- il y a 6 mois
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00:00Accords conclus entre Ursula von der Leyen et Donald Trump qui vont donc appliquer des taxes à 15% sur les produits de l'Union Européenne.
00:10La discussion, l'échange a duré autour d'une heure. C'est donc un accord franc de ce que l'on entend des deux parties ?
00:19Alors c'est un accord franc, il faudra voir le détail. Visiblement il y a encore certaines choses qui restent à caler, notamment sur les puces.
00:24Il semblerait qu'il y a un certain nombre de concessions sur l'agriculture, sur l'énergie, sur les voitures, mais tout ça reste sans doute à préciser.
00:30En tout cas l'accord cadre il est posé, les Européens sont contents parce qu'ils gagnent de la visibilité, c'est très important comme l'on a entendu tout à l'heure pour les entreprises.
00:38Et côté américain, Donald Trump est très content parce qu'il peut agiter un papier en disant qu'il a négocié le plus grand des accords avec la plus grande économie du monde en partenariat avec les Etats-Unis.
00:47Donc finalement tout le monde effectivement est content et c'est pour ça que probablement la discussion a été assez rapide.
00:51Alors on va rentrer un petit peu dans le détail des annonces, il y a notamment cette annonce de 600 milliards de dollars d'investissement aux Etats-Unis par les Européens, Pascal Delima.
01:00C'est un élément essentiel pour Donald Trump parce qu'effectivement ces concessions doivent aussi permettre aux Etats-Unis d'y gagner.
01:08Mais moi je m'interroge un tout petit peu, c'est que si on souhaite rééquilibrer la balance commerciale un petit peu en faveur des Etats-Unis, c'est que c'est donc en défaveur un petit peu de l'Union Européenne quand même.
01:21Donc c'est-à-dire que nous les Européens, est-ce qu'on a vraiment gagné à ce jeu aujourd'hui ? Je ne suis pas certain.
01:28En tout cas, on va non seulement investir beaucoup plus aux Etats-Unis, c'est une des contreparties à quoi il faut le préciser aussi, mais d'un autre côté ça veut dire que les règles du commerce international,
01:40parce que si on est excédentaire vis-à-vis des Etats-Unis, c'est qu'on a donc des avantages comparatifs sur un certain nombre de secteurs par rapport aux Etats-Unis et donc on est entre guillemets meilleur et moins cher.
01:49Et donc c'est pour ça qu'on exporte là-bas. Est-ce que ce sont ces règles-là qui sont mises en cause ? À ce moment-là, nous sommes en train de vivre aujourd'hui, au-delà du 15%,
01:57un changement de paradigme international dans le commerce mondial. C'est-à-dire qu'on est en train de basculer vers un monde aujourd'hui où on voit bien que les zones géographiques
02:09sont en train de se protéger par des droits de douane. C'est la mondialisation qui est en train de changer aujourd'hui. Voilà mon intuition.
02:16– Malcolm Biga, cet accord va nous rapprocher, dit Donald Trump, va développer notre relation d'amitié. Il jouait gros sur cet accord aussi, Donald Trump ?
02:24– Je pense que l'accord était nécessaire des deux côtés. Donald Trump avait besoin d'avoir une victoire aujourd'hui sur cet accord européen.
02:30Il avait donné un délai, le délai a été respecté. Il faut quand même rappeler qu'on s'attendait tous à avoir un accord
02:36ou la fin d'une guerre commerciale le 12 juillet. On a eu un premier report. Donc aujourd'hui, quand Howard Lotnik, son secrétaire au commerce,
02:43disait sur Fox News qu'il n'y aura pas de report supplémentaire, c'est bien que cet accord devait arriver aujourd'hui.
02:51Et pour Trump, c'est vrai que c'est une bonne diversion, distraction, on l'a entendu, sur l'affaire Epstein.
02:56De l'autre côté des Européens, on a enfin la fin d'une incertitude sur les relations avec les États-Unis.
03:03On ne va peut-être pas être beaucoup plus proches, mais en tout cas, on sera moins distant avec cette incertitude en moins.
03:08Vous en parliez un petit peu, Pascal Delima, mais on est entré dans une ère de protectionnisme décomplexé complètement avec Donald Trump.
03:16C'est ça. On est vraiment dans une ère où c'est le plus fort qui impose sa volonté.
03:20Et là, c'est le plus fort sur le plan économique qui impose sa volonté.
03:23Donald Trump qui, depuis les dernières semaines, a réalisé des accords avec des pays d'Asie, le Vietnam, le Japon, aujourd'hui l'Union européenne.
03:31Et on voit même d'ailleurs qu'il y a peut-être une courbe de progression.
03:33Demain, ça sera la Chine. Il a donné la date de 50 jours pour la Russie le 1er septembre.
03:38Donc, il se donne peut-être, on peut dire, une tournée économique durant l'été.
03:43Mais la Chine et la Russie seront peut-être des adversaires un peu plus redoutables.
03:47– Oui, juste par rapport à ça, en fait, effectivement, Donald Trump, sur le court terme,
03:51il profite de la puissance économique et militaire des États-Unis pour imposer, effectivement, des choses qui auraient été inimaginables.
03:57Il y a un an, qui aurait pu prédire que les États-Unis imposeraient 10% de douane sur tout le monde
04:01et que, grosso modo, ça passerait.
04:03Donc, ça, c'est une certitude.
04:04En revanche, cette attitude extrêmement agressive, à tous les points de vue, elle a des conséquences.
04:09Pour le coup, tous les blocs, en fait, la Zéane, l'Europe, l'Amérique latine,
04:13commencent à réfléchir, d'un point de vue stratégique, économique, militaire,
04:16sur qu'est-ce qu'on fait par rapport, finalement, à un pays, les États-Unis,
04:19qui n'hésite plus à utiliser sa force pour imposer sa volonté.
04:24Et donc, pour le coup, à mon sens, c'est très gagnant à court terme, effectivement, pour Donald Trump.
04:29Mais à long terme, je pense que ça affaiblit la position des États-Unis au sein du Conseil des Nations.
04:33Et on va partir à Washington, retrouver notre correspondant Antoine Lard.
04:36Antoine, c'est un honneur d'avoir réussi à conclure cet accord, dit Donald Trump.
04:44Oui, exactement.
04:45Donald Trump qui a conclu cet accord, le plus grand jamais signé, dit-il.
04:50Alors, ce qu'il faut retenir d'abord, c'est que l'Union européenne va échapper à ces droits de douane exorbitants de 30%
04:57que Trump menaçait d'imposer à partir du 1er août.
05:00Ce sera finalement 15% sur tous les produits européens.
05:03Et en échange, l'Europe s'engage à plusieurs choses.
05:06D'abord, à acheter davantage d'énergie américaine, en particulier du gaz américain,
05:12à hauteur de 750 milliards de dollars.
05:14Les Européens qui se sont aussi engagés à investir davantage sur le sol américain.
05:19600 milliards d'investissements, annonce Donald Trump.
05:23L'Europe qui va également acheter plus de matériel militaire.
05:26Là, il n'y a pas de chiffres avancés par Donald Trump.
05:29Mais ce sera des sommes importantes, dit le président américain.
05:32Enfin, dernier point important, l'Union européenne s'est également engagée à s'ouvrir davantage aux produits américains.
05:39Là, encore, pas de chiffres.
05:40Mais Donald Trump cite notamment les voitures américaines et les produits agricoles.
05:45Pour Donald Trump, c'est donc le bras de fer qu'il a engagé avec l'Union européenne.
05:51Il en sort globalement vainqueur, il faut bien le dire.
05:54D'abord, dans l'esprit de Donald Trump, les droits de douane doivent permettre de faire rentrer de l'argent dans les caisses aux Etats-Unis.
05:5915% de taxes sur l'ensemble des produits européens.
06:02Ça va faire des milliards de dollars qui permettront, dans un deuxième temps, à Donald Trump,
06:06de financer les baisses d'impôts qui ont été actées cet été avec le vote de cette grande loi budgétaire au Congrès.
06:14Et puis, Donald Trump, l'autre intérêt pour lui de ces droits de douane, c'est de permettre de relocaliser de la production aux Etats-Unis.
06:22Et c'est en partie le cas avec cet accord, avec ces 600 milliards d'investissements européens annoncés par Donald Trump,
06:28qui va donc pouvoir se présenter devant ses électeurs avec une victoire face à l'Europe.
06:34– Merci beaucoup Antoine Ellard, et on suivra évidemment avec vous la réaction des Américains après l'annonce de cet accord.
06:41Quand on écoute le résumé d'Antoine, alors on a 150 milliards de dollars d'énergie américaine qui seront achetées par les Américains,
06:49on a 600 milliards de dollars d'investissements, Donald Trump a parlé de l'automobile, des produits agricoles,
06:55mais alors tout ça, ce sont des efforts des Européens, en contrepartie…
06:59– J'aimerais bien entendre… – Non, je vous en prie, allez-y.
07:01– C'est ce que j'ai, depuis le début, alors il faut peut-être attendre demain,
07:04il y a peut-être des choses qui n'ont pas été dites, je ne sais pas, mais pour l'instant…
07:08– À quoi s'engagent les Américains ?
07:10– C'est une question que je me pose en fait, j'aurais bien aimé entendre un peu,
07:14Donald Trump en contrepartie ouvre le marché du green européen aux Etats-Unis,
07:23ouvre l'industrie du luxe, l'agriculture, je n'ai pas encore entendu tout ça,
07:27qu'il y ait une contrepartie, parce que là pour l'instant, c'est ce que je disais tout à l'heure,
07:30comme on a un déficit d'un côté, le rééquilibrage, il faut qu'il soit aussi équitable,
07:35c'était ça l'idée au départ.
07:36– Mais Ursula von der Leyen, elle avait l'air satisfaite, a priori, des images que l'on a vues ?
07:40– Oui, oui, pour le coup oui, enfin je pense qu'elle avait…
07:42– Elle n'avait pas le choix, surtout !
07:43– Enfin, elle n'avait pas le choix d'une certaine façon, mais ça donne de la visibilité,
07:47on part sur 15% plutôt que 30%, donc effectivement, c'est moins pire que ce que ça aurait pu être,
07:51c'est une première chose, juste par rapport à ces chiffres de 600 milliards, etc.,
07:55les Japonais avaient dit 550 milliards, donc on est dans une surenchère,
07:59il faudra voir dans la réalité ce qui va se produire.
08:01Déjà, si on prend ne plus que les Japonais, c'est 550 milliards,
08:04il y a déjà des discussions sur le fait que ce ne sera peut-être pas 550,
08:07que ce sera peut-être moins, donc en fait, il faut prendre un peu de recul dans toutes ces annonces,
08:11il y a effectivement un très bel accord cadre, tout le monde est très content,
08:14dans les faits, est-ce que les Européens vont vraiment investir 600 milliards ?
08:18Peut-être, mais peut-être pas en fait.
08:19– Puis on peut ouvrir le marché automobile aux Américains,
08:23mais on en a beaucoup parlé ici même, l'industrie automobile en Europe
08:27vit une crise importante, donc qu'est-ce que ça veut dire qu'il y a de nouveaux concurrents ?
08:31– Qu'est-ce qu'ils peuvent espérer justement les Européens, les Français ?
08:36– Si on se passe du point de vue français, qu'est-ce qu'on peut espérer ?
08:40Quelque chose en geste sur nos vins par exemple, sur nos produits alimentaires ?
08:44– Oui, produits alimentaires, vins effectivement, spiritueux,
08:47l'agriculture en général, nos compétences sur l'intelligence artificielle,
08:52on en parle assez peu, parce qu'eux ont un excédent.
08:55J'aurais aimé entendre, à contrario, vos excédents, vos GAFAM,
08:59le cloud que vous utilisez, c'est-à-dire en fait, c'est le fait d'héberger finalement
09:04et d'être propriétaire de données européennes, vous nous les rendez, vous les cédez,
09:07donc on pourrait très bien, sur l'aspect secteur financier,
09:10parce qu'ils sont excédentaires, conseils en organisation, en management,
09:15les nouvelles technologies de l'information,
09:17on aurait pu aussi imposer des contreparties,
09:19pour qu'on soit nous aussi dans le monde de demain,
09:21parce que c'est les métiers de demain qu'on fait à travers ces trois secteurs d'activité,
09:24un peu gagnants également.
09:26– Malcolm Bigas, ce qu'il faut expliquer aussi,
09:28c'est que désormais les États membres de l'Union européenne
09:31vont devoir le valider, cet accord sur les droits de douane.
09:33– C'est ça, mais étant donné que Van der Leyen a eu quand même le mandat de ces pays,
09:38on peut partir du principe que tout ce qui a été énoncé dans l'accord cadre
09:42a eu, on peut dire, l'aval des pays européens,
09:45mais c'est vrai que c'est un accord qui va devoir valider à la majorité qualifiée,
09:49donc 15 pays sur les 27.
09:53Et il faudra quand même voir le détail de ce qui reste à discuter,
09:56on a quand même parlé des puces électroniques,
09:58je pense qu'en effet certains pays pourront peut-être se sentir un peu floués,
10:01de voir qu'il n'y a finalement pas vraiment de contrepartie de la part des Américains,
10:04à part de ne pas devoir imposer 30%,
10:06mais est-ce que c'est une vraie contrepartie ?
10:08Et on verra quand même la suite de cet accord et de ces discussions
10:11pour voir si on est finalement tant perdant que ça.
10:14– Ça veut dire qu'il va falloir lire entre les lits ces prochains jours,
10:16on en saura un petit peu plus sur le détail de cet accord.
10:19– Sous-titrage ST' 501
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