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  • il y a 16 heures
Crise économique, mondialisation, perte des repères, déclin de l'Occident… Et si René Guénon avait décrit, il y a près d'un siècle, les bouleversements que nous vivons aujourd'hui ?
Dans "La Crise du monde moderne" (1927) puis "Le Règne de la quantité et les signes des temps" (1945), le philosophe développe une critique radicale de la modernité et annonce l'entrée dans une période de profondes ruptures. Près d'un siècle plus tard, ses analyses résonnent avec une étonnante actualité.
Rémi Soulié, philosophe, écrivain et animateur de l'émission Les Idées à l'endroit sur TVL, signe la préface de la réédition de ces deux ouvrages chez LIF. Il revient sur la pensée de René Guénon, son regard sur la crise de la civilisation occidentale et l'actualité d'une œuvre qui continue de susciter débats et interrogations.

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Transcription
00:00Madame, Monsieur, faire exister une chaîne audiovisuelle alternative en France sans grands groupes financiers, sans subventions publiques, Paris réussit.
00:08Résister aux attaques, aux censures, aux pressions et inquisitions de toutes sortes, Paris réussit.
00:14Refuser la politique spectacle pour aller au cœur des vraies préoccupations des Français, Paris réussit.
00:20Parler de la France, du monde et de l'actualité sans se soumettre aux modes, aux partis ou aux puissances
00:25du moment, à l'empire du mensonge, Paris réussit.
00:28Transmettre, se renouveler, faire confiance aux jeunes générations sans renier son identité, Paris réussit.
00:35Donner la parole à l'élite souterraine, à des centaines d'intellectuels habituellement bannis des médias conformistes, Paris réussit.
00:42Et inventer un modèle économique fondé sur l'indépendance, la liberté et le soutien volontaire des téléspectateurs, là encore, Paris
00:50réussit.
00:51Mais il reste un Paris à gagner, celui de cet été 2026.
00:54Et au moment où je vous parle, à cet instant même, celui-ci est loin d'être gagné.
00:59Et il ne dépend que de vous seul.
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01:08Parce que TV Liberté ne dépend que d'une seule force, la vôtre.
01:11Pouvons-nous compter sur vous ?
01:26Bonjour à tous, bienvenue dans notre Zoom, aujourd'hui en compagnie de Rémi Soulier.
01:31Bonjour Rémi.
01:32Bonjour Pierre Bergerot.
01:33Vous êtes Rémi Soulier, philosophe, écrivain, également l'animateur de l'émission « Les idées à l'endroit » pour
01:39TV Liberté.
01:40Et vous signez la préface de cet ouvrage, la réédition de deux œuvres de René Guénon-Chélif.
01:46« La crise du monde moderne » suivie de « Le règne de la quantité et les signes des temps
01:53».
01:53Alors pourquoi Rémi Soulier avoir choisi cette actualité aujourd'hui pour rééditer ces deux œuvres ?
02:02Alors au sens strict, c'était une idée de l'éditeur, il est tout à fait judicieux à mon avis,
02:07puisque ce sont deux livres que René Guénon a écrits dans un laps de temps relativement,
02:13enfin moyennement long disons, le premier « La crise du monde moderne » date de 1926
02:17et le second date de l'immédiate après-guerre, après Seconde Guerre en 1945.
02:23Or, ce sont deux ouvrages qui sont parmi ceux de René Guénon
02:28où la critique du monde moderne dans son ensemble est la plus détaillée,
02:34la plus radicale, aussi bien d'un point de vue, disons, historique, temporel
02:38que d'un point de vue cosmologique ou métaphysique,
02:40puisque René Guénon est un métaphysicien.
02:42Et donc la jonction en un seul volume de ces deux ouvrages s'imposait tout à fait.
02:46Ils sont dans la même lignée.
02:48Le second explorant de manière plus détaillée
02:51les grandes lignes de l'exploration synthétique du premier,
02:55de la crise du monde moderne, donc.
02:57– Vous expliquez que le temps guénonien n'est pas historique mais cosmique.
03:01Alors qu'est-ce que ça veut dire ça ?
03:03– Oui, alors là c'est aussi évidemment très important.
03:06Guénon n'est pas un penseur de l'histoire,
03:08ce n'est pas un philosophe de l'histoire.
03:10Il en a eu dans la tradition philosophique occidentale,
03:12évidemment on peut songer spontanément à Hegel ou à Marx
03:16dans son inversion de l'hégélianisme.
03:19Ce n'est pas du tout cela qui intéresse René Guénon.
03:22La perspective métaphysique telle que la comprend
03:24et la vie l'expérimente et la pense René Guénon,
03:28c'est une perspective inversée, pourrait-on dire,
03:30par rapport à ce qui, pour nous, moderne, constitue l'ordre premier.
03:34C'est-à-dire qu'au départ il y a la matière, si j'ose dire, les corps,
03:38et donc l'histoire, la temporalité, ce qui est visible, ce qui est tangible,
03:41ce que l'on peut parler.
03:42Et puis éventuellement on va se hisser à un niveau supérieur
03:45qui sera éventuellement celui de l'âme ou celui de l'esprit
03:47et puis on n'ira pas plus loin.
03:50Pour René Guénon, dans la perspective métaphysique, c'est l'inverse.
03:53On part de ce qu'il appelle le principe,
03:56ce qu'on appelle le principe dans la pensée guénonienne,
03:57c'est l'équivalent, si l'on veut, de Dieu ou de l'au-delà même de Dieu,
04:01de ce que Maître Ecarte appellerait la déité.
04:03Et c'est à partir de ce point culminant que l'on descend.
04:06Autrement dit, on a un étage le plus élevé, si j'ose dire,
04:09et pour m'exprimer de manière un peu ordinaire,
04:12l'étage de l'esprit, l'étage spirituel,
04:15l'étage psychique ou psychologique,
04:18donc celui de l'âme, le monde de l'âme,
04:20et puis celui des corps.
04:21Or, tout, dans la vision guénonienne,
04:24dépend de l'esprit, en dernière analyse.
04:26Autrement dit, l'histoire, telle qu'on la comprend,
04:29ne recèle pas en elle-même son propre sens.
04:32C'est une erreur, et même à certains égards une hérésie,
04:36selon Guénon, de penser comme Hegel,
04:38ou dans l'autre sens Karl Marx,
04:40parce que l'histoire aurait elle-même un sens,
04:41mais elle est le résultat,
04:44elle est le produit de l'esprit, de la psyché, de l'âme,
04:48et puis, au dernier rétage,
04:51de ce qui vient s'incarner dans l'histoire.
04:55Il utilise la formule d'ambiance cosmique.
04:57C'est-à-dire que la cosmologie,
04:59qui se situe à l'étage médian,
05:01entre l'esprit et donc le corps,
05:03la corporalité,
05:04le caractère charnel de l'histoire, temporel,
05:07est celui qui a valeur de médiation,
05:11en quelque sorte.
05:11Et c'est de cette âme, pourrait-on dire,
05:14que l'ambiance cosmique découle.
05:16Pour donner un exemple très concret,
05:20Guénon voit le devenir du monde
05:22comme, très largement,
05:24un processus de solidification,
05:26de matérialisation.
05:27Et on le voit très très bien,
05:29enfin, l'histoire le confirme.
05:33Nous vivons dans une société,
05:35alors on peut penser au béton,
05:36on peut penser à tout ce qui relève
05:38de cette matérialisation,
05:40de cette densification de l'espace, du monde,
05:44correspond donc à une solidification.
05:46Et la solidification est d'autant plus intense
05:48que l'on perd de vue l'esprit, en quelque sorte.
05:50Voilà.
05:51Donc, plus l'esprit s'éloigne,
05:52on pourrait dire en langage religieux,
05:53plus le divin s'éloigne,
05:55plus le monde se solidifie.
05:56Et c'est cette image, cette métaphore,
05:58mais bien réelle,
05:59qui va intéresser Guénon.
06:00Voilà ce qu'est l'histoire.
06:01Un processus de, en l'occurrence,
06:03de solidification, de matérialisation.
06:05Et il voit même un processus à l'œuvre aujourd'hui,
06:08un processus de liquéfaction,
06:10ou de liquidation.
06:11Donc, on va envisager les choses en ces termes-là,
06:14plutôt, on pourrait dire, en un sens abstrait,
06:17mais le concret que nous vivons
06:20en est le témoin de ce processus-là.
06:23– Alors, vous citez le philosophe Pierre Bouton
06:26dans votre préface,
06:27qui voyait dans Guénon, dites-vous,
06:30un lointain disciple de Maurras.
06:32Alors, quelle vision les deux hommes partageaient-ils ?
06:39– Alors, Pierre Bouton était parfois un peu excessif,
06:42et il pouvait même parfois faire preuve de mauvaise foi.
06:45En l'occurrence, ce n'est pas le cas,
06:47mais faire de René Guénon un disciple de Charles Maurras,
06:49évidemment, ça n'a pas véritablement de grand sens.
06:52Néanmoins, on comprend pourquoi Bouton a utilisé cette formule,
06:57c'est que le jeune Guénon,
06:59enfin le jeune Guénon, le Guénon de la 20, 25 ans à peu près,
07:03est proche des milieux d'action française.
07:05Il est proche des Dominicains, des néotomistes,
07:09qui eux-mêmes sont proches de l'action française.
07:12Autrement dit, c'est ce moment où il est assez proche de Jacques Maritain,
07:15et où Maritain n'a pas encore versé dans la démocratie chrétienne,
07:19mais où Maritain est lui-même encore dans une proximité assez forte
07:24avec l'action française.
07:27Donc, il y a chez Guénon, il est en marge de cette famille d'esprit.
07:33Il partage avec elle, très largement,
07:36et on le voit en particulier dans la crise du monde moderne,
07:39la critique contre-révolutionnaire et catholique du monde moderne.
07:43Par exemple, un lecteur de Joseph de Mestre,
07:46qui lirait la crise du monde moderne,
07:48un lecteur de Charles Maurras, qui lirait la crise du monde moderne,
07:51ne serait pas dépaysé.
07:53C'est-à-dire que Guénon va concentrer ses attaques,
07:55d'une manière encore une fois très synthétique,
07:57sur un certain nombre d'erreurs philosophiques,
08:02métaphysiques du monde moderne.
08:04Erreur du matérialisme, erreur du pragmatisme,
08:07erreur du rationalisme, erreur de l'individualisme,
08:11erreur de la...
08:14Il y a...
08:15– Et même du cartésianisme.
08:16– Oui, du cartésianisme, donc du rationalisme.
08:18– Parce qu'on surnommait Guénon le « Descartes de l'ésotérisme ».
08:22– Oui, alors ça, c'est une formulation qu'il faut entendre
08:24dans un sens simplement formel.
08:26C'est-à-dire que Guénon, et c'est très important,
08:28parce que Guénon a un style, une écriture,
08:30qui est très limpide, qui est très transparente,
08:33qui est très claire.
08:33Il manie la langue française d'une manière
08:37qui n'a pas de...
08:39y compris chez un certain nombre d'écrivains,
08:41qui ne peut pas véritablement être comparé
08:43avec la façon dont procèdent un certain nombre d'écrivains.
08:47Guénon est lui-même un écrivain,
08:48mais un écrivain assez singulier dans ce maniement du style.
08:51Et donc, il y a quelque chose chez lui,
08:53dans le style qui relève très largement du XVIIe siècle français.
08:56C'est en ce sens, cette limpidité,
08:59j'évoque dans la préface,
09:01j'utilise l'adjectif ligérien,
09:03en référence à la Loire,
09:04et Guénon est né à Blois.
09:06Donc, il y a ce versant très français chez Guénon,
09:09l'Anjou, la Touraine, le château de la Loire.
09:11Il y a quelque chose de très XVIIe siècle,
09:14très classique dans la prose,
09:15il faut vraiment parler de prose, de René Guénon.
09:18D'où l'association, en effet, à Descartes,
09:20mais qui est très malheureuse du point de vue de la pensée,
09:22du fond de la pensée.
09:23Guénon est aux antipodes de Descartes, bien sûr.
09:25Ce n'est absolument pas un rationaliste.
09:27– Et alors, les relations entre Guénon
09:30et le milieu de l'action française se détériorent
09:32dès 1927, expliquez-vous.
09:35Et Maurras va dire que Guénon était empêtré
09:37dans ses Kali-Yuga et ses Manvataras.
09:41Qu'est-ce que ça veut dire, ces notions ?
09:42– Voilà.
09:43Alors, c'est une formule d'ailleurs assez humoristique
09:45de la part de Charles Maurras
09:46et qui n'avait rien de vindicatif.
09:49Ce sont deux notions qui relèvent de la métaphysique hindoue.
09:53Donc, les Kali-Yuga.
09:54Le Kali-Yuga, c'est l'âge de Kali,
09:56c'est-à-dire le dernier âge, l'âge sombre,
09:59l'âge des ténèbres.
09:59C'est une conception cyclique de l'histoire,
10:02exactement comme l'est la tradition gréco-latine.
10:04Nous, on parlera plutôt, enfin, Hésiode a parlé
10:07de l'âge d'or, l'âge d'argent, l'âge de bronze ou d'airain
10:10et puis l'âge de fer.
10:11Donc, c'est une manière d'évoquer, le Kali-Yuga,
10:13d'évoquer l'âge de fer.
10:15Et les Manvantaras,
10:16alors c'est aussi une notion de la métaphysique hindoue,
10:19ce sont de très, très longues périodes de temps
10:21qui se comptent en millions d'années,
10:24qui relèvent de la révélation hindouiste,
10:26donc des Vedas,
10:26et qui sont divisées en plusieurs kalpas,
10:30enfin, tout ça, ce sont des unités de temps très, très, très vastes,
10:32mais très codifiées.
10:34On peut, dans la métaphysique hindoue, dire,
10:36voilà, l'âge d'or,
10:37enfin, on peut donner des proportions,
10:38l'âge d'or est toujours plus long que l'âge de fer.
10:40L'âge de fer est beaucoup plus rapide,
10:42on pourrait dire par mensuétude,
10:43par miséricorde, en quelque sorte,
10:45mais il faut en passer par là.
10:47Et ça, Maurras, évidemment,
10:50a beaucoup de mal à le comprendre.
10:52Il ne peut pas le comprendre,
10:53parce que Maurras appartient à une toute autre tradition.
10:56Sur le fond, Maurras a subi l'empreinte d'Auguste Comte,
11:02donc du positivisme.
11:03Il est aussi un homme de son temps, disons Charles Maurras.
11:06Et par ce versant-là,
11:07il peut très mal comprendre ce qui est ressorti véritablement de l'Inde.
11:10Ce n'était pas le cas de Léon Daudet,
11:12à l'Action française,
11:13puisque Léon Daudet a toujours salué les livres de René Guénon.
11:17Le divorce, enfin le divorce, en tout cas,
11:20la séparation, l'éloignement,
11:22même si Guénon, je le répète, n'a jamais été militant.
11:25Enfin, il se serait vraiment une erreur
11:26de faire une lecture politique de Guénon.
11:28On pourrait faire une lecture métapolitique.
11:29Mais ils s'éloigneront donc un peu plus tard,
11:32en effet, aux alentours des années 1927-1928.
11:36– Alors, le nouvel ordre mondial,
11:38la mondialisation, le chaos social
11:41avec la société liquide et la dégénérescence de la monnaie.
11:45Vous expliquez que René Guénon avait tout vu venir,
11:47grâce notamment aux principes cosmologiques.
11:51Alors, qu'est-ce qu'il faut comprendre par principe cosmologique ?
11:53– Eh bien, c'est ça.
11:53C'est ce processus de dégénérescence, en quelque sorte.
11:58Ce processus, on dirait aujourd'hui, anthropique.
12:00C'est-à-dire qu'à la différence de toutes les pensées progressistes
12:03pour lesquelles on part du moins et on va vers le plus,
12:06la pensée traditionnelle, donc la pensée métaphysique,
12:08c'est l'inverse, qui peut le plus, peut le moins.
12:11Le plus ne peut jamais, logiquement, sortir du moins.
12:14Mais le moins, en revanche, peut sortir du plus.
12:16C'est-à-dire que le plus, le principe, disons, si l'on veut,
12:18le principe divin, peut effectivement procéder
12:23jusqu'à la solidification, la dureté de la matière.
12:26Mais la matière en elle-même, contrairement à ce que nous croient
12:31à la fois les progressistes et les évolutionnistes,
12:33mais c'est la même chose, l'évolutionnisme théardien
12:35participe en un sens de la même chose,
12:37considère qu'au contraire, on peut partir de la matière,
12:39donc du moins, pour se diriger vers le plus,
12:42vers ce que Théard appelle l'anosphère, le nous.
12:44Là, d'un point de vue logique et métaphysique,
12:46évidemment, Guénon est aux antipodes.
12:48Donc l'idée, c'est ça.
12:49C'est-à-dire qu'on assiste à un processus anthropique,
12:52un processus de dégénérescence,
12:54que l'on a bien tort, comme le font les modernes,
12:58de prendre pour un progrès.
13:00C'est-à-dire que tout ce que les modernes considèrent
13:02comme étant un progrès,
13:03le démocratisme, l'égalitarisme,
13:05le rationalisme précisément,
13:06enfin la petite énumération que nous voulons de faire,
13:09pour Guénon, c'est au contraire une involution,
13:11c'est une perte, c'est une chute.
13:13Et effectivement, à partir du moment où vous perdez l'esprit,
13:16à partir du moment où vous niez l'idée
13:18que l'homme soit doté d'une intuition intellectuelle
13:21qui le relie précisément au monde spirituel,
13:26vous ne pouvez que vous enfoncer dans ce que Platon
13:28déjà appelait le bourbier.
13:30Le monde moderne, c'est le bourbier.
13:32Nous y sommes.
13:33Alors, la crise du monde moderne,
13:35Guénon publie cette œuvre en 1927,
13:38et donc il nomme ce malaise dans la civilisation.
13:42Et alors, quel remède Guénon a-t-il proposé
13:44à cette crise du monde moderne ?
13:46– Alors, il n'y a évidemment pas,
13:48compte tenu de ce que je vous ai dit,
13:49de remède politique.
13:50Il faut, comme dit l'Évangile,
13:53il faut que le scandale arrive,
13:55mais malheur à celui par qui le scandale arrive.
13:57Donc l'idée que le scandale en lui-même,
14:00c'est-à-dire ce processus tragique
14:01qui mène à la catastrophe et à la déliquescence,
14:04doivent se perpétuer
14:06et aillent au bout de ces possibilités les plus sombres,
14:10c'est une idée qui est admise par René Guénon.
14:12Mais il ne dépend pas,
14:14ce dont il dépend des hommes, en revanche,
14:18des êtres humains,
14:19c'est de conserver la mémoire
14:22de ce qu'il appelle la tradition primordiale,
14:24c'est-à-dire de ce qui peut être connu
14:26dans le domaine métaphysique.
14:27Donc il y a un devoir de conservation,
14:29pourrait-on dire,
14:30et un devoir de transmission à travers,
14:33si l'on est dans le registre religieux
14:35et le registre chrétien,
14:36on pourra parler de la transmission sacramentelle,
14:39par exemple.
14:39Si on se situe dans un cadre plus gnostique,
14:42on pourra parler d'une transmission de gnoses,
14:46précisément d'un dépôt de connaissances,
14:48de manière à préparer tout simplement
14:50ce qui viendra plus tard,
14:51c'est-à-dire le commencement d'un nouveau cycle.
14:54Mais le commencement d'un nouveau cycle,
14:56en lui-même, ne dépend absolument pas de nous.
14:58Il dépend à la fois du principe
15:01et de l'évolution,
15:04disons, de cette ambiance cosmique
15:06que l'on évoquait,
15:07qu'il faut boire le calice jusqu'à la lit,
15:10pourrait-on dire.
15:11– Et donc René Guénon était un gnostique.
15:13– Alors il faut…
15:15C'était un gnostique, effectivement, mais…
15:17– Est-ce que la gnose n'est pas quelque part
15:19le refus du message du Christ ?
15:22– Pas du tout.
15:22– La gnose, est-ce que ce n'est pas
15:24la recherche perpétuelle d'une vérité
15:26par la connaissance,
15:27alors que le Christ, justement,
15:29dit apporter le message de la vérité ?
15:31– Oui, la vérité vous rendra libre, effectivement.
15:35Aline, il ne faut surtout pas confondre,
15:36et c'est pour ça qu'il est très difficile
15:38de parler de René Guénon
15:39dans un climat, disons, catholique
15:41qui est prévenu contre l'idée de gnose
15:43parce qu'il y a en général
15:44une confusion très forte
15:46qui est faite entre ce que l'on appelle
15:47le gnosticisme,
15:48c'est-à-dire une des hérésies chrétiennes
15:50des premiers siècles,
15:51deuxième, troisième, quatrième siècle,
15:52et la gnose.
15:53La gnose, c'est un mot gnosis en grec
15:55qui désigne la connaissance
15:56et c'est un mot qui est parfaitement,
15:57si j'ose dire, canonique
15:59de manière scripturaire
16:00puisque le Christ l'emploie,
16:01il reproche aux pharisiens
16:03d'avoir volé les clés,
16:05d'avoir dérobé les clés de la connaissance
16:07et les clés de la gnosis
16:08et c'est un mot polinien également,
16:10Saint-Paul l'emploie.
16:11Alors, traditionnellement,
16:12dans les milieux chrétiens
16:12qui acceptent d'aller au-delà
16:14de la prévention
16:15à l'égard de ce gros mot,
16:16de ce mot presque démoniaque
16:18qu'est la gnose,
16:20pour distinguer
16:22le gnosticisme,
16:23donc cette hérésie dualiste
16:24en gros manichéenne
16:25des premiers siècles
16:26et la gnose,
16:26parleront plutôt de la vraie gnose.
16:28Mais c'est un terme
16:29que vous trouvez
16:29y compris chez Origène,
16:31y compris chez Clément d'Alexandrie,
16:33mais il est passé
16:35peu ou prou
16:36sous le boisseau
16:38au long des siècles.
16:40C'est un homme de la connaissance.
16:41Mais la connaissance,
16:41vous savez ce que ça signifie ?
16:42Ça signifie l'union,
16:43ça signifie l'unité,
16:44la connaissance est unitive.
16:46C'est-à-dire que c'est le moment,
16:46connaître c'est être,
16:47on trouve la formule
16:49chez Aristote déjà,
16:51être c'est connaître,
16:52connaître c'est être.
16:53On ne connaît que ce que l'on est,
16:54que ce que l'on est devenu
16:55en quelque sorte,
16:56par l'apport,
16:57par la transmission
16:57et par la tradition.
16:59Et donc c'est ce mouvement unitaire
17:02qui caractérise la connaissance.
17:04Ce n'est pas très loin
17:05de l'union amoureuse.
17:07La gnose,
17:08c'est une union nuptiale.
17:09C'est une union nuptiale.
17:10Il n'y a aucune contradiction
17:12de fond métaphysique
17:13entre la gnose et l'amour.
17:15Les opposés,
17:15c'est d'avoir,
17:16soit avoir de l'amour
17:17ou une vision très sentimentale,
17:19soit une vision très restreinte
17:21d'un point de vue théologique,
17:22mais ça n'est pas se situer,
17:25je crois,
17:25ce n'est pas rendre justice
17:26à la gnose telle que l'entend
17:28le mouvement traditionnel.
17:29Vous évoquiez le côté enraciné
17:32de René Guénon,
17:33natif de Blois.
17:34Pourquoi a-t-il besoin
17:36d'aller vivre en Égypte
17:37à partir de 1930 ?
17:39Alors, Guénon a passé
17:42une partie de son existence
17:44précisément jusqu'à son départ
17:45en Égypte en 1930
17:46à vouloir rétablir
17:48l'intellectualité occidentale,
17:50d'où sa proximité d'ailleurs
17:51avec les néotomistes,
17:53avec les Dominicains,
17:54avec le milieu d'action française.
17:55C'est-à-dire qu'il a voulu faire en sorte,
17:57il a voulu collaborer,
17:58il a voulu participer
17:58au redressement
17:59de l'intellectualité occidentale.
18:01Donc, il voyait bien
18:01qu'elle était évidemment perdue
18:02depuis un certain nombre
18:03d'événements historiques,
18:05évidemment, la Renaissance,
18:06la Révolution,
18:06tout ce que l'on connaît par ailleurs.
18:09Ce redressement a-t-il jugé
18:14essentiellement suite à des motivations
18:17assez malignes du côté de Jacques Maritain
18:19qui a toujours essayé
18:19de contrer René Guénon,
18:22il n'a pas vraiment compris
18:23René Guénon-Maritain.
18:24Mais enfin, bon,
18:25ce mouvement, a-t-il jugé,
18:26n'est pas possible en l'État.
18:28En tout cas, il a livré, lui,
18:29un certain nombre de textes
18:30en donnant les instruments,
18:32les conditions intellectuelles
18:34de ce redressement.
18:35Et donc, il choisit effectivement
18:37de fuir l'Europe aux anciens parapets,
18:39comme dirait Rimbaud,
18:40et de s'inscrire dans une société
18:43qui, à ses yeux,
18:44donc celle de l'Égypte
18:45des années 30,
18:46est encore une société
18:47qui comporte
18:49certains éléments
18:51relativement traditionnels.
18:52Il est vrai dans un contexte
18:53tout autre que celui de l'Europe,
18:55puisqu'à ses yeux,
18:55l'Europe a perdu,
18:56et la France singulièrement,
18:59tout élément traditionnel,
19:00en se déchristianisant.
19:01de manière...
19:02La société européenne
19:04la plus traditionnelle,
19:06pour René Guénon,
19:06c'est ce qu'on a appelé, nous,
19:07le Moyen-Âge.
19:08C'est celui du 5e au 15e siècle.
19:10Et ensuite,
19:10le processus de dégénérescence
19:12s'accélère, en quelque sorte.
19:14– Mais s'il ne participe pas
19:15de ce phénomène de dégénérescence
19:16en se ralliant à l'islam,
19:18quand il se convertit ?
19:20– Alors, justement,
19:21René Guénon a toujours
19:21récusé le terme de conversion.
19:23Alors là aussi,
19:24il parle d'une installation en islam.
19:27Je vais essayer d'être bref.
19:27Guénon a reçu trois initiations
19:30dans sa jeunesse.
19:32Une initiation islamique,
19:33soufie,
19:33une initiation taoïste
19:35et une initiation hindouiste.
19:37Donc, il...
19:37Chaque fois,
19:38d'une manière tout à fait régulière.
19:43Donc, le stade de réalisation spirituelle
19:46auquel était parvenu René Guénon
19:48était tel,
19:49mais on n'est pas obligé de le croire,
19:50mais quand on le lit
19:51et quand on le connaît bien,
19:54on ne peut que le croire,
19:56son stade de réalisation spirituelle
19:58était tel
19:59qu'il pouvait s'installer,
20:01pour reprendre son terme,
20:03dans toutes les traditions spirituelles
20:05régulières, traditionnelles,
20:08quelles qu'elles soient.
20:09Il s'est installé en islam.
20:11Il a vécu la vie
20:13d'un musulman pieux,
20:16ordinaire, au Caire,
20:17de 1930 à sa mort.
20:19Et il a participé
20:21de la vie traditionnelle
20:22d'un pays qui restait encore traditionnel.
20:25J'insiste sur cette francité
20:27de René Guénon
20:29qui ne le quittera néanmoins jamais,
20:31même s'il n'est pas revenu en France,
20:33en tout cas à ce que l'on sait.
20:34Sa biographie est assez,
20:35à certains égards,
20:37il a été très discret
20:38sur sa propre existence.
20:39Mais son style
20:41et sa clarté,
20:43les liens qu'il avait
20:44avec quantité de milieux français,
20:46avec un très grand nombre
20:47de correspondants,
20:48l'œuvre de la correspondance
20:50de René Guénon,
20:51qui n'est pas encore intégralement publiée,
20:52fait partie intégrante de son œuvre,
20:54tout ceci conforte
20:56ce lien avec la France,
20:57au fond,
20:59jamais abandonné.
21:00Mais c'est ce qu'il a choisi de faire.
21:02L'Europe et la France,
21:03lui paraissant,
21:04l'une et l'autre,
21:05assez largement perdues.
21:07– Je parle sous votre contrôle,
21:09Rémi Soulier,
21:09vous dites que René Guénon
21:11condamnait la Renaissance,
21:12la réforme protestante
21:14et la Révolution française.
21:16C'est à peu près ce que condamnaient
21:18les milieux catholiques du XIXe siècle,
21:21comme par exemple Henri Delassu,
21:23qui avait écrit cet ouvrage magistral,
21:25La Conjuration Antichrétienne.
21:26Pourquoi René Guénon
21:28ne s'est-il jamais retrouvé
21:30dans le Christ ?
21:31Pourquoi a-t-il eu besoin
21:33d'avoir ces initiations extérieures,
21:36orientales ?
21:36– Oui, alors cela provient
21:38de la lecture que Guénon
21:40a faite du christianisme.
21:41Alors grossièrement,
21:42là encore,
21:43pour qu'une tradition marche,
21:45si j'ose dire,
21:46sur ses deux jambes,
21:46aux yeux de Guénon,
21:48il faut qu'elle ait deux versants.
21:49Il faut qu'elle ait un versant
21:50que l'on dira exotérique,
21:51c'est le versant religieux,
21:53dira-t-on,
21:54le versant théologique,
21:55et il faut qu'elle ait
21:57un versant initiatique,
21:59un versant plus intellectif,
22:01je ne dis pas intellectuel,
22:02– Non universel,
22:03donc l'ésotérique,
22:05c'est ce qui est réservé
22:07aux initiés.
22:08– C'est une voix
22:11qui est réservée
22:12à un petit nombre,
22:14particulièrement intellectif,
22:15disons,
22:16pour lesquelles la voix
22:17de la dévotion sentimentale
22:19apparaît soit trop mièvre,
22:21soit trop sentimentale,
22:24mais c'est l'idée
22:25que l'intellect en lui-même
22:27constitue une voix spirituelle.
22:29Et l'universalité,
22:31précisément Guénon,
22:31ne la voit que dans la métaphysique.
22:34Ce qui, dans l'idée métaphysique,
22:36ce qui s'oppose à l'universel,
22:38c'est l'individuel.
22:39Et dans l'individuel,
22:40le collectif et le singulier
22:42font déjà partie de l'individuel,
22:45de même que le général
22:46et le particulier,
22:47et le singulier et l'individuel
22:49sont hors l'universalité.
22:52L'universalité,
22:53c'est ce qu'il y a de plus,
22:54de plus est élevé.
22:55Donc, il n'y a pas de rupture
22:57de l'universalité
22:58parce qu'il y aurait
22:59une voix initiatique.
23:00Cette voix initiatique
23:01est proposée
23:02à ceux qui en ont la vocation.
23:04Ce fut le cas
23:05dans l'Église,
23:06nous dit-il,
23:07René Guénon.
23:08Ce fut le cas,
23:09par exemple,
23:09Dante est membre
23:10d'une organisation initiatique.
23:11Dante,
23:12qui est ô combien catholique,
23:13qui s'appelle
23:13la Fée des Santes.
23:15Et puis,
23:16c'est un mouvement
23:17qui s'est peu à peu
23:18étiolé.
23:19Alors que la tradition islamique
23:21a une tradition exotérique,
23:23la version,
23:23si l'on veut,
23:24législative,
23:25et puis une version
23:26ésotérique
23:26avec le soufisme,
23:29le judaïsme également
23:30avec le côté
23:31Torah Talmud
23:32et le côté Kabbal.
23:33Et le christianisme
23:34a un peu oublié,
23:35enfin,
23:36a peu ou prou oublié
23:37ce qui lui était
23:38constitutif
23:39pendant des siècles
23:40qui est ce versant initiatique,
23:41sauf à considérer
23:42qu'il s'est retrouvé
23:43dans certains courants
23:45très limités
23:46de la franc-maçonnerie
23:48régulière,
23:48traditionnelle,
23:49symbolique,
23:50ce qui fait
23:50peu d'obédience
23:51et peu de loge,
23:52en tout cas.
23:52Donc, voilà pourquoi...
23:53René Guénon était
23:54franc-maçon
23:54alors qu'il
23:56participait à la revue
23:57La France anti-maçonnique.
23:59Effectivement.
24:00Parce qu'il se situait
24:02sur des plans différents.
24:05Il a été franc-maçon
24:05à une loge
24:06qui s'appelait
24:06la loge Humanidade,
24:08puis à la Grande Triade
24:09qui l'a contribué,
24:10enfin, en tout cas,
24:12il a contribué
24:12à la créer,
24:14à la Grande Loge Nationale,
24:15à la Grande Loge de France,
24:17plus exactement.
24:18Et ça ne l'empêchait pas,
24:20en effet,
24:20de dénoncer
24:22un certain nombre
24:23de déviations
24:24de la maçonnerie moderne.
24:26Et puis terminons
24:27donc avec ce
24:28deuxième ouvrage.
24:30À l'intérieur de ce livre,
24:31Le règne de la quantité
24:32et les signes
24:34des temps,
24:35publié en 1945.
24:36Et là,
24:36vous dites qu'il est
24:37en première ligne
24:39entre Antéchrist
24:40et Mahdi.
24:41Alors,
24:41qu'est-ce que ça veut dire
24:42le Mahdi
24:42et l'Antéchrist ?
24:44Alors,
24:44le Mahdi,
24:45c'est le Messie
24:47tel qu'il est compris
24:48dans le monde islamique.
24:50C'est-à-dire
24:50celui qui va
24:53rétablir,
24:53disons,
24:54l'ordre des choses,
24:56qui va rétablir
24:57une certaine forme
24:58de royauté spirituelle.
25:00Et l'Antéchrist,
25:00évidemment,
25:01dans le registre chrétien,
25:02c'est celui
25:02qui va tout faire
25:03pour s'y opposer.
25:05Est-ce que le Mahdi
25:06dans l'Islam,
25:07c'est celui
25:08qui revient
25:09à la fin des temps ?
25:10Oui.
25:10Est-ce que c'est Issa ?
25:12Issa, c'est Jésus ?
25:13Tout à fait.
25:14Donc, est-ce que le Mahdi,
25:15c'est Jésus ?
25:15Oui.
25:16Alors, il faudrait voir
25:17dans les différentes écoles
25:19de l'Islam,
25:20mais celui qui revient,
25:24en effet,
25:24c'est Jésus.
25:25Pour juger, n'est-ce pas ?
25:26Oui.
25:27Qui joue un rôle
25:28très important
25:29dans le versant musulman.
25:31Mais,
25:32ce qu'il faut bien comprendre,
25:33c'est que ce sont là
25:34deux notions
25:34de type,
25:35disons,
25:36religieux,
25:37de type théologique,
25:39qui sont utilisées
25:40par Guénon
25:40pour des raisons
25:42de compréhension,
25:43de commodité,
25:45ce qui est en jeu,
25:46c'est la mise,
25:49c'est qu'il soit mis
25:50un terme
25:51au chaos
25:52et au désordre
25:53de l'âge de fer.
25:54Et c'est ce que l'on disait
25:55tout à l'heure,
25:56ce terme-là
25:57ne pourra être
26:00ponctué,
26:01ne pourra venir
26:02que par une intervention
26:03principielle.
26:04C'est le,
26:04vous savez,
26:05même Heidegger,
26:06le dernier entretien
26:07post-publié
26:08de manière posthume
26:09de Heidegger,
26:10seul un dieu
26:10peut encore
26:11nous sauver.
26:12C'est en termes
26:14philosophiques
26:14que récuserait
26:15René Guénon,
26:16on peut dire
26:17que cela revient
26:18tout à fait
26:18à la même chose.
26:19Donc les musulmans
26:20disent qu'à la fin des temps
26:21ce sera bien Jésus
26:22qui reviendra
26:23pour juger
26:24les hommes
26:24et en même temps
26:25les musulmans
26:26refusent à Jésus
26:27la divinité,
26:28le caractère
26:29de fils de Dieu.
26:30Donc celui qui juge
26:32n'est-il pas
26:33Dieu lui-même ?
26:34Donc est-ce que
26:35les musulmans
26:35ne vont pas reconnaître
26:36in fine que Jésus
26:37est Dieu ?
26:38Alors ça c'est une question
26:39que vous devrez poser
26:40à des musulmans
26:41mais c'est une grave
26:41question effectivement
26:43eschatologique.
26:44Bah écoutez,
26:45tout est ouvert.
26:46Ce qui est certain
26:47c'est que René Guénon
26:48récusait toute espèce
26:50de compétition
26:50et toute espèce
26:51d'exclusivisme.
26:52Ce qu'il faut bien
26:53comprendre dans la perspective
26:54de René Guénon
26:54c'est que chaque tradition
26:57monothéiste,
26:58je me limite à la tradition
26:59biblique monothéiste
27:00hébraïque.
27:01Donc juive,
27:02chrétienne,
27:02musulmane dispose
27:03de bibliothèques entières
27:06pour montrer
27:06qu'elle a la plénitude
27:07de la révélation
27:08et de la vérité,
27:09la plénitude absolue.
27:11Il y a des bibliothèques,
27:12il y a des savants,
27:13il y a des métaphysiciens,
27:14il y a des philosophes,
27:15il y a des théologiens
27:16dans toutes les traditions
27:17pour montrer à quel point
27:18la leur,
27:19celle à laquelle
27:20ils appartiennent
27:20est la bonne,
27:21la vraie,
27:22la totale,
27:22la complète.
27:23Lorsqu'on a l'esprit
27:26métaphysique
27:27au sens de René Guénon,
27:28on regarde tout ça
27:29avec beaucoup de distance.
27:31Cela n'empêche pas
27:32d'avoir un cadre
27:33à la fois métaphysique
27:34et cosmologique
27:35très rigoureux,
27:36très strict.
27:37Mais enfin,
27:38j'allais presque dire
27:39pour utiliser
27:40un mot freudien,
27:42le narcissisme
27:43des petites différences
27:44qui fait beaucoup de dégâts,
27:46bien sûr,
27:47parce que ce sont
27:48des guerres de religions,
27:49le narcissisme
27:50des petites différences
27:52d'un point de vue métaphysique
27:53doit être tenu à distance
27:55et très, très, très,
27:56très relativisé.
27:57C'est pour ça
27:58qu'on ne peut parler
27:59de Gnose en général
28:00qu'à un petit nombre.
28:03– Deux ouvrages en un,
28:04la crise du monde moderne
28:05suivie du règne
28:06de la quantité
28:07et des signes
28:08des temps,
28:09tout cela précédé
28:10de la préface
28:11de Rémi Soulier
28:12à retrouver
28:12sur la boutique
28:13de TV Liberté.
28:13Merci à vous Rémi.
28:14– Merci à vous Pierre Bergerot.
28:15– Sous-titrage ST' 501
28:18– Sous-titrage ST' 501
28:21– Sous-titrage ST' 501
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