Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 6 mois
Votre rendez-vous 100% direct, décryptage, débats. Pour tout savoir mais aussi tout comprendre de l’actualité. Aux côtés de François Gapihan : les meilleurs experts et tous les acteurs qui font l’info

Catégorie

📺
TV
Transcription
00:00On en revient à cette lettre dont les Européens se seraient vraisemblablement bien passés.
00:05Donald Trump vient d'écrire à la présidente de la Commission européenne pour lui annoncer ce qui ressemble à une mauvaise nouvelle,
00:11ce qui en l'état reste une menace.
00:13Karine Houten, bonsoir, vous êtes aux Etats-Unis pour BFM TV.
00:15Trump compte infliger 30% de droits de douane aux produits exportés aux Etats-Unis, et ce à partir du 1er août, c'est dans trois semaines.
00:22Oui, alors, 30% sur les produits en provenance de l'Union européenne à partir du 1er août, si un accord n'est pas trouvé d'ici là.
00:33En tout cas, ces 30%, ce serait historique, puisque jamais dans l'histoire de nos relations commerciales avec les Etats-Unis,
00:40jamais de telle barrière douanière n'aurait été imposée.
00:44Ursula von der Leyen a immédiatement menacé de représailles.
00:48Donald Trump s'y attendait, puisqu'il a mis en garde et prévenu qu'en cas de mesure de rétorsion,
00:52eh bien, il augmenterait d'autant les surtaxes sur les importations européennes en plus des 30% de base.
01:00Cette punition de 30% de droits de douane, ce n'est pas une surprise.
01:04Donald Trump l'avait annoncé au mois d'avril.
01:07Il s'impatiente surtout qu'aucun accord commercial n'ait été signé depuis,
01:12et en particulier sur cette semaine qui vient de s'écouler.
01:14Il faut prendre cette lettre comme une piqûre de rappel, si vous voulez,
01:17et une manière de mettre la pression maximum sur les négociateurs européens.
01:21Et puis d'ailleurs, l'Union européenne n'est pas la seule à être punie,
01:25puisque la Maison-Blanche a annoncé hier taxer les produits canadiens à 35% à partir du 1er août,
01:32les produits mexicains à 30%.
01:33Donald Trump se met à dos ses principaux partenaires commerciaux,
01:38surtout ceux qui ont été les plus vocaux, ceux qui l'ont défié publiquement.
01:43– Merci Kav Nouten, en direct des États-Unis pour BFM TV.
01:46Allons aussi à Bruxelles, retrouver Mickaël Dunut.
01:49Ursula von der Leyen a répondu très rapidement à Trump.
01:52– Oui, tout à fait, c'est un nouveau coup de pression ici sur l'Europe.
01:57Et Ursula von der Leyen se montre ferme, mesurée ce samedi après-midi.
02:03Elle a réagi sur X, elle croit encore dans les vertus de la négociation,
02:08même s'il ne reste qu'un jour, trois semaines.
02:10Assez peu de temps, l'Union se dit prête à continuer à travailler à un accord
02:14après ce nouveau coup de pression américain, cette piqûre de rappel, effectivement.
02:20Mais elle n'exclut pas pour autant des représailles.
02:24La diplomatie va donc se remettre en marche ici à Bruxelles.
02:28La base des droits de douane américains espérée serait fixée autour de 10%,
02:32avec peut-être quelques exceptions.
02:34On sait qu'aucune nouvelle réunion entre les Américains et les Européens
02:37n'est prévue dans les jours qui viennent, mais par contre, ici à Bruxelles,
02:41il y a des négociations et des réunions qui sont prévues dès demain.
02:45– On imagine. Merci beaucoup, Mickaël, en direct de Bruxelles pour BFM TV.
02:48Bonsoir, Rémi Bourgeau. – Bonsoir.
02:49– Vous êtes économiste et chercheur associé à l'IRIS, soyez le bienvenu.
02:53Anthony Bossa, à vos côtés, journaliste politique BFM TV.
02:56Léa Marine nous accompagne également ce soir.
02:57Bonsoir, vous êtes la directrice générale de l'entreprise Le Sleep Français,
03:00qui exporte notamment aux États-Unis, pour l'instant en tout cas.
03:04On verra ce qu'il en est dans le futur proche éventuellement.
03:06et Olivier Ravanello, consultant politique étrangère de BFM TV.
03:09Bienvenue à tous les quatre.
03:10Je vous propose d'abord de regarder cette réaction d'Emmanuel Macron.
03:14Il y a de cela une petite heure.
03:16Emmanuel Macron qui, ce soir, exprime, je cite,
03:19« sa très vive désapprobation »
03:22et qui appelle l'Union européenne à défendre résolument les intérêts européens.
03:28Donald Trump qui compte donc infliger 30% de droits de douane aux produits exportés aux États-Unis,
03:36aux produits européens, à partir du 1er août, c'est dans moins de trois semaines.
03:40Écoutez ce que disait, ici même, il y a une heure, Thierry Breton,
03:44ancien commissaire européen aux commerces intérieures et ancien ministre de l'économie.
03:48– On ne découvre pas qui est Donald Trump, on sait qui il est,
03:52il ne dit pas du reste que des bêtises, il ne dit pas que des sottises,
03:55souvent du reste, ces intuitions qui fondent ces décisions sont des intuitions qui sont vraies.
04:00Après, c'est sur l'exécution.
04:02Donc on est maintenant dans l'exécution.
04:04Je le redis, il faut garder son sang-froid.
04:07– C'est votre message ce soir.
04:08– On est dans les trois dernières semaines.
04:11– Et c'est jouable.
04:12– Oui, il veut obtenir vraisemblablement ce qui était sur la table.
04:16Qu'est-ce qu'il va vouloir obtenir ?
04:18Il va vouloir obtenir sans concession ce dont je viens de vous parler.
04:21Eh bien voilà, nous avons trois semaines maintenant pour essayer de voir ce que l'on peut mettre en face.
04:25– Et vous, Léa Marie, vous êtes zen, vous, ce soir ?
04:27– Agacée, très agacée, forcément, parce qu'on n'arrive pas à stabiliser nos prévisions.
04:34Et au-delà de ça, au-delà des premières interviews qu'on avait faites
04:37sur le slip français et ses exportations aux Etats-Unis,
04:41il y a un vrai sujet de pouvoir d'achat aussi aux Etats-Unis.
04:43Donc, droits de douane ou pas, on est de toute façon touché
04:46par une baisse des commandes des clients américains.
04:50– 30% de droits de douane dans trois semaines,
04:53chez le slip français, ça représente quoi concrètement ?
04:55Donnez-nous un exemple si c'est possible.
04:56– Ça représente un risque de perte de chiffre d'affaires de 5% pour nous.
05:00Donc peut-être même, on ne va peut-être pas en tout cas faire de bénéfices cette année
05:05en se disant, on a acheté en tout cas de la marchandise pour sécuriser
05:08le mois d'août, le mois de septembre à rentrée,
05:11parce qu'en production, il faut qu'on prenne un peu d'avance pour pouvoir vendre.
05:14Et finalement, on se dit que cette marchandise, on ne va pas pouvoir la vendre,
05:16que le client ne va pas pouvoir acheter.
05:18– C'est ça parce que vous n'imaginez pas répercuter les 30%
05:20sur le prix de vente aux consommateurs américains ?
05:23– Au tout début, je disais, et je prenais ça avec beaucoup d'insolence,
05:26en disant, on va garder ces 100% de droits de douane,
05:29et de toute façon, c'est nous qui prendrons sur notre marge, si possible.
05:32Sauf qu'à force de prendre chez nous, on a aussi du stock,
05:36on n'arrive pas à écouler, donc on s'affaiblit.
05:39Si on augmente aujourd'hui, même à minima, en se disant,
05:41on prend 50% de droits, le client américain est très affaibli dans son pouvoir d'achat.
05:46Donc nous, on parle de slip, ce n'est pas un produit de première nécessité,
05:50il va privilégier de remplir son frigo, comme ce qu'on vit aussi en France en ce moment,
05:55c'est très difficile.
05:55– Donc progressivement, ce sont des portes américaines qui se referment ?
05:58– Oui, oui, elles ont déjà commencé à se fermer,
06:01on sent une baisse en tout cas de notre chiffre à l'international.
06:03– Olivier, ça reste une menace, la raison pour laquelle Thierry Breton
06:08appelle tout le monde à garder son sang-froid ce soir,
06:09il reste trois semaines pour négocier, pour obtenir un accord,
06:12et c'est Ursula von der Leyen, la présidente de la Commission européenne,
06:14qui doit parvenir, et son équipe qui doit parvenir à cet accord.
06:18– Oui, les données du problème sont identiques que le jour
06:22qui est celui qu'on voit derrière vous, où les droits de douane ont été montrés,
06:2830%, c'était ce qui était promis à l'Union européenne,
06:31et avec un délai qui maintenant court jusqu'au 1er août pour trouver un accord.
06:36Et si, pas d'accord, 30%, qui sont 30%, on l'a bien compris, punitifs.
06:44Il y a sans doute une façon de trouver un accord intermédiaire.
06:47Le problème, c'est que durant tous ces mois de discussion,
06:50la négociation n'a pas suffisamment avancé pour aboutir.
06:54Donc vous êtes dans un moment de bras de fer,
06:57l'Union européenne envoie des messages très clairs à Donald Trump
07:01en disant, si vous mettez en application les 30% au 1er août,
07:06ça veut dire que nous aussi, en même temps,
07:08on va mettre en application des droits de douane à peu près équivalents
07:11sur vos produits, et puis on verra bien.
07:13On verra bien si vous pouvez vous passer des consommateurs européens.
07:19Le problème, c'est que si vous rentrez dans une guerre, même courte,
07:22elle peut faire des dégâts, elle peut faire des victimes.
07:24Il y a des entreprises qui, en un mois, deux mois,
07:26peuvent mettre la clé sous la porte
07:27parce qu'elles sont trop dépendantes des États-Unis.
07:30Et puis, il y a un dernier élément qu'il faut avoir en tête,
07:32c'est que vous êtes dans un deal.
07:34Et quand vous avez une équipe qui vient pour négocier
07:38avec un mandat très clair, c'est-à-dire je négocie sur les droits de douane,
07:43ça vous ferme la possibilité de mettre autre chose dans le deal.
07:46Et ça, c'est la grande spécialité de Trump.
07:48C'est-à-dire que vous parlez de quelque chose avec lui,
07:50et puis au passage, pour que le deal passe,
07:51il va vous demander de rajouter des pommes, des bananes, etc.
07:55C'est un peu ce qui peut être une option.
07:57C'est-à-dire, et si on voit aujourd'hui les chefs d'État européens
08:02prendre la parole, ce qui n'était pas le cas jusqu'à présent,
08:05c'est peut-être aussi une façon de dire
08:07on peut discuter d'autre chose à côté.
08:10Il y a une question qui se pose là immédiatement.
08:12L'Europe veut aider l'Ukraine en fournissant des armes.
08:15Il y a des armes qu'on n'a pas encore produites.
08:18Il va falloir les acheter.
08:18Si on dit aux Américains, bon, on vous achète des armes
08:22un peu plus que ce qui était prévu pour les envoyer aux Ukrainiens,
08:25peut-être que vous pouvez rentrer dans cette logique de deal
08:28que Trump aime tant, où vous mettez un peu tout.
08:30Une expression italienne que j'aime bien, c'est tout au fabreau.
08:32Vous prenez tous les légumes pour faire une soupe.
08:34C'est un peu ça la façon de négocier de Trump.
08:36Rémi Bourgeau, quel secteur européen souffrirait le plus
08:41si d'aventure cette menace est mise à exécution ?
08:4430% de droits de douane à partir du 1er août.
08:47Justement, les pays européens déjà sont affectés de façon très diverse.
08:53C'est ce qui affecte la posture de négociation
08:55et ce qui l'affaiblit considérablement.
08:58Et le pays qui est le plus visé derrière ces annonces en Europe,
09:02c'est l'Allemagne qui a un énorme excédent
09:04qui dépasse toutes les mesures.
09:07Qu'est-ce qu'elle exporte aux Etats-Unis ?
09:08A beaucoup d'automobiles, de machines.
09:11C'est extrêmement large et c'est quelque part plus déséquilibrable encore
09:16qu'avec la Chine si on ramène à la taille du pays.
09:19Mais pour qu'on comprenne bien, l'Allemagne fait partie des pays,
09:21avec l'Italie par exemple, qui ne sont pas du tout pour un bras de fer,
09:25une guerre, des rétorsions trop violentes à l'égard des Etats-Unis.
09:29On a vraiment ce débat entre les enjeux de court-moyen terme,
09:34de sauver les exportations actuelles.
09:36C'est vraiment l'obsession allemande que reflète Ursula von der Leyen.
09:41Et de l'autre, la question de notre potentiel technologique à plus long terme,
09:46avec le problème de l'extrême dépendance qu'a l'Europe vis-à-vis des Etats-Unis
09:50en matière numérique et militaire.
09:53Évidemment, on a vu ces scènes assez surréalistes au récent sommet de l'OTAN,
09:58où en gros, les Européens faisaient profession de foi
10:01d'augmenter non seulement leur budget de défense,
10:05mais d'importer énormément de matériel militaire des Etats-Unis.
10:09Avec un discours très surprenant,
10:13qui est de la part notamment du secrétaire général de l'OTAN,
10:16qui dépassait toutes les attentes du point de vue américain.
10:18La France, dans tout ça, rappelez-nous la position française ce soir, Anthony.
10:25Elle a été rappelée à l'instant d'ailleurs,
10:26par le ministre du Commerce extérieur, Laurent Saint-Martin,
10:29qui dit que la position française est claire.
10:31Un accord équitable ou une riposte proportionnée, entre parenthèses,
10:35bien, service, anticoercition.
10:37Je fais une petite parenthèse sur anticoercition, qu'est-ce que ça veut dire ?
10:40Et d'ailleurs, Emmanuel Macron, si on peut revoir son tweet,
10:42il a fait référence.
10:43Alors ça, c'est le tweet du ministre du Commerce extérieur,
10:46mais Emmanuel Macron, il a fait référence dans son message publié sur les réseaux sociaux.
10:49Il a dit qu'il fallait accélérer la préparation de contre-mesures crédibles
10:52par la mobilisation de l'ensemble des instruments à sa disposition.
10:55Il inclut le mécanisme anticoercition.
10:58C'est un mécanisme juridique qui a été adopté il y a deux ans par le Conseil européen
11:01et qui prévoit notamment d'interdire d'accès au marché public européen
11:05les Américains et les entreprises américaines.
11:07Et c'est décrit comme étant un bazooka économique par Stéphane Séjourné,
11:10qui est le vice-président de la Commission européenne en charge de la stratégie industrielle.
11:14Donc la position française, pour l'instant, c'est une réponse proportionnée.
11:17Mais effectivement, si Donald Trump ne recule pas, ou recule en tout cas un petit peu,
11:22ou pas assez au regard des Européens,
11:25il pourrait y avoir matière, occasion pour les Européens d'utiliser cette menace
11:30qui est l'ultime recours, au fond, face à cette guerre commerciale
11:34qui est entamée par les États-Unis.
11:36Alexis de Galambert est avec nous.
11:37Bonsoir, vous êtes le fondateur de la fabrique de cookies.
11:40Vous, ce soir, comment vous envisagez la suite ?
11:44Ah ben écoutez, bonsoir, j'envisage la suite.
11:49Pour le moment, je n'ai pas trop le choix.
11:50Je fais avec, comme depuis le début de cet épisode,
11:52qui dure, on ne va pas se mentir.
11:55Trump fait du Trump.
11:56Donc voilà, c'est encore une mauvaise nouvelle.
11:59Mais finalement, on n'est pas à l'abri d'avoir une bonne nouvelle dans trois jours.
12:02Donc je suis assez d'accord avec Thierry Breton sur le fait de garder son sang-froid.
12:06Je trouve juste, pour ajouter à ce qui a été dit,
12:08et qui était très intéressant sur votre plateau,
12:10que l'Europe joue gros sur cette négo,
12:13parce que quand même, en tout cas, moi, au niveau de mon entreprise,
12:16je joue gros aussi, puisque voilà...
12:19Pouvez-vous nous expliquer concrètement ce que ça représente financièrement pour vous
12:22et surtout quel est l'enjeu si d'aventure la menace de 30% est mise à exécution ?
12:27Bien sûr, c'est très concret.
12:28Pour que vous compreniez, aujourd'hui, c'est 30% de mon chiffre d'affaires.
12:30J'exporte des sablés aux États-Unis.
12:32J'ai signé un très gros contrat.
12:34Je viens de signer mon deuxième.
12:36Donc je suis en pleine expansion aux États-Unis
12:39et j'ai des contacts très avancés au Canada.
12:41Bon, le Canada, a priori, ça se passera bien,
12:43enfin mieux en tout cas.
12:44Mais mes contrats aux États-Unis sont très engageants pour ma société
12:47puisque ça représente beaucoup d'embauches,
12:50beaucoup d'investissements dans des lignes de production,
12:51en particulier dans mon usine à côté de New York, dans les Deux-Sèvres.
12:55Donc voilà, il y a des engagements financiers derrière qui sont pris.
12:57Et une hausse de 30%, je rejoins un peu ce qui a été dit,
13:01c'est que ça augmenterait le prix pour le client américain.
13:05Et le client américain a aussi ses problèmes de pouvoir d'achat.
13:08Donc en fait, j'aurais mécaniquement une baisse de volume très conséquente
13:11sur mes contrats déjà en cours.
13:13Donc ce serait objectivement une très mauvaise nouvelle.
13:15Aujourd'hui, mes sablés sont vendus 3,50 $ aux États-Unis.
13:19Ça passerait le seuil symbolique du coût des 4 $
13:22si Trump mettait ses menaces à exécution.
13:25Et dans la food, si vous voulez, vous avez une élasticité prix
13:27qui est très faible dans le sens où plus le prix augmente,
13:30plus les volumes baissent.
13:31Et ils baissent proportionnellement plus que la hausse de prix.
13:33Donc on peut, en tout état de cause,
13:35penser que mes volumes baisseront d'au moins 30%
13:36et probablement un peu plus.
13:38Une question pour vous, Alexis de Galonvert,
13:39de la part d'Olivier Arvanello.
13:41Est-ce que vous entendez l'argument, la proposition de Trump
13:43qui est de dire « venez fabriquer chez nous ».
13:45Est-ce que c'est crédible ? Est-ce que c'est réaliste ?
13:48Est-ce que vous y pensez ?
13:49Et la question vaut pour vous.
13:50Pas des slips français, mais des slips américains.
13:53Allez-y, Alexis de Galonvert.
13:54Pardon, mon entreprise est beaucoup trop petite
13:57pour prendre ce risque.
13:59Je fais 16 millions d'euros de chiffre d'affaires,
14:00je suis encore un lilliputien dans le monde de l'agroalimentaire.
14:02Donc j'exporte en produisant en France.
14:04Je n'ai pas du tout les capacités de construire une usine là-bas.
14:07Et ce serait un risque financier beaucoup trop important pour moi.
14:10Mais j'entends beaucoup, beaucoup, beaucoup d'industriels,
14:13et évidemment je ne vais pas les citer,
14:14mais qui sont beaucoup plus gros que moi,
14:15dont les décisions ont déjà changé.
14:18Et qui réouvrent des sites,
14:19ou qui investissent dans des sites existants,
14:21ce qui n'était pas prévu.
14:22Donc oui, la stratégie de Trump fonctionne.
14:25Et les industriels investissent plus aux Etats-Unis
14:27pour éviter les droits de donne.
14:29Vous, Léa Marie, la question...
14:32Oui, bien sûr.
14:32Vous pourrez aussi à quand le slip américain ?
14:34On n'aura pas les moyens, pareil.
14:36La réponse est la même.
14:37On fait 20 millions d'euros de chiffre d'affaires.
14:39Ça reste conséquent pour une entreprise
14:40qui fait tout en France,
14:41et en même temps très fragile.
14:42Les impacts vont être vraiment dévastateurs.
14:45On est en train de rebâtir notre industrie post-Covid.
14:48On le sait.
14:48C'est très lourd.
14:49Il y a des investissements lourds.
14:50C'est des emplois qui sont menacés.
14:52Si on n'a pas de visibilité, il le dit.
14:54S'il n'y a pas de visibilité à moyen...
14:55On ne demande même plus du long terme.
14:56À moyen terme, c'est un impact sur l'emploi tout de suite.
14:59Rémi Bourgeau, en conclusion,
15:02on en revient toujours à cela,
15:03l'économie a horreur de l'instabilité
15:06et ce que crée continuellement Trump.
15:09On verra ce qui arrive le 1er août,
15:11parce qu'on n'est pas de 20,
15:12mais c'est avant tout l'instabilité.
15:14Il y a une vraie question de stratégie industrielle.
15:18Ce que demande Trump, notamment,
15:20c'est que les très grands exportateurs,
15:22notamment allemands,
15:23produisent davantage aux États-Unis.
15:24On a déjà vu une large amorce de ce mouvement
15:27dans l'industrie automobile allemande,
15:29qui a ouvert des sites de production,
15:31en particulier dans le sud des États-Unis,
15:33pour bénéficier de coûts plus bas
15:34que dans les bastions historiques de l'automobile.
15:37C'est toujours ça,
15:38le cœur de la négociation commerciale.
15:42Aujourd'hui, on est toujours dans cette question-là
15:44et c'est légitime,
15:45notamment vis-à-vis d'une grande partie
15:48de l'industrie allemande.
15:49Le problème, c'est qu'aujourd'hui,
15:50ce que met Trump dans la balance,
15:52c'est de rendre l'Union européenne,
15:55l'industrie européenne,
15:56encore plus dépendante des États-Unis
15:58dans des domaines qui sont absolument cruciaux
16:00pour notre avenir technologique.
16:03C'est en ça qu'il faudrait vraiment
16:04que les Européens développent une stratégie
16:07vis-à-vis de Trump
16:07et qu'ils soient ancrés dans la stratégie industrielle
16:10et ils sont incapables pour l'instant
16:11de se mettre d'accord.
16:13Et ce qui prévaut,
16:14c'est les intérêts de tel ou tel lobby
16:17ou industrie dans certains pays.
16:19Merci à tous.
16:20Merci d'avoir accepté l'invitation de Newsbox.
Écris le tout premier commentaire
Ajoute ton commentaire

Recommandations