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Regardez Les auditeurs ont la parole avec Pierre Herbulot du 06 août 2025.
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00:00Les auditeurs ont la parole, avec Pierre Herbulot.
00:02On est ensemble jusqu'à 14h pour discuter, débattre de l'actualité et Dylan est avec nous.
00:09Bonjour Dylan.
00:10Bonjour.
00:11Vous êtes pompier volontaire, évidemment on va revenir ensemble sur cet incendie qui ravage le département de l'Aude.
00:17Ce que vous dites c'est que le feu n'arrive jamais par hasard ?
00:21Exactement, le feu n'arrive jamais par hasard.
00:23C'est-à-dire que vous sous-entendez qu'il y a une origine humaine dans la plupart du temps ?
00:27Forcément une origine humaine, que ce soit due à la pollution avec les canettes ou autre qui est sur le sol du territoire national
00:36ou même des mégots jetés malencontreusement par d'autres personnes et due au réchauffement climatique.
00:42Absolument, merci Dylan. On se retrouve tout à l'heure pour en parler juste après le journal de Benjamin Petrovert.
00:46Bonjour Benjamin.
00:47Bonjour Pierre, bonjour à tous.
00:48L'incendie, on va justement en parler. Les pompiers s'affairent pour venir à bout de ce feu monstre dans l'Aude.
00:53Les flammes ont déjà parcouru 13 000 hectares, fait un mort, plusieurs blessés.
00:58Nous irons dès le début de ce journal à Taizan-des-Corbières au sud de Narbonne.
01:01Les feux sont aux portes du village.
01:04Le suspect en garde à vue pour avoir éviscéré un homme près d'Amiens passe aux aveux.
01:08Selon ses premières déclarations, il ne connaissait pas la victime de ce meurtre barbare.
01:12Les premiers éléments de l'enquête dans cette édition.
01:15Dans l'actualité également, les pharmacies en pénurie de Kétiapine,
01:18un médicament essentiel contre les troubles psychiatriques.
01:21Le nouveau président polonais nationaliste qui prête serment et la déception des militantes pro-IVG.
01:27Et puis du foot, au PSG, les vacances sont finies.
01:30L'entraînement a repris ce matin.
01:34La France n'avait pas connu d'incendie d'une telle ampleur depuis 20 ans.
01:39L'Aude est traversée depuis hier par les flammes.
01:411 800 pompiers sont à pied d'oeuvre et peine à en venir à bout.
01:45On déplore un mort, 9 blessés, 13 000 hectares traversés par les feux.
01:49Le Premier ministre François Bayrou et le ministre de l'Intérieur Bruno Retailleau sont attendus sur place dans l'après-midi.
01:55Pour faire le point, nous allons tout de suite retrouver dans l'Aude Valentin Boisset.
01:58Bonjour Valentin.
02:00Bonjour.
02:00Vous vous trouvez à Tézans-des-Corbières au sud de Narbonne.
02:04C'est l'un des derniers villages du massif qui n'a pas encore été évacué.
02:07Et vous êtes avec les habitants.
02:09Les flammes sont aux portes des villages.
02:10Oui, plus précisément au niveau du terrain de Baltrap, un peu au-dessus de la commune.
02:17On voit des fumées s'en échapper.
02:19C'est à quelques centaines de mètres que les habitants se massent dans les rues.
02:23Ils reçoivent actuellement l'ordre de ne pas bouger.
02:26Dans les rues, ils surveillent quatre foyers qui entourent près de la moitié de la commune.
02:30Les pompiers se rechargent en eau ici, comme me l'ont expliqué ces deux habitantes.
02:35Ils freinent de l'eau à toutes les pompes du village.
02:37Ils se servent.
02:38Donc ils mettent 14 000 litres chaque fois.
02:40Hier soir, il y a eu une pandémie d'électricité et de réseau de téléphone.
02:44Mais toute la partie sud, c'est en feu.
02:46On est un peu encerclés, nous.
02:47Là, je vous ai croisé.
02:48Vous êtes dans la rue.
02:49Vous essayez un peu de prendre des nouvelles les uns aux autres.
02:51C'est ça.
02:52Exactement.
02:52Voilà.
02:52Si des personnes ont besoin de soutien au niveau du moral et tout, on essaye de le faire.
02:58Alors, pour l'heure impossible de continuer la route plus loin vers les autres villages,
03:01car les pompiers sont à pied d'oeuvre dans la commune voisine de Durban, qui a quant à elle été évacuée hier.
03:07Alors, la circulation est également impactée, Valentin.
03:10D'ailleurs, pour vous rendre sur les lieux, vous avez dû affronter des bouchons monstres sur la 9.
03:14C'est une route très prisée en ce moment des vacanciers.
03:17Oui, grande, grande pagaille.
03:19Bien, parce que cette coupure de l'autoroute à 9 coupe l'accès à l'Espagne, à Barcelone notamment.
03:24Résultat, des centaines de semi-remorques attendent sur les bas côtés ou dans les aires d'autoroute.
03:29Toute la rocade de Narbonne est actuellement congestionnée.
03:33Il est donc recommandé vivement de différer vos déplacements face à ces bouchons gigantesques.
03:38Et présence également à vous, Valentin Boisset, en direct pour RTL depuis l'Aude.
03:43Alors, on va maintenant faire le point sur la situation actuelle avec vous, Vincent Serrano.
03:46On parle désormais de 13 000 hectares parcourus par les flammes.
03:50Les feux restent-ils toujours actifs ?
03:52La révolution est très rapide.
03:54Attisée par les vents, toujours forts au-dessus du massif des Corbières.
03:57L'incendie progresse toujours à une vitesse de 6 km heure.
04:00Et la surface calcinée continue de grimper, laissant derrière elle des paysages lunaires gris.
04:04Encore fumant, les efforts des pompiers se concentrent ce matin sur deux points.
04:08Le village de Roquefort des Corbières, que le feu a atteint avant l'aube,
04:11et juste derrière, l'autoroute à 9.
04:14On vient d'en parler, coupé dans les deux sens de circulation.
04:16Si les flammes la traversent, il sera beaucoup plus difficile aux pompiers de circuler.
04:20Les communes encore derrière, notamment celles très touristiques de La Palme, sont en danger.
04:24Le dispositif des soldats du feu est colossal de toute façon.
04:27Pour l'éviter, 4 canadaires, 2 dashes et un hélicoptère bombardier d'eau
04:30ont repris leur rotation depuis 7h du matin.
04:33Ils seront renforcés d'ici peu par la mobilisation de la totalité du dispositif national de lutte contre les incendies.
04:399 canadaires et 5 dashes au total.
04:41Près de 2000 pompiers, 600 engins en action au sol.
04:45La surface brûlée par cet incendie est maintenant plus grande que la superficie de la ville de Paris.
04:50Le bilan humain provisoire, un mort, une personne disparue et 9 blessés, dont un en urgence absolue.
04:55Mais ces jours ne sont plus en danger.
04:57Le bilan matériel lui aussi est très provisoire.
04:5915 villages, 25 habitations touchées par les flammes et une trentaine de véhicules calcinés.
05:04De 2500 foyers sont actuellement privés d'électricité.
05:07Vincent Serrano, merci.
05:09J'ajoute que la mairie de Ribot lance et relaie un appel à témoins.
05:13Deux enquêtes sont ouvertes pour comprendre l'origine de l'incendie.
05:16Toutes les informations sur ce feu, elles sont à retrouver sur le site rtl.fr et l'application RTL.
05:23Jusqu'à 13h.
05:25RTL midi.
05:26C'est une information que RTL vous a révélée ce matin.
05:29Le suspect en garde à vue pour avoir éviscéré un homme près d'Amiens passe aux aveux.
05:33Et l'on parle là d'un meurtre des plus sordides.
05:35Le cadavre atrocement mutilé avait été découvert en début de semaine dans un parc de Pont de Metz, une commune voisine.
05:42Il s'agit maintenant de faire la lumière sur le mobile.
05:45Planar Adénovitch, bonjour.
05:46Bonjour.
05:47Le suspect en garde à vue reconnaît les faits, mais il affirme ne pas connaître la victime.
05:51Oui, c'est ce que le jeune homme de 27 ans a dit aux enquêteurs.
05:54Il ne connaît pas la victime.
05:55Pourtant, ce dernier, un homme âgé de 32 ans et le mis en cause, vivait dans le même quartier d'Amiens, tout près du parc où le crime a été commis.
06:04Donc, même si le jeune homme a reconnu les faits en garde à vue dès hier soir, le mystère subsiste quant au mobile de ce meurtre sordide.
06:11Le parquet d'Amiens a indiqué poursuivre ses investigations sur les raisons qui ont conduit au passage à l'acte.
06:17A ce stade, l'hypothèse d'un règlement de compte lié aux stupéfiants est écartée, puisque ni le suspect ni la victime ne sont connus de la justice.
06:25Les enquêteurs de la police judiciaire continuent d'interroger le jeune homme lors de la garde à vue, qui peut durer au maximum jusqu'à demain matin.
06:32La Naradenovitch du service police-justice de RTL.
06:35Alerte au manque de kétiapine.
06:38Ce médicament est utilisé pour soigner les malades souffrant de schizophrénie et bipolarité.
06:43L'Agence nationale de sécurité du médicament tire la sonnette d'alarme.
06:47Il sera très dur d'en avoir avant la mi-septembre, minimum.
06:51Mathilde Piquet, bonjour.
06:52Bonjour.
06:52Est-ce un médicament essentiel contre les troubles psychiatriques qui se trouvent à pénurier aujourd'hui ?
06:57Oui, près de 3 millions de boîtes de kétiapine sont vendues chaque année pour environ 200 000 patients.
07:02C'est donc un traitement fréquent et les difficultés d'approvisionnement sont lourdes de conséquences.
07:07Antoine Pellissolo est le chef du service de psychiatrie à l'hôpital Henri-Mondor de Créteil.
07:11Ça peut occasionner des rechutes en quelques jours.
07:14D'états très dépressifs, suicidaires ou d'états délirants.
07:17C'est à chaque fois beaucoup de stress chez des patients qui sont fragiles.
07:20Les traitements, c'est vraiment du cas par cas.
07:22La patiente est sensible à une prescription précise et pas à une autre.
07:26Quand on ne peut pas maintenir cette équilibre-là, c'est souvent très problématique.
07:30Selon l'Agence de sécurité du médicament, ces difficultés d'approvisionnement sont liées à un retard de conditionnement dans un laboratoire.
07:37Théoriquement, il y a encore un peu de stock, mais dans les faits, les tiroirs sont vides.
07:41Alors Fabrice Camayoni, pharmacien dans les Ardennes, doit trouver des alternatives.
07:46Vous pouvez avoir dans un autre laboratoire, c'est une autre boîte.
07:48On peut confondre, penser que ce médicament-là, c'est un médicament en plus.
07:53Et comme il reste un petit pied de stock à la maison d'un autre laboratoire,
07:56on a déjà vu des patients qui ont pris des deux médicaments, qui ont doublé les doses.
08:00Les pénuries de psychotropes sont récurrentes.
08:02En avril dernier, les professionnels alertaient déjà sur des ruptures de stock persistantes pour 14 substances.
08:08Mathilde Piquet du service Économie de RTL.
08:11Et vous, est-ce que vous avez du mal à trouver des médicaments en pharmacie ?
08:14Ça vous inquiète ? On en parle au 3210 juste après le journal.
08:17Imad attend vos appels au standard.
08:19« Casser les ghettos de riches », Éric Piolle s'explique après cette phrase qui a fait bondir certains de ses habitants.
08:25Et c'est sur RTL que le maire de Grenoble tente de calmer les esprits.
08:29Son intention est, dit-il, de développer du logement social dans les quartiers où il n'y en a pas.
08:33Il était ce matin sur RTL, on l'écoute.
08:35Nous disons aux promoteurs que nous allons fixer un taux de logements sociaux qui dépend du nombre de logements sociaux déjà présents dans le quartier.
08:43Donc, s'il y a moins de 5% de logements sociaux, effectivement, il faut faire 45% de logements sociaux dans les nouvelles opérations.
08:49Ça permet de développer une offre de logements qui permettra à tout le monde de se loger un petit peu partout et donc de se mélanger.
08:55Et aussi de se mélanger à l'école, comment on arrive à avoir une mixité de population à l'école.
09:01Le maire de Grenoble invité ce matin de Vincent Derosier.
09:03Et ça aussi, on va en parler avec les auditeurs tout à l'heure.
09:06Cette mixité sociale prônée par l'élu écologiste, fonctionne-t-elle vraiment ?
09:10On attend vos avis, vos réactions au 3210.
09:13L'actualité à l'étranger, Steve Witkoff à Moscou, l'envoyé de Donald Trump,
09:18est en ce moment même au Kremlin en tête-à-tête avec Vladimir Poutine.
09:22Ultime tentative pour obtenir une issue à la guerre en Ukraine,
09:25à quelques jours de la fin de l'ultimatum lancé par Donald Trump.
09:28La Pologne d'abord, les Polonais d'abord.
09:31Tel est le slogan de Karol Nawrotsky, le nouveau président polonais.
09:36Investi ce matin, il a prêté serment devant les deux chambres du Parlement réunis
09:39et débute un mandat pour 5 ans.
09:42Mais son profil d'extrême droite proche du voisin hongrois Orban inquiète.
09:46C'est le cas notamment pour ces femmes qui militent depuis des années pour un accès à l'avortement.
09:50Avec lui, peu de chances de progrès dans un pays aux lois anti-HVG,
09:54parmi les plus rigides d'Europe.
09:56Le reportage d'Adrien Sarlat, correspondant d'RTL en Pologne.
09:59Lorsqu'elle a appris l'élection de Karol Nawrotsky à la tête du pays,
10:02Natalia a vu ses espoirs s'envoler.
10:05Dans le centre de consultation pour l'avortement qu'elle a cofondé,
10:08tout le monde l'a compris.
10:09Le nouveau président opposera son veto à toute tentative de libéraliser l'accès à l'IVG en Pologne
10:14ces cinq prochaines années.
10:15On est déjà sûr à 100% qu'il n'y aura pas de décriminalisation de l'IVG.
10:21Je pense qu'on doit se préparer au pire,
10:23car c'est un président plus proche de l'extrême droite que le précédent.
10:28Mais sa collègue Emilia espère que l'arrivée au pouvoir de ce nouveau chef de l'État conservateur
10:33permettra au moins d'alerter sur la situation des Polonaises à l'international.
10:38Notre fondation ne reçoit plus de dons, car les ONG et les autres pays pensent
10:41qu'on a un gouvernement libéral avec Donald Tusk.
10:43Et bien maintenant, on a la confirmation que ce n'est pas le cas,
10:46et j'espère que ça jouera en notre faveur.
10:48Chaque année, leur collectif aide 47 000 femmes à accéder à l'IVG en Pologne,
10:52tandis que le gouvernement ne recense que 800 avortements dans les hôpitaux du pays.
10:56Le reportage d'Adrien Sarla.
10:59Le recueillement à Hiroshima, 80 ans après l'explosion de la bombe atomique,
11:03une minute de silence a été observée à 8h15 précisément.
11:07C'est l'heure où l'ogive a été larguée ce 6 juillet 1945.
11:10L'occasion pour le Premier ministre japonais d'appeler à un monde sans armes nucléaires.
11:15Vous êtes nombreux à profiter des vacances, mais au PSG, c'est déjà la rentrée.
11:20Et oui, les joueurs ont entamé ce matin le premier entraînement à Poissy,
11:23après une saison à rallonge et un congé très court.
11:26Bonjour Mourad Jabari.
11:27Bonjour.
11:28L'entraîneur Louis-Henriquet va devoir trouver les mots justes pour mobiliser ses troupes.
11:32Oui, pour raviver la flamme après une saison harassante, 65 matchs joués,
11:36toutes compétitions confondues, un record pour une équipe européenne.
11:39Et surtout, ces joueurs ont tout gagné, dont le trophée ultime, la Ligue des champions.
11:44Mais pour Luis Fernandez, joueur et entraîneur historique du club,
11:47les Parisiens reviennent avec le couteau entre les dents.
11:49Là, ils n'ont qu'une seule motivation, c'est de leur dire aux autres,
11:52ce qu'on a réalisé la saison dernière, ce n'était pas un accident.
11:54Ce n'était pas du tout un accident, on l'a réalisé parce qu'on a su jouer en équipe,
11:59on a su réaliser de belles choses sur le plan technique, sur le plan tactique.
12:02Tu regardes un groupe comme celui-là et je pense qu'on peut y arriver.
12:04Ousmane Dembele doit être bon très vite pour aller chercher le ballon d'or cet hiver.
12:08Désiré Doué et Bradley Barcola doivent confirmer leur statut de pépite du football français.
12:14Mais les joueurs n'ont eu que trois semaines de vacances
12:16et on va très vite savoir s'ils ont eu le temps de se refaire la cerise.
12:19Car la préparation est expresse, les premières rencontres arrivent très vite.
12:23Oui, dès mercredi prochain en Italie à Houdiné avec la Supercoupe d'Europe face à Tottenham.
12:30Et puis les Parisiens vont enchaîner quatre matchs en moins de 18 jours avec la reprise de la Ligue 1.
12:34Finalement, avant mercredi prochain et ce match face aux Anglais,
12:37les joueurs n'ont que six jours de préparation, ce qui est assez inédit pour un club de ce calibre.
12:43Comme d'habitude, Luis Enrique va faire tourner son effectif pour éviter d'épuiser les organismes.
12:48Les joueurs qui ont moins joué la saison dernière seront plus utilisés dans les prochaines semaines.
12:54Et même en vacances, Dembélé et sa bande avaient un programme d'entraînement personnalisé.
12:58Ce matin, ils n'ont pas touché le ballon.
13:00Ils ont réalisé une batterie de tests pour voir où ils se situent physiquement.
13:04Avec une moyenne d'âge de 23 ans, la moyenne la plus basse d'Europe,
13:07le groupe parisien sera assez vite compétitif.
13:09Mourad Jabari, comme quoi il y a des cahiers de vacances pour tout le monde, même les joueurs du PSG.
13:12On est d'accord.
13:14Merci Benjamin Petrovert pour le journal.
13:16On vous retrouve à 18h.
13:17A tout à l'heure.
13:18La météo avec Anthony Kazmarek.
13:21Soleil et température en hausse un peu partout ?
13:23Exactement.
13:24Le seul bémol côté ciel, c'est un petit voile de nuages qui circule d'ouest en est
13:28et qu'on va retrouver cet après-midi entre Grand Est, Bourgogne-Franche-Comté, Auvergne-Rhône-Alpes,
13:32jusqu'au massif central et à la vallée du Rhône.
13:34Peut-être quelques averses en montagne sur la partie centrale des Pyrénées,
13:39voire un orage sur les Alpes côté frontières italiennes.
13:42Et puis les températures, ça y est, ça grimpe.
13:4422 à 28 sur la moitié nord, mais on est encore un peu en dessous des normales.
13:4725 à Paris, 26 à Lille et déjà 28 à 33 degrés sur la moitié sud.
13:5229 à Lyon, 31 à Marseille, 33 à Toulouse et à Nîmes.
13:56Une hausse qui va donc s'accentuer demain.
13:58On pourrait déjà atteindre 37-38 degrés dans le sud-ouest.
14:01On fait un petit point sur l'eau d'un ravagé par les flammes depuis hier soir.
14:04Plus de 12 000 hectares partis en fumée.
14:06Comment ça va évoluer cet après-midi ?
14:08On sait que c'est le vent qui a propagé les flammes.
14:10Oui, notamment la Tramontane, ce vent de nord-ouest très sec qui attise donc les flammes.
14:15Et ce vent va enfin faiblir cet après-midi à 30 km à l'heure en rafale.
14:19Il disparaîtra en soirée.
14:21Demain matin, un temps très calme, pas de vent.
14:23Et puis dans l'après-midi, c'est un vent marin qui va prendre le relais.
14:26Alors vous allez me dire, oui, c'est du vent.
14:27C'est vrai, mais c'est un vent qui est chargé en humidité.
14:30Humidité méditerranéenne.
14:32Donc ce ne sera plus un temps sec.
14:33Ça, c'est une excellente nouvelle.
14:34En revanche, comme il y aura toujours du soleil et qu'il fera très chaud, la vigilance reste de mise.
14:38D'ailleurs, cet après-midi, on a encore 7 départements en vigilance orange-feu de forêt sur tout le pourtour méditerranéen.
14:44Et y compris dans l'Aude.
14:45Donc ce n'est pas le moment de balancer un mégot par la fenêtre.
14:49Évidemment, c'est un conseil de bon sens.
14:50On va en parler avec les auditeurs dans un instant.
14:52On a Yannick, on a Roger, on a Dylan qui sont en ligne.
14:56On va revenir sur ce méga-feu.
14:58Le pire de l'été est l'un des plus gros de ces 30 dernières années en France, juste après ça.
15:03RTL midi.
15:04Les auditeurs ont la parole.
15:05Pierre Herbulot.
15:10Jusqu'à 14h.
15:11Les auditeurs ont la parole sur RTL.
15:13Pierre Herbulot.
15:15On discute, on échange, on débat.
15:18Et on va commencer avec ce feu terrible qui a brûlé déjà 12 000 hectares dans le département de l'Aude.
15:25Poussé par des vents violents jusqu'à 60 km heure, le feu se déplace à une vitesse très rapide.
15:30C'est l'un des pires de ces 30 dernières années, disait mon invité tout à l'heure.
15:34Bonjour Dylan.
15:36Bonjour.
15:37Vous êtes pompier volontaire et vous nous dites que 80% des feux sont déclenchés par l'être humain.
15:43Vous savez de quoi vous parlez puisque vous avez dû en voir quelques-uns.
15:46Oui, très largement.
15:48Dans 90% des cas, les incendies sont causés par l'activité humaine.
15:53Un barbecue mal éteint par exemple, un mégot de cigarette ou un feu allumé malgré les interdictions
15:57ou même des actes volontaires comme de la pyromanie.
16:00Même les feux déclenchés naturellement par la foudre ou autre sont aggravés par le changement du réchauffement climatique.
16:08Bien sûr, il y a eu des tas de sécheresse dans l'eau.
16:12Le sol était extrêmement sec et ça aide les flammes à se propager.
16:17Effectivement, les forêts sont de plus en plus sèches liées aux températures
16:20et l'humain crée donc des conditions idéales pour que tout s'enflamme.
16:25Il faut préserver, c'est ça, les terres agricoles pour limiter la propagation de ces feux
16:29qui seront de plus en plus nombreux avec le réchauffement climatique.
16:31Oui, il faut préserver les terres agricoles au vu du prix de ce que ça coûte.
16:41La France et tout ce qui est viticulture et autres font partie de la France
16:46et si tout cela part en fumée, ça va être très compliqué pour la France,
16:50pour nos agriculteurs au vu du prix que ça coûte.
16:53Et de plus en plus, les assurances derrière, au vu de ces feux,
16:57augmentent les prix et font que la vie devienne chère en France.
17:03Justement, on a un rapport qui a été publié ce matin
17:05qui dit que le coût des catastrophes naturelles au niveau mondial
17:09depuis le début de l'année dépasse les 130 milliards de dollars.
17:14C'est considérable et effectivement, vous l'avez dit,
17:15ça fait grimper les primes d'assurance.
17:18Est-ce qu'il faut sanctionner plus durement les négligences,
17:24les mégots de cigarettes qui se sont jetés à terre ?
17:26Vous parliez de barbecue mal éteint il y a quelques semaines.
17:30Un barbecue mal éteint comme ça, transporté sur une voiture,
17:33a déclenché des dizaines de feux.
17:35Je ne sais pas si vous vous en souvenez.
17:36Est-ce qu'il faut être plus dur en termes de sanctions ?
17:39Oui, les conséquences sont graves.
17:41On est des vies humaines perdues, des forêts détruites et des villages évacués.
17:44Mais au-delà de ça, comme je le disais, c'est la France qu'on brûle.
17:46C'est un feu qui ravage des forêts, des champs, des vignes.
17:50Ce sont nos paysages, nos patrimoines, nos agricultures et autres.
17:52Donc oui, il faut sanctionner plus durement les feux,
17:57les départs de feux créés par l'être humain.
17:58Et vous qui êtes pompier volontaire,
18:00quand on intervient comme ça sur un incendie,
18:03ça change quelque chose psychologiquement
18:05de vous dire que c'est peut-être l'inconscience de quelqu'un
18:08qui vous met en danger en fait ?
18:11Effectivement.
18:12Et puis on ne sait jamais non plus combien de temps on va rester.
18:14On le voit des feux dans l'Aude ou même de la Giron de l'année dernière.
18:18Ça a pris des proportions énormes
18:19pour un simple mégot de cigarette jeté
18:22ou pour un simple bras zéro au billet sur l'autoroute A9 par exemple.
18:26Bien sûr.
18:27Merci beaucoup Dylan d'avoir pris le temps d'échanger avec nous ce midi.
18:30Bonne journée monsieur.
18:31Merci.
18:32Je vais prendre Roger qui nous a appelé au 3210.
18:36On parlait d'inconscience tout à l'heure avec Dylan.
18:40Ce n'est pas forcément de l'inconscience,
18:41ça peut être aussi involontaire les départs de feu.
18:43Bonjour Roger.
18:44Bonjour.
18:45Ça vous est arrivé à vous de mettre le feu involontairement
18:49avec votre moissonneuse-batteuse, c'est ça ?
18:51Tout à fait, tout à fait.
18:52J'ai un roulement qui s'est grippé
18:54et les billes de roulement qui étaient rouges
18:57ont tombé dans un champ de blé moissonné
18:59et ça a provoqué un incendie, bon, pas important,
19:03mais il a fallu faire venir les pompiers.
19:06Et il y avait des roseaux, des arbres autour
19:07et les roseaux de 2 mètres, 3 mètres de haut,
19:10brûlés comme de l'essence.
19:11Ah oui.
19:12Et c'était vers le 14 juillet.
19:14Ah oui, d'accord.
19:14Oui, voilà.
19:15Et j'avais le téléphone, c'est en 1995
19:17et j'avais déjà un radiocom 2000.
19:20Si je n'avais pas eu le radiocom 2000,
19:22un moissonneuse de le brûler.
19:23Alors, je ne connaissais pas celui-là,
19:24mais j'entends bien que c'est ce qui a permis
19:25aux pompiers d'intervenir rapidement, c'est ça ?
19:28Tout à fait, tout à fait.
19:29Mais bon, ça, c'est une chose.
19:32Mais moi, je trouve que tout le monde
19:34se préserve derrière les pouvoirs publics.
19:38Il faudrait qu'ils soient beaucoup plus méchants
19:40et il faudrait qu'il y ait du débroussaillage en amont.
19:43À partir du mois d'avril-mai,
19:46il faudrait débroussailler toutes les parcelles.
19:48Et quand les gens ont fini de moissonner,
19:51il faut faire du déchômage.
19:53Parce qu'un champ de blé,
19:55avec encore des chômes à l'intérieur,
19:56dessus, le feu se propage à une vitesse
20:00comme il s'est propagé dans l'Ordre.
20:03Vous dites qu'il n'y a pas que la sécheresse naturelle,
20:06il y a aussi aux agriculteurs, aux habitants,
20:09de débroussailler autour de chez eux,
20:11de libérer de l'espace ?
20:13Tout à fait, tout à fait.
20:14Moi, je vais vous dire, dans les années 80,
20:16j'allais travailler sur le Var Brignol,
20:19pour ne pas le citer.
20:21Il y avait une propriété
20:23où le matin, à 7h du matin,
20:25il y avait un canon de 10 mètres de haut
20:29qui envoyait sur 30 mètres de large de l'eau
20:31autour de la propriété.
20:33Et le gars, il avait investi.
20:35Et je vous parle des années 80.
20:37Oui, c'est ça.
20:38Il faut savoir tirer des leçons,
20:39des incendies comme ça,
20:41à répétition.
20:42Il y en a de plus en plus.
20:43Je pense que c'est comme les alarmes
20:45dans une maison
20:46pour la protection des vols.
20:48C'est devenu normal aujourd'hui.
20:50Voilà, mais tout à fait.
20:51Et le problème, c'est que les gens,
20:54ils vont au pouvoir public.
20:56Et les pouvoirs publics, moi, je vais vous dire,
20:58où j'habite, j'ai 50 ou 80 hectares de terres incultes.
21:02Et il y a trois ans, j'ai signalé ça à la commune,
21:05aux gens qui s'occupent de la sécurité.
21:08Et il ne s'est rien fait.
21:09Il ne s'est rien fait.
21:10Parce qu'il n'y a pas les moyens financiers,
21:12il n'y a pas les moyens juridiques.
21:13Il n'y a rien.
21:15Il n'y a rien.
21:15Et les gens, ils s'en foutent, quoi.
21:17Oui, mais vous dites, en fait,
21:19il ne faut pas trop se reposer sur l'État dans ce cas-là.
21:21C'est-à-dire, il ne faut pas dire
21:22que c'est uniquement la responsabilité de l'État.
21:24Tout à fait, tout à fait.
21:26Moi, je pense que quand vous avez
21:28une parcelle de nectar qui est inculte,
21:31vous allez y faire passer le broyeur
21:33au mois de mai ou au mois d'avril.
21:36Et ça vous coûte quoi ?
21:37150 euros l'hectare.
21:38Et après, vous êtes préservé pour toute l'année.
21:42Voilà.
21:43Merci beaucoup, Roger, de nous avoir appelé.
21:44Pas du tout.
21:45À votre service.
21:46Au revoir.
21:46Merci, au revoir.
21:47Avant de prendre Yannick,
21:49qui a un avis très tranché,
21:50il est secrétaire général du syndicat national
21:52des sapeurs-pompiers professionnels.
21:54Je voudrais qu'on entende Yves.
21:55Bonjour, Yves.
21:56Oui, bonjour.
21:58Vous nous appelez de Roset-en-Brie.
22:00Et j'ai l'impression que vous êtes d'accord
22:01avec ce que vient de dire Roger,
22:02que finalement, on ne fait pas toujours attention
22:05à bien débroussailler autour de chez soi.
22:08Écoutez, je vais vous donner un exemple très précis.
22:10Et ça date d'août 1991.
22:12Vous voyez, ça ne date pas d'hier.
22:14Bon, j'avais été à rejoindre mon frère à Marignane.
22:17Mon frère était pilote d'hélicoptère.
22:18Il faisait du vigi-feu tant qu'il décollait.
22:22Et puis, il avait toute une zone à surveiller.
22:24Et moi, je l'avais accompagné.
22:25Et à un moment donné, je remarque une fumée.
22:27Bon, je lui tape sur l'épaule.
22:29Je lui dis, regarde par là-bas.
22:30On y va.
22:31C'était un monsieur qui, malgré l'interdiction formelle,
22:33c'était dans la région de Cassis.
22:34Il faut savoir que les arbres étaient transformés déjà en squelette noire.
22:38Malgré l'interdiction formelle,
22:39le type était en train de brûler des branchages dans sa propriété.
22:44Au-delà de son grillage, il y avait des herbes folles
22:47qu'il devait faire dans les 1 m.
22:49Il y avait également des arbres, des épineux.
22:51Alors qu'ils ont l'obligation de débroussailler, je le rappelle.
22:54Comme a dit d'ailleurs votre précédente interlocuteur.
22:57Donc, c'était une irresponsabilité totale.
22:59C'est de l'inconscience que vous décrivez, là.
23:01Ah oui, mais c'est de l'irresponsabilité.
23:03Et plus tard, bon, là, je n'étais pas là,
23:05mais mon frère m'a raconté également,
23:06c'était un barbecue qui était allumé
23:08et il y avait la végétation à côté.
23:11Mais c'est hallucinant.
23:12Alors, évidemment, il faut des moyens.
23:14Je reprends un peu ce qui avait été dit
23:15par le représentant du sapeur-pontier,
23:17je crois, enfin, sur place.
23:18Il faut effectivement des moyens supplémentaires
23:20en cas d'un des hautes.
23:20Mais si, à la base,
23:22ces comportements irresponsables, voire criminels,
23:25ne cessent pas,
23:26eh bien, le problème se perpétua.
23:28Et en plus, vous avez remarqué
23:29qu'il fait de plus en plus chaud.
23:31Donc, les espèces qui sont endémiques,
23:33les espèces et les essences
23:34qui sont endémiques de la région,
23:36eh bien, s'enflamment très facilement déjà.
23:38Alors, elles vont s'enflammer encore plus
23:40avec la chaleur
23:40et encore plus à cause
23:41de l'irresponsabilité des gens.
23:43Et bien sûr, et vous parlez de moyens.
23:46Là, on a quand même quasiment
23:472000 pompiers qui sont mobilisés,
23:496 Canadair, 4 DASH,
23:51des bombardiers d'eau,
23:52des hélicoptères comme ça.
23:53On voit bien que les moyens, là,
23:55sont déployés,
23:56mais l'incendie se propage
23:58tellement rapidement avec le vent
24:00que finalement,
24:01là, je n'ai pas l'impression
24:02que ce soit une question de moyens.
24:03C'est peut-être simplement...
24:05Je suis entièrement d'accord.
24:06Oui.
24:06Il n'y a pas que les moyens.
24:08Oui, oui.
24:08Il y a d'abord, au départ,
24:09le comportement irresponsable
24:11des gens,
24:12de beaucoup de gens
24:13qui habitent sur place.
24:13Bon, et évidemment,
24:14vous avez également les promeneurs
24:15qui balancent négligeablement
24:17un mégot de cigarette
24:18et puis vous avez,
24:19bien entendu,
24:19les pyromanes.
24:20Mais enfin,
24:20cette dernière catégorie,
24:21je pense que c'est ultra minoritaire.
24:23Avant toute chose,
24:24il faut que les gens
24:25qui sont sur place
24:25respectent la réglementation
24:27et concernant,
24:28je crois,
24:28la dame qui...
24:29C'est une dame qui est décédée,
24:30si j'ai bien compris.
24:31Absolument.
24:32Bon, cette dame,
24:32apparemment,
24:33n'a pas respecté
24:34les conflits d'évacuation,
24:35si j'ai bien compris
24:35ce qui a été dit
24:36par les actualités.
24:37Oui.
24:37Donc, à partir du moment
24:38où vous avez l'ordre d'évacuer,
24:40vous évacuez,
24:41vous ne posez pas de questions.
24:43Sinon, ben voilà,
24:44on aboutit à cette tragédie.
24:46Mais je le répète encore une fois,
24:47il faut que les gens
24:48soient astreints
24:49à respecter la réglementation,
24:51ne serait-ce que déjà débroussaillée,
24:53ce qu'ils ne font que très rarement
24:54parce qu'évidemment,
24:55ça coûte cher,
24:56ça prend du temps,
24:57il faut dépenser de l'argent
24:58pour le carburant
24:59dans la débroussailleuse,
25:00que sais-je ?
25:01Mais après,
25:01on voit le triste résultat.
25:03Bon,
25:04et le restant,
25:05vous n'aurez pas obligé les gens
25:07et sanctionné les gens
25:08qui ne se soumettent pas
25:09aux obligations,
25:10ben vous aurez ce triste résultat.
25:12Alors, les sanctions,
25:13on va en parler justement
25:14dans un instant.
25:14Merci beaucoup, Yves,
25:15de nous avoir appelé.
25:16On va en parler avec Yannick,
25:18qui est secrétaire général
25:19du Syndicat national
25:20des sapeurs-pompiers professionnels.
25:22Criminaliser la négligence
25:25qui consiste à jeter,
25:26par exemple,
25:26un mégot de cigarette.
25:27On en parle dans un instant.
25:28Jusqu'à 14h,
25:30les auditeurs ont la parole
25:32sur RTL.
25:34Avec Pierre Herbulot.
25:36Pierre Herbulot.
25:37Les auditeurs ont la parole
25:39sur RTL.
25:40On est ensemble jusqu'à 14h
25:42pour débattre de l'actualité.
25:44Le premier sujet
25:45qu'on évoque depuis un quart d'heure,
25:47c'est cet incendie dans l'Aude
25:48qui a déjà ravagé
25:49plus de 12 000 hectares.
25:50C'est l'un des pires incendies
25:53en France
25:53de ces 30 dernières années.
25:55Pour en parler,
25:56Yannick, bonjour.
25:58Bonjour.
25:58Vous êtes secrétaire général
25:59du syndicat national
26:00des sapeurs-pompiers professionnels.
26:02Je lis sur la petite fiche
26:04que Iman m'a préparée
26:05que vous êtes favorable
26:06à criminaliser,
26:07j'allais dire,
26:07la négligence
26:08qui consiste à jeter
26:10un mégot de cigarette
26:11qui serait à l'origine
26:11d'un départ de feu.
26:12Oui, effectivement.
26:14J'ai bien écouté
26:15vos interlocuteurs précédents
26:16et les chiffres sont bons.
26:18On a bien 90%
26:20des feux
26:20qui sont d'origine humaine
26:22et la part
26:24qui est donnée
26:25aux actes volontaires,
26:27c'est-à-dire
26:27quelqu'un qui le fait
26:28volontairement,
26:29c'est 10%.
26:29Et tout le reste,
26:31c'est involontaire,
26:32dira-t-on.
26:32Le volontaire,
26:33c'est le pyroman,
26:34c'est ça ?
26:34C'est plutôt l'exception ?
26:35Le pyroman,
26:36c'est quelqu'un
26:36qui envoie vraiment
26:38des moyens techniques
26:39avec du carburant,
26:40des choses comme ça.
26:41Mais moi,
26:42il me semble que
26:43jeter son mégot
26:44de cigarette par terre,
26:45c'est un acte volontaire.
26:47Parfois,
26:48on a les mêmes discussions
26:49avec des gens
26:49qui prennent leur voiture
26:50qui sont en état d'abriété
26:51ou sous l'usage
26:52de stupéfiants
26:52et qui vont créer
26:53un accident.
26:54Ils vont peut-être créer,
26:56si malheureusement
26:56il y a un décès,
26:57un homicide involontaire,
26:58puisqu'ils n'ont pas fait exprès
26:59de tuer la personne,
26:59ils ont bien fait exprès
27:00de prendre le véhicule
27:02dans de mauvaises conditions.
27:03Et bien là,
27:03quand on regarde
27:04son mégot par terre
27:05de manière volontaire,
27:06on crée, pour moi,
27:07un acte plus que délictuel,
27:09c'est criminel,
27:09surtout s'il y a
27:10des conséquences humaines derrière.
27:11Alors, j'ai sous les yeux
27:12une page du service public,
27:14le site internet du gouvernement
27:16qui effectivement
27:17fait la distinction
27:18pour les incendies
27:20entre ce qu'ils appellent
27:21une violation involontaire
27:23d'une obligation de prudence
27:24ou de sécurité
27:25et une violation
27:26manifestement délibérée.
27:28Vous, vous considérez
27:29qu'un mégot de cigarette
27:30qu'on jette,
27:31c'est volontairement
27:33qu'on est responsable
27:35de l'incendie ?
27:35On peut se dire
27:36que quelqu'un
27:37qui fume une cigarette
27:38même dans un département
27:39en vigilance sécheresse
27:41qui serait tout à fait imprudent
27:42et qui jetterait sa cigarette,
27:43alors je ne dis pas
27:44qu'il faut le faire,
27:44au contraire,
27:45c'est complètement idiot,
27:46mais malgré tout,
27:47vous diriez
27:48que c'est quelque chose
27:49de volontaire ?
27:50Oui, c'est tout à fait
27:51volontaire de le jeter.
27:53Je veux dire,
27:54quand on prend des...
27:56quand on a une envie
27:58de fumer une cigarette,
27:59ce n'est pas un crime,
28:01ça, mais en revanche,
28:02il faut prendre
28:02ses précautions
28:03pour mettre ses déchets
28:05quelque part,
28:06y compris son déchet
28:07de cigarette.
28:09Il y a des cendriers
28:09de poche,
28:10ça existe.
28:11Voilà,
28:11les cendriers de poche,
28:12on l'écrase au sol,
28:13vraiment,
28:13on ne le jette pas
28:14de manière négligente
28:15sur le bord de la route
28:16parce que ça arrive
28:17très souvent en voiture,
28:18ça serait plus facile.
28:19C'est vrai qu'il n'y a plus
28:20de cendriers dans les voitures
28:21maintenant,
28:21on le jette par la fenêtre,
28:25c'est plus pratique.
28:26Donc ça,
28:27pour moi,
28:27c'est un acte volontaire,
28:28on ne peut pas dire
28:28que je n'ai pas fait exprès
28:29de jeter mon mégo par terre,
28:31bien sûr qu'on fait exprès
28:31et donc il faut en assumer
28:32les conséquences.
28:33Alors,
28:33en cas d'incendie de bois,
28:35forêt, land,
28:36maquis, plantation,
28:37les peines sont portées
28:38à trois ans de prison
28:39et 45 000 euros d'amende
28:41en cas, évidemment,
28:42d'incendie volontaire.
28:43Est-ce que c'est suffisant
28:44pour vous ?
28:46Alors,
28:46j'ai lu le code pénal
28:47pour préparer cette interview
28:48et je vois que les peines
28:50vont de 3 à 15 ans
28:51en fonction de ce que...
28:52Oui,
28:52c'est s'il y a des décès,
28:54s'il y a des destructions
28:54d'habitations,
28:55effectivement.
28:56Effectivement,
28:57et puis s'il y a un acte
28:58volontaire derrière.
28:58Alors,
28:59moi,
28:59je dirais,
29:00je serais très étonné,
29:02déjà,
29:02qu'on condamne quelqu'un
29:04à trois ans de prison
29:04parce qu'il a jeté
29:05un mégot de cigarette,
29:06je serais curieux de voir
29:06Saint-Luge
29:07sans capacité de faire ça
29:08si on reconnaissait quelqu'un.
29:10Si on appliquait déjà
29:12les peines,
29:13ce serait déjà pas mal,
29:14mais les alourdir
29:14pour bien marquer
29:18quand même
29:18dans les esprits,
29:20les humeurs...
29:20Symboliquement.
29:21Oui,
29:22symboliquement.
29:23Et puis,
29:24peut-être qu'un juge aussi
29:24quelque part,
29:25s'il a le choix
29:26entre 3 ans et 5 ans,
29:28quand on vous dit
29:29ses 3 ans,
29:29il va peut-être
29:30te condamner,
29:31je dis n'importe quoi
29:31parce que ça dépend
29:32des circonstances
29:33à 12 mois,
29:34tandis que s'il a eu
29:35un choix
29:35pour aller jusqu'à 5 ans,
29:37peut-être qu'elle se montra
29:38un peu plus.
29:39Voilà.
29:40Donc,
29:40ça peut être
29:40à ce sentir-ci de sursis,
29:41ça peut être à ce...
29:42Enfin,
29:43vous ne voulez pas
29:43que les gens
29:43dorment en prison
29:44éternellement
29:45pour un mégot de cigarette.
29:46Il faut vraiment
29:47responsabiliser.
29:48Alors,
29:49on parle du mégot de cigarette,
29:50mais j'ai entendu
29:50votre interlocuteur
29:51tout à l'heure
29:52de quelqu'un
29:53qui brûlait
29:53des bois
29:54dans son jardin
29:55alors qu'on est
29:56en alerte rouge.
29:57Ça peut être
29:58effectivement
29:59d'autres choses.
30:00Un barbeau aussi.
30:01Un barbeau aussi.
30:02Voilà.
30:03Bon,
30:03évidemment,
30:04tout ça,
30:04c'est comparable.
30:07On fait exprès
30:07de brûler sans boire.
30:08On fait exprès
30:09de faire un barbecue
30:10dans les zones
30:11où c'est strictement interdit.
30:13On assume les conséquences.
30:14C'est comme le mégot de cigarette.
30:15Ouais.
30:16Est-ce qu'il faut...
30:18Vous dites,
30:18donc,
30:18tout ça est très symbolique.
30:21Donc,
30:21aller plus loin,
30:22on n'est pas sûr
30:22que ça change grand-chose.
30:23Mais là,
30:24je me projette
30:25sur l'incendie
30:27qu'on connaît dans l'Aude.
30:28Donc,
30:28plus de 12 000 hectares
30:29de brûlés.
30:30On ne sait pas
30:31ce qui s'est passé encore.
30:32Il y a une enquête
30:32qui commence à peine.
30:34Ce qui est sûr,
30:34c'est qu'il y a une femme
30:36qui est décédée.
30:37Alors, certes,
30:38elle n'a peut-être pas
30:39respecté les consignes.
30:40Elle a voulu rester chez elle.
30:41Et ça,
30:41c'est difficile
30:42de se mettre à la place
30:43de quelqu'un
30:43qui veut rester chez soi
30:45dans ce cas-là.
30:47Elle a déjà dû en voir
30:48des alertes incendies
30:49et peut-être que sa maison
30:50n'avait jamais brûlé
30:50jusqu'ici.
30:51Mais les conséquences,
30:53elles peuvent être dramatiques.
30:55Oui.
30:55Alors,
30:56on ne va pas inverser les causes.
30:57Cette dame,
30:58c'est évident,
30:58si le départ de ce n'avait pas eu lieu.
31:00Donc,
31:00s'il était d'origine criminelle
31:02ou même accidentelle,
31:04eh bien,
31:04tout ça se transforme
31:05en homicide involontaire
31:07ou volontaire,
31:08ça dépend ce que dira le procureur
31:10si c'est un acte volontaire.
31:14Donc,
31:14je n'inverse pas,
31:15mais effectivement,
31:16vous dites,
31:17il y a le plus gros risque,
31:19c'est la perte humaine,
31:19y compris des sapeurs-pompiers
31:20qui interviennent
31:21pour éterner le feu
31:23à court terme
31:24lorsqu'ils sont malheureusement
31:26pris dans cet incendie
31:29ou à long terme
31:29lorsqu'ils tombent malades
31:31à cause de la lutte
31:33contre les incendies.
31:33Vous savez que les pompiers
31:35sont très souvent exposés
31:36aux fumées
31:36qui sont nocives et toxiques.
31:39Sept pompiers blessés,
31:39sept nuits.
31:41Et en plus,
31:42on a nos camarades blessés.
31:44Vous avez des dangers
31:44sur la santé
31:45pour toute la population
31:46à cause de la pollution
31:47de l'air et de l'eau.
31:48Vous avez des catastrophes
31:49écologiques, économiques.
31:51Enfin, voilà,
31:51il y a des conséquences.
31:52Et plus l'incendie est gros
31:53comme celui que nous
31:55nous mentionnons
31:55dans l'Aube,
31:56c'est.
31:57Donc, effectivement,
31:59il faut derrière
32:00que ça rattrape.
32:01Alors, moi,
32:01je vois les peines
32:02de prison,
32:03on en a parlé,
32:03mais il y a les amendes
32:04qui sont à 150 000 euros.
32:06J'imagine qu'il doit y avoir
32:07aussi les réparations civiles
32:09qui doivent s'en remercier.
32:11Bien sûr,
32:11il y a des assurances
32:12qui explosent derrière.
32:14Alors, ça,
32:15ce sont pour les particuliers.
32:16Mais pour celui
32:16qui est responsable
32:17de l'incendie,
32:18s'il devait être
32:18reconnu coupable,
32:19il faut que tout le monde
32:20prenne en compte
32:21que juste pour une clope
32:22ou un barbecue,
32:24on peut prendre,
32:25même si on n'a pas fait exprès,
32:26on peut prendre des risques
32:27pécuniers très, très graves
32:29et au-delà de l'amende,
32:31si on est condamné
32:32au maximum,
32:33on peut aussi rembourser
32:34l'ONF, par exemple,
32:36qui a perdu 20 ans
32:38d'exploitation de bois.
32:39On peut indemniser également
32:42celui qui a perdu sa maison
32:44ou l'agriculteur
32:45qui a perdu son exploitation.
32:46Et puis,
32:47s'il y a évidemment
32:47des pertes humaines,
32:48c'est pire.
32:49Frappé au portefeuille,
32:50donc,
32:51merci beaucoup Yannick
32:51d'avoir pris le temps
32:52de nous appeler.
32:53Bonjour Bruno.
32:55Bonjour.
32:55Je crois que vous partagez
32:57l'avis de Yannick.
32:58Vous,
32:58vous considérez
32:59qu'il faut que ce soit
33:00dissuasif,
33:01toutes ces peines,
33:02ces amendes,
33:03ces risques encourus
33:03pour ceux qui,
33:05négligeamment ou pas,
33:06créent ces incendies.
33:07Je rappelle le bilan,
33:0812 000 hectares brûlés
33:10dans l'eau,
33:10c'est l'un des pires incendies
33:11de ces 30 dernières années.
33:12Il faut frapper fort.
33:15Pour l'instant,
33:17on est à 12 000,
33:18mais ça va continuer.
33:20Malheureusement,
33:21ça va continuer.
33:21D'après mes référents
33:23dans le département,
33:25l'incendie,
33:26à l'heure actuelle,
33:27est totalement
33:27immaîtrisable.
33:28Parce que vous faites partie
33:29d'un syndicat de pompiers,
33:30c'est ça Bruno ?
33:31Non,
33:31je suis secrétaire général
33:33d'un syndicat
33:33de sapeurs-pompiers volontaires,
33:34donc c'est une nouveauté.
33:38Nous,
33:38sapeurs-pompiers volontaires,
33:39nous représentons
33:4078% des effectifs,
33:42donc c'est-à-dire
33:42que sur les 2 000 pompiers
33:44qu'il y a actuellement
33:45dans l'Ombre,
33:45vous avez entre 1400
33:48et 1600 sapeurs-pompiers
33:50qui sont volontaires.
33:51Tout à l'heure,
33:52j'ai eu un de mes collègues
33:53du 11
33:54qui m'a dit
33:54« je suis obligé
33:55d'arrêter mon activité
33:56de pompier,
33:56je suis sur le feu ce matin,
33:58je suis obligé
33:58d'arrêter à 13h
33:59parce que je dois retourner
34:01travailler à 16h. »
34:03Alors,
34:03ce qui manque,
34:04c'est des moyens humains,
34:05des pompiers de formation,
34:08plus de canadaires,
34:10plus d'hélicoptères,
34:11plus de camions de pompiers ?
34:13Il faut vraiment
34:14se poser la question
34:15et arrêter d'avoir
34:16une langue de bois.
34:17Parce qu'il y a les causes
34:18et les conséquences,
34:19c'est ça Bruno,
34:19il y a à la fois
34:20l'incendie,
34:21le départ de feu
34:22et puis après,
34:22comment on le gère
34:23et on sait qu'avec
34:24le changement climatique,
34:25on en a parlé,
34:26les incendies vont être
34:26de plus en plus fréquents,
34:28on le voit aussi
34:28aux Etats-Unis
34:29sur la côte ouest.
34:32C'est une évidence
34:33déjà,
34:33c'était le cas à Bordeaux,
34:35dans Gironne,
34:35il y a quelques années.
34:36Il y a deux ans.
34:38Là,
34:38maintenant,
34:39aujourd'hui,
34:39on dit que c'est
34:40un des feux,
34:41un des plus gros feux
34:42de la décennie
34:43et ce n'est que le début
34:45et ça va continuer.
34:46Aujourd'hui,
34:46il y a certains départements,
34:48dont les Landes,
34:49par exemple,
34:49qui n'envoient pas
34:50de colonne de renfort
34:51de sapeurs-pompiers,
34:52alors qu'ils soient volontaires
34:53ou professionnels,
34:53c'est un autre débat,
34:55mais qui n'envoient pas
34:56d'éléments,
35:00des moyens humains,
35:02de peur
35:02que dans le 24,
35:0348 heures,
35:05il y a un incendie
35:06chez eux.
35:07Eh oui,
35:07parce qu'il y a
35:09sept départements
35:10qui sont en vigilance
35:11orange au risque
35:12d'incendie encore aujourd'hui,
35:13donc c'est sûr
35:13qu'on ne peut pas
35:14mettre tous les moyens
35:14non plus dans l'Aude.
35:15On ne peut pas.
35:18Ce qui s'est passé
35:19la semaine dernière en Corte,
35:20la Corte a attendu
35:2148 ans les Canadaires.
35:23Par contre,
35:24ça ne se fait pas.
35:25Aujourd'hui,
35:26il faut vraiment
35:27tirer
35:27la sonnette d'alarme.
35:30Si on ne prend pas
35:31de façon efficace
35:33le taureau par les cornes,
35:36qu'on n'augmente pas
35:37les moyens humains
35:38et les moyens matériels
35:40tout de suite,
35:41dans les prochaines années,
35:43ça va être dramatique.
35:44Pardon,
35:45mais qu'est-ce qu'il faudrait ?
35:45La question est peut-être
35:46difficile comme ça,
35:47mais à quel point
35:48il faudrait augmenter
35:49le recrutement de pompiers
35:51et puis comment on fait
35:51pour créer des vocations ?
35:53Alors,
35:55ce que vous venez de dire là,
35:57tout le monde le dit.
35:58La Fédération nationale
35:59des sapeurs-pompiers
36:01et les 10 sont pour recruter.
36:03Mais déjà,
36:04il faut garder
36:05les volontaires.
36:06Vous avez un très grand nombre
36:08de sapeurs-pompiers volontaires
36:09et aujourd'hui,
36:09même des professionnels
36:10qui démissionnent,
36:12des sapeurs-pompiers professionnels
36:13qui démissionnent
36:14parce que le système
36:15est à bout de souffle
36:16et ils n'en peuvent plus.
36:17Lorsque vous êtes
36:18dans le 68,
36:19le haut-rain,
36:20le bas-rain,
36:21que vous attendez
36:227 heures,
36:238 heures
36:23pour évacuer
36:26une personne aux urgents,
36:28il y a un réel problème.
36:30Pourquoi en Allemagne,
36:31ils sont plus d'un million
36:32de sapeurs-pompiers
36:33volontaires ?
36:35Sapeurs-pompiers tout court,
36:36pardon.
36:36et pourquoi en France,
36:38il y a 257 000
36:39sapeurs-pompiers ?
36:40Il y a un problème.
36:42Il y a énormément
36:43de pompiers en France
36:45qui pourraient,
36:45enfin,
36:46de personnes
36:47qualifiées
36:49pour faire
36:49des feux de forêt
36:50qui ne sont plus
36:51sapeurs-pompiers
36:52volontaires
36:52et qui pourraient
36:53intervenir
36:54sur ces opérations-là.
36:56Nous sommes des dizaines
36:58de milliers
36:58de personnes
36:59à être compétents
37:01et à ne pas être exploités
37:02pour les feux de forêt.
37:04Il faut se poser
37:04les bonnes questions.
37:05Il faut rendre
37:06réattractif
37:07le métier
37:07de sapeurs-pompiers.
37:08Merci beaucoup,
37:09en tout cas, Bruno,
37:09d'avoir pris le temps
37:10de nous appeler.
37:11On a fait
37:12un large tour
37:13de ce sujet,
37:14donc ce feu
37:15qui ravage
37:16une partie de l'Aude
37:17depuis hier soir.
37:19Près de plus
37:20de 12 000 hectares
37:21partis en fumée,
37:22le plus gros feu de l'été,
37:23l'un des pires
37:23sur ces 30 dernières années.
37:25Évidemment,
37:26toute la rédaction
37:26est mobilisée.
37:27On en reparle
37:28dans le flash de 14h.
37:29Dans les journaux
37:29de ce soir,
37:31sont mobilisés sur le terrain.
37:32La rédaction numérique
37:33rtl.fr
37:34également
37:35et l'appli RTL.
37:36Dans un instant,
37:36les pénuries de médicaments.
37:39Jusqu'à 14h,
37:41Pierre Herbulot
37:42vous donne la parole
37:43sur RTL.
37:47Pierre Herbulot,
37:48les auditeurs
37:49ont la parole
37:50sur RTL.
37:52Alerte au manque
37:53de kétiapine.
37:54Ce médicament
37:55est utilisé
37:55pour soigner
37:56les malades
37:56souffrant de schizophrénie
37:58et de bipolarité,
37:59notamment l'Agence nationale
38:00de sécurité du médicament.
38:02Tire la sonnette d'alarme.
38:03Il sera très dur
38:03d'en avoir
38:04avant la mi-septembre
38:05pour en parler.
38:08Florence,
38:08vous êtes pharmacienne
38:11et vous êtes inquiète
38:12vous par cette pénurie
38:14de médicaments.
38:16Alors, pardon,
38:17ce n'est pas Florence,
38:17c'est Stéphanie
38:18qui est avec nous.
38:18Ah, oui, ça c'est moi.
38:20Oui, pardon,
38:20excusez-moi Stéphanie,
38:21j'avais mal lu la fiche.
38:22Je m'en prie.
38:24Stéphanie,
38:24alors vous,
38:25vous n'êtes pas pharmacienne,
38:26vous êtes consommatrice,
38:27j'allais dire,
38:28de ce médicament
38:29qui est important pour vous ?
38:30Ah, bah oui,
38:31moi ça fait 17 ans
38:32que je suis donc
38:33traitée pour dépression.
38:35Donc,
38:35quand j'ai mes médicaments,
38:36ma vie est belle
38:37et tout va bien,
38:38j'ai un travail
38:39de cadre sup
38:40que je fais
38:41sans aucun problème.
38:43Et là,
38:43avec la pénurie
38:44des médicaments,
38:45notamment anti-dépression,
38:46parce qu'en fait,
38:46c'est aussi pour la dépression,
38:48parce qu'il y a
38:48des molécules
38:49de type valafaxine,
38:51qui étaient moi
38:51ce que je prenais,
38:53quand il y a eu la pénurie,
38:54du coup,
38:54je me suis retrouvée
38:55en manque de médicaments
38:56et moi,
38:57sans médicaments,
38:57je suis au lit.
38:59Ah oui,
38:59à ce point-là,
38:59c'est ça.
39:00J'allais vous demander
39:00ce qui vous faisait
39:01ce médicament,
39:03pourquoi il vous fait
39:03vous sentir mieux.
39:04Ça me permet
39:05d'avoir de l'énergie,
39:06si vous voulez,
39:06c'est un petit peu
39:07le principe
39:07de la voiture
39:08et de l'essence.
39:09Voilà,
39:10moi je donne toujours
39:10cette image-là.
39:12Moi,
39:12ça me permet
39:13d'avoir de l'essence
39:14dans la voiture
39:14et de pouvoir rouler.
39:15Et quand j'ai plus
39:16mon médicament,
39:17je n'ai plus d'essence,
39:18donc la voiture
39:18est en panne.
39:19Ça veut dire quoi ?
39:20Ça veut dire
39:20que je passe
39:2020h sur 24
39:21à dormir,
39:23qu'aller prendre
39:23une douche
39:23et ça qu'est bon.
39:26Donc du coup,
39:26ça m'a valu
39:27deux mois
39:28d'arrêt maladie complet
39:29parce que la problématique,
39:30c'est pour trouver
39:31un nouveau médicament
39:32le temps qu'il fasse effet
39:34pour voir
39:34si ça fonctionne
39:35ces trois semaines.
39:37Donc moi,
39:38le premier n'a pas fonctionné,
39:39donc il a fallu
39:39en prendre un deuxième
39:40qui l'a fonctionné.
39:42Sauf que deux mois
39:43où le cerveau
39:43est un peu ankylosé,
39:44si vous voulez,
39:45c'est un peu le...
39:46Voilà,
39:46ça revient à ça.
39:47Et bien derrière,
39:48il a fallu quand même
39:49trois mois de reprise
39:50en médecin thérapeutique.
39:52Ah oui,
39:52vous voulez dire
39:53que les conséquences
39:53sont lourdes ?
39:56Les conséquences,
39:57moi,
39:57je ne pouvais plus
39:57me faire à manger,
39:58donc ça veut dire
39:59que j'étais obligée
40:00de m'acheter
40:00des plats tout près
40:02parce que c'était impossible
40:03pour moi
40:04de faire à manger.
40:04Parce que voilà,
40:06quand je n'ai pas
40:07ma dose de chérotonine...
40:09Et j'allais dire,
40:09c'est cette molécule,
40:11le kétiapine,
40:11que vous prenez ou pas ?
40:13Alors,
40:13c'était celle que je prenais.
40:15Oui.
40:15Et du coup,
40:16comme il y a eu
40:17la pénurie,
40:18les compagnies,
40:19du coup,
40:19j'ai été obligée
40:19d'en changer.
40:21Parce que ce n'est pas
40:21la première fois en plus,
40:23ce n'est pas la première
40:24alerte,
40:25effectivement,
40:25de l'Agence Nationale
40:26de Sécurité du Médicament
40:28sur des pénuries
40:29de médicaments
40:29de ce type-là.
40:31Alors,
40:31il y a eu une pénurie
40:33aussi de dépakine
40:34à un moment donné.
40:36Donc,
40:36c'est aussi un médicament
40:37que je prends
40:38qui est du coup
40:38plus pour la bipolarité,
40:40lui.
40:41Mais il y avait
40:42un autre médicament
40:44qui compensait,
40:45on va dire.
40:46Après,
40:46moi,
40:46j'ai été hyper surprise
40:48parce que sur Paris,
40:49région parisienne,
40:50et croyez bien
40:50que j'ai fait
40:51toutes les pharmacies
40:51pour trouver le médicament,
40:54impossible de le trouver.
40:55Et à ce moment-là,
40:56j'allais régulièrement
40:57sur Nîmes,
40:58il y en avait
40:58dans toutes les pharmacies.
41:00Ah oui,
41:01ça peut être
41:01très local.
41:02donc,
41:03je n'ai pas du tout compris.
41:05Du coup,
41:05je faisais mon plan
41:06à Nîmes
41:06et à Paris,
41:07c'était toujours
41:08improuvable
41:09quel que soit les pharmacies.
41:09Moi,
41:10j'habite dans les Yvelines.
41:11Donc,
41:11si vous voulez,
41:12je faisais tout Paris
41:13intra-muros
41:13plus les Yvelines
41:14pour le trouver.
41:15Ah oui,
41:15on en est au point
41:16où quand vous partez
41:17en week-end
41:17ou en vacances,
41:18vous regardez dans les pharmacies
41:19pour essayer d'avoir
41:20le bon stock de médicaments.
41:21En tout cas,
41:22je pose la question,
41:22oui.
41:23Oui,
41:23bien sûr.
41:24Merci beaucoup Stéphanie
41:25de nous avoir appelé.
41:26Mais je vous en prie,
41:27très bonne fin de journée.
41:28Merci,
41:28vous aussi.
41:29Je vais prendre Agnès
41:29qui nous a appelé au Standard.
41:31Bonjour Agnès.
41:32Oui,
41:33bonjour.
41:33Vous,
41:34vous êtes diabétique
41:35et le manque de médicaments,
41:37les pénuries comme ça,
41:38c'est quelque chose
41:38que vous connaissez.
41:40Ah ben oui.
41:41Donc,
41:42moi,
41:42je vais vite vous dire,
41:44je vais s'indiquer
41:44ce que je vais dire.
41:45Voilà,
41:45moi,
41:45j'ai été opérée du pancréas
41:47et ça m'a enlevé
41:47deux tumeurs du pancréas.
41:49Donc,
41:49je suis obligée
41:50et je suis venue
41:52par conséquence diabétique.
41:54Donc,
41:54je suis obligée
41:55de prendre de l'Eurobuol
41:5640 000 unités.
41:58C'est pour justement
41:59les gens
42:00qui ont une partie
42:02du pancréas enlevé
42:03et même les personnes
42:05atteintes de mucoviscidose.
42:07Alors,
42:07moi,
42:08j'en prends 16 par jour
42:09et là,
42:11j'ai des difficultés
42:12à trouver de l'Eurobiol,
42:1440 000 unités
42:15et je fais,
42:16alors,
42:17mes copines,
42:18voilà,
42:18m'aident
42:19à appeler toutes les pharmacies.
42:21Moi,
42:21je vais jusqu'à 60 km
42:23pour trouver ce médicament.
42:25Alors,
42:25ce que j'ai fait,
42:27j'ai téléphoné
42:27au fabricant,
42:29c'est le
42:29Maïoli,
42:31il est à Château
42:32et je lui ai dit
42:33comment ce fêtier,
42:34est-ce que vous êtes
42:34en pénurie d'Eurobiol ?
42:36Vous passez en direct ?
42:37En direct,
42:38oui,
42:39au laboratoire
42:42qui fabrique
42:43ce médicament.
42:44Moi,
42:44ils m'ont répondu
42:44écoutez madame,
42:46non,
42:46nous nous fabriquons
42:47mais après,
42:48nous les envoyons
42:49dans les centrales
42:50pharmaceutiques.
42:51Oui,
42:51bien sûr,
42:52après,
42:52c'est le dispatch
42:53qui suit.
42:54Alors,
42:54comment ça se produit,
42:55je ne sais pas.
42:57Moi,
42:57ma pharmacie,
42:57moi,
42:58je vais dans le Beaujolais
42:58à Lausanne,
42:59ils n'en ont jamais,
43:01jamais,
43:01jamais.
43:02Donc,
43:02moi,
43:02je ne peux pas m'en passer
43:03parce qu'attendez,
43:05c'est pour mon procréas,
43:07c'est très important.
43:09Donc,
43:10après,
43:11en diabétique,
43:12le Janumet,
43:13je ne sais pas,
43:14le Janumet,
43:15metformine,
43:16pareil,
43:16alors celui-ci,
43:17il est fabriqué en Belgique.
43:19Alors,
43:20mais ça va devenir impossible.
43:22Moi,
43:22j'ai téléphoné,
43:23donc,
43:23à l'hôpital,
43:24mon service du professeur Adam
43:27et ils m'ont dit,
43:28mais madame Descou,
43:28on ne peut rien vous donner
43:29parce que nous,
43:30on boit pour nos malades.
43:32Et moi,
43:32alors,
43:33en plus,
43:33on est malades
43:34et c'est anxiogène.
43:36Et c'est une angoisse en plus.
43:37C'est-à-dire,
43:37quand vous dites,
43:38vous êtes prête à faire
43:39et prête et contrainte
43:41de faire des centaines de kilomètres
43:42en voiture
43:43pour vous soigner,
43:44c'est terrifiant.
43:45Ah ben oui,
43:46moi,
43:46j'appelle de partout.
43:47Alors,
43:48pour l'instant,
43:48j'en trouve dans le Rhône,
43:49mais s'il faut que j'aille en Ardèche,
43:51dans l'Isère,
43:54les limites du 69,
43:56je le trouve.
43:57Vous êtes à Chatillon,
43:58dans le Rhône,
43:58c'est ça ?
43:58Oui,
43:59voilà,
43:59à Chatillon,
43:59dans le Rhône.
44:00Et moi,
44:01toutes mes copines
44:03cherchent,
44:04cherchent.
44:04Alors,
44:04des fois,
44:05j'en trouve.
44:05Là,
44:06j'en ai trouvé deux boîtes
44:07et ouf,
44:08quand j'ai deux boîtes,
44:09mais vous me donnez
44:10l'orité de l'ingot d'or,
44:11je ne serais pas plus contente,
44:12voyez-vous,
44:13parce que c'est ma survie
44:15et moi,
44:15je n'arrive pas à comprendre
44:16qu'est-ce qui se passe,
44:18comment se fait-il.
44:19Justement,
44:20Agnès,
44:20on va essayer de comprendre,
44:21merci beaucoup de nous avoir appelés,
44:22on va essayer de comprendre
44:23avec Florence
44:24que je voulais prendre un peu
44:24de manière anticipée
44:25tout à l'heure
44:26parce que Florence,
44:26elle est pharmacienne.
44:27Bonjour.
44:28Bonjour.
44:29Vous,
44:30cette pénurie de médicaments,
44:31c'est quelque chose
44:32que vous constatez ?
44:33Vous êtes aux premières loges.
44:35Alors nous,
44:35c'est au quotidien,
44:37plusieurs heures par jour,
44:40plusieurs heures par semaine,
44:41forcément,
44:41depuis des mois et des mois.
44:43Ça date essentiellement
44:44depuis le Covid
44:45et on s'est dit,
44:48ça va aller mieux
44:48et en fait,
44:49non,
44:49ça va de mal en pied
44:50et je pense que ça ne va pas
44:52aller en s'arrangeant.
44:53Est-ce que vous avez
44:53des éléments d'explication ?
44:55Est-ce qu'on vous dit,
44:56les laboratoires vous expliquent
44:57pourquoi ils ne vous envoient pas
44:58ou alors,
44:59effectivement,
45:00les grossistes,
45:01peut-être qu'ils font l'intermédiaire,
45:02vous expliquent
45:03pourquoi vous ne recevez pas
45:04certains médicaments ?
45:05Alors,
45:06il y a différents sujets.
45:08Alors,
45:08il y a des laboratoires,
45:09effectivement,
45:09on appelle les laboratoires,
45:10bien sûr.
45:11Il y a des laboratoires
45:12qui nous disent,
45:12on n'a pas la matière première.
45:14Bon,
45:15là,
45:15d'accord.
45:16Il y en a qui nous disent,
45:16on livre les grossistes.
45:19Le problème,
45:19c'est que c'est contingenté.
45:22Donc,
45:22on peut recevoir
45:22une boîte,
45:23deux boîtes
45:23ou pas du tout.
45:24et puis,
45:26il y a d'autres choses aussi
45:27qui existent réellement,
45:29c'est que
45:29il y a des laboratoires,
45:32beaucoup,
45:33qui vendent à l'étranger
45:34parce qu'en fait,
45:35les médicaments
45:35coûtent plus cher.
45:37Ils les vendent
45:37beaucoup plus cher
45:38à l'étranger
45:38qu'en France.
45:39Et nous,
45:40les prix sont plafonnés
45:40en France,
45:41c'est l'assurance maladie
45:42qui gère.
45:43Alors,
45:43oui,
45:44c'est l'assurance maladie
45:44qui gère.
45:45Effectivement,
45:45c'est plafonné,
45:46mais le problème,
45:47c'est que depuis des années,
45:48les gouvernements
45:49veulent absolument
45:51baisser les prêts
45:52des médicaments.
45:52Et à force de baisser
45:53les prêts des médicaments,
45:54on va les laboratoires.
45:55C'est leur business.
45:57Ils vendent au plus au front.
45:58Ça me rappelle cette scène.
45:59Vous vous souvenez,
45:59pendant le Covid,
46:00les masques sur le tarmac
46:02qui devaient arriver en France
46:03et qui sont partis
46:04pour un pays
46:05qui déposait plus ?
46:06C'est pareil.
46:07C'est exactement la même chose.
46:09Et pourtant,
46:09la kétiapine,
46:10par exemple,
46:11pour revenir,
46:12pardon,
46:12excusez-moi,
46:12je vous ai coupé,
46:13la kétiapine,
46:14c'est ce médicament
46:16qui est en pénurie
46:16jusqu'au mois de septembre,
46:18en tout cas,
46:18dans un certain format.
46:20Vous dites,
46:20il est primordial
46:22pour les patients
46:23qu'on en a besoin.
46:23Bien sûr.
46:24Oui,
46:25c'est un médicament physique
46:26qui agit sur les dépressions majeures,
46:28les fortes dépressions,
46:29la schizophrénie,
46:31les manies,
46:31les gens bipolaires.
46:34Les gens ne peuvent pas
46:35se passer de ces médicaments.
46:37Sinon, après,
46:37ils peuvent très bien décompenser
46:38et se retrouver
46:40en grand mal.
46:42Et d'autant que changer
46:43de molécule,
46:43ça peut être difficile.
46:44Parfois,
46:45il faut le temps de s'adapter.
46:46Ça peut être très, très difficile.
46:47Déjà,
46:48le temps de s'adapter
46:48et puis les gens peuvent.
46:49ils ont peur
46:50que ça ne fonctionne pas
46:51et qu'ils se retrouvent
46:52dans une situation
46:53épouvantable pour eux.
46:55Écologiquement,
46:56oui, bien sûr.
46:57Merci beaucoup, Florence.
46:58En tout cas,
46:58votre éclairage était précieux.
47:00Je vais prendre Delphine
47:01qui nous a appelé
47:02au 3210.
47:03Bonjour, Delphine.
47:04Oui, bonjour.
47:05Vous nous appelez
47:05depuis Saint-Malo
47:06en Bretagne.
47:08On parle de la kétiapine,
47:10mais ce n'est pas
47:10le seul médicament
47:11qui est en pénurie.
47:12Non, non, non.
47:13Ce n'est pas
47:13le seul médicament
47:14comme ma consoeur.
47:16Et j'entendais
47:16les auditeurs précédents
47:18alors qu'ils sont
47:18toujours dans l'incompréhension.
47:19Pourtant,
47:20on fait beaucoup
47:20de communication
47:21sur la façon
47:22dont ça se passe
47:22actuellement pour nous.
47:24C'est-à-dire qu'en fait,
47:25nous, on a un système,
47:27ce qu'on évoquait
47:27tout à l'heure,
47:28le contingentement.
47:29C'est-à-dire que
47:29qu'on soit n'importe où
47:30en France,
47:31on a le même nombre
47:32de boîtes.
47:33C'est ce que le gouvernement
47:34a décidé pour réguler.
47:36Ce qui s'était passé
47:36d'ailleurs avec la kétiapine
47:37parce que c'est quand même
47:38la deuxième fois dans l'année
47:39où on est confronté
47:40à ce problème
47:41avec la kétiapine.
47:42Donc, il y avait eu
47:43des solutions de données.
47:44Donc, ce contingentement,
47:45c'est-à-dire que
47:46vous vendiez 10 boîtes
47:47ou 2,
47:47vous avez le même nombre
47:48de boîtes par pharmacie.
47:49Donc, ce qui est
47:50complètement incohérent.
47:51Et puis,
47:52on nous avait mis
47:53la délivrance au comprimé
47:54pour le dosage
47:55en 50 mg.
47:56Et puis voilà,
47:57aujourd'hui,
47:58on se retrouve à nouveau
47:59au pied du mur.
48:01Donc, c'est vrai
48:01que l'Agence nationale
48:03de santé,
48:04c'est bien qu'elle fasse
48:06ce genre d'annonce.
48:07Mais nous,
48:07ça nous met un petit peu
48:08aussi en colère
48:09parce que ça va
48:10forcément générer
48:12chez nos patients
48:14de l'inquiétude.
48:15J'ai pas précisé
48:16que vous étiez pharmacienne.
48:17Pardon,
48:18oui, pardon.
48:18Vu le sujet,
48:19oui, mais désolé.
48:21Et donc, c'est vrai
48:22que c'est un sujet
48:22qu'on connaît trop bien.
48:24C'est vrai qu'on en a
48:26un petit peu assez
48:27de se retrouver
48:27dans ces situations-là.
48:29Est-ce que ça va être
48:29difficile pour vous
48:30face à face
48:31avec le patient ?
48:33C'est ingérable.
48:34C'est ingérable.
48:35C'est-à-dire que là,
48:35avant que j'intervienne,
48:37il y avait une dame
48:38qui a appelé la pharmacie
48:39pour chercher
48:39un autre type
48:40de médicament
48:41pour sa maladie
48:41qu'elle avait
48:42cherché partout
48:43et elle me dit
48:44« Ah, vous êtes trop gentille,
48:45vous l'avez. »
48:45Non, je ne suis pas trop gentille.
48:46Juste la personne
48:48qui va venir derrière elle,
48:49je vais lui dire
48:49« Non, je n'en ai plus. »
48:50Et on a vraiment
48:52des pénuries
48:52très, très importantes.
48:53Actuellement,
48:54je n'ai aucun colire
48:55antibiotique,
48:56aucune pommade
48:57ophtalmique,
48:58antibiotique,
48:59à seule une molécule,
49:01on va dire.
49:01Et donc,
49:02pour mes patients,
49:03ça veut dire
49:03que d'ici quelques semaines,
49:04je pense que le laboratoire
49:05va arriver à saturation
49:06de sa production
49:07puisque tout est reporté
49:08sur ce médicament
49:10et donc,
49:10on va se retrouver
49:11en rupture
49:12et comme le disait
49:13très justement
49:13ma consoeur,
49:14les baisses de prix
49:15sont annoncées
49:16pour l'année prochaine
49:17de façon spectaculaire.
49:19Donc,
49:19effectivement,
49:20il va falloir s'habituer
49:21à voir vos pharmaciens
49:22pas contents
49:23et fâchés
49:23et peut-être en grève
49:24parce que,
49:25voilà,
49:26on ne peut plus fonctionner
49:27comme ça.
49:28Pour les patients,
49:29ce n'est plus possible.
49:30Il faut que ça s'arrête.
49:31Merci beaucoup Delphine
49:32pour votre appel
49:33sur l'antenne d'RTL.
49:36Dans un instant,
49:37à tout autre sujet
49:38pour conclure cette émission,
49:39cette proposition
49:40du maire de Grenoble,
49:42Éric Piolle,
49:42qui propose finalement
49:44de créer des quotas
49:46de logements sociaux
49:47dans certains quartiers.
49:48On est ensemble
50:00jusqu'à 14h
50:01et on va parler
50:02dans les 5 minutes
50:02qu'il nous reste
50:03logements sociaux
50:04avec cette proposition
50:05du maire de Grenoble,
50:06Éric Piolle.
50:06Nous disons aux promoteurs
50:08que nous allons fixer
50:10un taux de logements sociaux
50:11qui dépend du nombre
50:13de logements sociaux
50:13déjà présents dans le quartier.
50:14Donc,
50:15s'il y a moins de 5%
50:16de logements sociaux,
50:17effectivement,
50:17il faut faire 45%
50:18de logements sociaux
50:19dans les nouvelles opérations.
50:21Ça permet de développer
50:22une offre de logements
50:23qui permettra à tout le monde
50:24de se loger un petit peu partout
50:26et donc de se mélanger
50:27et aussi de se mélanger
50:28à l'école
50:28comme on arrive à avoir
50:30une mixité de population
50:31à l'école.
50:32Le maire de Grenoble,
50:33Éric Piolle,
50:33au micro RTL
50:35de Vincent Derosier.
50:36Bonjour Jérémy.
50:37Bonjour.
50:38Vous nous avez appelé
50:38au 3210.
50:39Vous,
50:40surajoutez comme ça
50:42parce qu'il y a déjà
50:42une réglementation
50:43qui impose des quotas
50:44de logements sociaux
50:45en France.
50:46Le maire de Grenoble,
50:47Éric Piolle,
50:47c'est une bonne ou une mauvaise idée
50:48comme ça,
50:48de vouloir créer,
50:49surcréer de la mixité sociale ?
50:52Pour moi,
50:53ce n'est pas une très bonne idée
50:55dans le sens où
50:57si les gens,
50:59déjà il faudrait demander
51:01aux personnes
51:01qui habitent l'endroit
51:02où ils veulent faire ça
51:03et puis les écouter,
51:05écouter leur avis surtout,
51:06est-ce qu'ils sont d'accord ou pas ?
51:08S'ils sont d'accord,
51:09si tout le monde est d'accord,
51:10pourquoi pas ?
51:10Si maintenant,
51:11ces gens-là
51:12ne sont pas tout à fait d'accord
51:14et que vous les forcez
51:15à avoir des logements sociaux,
51:18forcément ça n'ira pas.
51:19Et vous croyez quoi
51:20qu'ils vont déménager ?
51:21Que finalement,
51:23l'effet ne sera pas positif ?
51:26Il pourrait,
51:27effectivement,
51:27il pourrait déménager.
51:28Vous savez,
51:29il suffit qu'il y ait une personne
51:30dans le lot,
51:32il n'y a pas besoin de beaucoup,
51:33toutes les personnes
51:34qui sont en logement social
51:35ne sont pas à la dérive,
51:37mais il suffit
51:38qu'il y ait une personne,
51:39un enfant par exemple
51:40qui est mal éduqué
51:41avec des parents
51:41qui le soutiennent
51:42quoi qu'il advienne
51:43et ça va dégénérer.
51:45Et comme on ne peut pas
51:46faire grand-chose,
51:47à part on va porter plainte,
51:48mais il suffit de la plainte
51:50dans beaucoup de cas,
51:51ne l'aboutissent pas,
51:52ils vont faire quoi ?
51:53Ils ne vont rien faire.
51:54Donc les gens,
51:54au bout d'un moment,
51:55soit il y aura un conflit,
51:57soit les gens,
51:58ils partent.
51:59C'est ce qui est arrivé
52:00dans certains quartiers.
52:01Moi,
52:01j'habitais une ZUP à l'époque
52:02dans les années 70-80.
52:04Avec un petit prioritaire ?
52:06J'ai vu tous mes amis partir
52:07parce qu'au bout d'un moment,
52:08ça n'allait plus.
52:11Et au final,
52:12c'est devenu un quartier
52:13où il n'y avait plus de mixité.
52:15Ah oui, d'accord,
52:16ça a fait l'effet inverse
52:17avec les déplacements de population.
52:19Mais ce que je veux comprendre,
52:21c'est est-ce que c'est la proposition
52:22d'Éric Piolle
52:23qui vous semble un peu difficile
52:26à mettre en oeuvre ?
52:27Ou alors,
52:27est-ce que cette idée
52:28de mixité sociale,
52:29finalement,
52:30comme il le dit
52:30de manière un peu triviale,
52:32casser les ghettos de riches,
52:33essayer d'avoir un peu
52:34des enfants dans les écoles
52:37qui soient de parents aisés
52:38et de parents plus précaires ?
52:39Est-ce que ce n'est pas
52:39une bonne idée ?
52:42Déjà,
52:43les personnes aisées,
52:44elles sont dans des quartiers
52:47parce qu'elles veulent être tranquilles.
52:49Elles ont construit ce quartier.
52:51Elles sont venues habiter là
52:52parce que c'était tranquille.
52:54Alors,
52:54soit ça reste tranquille
52:55avec les logements sociaux.
52:57Et à ce moment-là,
52:58pourquoi il y aurait des problèmes ?
53:01Mais il suffit,
53:01comme je vous dis,
53:02il suffit qu'il y ait une personne
53:03et après,
53:06vous avez une personne
53:07qui va créer des problèmes,
53:08une personne qui va s'en aller
53:09pour être tranquille.
53:10Ça va amener une autre personne,
53:11etc.
53:12Et ça fait boule de neige.
53:14Alors,
53:14évidemment,
53:15il n'y a pas de certitude.
53:16Ça peut très bien se passer.
53:18Mais si ça se passe mal,
53:21au final,
53:21le quartier,
53:22tous les gens aisés
53:23vont partir
53:23pour trouver un autre quartier tranquille
53:25et puis pour remplir
53:27le quartier qu'ils ont quitté.
53:28J'entends.
53:29L'effet recherché
53:30n'aura pas lieu.
53:32Merci beaucoup, Jérémy.
53:33On va prendre Jean-Baptiste.
53:34Il nous reste
53:34une minute trente.
53:35Je suis désolé,
53:36Jean-Baptiste,
53:36il va falloir faire vite.
53:37Vous êtes conducteur routier.
53:39Vous êtes,
53:40j'ai l'impression,
53:40plutôt d'accord
53:41avec ce que vient de nous dire
53:42l'auditeur précédent.
53:43Pour vous,
53:44ce n'est pas forcément
53:44une bonne solution ?
53:45Complètement.
53:46Et puis même,
53:47à partir du moment
53:47où on fait mélanger la population,
53:50c'est la mélanger sans distinction.
53:51À partir du moment
53:52où on crée
53:52un logement social,
53:54à partir du moment
53:55où on crée
53:56une inégalité,
53:57donc on crée
53:57une distinction.
53:58Donc déjà,
53:58M. Piole,
53:59il me fait rire.
54:00J'ai l'impression
54:00d'avoir le perno,
54:01elle est une ordure
54:02avec SOS Détresse Amitié.
54:04C'est un monsieur
54:04qui est en recherche
54:05de clientélisme.
54:07C'est une horreur,
54:09ce genre de proposition.
54:14Comment les promoteurs
54:16vont faire
54:16au prix du foncier
54:17dans les beaux quartiers,
54:18comme ils disent ?
54:19Au prix du foncier,
54:19comment est-ce qu'ils vont faire
54:20pour pouvoir proposer
54:21à des prix décents
54:23des logements
54:23qui, de toute façon,
54:24au coût du foncier,
54:25au coût du...
54:26puisqu'il n'y a plus
54:27de taxes d'habitation,
54:27donc tout est reporté
54:28plus ou moins
54:28sur les taxes foncières.
54:30Qu'ils vont faire
54:30pour payer
54:31des taxes foncières
54:32sur des bâtiments ?
54:33C'est utopique complet.
54:35C'est tout...
54:35Irréalisable,
54:36carrément,
54:36au-delà de la volonté.
54:39Mais oui,
54:40mais M. Piole,
54:42il a...
54:44S'il pouvait réfléchir,
54:47ces hommes politiques
54:47qui prennent...
54:48Ça vous fatigue ?
54:49Vous trouvez
54:49que c'est démagogique,
54:50en fait ?
54:51Mais en fait,
54:53c'est une philosophie
54:54de doux rêveurs,
54:56quoi.
54:56C'est impossible
54:57à mettre en place.
54:58Ni financièrement
54:59par rapport aux bailleurs sociaux.
55:00Vous voulez leur imposer quoi ?
55:01Ça veut dire
55:02qu'ils vont vendre
55:03leur logement
55:03beaucoup plus cher
55:04à des gens
55:04qui se saignent
55:06pour éventuellement
55:06donner un héritage
55:07à leurs enfants.
55:09Donc, en gros,
55:10on va habiller Pierre
55:11pour déshabiller Paul.
55:13Il y a un non-sens complet.
55:15En plus,
55:15dans son espèce d'interview,
55:16il racontait gentiment
55:17que deux tiers des Français
55:19avaient le droit
55:20aux logements sociaux.
55:21Commençons déjà
55:21par virer les gens
55:22qui n'ont rien à y faire,
55:23tant par leur comportement
55:25que par leurs revenus.
55:26Et à partir de là,
55:27on pourra avoir
55:28des places éventuellement
55:29aux logements.
55:30Vaste sujet.
55:31Vaste sujet.
55:31Merci beaucoup,
55:32en tout cas,
55:32Jean-Baptiste,
55:33de nous avoir donné
55:34votre avis
55:34sur l'antenne d'RTL.
55:35il est...
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