai que le critère de prix est important, mais on a quand même du mal à s'y retrouver, je suis d'accord avec vous, on essaie de faire des efforts.
02:23Tout ça est dû au yield, à la façon dont sont affichés les prix aussi, qu'est-ce que ça inclut, qu'est-ce que ça exclut, etc.
02:29Donc c'est vrai que c'est un peu une jungle et au final, on récupère des clients qui ont bien sûr été se renseignés en amont, mais qui ont quand même besoin d'être accompagnés et éclairciés, c'est ça notre rôle.
02:39Alors, si on prend le mois de juillet, puisque ça y est, il est derrière nous, on peut déjà faire un premier bilan, il n'est pas terrible quand même, on a moins de réservations, c'est ça que les étés précédents ?
02:48Alors, le mois de juillet, on compare généralement au mois de juillet précédent, déjà le mois de juillet précédent, si vous vous rappelez, il y avait quand même les Jeux Olympiques qui floutaient en fait les résultats de juillet 2024,
03:01parce que c'était compliqué de comprendre, ça a démarré le 15 juillet et après on est rentré dans quelque chose de plus traditionnel.
03:07Oui, vous avez raison, le mois de juillet qui s'est terminé il y a peu de temps, montre qu'il y a quand même une baisse globale, chez nous elle est à peu près de 5% par rapport à l'année dernière,
03:18nous ça veut dire les agences de voyage, l'intermédiation, sachant que nous vendons pour moitié la France, pour moitié l'étranger, contrairement à ce qu'on peut avoir en tête,
03:26et effectivement il y a une baisse globale à peu près de 5%, on peut en déterminer ou en tout cas avoir une idée des raisons.
03:34Les dépenses quand même, elles se maintiennent, ça veut dire qu'une des interprétations possibles c'est qu'il y a moins de personnes qui partent,
03:42mais les personnes qui partent sont celles qui ont du pouvoir d'achat et donc ils continuent de dépenser.
03:45Oui, ou alors, on l'interprète aussi puisqu'on voit qu'effectivement le panier moyen ne baisse pas, même augmente un peu,
03:52alors que le nombre de clients est inférieur, c'est aussi le prix des prestations qui augmente,
03:58et notamment des billets d'avion qui ont tendance à rester assez élevés, même s'ils étaient très élevés après le Covid,
04:04et qu'on a vu une petite baisse quand même cette dernière année, il y a quand même un montant des prix des billets d'avion qui reste élevé,
04:10et je regardais avant de faire l'émission le prix sur les Antilles par exemple, c'est très prohibitif,
04:15on voit bien qu'il y a moins de touristes qui partent aux Antilles là cet été parce que les prix, même en classe éco, sont très élevés,
04:21donc oui, il y a moins de touristes, un peu moins que l'année dernière,
04:25et le panier moyen reste élevé, en tout cas ne flanche pas, parce qu'effectivement on a des gens qui gardent un pouvoir d'achat,
04:33heureusement, mais une des raisons de la baisse c'est quand même la baisse du pouvoir d'achat,
04:37ça c'est important de l'avoir en tête, surtout quand on va dans le détail de ce qui est consommé sur place,
04:43et l'augmentation, en tout cas le prix des prestations reste élevé.
04:46– Valérie Bonnette, sur les destinations, un focus peut-être plus particulièrement sur les Etats-Unis,
04:51où on voit que ça baisse, est-ce que c'est un effet Trump ?
04:54Et sur la Méditerranée, qui est d'ordinaire plébiscité,
04:59bon, il y a moins de monde aussi, c'est quoi ?
05:01C'est la météo, c'est le réchauffement climatique ? Les Etats-Unis d'abord ?
05:03– Les Etats-Unis, on a été très interrogés au tout début, à l'élection Trump, l'incident du bureau Oval,
05:07on a dit oui, on a vu tout de suite un fléchissement qui se confirme,
05:11donc oui, il y a un effet entre guillemets Trump,
05:13après, on ne va pas dire ça pendant cinq ans,
05:17mais oui, il y a moins 20%, en tout cas dans nos chiffres,
05:20moins 20% de fréquentation à date par rapport à l'année dernière.
05:23Donc clairement, les Etats-Unis ont pâti ou pâtissent de leur image, on va dire, globale,
05:30pas forcément les Américains ou en tout cas la destination,
05:33parce qu'évidemment les destinations n'ont pas changé,
05:35mais l'envie du Français d'aller contribuer, on va dire, à l'économie américaine,
05:40au bénéfice, on le voit, du Canada, alors sur le long courrier,
05:45ce qu'on appelle le long courrier chez nous, oui, d'autres régions du monde, l'Asie, le Canada.
05:49– Sur la Méditerranée, comment vous expliquez cette tendance ?
05:52– La Méditerranée, la tendance, elle est globale au fléchissement,
05:56donc on le voit aussi sur le pourtour méditerranéen,
05:59alors après on a à nous un palmarès quand même, qui est la France,
06:02mais de toute façon derrière l'Espagne, la Grèce, la Tunisie, le Maroc,
06:08qui baisse un peu chacun, mais c'est la répercussion de la baisse globale,
06:12il n'y a pas une raison particulière.
06:14La Tunisie, le Maroc par exemple, qui baisse un petit peu là,
06:17mais qui ont repris des couleurs par rapport à l'après-Covid,
06:20donc on retrouve le palmarès habituel honnêtement,
06:23mais un petit peu moins pour chacun.
06:25– Les formules all-inclusive, elles ont toujours autant de succès,
06:27ou vous observez aussi qu'on va faire des économies
06:30en prenant peut-être des formules un peu plus à la carte ?
06:32– Ça, alors je ne sais pas si on fait des économies
06:34en prenant des formules à la carte, mais un, le forfait global.
06:37– Faisant des sacrifices.
06:38– Voilà, le forfait global a tendance à un tout petit peu diminuer
06:41au bénéfice dû à la carte, le français veut évidemment
06:44quelque chose qui corresponde à son envie particulière,
06:47ce que l'on remarque par contre sur le territoire français notamment,
06:50c'est que les clients partent quand même, on dit que ça baisse,
06:53on voit beaucoup dans le reportage, on dit on a moins de clients en France.
06:56Pas forcément, mais en tout cas ils consomment,
06:58une fois qu'ils ont pris le déplacement et l'hébergement,
07:01ils font vraiment, vraiment, vraiment des arbitrages
07:03sur les dépenses annexes, c'est-à-dire le restaurant, etc.
07:05– Bon, l'été n'est pas terminé,
07:07quelles projections vous faites sur le mois d'août ?
07:09Il y a quand même déjà moins de réservations
07:11que l'année dernière, encore une fois.
07:12– Alors vraiment, vous venez de le dire,
07:13aucune projection de façon certaine,
07:15on est au tout début du mois d'août,
07:17on l'a dit au début de l'interview,
07:19il y a des réservations qui se font en dernière minute,
07:22et pas mal on le voit en ce moment,
07:23en fonction de la météo aussi,
07:24et on voit que la canicule va peut-être aussi favoriser
07:28des régions qui ont un peu pâti de la baisse,
07:30notamment à l'ouest,
07:31et donc l'été n'est pas terminé,
07:33c'est vrai que la tendance qu'on observe là,
07:35par rapport à l'année dernière à la même date,
07:37c'est aussi une tendance baissière.
07:38– Un été 2025 qui, vraisemblablement,
07:41restera globalement plutôt un mauvais cru,
07:43bon, on fera les comptes à la fin,
07:45qu'est-ce qu'il faut pour relancer les réservations,
07:47pour terminer là-dessus ?
07:48On sait que vous êtes dépendant de l'économie,
07:51la géopolitique,
07:52donc vous ne pouvez pas tout non plus maîtriser,
07:54mais sur les prix, sur les offres,
07:56il y a des choses à faire,
07:57à moderniser, à innover, à adapter ?
07:59– Alors je redis,
08:00on n'a vraiment pas terminé le mois d'août,
08:02et on a vu l'année dernière
08:03que les bonnes surprises sont arrivées à la fin.
08:05D'abord, l'été aujourd'hui, en France,
08:08on le prend du début juin à la fin du mois de septembre,
08:10vraiment,
08:11c'est une période qui s'est étalée.
08:12– Et on reste en France de plus en plus.
08:14– Et on reste en France,
08:15en tout cas pour moitié à peu près,
08:17des gens qui intermédient.
08:18Et ensuite, les leviers,
08:20comme vous le disiez,
08:21c'est plus d'attractivité,
08:23la valeur,
08:25faire des choses plus sophistiquées,
08:26et un accueil avec un retour sur investissement.
08:29– Merci beaucoup d'être venu nous parler de tout ça ce matin.
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