00:00J'ai un problème avec la coche LinkedIn. Aujourd'hui si on veut avoir son compte
00:03certifié, il faut passer par une procédure qui ressemble à un passage de frontière.
00:06En fait on doit scanner son passeport, y compris la petite puce biométrique,
00:10et puis ensuite scanner son visage dans tous les sens. A priori moi je suis contre,
00:14je suis contre l'idée de confier ses données biométriques à une plateforme numérique.
00:18Je suis contre aussi l'idée que l'on doit, pour s'enregistrer sur un réseau social,
00:23prouver son identité au moyen d'un vrai papier d'identité au sens régalien du terme.
00:27Je suis contre l'utilisation de la reconnaissance faciale à tout bout de champ,
00:30et de manière générale je suis plutôt contre l'utilisation des données biométriques.
00:34Et là qu'est-ce qui justifie cette nécessité ? On est dans le cadre d'un réseau social,
00:38alors certes pour certifier notre compte, valider notre identité,
00:42pas 36 moyens, mais la fin justifie-t-elle les moyens justement ?
00:47Typiquement on s'identifie sur notre smartphone pour avoir accès à son compte bancaire.
00:54Ça veut dire que votre photo il faut qu'elle soit reconnue par le système derrière le téléphone,
00:59et donc il faut avoir accepté de donner son visage, d'accord ? Est-ce qu'on est d'accord ou pas d'accord ?
01:06Donc c'est une certaine sécurité, mais peut-être aussi une liberté qu'on va laisser partir.
01:13On a fourni ces informations sur son visage à une entité qu'on ne maîtrise pas nécessairement,
01:20donc cette dualité entre liberté et sécurité.
01:28Je rappelle que dans le règlement européen sur la protection des données,
01:31il y a cette notion de proportionnalité, de pertinence des données.
01:34Elles doivent être strictement nécessaires au regard de la finalité du fichier.
01:38Et pourtant donc, je l'ai fait, je l'ai fait sur LinkedIn,
01:41mais je l'ai fait aussi avant, je l'ai fait pour m'enregistrer, pour aller sur des salons tech,
01:45je l'ai fait pour déverrouiller mon téléphone, je le fais en fait tous les jours,
01:49je l'ai fait pour plein de services numériques.
01:51Et véritablement, c'est ma responsabilité individuelle.
01:54Alors à côté de ça, on a des lois, on a des règles, on pose des limites,
01:57on alerte sur les dangers, on publie aussi les scandales, les dérives,
02:02on fait des appels à la vigilance, tout ça, oui, depuis des années.
02:06Je me souviens encore d'un ancien président de la CNIL qui me disait
02:09« Big Brother, c'est pas une menace, on est dedans ».
02:11Et en fait, pendant toutes ces années, la collecte des données n'a pas été freinée,
02:15et au contraire, je dirais qu'on est passé à une autre échelle, à une échelle biométrique.
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