- il y a 7 mois
Il fallait qu'il tue. Et pour cela, il devait éliminer au couteau, à la machette et à la barre de fer toute sa famille. Pour la suite, il verrait bien. Il avait déjà en tête de possibles victimes, des femmes en priorité dont une professeur. A la fin de l'hiver 2007, les gendarmes de l'Oise, et puis bientôt la France entière, vont découvrir avec effarement le profil de Kevin Clabaux, 18 ans. Fasciné par la violence extrême, la terreur, la douleur, la destruction.
Retrouvez tous les jours en podcast le décryptage d'un faits divers, d'un crime ou d'une énigme judiciaire par Jean-Alphonse Richard, entouré de spécialistes, et de témoins d'affaires criminelles.
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00:0014h15, c'est l'heure du crime sur RTL, avec Jean-Alphonse Richard.
00:06L'horreur dans l'Oise à Acrépi-en-Valois, une mère de famille et son fils de 14 ans tués à la machette des actes de cannibalisme.
00:13Aurait été constaté le suspect et le fils aîné, il est enfui.
00:18Bonjour, il fallait qu'il tue.
00:21Et pour cela, il avait choisi d'éliminer au couteau, à la machette, à la barre de fer, toute sa famille.
00:27Il avait dans la tête de continuer de faire d'autres victimes, des femmes en priorité, dont une de ses professeurs.
00:35C'est avec effarement, à la fin de l'hiver 2007, que les gendarmes de l'Oise, et bientôt la France entière, vont découvrir le profil de Kevin Clabeau.
00:4418 ans, dans le pavillon où il vivait, au sein d'une famille tranquille, travailleuse et unie, il venait de massacrer sa mère et son petit frère de 14 ans.
00:53Le fils aîné ne s'est pas arrêté là, il a aussi goûté à la chair de ses victimes, la chair des siens.
01:00De quoi le faire basculer dans la rare catégorie des meurtriers cannibales.
01:05Comment ce bachelier s'est-il enfermé dans une telle névrose ? Que racontent ces meurtres abominables ?
01:11Question posée aux invités de l'heure du crime, la seule émission radio 100% fait d'hiver, Kevin Clabeau.
01:17Les rêves mortels d'un cannibale, c'est tout de suite sur RTL.
01:23Mardi 13 mars 2007, 20h30, les pompiers de Crépy en Valois sont appelés pour une agression dans un pavillon.
01:35Route de Soissons, au numéro 51.
01:38Sur place, les pompiers tombent tout de suite sur Michel Clabeau, 41 ans, le père de famille.
01:44Sur le trottoir, un état de choc, une plaie ouverte au front, le bras droit fracturé.
01:49Autour de lui, son beau-frère et sa belle-mère, qu'il a appelé au secours.
01:54Sans dire un mot, Michel Clabeau guide les pompiers dans la maison.
01:59Dans la salle de bain, une femme habillée, gît dans la baignoire.
02:02Elle a été défigurée.
02:04Du sang partout, sur les murs, au plafond.
02:07Un couteau à la lame cassée, dans le lavabo, au premier étage.
02:11Dans une chambre d'adolescent, un jeune garçon, sous un drap ensanglanté.
02:15Les gendarmes découvrent à leur tour le massacre.
02:18L'unique témoin, Michel Clabeau, est entendu à 21h45.
02:23Il est électricien, employé à Paris au ministère des Finances.
02:28Il est arrivé chez lui vers 20h10.
02:30Il est passé par le sous-sol.
02:32Il a entendu quelqu'un courir derrière lui.
02:35C'était son fils aîné, Kevin, 18 ans.
02:38Il avait les cheveux rasés très courts.
02:40Il portait un pantacourt, un t-shirt, un blouson de cuir noir.
02:43« Je ne sais pas d'où venait cette machette », dit le papa.
02:47Kevin l'a frappé à la tête, mais il a pu le maîtriser.
02:50La seule phrase que mon fils a prononcée, c'était « Tue-moi, je suis fou, tue-moi », dit Michel Clabeau.
02:57Il ajoute « Je n'aurais jamais pu faire ça, je l'aime ».
03:01Le père dit avoir enfermé Kevin dans le garage, mais celui-ci s'est depuis enfui.
03:06Le médecin légiste, le docteur Bernard Marc, est sur place.
03:11Il note que le chemisier et le jean de la femme retrouvés dans la baignoire vide sont détrempés.
03:17Le meurtrier l'a douché pour laver le sang.
03:20Le visage de la malheureuse est tellement détruit que Michel Clabeau, lui-même, en entrant dans la salle de bain, n'a pas reconnu son épouse.
03:28Valérie Clabeau, 41 ans, a reçu de nombreux coups de couteau de cuisine au sternum, à la tête, à la cuisse, où la lame s'est enfoncée jusqu'à la garde.
03:38La mère de famille a été tuée autour de 9h du matin.
03:41Elle allait partir au travail.
03:43La deuxième victime, le fils cadet de la famille, Romain, 14 ans, a été tué, lui, dans l'après-midi, au retour de l'école.
03:51La tête ensanglantée.
03:53Il porte des coups de machette.
03:54L'adolescent a été quasiment décapité.
03:57Après le décès, le docteur Marc note une trace en arc de cercle sur l'épaule gauche, une trace de morsure humaine,
04:04comme si on avait voulu le manger un peu, écrira le légiste.
04:10Kevin Clabeau est recherché, signalement diffusé à toutes les patrouilles de gendarmerie.
04:15Les chiens perdent sa trace à 150 mètres de la maison en direction de Vaumoise.
04:20Le jeune homme est considéré comme très dangereux.
04:22Les domiciles de ses grands-parents sont placés sous protection, une semaine avant le drame.
04:27Du 28 février au 5 mars, Kevin a séjourné à un hôpital psychiatrique à Fitzjamme.
04:33Sa mère s'inquiétait, en effet, depuis des mois, du comportement de son fils.
04:38Il restait dans son coin, silencieux.
04:41Il regardait tout le monde avec un sourire.
04:43Des heures enfermées dans sa chambre à écouter du death metal.
04:47Lors de l'épreuve du bac blanc, ce très bon élève n'avait pas écrit une ligne.
04:52Les psys avaient détecté un trouble pré-psychotique, une personnalité de type schizoïde.
04:59Tatiana, sa copine, avait essayé de savoir ce qui n'allait pas chez lui.
05:03Il lui avait répondu,
05:04« Bientôt, tu sauras ce que tu as à savoir.
05:08Tu sauras qui je suis. »
05:12Kevin Clabeau, le tueur à la machette est en cavale.
05:15Les enquêteurs font tout pour le retrouver.
05:16Ils craignent vraiment qu'il fasse de nouvelles victimes.
05:18Il faut donc effectivement lui mettre la main sur lui au plus vite.
05:21En attendant, tout le monde se pose des questions.
05:24Et en premier lieu, le père de famille s'est enrescapé.
05:26Il va apprendre à l'hôpital, parce qu'il ne le sait pas.
05:30Il n'a pas compris totalement ce qui se passait.
05:31Il va apprendre à l'hôpital que son épouse et son fils sont morts.
05:35Pas question qu'on lui donne à ce moment-là des détails,
05:38parce que la scène est beaucoup trop abominable.
05:41Bonjour docteur Marc.
05:42Bonjour.
05:42Merci beaucoup d'être avec nous et d'avoir accepté notre invitation de l'heure du crime.
05:47Docteur Bernard Marc, médecin légiste.
05:50Et vous êtes l'auteur de ce livre,
05:51« Médecin légiste pour les morts et les vivants »,
05:54publié chez Mareil.
05:55Vous avez été le médecin légiste, je l'ai dit, dans cette affaire Kevin Clabeau.
05:59Alors évidemment, pour les morts et les vivants, le titre, il est parfait,
06:03parce qu'effectivement, il y a ceux qui disparaissent, qu'on ne voit plus,
06:06et puis il y a ceux qui restent et qui portent, entre autres,
06:09leur peine sur les épaules pendant des décennies.
06:13Docteur Bernard Marc, c'est vous qui entrez dans cette maison.
06:16Les enquêteurs vous ont appelé.
06:18On est à Crépi, en Valois.
06:20Alors vous avez fait des dizaines d'autopsies.
06:22Vous connaissez bien cette mécanique et cette découverte de corps.
06:25Sauf que là, il y a un spectacle qui est d'une grande furie.
06:29Vous-même, ça vous a beaucoup marqué ?
06:31Vous le racontez dans votre livre.
06:32C'est exact.
06:33C'est à la fois une grande furie et une méticulosité dans cette furie.
06:37Parce qu'il y a deux endroits, deux scènes de crime dans cette maison.
06:40Il faut imaginer une grande maison, très propre, très nette,
06:44des grandes baies, quelque chose de très tranquille, très paisible.
06:50Et puis une salle de bain avec une scène d'horreur, un couteau qui est cassé,
06:54mais pas un petit couteau, un grand couteau de cuisine.
06:56Un visage tellement déformé qu'on ne peut pas reconnaître la personne.
06:59Vraiment, on ne peut pas reconnaître.
07:01Il faut imaginer que le visage commence à peu près aux oreilles,
07:04tellement il est détruit.
07:05Il a été écrasé, c'est ça.
07:07Écrasé, des coups multiples, des plaies qui vont être extrêmement nombreuses à dénombrer.
07:13C'est une espèce de scène très curieuse parce que le corps a aussi été lavé,
07:19il a été nettoyé, douché dans cette baignoire,
07:22parce qu'il y a des lésions qui sont des lésions étranges,
07:25il y a une lésion de morsure, qu'est-ce qu'elle vient faire là ?
07:28Il y a des lésions aussi, un corps qui a été rigide,
07:31donc il est resté plusieurs heures.
07:33Et on sait qu'il y a eu l'élément déclenchant, c'est l'arrivée du père.
07:37Donc on a une heure de départ.
07:38C'est ça, on a une heure de départ.
07:40Alors il y a quelque chose de troublant, mais vous allez m'éclairer là-dessus.
07:42Il y a une espèce de mise en scène, parce que, je l'ai dit,
07:46le corps de la maman, il a été douché avec ses habits.
07:50On ne comprend pas très bien, il y a un drap sur le petit garçon,
07:53enfin sur le garçon de 14 ans, sur l'adolescent, donc c'est un peu étrange.
07:56C'est très étrange, parce que ce côté scénarisé, ce côté isolé,
08:00les deux scènes de crime, il faut imaginer la deuxième avec le jeune adolescent,
08:05il est vraiment massacré, mais on a quand même mis un drap sur lui pour le couvrir,
08:10massacré au sens que la tête ne tient plus que par un morceau de peau,
08:14et tout autour, une pièce superbe avec toutes les coupes qu'il avait gagnées,
08:20et quelque chose de très scandalé.
08:22On sent une scénarisation de cet endroit, très inquiétant.
08:25Un petit mot, vous l'avez évoqué,
08:28et vous vous repérez tout de suite, parce que vous avez l'œil,
08:30et puis c'est votre boulot, vous êtes là,
08:32vous connaissez bien cette mécanique, encore une fois, du crime,
08:35et des personnes qui sont mortes, il y a une morsure, je crois, sur l'épaule de Romain,
08:40du petit Romain, et là, vous dites, c'est une morsure humaine.
08:45Il y a les traces de la morsure humaine.
08:47Vous savez que le médecin légiste, à l'heure actuelle, il est à la fois pour voir les victimes,
08:50le titre du livre l'indique, pour les morts et les vivants,
08:53on voit ces victimes décédées, mais on voit aussi les victimes vivantes.
08:57J'ai vu, par exemple, le père qui arrive aux urgences,
09:00il est pris en charge et il a besoin de l'examen médico-légal.
09:02Et cette morsure-là, c'est une morsure humaine,
09:05donc c'est complètement étonnant, détonnant, et elle est récente.
09:10Vous n'avez jamais vu ça, auparavant ?
09:12Jamais vu de...
09:13D'anthropophagisme ou cannibalisme ?
09:15Jamais.
09:15Vous ne connaissez pas, on est d'accord ?
09:17Jamais.
09:17Oui, donc c'est parce que c'est extrêmement rare.
09:19Bonjour Jade Serrano.
09:20Bonjour.
09:21Merci beaucoup d'être avec nous également dans le studio de l'heure du crime,
09:24vous êtes journaliste d'investigation spécialisée dans les dossiers de police et de justice,
09:27et puis vous êtes l'auteur de ce livre qui est paru il y a quelque temps déjà,
09:30aux éditions du Rocher, quand les hommes mangent leur semblable.
09:34Alors évidemment, là vous aussi, il y a tout un chapitre de cette affaire Kevin Clabeau,
09:37chapitre très très bien informé.
09:39On va y revenir.
09:40Question très simple pour vous, Jade Serrano,
09:43qui est ce garçon qui est en fuite, il a 18 ans, Kevin Clabeau ?
09:48Le moins qu'on puisse dire, c'est que ça ne va pas très bien dans sa tête.
09:50Oui, mais d'apparence, il a l'air plutôt d'aller bien, sauf en famille en fait.
09:54En tout cas, il avait quelques amis, des petites amies, il est dessinateur hors pair,
10:00bonne élève, vous l'avez dit.
10:02Et puis, quand il est chez les autres, il fait des blagues, il est souriant, il est bavard.
10:07Voilà, rien ne laisse présager, en tout cas, qu'il pourrait commettre ce genre d'actes,
10:13si ce n'est sa maman qui s'en inquiète énormément,
10:15puisque quelques mois auparavant, il reste, quand il est à la maison,
10:18tout le temps enfermé dans sa chambre, dans un univers extrêmement lugubre,
10:23empli de films d'horreur, voilà, il est vraiment dans un univers criminel,
10:28déjà très, il trompe dedans.
10:29Jade Serrano, la maman, ça peut être le déclic,
10:32parce que, résumons assez vite,
10:35mais c'est elle qui avait demandé l'hospitalisation en psychiatrie
10:38pour voir justement ce qui se passait dans la tête de ce garçon.
10:40En fait, elle l'emmène chez le médecin de famille,
10:44avec sa grand-mère, avec sa mère,
10:46donc Valérie emmène Kevin,
10:48et, en fait, elle parle toutes les deux au médecin de famille
10:51en décrivant les symptômes, en tout cas, de Kevin,
10:54et puis, sous prétexte, parce qu'il s'était fait un peu mal aux doigts,
10:57il entre dans la pièce et il décide, en fait,
11:00avec l'accord de Kevin,
11:02d'entrer en hôpital psychiatrique
11:05pour être évalué, en tout cas.
11:07Il y reste une semaine et il dira ensuite, à postériori,
11:10qu'il a manipulé les blouses blanches.
11:13Et il est passé comme ça entre les mailles du filet,
11:15puisqu'en fait, il avait fort monté cette tuerie familiale
11:17qui devait se transformer en tuerie de masse
11:20quelques temps après, depuis un an.
11:23Le fils aîné est en cavale,
11:25il avait tout prévu depuis des semaines.
11:28Kevin Clabeau,
11:29les rêves mortels du cannibale.
11:31Depuis des années, j'attends ce moment,
11:32cet instant si jouissif où le sol va s'écrouler sous vos pieds.
11:37L'enquête de l'heure du crime,
11:38on se retrouve dans un instant sur RTL.
11:4114h15, c'est l'heure du crime sur RTL.
11:47L'heure du crime, jusqu'à 15h sur RTL.
11:51Au programme aujourd'hui de l'heure du crime,
11:52l'affaire Kevin Clabeau,
11:53un assassin soupçonné de cannibalisme.
11:56Dans l'Oise, en mars 2007,
11:58ce jeune homme de 18 ans a massacré sa mère,
12:00son petit frère de 14 ans,
12:02et il a tenté de tuer son père.
12:03Il est en cavale,
12:04une personnalité sombre et ultra-violente.
12:08Mercredi 14 mars 2007,
12:10l'endemain de la tuerie,
12:12les experts de la gendarmerie sont toujours à pied d'œuvre
12:14dans la maison de la famille Clabeau.
12:16Un spécialiste de la morpho-analyse des taches de sang,
12:19dénombre 114 zones touchées.
12:22Les enquêteurs de la BRI de Sanlis
12:24prélèvent partout des morceaux de chair,
12:27des éclats de dents, des cheveux.
12:29Les gendarmes visitent la chambre du suspect.
12:31L'ambiance y est délibérément lugubre.
12:34Des figurines, des affiches de films d'horreur,
12:36la crypte, saut de The Host.
12:39Dans son ordinateur,
12:41on retrouve des photos où Kevin est habillé
12:44comme les tueurs en série de films.
12:46Il tient des ciseaux, un scalpel, une machette.
12:50Dans l'ordinateur, encore une photo de Michel Fourniret,
12:53le tueur en série.
12:54Dans sa bibliothèque, des livres d'anthropologie,
12:57dont un intitulé Cannibale, Histoire et Bizarrerie.
13:02Les gendarmes saisissent trois longues lettres
13:06dans la chambre de Kevin Clabeau.
13:08La première est d'ordre général.
13:09« Ça y est, je ne vous vois plus.
13:11Enfin, j'en ai fini avec ce monde répugnant,
13:14sale et tranchant. »
13:15Il ajoute, « Je rêve de parcourir les rues,
13:17fusil en main, en exécutant tout sur mon passage.
13:20Je rêve d'enfoncer une tronçonneuse
13:22dans les viscères de tout homme,
13:24me projetant divers morceaux
13:26et l'embaute de chair à la figure.
13:28Je fantasme sur d'immenses carnages. »
13:30La deuxième lettre de Kevin Clabeau
13:32est destinée à sa copine Tatiana.
13:34« Il lui dit qu'il l'aime et qu'il l'aimera toujours.
13:37Les chroniques ont dérapé.
13:39Je n'en maîtrise plus rien, y compris moi-même.
13:41Le seuil de la folie et de la déraison
13:44me sont proches, écrit-il.
13:45Le troisième courrier est laissé
13:47à l'attention de la famille et donc des victimes.
13:49Il évoque son suicide.
13:51Depuis des années, j'attends ce moment,
13:54ce sijouissif instant
13:55où le sol s'écroula sous vos pieds.
13:59Mourir est pour moi devenu nécessité.
14:02Je regrette déjà de ne m'être vengé
14:04que par mon propre sang.
14:06Regardez-moi, inerte et vidé de toute vie.
14:09Je ne vous souhaite en aucun cas
14:11bonheur et rétablissement.
14:13Sentez-vous accusé, car vous l'êtes.
14:15Son père, Michel Clabeau,
14:16dit avoir discuté avec son épouse
14:18du comportement de Kevin.
14:20Moi, je pensais que c'était juste
14:22une crise d'adolescence, dit-il.
14:25Mercredi 14 mars, vers 17h,
14:27une automobiliste et sa sœur
14:28aperçoivent un jeune homme
14:30au crâne rasé et ensanglanté
14:32qui marche en boitant sur le bord de la route
14:34à une douzaine de kilomètres
14:35de crépit en Valois.
14:37Une autre femme qui circulait
14:39avec sa petite fille
14:40dit avoir eu peur
14:41en observant ce jeune homme
14:43qui se déplaçait comme un robot.
14:45Les gendarmes sont alertés.
14:4717h50, Kevin Clabeau est arrêté,
14:49sans résistance.
14:51Il semble dans un état second,
14:52les yeux écarquillés.
14:54Il est perdu dans ses pensées.
14:57Kevin Clabeau ne sera donc pas
14:59allé très loin,
15:00blessé dans la bagarre avec son père
15:02et il erre sans but au bord de cette route.
15:05L'enquête passe tout de suite
15:06évidemment au deuxième acte
15:08et on se demande ce que le fils
15:09va pouvoir dire.
15:10Des regrets ?
15:11Ou bien au contraire,
15:12se réjouir de ce massacre ?
15:13Tout est possible,
15:14on va le voir dans la suite
15:16de l'heure du crime.
15:17Il faut revenir aux constatations
15:18dans la maison du crime.
15:19Elles sont importantes.
15:21Un jeune homme enfermé
15:22dans un monde très particulier.
15:23Jade Serrano,
15:24vous êtes avec nous
15:24dans cette heure du crime.
15:25Auteur du livre
15:26« Quand les hommes mangent
15:27leurs semblables »
15:28aux éditions du Rocher.
15:29Il y a un chapitre d'ailleurs
15:31consacré à cette affaire
15:32Kevin Clabeau.
15:33Vous nous l'avez dit,
15:35sa chambre,
15:35son monde à lui,
15:37cette espèce de caverne
15:38d'ailleurs dans cette maison,
15:40c'est une tanière
15:41et il a tout préparé là,
15:42il a tout combiné.
15:44Oui, il a tout combiné.
15:45C'est assez frappant
15:46quand on lit le dossier
15:47à la lumière du dossier.
15:48C'est que la chambre
15:49de son frère Romain
15:50est vraiment extrêmement joyeuse,
15:53colorée,
15:54avec les médailles
15:54dont vous aviez parlé, docteur,
15:56puisque c'était un champion
15:57à 14 ans,
15:59mais de gymnastique.
16:00Et puis,
16:01Kevin,
16:02la pièce a l'air vraiment
16:04toute petite
16:05alors qu'elle ne l'est pas du tout,
16:06mais tout est noir,
16:07avec des posters
16:09à non plus finir,
16:11de films d'horreur.
16:13Vraiment,
16:14il a son univers,
16:15Kevin,
16:16et même ses dessins,
16:17puisqu'il est très bon dessinateur,
16:18reflètent vraiment
16:19ce qu'il a,
16:20son intériorité.
16:21La plus sombre.
16:22La plus sombre qui soit.
16:24Docteur Bernard Marc,
16:25vous êtes également avec nous,
16:26invité dans L'heure du crime.
16:27Vous êtes l'auteur du livre
16:28Médecin légiste
16:29pour les morts et les vivants
16:30qui est publié
16:31chez Mareuil.
16:32Et vous avez été,
16:33je le répète,
16:34le médecin légiste
16:34dans cette affaire,
16:35Kevin Clabeau.
16:36C'est une question difficile
16:37que je veux vous poser,
16:39mais je ne sais pas
16:39si d'ailleurs
16:40vous allez pouvoir y répondre.
16:42Est-ce que,
16:43lorsque vous voyez
16:43ces gestes
16:44qui ont été faits actuer,
16:45vous nous avez dit
16:45c'est d'une très très grande violence,
16:47vous avez rarement vu
16:47un tel acharnement,
16:49une machette,
16:50un couteau,
16:51une barre de fer,
16:52est-ce que ça peut être inspiré
16:54par ce qu'il regardait justement,
16:55ce garçon,
16:56ses livres,
16:57ses films ?
16:58Il y a un livre sur le cannibalisme,
16:59il y a beaucoup de choses
17:00dans cette chambre.
17:01Alors,
17:01les premiers éléments qu'on fait
17:02c'est d'aller faire
17:03un tour extérieur
17:04aux scènes de crimes réelles
17:07dans la maison
17:07et dans cette chambre
17:08où on pénètre,
17:10il y a effectivement
17:10des posters
17:12et une statuette
17:13d'un personnage
17:14de film d'horreur
17:15avec une machette à la main
17:16qui est là,
17:18le personnage
17:19qui est vraiment entré,
17:20une sorte de grand étager,
17:22lorsqu'on va rentrer chez lui.
17:23Ça,
17:23vous le voyez tout de suite ?
17:24Ça,
17:24on le voit tout de suite.
17:25Et puis,
17:26on a des marques
17:28et des marques
17:28extrêmement profondes,
17:30des violences répétées
17:32et à ce côté répétitif
17:33de violences
17:34sur les deux corps,
17:35une volonté
17:35de les déformer,
17:37de les changer,
17:38des coups
17:40qui dépassent,
17:42j'allais dire,
17:43le nécessaire
17:44pour trouver quelqu'un.
17:46Il y a bien
17:46un acharnement
17:47en quelque chose
17:48qui a été très très prolongé,
17:50des violences
17:51qui se font
17:52dans un espace,
17:53dans un lieu restreint.
17:54Donc,
17:54il y a une volonté,
17:55une puissance
17:56de négation de l'autre
17:57qui est extrêmement importante
17:59dans cette scène de crime.
18:00Et il y a aussi
18:00des actes post-mortem,
18:02c'est-à-dire après la mort
18:03qui ont été effectués.
18:04Ça,
18:04vous le constatez,
18:05ça,
18:05vous savez très très bien
18:06le déterminer.
18:07Alors,
18:08le premier acte
18:09qui est le plus évident
18:10et très étonnant,
18:11c'est sur le corps
18:12de la mère
18:12qui est assise
18:13dans cette baignoire.
18:15Peut-être
18:15a-t-elle été d'ailleurs
18:16déplacée légèrement.
18:17eh bien,
18:18il a été lavé complètement.
18:20Donc,
18:21il y a eu un lavage du corps,
18:23un douchage.
18:23Cérémonie,
18:24presque.
18:25Pourquoi pas ?
18:25Presque cérémoniaire,
18:26presque,
18:27elle est très particulière,
18:28elle est laissée
18:29dans un endroit.
18:29de même,
18:32le frère est recouvert
18:33d'un drap.
18:34Donc,
18:35il n'y a rien
18:35dans ces scènes
18:37qui indique
18:38un dépassement
18:41par la violence.
18:43La personne est capable
18:44de faire des actes
18:44de violence
18:45les plus extrêmes
18:46répétés
18:47avec un relatif calme
18:49parce qu'après,
18:50on va remettre
18:51un drap,
18:51repositionner.
18:53Il n'y a pas
18:53un acharnement,
18:54il n'y a pas une bagarre.
18:54Quelquefois,
18:55dans des scènes de crime,
18:56on va voir quelqu'un
18:57qui s'est pris
18:58une dizaine de coups de couteau
18:59mais les gens se sont battus,
19:00ils ont été blessés,
19:01ils ont combattu.
19:02Là,
19:03il y a toute une organisation,
19:04la même organisation
19:05qu'il aura
19:06quand il va attaquer son père.
19:07En surprise.
19:08En surprise,
19:09en l'attendant
19:10et déguisé.
19:11Et déguisé.
19:12Où il l'attend
19:12habillé
19:13dans ce même personnage
19:15qui est celui
19:16sur la petite statuette.
19:17Avec la machette.
19:17Avec la machette.
19:18Et le papa va se dire,
19:19d'ailleurs,
19:19je me demande
19:20d'où sortait cette machette,
19:21il ne l'avait jamais vue
19:22et pourquoi il l'avait cachée.
19:23Dans la forêt.
19:24Il l'avait dissimulée
19:25dans la forêt.
19:26Jeanne Serrano,
19:27très important.
19:29Bernard Marc aussi
19:30en parle dans son ouvrage.
19:31Ce sont les fameuses lettres
19:32de Kevin Clabeau.
19:35Trois lettres
19:36où il signe évidemment
19:38ses crimes.
19:39On a compris bien
19:40que c'était lui.
19:41Mais ça va très très loin.
19:43Il y a cette volonté
19:44de destruction terrifiante.
19:46Oui,
19:47il veut détruire le monde.
19:48En fait,
19:49ce qui est assez frappant,
19:50c'est quand on voit
19:51les scènes de crime
19:51de Kevin,
19:52on se dit
19:52qu'on a affaire,
19:54comme l'a dit le docteur,
19:55à un aide de sang-froid.
19:56Et en même temps,
19:56totalement délirant
19:57parce qu'il y a
19:58un acharnement terrible.
20:00Je n'ai jamais vu
20:00une scène de crime
20:01où il y avait autant
20:01de sang partout.
20:03Il faut bien
20:03que nos auditeurs
20:05le visualisent.
20:07Et puis,
20:08on lit ensuite
20:08ses lettres
20:09qui ne sont absolument
20:12pas délirantes.
20:13C'est-à-dire que
20:13son délire est construit.
20:14C'est très bien écrit d'ailleurs.
20:15Très bien écrit.
20:16C'est écrit très lisiblement.
20:19Son écriture,
20:19on le voit un peu
20:20mégalo comme ça,
20:21où il fait un grand K
20:22et un grand C.
20:23C'est un peu à la Kevin.
20:25mais il donne un mobile
20:27qui dit
20:29que je déteste le monde
20:30et que je vous hais
20:32et je veux
20:33que vous disparaissiez.
20:34Et plutôt que de me
20:35faire disparaître,
20:36puisque c'était le projet
20:37initial,
20:37son suicide,
20:38il décide,
20:39quelques mois auparavant,
20:40de tuer sa famille
20:41et il crée une liste
20:43pour ensuite déclencher
20:45une tuerie de masse
20:45dans son lycée,
20:46le lycée Saint-Vincent de Paule.
20:48Ces lettres,
20:48Bernard Marques,
20:49vous les avez lues aussi
20:50et vous les évoquez
20:50dans votre ouvrage.
20:51Elles sont très importantes.
20:53C'est presque pivot
20:54dans cette affaire.
20:55Elles racontent aussi
20:56beaucoup de choses
20:56pour le légiste que vous êtes.
20:58Elles permettent de comprendre ?
20:59Oui,
20:59il y a une véritable volonté.
21:01Elles sont très organisées.
21:02Elles ont un aspect
21:04très bien écrit,
21:05très calme,
21:06et on sent derrière
21:07un raisonnement
21:08qui est un raisonnement faussé,
21:09qu'on a souvent
21:10dans les raisonnements paranoïdes.
21:12Je ne veux pas faire
21:12de psychiatrie,
21:13mais c'est un raisonnement
21:15qu'on a,
21:15qui organise
21:16et qui donne
21:17une interprétation faussée
21:18du monde,
21:18une interprétation
21:19qui a l'air d'être logique,
21:20mais dans l'illogisme
21:21le plus total.
21:22Et puis,
21:23ce qui va intéresser
21:23véritablement les enquêteurs,
21:25c'est qu'il y a
21:26une liste de noms
21:28à la suite.
21:30Il y a une liste
21:30qui va évoquer son suicide,
21:32mais on sait que très souvent
21:33dans les personnalités paranoïdes,
21:34ils menacent,
21:35ils imaginent se suicider.
21:37Il y a très peu de suicides
21:38chez les paranoïaques vrais,
21:41mais il y a véritablement
21:43dans sa liste des noms.
21:44Et donc,
21:44il va y avoir dans la soirée,
21:46en même temps,
21:47la scène de crime
21:47et de l'autre côté,
21:48des patrouilles
21:49qui vont protéger
21:50les noms cités,
21:52ses camarades de lycée,
21:54comme vous le disiez,
21:55qu'il faut protéger
21:56puisqu'on ne sait pas
21:57où il est.
21:58Il est dans la nature.
21:59Il sera même,
22:00d'ailleurs,
22:00à un moment,
22:01il rentre même
22:02dans la maison
22:02puisque nous,
22:04étant à la scène de crime,
22:05on l'a entendu
22:05remarcher,
22:06rouvrir,
22:07rentrer dans la maison,
22:08puis ressortir
22:09à un très court moment
22:10pendant qu'on était
22:11en train de faire
22:11la scène de crime.
22:13Le fils aîné
22:13est en garde à vue.
22:15Il va longuement s'expliquer.
22:16Kevin Clabeau,
22:17les rêves mortels du cannibale.
22:19Je regardais ma mère
22:20dans le blanc des yeux.
22:21Elle me disait
22:21que je lui faisais peur.
22:22L'enquête de l'heure du crime.
22:24Mais pourquoi vouloir goûter
22:26la chair de ses victimes ?
22:27À suivre,
22:27dans un court instant
22:28sur RTL.
22:30L'heure du crime
22:30présentée par
22:31Jean-Alphonse Richard
22:32sur RTL.
22:3514h15
22:35C'est l'heure du crime
22:37sur RTL.
22:38Avec Jean-Alphonse Richard.
22:40En garde à vue,
22:41Kevin Clabeau a reconnu
22:42les crimes
22:43et des actes cannibales.
22:45Toute la question désormais
22:46est de savoir
22:46s'il pourra être jugé.
22:49Retour aujourd'hui
22:49dans l'heure du crime
22:50sur le cas
22:50Kevin Clabeau,
22:51meurtrier et cannibale.
22:53Ce jeune homme,
22:5318 ans,
22:54a massacré sa mère
22:55et son frère de 14 ans
22:56dans l'Oise
22:57le 13 mars 2007
22:58en fuite.
22:59Il est arrêté
23:0024h plus tard,
23:02aussitôt placé
23:03en garde à vue.
23:04Mercredi 14 mars 2007,
23:0617h50,
23:07Kevin Clabeau
23:08est interrogé
23:09par les gendarmes
23:10de la brigade de recherche
23:11de Sanlis.
23:12Il parle d'une voix monocorde,
23:14sans excitation
23:15ni affecte.
23:16Il décrit
23:16sa journée meurtrière.
23:18Son frère est parti
23:19à l'école
23:19à 8h.
23:20Sa mère allait quitter
23:21la maison.
23:22J'avais qu'une demi-heure
23:23pour la tuer.
23:24Elle était en train
23:25de se maquiller.
23:26Je suis arrivé devant elle
23:28avec des gants
23:28de jardinage,
23:29le couteau caché.
23:31Au bout d'une minute,
23:32elle a regardé
23:32dans le blanc des yeux.
23:33Elle m'a dit
23:34que je lui faisais peur.
23:35J'ai foncé sur elle.
23:37Kevin Clabeau
23:38dit avoir poignardé
23:39la victime.
23:40La lame a cassé.
23:41Il est parti chercher
23:42une lourde barre
23:43de fer rouillée.
23:44J'ai dû lui asséner
23:45six ou sept coups
23:46avant qu'elle rende
23:47son dernier souffle,
23:48raconte-t-il.
23:49Après la mort
23:50de sa mère,
23:50il est parti à vélo
23:51dans la forêt proche
23:53pour aller chercher
23:54deux marteaux
23:54et deux machettes
23:55qu'il cachait
23:56depuis longtemps.
23:57Quand son frère
23:58est rentré
23:59de l'école,
24:00il l'a fait monter
24:01dans la chambre
24:02sous prétexte
24:03d'un jeu.
24:04Il lui a demandé
24:04de se couvrir
24:05avec le drap
24:06protégeant le billard.
24:08Je lui ai mis
24:08un coup de machette
24:09dans le crâne.
24:10Il n'a poussé
24:10aucun cri.
24:11Je voulais le décapiter.
24:13Il y avait du sang
24:13partout,
24:14sur le plafond,
24:15le billard
24:16et sur moi.
24:18Kevin Clabeau
24:19raconte avoir léché
24:20le sang de sa mère
24:22sur le carrelage
24:23et a avalé
24:24un bout
24:24de sa cervelle.
24:25Je n'étais pas dégoûté,
24:26pas écoeuré,
24:27précise-t-il.
24:28Il a fait la même chose
24:28avec le sang
24:29de son frère.
24:30J'ai arrêté
24:30parce que j'étais écoeuré
24:32par le goût
24:33et l'odeur.
24:33En attendant son père
24:35qui allait
24:35le mettre en fuite,
24:37il a regardé la télé
24:38près du corps
24:39de son frère.
24:40Il s'est brossé
24:41les dents
24:41à côté
24:42de celui
24:42de sa mère.
24:45Voilà donc
24:46quelques extraits
24:47des déclarations
24:48de Kevin Clabeau
24:49en garde à vue.
24:50Je le précise
24:50que ces extraits
24:51sont très édulcorés.
24:53par rapport
24:54à ce que raconte
24:54vraiment
24:55Kevin Clabeau
24:56parce qu'il est rentré
24:56dans des détails
24:57insoutenables.
24:58Ce n'est pas à nous
24:58d'ailleurs
24:58de répercuter
24:59ces détails
25:00donc évidemment
25:01on n'en fera pas part
25:02dans cette émission.
25:05Docteur Bernard Marc,
25:06vous êtes avec nous
25:07dans l'heure du crime
25:08et je vous en remercie.
25:09Vous nous aidez
25:09à mieux comprendre
25:10cette affaire.
25:11Vous avez été
25:11le médecin légiste
25:12dans cette affaire
25:13Kevin Clabeau
25:14et puis vous êtes
25:15l'auteur du livre
25:15Médecin légiste
25:16pour les morts
25:17et les vivants
25:18publié
25:19chez Mareuil.
25:20Alors il y a
25:21effectivement
25:21ces traces
25:23d'anthropophagie,
25:25de cannibalisme
25:26qui sont découvertes
25:29par les enquêteurs.
25:31Il a essayé
25:31en tout cas
25:32de goûter
25:33au corps
25:34des deux victimes.
25:36Ça vous nous disiez
25:37tout à l'heure
25:38vous ne l'avez jamais vu.
25:40Comment est-ce
25:40que ça se présente
25:41en matière
25:42de médecine légale ?
25:44Encore une fois
25:45c'est rarissime.
25:46Là on va avoir
25:47des comportements
25:48purement psychiatriques.
25:49Ce qu'on voit déjà
25:51sur la scène de crime
25:52c'est une mise en scène,
25:54une préparation.
25:56Vous l'avez dit
25:56tout à l'heure
25:57il y a une préparation
25:58qui est bien en amont.
25:59Il avait caché
26:00des machettes,
26:02des marteaux
26:03plusieurs semaines
26:04auparavant.
26:05Donc il y a
26:05une préparation,
26:06une volonté,
26:08une scénarisation
26:09de cette scène.
26:10Véritablement
26:10comme dans
26:11les tueurs en série
26:11qui ont
26:12tout un rituel,
26:14tout un rituel,
26:15toute une façon
26:16de faire,
26:17de préparer les choses.
26:18On est extrêmement
26:19préparés ces morts.
26:21C'est ça
26:21qui est visiblement
26:22très inquiétant
26:23tout de suite
26:24dans la première image
26:25qu'on a.
26:26Vous parlez,
26:26c'est très intéressant,
26:27vous parlez de
26:28tueur en série.
26:30Son attitude
26:31en garde à vue,
26:32il a tout prévu,
26:33tout organisé.
26:34Il était parti
26:34pour tuer plusieurs personnes,
26:35apparemment Kevin Clabeau.
26:36Il s'en cache à peine.
26:38Il l'a écrit,
26:39un de ses écrits
26:40qui est
26:41en parallèle
26:43de l'exploration
26:44de la scène de crime
26:45qu'on fait véritablement
26:46très scientifiquement.
26:47Là, ça a été fait
26:48dans les règles de l'art
26:50avec la gendarmerie
26:50qui avait considéré
26:51que tout le pavillon
26:52était scène de crime
26:53pour ne pas avoir
26:55d'erreur ADN et autres.
26:56Ça a été fait
26:57on ne peut mieux.
26:59Et puis,
26:59il y a quand même
26:59une liste de noms.
27:01Donc,
27:01on les voit et part
27:02en voyant des patrouilles
27:04un peu pour protéger
27:05les uns et les autres
27:05parce qu'il est dehors
27:06et que sa volonté criminelle
27:08elle est absolument certaine.
27:10Et elle est infinie
27:11puisqu'il va dire
27:11je veux faire des massacres.
27:12Il écrit lui-même
27:13Jade Serrano
27:15vous êtes également avec nous
27:16journaliste,
27:17auteur du livre
27:17« Quand les hommes mangent
27:18leurs semblables »
27:19publié aux éditions
27:20du Rocher.
27:21Il y a tout un chapitre
27:21qui est consacré
27:22à cette affaire
27:23Kevin Clabeau.
27:24Comment est-ce qu'il explique
27:25s'il l'explique d'ailleurs
27:27ce besoin de chair humaine ?
27:29Il se souvient de ça
27:30de ce qu'il a fait là-dessus ?
27:32Ça ne peut pas être
27:32vraiment rationalisé
27:33et tout ce que je peux
27:34vous dire
27:35c'est qu'il a prévu
27:36en fait
27:37de manger
27:38ses parents
27:39et son frère
27:40autour
27:41et de créer un banquet
27:42où ils les auraient assis
27:44et ils les auraient fait
27:45eux-mêmes
27:45s'automanger.
27:46C'était
27:46tout son délire.
27:49Et puis
27:50il y a aussi
27:50cette dimension
27:51de nécrophage
27:53où Kevin avait prévu
27:54aussi de violer
27:55les cadavres
27:55de ses parents.
27:57Oui parce qu'il y a
27:58une dimension
27:59quand même sexuelle
28:00chez Kevin
28:01qui est indéniable
28:02et dont il ne faudrait pas
28:03non plus faire
28:04totalement l'impasse
28:05c'est qu'effectivement
28:06il y a ce profil
28:07de serial killer
28:07avec cette propension
28:10à être aussi
28:10un serial violeur.
28:13Dément ou pas dément
28:14au psychiatre
28:15d'en décider.
28:16Kevin Clabeau
28:17les rêves mortels
28:18du cannibale
28:18la voix m'a dit
28:20de le faire
28:20c'était tuer
28:21ou être tué.
28:23L'enquête de l'heure du crime
28:24on se retrouve
28:24dans un instant
28:25sur RTL.
28:26Jean-Alphonse Richard
28:27sur RTL
28:28L'heure du crime
28:29jusqu'à 15h
28:31C'est l'heure du crime
28:35sur RTL
28:36L'heure du crime
28:37consacrée aujourd'hui
28:38au cas Kevin Clabeau
28:39meurtrier cannibale
28:40ce jeune homme
28:4118 ans
28:41a tué sa mère
28:43et son petit frère
28:43dans l'Oise
28:4413 mars 2007
28:45son père a réussi
28:47à le mettre en fuite
28:48après des aveux
28:48complets en garde à vue
28:49il est présenté
28:50à l'expert psychiatre.
28:53Vendredi 16 mars 2007
28:54le docteur Jean-Claude Archambault
28:56s'entretient avec
28:57Kevin Clabeau
28:58ce dernier lui confie
29:00entendre depuis longtemps
29:01des voix dans sa tête
29:02pour le jeune homme
29:04la question était simple
29:05tué ou être tué
29:06il se souvient
29:07d'actes de nature cannibale
29:09sur sa mère
29:10mais il ne peut pas
29:10les expliquer
29:11aucune idée
29:12la voix m'a dit
29:13de le faire
29:14sur un court moment
29:15une vive pulsion
29:16déclare-t-il
29:16il ne se souvient pas
29:18en revanche
29:18d'avoir mordu
29:19le cadavre
29:20de son petit frère
29:21ses pulsions
29:22anthropophagiques
29:23lui seraient apparus
29:25il y a environ
29:25deux mois
29:26le psychiatre
29:27demande à Kevin Clabeau
29:28s'il compte encore tuer
29:30il répond spontanément
29:31oui
29:32au gendarme
29:33en garde à vue
29:34il avait indiqué
29:35qu'il avait en tête
29:35de s'en prendre
29:36à d'autres personnes
29:37des femmes
29:38et notamment
29:39à une de ses professeurs
29:40le médecin conclut
29:42à la dangerosité psychiatrique
29:44maximale
29:45du suspect
29:46il décrit une pathologie
29:47psychotique
29:48de type schizophrénique
29:50Kevin Clabeau
29:51est mis en examen
29:52mais il est placé
29:52tout de suite
29:53à l'unité
29:54pour malades difficiles
29:55de ville juif
29:56mercredi 25 avril 2007
29:59un mois et demi
30:00après le drame
30:01Michel Clabeau
30:02le père de famille
30:03est retrouvé pendu
30:04à un cerisier
30:06dans le jardin
30:06de la maison du crime
30:08il avait l'air
30:09de tenir le choc
30:10mais c'était
30:11un homme brisé
30:11confie une amie
30:12de la famille
30:13dans le journal
30:13le parisien
30:14un autre proche indique
30:16Michel est la troisième
30:17victime de ce désastre
30:19lui aussi
30:20c'est son fils
30:21qui l'a tué
30:22effectivement
30:25toute la famille
30:26désormais morte
30:27le papa s'est suicidé
30:28il s'est pendu
30:29à un arbre
30:30dans le jardin
30:30de la maison
30:31il ne pouvait plus
30:32supporter évidemment
30:33cette affaire
30:34docteur Bernard Marc
30:35vous êtes avec nous
30:36dans cette heure du crime
30:37auteur du livre
30:38médecin légiste
30:39pour les morts
30:39et les vivants
30:40publié chez Mareuil
30:41évidemment que vous
30:41la connaissez parfaitement
30:42cette affaire
30:43puisque vous avez
30:43été le médecin légiste
30:46dans l'affaire
30:46Kevin Clabeau
30:47et vous avez
30:48alors vous en parlez
30:50dans votre livre
30:50et c'est très émouvant
30:51ce que vous racontez
30:52là-dessus
30:52vous avez rencontré
30:54le père
30:54Michel Clabeau
30:56après évidemment
30:58les crimes
30:59un homme brisé
31:00c'est ce que vous racontez
31:01vous avez essayé
31:02presque de lui remonter
31:04le moral
31:04comme si c'était
31:05une mission impossible
31:06c'est un rôle
31:07très difficile
31:08qu'on a en tant que
31:09médecin légiste
31:09mais en général
31:10c'est une donnée
31:11un petit peu
31:12au médecin
31:12dit senior
31:13dans une structure
31:14hospitalière
31:15d'abord j'ai eu
31:16à lui annoncer
31:17les décès
31:19c'est vous
31:20qui lui apprenez
31:21et j'ai eu
31:23à faire en sorte
31:25que les deux corps
31:26qui avaient été
31:27aussi sauvagement mutilés
31:29puissent reprendre
31:31une sorte
31:31d'apparence humaine
31:33en tout cas
31:34sur toutes les parties
31:35qui avaient été lésées
31:36notamment
31:37les deux faces
31:38ça a été un travail
31:40très long
31:41de reconstitution
31:43des corps
31:43pour essayer
31:44de leur redonner
31:45quelque chose
31:45pour qu'au moment
31:47de la mise en bière
31:48vous imaginez
31:49attention
31:50il y a le père
31:50qui est blessé
31:51il est là
31:51il a encore
31:52ses pansements
31:52il y a la famille
31:54et on les rend
31:55parce que l'idée
31:56c'est aussi
31:57de rendre
31:57le plus vite
31:58quand même
31:58les corps
31:58de la famille
31:59de ne pas rajouter
31:59une douleur
32:00à la douleur
32:00donc c'est effectivement
32:02un accompagnement
32:02très profond
32:04et puis cet homme
32:05est parti ensuite
32:06à essayer
32:07de trouver
32:08un petit peu
32:09le cas
32:09il n'a pas voulu
32:10avoir forcément
32:11un suivi psychiatrique
32:13qu'on lui avait
32:13vraiment conseillé
32:14et malheureusement
32:15il a été jusqu'au bout
32:16parce qu'il a été
32:18évidemment
32:19symboliquement
32:19recherché sa mort
32:20à l'endroit
32:21où la mort
32:22avait frappé
32:23et son fils
32:23et sa femme
32:24il vous parlait
32:25de son fils
32:26de Kevin
32:27il faisait allusion
32:28à ça
32:29il comprenait
32:30il essayait de comprendre
32:31il était totalement
32:33dépassé
32:35totalement dépassé
32:36par l'horreur
32:38aussi des actes
32:38et dans une peine
32:40effroyable
32:42peine effroyable
32:44avec en plus
32:45une volonté
32:46qui avait été
32:46celle de son
32:47de son fils aîné
32:48de détruire
32:49la beauté
32:50de sa mère
32:52et de son jeune frère
32:53qui étaient
32:54deux personnes
32:55en pleine santé
32:56physique
32:57on voit
32:59dans la maison
32:59il y avait plein de photos
33:00on les voyait
33:01resplendissants
33:02et il y a eu
33:04un acharnement
33:04donc c'était
33:05extrêmement difficile
33:06d'où le travail
33:07qui a été fait
33:07qui a été un long travail
33:08d'essayer
33:09de reconstituer
33:11un peu
33:11de donner
33:12figure humaine
33:13à ces deux personnes
33:15parce que sinon
33:15on était dans
33:15l'intolérable
33:16l'intolérable supplémentaire
33:19étant de dire
33:19les corps sont tellement
33:20abîmés
33:20qu'on les met
33:21tout de suite
33:21en bière
33:23fermée
33:24c'est pas possible
33:25mais donc vous voyez
33:26il y a une chose
33:27vraiment très très importante
33:29et une volonté
33:30dans les actes faits
33:32il y avait une volonté
33:33de détruire
33:34une partie
33:35je voulais vous poser
33:36la question
33:37parce que
33:37juste un petit mot
33:38là-dessus
33:38vous êtes légiste
33:39il y a une volonté
33:40d'effacer
33:41le visage
33:42de son frère
33:44et de sa mère
33:45il ne faut plus
33:45qu'ils existent
33:46oui
33:47il ne faut plus
33:47qu'ils apparaissent
33:48il y a véritablement
33:49une destruction
33:50qui s'organise
33:51autour de cette partie-là
33:53et la partie
33:53tellement significative
33:54comment décrire
33:55quelqu'un
33:56sinon que
33:57par son visage
33:58c'est notre humanité
34:00on n'est pas en train
34:02de reprendre
34:04des éléments
34:05de philosophie
34:06de Lévinas
34:07le visage
34:08de l'individu
34:09et bien
34:09c'est là aussi
34:10ce visage
34:11et une volonté
34:12de l'enlever
34:13d'enlever
34:14une figure humaine
34:15pour qu'il n'ait plus
34:16figure humaine
34:17Jade Serrano
34:19vous êtes avec nous également
34:20dans l'heure du crime
34:20journaliste
34:21auteur du livre
34:21quand les hommes mangent
34:22leur semblable
34:23publié aux éditions
34:24du Rocher
34:24alors il est face
34:26au psychiatre
34:26Kevin Clabeau
34:27j'ai raconté
34:28évidemment
34:29j'ai résumé
34:29ce que dit
34:30le psychiatre
34:30le juge
34:31extrêmement dangereux
34:32dangerosité maximale
34:33il écrit
34:34le psychiatre
34:35ce qui est assez rare
34:35et donc
34:36il va prendre tout de suite
34:37il est mis en examen
34:38mais il va prendre tout de suite
34:39la direction
34:40des malades difficiles
34:43vous pouvez nous dire
34:44un mot là-dessus
34:44effectivement
34:45il se retrouve là-bas
34:47parce qu'il n'y a pas moyen
34:49de comprendre
34:50exactement ce qui s'est passé
34:51il fait un petit tour
34:52par frêne
34:53quand même avant de se retrouver
34:54en UMD
34:55on était pour malades difficiles
34:56le fait est que
34:57Kevin Clabeau
34:58il a un profil
34:58pré-psychotique
35:00puisque bon
35:00à l'époque
35:00il a 19 ans
35:01on ne peut pas encore
35:02asseoir un diagnostic clair
35:04mais il est évident
35:05en tout cas
35:05qu'on a affaire
35:06à un malade mental
35:07et en France
35:08il y a un principe de loi
35:10on ne juge pas les fous
35:11donc il y a des structures
35:12qui existent
35:13pour les prendre en charge
35:14ça s'appelle
35:14les unités pour malades difficiles
35:16et non pas dangereux
35:17où ces individus
35:19se retrouvent
35:20pour être soignés
35:21re-socialisés
35:22voilà
35:23alors après
35:23Kevin
35:23il a quand même
35:24un profil extrêmement particulier
35:26il est enfermé
35:28depuis 17 ans maintenant
35:29et il est considéré
35:31et moi je le considère
35:32aussi comme tel
35:33comme l'un des criminels
35:34les plus dangereux de France
35:36vraiment
35:36ça pose une question
35:38réelle
35:38parce qu'aujourd'hui
35:39Kevin a 37 ans
35:40que va-t-il
35:42advenir de lui
35:43le fils aîné
35:45sera-t-il un jour jugé
35:47Kevin Clabo
35:48les rêves mortels du cannibale
35:49merci de vous préoccuper
35:51de l'avenir de mon fils
35:52l'enquête de l'heure du crime
35:53je vous retrouve tout de suite
35:54sur RTL
35:55dans l'heure du crime
36:07aujourd'hui
36:07l'affaire Kevin Clabo
36:08en mars 2007
36:09dans l'Oise
36:10ce jeune homme
36:1118 ans
36:11a tué sa mère
36:12et son frère de 14 ans
36:13il a avoué
36:14ce massacre insensé
36:15suite à des pulsions
36:17il a aussi reconnu
36:18des actes cannibales
36:19la justice doit dire
36:21s'il peut être jugé
36:23lundi 11 février 2008
36:2611 mois après la tuerie
36:27de Crépy-en-Valois
36:28le parquet de Sanlis
36:30réclame un non-lieu psychiatrique
36:32en faveur de Kevin Clabo
36:34désormais âgé de 19 ans
36:35le jeune homme se trouvait
36:37au moment des faits
36:38atteint d'un trouble psychiatrique
36:40ayant aboli son discernement
36:42indique le substitut du procureur
36:44avant de se suicider
36:47Michel Clabo
36:47le père de famille
36:48avait demandé
36:49à ses parents
36:50et beaux-parents
36:50de se préoccuper
36:51de l'avenir de son fils
36:53la partie civile
36:54ne fera pas appel
36:56de la décision judiciaire
36:58Kevin Clabo
36:58interné à l'hôpital
37:00de Villejuif
37:01ne sera jamais jugé
37:03à la base
37:05je devais me suicider
37:06mais
37:07beaucoup de contraintes
37:08se sont mis devant moi
37:10et
37:10le bouleversement des choses
37:12et le temps
37:13a fait que mes perceptions
37:15ont changé
37:16et
37:17j'ai craqué
37:18la tuerie
37:18au lieu du suicide
37:20j'ai craqué
37:22à la tuerie
37:22au lieu du suicide
37:23effectivement
37:24il ne s'est pas suicidé
37:25Kevin Clabo
37:26sa voix
37:26lors d'une
37:27des garde à vue
37:28menées par
37:30les enquêteurs
37:32Jade Serrano
37:34vous êtes avec nous
37:34dans cette heure du crime
37:35journaliste d'investigation
37:37vous êtes auteur du livre
37:38quand les hommes mangent
37:40leur semblable
37:40publié aux éditions du Rocher
37:42il y a un très long chapitre
37:43qui est consacré
37:44à cette histoire
37:45Kevin Clabo
37:45avec beaucoup
37:46beaucoup de
37:46première partie du livre
37:47voilà
37:48beaucoup
37:48beaucoup d'informations
37:49beaucoup de détails
37:50qu'est-ce qui devient
37:51Kevin Clabo
37:52aujourd'hui
37:52Kevin Clabo
37:53aujourd'hui
37:54a 37 ans
37:55il est toujours
37:55hospitalisé
37:56en unité pour malades
37:57difficiles
37:58c'est
38:00assez étonnant
38:01j'ai appris ça
38:01la semaine
38:02la semaine dernière
38:04ce qui m'a été confirmé
38:05par la famille
38:05il a demandé
38:06une extension
38:07et un supplissement
38:08de ses conditions
38:09d'hospitalisation
38:09qu'il a obtenues
38:10donc désormais
38:12Kevin est autorisé
38:13à sortir
38:13accompagné
38:15bien évidemment
38:15d'un personnel soignant
38:16pour faire des emplettes
38:18en dehors de l'hôpital
38:20et donc j'espère
38:21on nous espère
38:22en tout cas
38:22la famille
38:22et moi-même
38:23que cet assouplissement
38:25de son hospitalisation
38:27ne sera pas étendu
38:28à des permissions
38:28de sorties plus larges
38:30et surtout
38:32on s'inquiète
38:33alors non pas
38:33qu'il puisse aller
38:34s'égourdir les gens
38:35en bord de l'unité
38:37pour malades difficiles
38:38on le comprend
38:38que 17 ans après
38:39il doit avoir
38:39une lassitude
38:40un ennui
38:41et ça
38:42et puis un traitement
38:43médical
38:44oui mais après
38:45Kevin est pervers
38:46au dernier degré
38:47enfin pardonnez-moi
38:48il y a des pathologies
38:49qui soignent
38:49et d'autres non
38:50et en fait
38:51on s'inquiète juste
38:52de savoir
38:54ce qui va advenir
38:55de Kevin
38:56et finalement
38:57quelle place
38:58on peut lui accorder
38:59et a priori
39:01pas parmi nous
39:02donc il va falloir
39:03trouver des solutions
39:03annexes
39:04une seule personne
39:05de la famille
39:05vient le visiter
39:06elle est assez âgée
39:08elle n'est donc pas
39:09éternelle
39:10et donc la question
39:11se pose de qui
39:12prendra le relais
39:13également
39:13et voilà
39:15donc ça pose
39:15quand même
39:16beaucoup de questions
39:17sécuritaires
39:18et puis sociétales
39:20vous nous disiez
39:21que vous avez rencontré
39:21des témoins de l'époque
39:23et qu'il y a des personnes
39:23encore qui ont peur
39:24aujourd'hui
39:24qui nous ont dit
39:25qu'ils avaient peur
39:26de le voir sortir
39:28ils sont terrorisés
39:29par Kevin
39:30pour ce qui est de ceux
39:31qui étaient inscrits
39:31sur cette fameuse liste
39:32ceux qu'il a voulu
39:34assassiner
39:35et puis
39:37pour
39:38certains de ses proches
39:40ses potes
39:40etc
39:40il garde quand même
39:42un bon souvenir
39:42de Kevin
39:43parce que
39:43Kevin c'est vraiment
39:44Mr Jekyll et Mr Hyde
39:47et il a deux facettes
39:48de sa personnalité
39:49c'est un être
39:49hautement froid
39:50et en même temps
39:51d'une sensibilité
39:53à fleur de peau
39:54et donc cette dichotomie
39:56comme ça en lui
39:56qui ne se rencontre
39:58jamais
39:58et donc c'est pour ça
39:59qu'aussi
40:00on s'interrogeait
40:01beaucoup avec la famille
40:01on se disait
40:02mais il a obtenu
40:03l'assouplissement
40:04de ses conditions
40:05d'hospitalisation
40:07mais en fait
40:07son grand jeu
40:08à Kevin Clabo
40:09c'est de duper
40:09les blouses blanches
40:10il ne faudrait
40:11quand même pas
40:12jouer avec le feu
40:14et se dire
40:14que 17 ans après
40:15il n'y a pas encore
40:17cette envie de tuer
40:18donc attention
40:20vraiment attention
40:21effectivement
40:21c'est une question
40:22qui se pose
40:23il y a une espèce
40:23de warning
40:24comme dirait
40:24les anglo-saxons
40:25qui s'allument
40:26et effectivement
40:27il faut faire attention
40:28il faut regarder
40:28je pense qu'il est
40:29bien entouré
40:30par le personnel soignant
40:32et par les gens
40:33qui sont chargés
40:34de le surveiller
40:34docteur Bernard Marc
40:36vous êtes avec nous
40:36dans cette heure du crime
40:37médecin légiste
40:38vous étiez le légiste
40:39dans cette affaire
40:40Kevin Clabo
40:40auteur du livre
40:42médecin légiste
40:43pour les morts
40:44et les vivants
40:44publié chez Mareuil
40:45il y a tout un chapitre
40:46qui est consacré
40:47dans votre livre
40:48vous aussi
40:48à Kevin Clabo
40:49pourquoi vous avez choisi
40:50cette affaire ?
40:51parce qu'elle vous a
40:52profondément marqué ?
40:54parce qu'elle a apporté
40:54quelque chose de plus
40:55à votre expérience
40:56de légiste ?
40:57profondément marqué
40:58parce que là
40:59il y a une volonté
41:00une scénarisation
41:02de la mort
41:02une violence
41:03très particulière
41:04et beaucoup de choses
41:05qui sont derrière
41:05il y a d'abord
41:06des éléments aussi
41:07qui nous inquiètent
41:08et qui sont importants
41:10qui sont le fait
41:11de cette entrée
41:12dans une pathologie
41:13schizophrénique
41:14et ce risque particulier
41:16avec des violences
41:17qui peuvent être
41:17mortelles ou non mortelles
41:19le médecin légiste
41:20voit les deux
41:20et puis
41:22cette
41:23cette volonté
41:26très particulière
41:28de nuire
41:29qui n'est pas
41:30sur un coup de tête
41:32qui n'est pas
41:32sur un moment d'humeur
41:34donc les choses
41:35véritablement
41:36très lourdes
41:37avec un aspect
41:38très recherché
41:40dans la destruction
41:41de l'autre
41:42dans la destruction
41:42de la figure
41:43des éléments
41:44qui nous ont
41:45véritablement frappés
41:47et puis c'est un drame
41:47collectif
41:48un drame
41:49qui est vécu aussi
41:50par un survivant
41:52au moins pendant un temps
41:54donc c'est un aspect
41:55tout à fait particulier
41:56dans notre exercice
41:58c'est ça
41:58et à faire particulière
42:00avec cette notion
42:01aussi de cannibalisme
42:02qui ça aussi
42:03vous a interpellé
42:04on apprend
42:05parce qu'au fur et à mesure
42:07des rapports
42:08avec les enquêteurs
42:08ils rapportent des éléments
42:10et tout le monde
42:11même la brigade de recherche
42:12c'est des gens
42:13qui font des affaires criminelles
42:15qui sont habitués
42:15tout le monde
42:16était très déstabilisé
42:17merci infiniment
42:19docteur Bernard Marc
42:21et Jade Serrano
42:22d'avoir été tous les deux
42:23les invités de l'ordre du crime
42:24merci à l'équipe de l'émission
42:25rédactrice en chef
42:26Justine Vigneault
42:27préparation Marie Bossart
42:28Théa de Turcheim
42:29réalisation en direct
42:31Nicolas Godet
42:31c'est parti
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