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  • il y a 7 mois
Andy F., 16 ans, adolescent ordinaire, ni replié sur lui, ni agressif, ni inquiétant. Il a grandi dans une famille ordinaire non violente et pas maltraitante. Une nuit de l'été 2009, en Corse, il s'est réveillé et a tué son père, sa mère, et ses deux frères, des jumeaux âgés de dix ans. Pourquoi ? Les psychiatres ont vite emboité le pas aux enquêteurs.
Retrouvez tous les jours en podcast le décryptage d'un faits divers, d'un crime ou d'une énigme judiciaire par Jean-Alphonse Richard, entouré de spécialistes, et de témoins d'affaires criminelles.

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Transcription
00:00Pourquoi ? C'est tout de suite.
00:0314h15, c'est l'heure du crime sur RTL.
00:07Jean-Alphonse Richard.
00:08Un drame près de Portichiot, en Corse du Sud, sur les bords du golfe d'Ajaccio.
00:12Un adolescent de 16 ans a tué à coup de fusil de chasse ses parents et ses deux frères.
00:17Ça s'est produit dans la nuit de mardi à mercredi, mais on a eu connaissance de l'affaire hier soir,
00:21lorsque le jeune meurtrier s'est constitué prisonnier.
00:23Bonjour, Andy F, 16 ans, adolescent ordinaire, ni replié sur lui, ni agressif, ni inquiétant,
00:32élevé dans une famille banale, ni violente, ni maltraitante.
00:36Une nuit de l'été 2009, en Corse, il est sorti de son lit.
00:41Il a tué son père, sa mère, ses frères jumeaux âgés de 10 ans.
00:44Pourquoi les psychiatres ont vite emboîté le pas aux enquêteurs, mais ont-ils obtenu la réponse à cette question ?
00:50Andy, la nuit du fils meurtrier, l'heure du crime, la seule émission radio 100% fait divers, c'est tout de suite sur RTL.
01:04Jeudi 13 août 2009, une heure du matin, les gendarmes de la brigade de Pietrocella, au sud d'Ajaccio,
01:11sont appelés en urgence pour se rendre à la mairie annexe de la ville.
01:15Ils y découvrent un garçon debout, le regard dans le vide, en état de choc, short et t-shirt, les pieds nus.
01:22Andy F, 16 ans, est entouré de ses deux oncles.
01:25C'est l'un d'eux, Frédéric, qui vient de le découvrir, agarre, errant sur la plage d'Agosta.
01:32Il traînait ici depuis 24 heures.
01:34Il raconte que la nuit précédente, il a tué tout le monde, toute sa famille.
01:38Les gendarmes filent alors dans la commune voisine, Albetrichia.
01:43La villa familiale se dresse dans un lotissement coçu, avec vue au loin sur les îles sanguinaires.
01:51L'habitation est plongée dans l'obscurité, il y a des traces de sang autour des chambres.
01:56Dans celle des parents, les corps de Nadine et Patrice, couchés sur le ventre.
02:00La maman a été touchée par balles au thorax.
02:04Elle était assise face au tireur.
02:05Le papa a été frappé au cœur, un oreiller est sur la tête.
02:10Pour les gendarmes, les corps ont été manipulés et bougés.
02:14Dans une autre chambre, les jumeaux Duane et Liam, 10 ans, reposent dans leur lit mezzanine.
02:20L'un blessé au thorax, l'autre à l'avant-bras, achevé par deux tirs à la tête.
02:26Leur mort a été immédiate.
02:29Les portefeuilles des parents ont été fouillées, un petit coffre-fort a été ouvert,
02:33mais aucun désordre ou trace de lutte dans la villa.
02:38En garde à vue, Andy F détaille les faits.
02:41La journée précédente s'est déroulée normalement.
02:44Le soir, il avait la garde des jumeaux.
02:47Les parents étaient invités à un barbecue chez des voisins.
02:50Ils sont rentrés peu avant une heure du matin.
02:52Tout le monde s'est endormi.
02:53Il s'est réveillé, lui, sans raison, vers 3h du matin.
02:58Il écoutait de la musique, puis, il ne sait pas pourquoi, il a pris la décision de fuguer.
03:02Il a rempli deux sacs avec des vêtements, des objets divers, l'ordinateur de sa mère.
03:07Il s'est dirigé vers le ratelier à fusil de son père.
03:10Il avait envie de tirer.
03:11« Je devais le faire », déclare-t-il.
03:14Il a chargé le fusil à pompe avec six cartouches.
03:17Il est allé dans la chambre parentale.
03:19Son père a entendu le cliquetis de la sécurité.
03:22Il s'est réveillé et l'a regardé.
03:25Il a fait feu.
03:26Il a tiré ensuite sur sa mère.
03:27Dans leur chambre, les jumeaux dormaient toujours.
03:29Il a tiré.
03:30Il les a entendus gémir.
03:33Il les a achevés.
03:35Andy a ramassé les cartouches.
03:37Il a vidé le coffre-fort de la chambre des parents.
03:39Il s'est emparé de la montre de son père et d'une somme de 2500 euros.
03:44Andy dit avoir pris conscience de la tragédie en regardant les corps.
03:49Il a voulu se taillader les poignets, mais il n'y est pas parvenu.
03:52Vers 4 heures du matin, il a adressé des SMS à des amis.
03:56Il leur a dit qu'un étranger était entré dans la maison.
03:59Il a fui dans le maquis.
04:00Plus tard, dans la journée, il a croisé une amie, Camille.
04:04Il lui a dit avoir fait une grosse bêtise.
04:06Avoir fait du mal aux gens qu'il aimait.
04:08Il disait vouloir se pendre.
04:10Il a appelé son ex-petite amie, Julie.
04:12Elle n'a pas cru ce qu'il racontait.
04:15Quelques heures plus tard, c'est son oncle qui l'a retrouvé.
04:19Vendredi 14 août 2009, Andy F. est mis en examen pour assassinat, au pluriel.
04:24Il conteste la préméditation.
04:26Selon lui, tout cela n'a rien à voir avec une déception sentimentale récente
04:30ou la mort d'un de ses meilleurs amis dans un accident de voiture.
04:35Il explique qu'il n'était plus lui-même.
04:37Il avait des envies de fugue.
04:39La nuit du drame, il était selon lui dans l'irréalité.
04:43Avec son père, sa mère et ses frères, tout pourtant se passait bien.
04:47Je ne sais pas pourquoi j'ai fait ça.
04:49Je ne savais plus où j'étais.
04:51Je n'entendais plus rien.
04:52Je voyais tout flou.
04:54Il y avait quelqu'un d'autre à ma place, déclare Andy.
05:00Andy F.
05:01On ne donne pas son nom car évidemment il est mineur à l'époque des faits.
05:04Il est incarcéré à ce moment-là sur l'île, à la prison de Borgo.
05:08C'est un jeune détenu, des plus discrets, des plus obéissants.
05:11Il lui est impossible de dire pourquoi il a tué sa famille.
05:15Est-ce qu'il cacherait quelque chose ?
05:16Alors c'est une possibilité et ça va être une question.
05:19Est-ce qu'il dit vraiment la vérité ?
05:20Là aussi, ça va être une question qui va se poser.
05:23Les psys vont bien sûr se pencher sur son cas parce qu'à ce stade,
05:27évidemment les enquêteurs sont un peu perdus.
05:28Il faut faire appel au psychiatre, on va voir tout ça dans la suite de l'heure du crime.
05:33Bonjour Paul Hortoli.
05:34Bonjour.
05:35Merci beaucoup d'être avec nous en direct dans l'heure du crime.
05:37Vous êtes journaliste et notre correspondant en Corse pour RTL et le quotidien Le Monde.
05:43Paul Hortoli, vous connaissez très bien cette affaire, vous l'avez suivi.
05:46Il y a quelque chose de frappant, c'est qu'il y a ce garçon qui a encore un visage poupin à cette époque.
05:52Il a 16 ans et on retrouve à cause de lui, puisqu'il est au bout du fusil,
05:58on découvre ces corps qui ont été exécutés, il n'y a pas d'autre mot.
06:02C'est une tuerie vraiment méthodique et glaçante.
06:06Oui, une tuerie glaçante, exécutée par un véritable tueur en série.
06:10Et comme vous l'avez dit, le jeune Andief, à 16 ans, il a encore un visage d'ange.
06:14Et il décrit aux enquêteurs cette violence, ce scénario criminel.
06:19Et en même temps, il est encore en première à l'époque.
06:23Il va rentrer en première au lycée Laetitia.
06:25Donc, c'est totalement irréel.
06:27Il y a quelque chose de très surprenant aussi pour Hortoli.
06:29C'est qu'évidemment, il est incapable d'expliquer son geste.
06:33Ça, on va le voir au fil de l'heure du crime.
06:35C'est même le fil rouge de l'heure du crime.
06:37Pourquoi cette question ?
06:38Mais de l'autre côté, il se souvient des moindres détails de la tuerie.
06:42Et vraiment, il donne tous les détails qu'il faut, l'endroit où il était, les tirs, etc.
06:47C'est très étonnant.
06:49Alors oui, c'est vrai qu'il donne la plupart des éléments qui ont permis aux enquêteurs
06:54d'établir le scénario criminel.
06:56C'est vrai, l'heure, la manière dont il a pris le fusil, dont il a mis des gants.
07:01Il a ensuite fermé les volets avant de faire tout ça.
07:04Il a tué ses parents, puis ses frères.
07:06Mais il ne dit pas tout.
07:07Il y a beaucoup de zones d'ombre.
07:08Par exemple, on n'a jamais retrouvé les habits qu'il portait ce soir-là,
07:11qu'il avait dissimulé dans le maquis.
07:13Six coups sont tirés.
07:15Mais le fusil Winchester ne compte que cinq cartouches.
07:19Donc, ça veut dire qu'il a rechargé.
07:20Donc, il a menti sur certains points.
07:23La partie civile avait relevé dix gros mensonges qui ont été au cœur des deux procès.
07:28Mais, somme toute, il a donné le pitch essentiel.
07:31Oui, c'est ça.
07:32Mais ça, c'est très intéressant ce que vous racontez.
07:33Parce qu'effectivement, il y a cette espèce des aveux qui sont presque spontanés, très détaillés.
07:40Et puis, de l'autre côté, il y a ces dissimulations, ces mensonges qui vont affleurer de temps à autre.
07:45C'est très compliqué à expliquer.
07:47Bonjour, docteur Laurent Laillet.
07:49Bonjour.
07:49Merci beaucoup d'être avec nous dans le studio de l'ordre du crime.
07:52Vous êtes expert psychiatre auprès de la cour de cassation.
07:54Vous avez longuement suivi ce garçon en DIF, notamment en UMD.
08:02Ces unités dont on va parler dans un moment.
08:04Donc, vous connaissez vraiment très, très bien son parcours.
08:06Encore une fois, vous l'avez suivi pendant des années.
08:08Et ça, c'est important.
08:09Et vous êtes auteur du livre « Au pays des ombres ».
08:13Je le montre, ce livre.
08:13« Au pays des ombres, voyage au cœur de la folie » aux éditions Mareuil.
08:16Il faut lire ce livre, parce qu'évidemment, il y a un grand chapitre qui est consacré à cette affaire en DIF.
08:21Et c'est un livre tout à fait passionnant pour rentrer un petit peu dans la tête des mécanismes criminels
08:25qui nous restent encore un peu inconnus ou parfois opaques.
08:29Effectivement, là, le déclencheur, Laurent Laillet, c'est inconnu.
08:32On n'a pas à ce stade la signification de ce geste.
08:36Alors, on n'a pas la signification de ce geste.
08:39Andy ne l'a pas.
08:41Et l'enquête ne retrouve pas d'éléments déclencheurs non plus.
08:44Qu'est-ce qu'il raconte au début ?
08:47Pourtant, on le disait avec Paul Hortoli à l'instant, il donne beaucoup de détails.
08:51Mais il ne donne peut-être pas l'essentiel.
08:52Pourquoi il a fait ça ?
08:54Alors, pourquoi ça reste encore pour lui une énigme ?
08:58Il donne effectivement beaucoup de détails,
09:00alors avec des inexactitudes sur les détails,
09:03qui peuvent aussi se comprendre par un phénomène assez courant,
09:06qui est un phénomène de dissociation.
09:07C'est-à-dire que la charge émotionnelle au moment de tels agissements
09:12font qu'il y a quelque chose qui, entre les cognitions,
09:16entre l'esprit et les émotions, se déconnecte.
09:19Donc, ça peut expliquer aussi,
09:21parce qu'il n'a pas d'argument pour masquer les choses.
09:27On dit des mensonges.
09:28Mais en fait, il livre l'essentiel de son passage à l'acte,
09:31il livre l'essentiel de ses agissements,
09:33mais on remarquera certaines inexactitudes.
09:35Mais il peut avoir sélectionné aussi ce qu'il veut dire.
09:38Alors, bien entendu,
09:39une démarche utilitaire ne peut pas être exclue complètement,
09:44mais elle n'est quand même pas vraiment probable
09:47au regard de tous les éléments qu'il livre, quand même.
09:49Paul Ortoli, une petite question.
09:52La nuit où il part dans le maquis, comme ça,
09:54il fait le tour de ses amis.
09:55À chaque fois, il dit, j'ai tué tout le monde, etc.
09:58Évidemment, on ne le croit pas.
09:59C'est très étonnant, cette démarche,
10:01parce qu'il voit beaucoup de personnes,
10:02comme s'il avait besoin de se confier,
10:04finalement, de dire adieu à ses amis.
10:06Oui, il est totalement perdu, effectivement.
10:09Alors, il ne dit pas tout de suite qu'il a tué tout le monde.
10:11D'abord, il dit qu'il a fait une grosse bêtise.
10:13Et puis, petit à petit,
10:15ça, c'est ce qu'il dit à sa première amie.
10:16Ensuite, il va finalement rester dans un périmètre
10:18de 1 km autour de son domicile.
10:21La maison, elle se trouve donc sur la rive sud d'Ajaccio,
10:23un endroit balnéaire.
10:24Il y a beaucoup de monde à cette période de l'été.
10:26Et puis, il va rencontrer des amis.
10:28Il erre un peu sur la plage,
10:29qui n'est pas loin de sa maison.
10:31Il donne de l'argent, même, à des gens.
10:32Et puis, finalement, il va retomber sur un de ses cousins
10:36qui va appeler son oncle.
10:37Et là, il va avouer.
10:38Et on l'avait dit, après, il va être constant.
10:40Il va toujours tout avouer.
10:41Mais il y a certaines choses qui sont plus avouables que d'autres.
10:44Par exemple, on le disait,
10:46il n'a pas réussi à avouer qu'il avait achevé
10:48ses frères, ses parents,
10:49parce qu'il y a deux coups de fusil qui ont été tirés à chaque fois.
10:52Donc, l'essentiel est dit,
10:54mais pas le détail, et bien sûr, pas le pourquoi.
10:56D'accord.
10:56D'ailleurs, il ne veut pas aller à la reconstitution.
10:59Il ne veut pas voir ses corps, finalement.
11:00Il les a vus.
11:01Mais là, il y a sûrement un rejet de cette image.
11:05Docteur Laillé, un mot là-dessus.
11:07Il fait le tour de ses amis.
11:08Moi, j'ai trouvé ça très étonnant.
11:10C'est-à-dire qu'à un moment donné,
11:11il crie quelque chose.
11:13Il interpelle les gens autour de lui,
11:16ses plus proches amis,
11:19pour dire qu'effectivement,
11:20il s'est passé quelque chose.
11:20Donc, en fait, il n'y a pas de volonté immédiatement
11:22après l'effet de dissimulation quelconque.
11:25Au contraire, il dit qu'il s'est passé quelque chose.
11:28Un adolescent qui brouillerait les pistes
11:32en dit la nuit du fils meurtrier.
11:34J'ai tué toute ma famille, pas en étant moi.
11:37J'étais là physiquement, mais pas mentalement.
11:40L'enquête de l'heure du crime.
11:41On se retrouve dans un instant sur RTL.
11:4414h15h, c'est l'heure du crime sur RTL.
11:48Jean-Alfmy sur RTL.
11:49L'heure du crime consacrée aujourd'hui à l'affaire Andy F.
11:59Cet adolescent, 16 ans, a avoué avoir tué sa famille,
12:03son père, sa mère, ses deux petits frères.
12:06Dans la nuit du 12 au 13 août 2009,
12:08il ne peut pas dire pourquoi.
12:10Juge, enquêteur, psychiatre, essaie de comprendre.
12:12Mercredi 24 février 2010, Andy F. refuse de participer
12:18à la reconstitution des crimes dans la maison d'Albitretia.
12:21Dès lors, il va commencer à se fermer,
12:24à refuser de répondre aux questions.
12:25Les enquêteurs notent plusieurs incohérences
12:28dans son compte rendu de la tuerie.
12:30Il a ainsi déclaré qu'il n'avait jamais touché au corps
12:33après les coups de feu.
12:34Il était même incapable de les approcher.
12:36Pour les gendarmes, les experts,
12:38les cadavres des parents ont pourtant été bougés, retournés.
12:42Scénario qui renforce l'hypothèse d'un acte froid,
12:45déterminé, pas forcément commis sous le coup d'une pulsion.
12:48L'expert balisticien estime encore que Andy,
12:51contrairement à ce qu'il affirme,
12:53aurait bien rechargé le fusil à pompe.
12:56Sa version est incompatible avec les conclusions des autopsies
12:59et de l'expertise balistique, note la juge.
13:02Le contenu de son ordinateur laisse transparaître des idées noires
13:06ou teintées de violence.
13:08Dans un message, il écrit
13:09« De toute façon, à 18 ans, je deviens tueur à gage. »
13:12On lit encore
13:13« J'ai vraiment pas envie de positiver, ça sert à rien.
13:16La vie n'est que souffrance et destruction. »
13:19Andy F.
13:20Déclare encore que quand il est énervé,
13:23il se branche sur sa console et il tue tout ce qui bouge.
13:26Le psychologue Alain Penin recense les films favoris de l'ado,
13:30des histoires de tueurs à gage comme Hitman et de Serial Killers.
13:35Au psychologue, il confie
13:37« J'ai tué toute ma famille, pas en étant moi.
13:39J'étais là physiquement, mais pas mentalement, je me rappelle de tout. »
13:43Pour l'expert, Andy s'identifierait à des psychopathes sans aucune empathie.
13:48Julie, l'ex-petite amie, rapporte des propos qu'il lui aurait tenus il y a quelques mois.
13:53Il disait avoir des envies de meurtre auxquelles il résistait,
13:57il se plaignait de ne pas aimer la vie.
14:00L'entourage familial de la famille d'Andy F.
14:04Les proches, les voisins, tout le monde décrit une famille sans problème.
14:07Exemplaire.
14:08Patrice, le père, travaillait pour un journal local de petites annonces.
14:14La mère, Nadine, s'occupait de résidences secondaires de luxe appartenant à des continentaux.
14:19Tout le monde s'entendait à merveille.
14:21Aucune dispute, aucun éclat de voix.
14:23Au lycée, Andy est présenté comme un élève discret, travailleur, appliqué.
14:28Il n'a jamais attiré l'attention.
14:29Aux encateurs et aux médecins, l'adolescent a seulement signalé qu'il avait du mal à s'endormir.
14:34Il désait être angoissé par la présence imaginaire d'un homme en noir rodant autour de la maison.
14:41Quatre experts psychiatres sont désignés.
14:45Les médecins livrent des conclusions divergentes.
14:48Les deux premiers estiment que le discernement d'Andy était totalement aboli lors de la tuerée.
14:54Ils le présentent comme souffrant d'une grave pathologie narcissique.
14:59Selon leur conclusion, Andy a agi dans un état d'impulsivité, mais il n'est pas dangereux.
15:04Après un examen IRM, les psys ont décelé chez l'adolescent une lésion cérébrale congénitale.
15:12Dans le lobe temporal gauche, on va se demander si cette lésion ne serait pas la cause d'une possible épilepsie.
15:19Des examens sont menés.
15:20L'anomalie est déclarée bénigne.
15:22Non évolutive.
15:23Aucune maladie mentale décelée.
15:26Deux autres psychiatres ne sont pas d'accord avec leurs collègues.
15:29Ils pensent que le jeune garçon est dangereux.
15:31Il évolue dans un état limite entre névrose et psychose.
15:35Il serait sujet à la dépulsion agressive incontrôlable.
15:39Il ne peut pas être jugé après trois années d'expertise et contre-expertise.
15:45Les juges déplorent l'absence de réponses claires.
15:48Ils notent l'incapacité des experts à s'accorder sur la responsabilité
15:53et la dangerosité d'Andy révélatrice de l'énigme posée par ce jeune adolescent.
16:01Même les psys sont perdus.
16:03Un ado normal dont personne ne peut dire ce qu'il avait vraiment dans la tête
16:07quand il a massacré sa famille et ce qu'il a encore aujourd'hui dans la tête.
16:12Est-ce qu'il se souvient de tout vraiment ?
16:14Est-ce qu'il ment ? Est-ce qu'il triche ?
16:15C'est une possibilité.
16:17De toute manière, le cas est insoluble et Andy F va être jugé.
16:20On va voir évidemment ce qui va se passer à ce procès.
16:23On va le voir ça dans la suite de l'émission.
16:26Andy, je le disais, a massacré toute sa famille.
16:31Paul Hortoli, vous êtes avec nous depuis la Corse.
16:34Vous êtes notre correspondant en Corse pour RTL et Le Quotidien Le Monde, journaliste.
16:39Il a massacré toute sa famille.
16:41Il y a quelque chose qui ressort, c'est que ce garçon, il avait des idées noires.
16:46Mais il a 16 ans, c'est un adolescent.
16:47Alors à 16 ans, on a parfois des idées noires.
16:49Il y a de la provocation dans ce qu'on raconte.
16:52Mais il était un peu abonné aux jeux vidéo les plus violents.
16:55C'est bien ça, Paul Hortoli ?
16:57Oui, il était abonné à des jeux vidéo qui mettaient souvent en scène des tueurs à gage,
17:01des tueurs en série, comme le jeu Hitman, par exemple, ou GTA.
17:06Et ses films, d'ailleurs, sans surprise, c'était l'adaptation du jeu vidéo Hitman,
17:11où M. Brooks raconte un petit peu la double vie d'un tueur en série qui est un mari exemplaire.
17:16Et sa phrase préférée, je me souviens, on en discutait avec certaines parties de ce dossier,
17:23c'était une citation justement de ces films qui disaient
17:25« La mort a des milliers de visages, mais le mâle un seul ».
17:28Donc il était perturbé un petit peu par tout cet univers.
17:32Alors ça, c'est intéressant aussi, parce qu'effectivement, ça peut rentrer en jeu dans une expertise.
17:36C'est très important.
17:37Encore un mot avec vous, Paul Hortoli.
17:39L'entourage familial de la famille d'Andy, et là, c'est très surprenant,
17:42parce que c'est une famille d'une banalité, d'une normalité quasiment étonnante.
17:49Tout le monde s'entend bien, il n'y a pas de dispute, il n'y a pas de bagarre,
17:53personne n'a envie de fuguer, les jumeaux, ils ont 10 ans, ils sont tranquilles, ils sont rigolos, etc.
17:59C'est très étonnant, ça.
18:01Les proches ont dû vous raconter tout ça, Paul Hortoli.
18:03Bien sûr, les proches racontent ça, et ça démontre un peu leur surprise, leur stupéfaction.
18:09La famille, même Andy lui-même, l'a décrit comme belle, gentille, affectueuse, amusante, même idyllique.
18:17Il y a quelques petites anicroches, évidemment, comme tout ado, qui se rebellent un petit peu contre ses parents.
18:22Mais lui-même, il n'y a rien qui ressort dans l'enquête qui montre qu'il a été maltraité,
18:26ou qu'il y a eu une différence de traitement avec les jumeaux, parce que lui, c'est le frère aîné.
18:29Donc, effectivement, il faisait le grand frère, et parfois, comme le soir des fées, il s'occupait d'eux.
18:34Mais il n'y a absolument rien qui peut justifier un passage à l'acte aussi violent.
18:39Oui, ça, c'est vraiment stupéfiant, cette histoire.
18:42Chaque fois, on découvre des mystères sur mystère.
18:44Docteur Laurent Laillet, vous le connaissez bien, Andy, puisque vous êtes expert psychiatre.
18:49Vous n'étiez pas dans ces collèges d'experts, je le précise, mais vous avez suivi Andy par la suite pendant une dizaine d'années.
18:54Donc, s'il y a bien quelqu'un qui connaît Andy, c'est vous, docteur Laurent Laillet.
18:58C'est rare que des psychiatres ne s'entendent pas en matière judiciaire.
19:02En général, à un moment donné, il y a une connexion, on se dit schizophrène, etc.
19:05On est d'accord, on est d'accord.
19:07Là, il y a presque une dizaine de psychiatres qui se sont relayés au chevet d'Andy.
19:12Personne n'est d'accord.
19:14C'est vrai que c'est très rare qu'il y ait autant de divergences, à la fois au niveau du diagnostic,
19:18et à la fois au niveau de l'interprétation médico-légale.
19:20Et ça, c'est la première fois, en tout cas, moi, je n'ai jamais vu ça en 25 ans de carrière.
19:24C'est-à-dire que les diagnostics sont divergents dans toutes les expertises, dans tous les collèges d'experts,
19:29et ils aboutissent à des conclusions médico-légales, abolition, altération ou responsabilité pleine.
19:35Donc, à trois avis qui sont totalement divergents.
19:38Mais ça, c'est diamétralement opposé, les avis.
19:41On se demande, pourquoi on n'y arrive pas, finalement, à s'accorder et à savoir ce qu'il y a dans la tête de ce garçon ?
19:49Parce que c'est votre job, les psychiatres, de voir un petit peu ce qu'il y a pu, à un moment donné, dysfonctionner.
19:55On n'y arrive pas parce que je pense que, bon, les méthodes employées ont été un petit peu divergentes.
19:58Il y en a qui sont allées un petit peu à rebours, c'est-à-dire qu'ils sont partis du passage à l'acte,
20:01et ils ont essayé de trouver dans l'histoire d'Andy des éléments qui pouvaient venir étayer quelque chose.
20:06D'autres ont fait une recherche, on va dire, psychopathologique classique,
20:10et ils n'ont absolument rien trouvé, il n'y avait pas de signe clinique, il n'y avait pas de symptômes.
20:14C'est-à-dire que, postérieurement à ce passage à l'acte, et tout au long des années qui ont suivi,
20:19il n'y avait pas de signe clinique qui pouvait faire penser,
20:22qui pouvait renvoyer à un trouble mental ou même un trouble de la personnalité.
20:26Est-ce qu'il peut tricher, on dit ?
20:28Est-ce qu'il peut mentir ? Est-ce qu'il peut finalement inventer des pulsions ?
20:33C'est-à-dire dire, moi j'ai senti une voix, j'ai entendu une voix, ou bien des pulsions, là ce n'est pas le cas, la voix.
20:37Mais j'ai eu une pulsion, il fallait que je me lève, que j'aille tuer tout le monde.
20:41Est-ce qu'il peut l'inventer, ça ?
20:42Alors, il peut l'inventer, et il peut aussi essayer, lui, de reconstituer, avec ses mots,
20:49quelque chose qui aussi, pour lui, est incompréhensible.
20:52Paul Ortoli, pour la famille, en tout cas, on est sur un autre versant, j'ai envie de dire.
20:58Pour la famille, il n'est pas fou, ce garçon ? Ils vont le répéter sans arrêt ?
21:01Ah oui, alors, non seulement il n'est pas fou, mais la partie civile, elle est persuadée qu'il ment du début à la fin.
21:09Et comme vous l'avez dit, les experts psychiatres ne se sont pas mis d'accord.
21:13Il y a un premier collège qui a conclu à l'abolition totale du discernement,
21:17et le deuxième collège a conclu, lui, à l'altération.
21:20Ça veut dire qu'il était un peu conscient de ce qu'il faisait.
21:22Pour la famille, c'est cette deuxième option, et pour la justice, c'est ce qui a motivé les procès.
21:28Et quelque part, la famille, elle reste dans une incompréhension depuis le départ,
21:33parce qu'il avait d'excellents rapports avec sa grand-mère paternelle, avec ses oncles, avec ses parents.
21:39Ils n'ont jamais rien décelé chez lui d'anormal.
21:42Docteur Laurent Laillet, intéressant ce que dit Paul Ortoli, effectivement, sur la vision des proches,
21:47parce qu'ils ne comprennent pas, c'est normal, ils sont complètement perdus.
21:49Il y a la petite amie d'Andy qui va...
21:54Un jour, il m'a dit, je lutte contre des envies de meurtre.
21:57Ça, c'est puissant, quand même, comme idée.
21:59Oui, et en même temps, lorsqu'on reconstitue l'adolescence d'Andy,
22:03on s'aperçoit qu'il y a aussi, là, beaucoup d'éléments qui s'inscrivent dans la banalité.
22:07C'est-à-dire qu'il y a un certain nombre de pulsions agressives, oui, à l'adolescence,
22:10il y a des jeux, mais qui sortent pas, qui sont pas extraordinaires par rapport aux jeux
22:14avec lesquels jouent ses camarades aussi.
22:16Il a des propos qu'il a tenus qui sont pas non plus en décalage
22:20avec ceux que tenaient ses camarades au même âge.
22:23L'adolescent va être jugé.
22:26Andy, la nuit du fils meurtrier.
22:28J'aimais mes parents, j'aimais mes frères, je sais que c'est moi qui a fait ça,
22:32mais je ne voulais pas.
22:34L'enquête de l'heure du crime, comment juger cet adolescent qui dit ignorer
22:37pourquoi il a tiré ?
22:39Est-il irresponsable ou bien joue-t-il la comédie ?
22:42A suivre, dans un court instant sur RTL.
22:45Jean-Alphonse Richard sur RTL.
22:47C'est l'heure du crime jusqu'à 15h.
22:49Ce petit gamin, qu'est-ce qui lui est passé par la tête ?
23:00Il allait à l'école comme tout le monde et ses parents lui avaient trouvé un petit travail
23:04et puis il avait l'air heureux.
23:06Il se sentait bien.
23:07Est-ce qu'il a connu des copains qui l'ont poussé à autre chose ?
23:11Ça, Dieu seul le sait.
23:12Retour aujourd'hui dans l'heure du crime sur l'affaire Andy F à l'été 2009 en Corse.
23:18Cet adolescent, 16 ans, a tué son père, sa mère, ses deux petits frères.
23:22Il n'a jamais pu expliquer son geste.
23:24Les experts sont divisés.
23:25Trois ans après les faits, il est jugé.
23:28Lundi 12 novembre 2012, Andy F, 19 ans, comparé devant la cour d'assises des mineurs
23:33de la Corse du Sud à Ajaccio.
23:35Bien droit dans le box des accusés, les mains jointes, les jurés, les avocats,
23:40ses oncles, ses tantes, ses grands-parents, tout le monde.
23:42Le jeune homme est attentif aux questions.
23:45Il ne semble manifester aucune nervosité, même si l'une de ses avocates,
23:50maître Romina Créchi, le présente comme très introvertie,
23:55avec beaucoup d'angoisse retenue.
23:58« Je ne vais pas dire que je suis fou, mais au moment des faits,
24:01je n'étais pas dans mon état normal », déclarant Andy.
24:04Il ne peut pas toujours donner d'explications à son geste.
24:07« Son silence nous contraint à toutes les hypothèses, même les plus futiles »,
24:12déclare un des avocats de la famille.
24:14Ce dernier s'interroge pour savoir si le fils aîné n'aurait pas été réprimandé
24:19par ses parents au retour d'une soirée chez des voisins.
24:22« Non », répond Andy, « non », répond-il encore,
24:26« il n'a pas surpris ses parents en train d'avoir un rapport sexuel cette nuit-là ».
24:30Assis au premier rang, les tantes, les oncles, les grands-parents,
24:33qui ont vu grandir Andy, considèrent qu'il n'a rien de déséquilibré.
24:38Pour la famille, le jeune homme a agi de façon préméditée,
24:42conscient de ce qu'il faisait.
24:43La famille ne le considère pas comme un malade mental,
24:46mais comme un monstre, assure-t-on sur le banc de la partie civile.
24:50Les experts psychiatres et psychologues se succèdent.
24:54Personne n'est en mesure de dire pourquoi Andy a tué les siens.
24:57Maître Jean-Michel Mariagi, l'un des avocats de la famille,
25:01tente de fissurer l'armure de l'accusé.
25:04Il s'adresse à lui avec ses mots.
25:06« Nadine, votre mère », c'était un rire.
25:09Aujourd'hui, ses parents, ses frères, sa sœur,
25:12n'entendent plus que les gémissements de Duane et Liam,
25:15vos petits frères, et les claquements du fusil à pompe.
25:19L'accusé rougit, mais il ne répond pas.
25:22L'avocate générale se moque de la nébuleuse d'expertise psychiatrique.
25:26Elle réclame 18 ans de prison.
25:28« J'aimais mes parents, j'aimais mes frères, et je les aime encore », dit Andy.
25:32« Je sais que c'est moi qui a fait ça, mais je ne voulais pas. »
25:36Après 6 heures de délibéré, il est déclaré pénalement irresponsable.
25:40Il est acquitté.
25:41Il sera placé dans une UMD,
25:44Unité pour Malades Difficiles.
25:46Et on retrouve dans cette heure du crime,
25:50en direct depuis la Corse, Paul Hortoli,
25:52notre correspondant en Corse pour RTL,
25:54journaliste Paul Hortoli.
25:56Vous avez suivi toute cette affaire.
25:58Quel visage présente Andy à ce procès ?
26:01Alors, ce procès, il a été à viclo.
26:04On a pu voir, pendant les deux premières heures,
26:06effectivement, avant que les débats ne commencent,
26:09le visage d'Andy, qui est évidemment loin d'être celui du monstre décrit par la part civile.
26:14C'est un adolescent qui rentre tout juste dans une chemise qui est trop grande pour lui,
26:18qui joint les mains, qui s'avance vers le micro presque timidement,
26:22et qui décline son identité, bien sûr, sans encore rentrer sur les faits.
26:26Et il reste presque détaché de son procès.
26:30Alors, à gauche, il y a bien sûr toute sa famille, la partie civile.
26:34Et puis à droite, de l'autre côté de la salle,
26:36tous les bancs sont pratiquement vides.
26:38Et deux amis seulement sont venus pour le voir.
26:41Ils lui font un petit coucou de loin.
26:43Mais finalement, il est seul au monde dans ce procès.
26:46Et tous les regards sont braqués sur lui.
26:48La famille, c'est plus que divisée,
26:52c'est-à-dire qu'elle est complètement assommée par ce qui se passe, Paul Ortoli ?
26:56La famille, elle n'arrive pas à comprendre ce qui se passe,
26:59et elle n'arrive pas à faire le deuil complètement d'une telle tragédie.
27:03Quatre morts, des parents, des petits-enfants, des nièces,
27:07c'est quelque chose qui est insurmontable.
27:09Et ils viennent finalement chercher un peu de vérité.
27:12Il y a un décalage, parce que lui, sa vérité, il ne la dit pas.
27:15Il y a des choses qui ne passent pas.
27:17Il a appelé les gendarmes pour faire croire un cambriolage.
27:20Donc là, il voit la trace d'un manipulateur.
27:23Et lui, ce qui est encore plus paradoxal,
27:25c'est qu'il est venu presque chercher le pardon de sa famille.
27:28Et ça, c'est quand même assez difficile.
27:31Oui, effectivement.
27:32Il y a une tension terrifiante autour de ce procès.
27:35Docteur Laurent Laillet, vous avez suivi Andy pendant une dizaine d'années.
27:39Il était dans une unité de malades difficiles.
27:42Vous êtes expert psychiatre auprès de la Cour de cassation.
27:45Et vous connaissez donc bien ce garçon.
27:48Il dit quelque chose au procès qui est important.
27:51Il dit, j'aimais mes parents.
27:52J'aimais mes frères.
27:53Je les aime encore.
27:54Alors, on n'est pas obligé de le croire.
27:55Mais en tout cas, il le dit.
27:57Je sais que c'est moi qui a fait ça.
27:58Mais je ne voulais pas.
28:00C'est presque une excuse d'un petit garçon
28:03qui a été pris le main dans le pot de confiture.
28:05Il n'y a pas la mesure tellement du drame.
28:09Alors, ce qu'il explique, en fait, si on fait une analogie,
28:12c'est comme s'il était en train de conduire un véhicule
28:15dans lequel il y avait son père, sa mère et ses deux frères.
28:18Et il est responsable de la sortie de route.
28:20C'est-à-dire qu'il y a un accident qui coûte la vie à son père,
28:23à sa mère et à ses deux frères.
28:24Il en est responsable.
28:25Il ne l'a jamais nié.
28:26Il ne l'a jamais contesté.
28:28Mais ce qu'on a du mal à entendre,
28:29et c'est vrai qu'on a du mal à l'entendre,
28:31et sa famille a du mal à l'entendre,
28:32c'est qu'il est aussi victime.
28:33Parce qu'en fait, il se retrouve tout seul.
28:35Et il est orphelin suite à ça.
28:37Donc, c'est vrai que c'est difficile de concilier ces deux images.
28:41Et la deuxième chose qu'il dit aussi,
28:42il faut l'entendre,
28:44cette nuit-là,
28:46il n'était pas dans son état normal.
28:48C'est ce qu'il raconte.
28:48Il dit, voilà, ça, un mot là-dessus, docteur Larié.
28:50Parce que ça, c'est très important.
28:51Il dit, j'étais pas dans mon état normal.
28:54Mais là aussi, on peut dire que
28:55c'est une espèce d'explication
28:58pour un peu fuir la responsabilité.
29:00Je ne sais pas si c'est une explication.
29:02En tout cas,
29:03tous les gens qui sont venus se relayer à la barre
29:06sont venus attester de l'état normal d'Andy.
29:11Que ce soit sa famille.
29:12Donc, il n'était pas comme ça.
29:14Donc, lui, il dit quand même quelque chose qui est très vrai.
29:16Cette nuit-là, il n'était pas comme d'habitude.
29:18Ce n'est pas lui.
29:19Ce n'est pas lui au sens où
29:20ce n'est pas son comportement habituel,
29:22ce n'est pas sa façon de faire,
29:23ce n'est pas ses agissements habituels.
29:24Et il n'y a aucun signe qui montre auparavant
29:27qu'il ait pu avoir un comportement comme celui-là.
29:30Il n'a jamais eu de comportement agressif.
29:31Il n'a jamais eu de comportement violent.
29:33Il ne s'est jamais montré menaçant envers qui que ce soit.
29:36Donc, c'est vrai qu'il a eu cette nuit-là
29:38un comportement qui était en total décalage,
29:40un comportement qui n'était pas dans la norme
29:42de son comportement habituel.
29:43Pénalement irresponsable.
29:45Vous êtes surpris par ce verdict ?
29:47Alors, oui.
29:49Ou c'est dans la logique des choses ?
29:50Alors, dans la logique des choses,
29:51c'est dans une logique des choses.
29:52C'est-à-dire qu'on a une cour d'assises
29:54qui fait face à des experts
29:57qui n'arrivent pas à s'entendre
29:58ni sur le diagnostic,
30:00ni sur l'issue médico-légale.
30:02Donc, finalement,
30:03la cour d'assises prend de la distance
30:05par rapport aux avis expertos
30:07et vont essayer d'y mettre un sens.
30:11Et le sens, c'est quoi ?
30:12C'est qu'on a un passage à l'acte
30:14qui est en total décalage
30:16avec le fonctionnement habituel.
30:18Donc, ça aboutit à une irresponsabilité pénale
30:20pour raisons psychiatriques.
30:22Un nouveau procès en appel un an plus tard.
30:25Andy, la nuit du fils meurtrier.
30:27Un coup de folie ponctuel,
30:29pas quelque chose de durable.
30:30L'enquête de l'heure du crime.
30:32On se retrouve dans un instant sur RTL.
30:35L'heure du crime.
30:36Jusqu'à 15h.
30:37Et un peu plus encore.
30:3914h-15h.
30:41C'est l'heure du crime sur RTL.
30:44Avec Jean-Alphonse Richard.
30:46Au programme aujourd'hui de l'heure du crime,
30:48l'affaire Andy F.
30:49En 2009, âgé de 16 ans,
30:51il a tué encore son père, sa mère,
30:53ses deux petits frères.
30:54Déclaré pénalement irresponsable
30:56aux assises en 2012,
30:58la famille n'accepte pas le verdict.
31:00Il est rejugé un an plus tard.
31:03Jeudi 5 décembre 2013,
31:05Andy F, 20 ans,
31:07se présente devant la cour d'assises
31:09des mineurs des Bouches-du-Rhône
31:10à Aix-en-Provence.
31:11Depuis son acquittement,
31:13il est placé dans l'unité
31:14de malades difficiles
31:15de l'hôpital psychiatrique
31:16de Montfavé,
31:17près d'Avignon.
31:18Dans un rapport,
31:19il est présenté comme un patient
31:21calme, stable,
31:23qui n'a jamais créé d'incident.
31:25L'accusé indique à la cour.
31:26Je pense toujours être irresponsable.
31:29Un psychiatre, explique Andy,
31:31rêverait toujours à ses parents,
31:33vivants et heureux.
31:34Il dit les aimer.
31:35« Ce n'est pas un simulateur »,
31:37affirme une de ses avocates.
31:39La famille est à nouveau incrédule,
31:41persuadée que l'accusé se dissimule
31:43derrière des troubles mentaux imaginaires
31:45pour fuir sa responsabilité.
31:48Dès qu'il s'agit de le questionner
31:50sur des incohérences,
31:51il se tait,
31:52avance une avocate de la famille.
31:54La partie civile insiste
31:56sur les mensonges,
31:57le cynisme de l'accusé.
31:58L'avocat général est d'accord.
32:00« Il a menti sur pas mal de points »,
32:02précise-t-il.
32:02Mais la cour d'assises déclare à nouveau
32:05Andy F.
32:06pénalement irresponsable.
32:09Andy F., de retour à NUMD,
32:12va continuer à suivre son cursus scolaire,
32:15déterminé à devenir un jour ingénieur agronome,
32:18baccalauréat,
32:19deugue, licence.
32:20Six mois après son deuxième acquittement,
32:22l'étau se desserre autour de lui.
32:24Il est désormais plus libre de ses mouvements,
32:26il peut se déplacer
32:27sans être nécessairement accompagné,
32:29indique son avocat,
32:31maître Marc Marozelli,
32:32dans Corse Matin.
32:33Selon lui,
32:34Andy reste fragile,
32:36il a cédé à un coup de folie ponctuel,
32:38mais pas quelque chose de durable,
32:40assure l'avocat.
32:41Le jeune homme va discrètement rejoindre
32:44les bancs de la faculté de sciences
32:46pour valider son master d'agronomie.
32:49Paul Ortoli,
32:53on vous rejoint dans cette heure du crime,
32:54vous êtes en Corse,
32:55et en direct avec nous pour RTL,
32:57journaliste.
32:58Deuxième acquittement,
32:59on a l'impression que c'est un petit peu
33:01copié-collé du premier procès,
33:03et qu'il n'y a pas d'issue,
33:05et qu'on ne saura pas la vérité
33:07dans cette histoire.
33:08Oui, exactement,
33:09les mêmes causes ont produit
33:10les mêmes effets.
33:12La cour d'Aix-en-Provence,
33:14la cour d'assises des mineurs
33:15des Bouches-du-Rhône,
33:16arrive aux mêmes conclusions
33:17que celle un an plus tôt
33:18de celle de Corse-du-Sud.
33:21Le sujet a connu
33:22une dépersonnalisation
33:24et une déréalisation.
33:25Donc, à partir de là,
33:27c'est l'article 122
33:28du Code de procédure pénale.
33:29Une personne ne peut pas être
33:31pénalement responsable
33:32si elle était atteinte,
33:33au moment des faits,
33:34d'un trouble psychique
33:36ou neuropsychique
33:36qui a aboli son discernement.
33:38Donc, à partir de là,
33:39on n'apprend rien
33:40avec ce second procès en appel.
33:42On l'a cru.
33:42On l'a cru, tout simplement,
33:43parce que son avocate va dire
33:45que ce n'est pas un simulateur,
33:46on le croit.
33:47Tout à fait.
33:48Ce n'est pas un simulateur,
33:49en tout cas.
33:50Il est constant
33:50dans ses déclarations.
33:52Il n'y a pas d'avancée
33:54par rapport au premier procès.
33:56Et lui, il reste
33:57sur sa version des faits.
33:59Il maintient, d'ailleurs,
34:01vous l'avez rappelé,
34:02il le dit souvent,
34:03j'aime mon papa,
34:04j'aime ma maman,
34:05j'aime ma famille,
34:06je ne voulais pas les tuer.
34:08Et il reste, quelque part,
34:09toujours dans cet entre-deux.
34:11Docteur Laurent Laillé,
34:12vous êtes avec nous
34:13dans cet crime.
34:15Expert psychiatre,
34:16auteur du livre
34:16Au pays des ombres,
34:17Voyage au cœur de la folie,
34:18qui est paru aux éditions
34:20Mareuil,
34:20et vous racontez,
34:21notamment,
34:22cette histoire dans cet ouvrage.
34:24Alors, vous avez suivi
34:24Andy pendant une dizaine d'années
34:26dans l'immunité de malades difficiles.
34:30Quel souvenir vous avez
34:31de votre première rencontre
34:33avec lui ?
34:34J'ai d'abord le souvenir
34:35de son visage,
34:36qui était encore un visage
34:37de celui d'un adolescent,
34:39presque un pré-adolescent,
34:41et de quelqu'un,
34:42effectivement,
34:43qui cherchait une figure
34:44d'attachement,
34:45c'est-à-dire quelqu'un
34:46avec qui il pouvait
34:47faire confiance
34:48parce qu'il venait
34:49de passer des années
34:50en détention,
34:51donc deux ans de détention,
34:52et qu'il entrait
34:53dans un hôpital psychiatrique
34:54et pas un hôpital psychiatrique
34:55ordinaire,
34:56une unité pour malades difficiles.
34:58Alors, il y a quelque chose
34:59d'étonnant dans votre ouvrage,
35:01moi je l'ai lu,
35:01évidemment,
35:02le chapitre consacré à Andy,
35:04c'est quand vous dites
35:05vous l'interrogez
35:07sur cette nuit,
35:08en tout cas vous allez
35:08tenter de l'interroger,
35:10et ça, ça va vous obséder,
35:12vous dites,
35:13il faut absolument
35:14que j'arrive à savoir
35:15ce qui s'est passé
35:15cette nuit-là,
35:16ça, ça vous a pris
35:17beaucoup de temps ?
35:18Oui, et puis l'avantage
35:20que j'ai peut-être
35:20sur les experts,
35:21c'est que j'ai du temps,
35:23je sais qu'il va passer
35:24plusieurs années
35:24en unité pour malades difficiles,
35:26et donc on a du temps
35:27pour essayer de creuser
35:28la situation,
35:29pour essayer peut-être
35:30de l'aider lui
35:30à creuser la situation,
35:32et donc on va essayer
35:33d'y mettre du sens,
35:35et pour ça,
35:35on va essayer de,
35:37je dis on,
35:37parce que c'est un travail
35:38qu'on fait en commun,
35:39on va essayer de reconstituer
35:40avec lui sa trajectoire,
35:42voir s'il y a des éléments
35:42déclencheurs,
35:43s'il y a des facteurs
35:43précipitants,
35:45et on va essayer
35:46d'aller un petit peu plus loin
35:47dans l'exploration
35:48de la dynamique
35:49du passage à l'acte.
35:50Vous dites aussi
35:50qu'un garçon
35:52qui est fragile,
35:53évidemment on l'a bien compris,
35:54même s'il a tué
35:56effectivement toute sa famille,
35:57alors quand je dis fragile,
35:58c'est toujours un peu paradoxal
35:59de dire ça,
35:59mais il se replie peut-être
36:02à la moindre contrariété,
36:04il se recroqueville,
36:05il ne parle plus,
36:06c'est arrivé.
36:06Alors il se recroqueville,
36:08il adopte une posture défensive,
36:10alors il a quand même été,
36:12j'allais dire,
36:13pendant deux ans,
36:14confronté à des éléments
36:15factuels de la procédure,
36:17et avec des officiers
36:18de police judiciaire,
36:19ou un magistrat instructeur
36:20qui n'a pas pris de gants
36:21pour le mettre face
36:22à des éléments de la réalité,
36:23donc ça aussi,
36:24en réaction,
36:25quand un magistrat instructeur
36:26lui dit...
36:27Mais qui fait son boulot,
36:28qui fait son boulot.
36:29Mais complètement,
36:29tout à fait,
36:30donc d'un côté,
36:31vous avez Andy
36:32qui dit,
36:33ben voilà,
36:33moi,
36:34ce dont je me souviens,
36:35c'est ça,
36:36et le magistrat instructeur
36:37qui lui dit,
36:37ben non,
36:38les éléments du dossier
36:39montrent que vous avez fait ça,
36:40et ces deux logiques
36:42sont inconciliables,
36:44donc qu'est-ce que fait Andy ?
36:45Il n'a pas d'éléments
36:45d'explication,
36:46il ne dit pas qu'il ment,
36:48il ne dit pas que,
36:48etc.,
36:49il dit je ne peux pas,
36:50je ne peux pas concilier
36:53et donc qu'est-ce qu'il fait ?
36:54Il adopte une posture
36:55où il ne dit plus rien.
36:56Oui,
36:56ça ne marche pas,
36:57il s'arrête là,
36:58donc il bloque un petit peu,
37:00alors vous allez le voir évoluer
37:01parce qu'il y a une longue évolution,
37:02une dizaine d'années,
37:03ça fait quand même
37:03beaucoup de temps,
37:05il y a ses études
37:06qui l'occupent beaucoup,
37:07et ça,
37:08il s'y jette un peu
37:08à corps perdu.
37:10Ben à quoi se raccrocher ?
37:11Lorsqu'on est adolescent,
37:13lorsqu'on va commencer
37:14à rentrer dans une vie d'adulte,
37:16dans un milieu
37:17qui n'est pas un milieu
37:18habituel pour évoluer,
37:19c'est un hôpital psychiatrique
37:21avec, parmi les malades
37:22les plus graves en France,
37:24donc comment on se fait sa place ?
37:26Comment on peut poursuivre
37:27un cursus scolaire
37:28à l'intérieur d'un service
37:29complètement fermé,
37:31hermétiquement fermé
37:31avec l'extérieur ?
37:33Et ça,
37:33c'est quelque chose
37:34qui est difficile à organiser.
37:36Paul Hortoli,
37:37un mot là-dessus,
37:38c'est passionnant
37:38ce que raconte
37:39le docteur Laurent Laillet,
37:40cette envie de ce garçon
37:41évident de se jeter
37:42à corps perdu
37:42dans les études et tout.
37:43De l'autre côté,
37:44il y a la famille en Corse,
37:46et là,
37:46eux,
37:46ils suivent ça sans doute de loin,
37:48et ils sont déchirés,
37:49ils ne comprennent pas ?
37:51Oui,
37:51et puis il y a une bataille
37:52qui est en train de se mener aussi
37:53après le second procès,
37:55c'est la question de savoir
37:56si Andief doit être ex-hérédré,
37:59c'est-à-dire s'il doit être déshérité.
38:00Ah oui, bien sûr.
38:01Parce qu'il possède le bien de la maison,
38:03la maison va être en vente,
38:05à ma connaissance,
38:06il n'a pas été déshérité,
38:08et je sais que pendant un moment,
38:10la maison était en vente
38:11dans le journal,
38:12la maison que les gens aux alentours
38:13appellent la maison maudite,
38:15bien sûr.
38:16Et donc,
38:17il y a aussi cette bataille
38:18qui se joue.
38:18Et quelque part,
38:20lui,
38:20il est coupé du monde en fait.
38:22Et il va se reconstruire plus tard,
38:24ailleurs,
38:25dans le sud-est de la France,
38:26mais sans encore une fois
38:28avoir livré
38:29la véritable explication,
38:30le pourquoi
38:31de ce geste.
38:33Donc la famille,
38:34elle reste toujours
38:34dans un grand flou
38:35depuis ces années,
38:37si ce n'est qu'elle a le souvenir
38:38de la violence
38:39de cette tragédie.
38:40Bien sûr.
38:41Une famille
38:42qui n'a jamais pardonné.
38:44Andie,
38:45la nuit du fils meurtrier,
38:46il est dans la société
38:48livrée à lui-même
38:49et potentiellement capable
38:50de réitérer
38:51l'enquête de l'heure du crime.
38:52Je vous retrouve tout de suite
38:53sur RTL.
38:54Dans l'heure du crime,
39:06aujourd'hui,
39:06l'affaire Andy F,
39:07à l'âge de 16 ans,
39:08en Corse,
39:08il a tué à l'été 2009
39:09son père,
39:10sa mère,
39:11ses deux petits frères,
39:12a quitté à deux reprises
39:13car jugé irresponsable.
39:15Il a fini par quitter
39:16l'hôpital psychiatrique,
39:18discrètement réinséré
39:19dans la société.
39:21Andy F,
39:22aujourd'hui,
39:22âgé de 32 ans,
39:23diplômé en agronomie,
39:25travaille dans une société
39:26du secteur agricole
39:28dans le sud-est de la France.
39:29Sa famille a toujours regretté
39:31qu'il ne soit pas condamné
39:32à de longues années de prison.
39:34Les proches
39:35n'ont jamais cru
39:36à sa névrose.
39:37Une de leurs avocates,
39:38maître Alija Faïza,
39:40commente dans la Provence,
39:42Andy,
39:42et dans la société,
39:43livrée à lui-même,
39:44potentiellement capable
39:46de réitérer,
39:47c'est très dur
39:48pour la famille
39:48de le savoir.
39:49Après cinq ans d'enquête,
39:52sept expertises psychiatriques
39:54et deux procès,
39:55personne ne sait pourquoi
39:57Andy F a commis ce massacre.
39:59« J'ai obéi à une force
40:01à laquelle je ne pouvais pas résister »
40:03avait-il dit devant la cour d'assises.
40:05« Aujourd'hui, Andy est très mystérieux.
40:09Il ne veut pas qu'on sache
40:10où il vit.
40:11Il est, on dirait,
40:12isolé de toute sa famille.
40:14La famille n'est pas capable
40:16de lui pardonner.
40:17En revanche,
40:18ils ont du respect pour lui.
40:20Mais avec un drame pareil,
40:22vous ne pouvez pas renouer
40:22des liens forts,
40:24des liens familiaux. »
40:27La voix de maître Alija Faïza,
40:28avocate de Andy,
40:30entendue,
40:31une voix qui était passée
40:33dans l'émission,
40:33« Adolescents et criminels »
40:35au pluriel.
40:37Docteur Laurent Laillet,
40:39pardon,
40:39vous êtes avec nous
40:40dans l'heure du crime,
40:41expert psychiatre.
40:42Vous avez suivi
40:43très longuement Andy,
40:44je l'ai dit,
40:45pendant une dizaine d'années
40:46quand il était en unité
40:47de malade difficile.
40:49Et vous l'avez suivi après
40:50lorsqu'il a,
40:51entre guillemets,
40:52ça c'est le terme des psychiatres,
40:53pris son envol.
40:54C'est-à-dire qu'il a quitté
40:56l'UMD
40:56et puis il a commencé
40:58à faire sa vie
40:58dans la société.
41:00Vous avez continué
41:01à le suivre ?
41:01Oui, mais il y a eu un sas
41:02quand même.
41:02Il n'est pas passé de l'UMD
41:04à l'extérieur.
41:04Pas directement ?
41:05Pas directement.
41:06Il est passé par un service
41:06de psychiatrie classique
41:07et ensuite à l'issue
41:09du service de psychiatrie classique
41:10il a eu des permissions
41:11et à l'issue de ces permissions
41:12il a pu avoir une sortie.
41:13Qu'est-ce qui vous a fait dire
41:14qu'il était inoffensif,
41:17qu'il n'y aurait plus
41:18de risque absolu
41:19de récidive ?
41:20C'est très compliqué
41:21ça à discerner ?
41:22Inoffensif,
41:24en fait,
41:24ce ne sont pas les termes
41:25qu'on emploie,
41:26c'est l'évaluation
41:26de la dangerosité ensuite.
41:28Et c'est vrai
41:29que si on s'en tient
41:30uniquement au passage à l'acte,
41:31on ne peut pas aller plus loin.
41:32Or,
41:32le rôle du psychiatre
41:34c'est d'évaluer
41:35objectivement
41:36les critères de dangerosité.
41:38Et or,
41:38on s'aperçoit
41:39après plusieurs années
41:40que Andy
41:40ne présentait pas
41:42de critères
41:42d'une particulière dangerosité
41:44qu'elle soit psychiatrique
41:46ou criminologique.
41:47Et ces critères,
41:48ils sont connus,
41:49ils sont validés
41:49dans la littérature scientifique
41:50et c'est ceux
41:51qu'on doit utiliser
41:53pour renseigner
41:55un niveau de dangerosité.
41:56Sinon,
41:57on fait une dangerosité
41:58aux doigts mouillés
41:59et ce n'est pas le cas.
42:01Donc,
42:01dans le cas d'Andy,
42:02tous les éléments
42:04étaient réunis
42:05et en plus,
42:05on avait un recul
42:06de plusieurs années
42:06pour montrer
42:07qu'il n'avait jamais eu
42:08de comportement déviant.
42:10Paul Ortoli,
42:11vous êtes notre correspondant
42:13à Corse
42:13pour RTL
42:14et vous êtes en direct
42:15avec nous
42:15dans l'Ordre du crime.
42:17Vous nous accompagnez
42:17depuis le début
42:18de cette émission
42:19pour mieux comprendre
42:20ce qui a pu se passer.
42:22Est-ce que la famille
42:23a des nouvelles d'Andy ?
42:25En tout cas,
42:26on dit qu'il n'est jamais
42:27retourné en Corse.
42:27C'est une certitude.
42:29À ma connaissance,
42:30il n'est jamais retourné
42:30en Corse
42:31et je sais qu'à un moment donné,
42:33il y avait des nouvelles
42:33par avocat interposé.
42:34Je n'en sais pas plus
42:35car il a refait sa vie
42:37comme vous l'avez dit
42:38dans le sud-est de la France
42:39avec un nouveau départ
42:41et finalement,
42:42c'est assez troublant
42:42parce qu'il était normal
42:44ou du moins,
42:44il menait une vie normale
42:45avant les faits.
42:47Il y a eu bien sûr
42:47sa détention provisoire,
42:49son rémission à l'UMD
42:50mais ensuite,
42:51on a l'impression
42:52quelque part,
42:52il a repris une vie
42:53totalement normale
42:54et d'ailleurs,
42:55je sais qu'il n'a pas
42:56changé d'identité.
42:57Il aurait pu faire changer
42:58son nom
42:59même si,
43:00et vous avez raison
43:01de le protéger
43:01parce qu'il était mineur
43:02au moment donné,
43:02son identité,
43:04elle n'a pas été divulguée
43:04dans cette émission
43:05mais elle est sortie
43:06dans la presse.
43:06Elle apparaît dans la presse.
43:08Et donc,
43:09on pourrait se dire
43:10aujourd'hui,
43:11on peut googliser
43:12une personne
43:13avant de l'employer
43:14et lui,
43:14il n'a pas fait cette démarche
43:16pour qu'on l'oublie
43:16comme si quelque part,
43:18il avait eu le droit aussi
43:19de recommencer sa vie,
43:20qu'il avait ce droit à l'oubli,
43:21et qu'il avait le droit
43:22de recommencer
43:23et d'avoir un nouveau départ.
43:25C'est le docteur Laurent Laillet,
43:27c'est étonnant
43:27ce que dit Paul Hortoli
43:28parce que ça,
43:28j'ignorais,
43:29je ne savais pas
43:29qu'il avait gardé son nom
43:30mais après tout,
43:31il a continué sa vie
43:33pas comme avant
43:34mais en tout cas
43:35dans les mêmes conditions.
43:36Alors,
43:36dans les mêmes conditions,
43:38pas exactement
43:38puisqu'il est quand même
43:39rejeté de toute sa famille,
43:40il est orphelin
43:41mais ce drame,
43:44alors c'est un drame
43:44dont il est responsable
43:46et il le dit,
43:47appartient à son histoire.
43:49Donc,
43:49il n'efface pas ce drame.
43:50C'est son histoire.
43:51Ça reste son histoire
43:52et d'ailleurs,
43:53dans les premières années
43:54de faculté,
43:56lorsqu'il a côtoyé
43:58pour la première fois
44:00autre que des malades psychiatriques
44:02puisqu'il a des élèves
44:04comme lui
44:04qui étaient dans le même cursus,
44:06il ne s'est jamais caché
44:07de son histoire.
44:08Donc,
44:09c'est quelque chose
44:09qui fait partie de lui.
44:10Une question
44:11qui est un peu étonnante
44:14mais il tue
44:15ses parents
44:17puis ensuite
44:18il tue ses petits frères.
44:19Ils ont 10 ans,
44:20les jumeaux.
44:20Effectivement,
44:22on peut se poser la question
44:23pourquoi il ne s'est pas arrêté
44:24avant ?
44:25Pourquoi
44:25quand il tue ses parents,
44:27pourquoi il n'y a pas eu
44:28un déclic
44:28lumière
44:30qui s'est allumé,
44:31un stop
44:31mais il a continué ?
44:33Comment c'est explicable ?
44:34Alors,
44:34c'est explicable
44:35premièrement
44:37par le phénomène
44:37de dissociation
44:39et ce phénomène
44:40de dissociation
44:41c'est-à-dire
44:41qu'à un moment donné
44:42les émotions
44:43sont coupées
44:44des cognitions
44:45et il y a quelque chose
44:46qui se poursuit
44:47de manière automatique
44:49et ça
44:49c'est quelque chose
44:50qui décrit bien
44:50et qui est extrêmement
44:51difficile
44:52j'allais dire
44:53à manipuler
44:54ou à mimer.
44:56Il décrit
44:56un phénomène
44:57de dissociation
44:57et il le décrit
44:58comme dans un livre.
45:00Or,
45:00il n'a jamais
45:01auparavant
45:02été sensibilisé
45:03au phénomène
45:04de la dissociation.
45:05C'est ça,
45:05il n'a pas lu
45:06des manuels
45:07sur la psychiatrie
45:08etc.
45:08Il n'est pas là-dedans.
45:10Mais l'énigme qui reste
45:11est-ce qu'il s'est dissocié
45:12avant le passage à l'acte ?
45:13Est-ce qu'il s'est dissocié
45:14pendant le passage à l'acte ?
45:16Ou est-ce qu'il s'est dissocié
45:16après le passage à l'acte ?
45:18Et ça,
45:19ça déterminerait
45:20une orientation
45:22médico-légale
45:23complètement différente.
45:24Paul Ortoli,
45:25toute petite question
45:26petite réponse
45:27on arrive au bout
45:27de l'émission
45:28en Corse
45:29c'est une histoire
45:30qui fait encore
45:31beaucoup parler
45:32je pense
45:32qui a meurtri
45:33beaucoup votre île.
45:35Oui c'est une histoire
45:36effectivement
45:36qui a marqué
45:37l'opinion publique
45:38parce que
45:39tout le monde
45:39se pose des questions
45:40et le problème
45:41le but d'un procès
45:43quand on juge
45:44c'est de comprendre
45:44et là
45:45on n'a pas compris
45:47de procès
45:47ce qu'il en était.
45:48On n'a pas compris
45:49ce qu'il s'est exclué.
45:49Il faut s'en tenir
45:50à une vérité judiciaire
45:51qui est malheureusement
45:51imparfaite
45:52et un flou psychiatrique
45:54je dirais
45:54autour de cette affaire.
45:56Oui docteur Laurent Laillet
45:57vous êtes d'accord avec ça ?
45:59Est-ce que vous
45:59vous avez compris
46:00ce qui s'est passé ?
46:01Alors
46:01j'ai pas compris
46:02et j'ai accepté
46:03de ne pas comprendre.
46:04C'est ça
46:05parce que
46:05parfois on ne peut pas
46:07expliquer l'inexplicable
46:08c'est bien ça ?
46:09C'est ça
46:09ça n'empêche pas
46:09d'accompagner.
46:11Merci beaucoup
46:12docteur Laurent Laillet
46:14et Paul Ortoli
46:15d'avoir été
46:16tous les deux
46:16les invités
46:17de l'ordre du crime.
46:17Merci à l'équipe
46:18de l'émission
46:19rédactrice en chef
46:20Justine Vigneault
46:21préparation
46:21Lisa Canales
46:22Pauline Dessillon
46:23réalisation
46:24réalisation
46:24Désolas
46:25Jنا
46:25européen
46:26d'orp
46:27rédactrice
46:27et
46:29llev Steam
46:292
46:29une
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