00:0018h45, c'est l'heure d'un premier bilan de la saison touristique.
00:04C'est début déjà la fin du mois de juillet.
00:06Les professionnels du tourisme, hôteliers et restaurateurs font grise mine.
00:10Les touristes manquent, c'est ce qui ressort d'une étude PAP, vacances,
00:14avec plus de 14% de progression en 2025.
00:17L'Espagne devance même la Côte d'Azur en termes de volume de demande.
00:21On vous retrouve en direct, Anne Boisiz, en direct de Marseille.
00:24Est-ce qu'on ressent sur la Côte déjà cette baisse de fréquentation touristique ?
00:32Oui, effectivement, le compte n'y est pas pour ce bilan de mi-saison.
00:36On est entre 15 et 30% de moins pour ce mois de juillet,
00:40avec un fort ralentissement depuis le 14 juillet.
00:43C'est en tout cas ce que nous a expliqué le président de l'UMI en région Provence-Alpes-Côte d'Azur.
00:48Ce représentant des professionnels de l'hôtellerie et de la restauration
00:51explique cela par le surtourisme.
00:54A force d'en parler, finalement, cela finit par éloigner les touristes.
00:58Autre raison aussi qu'il met en avant pour expliquer cette saison qu'il décrit comme décevante,
01:03c'est la météo, encore la baisse du pouvoir d'achat.
01:06On va en parler directement avec vous, Samuel Ponson.
01:09Vous êtes le responsable d'un restaurant italien situé à quelques pas du Vieux-Port.
01:14Pour vous, comment est-ce que ça se déroule cette saison en ce moment ?
01:17Nous, c'est vrai qu'on a eu une baisse de fréquentation qu'on n'attendait pas,
01:20puisqu'on a eu un gros mois de mai, c'est-à-dire un gros démarrage de saison.
01:23Et puis, d'un coup, avec juin, la canicule, etc., les fortes chaleurs qu'il y a eu,
01:27il y a eu une grosse baisse, donc on ne s'y attendait pas.
01:29Mais voilà, moi, après, personnellement, on va dire, en tant que gérant,
01:32j'essaye de m'adapter en adaptant mon effectif au niveau du personnel
01:36et aussi en adaptant mes quantités de commandes,
01:39de réduire un peu peut-être, s'adapter à la clientèle qu'on a
01:42et au nombre de personnes qu'on reçoit chaque jour.
01:45Et comment est-ce que vous appréhendez la suite ?
01:48Est-ce que vous êtes plutôt optimiste, pessimiste pour la suite de la saison ?
01:51Eh bien, alors voilà, on essaie toujours d'être souriant et bien sûr de garder espoir
01:56parce qu'on est quand même en été, c'est quand même les vacances.
01:58On espère que le mois d'août va être meilleur
02:00et que pas mal de clients vont arriver, des touristes surtout,
02:03puisque l'année dernière, l'été dernier, on a eu vraiment 60% de touristes
02:07au niveau de la clientèle étranger.
02:08Donc voilà, on espère que ça va augmenter.
02:11Après voilà, comme ça va faire depuis deux mois quand même que c'est plus ou moins en baisse,
02:16je n'ai pas non plus de grands espoirs.
02:18Mais voilà, quand même, j'espère que le mois d'août va peut-être relancer la saison
02:22et puis repartir sur une belle saison d'été.
02:24Merci beaucoup Samuel.
02:25Donc vous l'avez entendu, un peu d'inquiétude du côté des restaurateurs,
02:30du côté de l'hôtellerie et bien même son de cloche,
02:32puisque ce sont environ jusqu'à 44% de baisse de réservation
02:39qui ont été enregistrées pour les hôtels en région Provence-Alpes-Côte d'Azur.
02:43Merci Anne.
02:44Anne Bouaziz à Marseille avec Nordine.
02:46Ali Saïd, notre invité Thierry Marx, président de l'UMI,
02:50l'Union des métiers de l'hôtellerie et de la restauration.
02:53Vous avez au sein de l'UMI des indicateurs qui vont dans le même sens
02:56sur ce premier bilan d'une saison touristique ?
02:59Exactement. C'est vrai que l'attractivité de la France est toujours là.
03:02Le touriste est là, mais avec un pas de pouvoir d'achat.
03:06Donc on voit bien qu'il y a des arbitrages ou l'hébergement,
03:11le transport ou la restauration.
03:13Effectivement, la restauration paye très cher ce manque de pouvoir d'achat.
03:18Et on voit bien aussi que la concurrence de nos voisins,
03:21l'Espagne, l'Italie, le Maroc aussi,
03:24sont des destinations qui sont regardées parce que plus attractives, moins chères.
03:28Et c'est vrai que nos entreprises ont des coûts de production très élevés en France
03:32et par moment, nos prix ne sont pas très attractifs.
03:35Il faut savoir regarder ça en face.
03:37Alors qu'est-ce qu'il faudrait faire ?
03:39Qu'est-ce que vous préconisez pour essayer de redresser la barre ?
03:41Je crains que ce ne soit pas conjoncturel, c'est structurel.
03:45On voit bien que nos coûts de production sont très élevés,
03:48coûts de matière première, coûts d'énergie,
03:51coûts de notre personnel qui, pour le temps, est payé à sa juste valeur,
03:55mais pas suffisamment.
03:56Donc on a des coûts de production qui sont très élevés
04:00et finalement des prix qui sont des fois un peu plus hauts
04:02que nos concurrents, que nos voisins.
04:04Donc il va falloir regarder ça dans le détail
04:06pour que la France reste un pays attractif.
04:08Et aujourd'hui, la concurrence est très rude.
04:11Alors vous parlez de problèmes structurels.
04:12En même temps, on est face à une équation budgétaire extrêmement compliquée.
04:16Le Premier ministre qui a annoncé sa volonté de supprimer deux jours fériés.
04:20J'imagine que pour le secteur de la restauration notamment,
04:23c'est peut-être du manque à gagner,
04:25dans le sens où ce sont des périodes où les Français se retrouvent,
04:28partent peut-être pour des week-ends.
04:29Est-ce que ça vous inquiète ?
04:31Alors bien sûr que ça nous inquiète, c'est très discuté,
04:32parce qu'en fonction de votre lieu professionnel,
04:37que ce soit sur la zone littérale ou sur la zone montagne,
04:39Bien sûr, sur les zones touristiques.
04:40Vous allez perdre en attractivité.
04:42Par contre, si vous êtes en milieu urbain,
04:44le fait qu'il n'y ait pas des ponts, comme on dit, à rallonge,
04:47peut vous permettre de garder une clientèle.
04:50Donc effectivement, ce n'est quand même pas un bon signe envoyé.
04:53On l'a évoqué dans la réunion interministérielle de la semaine dernière.
04:58Mais surtout que le Pâques est un jour marquant du démarrage de la saison.
05:06Donc voilà, je pense qu'il faut regarder ça de très très près.
05:10En tout cas, on ne s'est pas prononcé trop durement là-dessus,
05:13mais il y a quand même un manque à gagner pour l'hôtellerie et restauration
05:17qui va être assez important.
05:19Alors parmi les thématiques qui vous concernent directement,
05:21il y a la défiscalisation des pourboires,
05:24notamment qui a été prolongée jusqu'à la fin de l'année.
05:26Ça, c'est plutôt une bonne chose.
05:28Ça, c'est plutôt une bonne chose.
05:30Mais ça veut dire que Bercy regarde ça de très près.
05:33Donc ce que l'on craint, c'est que déjà, ça fait partie de l'attractivité
05:37de nos métiers de service.
05:38Et c'est une récompense un peu pour l'hospitalité que produisent nos salariés.
05:45Fiscaliser cela, finalement, ce serait extrêmement punitif.
05:50Je dis bien punitif pour nos salariés.
05:53J'ai traversé une rue dans Paris.
05:55Il y a deux cafetiers qui m'ont interpellé.
05:57Il faut défendre ça.
05:58C'est vrai que le pourboire, le sourire, l'hospitalité,
06:03c'est un petit plus.
06:04Surtout que c'est un petit plus qui, certes, n'était pas fiscalisé,
06:06n'est pas fiscalisé, mais qui est redépensé par le salarié
06:10et au travers de TVA et autres.
06:12Donc à un moment donné, il est finalement fiscalisé.
06:15Mais on voit bien qu'aujourd'hui, même le client dit
06:18« Ben non, si c'est fiscalisé, alors je ne vais pas encore payer un impôt sur le sourire. »
06:22Vous avez publié une tribune il y a quelques jours dans Les Echos.
06:25Un cri, un appel au secours.
06:27Au fond, vous dites 25 restaurants fermes par jour en France.
06:30Oui, c'est le chiffre officiel.
06:33On n'invente rien en disant ça, on travaille avec les tribunaux de commerce
06:37et on voit bien qu'aujourd'hui, 25 restaurants ferment par jour,
06:40alors pour des raisons diverses et variées, je vous l'accorde.
06:42Mais le problème, il est souvent lié à la même chose,
06:46augmentation des coûts et l'explosion du coût d'énergie en 2023,
06:50même si cette énergie est retombée.
06:52Finalement, le remboursement des PGE, des prêts garantis par l'État,
06:55finalement, la moindre zone de turbulence,
06:57quand vous faites à peine 2% de marge,
07:00la moindre zone de turbulence économique termine l'entreprise.
07:04Et ça, c'est quelque chose que nous constatons.
07:07Et c'est dur parce que ceux qui ferment sont bien souvent ceux qui faisaient du fait maison,
07:12qui montraient une jolie image du bistrot, du bouillon, de la haute gastronomie,
07:18qui montraient une jolie image de l'attractivité française au travers de sa gastronomie.
07:22Et quand on a des établissements de cette qualité,
07:24et notamment au milieu rural qui ferme,
07:26eh bien, c'est une vraie inquiétude sur le fond.
07:29Et encore une fois, on est inquiet parce que c'est toute l'image
07:33et l'attractivité de cet emblème qu'est la gastronomie française.
07:37En termes de main-d'oeuvre, on a beaucoup parlé post-Covid de la difficulté,
07:40notamment pour les restaurants, d'attirer la main-d'oeuvre.
07:43Est-ce que ça va mieux de ce point de vue-là ?
07:45Ou ça reste une vraie difficulté pour les secteurs de la restauration ?
07:48C'est paradoxal.
07:49C'est-à-dire qu'on peine toujours à difficulté à recruter.
07:52Il manque 200 000 postes, mais ce n'est pas propre à la restauration.
07:55Si vous prenez les métiers de la santé, les métiers de la logistique,
07:58les métiers de la grande distribution, ils peinent tous à recruter.
08:01Nous, on a fait des efforts, vraiment.
08:03On a travaillé sur la mobilité de nos salariés.
08:06On a travaillé sur le logement, qui était un frein premier emploi.
08:09On l'a défendu à l'UMI avec Action Logement,
08:11en disant un toit, un emploi.
08:13Et puis, on a travaillé sur la revalorisation des salaires,
08:16notamment grâce à l'UMI et au GNC.
08:19On a pu faire revaloriser le salaire de l'apprenti,
08:21mais aussi de regarder la grille des salaires avec les partenaires sociaux.
08:25Donc, tout ça est dans une forme de recherche d'attractivité,
08:30mais on peine toujours à recruter.
08:32Et puis, il y a aussi l'impact démographique
08:33qui, aujourd'hui, se fait sentir aussi dans nos métiers.
08:36Alors, on a un sentiment que les restaurateurs ont été peut-être épargnés,
08:39vous allez me dire ce que vous en pensez,
08:41sur la question des terrasses et le droit de fumer en terrasse.
08:44Au moment où il y a eu de nouvelles mesures qui ont été prises,
08:46beaucoup plus restrictives,
08:47on pense notamment à l'interdiction de fumer sur les plages ou devant les écoles.
08:50Ça, c'est quelque chose qui vous inquiète.
08:52Vous dites, à terme, ça va à nouveau impacter,
08:55peut-être, la fréquentation des terrasses dans les bars ou les restaurants ?
09:00Je ne crois pas à ça.
09:03Je pense que les gens prennent conscience de l'impact de la santé publique.
09:06Donc, les gens se régulent assez facilement.
09:09On aurait aimé un peu plus de dialogue sur le sujet.
09:12On nous l'impose.
09:13Par contre, il y a l'ouverture de terrasses sauvages,
09:17non contrôlées, sans licence, bien souvent.
09:19Il y a aussi des ouvertures, des fois données par les mairies,
09:23qui sont des ouvertures sauvages,
09:24qui viennent pénaliser les professionnels qui payent leurs taxes et leurs impôts.
09:27Je vois aujourd'hui, et j'étais en Dordogne très récemment,
09:30un marché, puis finalement, le maire de la ville donne une licence d'exploitation
09:34pendant 48 heures ou 72 heures, 300 et quelques couverts.
09:39Et finalement, les restaurateurs, les cafetiers autour,
09:42ne peuvent pas utiliser leur outil de travail.
09:44Ils sont très pénalisés.
09:45Donc, tout ça, ça m'inquiète beaucoup plus,
09:46cette espèce de dérégulation et des contrôles
09:50qui font que tout le monde se croit un petit peu restaurateur.
09:53Je vois aujourd'hui même des petites supérettes
09:56ou de la grande distribution qui se mettent à faire des terrasses assises
09:59avec des plats à réchauffer.
10:01C'est un peu inquiétant et ça abîme beaucoup l'image.
10:03Donc, à quand une loi sur le fait maison qui protégera le mot restaurant
10:08et qui protégera l'artisanat des métiers de bouche ?
10:11Un dernier mot rapidement.
10:12Vous êtes très populaire auprès des Français.
10:14On est fin juillet, c'est des vacances.
10:16Qu'est-ce que vous avez envie de leur dire en termes d'habitude ou de consommation ?
10:23J'ai envie de leur dire, dans ces moments-là,
10:26j'ai envie qu'en tant que citoyen, je pourrais dire,
10:28pas en tant que président de l'UMI, mais restons positifs, allons de l'avant.
10:30Ce pays n'est pas mort.
10:32Donc, allons-y.
10:34Croyons en nous.
10:35C'est une belle conclusion.
10:36Merci beaucoup Thierry Marx d'avoir été sur ce plateau dans BFM Story.
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