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  • il y a 1 an
Le sauvetage de la civilisation occidentale - appelée "Notre Maison de l’Ouest" par Christophe Buffin de Chosal - ne se fera pas par les moyens qui ont amené son déclin et mettent aujourd’hui son existence en danger. Au terme d’un diagnostic sévère, Christophe Buffin de Chosal propose des solutions, les unes traditionnelles, les autres innovantes, parfois surprenantes mais toujours fondées sur l’histoire ou le bon sens.
Mais ce qui fait surtout l’originalité de ce livre, c’est que l’auteur situe ces solutions en dehors du cadre de la démocratie parlementaire. Un changement de perspective radical mais prometteur !

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Transcription
00:00Parce que nous dérangeons, une nouvelle attaque politique est survenue, plus sournoise, plus insidieuse, mais aussi plus meurtrière, la censure bancaire.
00:11Vous l'avez bien compris, TV Liberté est plus qu'une chaîne, c'est un combat.
00:16Un combat pour la liberté de penser, de parler, d'informer, dans un monde obscurci par une démocratie confisquée et une forme de totalitarisme larvé.
00:24C'est donc un appel à l'aide que nous vous lançons. Ce combat auquel nous sommes confrontés, nous ne pouvons pas le perdre.
00:32Bonjour à tous, bienvenue dans notre Zoom aujourd'hui en compagnie de Christophe Buffin de Chosal. Bonjour monsieur.
00:55Bonjour.
00:56Alors vous êtes historien, monsieur, et vous étiez déjà venu sur le plateau de TV Liberté présenter l'ouvrage La fin de la démocratie aux éditions Saint-Rémy.
01:09Vous publiez aujourd'hui cet ouvrage, Notre maison de l'Ouest, aux presses de la délivrance, ouvrage à retrouver comme d'habitude sur la boutique de TV Liberté,
01:19qui est une critique très sévère de la démocratie parlementaire et en même temps un plaidoyer pour la monarchie absolue, non pas constitutionnelle,
01:29mais la monarchie avec un roi comme sous l'Ancien Régime.
01:34Donc une critique sévère de la démocratie parlementaire.
01:38On observe aujourd'hui une crise de ce régime. Comment vous l'expliquez ?
01:45Alors je l'expliquerai par l'inverse. Pour moi, la démocratie n'est pas en crise.
01:51Elle suit le déroulement normal de sa nature. C'est un régime qui est irresponsable.
01:57C'est un régime qui est boulimique. Donc il va toujours vouloir plus de pouvoir, plus d'administration.
02:03Et comme il a tendance à créer une classe politique, ce que nous voyons aujourd'hui n'est pas une déviance de la démocratie.
02:09C'est vraiment plutôt son aboutissement naturel. La démocratie a une tendance naturelle à évoluer vers un régime totalitaire.
02:17Vous dites que c'est un régime irresponsable. C'est-à-dire nos politiques ne sont pas responsables de leurs agissements ?
02:23Le problème en démocratie, c'est que la responsabilité politique ou la responsabilité ministérielle est diffusée sur la totalité du Parlement ou des représentants
02:34et qui, elle, la rejette sur la totalité du peuple. Ce qui fait qu'en réalité, la responsabilité se disperse, se disparaît.
02:42Elle est comme pulvérisée parce qu'il n'y a rien de consistant. Dans une monarchie, par contre, les ministres sont responsables devant le roi.
02:50Et là, il y a un point d'arrêt pour la responsabilité. Il y a le roi.
02:54C'est impossible en démocratie parlementaire. Donc, on peut dire que, vu l'absence d'arbitre, la responsabilité est comme inconsistante.
03:04Vous pointez, justement, les dérives totalitaires de la démocratie parlementaire.
03:09Pourtant, en France, la majorité de nos concitoyens ont conscience, pensent être dans une démocratie.
03:16Comment vous expliquez cette impression, cette fausse impression de démocratie ?
03:23Parce qu'on entretient dans la population des rites démocratiques.
03:28Donc, vous avez les élections, vous avez des débats télévisés, etc.
03:32Les gens ont l'impression de participer.
03:35Ça fait partie du rituel.
03:36Et tout le monde a l'impression que son avis, son opinion est prise en compte par les représentants.
03:42En réalité, c'est une chose impossible.
03:44Tous les avis, toutes les opinions sont distordus par les partis politiques.
03:49Et puis, il y a une multitude d'obstacles à franchir avant que l'opinion d'un citoyen soit vraiment représentée devant le pouvoir exécutif.
04:00Si vous y réfléchissez, il y a des dizaines de millions d'électeurs.
04:06Ça veut dire que chaque électeur a un dixième de millionième de souveraineté, ce qui ne représente absolument rien.
04:13– Vous parlez beaucoup de cette notion, le bien commun dans notre société.
04:19Qu'est-ce qui manque à la démocratie pour le servir correctement ?
04:23– Il manque un arbitre impartial et c'est ça, un roi.
04:27Un roi, c'est quelqu'un qui ne dépend pas de l'opinion, qui n'est pas élu, dont le pouvoir n'est pas contesté.
04:33Il ne doit pas gagner son pouvoir ni craindre de le perdre.
04:36Il ne doit pas constamment penser à le regagner.
04:41Il est là de façon fixe, déterminé par les règles dynastiques.
04:46Et de ce fait, il est éduqué pour gouverner, ça c'est déjà une grande chose.
04:51Et de ce fait, il peut servir d'arbitre du bien commun s'il en a les pouvoirs nécessaires, naturellement.
04:57Tandis que dans une démocratie, il n'y a pas d'arbitre du bien commun.
05:01C'est impossible, puisque celui qui devrait jouer le rôle d'arbitre, en réalité, est élu.
05:06Donc il appartient à un parti politique, il appartient à un courant d'opinion.
05:11Il a beau clamer pendant la campagne électorale qu'il défend une opinion,
05:15et puis après la campagne électorale qu'il défend tous les Français,
05:21mais ce n'est pas possible, vous ne pouvez pas une moitié de votre carrière
05:24vous battre pour le programme d'un parti politique,
05:27et dès que vous êtes élu, faire semblant d'être le président de tous.
05:30C'est impossible, c'est une posture qui n'est pas crédible.
05:33– La démocratie crée une fracture de fait dans la société française.
05:36– Tout à fait, tout à fait.
05:37Il y a une fracture qui est d'autant plus importante
05:41que l'État est très concentré et très puissant en démocratie.
05:45La démocratie, c'est un pouvoir faible, mais l'État est très fort.
05:49En monarchie, c'est juste l'inverse.
05:51Le roi n'a pas tous les pouvoirs,
05:54et la société peut se défendre contre le pouvoir du roi.
05:59Ici, vous avez donc une fracture sociale qui est très importante,
06:04qu'on explique par la distinction entre pays légal et pays réel.
06:08Le pays légal, ce sont les gouvernants, les représentants,
06:12toute la hiérarchie politique, mais aussi tous ceux qui dépendent du pouvoir,
06:16l'administration, et tous ceux qui exercent le pouvoir
06:21très intrusif de l'État démocratique.
06:23Et puis, il y a le reste de la population qui subit,
06:27et qui n'a, pour ainsi dire, pas droit au chapitre.
06:29– Et nos dirigeants exercent leur pouvoir au nom de qui,
06:32alors, si ce n'est pas au nom du peuple ?
06:33– Bien sûr, ils l'exercent au nom du peuple,
06:35comme moi, je pourrais parler en votre nom,
06:37mais ça ne voudrait rien dire.
06:39C'est très facile de dire.
06:40C'est ça, pour ça qu'il y a des rites démocratiques.
06:43C'est pour donner aux gens l'impression d'une légitimité du pouvoir.
06:47Le pouvoir est légitimé par les rites démocratiques,
06:50les élections, etc.
06:51Mais une fois que ces gens sont élus,
06:53ils n'en font qu'à leur tête.
06:54Ils ne vont certainement pas respecter les programmes
06:57ou les vœux qu'ils ont proposés,
07:00ou les vœux de la population.
07:01Ils ne le font pas, tout simplement.
07:03– Et quels intérêts servent-ils alors ?
07:05– Ils servent d'autres intérêts.
07:07Dès qu'ils passent du côté du pouvoir,
07:08et même parfois avant, ce qu'on voit,
07:10il y a une métamorphose des politiciens,
07:13à mesure qu'ils s'approchent du pouvoir,
07:14ils commencent à lui ressembler.
07:16Et donc, dès qu'ils passent de l'autre côté,
07:18on se sent complètement dégagé des obligations
07:21vis-à-vis des électeurs.
07:23Et on commence, à ce moment-là,
07:24à servir d'autres intérêts.
07:26Puissance d'argent, intérêts stratégiques,
07:29puissance idéologique,
07:32vous avez toutes sortes de lobbies
07:34qui œuvrent dans l'ombre
07:36et qui inclinent le pouvoir dans un ou l'autre sens.
07:39– Vous pensez que c'est vraiment
07:39les puissances d'argent qui sont en capacité
07:42de corrompre une personne
07:44qui, ayant de bonnes intentions,
07:47a l'intérêt de servir le bien commun ?
07:49– Bon, les bonnes intentions, je vous les laisse.
07:51Mais en tout cas, nous avons des exemples
07:54assez parlants de ce genre de corruption.
07:57Tout le monde, aujourd'hui, est attentif
07:59à ce qui va arriver à Ursula von der Leyen
08:02puisqu'il y a ce bruit qui court
08:05qu'elle aurait acheté, donc, trop de vaccins
08:07à un prix trop élevé.
08:11Comment se fait-il qu'elle ait fait cette opération ?
08:13Le contrat a été traité par SMS.
08:16Nous n'avons aucune trace.
08:17Mais il semblerait qu'on soit en présence, là,
08:21d'un énorme cas de corruption.
08:23Et l'histoire dira, si jamais on arrive
08:27à avoir toute la clarté judiciaire là-dessus,
08:29si c'est le cas ou non.
08:31– Alors, vous faites l'éloge de la monarchie absolue,
08:35celle d'Ancien Régime,
08:36et non pas la monarchie constitutionnelle,
08:38comme on peut la voir partout en Europe,
08:40en Espagne, en Angleterre, en Hollande.
08:43Pourquoi pensez-vous que cette monarchie absolue
08:46ferait mieux que notre démocratie parlementaire ?
08:50– J'aimerais mettre en garde nos auditeurs
08:53au sujet du terme absolu,
08:56parce que ça fait très, très peur, la monarchie absolue.
08:58– Oui, ça fait penser à une dictature,
09:00à une tyrannie.
09:00– Oui, on a l'impression que le bon vouloir du roi
09:03doit s'exécuter immédiatement, etc.
09:06La monarchie d'Ancien Régime n'était pas du tout
09:07de ce genre-là.
09:08Le terme est exact, mais le contenu qu'on lui prête
09:11est dangereux et prête à confusion.
09:15Alors je dirais plutôt une monarchie traditionnelle
09:18par opposition à une monarchie constitutionnelle.
09:21Encore que la monarchie traditionnelle avait une constitution,
09:25l'ancienne France avait bien une constitution
09:27non écrite mais réelle.
09:29Donc pour dissiper tout malentendu,
09:32on ferait mieux de parler de monarchie parlementaire
09:35et de monarchie traditionnelle.
09:37Alors là, on s'entend bien.
09:39Et oui, c'est donc une monarchie traditionnelle
09:41qu'il nous faudrait pour sortir de ce chaos
09:44qui a été créé par la démocratie.
09:47Et pour ça, il faut une monarchie forte.
09:50Une monarchie faible comme une monarchie constitutionnelle
09:53ne résoudrait absolument aucun problème
09:55puisque le roi n'a aucun pouvoir.
09:57– Mais qu'est-ce qui empêcherait dans cette monarchie traditionnelle
10:01au monarque de devenir un tyran ?
10:03– Il y a quand même pas mal de freins dans la monarchie traditionnelle.
10:10Il y a bien sûr, le frein principal, c'est bien sûr l'éducation du roi.
10:15La personne a été formée pour son métier.
10:18Entre parenthèses, je signale que en démocratie,
10:20cette chose est impossible
10:22puisqu'il n'y a aucun gouvernant démocratique au monde
10:25qui n'ait jamais été éduqué pour le pouvoir.
10:28Nous sommes dans une société où on demande des qualifications
10:30pour n'importe quel job, mais pas pour gouverner.
10:33Donc vous pouvez avoir quelqu'un qui est parfaitement incompétent,
10:36ce qui est la plupart du temps le cas,
10:38qui arrive au poste de décision d'un État.
10:41Mais donc ça, c'est déjà un grand frein au pouvoir,
10:44c'est l'éducation du roi.
10:45Puis le roi doit rencontrer les représentants,
10:48le roi doit respecter la loi.
10:50Il y a pas mal de freins.
10:52Et un frein en particulier qui était propre à l'Ancien Régime
10:55et qu'on a oublié depuis la Révolution,
10:58c'est le consentement à l'impôt.
11:00Sous l'Ancien Régime, les sujets consentaient à l'impôt.
11:02Aujourd'hui, ce consentement à l'impôt a complètement disparu.
11:07On considère comme acquis que le budget est voté,
11:10puisqu'en réalité, le gouvernement a sa majorité au Parlement
11:13et qu'il ne rencontre aucun obstacle.
11:16– Qu'est-ce que vous répondriez, Christophe Buffen-Chozal,
11:20à ceux qui vous diront, mais si la France avait un roi qui devenait fou,
11:25ils en auraient pour 30 années de subir les affres d'un pouvoir
11:31aux mains d'un malade ?
11:33– Bon, ce n'est pas un argument.
11:35Il y a eu des rois fous dans l'histoire.
11:37– Louis X.
11:38– Il y a toujours eu des procédures pour s'en débarrasser.
11:42Je crois que ça ne doit pas nous inquiéter.
11:44En plus, les rois fous sont assez rares.
11:46– Est-ce que vous pouvez nous expliquer
11:49quelle garantie un monarque absolu pourrait offrir à la stabilité de la nation ?
11:55– Oui.
11:57Tout d'abord, le monarque, son pouvoir n'est pas contesté.
12:02Il règne de père en fils.
12:04Il y a des règles dynastiques qui l'établissent comme roi pour une génération.
12:08Ce sont des choses humaines, le règne.
12:11Et donc, une génération humaine correspond très bien à la durée d'un règne.
12:14C'est tout à fait naturel.
12:16Quand un roi peut régner et gouverner pendant un règne, une génération,
12:22il se sent très à l'aise pour aborder des problèmes
12:25qui ne sont jamais abordés en démocratie.
12:28En démocratie, on ne fait jamais de politique de long terme.
12:31Parce que, quatre ans plus tard, c'est le parti adverse
12:35qui va remporter les élections et qui va vous remplacer,
12:38annuler tout ce que vous avez fait et recommencer à zéro.
12:40Donc, on ne fait que des petits problèmes,
12:43on ne résout que des petits problèmes dont la solution est visible
12:46pour pouvoir montrer aux gens, regardez, on fait quelque chose.
12:49Un roi, bien sûr, doit résoudre aussi les petits problèmes,
12:53mais il peut s'attaquer à des problèmes de fond.
12:55Par exemple, la dénatalité, qui est un problème très important,
12:59ou le problème des pensions.
13:00On n'en parle quasiment jamais en démocratie
13:02parce que ça transcende les mandats démocratiques.
13:06Un roi peut tranquillement s'attaquer à ce genre de problème
13:08et voir une solution, sinon de son vivant,
13:12au moins pour le règne de son successeur qui est de sa famille.
13:15– Qu'est-ce que vous répondriez à ceux qui vous diraient
13:19qu'un retour à la monarchie absolue serait illusoire ?
13:24– Écoutez, c'est comme quand on est malade et qu'on revient à la santé.
13:30Si vous dites à un malade, le retour à la santé est illusoire,
13:34c'est quand même très grave.
13:36La monarchie n'est pas rétrograde,
13:37comme la santé n'est pas rétrograde par rapport à la maladie.
13:41Quand on revient à la santé, on est dans une situation meilleure.
13:44Ce n'est pas parce qu'on est malade qu'on doit continuer à être malade
13:46pour donner raison à la maladie.
13:48Donc non, quand on s'est trompé, il faut pouvoir le reconnaître
13:52et puis revenir en arrière, non pas pour le plaisir de revenir en arrière,
13:57mais pour prendre une autre direction.
13:59Du reste, on ne pourra jamais revenir en arrière, c'est impossible.
14:04Il y a des acquis qui ont été faits pendant les dernières décennies,
14:07les deux derniers siècles, qui ne seront pas effaçables,
14:10en tout cas pas tout de suite.
14:11Et qui sont parfois bons et dont on devra tenir en compte.
14:16Il n'y aura pas de retour en arrière.
14:18Il y aura simplement une reconnaissance de la nocivité
14:22de la démocratie parlementaire vis-à-vis des autres régimes
14:26qui nous côtoient sur la planète.
14:27Je vous signale quand même que nous avons des pays
14:31qui ont compris, sans le dire parfois,
14:35la valeur de la longévité au pouvoir.
14:37En Chine, vous n'avez jamais de rupture de pouvoir.
14:40Et donc, les Chinois sont très puissants vis-à-vis des pays européens
14:43parce que chez eux, ça ne change pas.
14:45En Russie, vous avez une grande longévité au pouvoir,
14:49en tout cas jusqu'à présent.
14:50Et puis, vous avez, troisième puissance, les États-Unis,
14:53où tous les quatre ans, ça change.
14:55Et donc, évidemment, il y a aujourd'hui une différence flagrante
14:59entre la politique étrangère de ces deux premiers pays que j'ai cités
15:02et la politique américaine qui retourne sa veste à chaque mandat.
15:07On voit aujourd'hui ce que ça peut faire comme résultat.
15:10– Est-ce que vous pouvez nous parler de ces corps intermédiaires
15:13qui existaient sous l'Ancien Régime
15:15et qui, avec l'arrivée de la démocratie, sont censés avoir disparu ?
15:21– Voilà. C'est la loi Le Chapelier qui a été votée.
15:24C'est une des premières lois qui a été votée pendant la Révolution française
15:27et qui a amené la destruction de toutes les corporations,
15:32de tous les corps intermédiaires.
15:34Alors, ces corporations reflétaient une réalité d'Ancien Régime.
15:38C'était la structure des secteurs professionnels
15:42tels qu'ils existaient alors.
15:44On peut reprendre l'idée sans reprendre la réalité de l'idée.
15:47Et l'idée, c'est qu'on pourrait avoir dans un nouveau modèle représentatif
15:53qui aurait une représentation par secteur professionnel ou par secteur sociaux.
15:58Et chaque secteur professionnel a des intérêts bien précis.
16:02Sous l'Ancien Régime, on ne défendait pas des opinions, mais des intérêts.
16:05Ce qui est tout à fait différent et beaucoup plus concret.
16:08Et donc, vous pourriez avoir le secteur, par exemple, de l'hôtellerie,
16:12le secteur de la construction, le secteur de l'automobile, etc.,
16:15qui défendrait leurs intérêts,
16:17qui serait légalement impliqué dans toute conception d'une loi
16:21qui toucherait leurs intérêts et qui aurait leur mot à dire.
16:24Ce serait une façon d'impliquer immédiatement le monde du travail
16:28dans la représentation.
16:31Aujourd'hui, on entend très souvent les professionnels se plaindre
16:36que la réglementation n'est pas adaptée à leur profession.
16:41Les camionneurs se plaignent, les paysans se plaignent.
16:43Tout le monde se plaint que les lois sont faites d'une façon déconnectée
16:47avec des règlements qui n'ont ni queue ni tête
16:49et qui ne correspondent pas à la réalité du terrain.
16:54Cette déconnexion propre à la démocratie n'existerait plus
16:57si chaque secteur pouvait représenter ses intérêts légalement.
17:01Et donc, députés et sénateurs disparaîtraient au profit
17:04de ces nouveaux corps intermédiaires ?
17:06Pas forcément.
17:07On peut mettre les deux en parallèle.
17:11La représentation professionnelle, elle n'est pas permanente.
17:14De toute façon, elle est sollicitée quand il y a besoin.
17:16– Alors justement, à l'inverse de la représentation de ces corps intermédiaires,
17:20qu'est-ce qui vous dérange dans le système représentatif démocratique ?
17:24– Il est basé sur un principe faux, qui est la souveraineté populaire,
17:28qui n'existe pas.
17:30Il n'y a pas de souveraineté populaire parce que le peuple est divisé.
17:34Il n'est pas informé et donc il ne peut pas être souverain.
17:36Un souverain est quelqu'un d'unique et qui est informé.
17:39Le peuple est désinformé et divisé.
17:42Il ne peut donc à aucun moment exercer une souveraineté.
17:46Ce qui me dérange, c'est justement que l'État,
17:50qui a besoin des voix de la population,
17:52est aussi celui qui informe la population par les médias
17:55et celui qui éduque la population par les écoles.
17:59Donc il forme une boucle.
18:01Son intérêt, c'est de renouveler, se renouveler au pouvoir
18:04à travers les parties qui l'alimentent.
18:07Et il va en même temps former les électeurs de demain à l'école
18:11et former les électeurs d'aujourd'hui par les médias.
18:15Quelle marge de liberté avez-vous là-dedans ?
18:17Comment pouvez-vous dire « je vote en connaissance de cause » ?
18:20Du reste, quand vous votez, vous votez pour des gens
18:23qui se sont mis sur des listes et vous n'avez pas décidé vous-même
18:26qui serait sur les listes.
18:27Donc vous êtes obligé de choisir dans une liste de gens
18:30que vous ne connaissez en général pas
18:31ou vous les connaissez simplement par la publicité
18:34ou la propagande électorale.
18:36Et puis après ça, quand on a voté pour ces gens,
18:39ils font ce qu'ils veulent.
18:40On n'a pas de retour.
18:42Et ils sont là pour 4 ans.
18:44Ou plus, ça dépend des pays.
18:45Et avec ça, vous êtes totalement impuissants.
18:49Cette notion de représentation organique
18:52que vous expliquez dans votre ouvrage,
18:55quelle définition donnez-vous ?
18:57Alors, c'est un terme bien spécifique
18:59qui représente la démocratie.
19:02Oui, je peux dire la démocratie avec beaucoup de prudence.
19:07Disons, la représentation d'ancien régime,
19:08elle est organique dans le sens où on considère la société
19:11comme un tout, comme un corps.
19:13Et donc, chaque élément de la société
19:19ou chaque élément de la politique est comme un organe.
19:21Et donc, cette représentation organique,
19:24elle tient compte de la réalité du terrain,
19:27qu'elle respecte,
19:28et elle va demander à ce terrain
19:31de se représenter de façon organique,
19:33c'est-à-dire organisée,
19:35mais aussi selon sa nature.
19:37Il n'y a pas une représentation nationale
19:40parce qu'il n'y a que rarement des causes nationales.
19:44Et donc, nous faisons de la représentation nationale
19:46des choses permanentes.
19:47En réalité, les gens sont beaucoup plus préoccupés
19:50par des questions propres à leur métier,
19:53propres à leur situation de vie,
19:55plutôt qu'à des grandes causes nationales.
19:57Et là, ils ne sont pas représentés.
20:00Parce qu'ils sont représentés par des gens
20:02qui ne leur appartiennent plus
20:03parce qu'ils ont été élus.
20:05Ils sont passés du côté du pouvoir,
20:07ils ont d'autres intérêts, les leurs,
20:10leur réélection, se remplir les poches
20:12tant qu'on est au pouvoir,
20:14et c'est ça qui les préoccupe.
20:16Les soucis de la population ne les préoccupent absolument pas.
20:20Sauf quand ils retournent auprès de leurs électeurs,
20:22alors ils disent qu'ils ont fait ce qu'ils ont pu.
20:24Mais en général, ça fait partie de leur propagande.
20:27– À quelles conditions un retour à la monarchie,
20:31à cette monarchie que vous défendez, serait possible ?
20:34– Écoutez, le retour à la monarchie,
20:37il est possible à tout moment.
20:38Mais parce que les conditions, je crois,
20:42s'accumulent pour le moment.
20:44Nous voyons en Europe une crispation du pouvoir démocratique
20:47parce que la situation devient de plus en plus incontrôlable
20:51et le pouvoir de plus en plus contesté.
20:54Alors ou bien on va avoir une façon organisée et pacifique
20:59pour faire la transition, ce dont je doute réellement,
21:02ou bien il faudra récupérer le pouvoir dans le caniveau
21:07lorsque l'effondrement aura eu lieu
21:09pour essayer de le remettre sur la bonne voie.
21:12Cette deuxième solution est la plus probable
21:14mais aussi la plus difficile.
21:16– Donc cela nécessite déjà une sortie de l'Union européenne,
21:19une remise en cause de la République française.
21:22Comment choisirait-on un roi pour les Français et pour la France ?
21:26– Je pense que vous avez plus qu'assez de familles prétendantes en France, non ?
21:30Donc ça devrait suffire.
21:31– J'en rappelle à notre spectateur que Christophe Buffenchozal est belge.
21:34– Voilà, alors bon, ça c'est le choix qui vous revient.
21:38Ce n'est pas moi qui vais vous dire quel roi choisir.
21:41Mais il faudra choisir quelqu'un ou plutôt c'est cette personne-là
21:44qui va se désigner elle-même par l'œuvre qu'elle va faire
21:48pour la restauration monarchique.
21:49Le gros problème c'est que les prétendants actuels ne font rien.
21:53Ou très peu.
21:55– La famille d'Orléans ou les descendants Bourbon.
21:58– Je ne porterai pas de jugement sur les différents prétendants
22:01mais ce sont des gens qui sont là pacifiquement
22:04et se disent, voilà, quand les gens voudront, ils viendront nous chercher.
22:09Mais les gens ne viendront jamais les chercher.
22:11Ça n'arrivera pas.
22:12Et donc il faudrait qu'un jour ils se mouillent
22:15pour qu'ils soient eux-mêmes les acteurs de leur propre restauration.
22:20S'ils restent là dans leur petit appartement à ne rien faire, rien n'arrivera.
22:24– Mais quand on voit qu'après des années, des décennies,
22:28voire des siècles de dénonciations de la monarchie
22:32comme une ère obscurantiste,
22:35on nous a fait toute une caricature de la monarchie.
22:37Et comment est-ce qu'on pourrait réapprendre aux Français
22:42les vertus de la monarchie ?
22:43– Bon, je peux vous rassurer sur ce point,
22:45c'est que dans l'enseignement, on fait beaucoup moins d'histoire qu'avant.
22:49Et donc il y a moins d'espace pour le discrédit de la monarchie.
22:53Les jeunes aujourd'hui sont nettement moins instruits qu'avant
22:56mais ils sont beaucoup plus ouverts d'esprit.
22:58Et je crois qu'on peut miser là-dessus.
23:00– Quelle perspective voyez-vous pour la France et l'Europe en général
23:05alors que l'Iran est en conflit avec Israël,
23:11que l'Ukraine est en conflit avec la Russie ?
23:14Comment voyez-vous tout cela évoluer en espérant un retour de cette monarchie ?
23:19– Je crois malheureusement que nous allons évoluer en Europe
23:23vers un pouvoir de plus en plus dur, de plus en plus intrusif,
23:27de moins en moins participatif, ou même dans les formes.
23:31Et parce que le pouvoir va se crisper du fait de cette dénonciation continuelle
23:37de la population ou de cette apathie indifférence de la population
23:42vis-à-vis du pouvoir.
23:44Le pouvoir profite de cette indifférence pour se renforcer.
23:47Et un jour, naturellement, les gens vont se dire
23:50« En fait, on n'a plus rien à dire. »
23:53On se sert de nous pour payer des impôts, travailler, consommer, et puis c'est tout.
23:58Et lorsque nous avons vécu notre vie et que nous ne rapportons plus rien,
24:01on va nous euthanasier.
24:02Alors, lorsque les gens vont s'apercevoir de cela,
24:06il devrait y avoir un mouvement.
24:09J'espère que ce mouvement, un jour, aura lieu.
24:12De la même façon qu'il devrait y avoir un mouvement
24:14le jour où les gens vont se sentir remplacés par une autre population.
24:18Si ce mouvement n'a pas lieu, c'en est fini pour l'Europe.
24:21Si ce mouvement a lieu, il peut se focaliser sur un mouvement de salut public
24:29qui devrait être guidé par un prince prétendant.
24:34Si personne n'est candidat, on est reparti pour,
24:37Dieu sait quelle aventure, non démocratique, mais aussi non monarchique.
24:41Ce qui n'est pas à souhaiter non plus.
24:44Notre maison de l'Ouest, un des meilleurs ouvrages
24:47qui soit arrivé entre les mains de TV Liberté,
24:51pour dénoncer ce que l'on appelle aujourd'hui la démocratie
24:55et peut-être pour dessiner un avenir meilleur
24:59pour Notre Nation, c'est votre ouvrage aux éditions de la presse de la délivrance.
25:05Merci à vous, monsieur.
25:06Merci beaucoup de m'avoir invité.
25:07Sous-titrage Société Radio-Canada
25:13Merci à vous, monsieur.
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