- il y a 6 mois
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00:00Soyez les bienvenus si vous nous rejoignez dans Newsbox.
00:02C'est une lettre dont les Européens se seraient sans doute bien passés.
00:05Donald Trump vient d'écrire à la présidente de la Commission européenne
00:07pour lui annoncer ce qui ressemble à une très mauvaise nouvelle.
00:11Thierry Breton nous dira ce qu'il en pense dans quelques instants.
00:13Il est notre invité dans quelques minutes.
00:14Bonsoir Thierry Breton.
00:15Retrouvons d'abord Carrie Nauten.
00:17Bonsoir Carrie, vous êtes aux Etats-Unis pour BFMTV.
00:19Trump compte donc infliger 30% de droits de douane aux produits exportés aux Etats-Unis
00:24à partir du 1er août, c'est dans trois semaines.
00:30Oui, 30% de droits de douane à priori sur toutes les importations européennes.
00:35Washington ne fait pas dans le détail, c'est surtout historique.
00:37Jamais une telle imposition de barrière douanière n'avait été effectuée
00:41dans l'histoire de nos relations commerciales avec les Etats-Unis.
00:44Ursula von der Leyen a déjà annoncé des représailles.
00:47Donald Trump s'y attendait puisqu'il a prévenu qu'en cas de mesure de rétorsion,
00:52il augmenterait d'autant les surtaxes en plus des 30% annoncés aujourd'hui.
00:58Alors, cette annonce américaine, c'est une punition, ce n'est pas totalement une surprise
01:02puisque Donald Trump voulait vraiment qu'un accord soit signé cette semaine
01:06avec les négociateurs européens.
01:08Son secrétaire au commerce avait rappelé les échéances le week-end dernier.
01:12C'est surtout une manière de mettre la pression, une pression maximale
01:15d'ici le 1er août pour parvenir à un accord éventuel de dernière minute.
01:19Et puis surtout, l'Union européenne n'est pas la seule à avoir été punie
01:23puisque la Maison-Blanche a annoncé hier imposer 35% de droits sur les produits canadiens
01:31et 30% de barrières douanières sur les produits mexicains.
01:35Donc en fait, Donald Trump se met vraiment à dos.
01:36Ses principaux partenaires commerciaux, ceux qui avaient surtout osé le défier publiquement,
01:43ceux qui avaient fait traîner les négociations selon lui.
01:46– Merci Karine Noutan, en direct des États-Unis pour BFM TV.
01:50À l'instant, réaction d'Emmanuel Macron, le président français,
01:55qui exprime, je cite, sa très vive désapprobation
01:58et qui appelle l'Union européenne à, je cite encore,
02:02« défendre résolument les intérêts européens ».
02:05Thierry Breton, bonsoir.
02:06– Bonsoir.
02:06– Merci d'être avec nous ce soir dans Newsbox.
02:08Première réaction à cette annonce de Donald Trump.
02:10Vous êtes ancien ministre de l'Économie,
02:11ancien commissaire européen au marché intérieur.
02:14– Alors, il paraît que vous parlez bien le Trump.
02:17Comment interprétez-vous cette annonce de Donald Trump,
02:2230% de droit de douane pour l'Union européenne, à compter du 1er août ?
02:27– Personne ne parle bien le Trump,
02:29mais en revanche, il faut vraiment regarder en permanence ce qu'il dit.
02:34Parce qu'au fond, comme tous les, j'allais presque dire les autocrates,
02:37il a été évidemment élu démocratiquement, il est président des États-Unis,
02:41qui, quelquefois, il se comporte un peu comme certains qui ne sont pas issus, eux,
02:47de processus démocratique.
02:49Il faut toujours écouter ce qu'il dit.
02:51Toujours.
02:52Donald Trump a dit, le 4 avril, que, vous savez cette fameuse liste qu'il a annoncée,
03:00que l'Europe se verrait taxée de 30% de droit de douane.
03:04Très bien.
03:05Et puis, il a donné ensuite un temps de négociation,
03:10qui a été un temps de négociation, qui a été ramené jusqu'au 9 juillet.
03:15Le 8 juillet, alléluia,
03:19Madame Van der Leyen a obtenu un petit délai jusqu'au 1er août.
03:24Très bien.
03:25On est donc dans cette période.
03:28C'est un peu le dernier kilomètre.
03:30On est dans ce qu'on appelle le « money time ».
03:32Voilà. Ce sont donc les dernières trois semaines les plus critiques.
03:37Alors d'abord, il faut bien voir qui négocie,
03:39et ensuite, qu'est-ce qu'on veut obtenir ?
03:41Ou qu'est-ce qu'il veut obtenir ?
03:43Qui négocie ?
03:44D'abord, c'est la Commission européenne qui négocie,
03:47donc qui a un mandat exclusif.
03:49C'est très bien que les chefs d'État s'expriment.
03:52Personnellement, je pense qu'il vaut mieux laisser la Commission.
03:55C'est elle qui a le mandat exclusif de négociation au nom des 27,
03:59parce qu'on est évidemment beaucoup plus fort à 27 que tout seul.
04:02Mais vous comprenez qu'au bout d'un moment, on se demande
04:03si Ursula von der Leyen est vraiment, elle est présidente de la Commission,
04:06la bonne personne pour négocier avec Trump.
04:08C'est la question, évidemment, qu'on se pose à Washington,
04:12ou qu'on veut poser à Washington,
04:13parce qu'évidemment, à Washington, on n'aime pas l'Union européenne,
04:15on préfère discuter de façon séparée.
04:19Et donc, Ursula von der Leyen a envoyé une équipe de négociateurs
04:22qui est composée de trois personnes.
04:24C'est public, je ne le livre aucun secret.
04:26M. Maros Sefcovic, qui est le commissaire slovac,
04:30il en est, par parenthèse, à son quatrième mandat de commissaire.
04:34Il a été formé en Russie, dans les meilleures écoles soviétiques à l'époque.
04:38Peut-être du reste que c'est un peu bizarre d'en l'envoyer aujourd'hui.
04:41Je ne porte aucun jugement sur lui, je le connais bien,
04:43c'est une personne de qualité.
04:45Enfin, on envoie un message, malgré tout,
04:46en envoyant M. Sefcovic.
04:49Il en est à son quatrième mandat.
04:50Il est totalement, évidemment, je dirais, dans la main de Mme von der Leyen.
04:56C'est du reste, lui, qui la représente au Parlement européen,
04:58parce que c'est sans doute le commissaire en qui elle a le plus confiance.
05:02Il fait vraiment partie de son équipe rapprochée.
05:04Il y a ensuite son directeur de cabinet,
05:06qui est un autre personnalité,
05:08M. Björn Siebert, allemand,
05:10qui fait partie, évidemment, de son équipe rapprochée,
05:12mais qui n'a aucune compétence, évidemment, de commerce extérieur.
05:14Et puis, il y a enfin Mme Sabine Végan,
05:16qui est la directrice du commerce,
05:19la direction générale du commerce,
05:21qui est une allemande.
05:22Donc, on a une équipe allemande
05:23qui négocie, donc, pour l'ensemble des 27.
05:26Ce qui n'est pas une bonne équipe.
05:27On comprend très bien ce que vous voulez dire, Thierry Breton, non ?
05:29Je ne veux pas porter de jugement, mais on regarde les faits.
05:32Depuis 100 jours, il ne s'est rien passé.
05:34Donc, il faut en tirer les conséquences.
05:36Alors, on fait quoi ?
05:37Eh bien, les conséquences, c'est peut-être de regarder
05:39ce qu'ont fait les Britanniques.
05:40Encore une fois, ce n'est pas de porter des jugements.
05:42C'est très difficile ce qu'ils font.
05:43Donc, je comprends parfaitement.
05:45Il faut toujours se mettre, vous savez,
05:46dans la peau de ceux qui négocient,
05:48voir ce qu'ils attendent.
05:50Qu'est-ce qu'ont fait les Britanniques ?
05:51Je ne dis pas que l'accord qu'ils ont obtenu est un bon accord.
05:52Je ne pense pas que c'est un bon accord.
05:54Mais la façon dont ils s'y ont pris
05:55est sans doute la façon dont il faut s'y prendre.
05:58Ils ont envoyé non pas une équipe,
05:59qui est une équipe comme celle qui a été envoyée
06:01par la Commission européenne,
06:03ça n'a été une équipe que de politiques.
06:05C'est vraiment les politiques parmi les plus rouées
06:09en Grande-Bretagne, les plus sophistiquées.
06:11On sait que les Anglais sont très bons en diplomatie.
06:16Il y a maintenant l'ancien commissaire européen britannique
06:19qui est maintenant l'ambassadeur aux États-Unis.
06:21Vous iriez négocier, vous, à Washington ?
06:24Non, ce n'est pas le sujet.
06:25Ce n'est pas du tout ce que je dis.
06:26Je veux juste finir peut-être,
06:28pour éclairer les téléspectateurs.
06:31Il y a ensuite deux membres de son cabinet,
06:33qui sont des membres très politiques,
06:35dont M. Powell.
06:36Et elle a envoyé cette équipe politique.
06:38Elle leur a dit quoi ?
06:39Elle leur a dit, avec Peter Mandelson,
06:42qui est le type de file,
06:44et qui est maintenant l'ambassadeur britannique aux États-Unis,
06:47il leur a dit, Kierl Steymer,
06:49vous allez à Washington,
06:50vous restez le temps qu'il faudra,
06:52et vous négociez.
06:53Ils sont restés trois semaines,
06:54et ils ont négocié, ils ont eu un deal.
06:56Eh bien, je pense que pour les trois semaines qui viennent,
06:58il faut sans doute regarder ce qu'ont fait les Britanniques,
07:02avoir une équipe qui est une équipe politique,
07:04pour finaliser les négociations.
07:07Maintenant, comment faut-il interpréter cette lettre ?
07:10Cette lettre, il n'y a rien de nouveau,
07:11j'allais dire, pardon de le dire comme cela,
07:14rien de nouveau,
07:15puisque cette lettre ne fait que rappeler
07:16ce qui va se passer le 1er août,
07:20puisque j'entends, tout le monde dit,
07:21mais comment, quoi, qu'est-ce, ces 30% ?
07:23Non, ces 30% sont les 30%
07:25qu'il avait annoncés,
07:27donc, soumettre à l'Europe,
07:30l'Union européenne,
07:31s'il n'y avait pas d'accord au cours des 100 jours
07:34qui sont en train de s'écouler,
07:36et nous, on avait reçu 30%,
07:37vous vous en souvenez,
07:38c'était le 4 avril,
07:39chacun avait eu sa note ou sa punition, on va dire.
07:42Et donc, il n'a fait que rappeler
07:43que le 1er août,
07:45s'il n'y a pas d'accord,
07:47ces 30% vont devenir effectifs,
07:50comme du reste pour le Mexique et d'autres pays.
07:53Il dit aussi que ça peut être beaucoup plus que 30%
07:55si, entre-temps, il y a mesure de rétention des Européens.
07:57Ça nous amène à la question suivante, Thierry Breton.
07:59Que devons-nous faire, en parallèle, peut-être,
08:02des négociations ?
08:03La vraie question, c'est pourquoi...
08:04On va se muscler un peu, quand même, dans la réponse.
08:05La vraie question, c'est pourquoi l'envoie-t-il maintenant ?
08:08C'est sans doute parce que les négociations
08:10qui étaient, je dirais, mises sur la table
08:12par l'équipe dont je viens de parler
08:14et l'équipe qui est américaine en face,
08:17sans doute ne lui convenaient pas.
08:19On était, je ne le livre en secret pour personne,
08:21ça a été abondamment commenté dans les médias,
08:23on était sur une logique où il y avait 10% minimum
08:27de droits de douane pour tout le monde
08:29sans contrepartie européenne.
08:31Or, on sait que nous, on veut une contrepartie
08:33parce que c'est tout simplement le respect
08:35du commerce, du droit,
08:37et du droit du commerce international.
08:39Il y avait 17%, tenez-vous bien,
08:42donc sur les produits agricoles,
08:44pas tous, mais un certain nombre de produits agricoles.
08:47On peut imaginer ce que ça peut provoquer
08:48pour nos filières agricoles.
08:49Il n'y avait pas de droits de douane
08:52pour les chaînes de valeur de l'aéronautique
08:54parce que Boeing a un besoin vital
08:56de ce que nous faisons.
08:58Il y avait un certain nombre d'éléments
08:59et visiblement, donc, la partie européenne
09:03demandait une sorte de réciprocité.
09:06Ça ne lui a pas plu, il a envoyé la lettre.
09:08Donc maintenant, je termine en disant
09:10qu'il y a devant nous deux éléments
09:12à prendre en compte.
09:13Un, est-ce que finalement,
09:15il faut qu'on envoie un signal politique
09:17sur le thème ?
09:18Il faut que maintenant, on ait une équipe
09:19qui finalise ces négociations
09:20sans jeter la pierre encore une fois aux autres.
09:22Mais enfin, ils ont échoué.
09:24Donc, qu'est-ce qu'on fait ?
09:25Deuxièmement, vous aurez une réunion
09:27qui va se tenir ce lundi,
09:28une réunion de l'ensemble des ministres
09:30du commerce extérieur,
09:32où donc, il va y avoir évidemment
09:33un rapport d'étape, je dirais,
09:37entre les négociateurs de la commission
09:39et l'ensemble des ministres du commerce extérieur.
09:41Il va falloir regarder très attentivement,
09:43précisément,
09:44comment ce qui sort de cette réunion
09:46et puis surtout, le message d'unité.
09:48Je sais, par ailleurs,
09:50qu'on a vu que
09:52le sénat von der Leyen
09:53a émis un petit communiqué
09:55après cette lettre.
10:00Nous sommes prêts à sauvegarder
10:01les intérêts de l'Union européenne
10:02sur la base de contre-mesures proportionnées.
10:04Je crois comprendre
10:04qu'elle a très certainement,
10:07parce que je sais un peu comment ça se passe,
10:08si Emmanuel Macron a envoyé son message,
10:12c'est certainement parce qu'elle a dû le solliciter.
10:14Elle veut avoir un peu de soutien,
10:15elle sent qu'elle en a besoin.
10:17Et je ne serais pas étonné, voyez-vous,
10:18que dans les quelques minutes qui viennent,
10:20nous ayons un message à peu près identique
10:22de la part du chancelier allemand,
10:23puisqu'elle a aussi besoin, sans doute,
10:25de son soutien
10:25et elle va sans doute le solliciter.
10:26À mon côté, pour vous interroger ce soir,
10:28Thierry Breton, Olivier Ramanello.
10:29On a compris,
10:30il y a un sujet sur le casting
10:31et sur l'importance de remettre du politique
10:33dans cette négociation.
10:35Certes,
10:36quant à ce que l'on négocie
10:38et à la méthode pour négocier,
10:40qu'est-ce qui est envisageable ?
10:42Est-ce que les 10% comme les Britanniques
10:44seraient acceptables, tenables
10:46pour l'économie européenne ?
10:48Est-ce que 20% ce serait tenable ?
10:50Et si Trump n'arrive pas
10:53à nous proposer quelque chose de tenable,
10:56est-ce qu'il faut rentrer dans le bras de fer
10:58et en effet déclencher
10:59des droits de douane équivalents,
11:01voire supplémentaires,
11:03et de continuer après le 1er août
11:05un bras de fer qui, cette fois-ci,
11:07aura des conséquences.
11:07– Trump dit ce soir,
11:08ne vous avisez surtout pas de faire ça.
11:10– Alors,
11:10– C'est quoi la méthode
11:11qu'il faut avoir avec lui ?
11:12– D'abord, la méthode,
11:13tout le monde l'a compris,
11:14c'est la méthode du rapport de force.
11:16Il faut vraiment, en permanence,
11:18exercer un rapport de force
11:20lorsqu'on est en capacité
11:21d'exercer un rapport de force.
11:23Or, sommes-nous en capacité
11:25d'exercer un rapport de force ?
11:26– Bien entendu, nous sommes le premier partenaire commercial
11:29et de très, très loin des États-Unis.
11:32Plus de 1 500 milliards d'euros
11:34qui sont importés des États-Unis.
11:36C'est gigantesque.
11:37Les États-Unis en ont un besoin vital.
11:40Donc, on a évidemment les éléments
11:41de ce rapport de force.
11:43Pour avoir un élément de réponse
11:44à votre question,
11:45puisqu'on parlait tout à l'heure
11:46des Britanniques,
11:47les Britanniques,
11:48ils sont 65 millions.
11:51On est à 450 millions.
11:52Et c'est bien pour ça
11:53que nous avons donné
11:55cette compétence exclusive à la Commission
11:56pour qu'elle pèse de tout son poids.
11:58Alors, si c'est pour obtenir un accord
12:00qui soit moins bon que l'accord britannique,
12:03alors dans ces conditions,
12:04ça ne vaut plus la peine
12:05d'avoir une Union européenne.
12:06Et vous voyez donc bien
12:07que la réponse à votre question,
12:09elle est double.
12:11Elle est d'abord économique.
12:12Est-ce qu'on peut supporter
12:1310% de droits de douane ?
12:14Sans doute,
12:15parce que les entreprises
12:16vont en absorber un petit peu,
12:17les revendeurs vont en absorber un petit peu,
12:1920% sera beaucoup plus difficile,
12:2130% ce sera intenable.
12:22Mais la question,
12:23bien sûr,
12:24il va falloir la traiter,
12:25mais la question,
12:26elle est aussi politique.
12:28Si jamais nous avons demandé
12:29à Mme von der Leyen
12:30de nous représenter,
12:31nous tous,
12:32c'est donc bien
12:33pour obtenir
12:33un bien meilleur deal,
12:35comme dit Donald Trump,
12:37que les Britanniques.
12:38Et c'est donc
12:38cette ligne
12:39qu'il faut avoir en tête
12:40et c'est la raison pour laquelle
12:41vous entendez
12:42le Président de la République
12:44rappeler à plusieurs reprises
12:45si nous mettons ces 10%
12:47parce qu'on sait
12:48qu'il a besoin
12:48de ces 10%,
12:49on dit dans notre jargon
12:51« baseline »,
12:52parce que ça va lui permettre
12:53de financer
12:53la baisse d'impôts
12:55qu'il veut offrir
12:56à ses concitoyens
12:57les plus aisés
12:58et aux entreprises
12:58aux États-Unis
12:59en les finançant
13:00par les droits de douane.
13:01Alors il faut,
13:02et c'est le droit international,
13:03nous sommes peut-être
13:04le dernier continent
13:05qui respecte
13:06le droit international,
13:06mais il faut se battre pour ça.
13:08Il faut qu'évidemment
13:08nous augmentons,
13:09nous,
13:10de 10%
13:11pour contrebalancer.
13:12Est-ce que le problème quand même,
13:13Thierry Breton,
13:13ne vient pas peut-être aussi
13:14du fait que les pays européens
13:15ne sont pas tous
13:15sur la même ligne
13:16en ce qui concerne
13:17la réponse à apporter ?
13:18Certains,
13:18l'Allemagne,
13:19l'Italie,
13:19ont sans doute plus à perdre
13:21avec un bras de fer.
13:24Mais monsieur,
13:24encore une fois,
13:27c'est la raison
13:27pour laquelle
13:28nous avons donné
13:29cette compétence exclusive
13:31à la présidente de la commission
13:32qui, bien entendu...
13:34Est-ce que ce n'est pas un peu mou ?
13:34Non mais attendez,
13:35vous posez une première question,
13:37on va essayer d'y répondre.
13:39C'est bien pour ça
13:40qu'elle a
13:40cette compétence exclusive,
13:42bien sûr,
13:43qu'elle doit écouter.
13:45J'allais dire
13:45ses parties prenantes,
13:46ses mandants.
13:47Mais après,
13:48c'est elle qui doit décider.
13:49Nous lui avons donné,
13:50monsieur,
13:51la capacité
13:52de décider
13:53elle-même.
13:54Il faut qu'elle l'utilise.
13:55Aujourd'hui,
13:56Donald Trump
13:56ne veut pas la recevoir.
13:58Personnellement,
13:58je trouve ça
13:58tout à fait inacceptable.
14:00C'est elle
14:00qui nous représente.
14:02Elle a été élue
14:03dans ce processus
14:04de façon démocratique.
14:05Eh bien,
14:05il faut qu'elle s'impose.
14:06Et voyez-vous,
14:07il ne faut pas qu'elle...
14:08Juste précisément,
14:08il ne faut pas aller demander
14:09un soutien aux uns et aux autres.
14:11Parce que quoi ?
14:12Parce que je ne serais pas
14:13assez fort tout seul ?
14:14Mais ça ne marche pas comme ça.
14:15Donc, vous voyez bien
14:16que la dynamique
14:17dans laquelle nous sommes,
14:18c'est évidemment
14:19on va écouter
14:20ce que dit Mme Mélanie.
14:21On sait qu'elle voudrait
14:22sans doute
14:22avoir un deal plus rapide.
14:25Sans doute que M. Merch aussi,
14:26on le comprend.
14:26Les entreprises allemandes
14:27sont très exportatrices
14:28aux États-Unis.
14:29Il en a besoin.
14:30Peut-être qu'en France,
14:31on a une vision
14:31qui est peut-être plus
14:32respectueuse de l'État de droit.
14:33Très bien.
14:34Mais après,
14:34c'est à elle de décider.
14:36Et elle n'a pas besoin,
14:37encore une fois,
14:37d'aller demander
14:38qu'il y ait des expressions
14:39qui se manifestent
14:40ici ou là.
14:41Parce que ça voudrait dire quoi ?
14:43Qu'elle n'est pas capable
14:44toute seule
14:44d'assumer ce pouvoir ?
14:46Non.
14:47Maintenant,
14:47ce qui est très important,
14:49c'est que dans cette logique
14:50que je viens de rappeler,
14:52eh bien,
14:52c'est que nous puissions,
14:53encore une fois,
14:54faire en sorte
14:55que nous disions
14:57que nous avons des éléments.
14:58Ces éléments de réciprocité,
15:00ce n'est pas uniquement
15:01des droits de douane.
15:02Nous avons,
15:03et j'y ai travaillé,
15:04donc je sais de quoi il s'agit,
15:05nous avons maintenant
15:06un instrument
15:07qu'on appelle
15:07un instrument anti-coercition.
15:09C'est quoi exactement ?
15:09C'est un instrument,
15:10c'est une loi
15:11qui est encore une fois
15:12à la main
15:12de la présidente
15:14de la commission
15:14de la commission.
15:16Si un pays
15:16va utiliser
15:18un pouvoir économique
15:19pour obtenir,
15:21je dirais,
15:22une avancée politique
15:23sur un pays,
15:25alors,
15:26ce qui est tout à fait
15:27contraire à l'État de droit
15:28et à la respectabilité,
15:30au respect
15:30de notre démocratie,
15:32alors nous avons
15:33un instrument
15:34pour procéder
15:36à des mesures
15:37qui seront des mesures
15:38coercitives,
15:39pas uniquement du reste
15:40dans les droits de douane.
15:41Ça peut être,
15:41par exemple,
15:42ben voilà,
15:42maintenant,
15:43on n'autorise plus
15:45les entreprises,
15:45si c'est le cas,
15:46si on l'utilise,
15:46contre les États-Unis,
15:47c'est du reste,
15:48pour la petite parenthèse
15:49pour nos téléspectateurs,
15:50ça avait été mis en œuvre
15:51contre la Chine,
15:52parce que la Chine
15:53avait eu un comportement,
15:55toujours étant égal par ailleurs,
15:57qui était un peu similaire
15:59en utilisant précisément,
16:01je dirais,
16:03une mesure économique
16:04pour des raisons politiques
16:06sur la Lituanie,
16:07et donc,
16:08c'était pour précisément
16:08lutter contre ça.
16:09Et ça avait fonctionné.
16:10Et ça avait fonctionné.
16:10Donc,
16:11ce que je veux dire,
16:12c'est que derrière,
16:12cet instrument
16:13va être proposé,
16:15j'imagine qu'il va être discuté,
16:17y compris,
16:18peut-être,
16:18dès ce lundi,
16:19avec les ministres
16:20du commerce extérieur,
16:23pour savoir
16:23si on l'active,
16:24mais il faut savoir,
16:25encore une fois,
16:26que là,
16:27il y a évidemment
16:27la menace de Donald Trump,
16:29mais ce n'est pas la première fois
16:30qu'il le dit.
16:30Si jamais vous utilisez
16:31une augmentation de droits de douane,
16:33je l'augmenterai.
16:35C'est peut-être,
16:36encore une fois,
16:36eh bien,
16:37on interdit aux entreprises américaines,
16:38tant qu'on ne trouve pas
16:39un équilibre
16:40d'avoir un accès
16:41au marché public.
16:41Il y a beaucoup de mesures.
16:43Tant qu'on ne trouve pas
16:44un équilibre
16:44sur cette partie-là,
16:46imaginons que,
16:47pour ceux qui nous regardent
16:48et soyons concrets,
16:50après le 1er août,
16:50il n'y a pas d'accord.
16:51On rentre dans une guerre
16:52qui peut durer
16:53le temps que tout le monde
16:55redevienne raisonnable.
16:57Cette guerre,
16:57si elle se fait à coups
16:59de 30% de droits de douane
17:00d'un côté,
17:0030% de droits de douane
17:01de l'autre.
17:02Si vous regardez
17:03ce qui se passe,
17:03par exemple,
17:04au Canada,
17:05ou sur les droits de douane
17:06qui ont été imposés
17:07sur l'aluminium,
17:08une entreprise
17:09comme Rio Tinto,
17:10qui s'est fait taxer
17:11du jour au lendemain
17:12à 50%,
17:13en un mois seulement
17:14a perdu 40%
17:15de son chiffre d'affaires,
17:17licencie en masse
17:18et est en train
17:19de s'effondrer.
17:20En quelques mois,
17:21vous pouvez avoir
17:21des entreprises européennes
17:23qui ne tiendront pas
17:25le choc de cette guerre.
17:27Est-ce qu'il faut
17:27s'y préparer ?
17:28Je rappelle 1 500 milliards.
17:301 500 milliards.
17:31On n'est pas le Canada.
17:33La réciproque est vraie.
17:35La réciproque est vraie
17:36et il faut évidemment
17:37exercer un rapport de force.
17:39Est-ce que cette guerre
17:40peut faire des morts économiques ?
17:41C'est intéressant
17:42l'exemple que vous prenez
17:44parce que vous prenez
17:44à juste titre
17:45l'exemple de l'acier
17:46et de l'aluminium.
17:48Le conflit que nous avons
17:49avec les États-Unis
17:49sur l'acier et l'aluminium
17:50date depuis 2018.
17:52Et déjà,
17:53c'était Trump 1
17:54qui avait mis
17:55des droits de douane
17:55à 25%,
17:56donc c'était déjà cela.
17:57Et pour lutter contre,
17:58on avait mis
17:59des mesures de rétorsion
17:59en ayant précisément
18:01des mesures
18:02donc de compensation
18:03de droits de douane.
18:04On a trouvé un accord
18:05avec Biden
18:06pour dire
18:07on arrête.
18:07Cet accord est tombé
18:09le 30 mars 2025
18:10et précisément
18:12les droits de douane
18:13se sont réappliqués
18:14mais ils datent de 2018
18:15et la commission
18:17qui avait travaillé
18:17sur ces mesures
18:18de rétorsion
18:19a remis en place
18:20ces droits de douane
18:21pour compenser.
18:23C'était le 3 avril.
18:25Le 4 avril
18:26tombent les listes
18:27et pour une raison
18:29que je n'ai pas compris,
18:30je tiens à vous le dire,
18:30la commission
18:32va retirer
18:33ces droits de douane
18:34qui étaient faits
18:35pour solder
18:35l'affaire 2018
18:36en disant
18:37il vaut mieux
18:38qu'on soit gentil
18:38avec les Etats-Unis.
18:39Trump va dire
18:40du reste à ce moment-là
18:41qu'est-ce que les Européens
18:43ont été intelligents,
18:44ils ont retiré
18:45leurs mesures
18:46de rétorsion.
18:47Moi,
18:47vous me disiez tout à l'heure
18:48que je parle un petit peu
18:48de Trump,
18:49quand Trump vous dit
18:50que vous êtes intelligent,
18:51il faut sans doute
18:52y réfléchir à deux fois
18:53et vous méfier.
18:54Et bien on voit
18:54où on en est aujourd'hui.
18:55Quelle leçon
18:56vous tirez,
18:57Thierry Breton,
18:58de cette guerre économique,
18:59quelle qu'en soit l'issue
19:00et ni vous ni moi
19:01ne la connaissons
19:02aujourd'hui.
19:04Est-ce que
19:05les leçons,
19:07on doit les tirer aussi
19:08au regard
19:08de la personnalité ?
19:10On ne voit pas,
19:12il n'est plus temps
19:12de faire des études
19:13de psychologie,
19:15ça fait maintenant...
19:16Sauf que ça a des conséquences
19:18sur le plan d'entrée.
19:18Oui, mais on connaît tout ça,
19:19donc encore une fois,
19:20on ne découvre pas
19:21qui est Donald Trump,
19:23on sait qui il est,
19:24il ne dit pas du reste
19:24que des bêtises,
19:25il ne dit pas que des sottises,
19:26souvent du reste,
19:27ces intuitions
19:29qui font de ces décisions
19:30sont des intuitions
19:31qui sont vraies,
19:31quand il dit par exemple
19:32que la Chine
19:33est devenue l'usine du monde
19:35et qu'avec plus de 35%
19:36de bases manufacturières,
19:37ça nous pousse des problèmes
19:38à tous,
19:38il a raison,
19:39quand il dit que le wokisme
19:40est allé un peu trop loin
19:41aux Etats-Unis,
19:42j'ai vécu moi-même
19:42en tant qu'ancien professeur
19:44d'une université américaine,
19:45il a raison,
19:46donc il ne dit pas
19:47que des choses fausses,
19:48après c'est sur l'exécution,
19:49donc on est maintenant
19:50dans l'exécution.
19:51Je le redis,
19:52il faut garder son sang-froid,
19:53on est dans les trois dernières semaines,
19:58il veut obtenir,
19:58il veut obtenir vraisemblablement
20:01ce qui était sur la table,
20:04vous avez bien vu,
20:05on a dit,
20:06on a presque un deal,
20:09je vous ai dessiné,
20:10il y a quelques minutes,
20:11le contour de ce deal,
20:12avec notamment
20:14ce qui se passe sur les 10%,
20:15ce qui se passe sur l'agriculture,
20:16ce qui se passe sur l'aéronautique,
20:17je vous ai donné des grandes lignes,
20:18donc on voit bien
20:20ce qu'il a en tête,
20:21qu'est-ce qu'il va vouloir obtenir,
20:23il va vouloir obtenir
20:24sans concession,
20:25ce dont je viens de vous parler,
20:26et bien voilà,
20:27nous avons trois semaines maintenant
20:28pour essayer de voir
20:29ce que l'on peut mettre en face.
20:29Et donc vous dites
20:30à Ursula von der Leyen
20:31prendrez l'avion.
20:32Je ne dis rien du tout
20:33à Ursula von der Leyen,
20:34ce n'est pas mon rôle,
20:36je ne sais pas,
20:37encore une fois,
20:37si c'est elle,
20:38je sais ce que je ferai
20:39si c'était moi,
20:40je sais ce que je ferai,
20:41mais je ne suis pas à sa place,
20:43donc je n'ai pas de conseil
20:44à lui donner,
20:45en revanche,
20:46il faut lire ce qui se passe,
20:48deux messages,
20:49l'équipe de négociateurs
20:50et l'usage
20:52le mieux possible
20:53de ces trois semaines
20:54qui nous restent devant nous,
20:57on a une petite idée
20:58de là en tout cas
20:59où il veut atterrir,
21:00ce n'est pas 30%,
21:01c'est plutôt ce que
21:01je vous ai dit tout à l'heure.
21:02Merci Thierry Breton,
21:03merci d'avoir accepté
21:04notre invitation ce soir,
21:06on va retrouver
21:07Michael Denit
21:07qui est notre correspondant
21:09à Bruxelles,
21:10Michael,
21:10parce que nous le disions,
21:12Ursula von der Leyen
21:13a répondu
21:14assez rapidement
21:14à cette annonce
21:16de Donald Trump.
21:17Oui,
21:1730%,
21:18c'est énorme évidemment,
21:19Bruxelles évidemment
21:20critique ce nouveau coup
21:22de sement,
21:23ce nouveau coup
21:23de pression
21:24à l'Union européenne,
21:26néanmoins,
21:26la présidente
21:27de la Commission européenne
21:29croit encore
21:30en la négociation
21:31après ces 30% annoncés,
21:34l'Union se dit prête
21:35en fait à continuer
21:36à travailler
21:37à un accord
21:38après ce nouveau coup
21:40de pression
21:40sans pour autant
21:42exclure totalement
21:43des mesures
21:44de représailles.
21:46La diplomatie
21:46est donc en marche,
21:48c'est en tous les cas
21:49en train à nouveau
21:50de se préparer
21:51à de nouvelles réunions,
21:53on sait que la base
21:55des droits de douane
21:56américains
21:57espérés
21:57serait plutôt
21:58autour des 10%,
21:59avec quelques exceptions,
22:01il n'y a pas encore
22:02de nouvelles réunions
22:03prévues entre les Américains
22:04et les Européens,
22:06mais déjà des réunions
22:07prévues ici à Bruxelles
22:08dès demain
22:09et lundi surtout.
22:11Merci Mickaël Denut
22:12en direct de Bruxelles
22:13pour BFM TV.
22:14Bonsoir Anthony.
22:15Bonsoir François.
22:16Je vous invite à BFM TV.
22:17Emmanuel Macron aussi
22:18a donc réagi
22:19en postant un long message
22:21il y a quelques minutes
22:22sur les réseaux sociaux.
22:23Oui, un long message
22:24posté par le président
22:25de la République
22:26sur les réseaux sociaux.
22:27X, voici ce que dit
22:28Emmanuel Macron
22:29avec la présidente
22:30de la Commission européenne,
22:31la France partage
22:32une très vive désapprobation
22:34face à l'annonce
22:35de droits de douane
22:35horizontaux de 30%
22:36visant les exportations
22:37de l'Union européenne
22:38vers les Etats-Unis
22:39à compter du 1er août.
22:40Il parle d'une très vive désapprobation
22:42quand il y a trois mois,
22:43François,
22:44au moment des premières annonces
22:45assez fracassantes
22:45de Donald Trump
22:46avec près de 20%
22:47de droits de douane
22:47sur l'Union européenne,
22:49Emmanuel Macron évoquait
22:50plutôt une brutalité,
22:51une décision brutale,
22:52infondée.
22:53Cette fois,
22:54c'est une vive désapprobation.
22:56Emmanuel Macron poursuit
22:57et dit qu'il faut
22:58accélérer la préparation
23:00de contre-mesures
23:01crédibles
23:02par la mobilisation
23:03de l'ensemble
23:04des instruments
23:04à sa disposition.
23:05y inclut le mécanisme
23:07anti-coercition
23:08si aucun accord
23:08n'était trouvé
23:09d'ici le 1er août.
23:10C'est important
23:11ce que dit le chef de l'État
23:12ici avec ce mécanisme
23:13anti-coercition
23:14qui est un mécanisme juridique
23:16qui a été adopté
23:17il y a deux ans
23:17par le Conseil européen
23:19et qui est au fond
23:19un bazooka économique
23:21comme dirait Stéphane Séjourné
23:22qui est le vice-président français
23:23de la Commission européenne
23:24en charge
23:25des questions industrielles
23:26et qui permettrait
23:28à l'Union européenne
23:29d'interdire d'accès
23:30les Américains,
23:32les entreprises américaines,
23:33d'interdire d'accès
23:34ces entreprises-là
23:35au marché public européen.
23:36Donc c'est un peu
23:37une arme nucléaire
23:39selon certains diplomates.
23:40C'est le dernier recours
23:41en quelque sorte
23:42mais avant cela
23:43il y a une forme
23:44de négociation
23:44qui doit se poursuivre
23:45même si elle est encore
23:46une nouvelle fois brutale.
23:48Emmanuel Macron
23:48le dit dans sa dernière phrase
23:50il soutient pleinement
23:51la Commission européenne
23:52dans la négociation
23:53qui va s'intensifier
23:54car seule la Commission européenne
23:56a au fond
23:57le pouvoir de négocier
23:58directement avec les États-Unis
23:59pour ce qui concerne le commerce.
24:00Pierre Hénaudi
24:01est en direct avec nous.
24:02Bonsoir, vous êtes vigneron
24:03et propriétaire du domaine
24:05de la Bargemone
24:06à Saint-Canada
24:07dans les Bouches-du-Rhône.
24:08Vous exportez un tiers
24:10de votre production
24:11aux États-Unis.
24:12Vous entendiez
24:13j'imagine
24:13il y a quelques instants
24:14Thierry Breton
24:14ici même
24:15nous appeler
24:17nous tous
24:17à garder notre sang-froid
24:19ce soir.
24:20Est-ce que c'est votre état d'esprit
24:21à vous actuellement ?
24:22Oui, c'est l'état d'esprit
24:24de tous les vignerons français
24:25je pense
24:26depuis l'investiture Trump
24:28parce qu'on vit
24:30de véritables montagnes russes
24:32psychologiques
24:33avec des annonces
24:34qui sont parfois suivies
24:36des faits
24:36et parfois non.
24:38Donc c'est un contexte
24:39qui évolue
24:39à une vitesse telle
24:40que là
24:41les 30%
24:42si c'était officiel
24:44à partir du 1er août
24:45s'il n'y a pas
24:46une diplomatie
24:47qui se met en marche
24:48pour pouvoir
24:48essayer d'atténuer
24:50la sanction
24:53et bien oui
24:53ce sera un véritable cataclysme
24:55oui
24:56nous
24:57Barge de Monde
24:57avec son Provence
24:58on exporte
24:59dans 43 états
25:00200 000 bouteilles
25:01depuis 35 ans
25:02donc il y a un véritable
25:03attachement des américains
25:04pour cette cuvée
25:05notamment
25:06qui est très bien diffusée
25:08aux Etats-Unis
25:08mais pas d'affolement
25:11on ne va pas
25:11à ce moment-là
25:12commencer à
25:13faire des plans
25:14sur la comète
25:15et l'année est déjà
25:16très bien entamée
25:17et puis
25:18il y a eu du vin avant
25:19il y a du vin maintenant
25:20il y en aura après
25:21mais pour que l'on comprenne bien
25:23à quelle sauce
25:24vous serez peut-être mangé
25:26par les Etats-Unis
25:28de Trump
25:28si la menace
25:29est mise à exécution
25:30dans trois semaines
25:30dans moins de trois semaines
25:31même
25:31sur une bouteille
25:33une caisse de bouteille
25:34de votre domaine
25:35ça changera quoi
25:3630% de droit
25:37de douane
25:3830%
25:39si la bouteille
25:40elle est vendue
25:40à 20 dollars
25:41ça fait
25:42ça fait
25:44un sacré
25:44un sacré delta
25:45et puis
25:46et nous
25:47on est vendu
25:48entre 20 et 45 dollars
25:50la bouteille
25:50cuvée libre
25:51Bargemon
25:51elle est vendue
25:52autour de 40 dollars
25:53donc
25:53on n'est pas
25:56sur des vins
25:56qui permettent
25:57de supporter
25:58ce genre
25:59d'augmentation
26:00ça va être
26:00inévitablement
26:02une baisse des volumes
26:02en revanche
26:03sur des grands crus
26:05sur des grands vins
26:05sur des grandes appellations
26:07très recherchées
26:07là
26:08la demande
26:08elle restera
26:09équivalente
26:10malgré tout
26:11donc
26:12ça
26:13ça va
26:14ça va forcément
26:15être
26:15dramatique
26:16donc on
26:1730% pour vous
26:18c'est impossible
26:19d'absorber
26:1910%
26:20Thierry Breton
26:21c'est ce que
26:21Thierry Breton
26:22disait il y a quelques instants
26:2310%
26:23certaines entreprises
26:25au moins peuvent
26:26absorber
26:26tout ou partie
26:27mais 30%
26:28c'est quoi
26:28c'est une partie
26:30de la fin
26:30de votre marché
26:31du marché américain
26:33pour vous
26:33en tout cas
26:35ce sera certainement
26:36une nette diminution
26:38mais les américains
26:40aiment les rosés de Provence
26:42les américains
26:43aiment Barzeman
26:44et ils aiment
26:45les rosés de Provence
26:46parce qu'ils sont
26:47uniquement
26:47donc
26:48vous augmenterez
26:49considérablement
26:50les prix
26:50et vous misez
26:51sur le fait
26:52qu'ils continueront
26:52à acheter
26:52et oui
26:54mais bon
26:54le portefeuille
26:55des américains
26:56n'est pas non plus
26:57extensible
26:57à demeure
26:58donc ça aura ses limites
27:00ce raisonnement là
27:01donc ce sera
27:02tous azimuts
27:03sur les autres marchés
27:04avec un dynamisme
27:05commercial
27:06qui est indispensable
27:08au vu de ce contexte
27:10mais voilà
27:11qui demande
27:13de rester quand même
27:13avec la tête froide
27:15Thierry Maillard
27:17est aussi avec nous
27:17bonsoir
27:18vous êtes professeur
27:18d'économie
27:19à Sciences Po
27:20un cataclysme
27:21prédit à l'instant
27:23ce vigneron
27:24si la menace
27:24de 30% de droits de douane
27:25est mise à exécution
27:27dans trois semaines
27:28vous quelle est votre analyse
27:29ce soir
27:30entre l'appel
27:31de Thierry Breton
27:31à garder son sang froid
27:33et l'inquiétude
27:34d'un certain nombre
27:35de professionnels
27:37exportant aux Etats-Unis
27:39il est très clair
27:44que sur certains secteurs
27:45comme effectivement
27:46les vins
27:47les spiritueux
27:48le secteur pharmaceutique
27:50aussi
27:50le secteur aéronautique
27:51qui est assez spécialisé
27:53vers les Etats-Unis
27:54il va y avoir
27:54un impact fort
27:56sur les volumes
27:56comme ça a été dit
27:57et donc
27:59certains secteurs
28:00devront être
28:01clairement compensés
28:03entre guillemets
28:03mais au total
28:04ce que toutes les études
28:06nous montrent
28:06c'est que
28:07ces droits de douane
28:08s'ils étaient mis en oeuvre
28:09seraient beaucoup plus coûteux
28:10pour les Etats-Unis
28:11que pour l'Union Européenne
28:12c'est-à-dire que
28:13pour la France par exemple
28:14les exportations
28:15vers les Etats-Unis
28:15au total
28:16c'est 13%
28:17de nos exportations
28:18et nos exportations
28:20c'est seulement
28:20un tiers
28:21en gros
28:22de notre richesse
28:23et donc
28:24au total
28:25le choc sera
28:25en fait
28:26relativement
28:27important
28:28mais mesuré
28:29pour l'Union Européenne
28:30au contraire
28:31on est dans des ordres
28:32de grandeur
28:335 à 6 fois plus importantes
28:34pour les Etats-Unis
28:35donc en fait
28:36je pense que
28:37l'appel à garder son calme
28:38surtout avec 3 semaines
28:40de négociations à venir
28:40est tout à fait
28:41le bienvenu
28:43d'autant plus
28:44qu'on voit pas très bien
28:45ce que
28:46M. Trump
28:47demande
28:48à l'Union Européenne
28:49il est très clair
28:50que dans toutes ses lettres
28:51il y a une idée
28:53un peu
28:53de la stratégie
28:55de la vengeance
28:55les Etats-Unis
28:57auraient été maltraités
28:58et donc
28:59ils se vengeraient
29:00pour rétablir
29:01les choses
29:02mais en réalité
29:03il n'y a pas du tout
29:05de barrière commerciale
29:07asymétrique
29:07qu'on puisse mesurer
29:09et donc
29:10il n'y a rien
29:11qui est vraiment demandé
29:12de manière claire
29:13et donc
29:14je pense que
29:15ce qui va se passer
29:16c'est qu'on va avoir
29:16des négociations
29:17jusqu'au 1er août
29:18et ensuite
29:19très certainement
29:20si ça n'aboutit pas
29:20des représailles
29:21qui vont devoir
29:22être mesurées
29:23du même montant
29:25pour faire comprendre
29:26à M. Trump
29:26que l'Union Européenne
29:28est une grande zone commerciale
29:30et il n'aura pas peur
29:32de répondre à ça
29:33Olivier
29:34trois semaines
29:34pour obtenir
29:36un accord
29:36une petite pression
29:38pèse ce soir
29:38sur les épaules
29:39de Ursula von der Leyen
29:40qui pour l'instant
29:41n'a pas réussi
29:41non et son équipe
29:43que l'expliquait Thierry Breton
29:44n'a pas
29:45véritablement réussi
29:46il y avait quand même
29:48l'idée
29:48d'une taxe horizontale
29:51c'est-à-dire
29:51qui s'appliquerait
29:52à tous
29:52de 10%
29:53et qui serait
29:53augmentée
29:55selon certains secteurs
29:57pour justement
29:58rentrer
29:58dans des secteurs
30:00qui du point de vue
30:00de Trump
30:01sont problématiques
30:02d'autres qui le sont
30:03un peu moins
30:03et faire en sorte
30:05qu'il puisse
30:06avoir pour Trump
30:08aussi
30:08une histoire
30:09à raconter
30:10et quelque chose
30:11à dire
30:12à son électorat
30:12qui
30:13et notamment
30:14ce nouvel électorat
30:16qu'il est allé chercher
30:17dans le nord
30:17des Etats-Unis
30:18dans les états
30:20industriels
30:21qui ont longtemps
30:21été portés
30:22par exemple
30:23par l'automobile
30:24s'il arrivait
30:25à obtenir
30:25un droit de douane
30:27sur les voitures
30:28notamment allemandes
30:29un peu dures
30:30il aurait une histoire
30:31à raconter
30:31à son électorat
30:32parce qu'il y a certes
30:33un objectif économique
30:34mais il y a aussi
30:35un objectif politique
30:36et de promesses
30:37et d'engagement
30:38qu'il a fait
30:39qui est important
30:39dans cette négociation
30:41il faut qu'il puisse
30:42en sortir
30:42la tête haute
30:43et tout le problème
30:45est qu'on risque
30:45de rentrer progressivement
30:47dans quelque chose
30:48qui peut être aussi
30:49une guerre d'égo
30:50pour lui
30:50une façon de vouloir
30:51s'affirmer
30:52et peut-être
30:53de vouloir faire une guerre
30:55une guerre courte
30:56mais quels vont être
30:58les dommages
30:58de cette guerre courte
30:59si en septembre
31:00octobre
31:01novembre
31:01il y a des droits
31:02de douane aussi
31:03importants
31:04qui s'appliquent
31:05certes
31:05comme le disait
31:06notre invité
31:0613% des exportations
31:08de l'Europe
31:09vont vers les Etats-Unis
31:10c'est pas
31:11toutes nos exportations
31:14qui sont tournées
31:14vers ce marché
31:15mais pour certains
31:16secteurs d'activité
31:17c'est
31:1840
31:1950
31:2060%
31:20de l'activité
31:21qui est concentrée
31:22vers les Etats-Unis
31:22pour cela
31:23en quelques semaines
31:25en quelques mois
31:26vous pouvez avoir
31:27un impact
31:27sur votre entreprise
31:29qui peut être
31:29absolument dévastateur
31:30et dans ce jeu-là
31:32Trump peut décider
31:34parce qu'il aime ça aussi
31:35d'engager un bras de fer
31:36et en disant
31:37au secteur concerné
31:38du côté américain
31:39on sera là
31:40pour vous aider
31:40avec quelques subventions
31:41donc on est dans
31:43un moment extrêmement critique
31:46et où les choses
31:47vont vraiment se faire
31:48en montrant les muscles
31:49merci à tous
31:51merci à tous
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