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  • il y a 5 mois
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00:00De retour dans Newsbox sur BFM TV, le thermomètre continue de grimper sur la moitié sud de la France, 53 départements placés en vigilance canicule, demain 41 en orange, 12 désormais en vigilance rouge des départements situés dans le sud-ouest de la Charente-Maritime à Lod.
00:24Le mercure a dépassé les 40 degrés en plusieurs endroits aujourd'hui, pas toujours facile à supporter, que l'on travaille ou que l'on soit en vacances.
00:33Milan Argelas, vous êtes à Albi et le Tarn passe justement en vigilance rouge demain.
00:40Oui, ça y est, la maximale a été atteinte ici à Albi, 38 degrés, il fait très chaud, il faut dire, c'est une ville où il n'y a pas beaucoup d'air, qui est dans une cuvette où on ressent vraiment cette chaleur.
00:52Et donc forcément, la ville essaye de s'adapter en mettant en place des fontaines, par exemple 21 fontaines qui ont été installées dans la ville d'Albi pour se rafraîchir.
01:03Forcément, ça permet aux familles venues ici d'en profiter, c'est justement le cas de Josy.
01:08Josy qui surveille son petit-neveu actuellement.
01:11Josy, racontez-nous comment vous la vivez cette chaleur ?
01:13Très difficile, très difficilement, c'est vraiment dur quoi.
01:18Voilà, donc on essaye de s'adapter en menant les enfants jouer aux fontaines, parce que si nous vivons en appartement, c'est dur.
01:25Oui, justement.
01:26C'est automatisé en plus, donc c'est dur.
01:28Comment vous faites pour vous adapter justement ? On reste enfermé chez soi ou on profite de moments de fraîcheur comme celui-ci ? Racontez-moi.
01:36Il faut sentir un peu, il faut rester à l'ombre plutôt.
01:38Donc là, comme là, on a trouvé ce point d'eau et puis sinon ça ouvra au parc là-bas, où il y a de l'ombre, mais pas rester enfermé. C'est trop dur.
01:45Cette canicule, elle va s'intensifier puisque le tarn va passer en vigilance rouge. Comment vous comptez vous adapter cette nuit ?
01:52Cette nuit, je ne sais pas comment, mais bon, on va essayer de... Je ne sais pas. Je ne sais pas, comme nous, on n'a pas... Je n'ai pas trop vécu ça, donc je ne sais pas.
01:59Je ne sais pas du tout.
02:01Merci.
02:01On va s'adapter au mieux, se rafraîchir, mettre des sévettes fraîches sur la tête ou sur le cou, je ne sais pas. Mais on va essayer de s'adapter.
02:09Merci beaucoup Josie et bon courage pour cette nuit parce que, on l'a dit, le tarn va passer en vigilance rouge, donc dès demain, dès dimanche minuit.
02:17Merci beaucoup, Milan Argelas. En direct depuis Albi, vous étiez avec Simon Pires de Sousa pour les moyens techniques.
02:27Cette décision, on va voir comment est-ce qu'elle est prise. Bonjour, Yann Amis. Vous êtes météorologue chez Weather & Co.
02:35Expliquez-nous justement comment Météo France prend cette décision de passer certains départements en alerte rouge.
02:41Oui, bonsoir. Alors, je ne peux pas me supplier au service de Météo France, mais globalement, la prise de décision, elle se fait avec différents services
02:50et au regard également, à la fois, des températures maximales qui seront rencontrées, mais il faut bien prendre en compte aussi la partie minimale de température
02:59parce que ça constitue notamment ce qu'on appelle le seuil de canicule et ensuite la durée de l'événement.
03:04Donc, avec ces ensembles, je dirais, d'informations, les collègues de Météo France vont pouvoir prendre position sur qu'est-ce qu'on va promouvoir,
03:13on va dire, en termes, je dirais, de vigilance et surtout, vers quel niveau de vigilance on va s'orienter.
03:18Et là, on le voit au travers un petit peu, je dirais, de la modélisation qui apparaît sur les modèles météorologiques
03:24pour ce qui est des températures maximales avec un bloc, je dirais, de surface assez conséquent à plus de 40-40 degrés.
03:32C'est, je dirais, surprenant qu'on bascule tout de suite en vigilance rouge sur une grande partie sud-ouest de la France.
03:38Qu'est-ce qui explique d'ailleurs, selon vous, cette vague de chaleur en France en ce moment ?
03:43Alors, cette vague de chaleur, comme on l'avait expliqué avec vos collègues, je crois qu'il y a déjà deux ou trois jours,
03:49il y a deux parties. Il y a une partie où on est sur un flux de secteur sud-ouest assez fort en altitude,
03:53donc qui va tout simplement favoriser le retour, je dirais, de la dorsale anticyclonique sur l'ensemble de la France,
03:57donc des conditions de haute pression ou anticyclonique.
04:01À cela s'ajoute, en fait, l'arrivée de l'ancienne dépression tropicale Dexter,
04:06qui est à peu près au nord des Açores pour demain,
04:08et qui va notamment assurer une pulsion d'air chaud supplémentaire en altitude.
04:12Donc comme cet air chaud arrive en altitude, finalement, il donne un contexte encore plus favorable
04:16pour qu'on observe en basse couche, notamment à la faveur d'un temps très ensoleillé,
04:20une hausse notamment et une consolidation des températures maximales.
04:24Donc on a un ensemble de facteurs qui sont à la fois en altitude et à la fois en basse couche,
04:28puisque comme on le voit, finalement, on n'a pas de nuages aujourd'hui au-dessus de la France.
04:32Aurel Gage en plateau avec notre consultant santé.
04:36Quel conseil on peut donner aux habitants de ces régions, notamment face à ces fortes chaleurs ?
04:41Alors l'objectif, il faut bien comprendre que face à une augmentation de la température,
04:45eh bien notre corps va devoir compenser, puisqu'il faut que votre température reste constante dans le temps,
04:51quelles que soient les variations du milieu extérieur.
04:53Eh bien pour cela, le principal outil que l'on a, c'est la sudation.
04:57Donc comment on fait pour s'aider à suer ?
05:00Eh bien c'est tout simplement, on va boire de l'eau.
05:02Le fait de boire de l'eau, l'objectif n'est pas de refroidir le corps,
05:05parce que vous avez des gens qui vont vous dire qu'il faut boire de l'eau fraîche.
05:06Non, ça n'a pas particulièrement d'intérêt.
05:08L'intérêt premier de boire, c'est de permettre à votre corps de suer.
05:11Et la sudation, ça va vous permettre d'éviter justement l'hyperthermie.
05:15Attention quand même, pour certaines populations vulnérables,
05:18les populations vulnérables que sont les personnes âgées,
05:21que sont les jeunes enfants, les personnes âgées,
05:23principalement parce qu'elles ont des difficultés à suer,
05:26et que finalement notre mécanisme de défense avec l'âge devient de plus en plus faible,
05:31eh bien pour les personnes âgées, c'est pour ça d'ailleurs que dans les établissements de type EHPAD,
05:36eh bien il y a toujours une salle qui est climatisée.
05:38Parce que l'objectif, là, on sait que la sudation ne sera pas un processus physiologique suffisant,
05:43voire l'hydratation, ce sera quelque chose de difficile à supporter chez des insuffisants rénaux.
05:47Donc pour ces gens-là, eh bien il va falloir juste éviter la chaleur.
05:50Et pour les jeunes enfants, eh bien on les fait boire, on les fait boire le plus d'eau possible.
05:54Rassurez-vous, ils ont des reins qui fonctionnent,
05:57donc on n'hésite pas à les faire boire,
05:59on n'hésite pas à leur mettre le bob ou la casquette, quoi qu'il arrive.
06:01Et pour vous, parce que je tiens à vous rappeler que vous pouvez vous-même être déshydraté,
06:05on se rappelle de trois signes simples.
06:07Eh bien, si vous avez des maux de tête, si vous avez des crampes,
06:12ou alors si vous avez des nausées, c'est les premiers signes de déshydratation.
06:15Qu'est-ce qu'on se fait ?
06:16On se jette sur un verre d'eau et pas de rosée, s'il vous plaît, ça déshydrate.
06:19De l'eau, évidemment.
06:20On va continuer à parler justement des EHPAD, des crèches, etc.
06:23avec le lieutenant-colonel Frédéric Harrault qui est à distance avec nous.
06:28Bonjour, vous êtes porte-parole de la sécurité civile.
06:31On est passé pour une douzaine de départements en vigilance rouge.
06:36Cela engendre évidemment la mise en place d'un plan sanitaire pour les autorités.
06:42Exactement. Bonjour.
06:43C'est surtout les mairies qui vont entrer en œuvre pour mettre à disposition des personnes
06:49qui n'y auraient pas accès des emplacements pour pouvoir se rafraîchir.
06:52Dans les EHPAD, on va les trouver évidemment.
06:57Cela va être mis en place pour les personnes âgées.
06:59Mais il faut imaginer qu'un certain nombre de publics n'ont pas accès à tous ces endroits-là.
07:03Et donc les mairies vont mettre en place ces lieux-là.
07:08Alors repensez les plans d'eau, les fontaines, les lieux de baignade.
07:12C'est justement l'un des objets de vos travaux, Boris Véliachef.
07:18Vous êtes architecte et expert en risques majeurs.
07:21Cela fait partie des plans d'urbanisme du futur.
07:23Justement, repensez tous ces plans d'eau dont nous parle le lieutenant-colonel Aroues.
07:27Bien sûr. Il ne faut pas oublier que 8% sur 10 vivent en milieu urbain.
07:31Donc face à l'augmentation des températures dans nos villes, il va falloir s'adapter.
07:35Donc il faut repenser l'aménagement.
07:37Alors l'aménagement, ça ne comporte pas seulement les plans d'eau.
07:40Évidemment, il y a tous les abords des cours d'eau parce que l'eau rafraîchit.
07:43On le sait.
07:44Donc si en plus il y a de l'ombre dessus, par des phénomènes de convection,
07:47ça refroidit l'air en fait et ça fait circuler de l'air frais autour des populations.
07:52Donc ça, les plans d'eau sont importants.
07:54Mais il y a aussi le choix des matériaux de construction, des revêtements,
07:59essayer de limiter les effets de serre au niveau des ouvertures.
08:02On peut avoir la création d'ombrages, ça j'en parlais.
08:05Il faut une végétalisation massive de nos urbanismes.
08:08On a des villes qui manquent cruellement de végétalisation.
08:12Paris avec son système haussmanien, c'est une très belle ville,
08:16mais c'est vrai que c'est une ville qui a été très peu pensée avec de la végétation.
08:19Donc ça nécessite beaucoup d'efforts de ce côté-là.
08:21Puis après, il y a des créations d'îlots de fraîcheur,
08:23donc des ventilations des logements qui doivent être améliorés, etc.
08:27Ventilation ou climatisation ?
08:29Ventilation.
08:29Il faut savoir que dans beaucoup de pays d'ailleurs où il fait chaud,
08:32c'est connu, quand on fait de l'architecture, par exemple dans les climats tropicaux,
08:35on favorise les ventilations traversantes.
08:38Donc ça aussi, c'est un travail au niveau des architectes,
08:40d'éviter de faire des appartements par exemple où la ventilation se fait mal
08:43parce que ce n'est pas une ventilation traversante.
08:46Donc si on ouvre les fenêtres, on ne ventile pas l'appartement en fait.
08:50Et on a besoin de cette ventilation pour justement, par la sudation,
08:53permettre cette évaporation qui rafraîchit d'autant plus.
08:57Et ça, c'est bien connu de tous les gens qui habitent dans des climats très chauds.
08:59D'ailleurs, donc ce sont...
09:01Allez-y.
09:02Oui, allez-y.
09:03J'allais vous demander, Yamina Sebs, co-auteur du rapport du GIEC,
09:06docteur en ingénierie énergétique,
09:09et bien justement, si ces événements, les hausses de température de l'eau
09:12qui enduit des fortes intensités qui vont suivre les orages, les crises d'inondations,
09:17c'est des événements qui vont être amenés à se répéter ?
09:19Ah oui, certainement.
09:20Malheureusement, en raison du changement climatique,
09:22il y a un lien entre les changements climatiques
09:26et le risque d'avoir ce type d'événements
09:29avec des intensités, avec une fréquence plus élevée
09:32et des intensités beaucoup plus élevées.
09:34Après, il faut toujours bien sûr attendre les études d'attribution.
09:39Il faut attendre une fois que la canicule est passée,
09:41quand les collègues vont regarder quelle est exactement la contribution
09:44des changements climatiques à ce type d'événements.
09:46Je voudrais qu'on revienne vers le lieutenant-colonel Haro,
09:49parce qu'on parlait il y a un instant avec lui du plan sanitaire par les autorités.
09:53Vous évoquiez ce que devaient mettre en place les communes
09:56et notamment les plans d'eau.
09:58Il peut y avoir également l'annulation de festivals,
10:02il peut y avoir des aménagements dans les EHPAD, dans les crèches.
10:04Est-ce que vous pouvez nous développer les mesures prises par les autorités, s'il vous plaît ?
10:09Bien sûr, on a parlé des mesures prises par les maires,
10:12qui est de mettre à disposition ces lieux-là.
10:14Le préfet a également son rôle à jouer.
10:16Vous venez de l'évoquer, pour l'annulation d'événements d'ampleur
10:19qui mobiliseraient une foule dans des endroits sans ombre,
10:24sans possibilité de se rafraîchir.
10:26C'est tout l'objet de prendre les mesures, au coup par coup,
10:29en fonction de l'ampleur des événements
10:31et en discussion évidemment avec les organisateurs pour mettre tout ça en place.
10:37L'organisation également pour les moments de vie, les travailleurs par exemple.
10:41Comment est-ce qu'on peut aménager au Railgage son temps de travail,
10:44si on doit les travailler en forte chaleur par exemple ?
10:47Alors, il faut bien comprendre que vous allez avoir certains métiers,
10:49d'ailleurs c'est des métiers qu'on va retrouver plus souvent en urgence dans des cas de coups de chaud,
10:52puisque vous allez être naturellement exposés à de grandes chaleurs.
10:56Et c'est pour ça qu'on est aussi là, c'est pour rappeler aux gens
10:58le risque qu'il y a en période de canicule de s'exposer à de fortes chaleurs
11:02et à mettre à mal son organisme.
11:04Il est aussi important de rappeler aux gens qu'on n'est pas tous égaux.
11:06On n'est pas tous égaux face à la chaleur, on ne se comporte pas tous pareil.
11:10Vous allez avoir deux personnes qui vont être tous les deux exposées finalement à la même agression thermique
11:15et vous allez en avoir qui vont faire un coup de chaleur, d'autres qui ne vont pas en faire.
11:18Donc réellement, il faut connaître ses propres signes
11:19et il ne faut pas hésiter à en parler à son employeur
11:22ou alors à directement, surtout on s'hydrate et on n'hésite pas à le faire.
11:26Vous parliez des urgences.
11:27Comment les services d'urgence justement se préparent à ce genre de plan ?
11:30Alors, il faut savoir que dans ce genre de cas, aux urgences, on est plutôt en soi préparé.
11:34La chose qui nous fait toujours peur, c'est l'aval, puisqu'au final, on va avoir une suractivité
11:39liée à des patients qui vont être déshydratés.
11:42Parfois, des patients, et c'est pour ça qu'à chaque fois, on explique pour les EHPAD
11:46qu'il est important qu'il y ait des pièces climatisées, puisque le versant que l'on peut avoir,
11:50c'est des patients qu'on a un peu trop hydratés et qui vont avoir des troubles ioniques
11:53qui vont induire une hospitalisation.
11:56Mais le problème qu'on a principal aux urgences à l'heure actuelle, c'est toujours le même.
11:59C'est l'aval, c'est-à-dire que vous avez une personne qui a présenté des signes de déshydratation,
12:04qui a des troubles ioniques, vous devez l'hospitaliser, mais c'est les vacances
12:07et vous n'avez pas de place, on est toujours dans cette attente-là.
12:09Et c'est quelque chose qui m'inquiète, puisqu'au final, on voit que les années passent,
12:12on a toujours les mêmes problèmes et que le bilan, c'est devenu quelque chose
12:15de malheureusement accepté.
12:16Lieutenant Colonel Frédéric Arrault, on pense également aux vacanciers,
12:20la baignade pour se rafraîchir.
12:22C'est bien, mais pas n'importe où ou à n'importe quelle heure ?
12:26Effectivement, ce sont les effets induits de ces épisodes caniculaires.
12:30Notamment, on le voit sur les noyades.
12:33Alors, ces noyades qui peuvent être liées à des personnes, effectivement,
12:36qui se sont baignées dans des endroits qui étaient inappropriés,
12:39dans des endroits qui n'étaient pas surveillés,
12:41ou des enfants qui ont échappé à la surveillance de leurs parents.
12:43Pareil pour les piscines.
12:44Je rappelle qu'on a un nombre élevé de noyades dans des piscines privées,
12:49là aussi avec des enfants qui ont échappé à la surveillance.
12:51Donc, ce sont des effets induits de ces épisodes canicules,
12:55mais qu'il faut bien avoir en tête,
12:56notamment pour les personnes qui ont des enfants à charge.
12:58Alors, autre effet, c'est évidemment sur la sécheresse des sols et l'agriculture.
13:03Il y a Mina Saeb.
13:05Quelles vont être les conséquences sur les cultures ?
13:07On pense notamment aux maraîchers qui sont en pleine saison en ce moment.
13:10Le feu, c'est mort.
13:12Les maraîchers, les potagers.
13:13Le feu pour le sud de la France, oui, on l'a vu dans l'Aude.
13:15Et donc, en fait, pour les maraîchers,
13:16la production agricole va baisser drastiquement, malheureusement.
13:19Et pour les maraîchers et pour les potagers,
13:23il faut s'attendre à ce qu'elles soient quasi nulles dans certains endroits en France.
13:29On a des solutions tout de même, rassurez-nous.
13:31Là, sur le coup, il n'y a pas de solution parce qu'on n'a rien fait.
13:33C'est ça le problème.
13:34Qu'est-ce qu'il aurait fallu faire ?
13:36D'abord, il faut travailler à la réduction des émissions.
13:38Il faut travailler à éviter de nous retrouver dans cette situation-là.
13:41Ensuite, il faut travailler qu'est-ce qu'on plante où.
13:45Donc, il faut adapter ce qu'on plante et ce qui n'est pas le cas aujourd'hui.
13:49Et ensuite, comment le type d'agriculture qu'il faut mettre.
13:52Il y a aussi la production, par exemple, de lait qui risque de baisser
13:56parce qu'il y a le stress thermique pour les animaux,
13:58le stress thermique pour l'ensemble des systèmes naturels.
14:01Et donc, la production laitière qui risque de baisser,
14:05certaines études montrent que ça pourrait baisser même de l'ordre de 30 %.
14:08Parce que ce qu'il faut comprendre, c'est que le stress thermique,
14:10ce n'est pas qu'une fois que la canicule s'arrête,
14:13on va dire si ça s'arrête vendredi,
14:14le stress thermique, il a besoin d'un peu plus de temps
14:16pour les effets, vont être sur du plus long terme.
14:21Et ça, c'est des choses pour lesquelles on ne se prépare pas du tout.
14:25Et surtout, ce sont des choses avec les politiques actuelles.
14:27On va vers une accentuation de ce type de phénomène
14:32et donc une destruction de l'appareil économique des États.
14:36Et ce qui se passe aujourd'hui dans le sud de la France,
14:39sera des conséquences futures.
14:41Je pense notamment aux récoltes de fruits et légumes.
14:45Ça sera dans les mois à venir également.
14:47Exactement.
14:47Et même pour la vigne, par exemple, là, on est dans le sud-ouest
14:49où il fait très chaud.
14:51La production de la vigne et donc du vin,
14:55les conséquences vont être...
14:57Il faut s'attendre à ce que les vignorants manifestent,
15:01demandent de l'aide parce qu'effectivement, ça leur tombe sur la tête.
15:07On a entendu justement hier avant-hier tous ces viticulteurs de la région des Corbières
15:12qui se retrouvent aujourd'hui avec des vignes totalement brûlées.
15:15On va prendre la direction justement de l'Aude où l'inquiétude évidemment est grande.
15:22L'incendie dans les Corbières est désormais maîtrisé, Hugo Smag.
15:26Mais évidemment, la vigilance reste maximale.
15:29L'incendie est maîtrisé, mais il s'agit de ne pas faiblir et de rester mobilisé.
15:36Ce sont les mots de la préfecture.
15:38Alors, je suis avec le colonel Sabot.
15:40On sait qu'aujourd'hui, encore, il y a eu une dizaine de réactivations,
15:44certes minimes, mais qu'il a fallu traiter.
15:46Qu'est-ce qu'il reste encore aujourd'hui pour qu'on arrive à un feu éteint désormais ici ?
15:50Alors, il reste tout simplement à faire en sorte qu'il n'y ait plus de réactivation.
15:53Ça veut dire traiter encore tous les points chauds,
15:56noyer toutes les lisières, donc tout le contour du feu,
15:59gratter les endroits où il pourrait y encore avoir des points chauds.
16:02Donc pour ça, on a continué à mettre en place nos équipes,
16:05à les dispatcher sur tout le contour.
16:08On va avoir demain des militaires à renfort et également des équipes de drones
16:12qui vont venir du Var, du Lot, en plus des drones de l'Hérault et les nôtres,
16:17pour nous aider justement à détecter ces points chauds.
16:19Donc ça sera fait dès demain matin au lever du soleil.
16:22On mettra en place ces drones sur le chantier pour nous aider à découvrir ces points chauds.
16:26Il est traité au fur et à mesure et voilà comment on va traiter ce chantier
16:31pour arriver à un moment donné à éteindre le feu définitivement.
16:35On parle de ce feu évidemment, mais aussi d'autre chose de demain,
16:37la canicule qui arrive, des conditions qui ne sont pas favorables
16:41du coup pour les sapeurs-pompiers.
16:42Il va falloir aussi garder la vigilance, j'imagine, sur l'intégralité du département.
16:46Qu'est-ce qui est prévu pour ça ?
16:47Alors ce qui est prévu, un double dispositif.
16:49Un dispositif sur le chantier de Ribot qui nécessite de garder les équipes qu'on a,
16:55de renforcer par moment des équipes.
16:58Donc c'est pour ça qu'on a le concours de l'armée qui va nous aider pour traiter ces lisières.
17:01Et également de poursuivre le dispositif de surveillance sur l'ensemble du département.
17:05Donc avec des sapeurs-pompiers de l'Aude.
17:08Et c'est pour ça également qu'on a un détachement à pied qui vient de nous renforcer,
17:11qui va pouvoir remplacer les sapeurs-pompiers de l'Aude en centre de secours
17:14pour assurer le risque courant et pouvoir permettre de redéployer nos effectifs
17:18sur le terrain en surveillance des massifs.
17:20Merci beaucoup d'avoir été avec nous, colonel Sabot.
17:23Donc effectivement, un dispositif qui reste très important.
17:26Environ 950 sapeurs-pompiers sont encore mobilisés demain,
17:30notamment parce que le risque incendie reste important.
17:33Grande vigilance avec la canicule qui arrive ici.
17:36À partir de midi, on pourrait atteindre des températures à au-delà des 40 degrés.
17:42Merci beaucoup Hugo Smag avec Simon Pires de Soussa derrière la caméra.
17:47Lieutenant-colonel Frédéric Arrault, vous êtes toujours avec nous.
17:50À quoi vont devoir faire attention les secours dans les prochains jours ?
17:55C'est éviter toute reprise de feu ?
17:58Clairement. On a vu que le travail est encore long
18:02avant de vraiment tenir tous les points chauds et d'éteindre complètement cet incendie.
18:06C'est un travail qui est éprouvant, d'abord parce que cela fait déjà plusieurs jours
18:10que les pompiers et les sapeurs-sauveteurs sont sur les chantiers.
18:12Et puis ces conditions de chaleur extrêmes le rendent encore plus compliqué.
18:16Donc avec les tenues, c'est assez difficile à supporter.
18:19Et ça oblige vraiment à anticiper des rotations suffisamment rapides.
18:22Et puis ça a encore asséché toujours plus cette végétation qu'il l'était déjà.
18:27Et donc dès lors que le vent est susceptible de se relever,
18:30faire redémarrer un risque majeur d'incendie.
18:32D'ailleurs la situation reste quand même très sérieuse,
18:35que ce soit sur le sud-est et le sud-ouest aujourd'hui.
18:38On a eu plusieurs départs de feu qui sont actuellement gérés par les pompiers.
18:43Mais la vigilance reste évidemment de mise pour les jours à venir.
18:46Boris Velletchef, l'autre conséquence de la sécheresse
18:49et notamment aussi de ces incendies,
18:51c'est l'instabilité qui s'installe pour les habitations.
18:54Certes, elles n'ont pas été brûlées, mais les couches...
18:57Bien sûr, on a beaucoup de terrain argileux en France.
18:59Ça c'est le cas, pas seulement en France, dans beaucoup de pays.
19:02On a ce fameux gonflement et retrait des argiles.
19:04J'étais moi-même en Bourgogne il y a très peu de temps,
19:06il y a quelques jours, chez un ami d'ailleurs, qui est dans ce cas-là,
19:08ou qui est une maison qui est en train de s'effondrer.
19:10À gauche, il est tout le temps en train d'essayer de mettre des agrafes.
19:12Il faut observer les fissures, des choses comme ça ?
19:14Oui, parce qu'il a racheté une vieille maison, une vieille grange.
19:16En fait, il a transformé en maison, mais il n'avait pas prévu ça,
19:18parce que les fondations n'étaient pas prévues pour ça.
19:20Donc on a plus de 10 millions d'habitations en France
19:22qui subissent ce problème.
19:23C'est le gonflement et le retrait des argiles.
19:25Et avec l'augmentation des différences de température,
19:28en fait, avec des périodes pluvieuses très intenses
19:30et des périodes de sécheresse très intenses aussi,
19:33on va avoir une accentuation de ces phénomènes.
19:36Et on compte d'ailleurs, les rapports montrent que d'ici 2050,
19:39on risque de compter près de 19 millions à 20 millions d'habitations
19:42qui vont souffrir de ça.
19:44Et sans compter le fait que l'assèchement accru des sols,
19:49ou au contraire d'ailleurs, en cas de forte pluviométrie,
19:52la saturation des sols de plus en plus fréquente,
19:55eh bien ça augmente le risque d'inondation aussi,
19:57en cas de forte pluviométrie.
19:59Donc c'est vrai qu'on va avoir une accélération
20:01d'un tas de phénomènes qui sont en fait imbriqués
20:05les uns dans les autres quelque part.
20:06Et les canicules font partie des choses
20:08qui vont accroître considérablement
20:11un tas de sortes de différents aléas dans le futur.
20:15Des événements climatiques de plus en plus intenses,
20:18les pluies mais évidemment les incendies dont on parle ce soir.
20:22Lieutenant-Colonel Frédéric Harrault,
20:23est-ce que l'on est équipé en France
20:26pour faire face à tous ces événements
20:28qui vont être de plus en plus nombreux et violents
20:30dans les années à venir ?
20:32Alors on est équipé et on s'équipe toujours plus.
20:35La sécurité civile a vraiment entamé un programme
20:38depuis 10 ans, 15 ans maintenant,
20:39où on observe vraiment l'augmentation de ces phénomènes
20:41et leur intensification.
20:43Et donc on apporte un niveau de réponse qui est supplémentaire.
20:46D'abord au niveau du terrain,
20:48avec les sapeurs-pompiers,
20:49les services départementaux d'incendie et de secours,
20:51qui s'équipent en conséquence avec des outils plus technologiques
20:55et puis qui s'arment aussi de matériel supplémentaire.
20:59Et puis au niveau national, avec les renforts nationaux,
21:02qui là aussi complètent en moyens aériens
21:05pour la partie incendie et en matériel
21:07qui peut être lié aux inondations
21:08et à tous ces phénomènes naturels
21:11qu'engendre ce dérèglement climatique.
21:13Yamina Saïd, il y a un autre phénomène naturel derrière,
21:16c'est la hausse de la température de l'eau
21:18actuellement avec cette canicule
21:20qui va induire des événements aussi dans le futur
21:23de type cru, inondations...
21:25Bien sûr, déplacement des habitations, etc.
21:27Moi je voudrais revenir sur un point
21:28quand on parle à ce que la France est équipée.
21:31Et la réponse que l'on a, elle est toujours technologique.
21:33Mais en fait, la réponse,
21:36elle ne peut pas être que technologique.
21:37Ça on le sait.
21:38Elle est quoi, humaine aussi ?
21:39C'est l'organisation de notre société,
21:41l'organisation de notre économie.
21:43Et ça, on n'y travaille pas du tout.
21:44Ça c'est de la politique.
21:45Ça, on ne le fait pas.
21:46Et juste pour rappel,
21:47je ne sais pas si vous avez traité de ça
21:48sur votre antenne ou pas,
21:50mais le 23 juillet 2025,
21:52la Cour de justice internationale
21:54a publié, a rendu son opinion
21:57sur la question de la responsabilité des États
21:59sur la question climatique.
22:02Et la Cour de justice est claire,
22:04les États ont obligation de réduire les émissions
22:07de façon à ce qu'on ne dépasse pas
22:09le 1,5, l'objectif du 1,5 de l'accord de Paris.
22:12La Cour de justice internationale,
22:14elle a fait appel non seulement
22:16aux instruments internationaux liés au climat,
22:19mais aussi, on a les États en obligation,
22:21donc le politique à obligation,
22:23de par différentes conventions internationales
22:25qu'on a déjà ratifiées.
22:26Et tant qu'on ne travaillera pas,
22:28tant que le politique ne va pas se retrousser les manches
22:31pour se mettre vraiment au boulot,
22:33ce ne sont pas les technologies qui vont nous sauver.
22:34On aura beau en avoir énormément,
22:36elles ne seront pas suffisantes pour nous sauver
22:38de ce que l'on va vivre.
22:41Merci beaucoup Yamina,
22:43Seb, merci également à vous trois en plateau
22:45et à nos invités à distance.
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