00:00Personne ne les avait vu venir.
00:01Dimanche soir, au second tour des élections législatives,
00:04c'est l'alliance des gauches et des écologistes, le Nouveau Front Populaire,
00:07qui est arrivé en tête avec 182 sièges,
00:10devenant ainsi la première force parlementaire à l'Assemblée Nationale.
00:18Alors certes, c'est un résultat inespéré auquel personne n'osait rêver à gauche.
00:26Mais les circonstances exceptionnelles dans lesquelles il s'est produit
00:28devraient interdire toute forme de triomphalisme à gauche.
00:30Car c'est surtout le barrage républicain
00:32qui a fonctionné lors de ce second tour des élections législatives.
00:35Des électeurs macronistes, voire même de centre droit,
00:37ont consenti à voter pour des socialistes, des écologistes, voire même des insoumis.
00:41À présent, ils sont plusieurs responsables du Nouveau Front Populaire
00:45à être lucides sur l'état du pays
00:47et à être conscients que 100% des électeurs
00:49n'ont pas voté en adhésion, en adéquation,
00:52avec le programme du Nouveau Front Populaire.
00:53Se pese alors au lendemain de cette élection législative
00:56et dès à présent, la question pour les leaders du Nouveau Front Populaire
00:59de trouver une majorité absolue.
01:01Étant entendu qu'il leur manque plus de 100 voix
01:03pour atteindre la barre des 289 sièges
01:05nécessaires à la majorité absolue.
01:07Du tribun insoumis Jean-Luc Mélenchon,
01:08qui a parlé en premier dimanche soir
01:10à l'écologiste Marine Tondeli,
01:11en passant par le premier secrétaire du Parti Socialiste Olivier Faure,
01:14tous aspirent à gouverner.
01:16Tous se disent prêts à envoyer un candidat pour Matignon.
01:19Et cela doit se faire selon eux sur la base de leur programme.
01:22Seul socle, seul préalable à toute discussion.
01:24Or ce programme, nous le savons, très ambitieux,
01:26avec des mesures telles que
01:27l'abrogation de la réforme des retraites à 64 ans,
01:30l'augmentation du SMIC à 1600 euros,
01:32ou encore l'instauration de 14 tranches d'imposition.
01:35Après tout, se dit-on dans les rangs du Nouveau Front Populaire,
01:37les macronistes ont bien réussi à passer des textes pendant deux ans
01:40en ayant simplement 250 sièges à l'Assemblée Nationale.
01:43Trouver des voies de passage pour obtenir des avancées sociales dans l'hémicycle
01:46suppose des concessions,
01:48suppose d'évoluer vers une culture du compromis parlementaire
01:51qui est aux antipodes de la logique de la Ve République.
01:54Marine Tondelier, la chef des écologistes, l'a dit,
01:56il faut dorénavant que nous ne soyons plus face à face,
01:58mais côte à côte.
01:59S'ils veulent gouverner,
02:00et gouverner durablement,
02:01les leaders de la gauche et des écologistes le savent,
02:04il ne faut pas qu'ils aient de majorité absolue contre eux,
02:06sous peine de quoi leur gouvernement serait renversé à la moindre motion de censure.
02:10Il faudra donc pousser les murs du Nouveau Front Populaire,
02:12élargir le socle des adhésions,
02:14trouver des points d'appui dans d'autres groupes parlementaires
02:17pour faire voter texte par texte, à commencer par le budget.
02:20Et la clé de voûte dans cette Assemblée éligible pour le Nouveau Front Populaire,
02:23il est fort probable que ce soient les équilibres internes au bloc macroniste
02:27que l'on s'est tiraillé entre une aile gauche et une aile droite.
02:34Si on met à présent le focus sur la gauche,
02:36à l'intérieur du Nouveau Front Populaire,
02:38dimanche soir, au second tour des élections législatives,
02:40l'hégémonie de la France insoumise a été incontestablement remise en cause
02:44par rapport aux équilibres qui prévalaient au temps de la Nubes.
02:46Ce rééquilibrage, promis par les socialistes,
02:49et notamment Raphaël Glucksmann, candidat aux européennes,
02:51par quoi se manifeste-t-il ?
02:52D'abord, par un doublement des effectifs du groupe PS.
02:55Il n'était que 31 en 2022,
02:57il pourrait être aujourd'hui plus de 70 députés PS,
03:01en bénéficiant notamment de l'arrivée de députés d'hiver gauche,
03:03mais aussi de poids lourd, à commencer par l'ancien chef de l'État, François Hollande.
03:07De son côté, le groupe insoumis pourrait être fragilisé par une vague de départs.
03:11On le sait, la purge à laquelle a procédé Jean-Luc Mélenchon
03:14à l'occasion de ses élections législatives
03:16a durablement traversé l'histoire du groupe insoumis.
03:19Des personnalités comme François Ruffin et Clémentine Autain
03:21ont marqué leur désapprobation
03:22et pourraient emmener dans leur bagage,
03:24à la faveur d'un départ du groupe LFI, d'autres élus.
03:27La prochaine étape du rééquilibrage
03:28entre le pôle le plus radical du Nouveau Front populaire,
03:31à savoir la France insoumise d'un côté
03:33et par ailleurs le Parti socialiste,
03:34se jouera donc au moment de la constitution des groupes parlementaires,
03:38le 18 juillet prochain.
03:43Une nouvelle fois, les tensions internes au Nouveau Front populaire
03:45risquent de se cristalliser sur la question
03:47de l'incarnation du Premier ministre.
03:49On le sait, insoumis, socialistes, écologistes et communistes
03:51ne sont pas d'accord sur le bon profil à envoyer à Matignon.
03:55S'ils conservent le nombre de députés
03:57le plus important à l'Assemblée nationale,
03:58le groupe la France insoumise
04:00revendiquera son droit à envoyer son candidat à la primature.
04:03Et en cela, la chef de file des députés insoumis,
04:06Mathilde Panot, a bien redit,
04:08cela indique que Jean-Luc Mélenchon
04:10n'était en aucun cas disqualifié dans la course à Matignon.
04:12À l'inverse, les alliés de LFI,
04:14socialistes, écologistes, communistes,
04:16revendiquent un autre mode de désignation du Premier ministre,
04:19à savoir le consensus.
04:20Alors bien évidemment, la liste des prétendants pour Matignon
04:23ne cesse de s'allonger.
04:24Il y a d'une part Marine Tendelier, la chef des Verts,
04:28qui a fait des interventions très remarquées
04:30à la faveur de cette campagne législative.
04:32Mais il y a aussi des profils socialistes,
04:34voire sociodémocrates,
04:36qui inspireraient peut-être plus de confiance aux macronistes.
04:39On pense par exemple au chef du Parti Socialiste,
04:41évidemment, Olivier Faure,
04:43mais aussi à l'ancien secrétaire général de l'Élysée
04:45sous l'ère Hollande, Boris Vallaud.
04:46D'autres noms viendront immanquablement s'ajouter
04:49dans les prochains jours à la faveur des discussions
04:51internes au Nouveau Front Populaire.
04:52Mais pour l'heure, une donne insoluble domine les débats,
04:55une assemblée illisible
04:57dont ne se détache véritablement aucune coalition.