Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 5 mois
Magali Blandin, mère de famille, quatre enfants. Une femme en danger, molestée, humiliée par un mari bien sous tous rapports. Elle avait écrit ses craintes, imaginé le scénario de sa fin. Sa soudaine disparition va révéler le plus machiavélique des féminicides. L'époux avait organisé le crime parfait. Un meurtre en famille, où ses parents seraient complices. "Pas de preuve , pas d'affaire" résumait-il
Retrouvez tous les jours en podcast le décryptage d'un faits divers, d'un crime ou d'une énigme judiciaire par Jean-Alphonse Richard, entouré de spécialistes, et de témoins d'affaires criminelles.

Catégorie

🗞
News
Transcription
00:0014h15 c'est l'heure du crime sur RTL
00:05Jean-Alphonse Richard
00:06Le corps de Magali Blandin a été retrouvé, cette mère de 4 enfants âgés de 42 ans avait disparu le 11 février dernier à côté de Rennes.
00:14Son mari était suspecté et il a avoué finalement au garde à vue.
00:19Bonjour, Magali Blandin était mère de 4 enfants, une femme en danger, humiliée, menacée par son mari.
00:26Dans un carnet, elle avait écrit ses craintes, elle pressentait que le pire allait arriver, elle ne se trompait pas.
00:33En secret et en silence, l'époux préparait le plus machiavélique des scénarios pour l'éliminer.
00:38Un meurtre écrit à plusieurs mains, en famille, ce devait être le crime parfait.
00:44Magali Blandin, la femme qui devait mourir, l'heure du crime, la seule émission radio 100% fait d'hiver, c'est tout de suite sur RTL.
00:56Vendredi 12 février 2021, dans l'après-midi, Aurélie, une collègue de travail de Magali Blandin, contacte la gendarmerie.
01:06Les deux femmes se connaissent bien, toutes deux éducatrices spécialisées dans une association installée à Rennes.
01:12Aurélie explique que Magali n'est pas venue chercher ses 4 enfants, 4, 7, 12 et 14 ans à l'école.
01:19Ça ne lui ressemble pas, sa collègue est toujours très ponctuelle.
01:24Même si les routes sont mauvaises et enneigées, elle serait venue à l'école.
01:29Magali, qui est en instance de divorce, à ce week-end, la garde des enfants.
01:35Les gendarmes de Montfort-sur-Meux prennent au sérieux la disparition de Magali Blandin, 42 ans, 1,50 m, très souriante, cheveux mi-longs, presque blonds.
01:46Ils apprennent que la veille, elle ne s'est pas présentée chez sa psychologue.
01:51Elle avait pourtant rendez-vous à 10 heures.
01:54Son mari, Jérôme Gaillard, 45 ans, est contacté.
01:58Il vit à quelques kilomètres dans une longère familiale.
02:02Il est surpris que son épouse soit absente.
02:05Il a ses mots, ce n'est pas normal, même si nous sommes en bataille pour la garde et le divorce, c'est une très bonne mère.
02:12Lundi 15 février, une enquête pour disparition inquiétante est ouverte au parquet de Rennes.
02:19Un témoin croit avoir aperçu Magali Blandin sortir de chez elle le jeudi 11 vers 10 heures du matin.
02:27Elle semble être partie avec ses papiers d'identité, sa carte bancaire, ses deux téléphones portables.
02:33Selon le bornage d'un appareil, elle s'est dirigée vers le nord.
02:36Une zone de pocage, d'étang, peut-être est-elle partie pour se promener ?
02:42180 gendarmes, des volontaires, des hommes grenouilles, un hélicoptère, un chien renifleur ratissent le secteur.
02:48Aucune trace de Magali.
02:50Le mari, Jérôme Gaillard, qui ne cache pas être en conflit avec sa femme pour le divorce, ne participe pas aux recherches.
02:58Placé tout de suite sur écoute, on l'entend un jour s'exclamer.
03:01Pourquoi s'est-elle barrée ? Pourquoi il y a trop de détraqués, trop de cinglés dans ce monde ?
03:09Ce n'est pas possible, ce n'est pas logique, c'est incompréhensible.
03:13Les gendarmes relient la disparition au contexte tendu qui règne au sein du couple, 5 mois avant de s'évaporer.
03:20Magali Blandin a déposé plainte pour violence contre Jérôme Gaillard.
03:25Elle décrit un climat d'agressivité qui dure depuis des années.
03:28En décembre 2019, son mari s'en est pris à elle, car elle fumait une cigarette sur le pas de la porte.
03:35Il lui a ordonné de rentrer et d'aller se laver.
03:37Elle a refusé, il l'a aspergée avec un désinfectant pour chaussures.
03:42Elle s'est mise à suffoquer.
03:44La scène s'est reproduite au mois de mars.
03:46Jérôme l'a poussée, violemment, en arrière.
03:48Sa tête a heurté le bitume.
03:51Depuis des mois, violence, intimidation sont quasi quotidiennes.
03:55A deux reprises, il m'a écrasé le pied avec sa chaussure de sécurité.
03:59Dès qu'il passe, il faut que je me range.
04:02C'est à moi de l'éviter.
04:04Le mari l'a menacé de mort de manière déguisée.
04:07Jérôme Gaillard, entendu le lendemain du dépôt de plainte, qualifie d'archi faux, mensonger les propos de Magali.
04:13Ils vivent désormais chacun de leur côté.
04:15Pour la disparition, il a un alibi.
04:17A cette heure-là, il était chez lui, après avoir déposé les enfants à l'école.
04:21Et pour preuve, il a utilisé son portable.
04:24Il a fait des recherches sur son ordinateur.
04:26A son domicile, activité confirmée par la téléphonie.
04:30Au sujet de Magali, il déclare.
04:32Elle est la mère de nos enfants.
04:34Je n'ai aucune animosité envers elle.
04:36Je l'aime.
04:37Je suis un mec droit dans mes bottes.
04:40Un mari droit dans ses bottes, tout de suite suspect, mais qui a un alibi.
04:46A ce stade, rien ne le relie formellement à la disparition de Magali Blandin.
04:49Le couple se déchirait, mais rien ne dit que le mari ait voulu se débarrasser aussi brutalement de la mère de ses enfants.
04:57Mais un événement va bientôt bouleverser le dossier.
04:59On va le voir, on va le suivre dans l'heure du crime.
05:03Dans le chapitre suivant, il y a donc tout d'abord cette étrange disparition.
05:09Bonjour Valentin Jandreau.
05:10Bonjour.
05:11Merci beaucoup d'être avec nous aujourd'hui dans le studio de l'heure du crime.
05:15Vous êtes journaliste et vous êtes l'auteur de ce livre.
05:18Un jour, ça finira mal.
05:20Publié aux éditions Stock.
05:22Disponible en librairie dès demain, le mercredi donc 3 septembre.
05:26Merci de nous donner la primeur de votre ouvrage.
05:30Il faut absolument lire ce livre.
05:31Je ne le dis pas pour vous flatter, Valentin Jandreau, parce que c'est passionnant, c'est très bien écrit.
05:36Et c'est un livre qui donne tout bonnement le vertige.
05:39Vous racontez évidemment l'histoire qui est arrivée à Magali.
05:43Et je précise que vous êtes le cousin germain de Jérôme Gaillard.
05:48Donc vous connaissez parfaitement cette famille.
05:50Et vous y êtes entré dans cette famille pour décrire évidemment le pire, cette étrange disparition.
05:57On va y venir au pourquoi, pourquoi vous avez écrit cet ouvrage.
06:00Mais Valentin Jandreau, tout de suite une question.
06:02Magali disparaît, mais personne ne croira à sa disparition.
06:07Elle aime ses enfants, elle n'est pas très bien dans son couple, mais en tout cas elle veut être bien dans sa vie, elle a des projets.
06:14Ça ne tient pas, il n'y a rien qui tient là-dedans.
06:17Lorsque l'annonce de la disparition de Magali est officielle et qu'elle est relayée par les médias locaux,
06:23moi j'habite à Paris déjà et je reçois un coup de téléphone de ma mère.
06:29Elle me dit, Magali a disparu, c'est lui, c'est forcément lui.
06:33Tout de suite ?
06:33Tout de suite, ça c'est l'avis de ma mère au moment où elle m'appelle et c'est aussi le mien immédiatement.
06:38Qui d'autre pourrait s'en prendre à elle ?
06:39Personne d'autre que lui, personne d'autre, absolument personne.
06:42Mais qu'est-ce qui vous fait penser à ça ?
06:44Dans la famille vous savez que c'est quelqu'un qui peut être par exemple violent, impulsif, jaloux, je ne sais pas.
06:49Est-ce que vous avez des indices qui vous permettent de dire ça ?
06:52C'est quelqu'un qui n'a jamais montré sa violence devant moi.
06:57Moi je n'ai jamais assisté à ça.
06:58Mais par contre, c'est quelqu'un qui veut être flamboyant, c'est quelqu'un qui fait le malin,
07:03c'est quelqu'un qui est parfois bizarre, qui peut avoir des comportements étonnants.
07:07Et c'est quelqu'un qui veut être sur le devant de la scène toujours.
07:12Mais quand on sait qu'elle a disparu, évidemment moi je pense à lui.
07:18Oui, parce qu'elle, c'est la bienveillance incarnée cette femme.
07:21C'est-à-dire qu'elle n'a pas d'ennemis dans sa vie, c'est évident.
07:24Ça se voit sur son visage.
07:25Elle est très souriante, on voit les photos de Magali, c'est étonnant, c'est un rayon de soleil.
07:30Oui, et puis quiconque l'a connue sait que cette femme était la bienveillance incarnée.
07:38Elle ne voulait absolument pas le mal, absolument pas.
07:41Encore un mot, Valentin Gendreau.
07:44Dans votre ouvrage, vous retranscrivez la déposition de Magali lorsqu'elle vient déposer plainte.
07:51J'ai lu quelques plaintes de déposition de victimes.
07:54Celle-ci, elle est effarante.
07:56Parce qu'effectivement, elle donne parfaitement la mesure d'un scénario terrifiant qui va arriver.
08:03Elle décrit point par point, non pas sa peur,
08:05mais elle dit point par point, de manière presque clinique, ce qui peut lui arriver.
08:11Elle est extrêmement factuelle dans sa plainte.
08:13Elle prend tous les éléments depuis qu'elle connaît Jérôme, c'est-à-dire depuis 1996.
08:19Devant les gendarmes, elle va expliquer point par point toutes les violences qu'elle a subies depuis 1996.
08:26Vous en avez parlé au début de l'émission, le désinfectant pour chaussures par exemple,
08:30mais aussi des violences psychologiques, des coups,
08:36le fait que parfois, elles doivent dormir sur le canapé du salon
08:39parce qu'ils ne veulent plus d'elles dans le lit conjugal, des choses comme ça.
08:43Et le livre que j'ai écrit, je l'ai écrit pour deux raisons.
08:50Pour montrer la reproduction de la violence dans ma famille,
08:53mais aussi pour pointer du doigt notre responsabilité collective.
08:57La responsabilité, elle est pour les gendarmes
09:01qui n'ont pas réussi à voir que cette femme était...
09:04A détecter, c'est ça ?
09:05Absolument, à détecter le fait que Magali était en danger au moment où elle a déposé plainte.
09:10Et puis aussi, et ça je le montre dans le livre,
09:13pour d'autres moments où Jérôme a été violent vis-à-vis d'elle, devant témoin.
09:18C'est ça.
09:19Bonjour Emy Bas.
09:21Bonjour.
09:22Merci beaucoup d'être avec nous également dans l'heure du crime.
09:24Justement, je rebondis sur ce que dit Valentin Gendrot,
09:27parce qu'évidemment, ça vous occupe beaucoup.
09:28Vous êtes présidente de l'association Nous Toutes.
09:31Vous recensez les féminicides en France.
09:33Alors, je vais donner une date et un chiffre.
09:35Le 26 août, là, ça vient, c'est tout juste, c'est tout récent.
09:39En France, 103 féminicides.
09:42Depuis le début de l'année, il y en a à peu près 140,
09:45on a toujours de ce chiffre, chaque année en France.
09:51Magali, cet exemplaire, elle a parlé, elle a déposé plainte,
09:54mais on ne l'a pas entendue, c'est ça Emy Bas ?
09:57Oui, et c'est ça le problème, et c'est effectivement ce qui a été dit,
10:01c'est la responsabilité collective.
10:03C'est-à-dire que les féminicides sont en fait en haut de la pyramide,
10:11des violences patriarcales, qui sont des violences systémiques.
10:14Et il y a une défaillance institutionnelle pour prendre en charge ces féminicides.
10:21Et ce qui est terrible avec Magali,
10:24et ce qui est terrible avec ces 103 féminicides cette année,
10:28c'est que ces morts auraient pu, elles auraient dû être évitées.
10:32Et qu'aujourd'hui, je le dis, je l'assume, c'est un choix politique
10:37que de ne pas mettre des moyens à la hauteur des violences
10:42pour éviter ces féminicides, pour les endiguer.
10:48Je comprends bien ce que vous dites.
10:49Alors, je modère juste un petit peu ce que vous dites,
10:51parce que, fréquentant beaucoup de gendarmes, de policiers,
10:54je sais qu'il y a des formations aujourd'hui qui sont plus adaptées,
10:57et que les gens font beaucoup plus d'efforts.
10:58Mais on va continuer à en parler au fil de cette émission,
11:01qui est là aussi pour, non pas dénoncer,
11:05mais en tout cas pour montrer une situation qui est catastrophique.
11:08Tous ces féminicides ne devraient pas se produire.
11:12Un mari qui a tout prévu,
11:14mais qui va se jeter lui-même dans la gueule du loup.
11:18Magali Blandin, la femme qui devait mourir.
11:20J'aime mon épouse plus que tout,
11:22mais je n'ai pas d'autre choix que de la tuer.
11:24L'enquête de l'heure du crime.
11:25On se retrouve dans un instant sur RTL.
11:27Au programme aujourd'hui de l'heure du crime,
11:42la disparition de Magali Blandin.
11:44Cette mère de famille est introuvable.
11:46Depuis la mi-février 2021, son divorce passait mal.
11:50Elle se plaignait de violence.
11:51Le mari a un solide alibi,
11:53mais il fait toujours figure de suspect.
11:56Rebondissement, un mois plus tard.
11:57Jeudi 4 mars 2021,
12:01Jérôme Gaillard, époux de Magali Blandin,
12:03se présente devant le juge d'instruction rennais,
12:06David Benichoux, contre toute attente.
12:09Il ne vient pas s'informer de l'enquête
12:11sur la disparition de sa femme,
12:13mais il veut dénoncer une tentative de chantage,
12:15d'extorsion de fonds.
12:17Explication.
12:18Ses parents, Jean et Monique Gaillard,
12:21ont trouvé dans leur boîte aux lettres
12:23une grande enveloppe Kraft.
12:24À l'intérieur, une demande de 15 000 euros.
12:28Sinon, leur fils sera dénoncé
12:30comme le meurtrier de son épouse.
12:32Une clé USB jointe au dossier.
12:35On y entend la voix de Jérôme Gaillard
12:38qui prononce ces trois phrases.
12:39Si la famille de Magali apprend ça,
12:42je suis détruit.
12:43J'aime ma femme, plus que tout,
12:45mais je n'ai pas d'autre choix que de la tuer.
12:47Et encore, ça doit se passer un mercredi
12:49car j'ai mes quatre enfants.
12:52Le mari dit avoir brûlé la lettre,
12:54mais les parents en ont reçu une deuxième.
12:57Jérôme Gaillard raconte que sous l'effet de la colère,
13:00il a pu prononcer ses mots,
13:01enregistré à son insu,
13:03mais il s'est repris,
13:04il n'a rien fait à Magali.
13:05Il sait qui a envoyé les lettres
13:08des géorgiens qui trafiquent des voitures
13:10et à qui ils louent des hangars.
13:12Dix jours plus tard,
13:13les policiers du RAID
13:14arrêtent cinq géorgiens,
13:16quatre hommes, une femme.
13:17L'un d'eux explique que le mari
13:19leur avait proposé 20 000 euros
13:22pour qu'il fasse disparaître sa femme.
13:25Ils ont refusé,
13:26mais ils en ont profité pour le faire chanter.
13:30Jeudi 18 mars,
13:32Jérôme Gaillard est placé en garde à vue
13:33devant le colonel Florian Manet
13:35et les gendarmes de la section de recherche de Rennes.
13:38Il se dit étranger à la disparition de Magali.
13:41Après plus de 24 heures de garde à vue,
13:44Jérôme Gaillard passe aux aveux.
13:45Il déclare que son épouse repose dans un trou
13:48qu'il a lui-même creusé,
13:50rempli de chaux,
13:51dans un sous-bois à bois gervilis,
13:53à deux kilomètres de chez lui.
13:55La dépouille est retrouvée dans les heures qui suivent.
13:58Samedi 20 mars,
13:59Jérôme Gaillard raconte en détail
14:01le scénario du crime.
14:02Le jeudi 11 février au matin,
14:04il a conduit les enfants à l'école.
14:06Il est passé ensuite au domicile de Magali.
14:08Il a attendu dans le couloir.
14:11Quand elle est sortie,
14:12elle a poussé un cri.
14:13Il l'a frappé au visage
14:15avec une batte de baseball.
14:16Il a redonné un coup pour l'achever.
14:19Il a laissé le corps dans l'appartement.
14:21L'après-midi, il est rentré chez lui.
14:23Il a brûlé la batte de baseball,
14:24la carte bancaire,
14:25les papiers de Magali.
14:26Le soir, alors que les enfants dormaient,
14:29il est retourné au domicile de la victime.
14:31Il se souvient avoir retrouvé Magali
14:33avec un visage qui ressemblait
14:35à un masque funéraire.
14:37Il l'a totalement dévêtue.
14:39Il a nettoyé l'appartement à la Javel.
14:41Il l'a chargée à bord d'une vieille voiture,
14:44achetée en liquide aux Géorgiens.
14:45Il l'a enterrée le lendemain.
14:48Il a rapporté la voiture aux Géorgiens.
14:49Il leur a demandé de détruire l'auto
14:51en leur disant qu'il avait heurté un cerf
14:54et ne voulait pas d'ennuis avec les gendarmes.
14:59Jérôme Gaillard raconte
15:00qu'il avait informé ses parents
15:02de son intention de tuer Magali
15:05le jour de Noël.
15:07À la fin du déjeuner,
15:08il leur a annoncé
15:09« Ma décision est prise.
15:11Les parents n'ont pas protesté.
15:13Ils se sont résolus à cette idée. »
15:15Jean, le père,
15:16a même accepté d'aider son fils.
15:18Le matin du meurtre,
15:19il est allé chez Jérôme.
15:20Il a utilisé l'ordinateur et le téléphone
15:22pour faire croire que c'est lui qui était là
15:24alors que son fils
15:26tuait au moment même Magali.
15:30Les parents ont toujours gardé le silence.
15:32Monique et Jean sont mis en examen
15:33pour complicité de meurtre.
15:35Ils sont écroués.
15:39Un crime en famille
15:40et c'est peut-être le volet
15:41le plus spectaculaire de cette affaire.
15:42On va voir dans la suite de l'émission
15:44comment s'est articulé ce complot familial
15:46et qui a fait quoi.
15:48Des aveux, certes,
15:49mais à ce stade,
15:50l'enquête ne fait que
15:51démarrer.
15:53Finalement, Jérôme Gaillard,
15:54il s'est jeté lui-même
15:55dans la gueule du loup
15:56et il est venu voir le juge
15:58en lui racontant
15:59de façon honnête d'ailleurs,
16:01tout à fait honnête,
16:02cette tentative d'extorsion de fond.
16:05Valentin Gendrot,
16:05vous êtes avec nous
16:06dans cette émission.
16:08Invité de l'heure du crime,
16:09journaliste,
16:10auteur du livre
16:10« Un jour, ça finira mal »
16:12publié aux éditions Stock
16:13et il va être disponible
16:15ce livre dès demain
16:16en librairie.
16:18Je rappelle que vous êtes
16:18le cousin germain
16:19de Jérôme Gaillard.
16:20Jérôme Gaillard,
16:21c'est l'homme qui vient
16:22d'avouer le meurtre
16:23de sa femme.
16:24Il est allé voir le juge.
16:26Alors, soit il n'est
16:27pas très clairvoyant,
16:30soit finalement,
16:31il a voulu montrer
16:33qu'il était pour rien
16:33dans cette histoire
16:34et il s'est projeté lui-même
16:35chez le juge.
16:36En tout cas,
16:37il est venu dire
16:37qu'on le menaçait de chantage.
16:39On allait dire
16:40que c'était lui
16:40qui avait tué sa femme
16:41mais lui, il n'a rien fait.
16:41C'est ça qu'il raconte au juge.
16:43Avouez que ce n'est pas très commun
16:45un meurtrier
16:46qui va se dénoncer
16:47à un juge d'instruction.
16:49Il y a l'autre hypothèse,
16:50ce serait de penser
16:50qu'il était là aussi
16:52animé de toute puissance
16:53et qu'il s'est dit
16:53qu'il allait pouvoir
16:54réussir à manipuler
16:56un juge d'instruction,
16:57que le juge d'instruction
16:58pourrait le croire
16:59sur parole,
17:00qu'il n'avait absolument
17:01rien à voir là-dedans.
17:02Évidemment,
17:03c'est ce qui va causer sa perte
17:04à Jérôme
17:06d'aller voir le juge
17:07et de dire
17:07bah oui,
17:08je suis victime
17:08de tentatives de chantage.
17:12Voilà.
17:12Et vous voyez,
17:13je viens vous voir,
17:14c'est bien la preuve
17:14que je n'ai rien fait.
17:15C'est un peu ça, oui.
17:16C'est à peu près
17:17ce que ça démarche.
17:18A priori,
17:18on peut l'analyser
17:19comme ça.
17:21Alors,
17:22il y a cette garde à vue
17:22qui n'est pas inintéressante
17:24de Jérôme Gaillard
17:25parce qu'au début,
17:25il fait face.
17:27Il tient bien la mesure même
17:28parce que jusqu'à présent,
17:30il faut nous dire
17:30un mot là-dessus,
17:31Valentin Gendrot,
17:31et vous l'écrivez
17:32dans votre livre
17:32un jour,
17:33ça finira mal,
17:34Jérôme a tué Magali.
17:37Il a tenu le choc
17:39en quelque sorte.
17:40Il donnait le change.
17:41Magali,
17:42je l'aime,
17:42je ne comprends pas.
17:43C'est une bonne mère,
17:44elle est partie,
17:44mais qu'est-ce qui se passe ?
17:45Même sur les écoutes
17:47parce que je pense
17:47qu'il sait qu'il est écouté.
17:49Donc,
17:49il fait très attention.
17:52Jérôme,
17:52c'était quelqu'un
17:52qui était marginal
17:53au moment où c'est arrivé
17:54en 2021.
17:55C'est quelqu'un
17:56qui ne travaille plus
17:57depuis des années
17:57et qui a raté sa...
18:00qui est passé à côté
18:01de son rêve
18:01de devenir acteur.
18:03Et il a toujours été
18:05en quête
18:06d'écrire un scénario
18:07où il est question
18:07de crimes parfaits.
18:09J'imagine qu'on va revenir
18:11sur ce point-là plus tard,
18:12mais au moment où
18:13180 gendarmes
18:16d'Ille et Vilaine
18:17sont à la recherche
18:17de Magali,
18:18il sait lui,
18:19évidemment,
18:19qu'il sera placé
18:20sur écoute.
18:21Il est le mari,
18:22ils sont en situation
18:23d'instance de séparation,
18:25de divorce.
18:26Dans la grande majorité
18:27des cas,
18:28quand une femme disparaît,
18:29c'est souvent
18:30dans la sphère familiale
18:31que l'auteur des faits
18:32se trouve.
18:33Donc,
18:34évidemment,
18:34qu'il sait
18:34qu'il est sur écoute.
18:35Évidemment,
18:36qu'il va essayer
18:37d'embobiner
18:38les enquêteurs.
18:40Et c'est un...
18:41Au moment où je me suis
18:42procuré le dossier
18:42d'instruction,
18:43j'ai retrouvé un peu
18:44le Jérôme que je connaissais,
18:45c'est-à-dire ce Jérôme
18:46qui est capable
18:46d'être un peu
18:48grande gueule
18:50pour parler trivialement,
18:52qui est capable
18:53d'être flamboyant
18:54et qui se prend
18:55vraiment pour celui
18:56qui n'a jamais été.
18:57C'est un raté,
18:58Jérôme.
18:58Oubliez ça.
18:59Et sûrement un peu
19:00paranoïaque aussi.
19:02Vous l'avez dit,
19:03un mot là-dessus.
19:03Il est très passionné
19:05d'histoires criminelles.
19:06Il feuillette tout ça.
19:07Il écrit des scénarios.
19:08Il pense qu'il va être
19:09un jour un très grand cinéaste.
19:11Ce n'est pas le cas.
19:12Vous l'avez dit,
19:12il a raté cette carrière.
19:13Il a raté beaucoup de choses
19:14dans sa vie.
19:16Là,
19:16il est persuadé
19:17d'avoir fait une œuvre
19:18en quelque sorte,
19:19au point de mettre
19:20ses parents dans la boucle.
19:22C'est-à-dire qu'en gros,
19:23il a des complices
19:24et ce sont ses parents.
19:25Il peut avoir confiance
19:25en ses parents.
19:27Oui,
19:27il peut avoir confiance
19:27dans ses parents.
19:28Ça, il n'y a aucun problème.
19:29On peut aller plus en détail
19:30sur le pourquoi
19:31est-ce que Magali a été tuée.
19:33Elle a été tuée
19:34pour l'argent, Magali.
19:36Au moment où
19:37ils ont acheté
19:38leur maison,
19:40la maison dans laquelle
19:41ils vivaient,
19:42ils ont racheté la maison
19:43aux parents de Jérôme,
19:44Jean et Monique,
19:45qui étaient une ferme.
19:47Ils l'ont achetée ensemble,
19:48cette maison.
19:48Au moment où Magali
19:49décide de quitter le foyer,
19:51la maison est estimée
19:52à peu près à 250 000 euros.
19:55Si elle divorce,
19:56elle va récupérer
19:57la moitié des biens,
19:58125 000 euros.
20:00Jérôme n'a pas les moyens
20:00de payer 125 000 euros.
20:03Il veut garder cette maison.
20:04Il veut garder cette maison.
20:05C'est la troisième génération
20:06de gaillards
20:07à vivre là
20:08parce qu'ils ont des enfants.
20:10C'est prévu
20:11que la quatrième arrive.
20:12C'est particulièrement cynique.
20:13C'est particulièrement cynique.
20:15C'est particulièrement
20:16la reproduction
20:16de la propriété.
20:19Voilà.
20:20Qui passe par les hommes,
20:21pas par les femmes.
20:22Effectivement.
20:23Alors là,
20:23il y a cette explication
20:25mais qui est encore plus
20:26terrifiante
20:26parce que là,
20:27il y a une froideur terrible.
20:29D'ailleurs,
20:29il est d'une froideur terrible,
20:31Jérôme Gaillard.
20:31Il ne va jamais rien regretter
20:33d'ailleurs.
20:33Jamais, jamais, jamais
20:34il regrettera son geste.
20:37Amy Barr,
20:37vous êtes avec nous
20:38dans cette heure du crime,
20:39présidente de l'association
20:40Nous Toutes.
20:41Évidemment,
20:42vous luttez
20:42contre les féminicides.
20:43Vous les recensez,
20:44ces féminicides,
20:45en France.
20:46Il y a beaucoup de personnes
20:47qui auraient pu alerter
20:48les autorités.
20:50Même si vous dites
20:51que les autorités,
20:51bon,
20:52elles ont reçu cette plainte,
20:53elles étaient alertées.
20:53Il y a beaucoup d'autres personnes
20:55qui auraient pu venir témoigner
20:56mais c'est souvent le silence
20:57dans les féminicides.
20:59C'est souvent un silence
21:00effectivement
21:01qui mène à la mort.
21:03Alors,
21:03je tiens à rappeler déjà
21:04qu'une femme sur trois
21:06qui a été assassinée
21:07avait déjà porté plainte.
21:09Et effectivement,
21:11j'en rappelle
21:11à la responsabilité collective,
21:13c'est-à-dire
21:14les voisins,
21:15les amis,
21:16celles et ceux
21:16qui voient des choses.
21:18On parlait tout à l'heure
21:20que peut-être
21:21que Jérôme Gaillard
21:22auraient tué sa femme
21:24pour une question
21:25d'argent.
21:26Ce qui,
21:27bon,
21:27déjà,
21:29renvoie la femme
21:30à un objet.
21:31Mais au-delà de ça,
21:32il y a quand même
21:33eu des violences conjugales
21:34pendant
21:35près de 15 ans.
21:37Et donc,
21:38c'était
21:39l'aboutissement
21:40final.
21:42Et je pense
21:44que
21:44Magali
21:45a été
21:45très responsable.
21:47Elle a alerté
21:48les autorités.
21:49Bien sûr.
21:49Et je pense que
21:50là,
21:51il y a des faillances.
21:52c'est qu'il y aurait
21:53dû avoir
21:54une réaction
21:56de protection.
21:57Il y aurait dû,
21:58voilà,
21:58avoir tête mort
21:59aurait dû être évité.
22:00Je le répète.
22:02Et c'est vraiment
22:03un drame,
22:05sachant notamment
22:06que
22:06Jérôme Gaillard
22:08parle souvent
22:09de ses enfants,
22:10mais il a quand même
22:11dit à ses enfants
22:12qu'il allait tuer
22:13leur mère.
22:14Et
22:14cette complicité
22:16des parents
22:18de Jérôme Gaillard
22:19témoigne bien
22:21du fait que
22:22les féminicides
22:23sont une histoire
22:25de la sphère privée.
22:26Et malheureusement,
22:28l'État ne s'investit
22:29pas assez
22:30dans la sphère privée.
22:30Et on va y rester
22:31sous cette sphère privée
22:32qui anime
22:33toute cette émission
22:34des parents soumis
22:35aux béissants
22:36qui versent
22:3650 000 euros
22:38pour que Jérôme
22:38parvienne à ses fins.
22:40Magali Blandin,
22:41la femme qui devait mourir,
22:42notre fils
22:43nous a utilisés.
22:44Je regrette
22:44de n'avoir pas pu
22:45empêcher ce drame,
22:46je suis désolé.
22:47L'enquête de l'heure du crime,
22:48une mise à mort
22:49lentement mûrie
22:50en silence,
22:50en famille.
22:51Mais qui a fait quoi ?
22:52À suivre,
22:53on se retrouve
22:53dans un court instant
22:54sur RTL.
23:07Psychologiquement,
23:07il a rabaissé,
23:08mais c'était
23:08un truc de malade.
23:09Il a détruisé.
23:11Moralement,
23:11il a détruisé.
23:13À table,
23:13des fois,
23:14il était méchant.
23:15« Oh, non, du sel ! »
23:17Mais il disait ça
23:18méchamment.
23:19Pour lui,
23:20c'était une bon à rien
23:20alors que Magali,
23:21elle faisait beaucoup de choses.
23:23Retour dans l'heure du crime
23:24sur l'affaire Magali Blandin,
23:26une mère de famille
23:26tuée à coups
23:27de pattes de baseball
23:28par son mari
23:29en février 2021
23:30en Bretagne.
23:31Un meurtre déguisé
23:32en disparition volontaire.
23:34L'époux a entraîné
23:35ses propres parents
23:36dans ce féminicide
23:38ruminé
23:38depuis de longs mois.
23:41Jérôme Gaillard,
23:41réinterrogé
23:42par le juge d'instruction,
23:43explique son geste
23:44de façon nébuleuse.
23:46« J'aimais profondément
23:47ma femme.
23:48Pour moi,
23:48le seul moyen
23:49de garder Magali,
23:50c'était de prendre sa vie. »
23:51Il ajoute,
23:52« Je sais que j'ai une vision
23:54archaïque de la famille,
23:55c'est-à-dire que pour moi,
23:56une famille,
23:57c'est papa,
23:58maman,
23:59et les enfants.
24:00Je n'imaginais pas
24:00élever mes enfants
24:01sans leur mère
24:03à côté d'eux. »
24:04Le journal intime
24:05de Magali Blandin
24:06est retrouvé.
24:07Elle y note
24:07ses plus sombres
24:08pressentiments.
24:09Elle avait la certitude
24:10que ses deux fils aînés
24:12s'étaient ralliés
24:12à leur père
24:13pour faire cause
24:14commune contre elle.
24:16« Je sens qu'il se trame
24:17des choses
24:17du côté de mes fils
24:18et de leur père.
24:19Il a prévu ses coups.
24:21Il veut agir avant
24:22pour empêcher le divorce.
24:24Mais quand je lui aurais dit
24:25que je refuse de revenir,
24:26que fera-t-il ?
24:27Cherchera-t-il
24:28à m'éliminer ? »
24:29Magali Blandin
24:30poursuit.
24:31« Il est adepte
24:32des phrases
24:32« Pas de corps,
24:33pas de crime,
24:34pas de preuve,
24:35pas d'affaires,
24:36pas de femme,
24:37pas de divorce. »
24:38Ça sonne bien
24:39dans sa logique.
24:40La situation
24:41ne va qu'empirer. »
24:44Les parents
24:44de Jérôme Gaillard,
24:45Jean, 75 ans,
24:46Monique, 72 ans,
24:47sont eux aussi interrogés.
24:49Ils étaient informés
24:50dès le début
24:50du plan criminel.
24:52Jérôme,
24:52selon eux,
24:53avait même évoqué
24:54son désir
24:55de tuer Magali
24:55devant ses propres fils,
24:57les deux aînés.
24:58Les parents ont suivi.
24:59Ils ont même prélevé
25:0050 000 euros
25:02sur leurs économies
25:03pour que Jérôme
25:03puisse payer
25:04les hommes de main
25:05géorgiens.
25:06Le jour du meurtre,
25:07Jean et Monique
25:07se souviennent
25:08que Jérôme
25:09est venu déjeuner
25:10chez eux.
25:11« J'ai réglé le problème ! »
25:12leur a-t-il dit.
25:13Ils voulaient leur raconter
25:14ce qui s'est passé,
25:15mais Monique a refusé.
25:17Le repas s'est déroulé
25:18dans un silence
25:19pesant.
25:20En prison,
25:21Jean Gaillard
25:22clame son innocence.
25:23Face aux experts,
25:24le père de l'assassin
25:25ne montre aucun sentiment
25:26de culpabilité.
25:28Il n'évoque d'ailleurs
25:29jamais sa belle-fille
25:30Magalie Blandin.
25:33Et dans cette heure du crime,
25:34on retrouve notre invité,
25:36Valentin Gendro,
25:37journaliste,
25:38auteur du livre
25:38« Un jour,
25:39ça finira mal ! »
25:41publié aux éditions
25:42Stock,
25:43disponible en librairie
25:45le mercredi 3 septembre.
25:47Vous êtes le cousin germain
25:49de Jérôme Gaillard.
25:50Vous nous l'avez dit
25:50depuis le début
25:51de cette émission.
25:51Cette famille,
25:52vous la connaissez parfaitement.
25:53mais vous n'avez pas hésité
25:55à écrire ce livre
25:56qui est le récit
25:58d'une mort annoncée,
26:00finalement,
26:00la mort de Magalie Blandin.
26:04Valentin Gendro,
26:05vous connaissez bien
26:05cette famille,
26:06évidemment,
26:06vous faites partie
26:07des cousins
26:08dans cette famille.
26:09Pourquoi les parents
26:10de Jérôme Gaillard
26:11suivent sans se poser
26:14à aucun moment
26:15la moindre question
26:16quand il leur dit
26:16« Je vais tuer ma femme,
26:18tout est programmé,
26:19c'est prêt,
26:20et puis en plus
26:20vous allez m'aider,
26:21papa tu vas me servir d'alibi
26:23parce que c'est comme ça
26:23qu'il parle. »
26:25Tout le monde se range
26:26à sa volonté.
26:28Moi,
26:28j'ai trouvé ça incroyable.
26:30Qu'est-ce qui s'est passé ?
26:31Ça,
26:32c'est une très bonne question
26:33et je ne peux pas
26:33vous répondre aujourd'hui
26:34parce qu'aujourd'hui,
26:37ils ne sont plus de ce monde.
26:39Jérôme,
26:40Jean et Monique,
26:41et le jour où ils ont décidé
26:42de mettre fin à leur jour,
26:43tous,
26:44ils ont emporté avec eux
26:45un certain nombre de secrets
26:46et parmi les secrets,
26:49vous avez notamment
26:50qui a décidé
26:51de tuer
26:53ou de faire tuer
26:54Magali.
26:55Qui vous dit
26:56que ce n'est pas Jean,
26:56le père,
26:57qui a décidé
26:58pour l'argent ?
27:00Tout à l'heure,
27:00je parlais de
27:01la ferme,
27:03la maison familiale
27:04qui valait 125 000 euros.
27:05Qui vous dit
27:06que Jean
27:06n'a pas dit
27:08« On va dépenser 20 000
27:10pour sauver 125 000 ? »
27:12Donc,
27:12on va économiser
27:13105 000 euros.
27:14À ce point-là ?
27:14Bien sûr.
27:15À ce point-là.
27:15Et vous le dites,
27:16vous avez du courage quand même
27:17parce que vous le dites,
27:19vous avez eu cette expression
27:20qui m'a marqué dans votre livre,
27:22vous dites
27:22« C'est la branche pourrie
27:24de ma famille. »
27:25Voilà,
27:27tout est dit là-dedans.
27:28C'est la branche dysfonctionnelle.
27:31J'ai grandi avec ça,
27:33avec des gens
27:33dont on se méfiait.
27:36Toujours.
27:36Je vais avoir...
27:37J'ai 37 ans,
27:39depuis 37 ans,
27:40j'ai toujours eu
27:42ces gens-là
27:43à côté de moi
27:44et à chaque fois
27:45c'était méfiance
27:45dès qu'ils approchaient.
27:47Toujours.
27:49C'était des gens
27:51qui étaient très bizarres.
27:52Il y a une personne
27:52dont on n'a pas parlé
27:53depuis le début
27:54de cette émission quand même.
27:56C'est l'autre cousin
27:57que j'avais.
27:58L'autre cousin,
27:59il s'appelait Franck.
28:00L'autre cousin Franck,
28:01donc,
28:01il était marié
28:02avec deux enfants
28:03et puis il frappait
28:04sa femme lui aussi.
28:06Et puis un jour,
28:07elle n'a pas supporté,
28:08elle est partie.
28:09Et lui,
28:09il s'est suicidé.
28:10Donc vous imaginez,
28:11aujourd'hui,
28:12on a le père,
28:13Jean,
28:14qui s'est suicidé,
28:15la mère Monique
28:16qui s'est suicidé,
28:16le fils cadet,
28:18Jérôme qui a tué sa femme
28:19et le fils aîné
28:20qui s'est suicidé.
28:21C'est une épouvante.
28:23C'est une épouvante.
28:24Et quand...
28:24Et Magali qui est morte.
28:25Et Magali qui a été
28:26assassinée par son mari.
28:27Tout à fait.
28:28Donc quand on rembobine
28:29le film familial,
28:30on se dit
28:31ça s'arrête quand
28:31cette histoire-là.
28:32Et je pourrais même ajouter
28:33un dernier élément,
28:35mon grand-père,
28:36donc le grand-père commun
28:37que j'avais
28:38avec Jérôme et Franck,
28:40frappait ma grand-mère.
28:41Donc la violence,
28:43elle se reproduit.
28:44C'est ça que vous dites.
28:45Elle se transmet.
28:46Alors ça, c'est très intéressant.
28:47Effectivement,
28:47ça a été étudié
28:49par des sociologues,
28:51y compris d'ailleurs
28:52des policiers
28:52dans les écoles de police
28:53qui se penchent aussi
28:54beaucoup là-dessus.
28:55Ils essaient de remonter.
28:56Maintenant,
28:56on essaie de remonter
28:57les arbres généalogiques
28:58pour savoir
28:59qui a fait quoi.
29:00Émy bat un petit mot là-dessus.
29:02Vous êtes président
29:03de l'association
29:03Nous Toutes.
29:04J'ai envie de dire
29:05parce que
29:06ce que dit Jérôme Gaillard,
29:07il dit
29:07se débarrasser de Magali,
29:08finalement,
29:09c'était régler
29:09tous ces problèmes à lui.
29:11Il n'aurait plus
29:11de compte à rendre
29:12une fois qu'elle serait morte.
29:15Oui, c'est ça.
29:15C'est en fait
29:17très révélateur
29:18des violences patriarcales.
29:21On venait tout à l'heure
29:22sur les violences
29:24générationnelles
29:26qui se faisaient
29:28de famille en famille.
29:31Mais effectivement,
29:33aujourd'hui,
29:35se débarrasser
29:35d'une femme
29:37est devenue banalisée
29:39et ce sont des violences
29:40qui sont banalisées,
29:41invisibilisées.
29:42Je remercie
29:43par ailleurs
29:43l'auteur
29:45de ce livre
29:47Valentin Jambro.
29:49Merci
29:49parce qu'effectivement
29:51c'est tout un système
29:52en fait
29:53qui est
29:54d'une omerta
29:55où le silence
29:57règne
29:58et
29:59où les femmes
30:00ne sont
30:01que des moins que rien
30:02et sont
30:03des monnaies d'échange
30:04et surtout
30:06je tiens à préciser
30:07qu'il y a
30:08énormément
30:09de féminicides
30:10dans le cadre
30:11des séparations.
30:12Bien sûr.
30:12Parce que
30:13les hommes
30:15ne supportent pas
30:16que les femmes
30:18soient
30:19indépendantes,
30:20soient seules
30:21puisqu'elles sont
30:21considérées
30:22comme des objets
30:23et cela
30:24engendre
30:26justement
30:27les 135 féminicides
30:30que l'on peut compter
30:31par an.
30:32C'est ça,
30:32c'est la peur
30:33de perdre finalement
30:33quelque chose
30:34qui leur appartenait,
30:35une propriété.
30:36Un procès en vue
30:37mais un suicide
30:38qui va tout changer.
30:39Magali Blandin,
30:40la femme qui devait mourir.
30:42Cesse de mentir Jérôme,
30:43on doit la vérité
30:44à ton épouse
30:45et à nos petits-enfants.
30:46L'enquête de l'heure du crime,
30:47on se retrouve
30:48dans un instant
30:48sur RTL.
30:50L'heure du crime,
30:51c'est avec
30:52Jean-Alphonse Richard
30:53sur RTL.
30:56Jusqu'à 15h,
30:57c'est l'heure du crime
30:58sur RTL.
31:00Avec Jean-Alphonse Richard.
31:01Père du crime
31:03consacrée aujourd'hui
31:03à l'affaire Magali Blandin,
31:05cette mère de famille
31:05morte en février 2021
31:07sous les coups
31:08de batte de baseball
31:09de son mari
31:10en Bretagne,
31:11une mort annoncée.
31:12L'époux a entraîné
31:13ses propres parents,
31:14tout le monde est en prison.
31:16Neuf mois plus tard,
31:16l'histoire va basculer.
31:19Mardi 12 octobre 2021,
31:20Jérôme Gaillard
31:21est confronté
31:22à ses parents
31:22Jean et Monique
31:23dans le cabinet
31:24du juge Bénichoux.
31:26Le fils meurtrier
31:27insiste auprès du magistrat
31:28pour dire que ses parents
31:29n'ont rien à voir
31:30dans tout ça.
31:31Sa mère s'énerve
31:32et lui demande
31:33de cesser ses mensonges.
31:35La confrontation
31:35a été un tournant
31:37avec l'émergence
31:38de la vérité
31:39qu'ont fit maître
31:40Gwendoline Tenier,
31:41avocate de Monique
31:43Gaillard.
31:44L'avocate ajoute
31:45Ce jour-là,
31:46c'est la mère
31:47et grand-mère
31:48qui a parlé
31:48indiquant aux uns
31:49et aux autres
31:50qu'il devait la vérité
31:51à Magali Blandin
31:53et à ses petits-enfants.
31:55Quelques jours plus tard,
31:56Jérôme Gaillard
31:56commence une grève
31:57de la faim.
31:58Dans la nuit
31:58du 31 octobre
32:00au 1er novembre,
32:00il se pend
32:01à la grille
32:02de la fenêtre
32:03de sa cellule
32:04avec une cordelette
32:05faite de draps déchirés.
32:07Il laisse derrière lui
32:08une lettre de trois pages
32:09dans laquelle
32:10il rend responsable
32:11Magali
32:12de cette tragédie.
32:13Trois semaines
32:15après la mort
32:16de Jérôme Gaillard,
32:16Jean et Monique
32:17sont relâchés.
32:18Ils restent
32:19mis en examen
32:19pour complicité de meurtre.
32:21Ils vont s'installer
32:22dans leur résidence secondaire
32:23à la Turbale
32:24en Loire-Atlantique.
32:26Ils ne quittent jamais
32:27leur maison,
32:28conscients
32:28qu'ils auront un jour
32:29à comparaître
32:30devant les assises.
32:327 février 2023,
32:33presque deux ans plus tard,
32:35Jean et Monique Gaillard
32:36sont retrouvés
32:36pendus
32:37dans la salle
32:38à manger de leur maison.
32:39L'épouse avait
32:40auparavant
32:41nettoyé la maison,
32:43aligné ses chaussures
32:43chaussons.
32:44Une lettre est retrouvée
32:45destinée aux parents
32:47de Magali.
32:49Il y a donc eu
32:50cette confrontation
32:51des parents
32:52et du fils.
32:54Valentin Gendrot,
32:55vous êtes avec nous
32:55pour décrypter cette histoire.
32:57Vous la connaissez bien
32:57cette histoire
32:58parce que c'est presque
32:58une histoire de famille.
33:00Vous êtes le cousin germain
33:02de Jérôme Gaillard
33:03et vous avez écrit
33:03un livre formidable
33:05sur cette affaire
33:06qu'il faut absolument lire.
33:07C'est Un jour,
33:07ça finira mal,
33:08publié aux éditions Stock
33:09et qui paraît
33:10le mercredi 3 septembre,
33:13Valentin Gendrot.
33:15Il y a cette confrontation,
33:16je le disais,
33:17des parents et du fils
33:18et à ce moment-là,
33:19vous l'écrivez
33:20dans votre livre,
33:21il comprend quelque chose
33:22sans doute,
33:22Jérôme Gaillard.
33:23Il comprend que maintenant
33:24il est seul.
33:25Les parents,
33:25ils disent en gros
33:26débrouille-toi,
33:27arrête de mentir,
33:28ça suffit.
33:29Maintenant,
33:29c'est un peu chacun
33:29pour soi.
33:30On va tous essayer
33:31de se débrouiller
33:32et ça,
33:33ça le fout droit
33:34parce qu'il avait l'habitude
33:35d'être sous le parapluie parental,
33:37j'ai envie de dire.
33:38Au moment de la confrontation,
33:39Jérôme,
33:39il a un objectif,
33:40c'est de faire sortir
33:41de prison ses parents
33:41et à la fin de la confrontation,
33:43il comprend qu'il ne pourra
33:44pas les faire libérer de prison.
33:47L'avocate de Monique
33:48que vous avez citée,
33:49Madame Maître Ténier,
33:52dit que cette confrontation
33:56a permis l'émergence
33:58de la vérité.
33:58Elle est à côté de la plaque
33:59sur ce coup-là
34:00parce qu'on ne sait toujours pas
34:02à la fin de la confrontation
34:03qui aourdi le complot.
34:07Est-ce que c'est Jérôme tout seul ?
34:08Est-ce que c'est Jérôme et Jean ?
34:09Est-ce que c'est Jérôme
34:10et ses parents ?
34:11À la fin de la confrontation,
34:12on ne sait pas.
34:13L'objectif de Monique,
34:14c'est de faire éclater la vérité
34:15mais parfois,
34:16elle a menti.
34:18L'objectif de Jean,
34:19c'est de passer pour une victime
34:22et durant toute la confrontation,
34:23il y parvient extrêmement bien.
34:27Là où la vérité
34:28n'a absolument pas émergé non plus,
34:30c'est que ce même Jean
34:31explique
34:31que sur tout ce qui est
34:34d'ordre financier,
34:35les montants donnés aux Géorgiens,
34:37etc.,
34:37il n'a plus aucun souvenir.
34:39Jean, c'est lui qui dirige la maison
34:41et c'est lui qui gère l'argent.
34:43Donc, ne pas connaître les montants,
34:46c'est absolument faux.
34:47Donc, il n'y a pas eu
34:47d'émergence de la vérité.
34:48Tout à l'heure,
34:49je disais qu'avec leur mort,
34:50ils sont partis
34:51en emportant des secrets importants,
34:53notamment la genèse précise,
34:56exacte de cette mort
34:58et je maintiens ce que j'ai dit
35:00tout à l'heure,
35:00c'est-à-dire qu'à aucun moment
35:02ils n'ont avoué dans les détails
35:03ce qu'ils ont fait,
35:06comment ils l'ont fait
35:07et pourquoi ils l'ont fait.
35:08Il laisse une lettre,
35:10Jérôme Gaillard.
35:11Qu'est-ce qu'il y a dans cette lettre ?
35:12Qu'est-ce qu'il raconte ?
35:13Alors, au moment de mon enquête,
35:15je n'ai pas réussi à me la procurer,
35:16cette lettre.
35:16Donc, je ne sais pas exactement
35:17ce qu'il y a.
35:18Je sais juste qu'il a,
35:19comme vous l'avez dit tout à l'heure,
35:22accablé Magali.
35:23S'il met fin à ses jours,
35:25c'est à cause d'elle.
35:26Il n'y a pas un mot de remords,
35:29il n'y a pas un mot de demande d'excuses
35:33ou de demande de pardon,
35:34a priori, dans cette lettre.
35:35S'il continue à accabler comme ça Magali.
35:40Le suicide des parents,
35:41il est étonnant
35:42parce qu'en général,
35:43et vous le dites dans votre ouvrage,
35:45en général, on se suicide assez vite.
35:46Votre fils se suicide,
35:48vous sentez que tout vous échappe,
35:49vous êtes dans cette procédure.
35:50en général, on suit ce même rythme.
35:53Là, c'est trois mois plus tard
35:55qu'il se suicide.
35:56Pourquoi il se suicide ?
35:59Non, ce n'est pas trois mois plus tard,
36:00c'est plus d'un an après.
36:00Plus d'un an après, pardon.
36:02Pourquoi il se suicide ?
36:02Il se suicide,
36:03la temporalité, elle est étonnante
36:05parce qu'il n'y a pas d'actualité
36:08autour de ce fait divers,
36:10de ce féminicide
36:11au moment où il se retrouve mort.
36:14Moi, mon hypothèse,
36:15c'est de me dire
36:16qu'il commençait à faire la liste
36:18de tous les biens qu'ils allaient perdre
36:19parce qu'ils allaient être condamnés
36:20à verser des dommages et intérêts,
36:22notamment la famille de Méglaire.
36:23C'est aussi terre-à-terre que ça.
36:24Oui, bien sûr.
36:25C'est tout à fait possible.
36:26Basique.
36:26Oui, c'est des gens basiques.
36:28Ce sont des gens surtout extrêmement secrets
36:29qui ont un dieu dans leur vie, l'argent.
36:33Il n'y a pas autre chose.
36:34Donc, Jérôme aurait tué le fils
36:36pour l'argent, vous l'avez dit,
36:37pour garder sa maison
36:38parce qu'ils allaient divorcer,
36:39c'est une catastrophe pour lui,
36:40il allait perdre sa maison.
36:42Et les parents, ils se suicident
36:43parce que là, ils vont tout perdre
36:44parce qu'ils vont se retrouver aux assises,
36:45ils vont devoir rembourser la partie civile
36:47et donc, ils vont devoir vendre leurs biens.
36:50C'était des agriculteurs en retraite
36:52qui avaient quelques biens
36:53et évidemment, ça tombait
36:57dans les biens confiscables par la justice.
36:59Donc, oui, c'est possible.
37:01C'est possible.
37:02Deux ans et demi après le drame,
37:04un procès, mais pas celui qu'on attendait.
37:06Magali Blandin, la femme qui devait mourir,
37:09vous pouviez la prévenir,
37:10vous pouviez éviter tout ça.
37:12L'enquête de l'ordre du crime,
37:13je vous retrouve tout de suite sur RTL.
37:14Dans l'heure du crime,
37:26la disparition et la mort de Magali Blandin,
37:28une mère de quatre enfants
37:30tuée par son mari violent
37:32avec la complicité de ses propres parents.
37:35L'auteur et les parents se sont suicidés.
37:38Deux ans et demi plus tard,
37:39le procès est avec de lointains complices.
37:44Mardi 24 septembre 2023,
37:46trois Géorgiens poursuivis pour non-empêchement d'un crime,
37:50extorsion, escroquerie,
37:51comparaissent devant le tribunal correctionnel de Rennes.
37:54Les faits ont été requalifiés en chantage.
37:56Le trio avait été approché par Jérôme Gaillard
37:59alors qu'il cherchait à se débarrasser de son épouse.
38:02La famille de Magali Blandin est présente.
38:05Sa soeur, en larmes, s'adresse à un accusé.
38:07« Vous pouviez prévenir Magali ?
38:09Vous pouviez éviter tout ça ? » déplore-t-elle.
38:11Un avocat des prévenus évoque un procès de substitution
38:14qui n'apaisera pas la peine de la famille de Magali.
38:18Prévenus qui sont condamnés à entre un et quatre ans de prison.
38:24Magali Blandin repose à Bain-de-Bretagne,
38:28d'où elle était originaire.
38:29400 personnes avaient assisté à ses obsèques.
38:32Magali est encore une victime
38:35parce qu'elle n'a pas été entendue
38:37et pourtant elle a tiré la sirène d'alarme.
38:39Elle n'a pas été protégée.
38:41Et aujourd'hui, on voit le résultat,
38:42c'est qu'on a laissé quatre orphelins
38:44alors qu'elle a dit « je suis en danger ».
38:47Et le résultat est qu'elle s'est fait matraquer
38:50à coup de batte de baseball
38:51et ça n'aurait pas dû être.
38:53La voix d'Aurélie, une amie de Magali,
38:56c'était sur France Bleu en 2021.
38:59Amy, bas un mot là-dessus.
39:01Vous êtes présidente de l'association Nous Toutes.
39:03Vous vous occupez de féminicides.
39:04Vous les comptabilisez chaque année, ces féminicides.
39:07J'ai envie de dire, vous la connaissez cette affaire, Amy Bas,
39:11l'affaire Magali Blandin porte tous les ingrédients
39:14d'une catastrophe annoncée
39:15et c'est hélas trop souvent le cas dans les féminicides.
39:19Complètement.
39:20Complètement.
39:21Et effectivement, entendre le témoignage de l'amie
39:25me brise le cœur en fait
39:29et c'est pour ça que tous les ans
39:31nous rendons des fémages à toutes ces femmes.
39:34Notamment parce qu'il y a des co-victimes,
39:37il y a des milliers d'orphelins,
39:39il y a des milliers de proches
39:40qui pleurent la mort,
39:43l'assassinat
39:44de leurs amis,
39:47de leurs voisines.
39:47Et je tiens d'ailleurs à revenir sur le suicide.
39:53Il est très fréquent que l'assassin se suicide
39:57parce que tuer sa femme,
40:00tuer la mère de ses enfants,
40:02oui,
40:03et pour eux ça ne les dérange pas,
40:06mais aller en prison
40:07ou subir les conséquences de son acte,
40:11pour le coup,
40:12pour eux,
40:13c'est intolérable.
40:14Et donc ça révèle bien
40:16le fait que les féminicides
40:19sont complètement en bas de l'échelle.
40:23Et nous demandons aujourd'hui des moyens
40:25puisque ce sont des milliers de familles
40:30brisées chaque année
40:32et ce n'est plus possible.
40:33Nous n'en voulons pas une de plus.
40:35Je comprends bien,
40:36103 féminicides depuis le début de l'année,
40:39il faut quand même donner ce chiffre
40:40et effectivement,
40:40il faut des moyens.
40:41On ne peut que vous soutenir dans cette cause.
40:44Il faut des moyens,
40:45il faut peut-être des psychologues
40:46lors des plaintes,
40:48il y a beaucoup de choses à faire
40:49dans ce domaine,
40:51même si c'est très compliqué.
40:52Valentin Gendrot,
40:53vous êtes avec nous
40:54dans l'heure du crime,
40:54journaliste et auteur du livre
40:55« Un jour, ça finira mal »,
40:57publié aux éditions Stock
40:58et qui raconte toute cette histoire.
41:00Vous la connaissez parfaitement
41:01puisque vous êtes le cousin germain
41:02du meurtrier,
41:04de Jérôme Gaillard.
41:06Alors, pourquoi vous avez voulu
41:09raconter cette histoire
41:10qui est épouvantable,
41:12c'est une histoire de famille épouvantable
41:13et qui est dans votre famille d'ailleurs ?
41:16Le titre du livre
41:16c'est « Un jour, ça finira mal ».
41:19C'est une phrase que mon père
41:21avait prononcée
41:21le jour de leur mariage,
41:23en 2003.
41:24Qu'est-ce qu'elle est venue foutre
41:25dans cette famille,
41:26cette fille-là ?
41:26Un jour, ça finira mal.
41:28Alors, mon père évidemment
41:29ne pouvait pas se douter
41:30que ça allait finir comme ça.
41:32Mais il avait ce pressentiment.
41:34qu'il était, lui,
41:36dans une famille bizarre
41:36et dans une famille
41:37où régnait la magouille,
41:41le mensonge,
41:43le silence,
41:45les coups bas,
41:46les coups tordus
41:46et la mort de Magali
41:49a été inspirée
41:51par des gens complètement tordus.
41:53Alors, combien était-il réellement
41:55à travailler sur ce coup tordu ?
41:57On ne le saura jamais.
41:59En tout cas, ce qui est sûr,
41:59c'est que quand on regarde,
42:01quand on prend un peu de recul
42:02ou de hauteur sur l'histoire,
42:04c'est complètement abracadabrantesque
42:06cette histoire-là.
42:06C'est un meurtre en famille.
42:08C'est un meurtre en famille, oui.
42:09Ça, c'est sûr.
42:11Encore, vous le disiez tout à l'heure,
42:12mais c'est important.
42:15On ne sait pas qui a fait quoi,
42:16très exactement.
42:17Tout le monde s'est tenu
42:18main par la main,
42:19y compris jusque dans la mort,
42:21puisque tout le monde s'est suicidé.
42:22C'est quand même extraordinaire.
42:24On n'avoue pas,
42:26on ne regrette pas.
42:27Il n'y a aucun remord,
42:28ni chez les parents,
42:30ni chez l'auteur du crime.
42:31Non, par contre,
42:32on a bien pris soin
42:33de ranger l'argent
42:35sur les comptes bancaires
42:37et de mettre tout en ligne
42:38auprès du notaire
42:39avant de mettre fin à ses joies.
42:43Valentin Gendreau,
42:44je suppose que vous êtes d'accord
42:46avec Amy Ba,
42:46qui est notre autre invité
42:48aujourd'hui de l'ordre du crime.
42:49On aurait pu sauver
42:50dix fois, cent fois,
42:51peut-être Magali Blandin ?
42:53Oui, bien sûr.
42:54Mais le livre que j'ai écrit,
42:56c'est aussi
42:57interroger nos responsabilités collectives.
42:59il y a celle des gendarmes
43:01qui n'ont pas fait leur boulot,
43:02avec la difficulté
43:04de pouvoir
43:05détecter
43:07toutes les violences conjugales
43:10qu'ils peuvent avoir
43:12sur le terrain,
43:13et aussi les gens
43:14qui ont vu des violences.
43:15Je raconte dans le livre
43:16un moment
43:17où Jérôme et Magali
43:19sont invités
43:21chez des amis,
43:22et à un moment,
43:22Jérôme frappe Magali.
43:23et les autres
43:25qui étaient présents
43:25assistent à ça.
43:27Un homme frappe Jérôme
43:28et c'est tout.
43:29A aucun moment
43:30on l'aura mis en sécurité.
43:32A aucun moment
43:32on se sera dit
43:33elle est en danger,
43:34il faut qu'on fasse quelque chose.
43:35Et elle a payé de sa vie
43:36ce silence,
43:38cet omerta
43:38qui est trop souvent présent
43:40dans les cercles familiaux.
43:42Dès lors que ces affaires surviennent,
43:43donc il faut parler,
43:44il faut s'exprimer,
43:45c'est ce qu'on dit
43:45nous dans cette émission.
43:47Merci beaucoup
43:47Valentin Gendreau
43:48et Amy Ba
43:49d'avoir été les invités
43:50de l'ordre du crime.
43:51Merci à l'équipe de l'émission,
43:52rédactrice en chef Justine Vigneault
43:54préparation Marie Bossard-Lisa Canales
43:55réalisation en direct
43:57Nicolas Godet.
Commentaires

Recommandations