00:00L'invité de Smart Impact, c'est Ursula Lafleurière. Bonjour.
00:10Bonjour.
00:11Bienvenue. Vous êtes directrice du programme des écoles de la construction durable chez Saint-Gobain.
00:15Quand et surtout pourquoi ces écoles ont-elles été créées ?
00:18Alors, ces écoles ont été créées, ça va faire maintenant deux ans puisqu'on a lancé la première en 2022.
00:24Et donc Saint-Gobain a souhaité s'engager très fertement dans la formation de la nouvelle génération d'artisans du bâtiment pour une construction plus durable,
00:33mais aussi et surtout pour répondre à cette pénurie de main-d'œuvre au niveau du bâtiment et répondre tout simplement à une demande forte de nos clients
00:41qui se plaignaient en permanence de ne pas pouvoir recruter ou même de pouvoir céder ou transmettre leur entreprise.
00:47C'est quoi la construction durable ? Comment on définit déjà ce qu'est une construction durable ?
00:51Alors une construction durable, on va s'appuyer sur différents items en fonction des différents métiers.
00:56Par exemple, je vais prendre les plombiers chauffagistes où il y a une forte attente sur les nouveaux modes de chauffage
01:01où aujourd'hui on arrête le fuel et on va s'orienter vers ce qu'on appelle des énergies plus vertes comme les pompes à chaleur, la biomasse ou alors encore le solaire.
01:12Donc ça, il faut se former.
01:13Il faut se former et aujourd'hui ça manque...
01:15Ces métiers-là et ces énergies-là.
01:17Absolument. Aujourd'hui, ça manque encore de formation sur cette nouvelle technologie, sur ces nouveaux besoins aussi.
01:24Donc c'est en association avec des CFA partout en France.
01:28Aujourd'hui, on est en partenariat avec plus de 30 CFA en France parce que nous, nous ne sommes pas formateurs bien évidemment.
01:33Ce n'est pas notre métier premier.
01:34Mais nous, on est partenaire avec ces CFA en France avec notamment les BTP CFA ou alors les compagnons du devoir.
01:40Et puis, on s'associe avec eux pour leur apporter des futurs apprenants qu'on recrute.
01:46Et puis qu'on va mettre en relation avec nos clients qui ont besoin de main-d'oeuvre au niveau du bâtiment.
01:52Et on va les intégrer dans ces CFA.
01:55En plus de ça, nous, on agit également, on a une vraie volonté, c'est d'agir véritablement sur le développement de la construction durable.
02:02Donc on met en oeuvre tous nos experts autour de ces programmes qu'on va venir amender.
02:08Donc on s'appuie sur des diplômes qui sont reconnus par l'État, qui sont des titres professionnels, qui sont très professionnalisants.
02:15Et nous, dessus, on va venir rajouter des modules bien spécifiques autour de la rénovation durable, la construction durable.
02:21Oui, ça veut dire qu'il y a des formations spécialisées métier par métier, c'est ce que je comprends.
02:27Absolument. Donc on a détecté les quatre métiers qui représentaient le plus au niveau de la pénurie de main-d'oeuvre.
02:34Donc on est sur, bien évidemment, les maçons. Il y a une forte pénurie dans ces métiers-là.
02:39Des métiers qui sont délaissés par la nouvelle génération.
02:42Nous avons ensuite les couvreurs aussi, un métier très difficile et très compliqué à recruter aussi.
02:49Les plombiers chauffagistes, bien évidemment. Mais ça, c'est parce qu'il y a une forte demande avec toutes les aides de l'État pour favoriser les changements de mode de chauffage, etc.
02:57Et puis, on a aussi les plaquistes qui ont un rôle très important aussi dans l'isolation des habitations.
03:03Alors, j'ai donné le chiffre dans les titres. C'est la source CADM et France Stratégie qui nous dit qu'il manque 300 000 professionnels dans le secteur du bâtiment
03:11pour tenir l'objectif des 500 000 chantiers de rénovation énergétique annuelle.
03:15Vous avez choisi ces quatre métiers-là parce que ce sont les secteurs où il manque le plus de main-d'oeuvre ?
03:24Absolument.
03:25Oui. Et pas forcément parce que c'est ce... Comment je peux poser la question ?
03:28Ceux qui vont avoir le levier sur la construction durable le plus important. Vous voyez ce que je veux dire ?
03:33Oui. Alors, ça fait écho et c'est lié absolument.
03:36Donc, évidemment, c'est les quatre métiers où nous, on a pu constater qu'il y avait une forte pénurie, bien évidemment.
03:42Mais ce sont aussi les métiers qui œuvrent le plus pour la rénovation en mode construction durable.
03:48Si on prend... Alors, vous nous avez donné l'exemple des plombiers chauffagistes. On peut décliner parce que c'est intéressant, c'est très concret.
03:55Un maçon formé à la construction durable, qu'est-ce qu'il va faire de différent ?
04:00Eh bien, il va utiliser des matériaux différents, des matériaux plus naturels, des matériaux qui sont plus écologiques.
04:06Des matériaux de récupération aussi ?
04:07De récupération. On a par exemple un nouveau procédé qui s'appelle la terre liant.
04:13Donc, c'est une méthode de construction qui utilise des matériaux très naturels et meilleurs pour la planète.
04:19On va avoir... Je vais vous prendre aussi l'exemple des couvreurs où on va les former encore plus sur la partie isolation
04:26parce que c'est très important d'isoler par les toits aussi, donc avec le circling.
04:30Et puis, on a aussi nos plaquistes. C'est la toute dernière école qu'on vient de lancer.
04:34Là aussi, on met l'accent fortement sur la partie isolation de l'intérieur de la maison.
04:39Alors, ces apprentis ressortent avec un diplôme, avec une certification ?
04:44Absolument, ces apprentis. Aujourd'hui, en deux ans, on a formé plus de 400 apprentis.
04:49L'ambition du groupe, c'est d'en former à peu près 2500 d'ici 2028.
04:54Donc, on a une forte ambition sur cette formation de nos futurs artisans, de cette future génération d'artisans.
05:00On est sur un public en reconversion professionnelle puisqu'on s'adresse à des publics qui ont forcément plus de 18 ans.
05:06Donc, on a tout type de profil. Moi, par exemple, dans les classes, j'ai affaire à des anciens joueurs professionnels de handball
05:13ou alors de rugby qui souhaitent se reconvertir ou alors des anciens ingénieurs, architectes qui souhaitent revenir à des métiers plus manuels.
05:21Donc, on s'adresse à ce type de public et ce public sort à la fin de l'école avec un titre professionnel.
05:27Donc, c'est du niveau 3, mais ils peuvent également poursuivre sur un titre de niveau 4 s'ils souhaitent de poursuivre leurs études sur deux ans.
05:36Donc, ça peut se faire en un an ou en deux ans.
05:38Ça peut concerner aussi des professionnels plus âgés ?
05:43Sous l'humain, tout à fait.
05:44Quarantenaire, cinquantenaire, soyons fous ?
05:46Tout à fait, oui. Il n'y a aucun problème. Après, c'est une question de contrat, contrat d'apprentissage, de professionnalisation.
05:51Mais en fait, nos écoles sont ouvertes à tout type de public dès l'instant où elles ont au minimum 18 ans.
05:57Alors, l'ambition, on la touche du doigt. Mais alors, si je la mets en rapport avec le chiffre global, on se dit 2800 d'ici 2028.
06:06Absolument.
06:07C'est ce que vous avez dit. Super, mais il en manque 300 000.
06:09On est d'accord.
06:11Est-ce que d'autres initiatives du même type existent ? Est-ce qu'il y a peut-être un programme gouvernemental dans lequel vous vous insérez ?
06:19Alors, on essaie. Effectivement, on contribue. On ne peut pas dire qu'on va résoudre tout ce problème de manquement de main-d'œuvre dans ce milieu-là.
06:28Mais par ailleurs, on noue également d'autres partenariats avec d'autres associations.
06:33Par exemple, Ichwan, qui va nous mettre en relation avec des migrants qui arrivent sur notre territoire et qui souhaitent se former à des métiers.
06:43Donc là, pareil, on est en train de travailler avec ces gens-là parce qu'il y a tout un parcours pour les accueillir, pour les former.
06:49Ce n'est pas évident.
06:50On a reçu Ichwan à plusieurs fois ici.
06:52C'est vrai ? Voilà. Ils ont envie de travailler.
06:54On essaie de nouer tous ces partenariats pour étendre au maximum cette formation de cette nouvelle génération d'artisans.
07:03Et au niveau régional, c'est un maillage territorial ? Vous êtes pour l'instant uniquement en région parisienne ?
07:09Non, du tout. Comme je le disais en introduction, on est partenaire des centres de formation partout en France.
07:16Donc, nous sommes partout en France. Nous sommes représentés dans toutes les régions, dans toutes les zones de la France.
07:21Là où il y a des centres de formation qui acceptent de nouer des partenariats avec nous.
07:27Au-delà de ces écoles, dans l'action, les engagements et l'action de Saint-Gobain en matière de durabilité, qu'est-ce qu'il y a d'autre qu'on peut mettre en avant ?
07:37Alors, il y a beaucoup, beaucoup d'initiatives.
07:39Puisque nous, alors, moi, je représente la branche, on va dire, distribution.
07:43Donc, derrière, il y a les enseignes.pcdo, etc.
07:46Mais il y a aussi toute la branche industrie où on est sur de la fabrication de produits.
07:49Où là, bien évidemment, on s'oriente sur des produits qui sont exclusivement liés maintenant à la construction durable.
07:56Donc, on pense à tous ces produits qui favorisent l'isolation toujours plus et une meilleure consommation.
08:03Ça veut dire une éco-conception ?
08:05C'est-à-dire qu'on réfléchit aussi au cycle de vie du produit qui va devenir après ?
08:09Complètement. Absolument.
08:10À son impact carbone, à comment on va le recycler.
08:13Maintenant, dans toutes nos filières et dans toutes nos enseignes, on a tout un circuit qui est pensé pour recycler l'intégralité des produits qu'on vend.
08:22On a évoqué rapidement la récupération, la réutilisation des matériaux sur les chantiers.
08:28Est-ce que c'est une nouvelle filière, finalement, d'une certaine façon, qu'il faut inventer ou qui est en train de se mettre en place ?
08:35Absolument. C'est une nouvelle filière et il faut surtout éduquer ces nouvelles générations d'artisans.
08:40Donc, c'est pour ça qu'on est également en partenariat avec 3N Recycle.
08:44Qui va venir intervenir dans l'intégralité de nos classes pour, justement, commencer à éduquer, à sensibiliser ces générations d'artisans à l'importance de trier et de recycler les déchets sur le bâtiment.
08:56C'est-à-dire que c'est un changement d'état d'esprit ? C'est-à-dire que c'est plus un déchet, c'est presque une ressource.
09:02Ça devient une ressource à la fin, oui. Absolument.
09:04Et ça, il faut savoir leur donner cette vision globale que s'ils font ça, c'est pas uniquement pour les embêter, pour recycler, etc.
09:11Donc, à la fin, ça permet aussi de reproduire de nouveaux matériaux qui seront bien meilleurs en termes d'impact carbone et puis plus faciles pour eux d'utilisation dans leur métier également.
09:20Merci beaucoup Ursula Lafleurière et à bientôt sur BeSmart for Change. On passe à notre Zoom. Comment capturer le carbone ?
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